‹ Traité d'analyse des substances minéralesChapitre 53 sur 230 · PREMIER GROUPE · texte numérisé non relu

PREMIER GROUPE

Nous avons vu que le précipité fourni par l'hydrogène sulfuré laissait dissoudre, dans le sulfure d'’ammonium, les

ni sulfacides diversement colorés de :

Le Arsenic. Iridium.

ra Antimoine. Sélénium.

4 | Etain. Tellure.

sl Or Molybdène.

F1 Platine. Germanium.

La dissolution des sulfosels est décomposée par l'acide au. chlorhydrique, que l’on ajoute peu à peu à froid jusqu’à ce que la liqueur soit nettement acide. |

Après agitation vive, 1l se fait un dépôt de sulfures, qui est plus ou moins mêlé de soufre, suivant que le réactif employé pour la dissolution contenait plus ou moins de 4 polysulfure. | |

Le précipité blanc laiteux de soufre, s’il n’est pas trop abondant, laisse distinguer la coloration du sulfacide préceipité. |

S'il est de teinte claire, variant entre le jaune, l'orange et le brun rouge, le précipité de sulfures ne renferme que de l’arsenic, de l’antimoine, de l'étain ou peut-être du sélénium.

Il se produit une coloration brun rouge s’il y a un peu de cuivre. Le sulfure stanneux brun, formé par l'hydrogène sulfuré dans les sels stanneux, est transformé par le poly= sulfure d'ammonium en sulfure stannique, qui est précipité en jaune sale par l'acide chlorhvdrique. |

Occupons-nous d'abord du cas le plus ordinaire, où l'on n'a à prevoir que la présence de l’arsenic, de l’antimoine et de l’étain. Nous reviendrons ensuite sur les cas spéciaux où il peut y avoir d'autres éléments plus rares.

Luis Obs LYS di ANTON

I. Arsenic, antimoine, étain. — Dans les cas ordinaires, on n'a à rechercher que l’arsenic, l’antimoine et l’étain. On peut y réussir par voie sèche ou par voie humide.

1e Méthode (voie sèche). — On mélange les sulfures desséchés avec du carbonate de sodium et du cyanure de potassium et on chauffe au chalumeau sur le charbon; une odeur alliacée fait reconnaître l’arsenic; un enduit blanc assez étendu caractérise l’antimoine; l’étain reste à l’état de orain métallique malléable, s'aplatissant sous le pilon, si l’on a chauffé assez longtemps pour volatiliser tout l’antimoine.

2° Méthode (voie humide). — On traite les sulfures, après décantation complète du liquide, par l'acide chlorhydrique concentré et on chauffe vers 60° à 70°. Le sulfure d’arsenic reste inattaqué, tandis que l’antimoine et l'étain passent dans la dissolution.

Le résidu, bien lavé à l’eau, se redissout facilement dans l’ammoniaque ou le carbonate d’ammonium et forme un nouveau précipité Jaune lorsqu'on sursature par l'acide chlorhvdrique (As?S°). Si l’on traite le sulfure par l'acide azotique fumant et chasse l'exces d'acide par évaporation, puis sursature par l’ammoniaque, on obtient, par mélange avec du chlorure d’ammonium et du sulfate de magnésium, un précipité cristallin blanc d'arséniate ammoniaco-magnésien, qui, séparé du liquide et lavé, se colore en brun rouge par l’azotate d'argent (As O* Ac”).

Une petite partie de la solution chlorhydrique d’étain et antimoine est placée sur une lame ou dans un couvercle de platine ; on y met un petit morceau de zinc, qui détermine, dés le début, la formation d'une tache noire adhérente au platine sur la surface mouillée. Cette tache est insoluble dans l'acide chlorhydrique, mais se dissout dans l'acide: azotique chaud, après lavage soigné pour ne laisser aucune trace de chlore qui attaquerait le platine. La solution azotique obtenue présente les caractères des sels d'antimoine.

Si l’on a eu soin de décanter la liqueur et d'y remettre la lame de zinc, elle se couvre d'un dépôt métallique d'étain,

DOCIMASIE. — T, I | 16

que l'on peut séparer à la main ou en faisant dissoudre le reste du zinc par un peu d'acide étendu.

Le précipité métallique, lavé, puis redissous dans l'acide chlorhydrique seul, donne une solution stanneuse, qui produit, avec quelques gouttes de bichlorure de mercure, un précipité blanc (He* CP) ou, avec un peu de chlorure d'or, un précipité pourpre (pourpre de Cassius).

La séparation de l’antimoine et de l'étain provenant du traitement des sulfures par l'acide chlorhydrique (voy. supra) peut aussi s'obtenir en précipitant d’abord les deux métaux ensemble par le zinc, lavant, puis traitant le dépôt métallique par l'acide chlorhydrique concentré. L'étain seul est dissous et sera caractérisé comme ci-dessus; l’antimoine restant sera dissous par l'eau régale faiblement azotique et précipité par l'hydrogène sulfuré avec la couleur orangée caractéristique.

3° Méthode (À. Carnot). — Les trois sulfures sont dissous par l’eau régale faiblement azotique ou par l'acide chlorhydrique avec un peu de chlorate de potassium. On filtre, on ajoute une quantité suffisante d'oxalate d’ammonium et on sature en erande partie par l’'ammoniaque, sans former de précipité.

On chauffe la solution claire et on v verse de l'hyposulfite de sodium, qui, à l'ébullition, donne naissance à un précipité rouce vif de sulfure d'antimoine, mêlé de soufre. On continue jusqu'à ce qu'une nouvelle addition du réactif ne forme plus qu'un trouble blanc de soufre. S'il ne se fait aucun précipité, on remet un peu d'acide chlorhydrique étendu, et, au besoin, un peu d'hyposulfite, et on observe si le précipité formé par ébullition est blanc ou, s'il est jaune, tournant bientôt au rouge. Dans le premier cas, la précipitation de l'antimoine est complète : dans le second cas, il v a lieu de continuer jusqu'à ce qu'il ne se fasse plus qu'un précipité de soufre.

Le précipité est séparé sur un filtre; on ajoute de l'acide cblorhydrique et on chauffe à l'ébullition pour chasser l'acide sulfureux, puis on igtroduit de l'hydrogène sulfuré. L'arsenie,

déjà réduit à l’état d'acide arsénieux, est aussitôt précipité en sulfure jaune, tandis que l’étain reste dans la solution.

On filtre, on sature par l’ammoniaque, on ajoute du sulfure d'ammonium et, après quelques minutes, on décompose par l'acide acétique, qui précipite le bisulfure d’étain mêlé de soufre. Comme sa coloration et son aspect ne sont pas trés caractéristiques, on le recueille sur un filtre qu'on lave, et, après dessiccation, on le brûle dans une capsule de porcelaine, afin de vérifier s'il y a, en outre du soufre, qui brüle, un résidu fixe, insoluble, d’où on peut, au chalumeau, en chauffant avec du charbon et du cyanure alcalin, retirer un petit bouton d'étain métallique, blanc et ductile.

IT. Autres éléments avec les premiers. — (a) Traces de cuivre. — Si la dissolution de sulfosels contient d’autres éléments que l’arsenic, l'antimoine et l’étain, on pourra les reconnaitre de la manière suivante :

Dans le cas où il y aurait quelque peu de cuivre dissous par le sulfure d’ammonium, en opérant comme nous venons de le dire, on s’en apercevrait soit à la coloration brun rouge du précipité de sulfures, soit à la teinte rouge du dépôt métallique formé sous le zinc, lors de la précipitation de l'étain. La dissolution par l'acide chlorhydrique et une goutte «d'acide azotique prendrait une coloration rouge lie de vin par le ferrocvanure de potassium.

(b) Or, platine, iridium. — Dans le cas, où il y aurait de l'or, du platine, de l'éridium, une proportion notable de ces métaux produirait une coloration jaune ou brune dans la solution chlorhydrique primitive. Les sulfosels obtenus par digestion suffisamment prolongée des sulfures avec le sulfure d’ammonium fournissent alors un précipité complexe, plus ou moins noir, qu'on grille et qu'on redissout ensuite par l'eau régale.

La solution est évaporée jusqu'à sec, et reprise par de l’eau et quelques gouttes d’acide chlorhydrique. Sur une petite partie de la liqueur, on peut reconnaitre une quantité minime

de platine, en versant dans la solution de l'iodure de potassium en exces, qui lui donne une coloration d’un brun rouge foncé.

Pour précipiter le platine dans le reste de la solution et continuer la recherche des autres métaux, on emploie le chlorure d’ammonium, qui forme un précipité cristallin jaune de chlorure double de platine et d’ammonium K°PtCI' ; le précipité est jaune, s'il n’y à que du platine; il est plus ou moins orangé, s’il se dépose en même temps un peu de sel d’iridium.

On achève la précipitation du chlorure double d'iridium et d’ammonium K?IrClf en concentrant le liquide avec une nouvelle quantité de chlorure d'’ammonium et ajoutant ensuite de l'alcool. Le dépôt est d'un rouge très foncé.

On pourrait, d’ailleurs, distinguer le platine et l’iridium en prenant le sel cristallin où ils se trouvent réunis à l’état de chlorures doubles, calcinant pour avoir les métaux libres et reprenant par de l’eau régale faible qui ne dissoudrait que le platine.

L'or se reconnaît en ajoutant de l'acide oxalique ou du sulfate ferreux (ou encore de l'acide sulfureux, s'il n’y a ni sélénium, ni tellure) qui forment un précipité brun d’or métallique. On peut aussi le caractériser en versant un peu de sel stanneux, Ou mieux encore d'un mélange de sels stanneux et stannique (obtenu en ajoutant à la solution stanneuse quelques gouttes d’eau chlorée) qui donne naissance à un précipité ou à une coloration pourpre; mais il faut éviter l'emploi du sel d’étain, si l’on doit continuer l'examen du liquide.

Après avoir éliminé ces trois métaux, on pourra précipiter les autres éléments par l'hydrogène Sulfuré et continuer, comme plus haut (page 241), la recherche de l’arsenic, de l’antimoine et de l’étain.

(c) Sélénium, tellure. — Si l’on a lieu de penser que le précipité de sulfure renferme du sélénium ou du tellure, on dissout ce précipité par l'acide chlorhydrique avec très peu d'acide azotique, on évapore pour chasser tous les composés

nitreux, on ajoute à la solution chlorhydrique de l'acide sulfureux ou du bisulfite de sodium, et on chauffe.

Le sélénium forme un précipité rouge qui devient noir par ébullition, il brûle à l'air avec flamme bleue, fumées blanches et odeur désagréable de raifort, il se dissout en vert par l'acide sulfurique concentré et redonne un précipité rouge par addition d’eau. Le tellure forme un précipité noir avec coloration bleue passagere de la liqueur; le précipité :se dissout dans l'acide sulfurique concentré en le colorant en rouge; l’addition d’eau reforme un précipité vert noir. I brüle sans odeur, avec flamme bleue et dépôt blanc.

Après filtration et expulsion de l'acide sulfureux, on peut continuer sur le liquide la recherche de l’arsenic, de lantimoine et de l’étain.

(d) Molybdène. — Le molybdène colore en brun rouge la dissolution des sulfosels dans le sulfure d’ammonium et en brun le précipité de sulfures. Après dissolution par l'acide chlorhydrique et quelques gouttes d'acide azotique, qu'on chasse ensuite par la chaleur, la dissolution molybdique se colore en bleu par l'introduction d’une lame de zinc et en rouge carmin, si l'on à ajouté du sulfocyanure de potassium dans la solution chlorhydrique. Dans ce dernier cas, agitant avec de l'éther et laissant rassembler, on le voit se colorer en rouge.

Il y a également coloration bleue, si lon évapore avec de l'acide sulfurique concentré sur un fragment de porcelaine, et qu'après volatilisation et refroidissement, on souffle sur le résidu simplement desséché, mais non calciné.

L'hydrogène sulfuré produit, dans la solution acide, une coloration bleue et ensuite un précipité brun, qui est soluble dans le sulfure d’ammonium.

La solution azotique d'acide molybdique donne, par addition d’une très petite quantité de phosphate de sodium ou de calcium, une coloration jaune et, en chauffant doucement à 40 où 50°, un précipité jaune cristallin; il est essentiel, pour le: succés de cet essai, que l'acide molybdique soit en grand excès sur l'acide phosphorique.

(e) Germanium. — Le germanium, dont on sait la très srande rareté et que, par conséquent, on n'a lieu de chercher que dans des cas exceptionnels, se comporte à peu prés comme l’antimoine en présence des différents réactifs. Il s’en distingue par le précipité blanc qu'il donne avec l'hydrogène sulfuré dans une solution chlorhydrique assez fortement acide. Ce précipité est soluble dans l’eau et ne se produit pas dans une solution très diluée. L’acide tartrique, permettant d'étendre de beaucoup d’eau ou de neutraliser presque une solution de germanium et d'antimoine, laisserait précipiter celui-ci seulement par l'hydrogène sulfuré. En évaporant, puis acidifiant par l'acide chlorhvdrique, on pourrait ensuite précipiter le sermanium par le même réactif.

9e méthode de recherche. — Nous supposerons qu'il puisse y avoir dans le précipité de sulfures provenant de la décomposition des sulfosels : arsenie, antimoine, étain, — or, platine iridium, — sélénium, tellure, molvbdene.

Les sulfures sont complètement desséchés et introduits dans une boule de verre soudée entre un tube droit par lequel on fait arriver un courant de chlore bien sec et un tube recourbé qui se rend dans l’eau d’un petit ballon; le courant gazeux est conduit, par une seconde tubulure, dans une cheminée d'où il est rejeté au dehors. La boule est chauffée par une lampe à alcool ou un bec Bunsen suffisamment éloigné.

Le chlore décompose les sulfures et donne des produits, les uns fixes, les autres volatils, que l’on examinera à part.

L'or, le platine, l'iridium restent dans la boule: on les dissoudra par l’eau régale et on les distinguera comme il est dit plus haut (page 243).

L’arsenic, l’antimoine, l’étain et aussi le sélénium, le tellure, le molvbdène sont transformés en chlorures volatils, qui se décomposent au contact de l’eau en formant une solution chlorhydrique d'acides au maximum d'oxydation.

En chauffant cette solution, on chasse le chlore et on produit une réduction partielle, que l’on complète ensuite par

l'acide sulfureux (gazeux ou dissous). On détermine ainsi la précipitation du sélénium et du tellure, qu'on peut aisément reconnaitre.

Chassant l'acide sulfureux, puis mettant dans la liqueur froide une lame de zine, on provoque le dépôt de l'arsenic, de l’antimoine et de l'étain, qui seront distingués et caractérisés comme nous l'avons vu (page 241).

Le molybdène, s'il y en a, sera reconnu à la coloration bleue produite dans la solution chlorhydrique par l'introduction de la lame de zinc.

3% méthode. — (Mêmes éléments à reconnaître.

Les sulfures désséchés sont mélés avec du carbonate et de l’azotate de sodium en parties égales et fondus dans un creuset de porcelaine. On reprend par l'eau froide, on filtre et on lave le résidu avec un mélange de parties égales d'eau et d’alcool.

A. Le résidu insoluble dans ces conditions peut contenir : or, platine et iridium à l'état de poudre métallique noire, bioryde d’étain blanc et un peu gélatineux, antimoniate de sodium blanc, pulvérulent (un peu soluble dans l'eau seule, sans alcool).

On le traite par de l'acide chlorhydrique concentré, puis on ajoute un peu d'eau et une lame de zine qui détermine la précipitation de l’antimoine et de l'éfain à côté des autres métaux déjà existants. On décante la liqueur et on lave le dépôt métalhque.

On traite ee dépôt par l'acide chlorhydrique en chauffant à 100°, décantant et recommençant deux ou trois fois pour enlever tout l’étain. Il est seul en dissolution stanneuse et pourra être caractérisé par le bichlorure de mercure ou par le chlorure d'or.

La poudre métallique restante, bien lavée, est traitée dans une petite capsule de porcelaine par de l'acide azotique et de l'acide tartrique, de manière à dissoudre l'antimoine en laissant les trois autres métaux inattaqués. On reconnaitra l'anti-

moine en ajoutant de l’eau à la solution et précipitant par l'acide sulfhvdrique le sulfure orangé caractéristique.

L'or, le platine et l'iridium seront dissous par l’eau régale et précipités, comme il a été dit, par le chlorure d’ammonium et l'alcool, et ensuite par l'acide oxalique, l'acide sulfureux ou le chlorure stanneux.

B. La dissolution des sels fondus, par l’eau mêlée d'alcool, peut renfermer : arséniate, séléniate, tellurate et molybdate de sodium. |

On acidifie par l'acide chlorhvdrique dans une capsule de porcelaine, on chauffe et concentre la liqueur, puis on y ajoute de l'acide sulfureux ou du bisulfite de sodium qui précipite le sélénium et le tellure.

On chasse l'acide sulfureux et on fait passer un courant d'acide sulfhydrique qui transforme rapidement l'acide arsénieux en sulfure d'arsenic jaune, colore la liqueur en bleu et donne plus tard un précipité brun de sulfure de molvbdène. En s'arrètant après la formation du dépôt jaune, décantant, chassant l'hydrogène sulfuré et introduisant une lame de zine, on aurait une coloration bleue caractéristique du molvbdene.

DEUXILME GROUPE

Les sulfures qui ont été précipités par l'hydrogène sulfuré en liqueur faiblement acide et qui sont restés insolubles dans le sulfure d'ammonium peuvent contenir :

Argent. | Zinc (partiellement).

Mercure. | Palladium.

Plomb. | Osmium.

Bismuth. Rhodium.

Cuivre. | Ruthénium. |

Cadmium | Platine (partiellement).

argent, le mercure (au minimum), le plomb auraient éte

précipités par l'acide chlorhydrique, si cet acide avait été emplové, ainsi que nous l'avons dit plus haut (page 230); mais si l'on suppose qu'ils se trouvent en solution azotique, ils

seront précipités par l'hydrogène sulfuré. Le zinc n'est que partiellement précipité en liqueur faiblement acide; il ne le serait pas en solution tres acide à moins d'entrainement par un autre métal, le cuivre, par exemple.

On reconnaitrait le zinc, s'il était seul, à la couleur blanche du précipité ; le cadmium, seul ou avec du zine, à la coloration jaune de son sulfure. Les autres sulfures sont noirs, d’un brun noir où d'un brun foncé, ils ne peuvent guêre se distinguer les uns des autres et peuvent fort bien masquer la présence des premiers.

Le précipité de sulfures, après avoir été traité par le sulfure d'ammonium (ou de sodium dans le cas de la présence du cuivre) et avoir été bien lavé sur le filtre avec de l’eau chaude, contenant un peu d'hydrogène sulfuré pour empêcher toute oxydation à l'air, est attaqué par l'acide azotique étendu de son volume d'eau, que l’on chauffe à l’ébullition jusqu'à ce que la transformation soit complète. I se forme des azotates solubles et peut-être un peu de sulfates, en même temps que du soufre libre, et il peut rester des sulfures inattaqués ou des métaux insolubles. On étend d’un peu d’eau et on filtre.

. La partie dissoute (A) peut contenir :

. Argent, plomb, bismuth, cuivre, cadmium, zinc, palladium, OSMIUM.

La partie insoluble (B) :

Soufre, sulfate de plomb, sulfure de mercure, rhodium, ruthénium et peut-être du platine, dont le sulfure n'aurait pas été complètement dissous par le sulfure d'ammonium.

(A) Supposons d'abord que la liqueur ne renferme que les six premiers métaux, beaucoup moins rares que les derniers. Dans la dissolution, on verse quelques gouttes d'acide chlorhydrique pour s'assurer de l'absence ou de la présence de l'argent, qui formerait un précipité blanc, facilement soluble dans l’ammoniaque.

. L'acide sulfurique étendu précipite le plomb à l'état de sulfate. Le dépôt, isolé par décantation et lavage, peut être redissous par le tartrate d’ammonium en solution ammoniacale.

L’addition de bichromate de potassium v détermine un précipité jaune de chromate de plomb; le sulfure d’ammonium, un précipité noir. :

La dissolution est sursaturée par l'ammoniaque, qui détermine un précipité blanc, s'il y a du bismuth. Le précipité, recu sur un petit filtre, est redissous par quelques gouttes d'acide chlorhvdrique. En ajoutant beaucoup d’eau, on à un nouveau précipité blanc ou du moins une liqueur laiteuse, par suite de la formation d'oxychlorure de bismuth.

La solution ammoniacale peut contenir des sels de cuivre, de cadmium et de zine.

La présence du cuivre se manifeste par une coloration bleue de la liqueur; pour l'isoler, on évapore à sec, on chauffe avec un peu d'acide chlorhydrique ou sulfurique afin de chasser l'acide azotique, puis on ajoute de l'eau, on chauffe à l'ébulltion et on verse de l'hyposulfite de sodium qui forme un

précipité noir (Gu°S) mélé de soufre. On s'arrête, lorsqu'il ne se forme plus qu'un trouble blanc, le cuivre avant été entièrement précipité. On filtre.

On ajoute à la liqueur de l'oxalate d'ammonium en suffisante quantité pour qu'il n'y ait plus d'acide chlorhydrique ou sulfurique libre et, continuant à faire bouilbr, on verse de nouveau de l'hyposulfite de sodium, qui forme un précipité Jaune, passant à l'orangé, s'il v a du cadmium. On s'arrête de même lorsque le réactif ne donne plus qu'un trouble blanc de soufre, on fait bouillir quelques minutes et on filtre. Le précipité, traité par l'acide azotique étendu, donne de l'azotate de cadmium, qui ne précipite pas et reste incolore aprés addition d'ammoniaque et qui donne par l'hydrogène sulfuré ou le sulfure d'ammonium un précipité jaune caractéristique (A. Carnot.

La liqueur qui peut encore contenir du zinc est sursaturée par l'ammoniaque, puis par l'acide acétique en léger excès et soumise à un courant d'hydrogène sulfuré; ce réactif détermine dans la solution acétique un précipité blanc, qui fait reconnaître le zinc.

(A) Dans le cas où la solution azotique, provenant de l'attaque des sulfures, pourrait contenir du palladium et de l'osmium avec les métaux précédents, il faudrait les y rechercher après élimination de l'argent et du plomb dans les mêmes. conditions.

L'addition de eyanure de potassium dans la solution faiblement acide détermine la formation d’un précipité blanc de cyvanure de bismuth et de cyanure de palladium, que l'on peut ensuite distinguer de la manière suivante.

On décante le liquide sur un filtre; on lave le précipité et on le redissout par un peu d'acide chlorhydrique concentré ; on évapore Jusqu'à expulsion de l'acide cyanhydrique. Ajoutant alors de l’eau, on a un précipité blanc d'oxychlorure de bismuth, qu'on laisse déposer. Quant à la dissolution, si elle renferme du palladium, elle donnera, avec le ecvanure de potassium, un précipité floconneux, blanc jaunâtre, passant ensuite au blanc, précipité qui, séché et calciné, se transformera en palladium métallique ; elle donnera, avee Facide iodhydrique ou très peu d'iodure de potassium, un précipité brun noir, et, avec de l’iodure de potassium en excès, une liqueur d'un beau rouge.

Le liquide filtré, pouvant contenir encore de l'acide osmique, est saturé par l’ammoniaque, qui ne produit pas d'action visible à froid, mais à l'ébullition donne un précipité presque noir.

- L'osmium se reconnait, d'ailleurs, aussi par les vapeurs qui se produisent lorsqu'on brüle le sulfure d'osmium dans une flamme, qui prend alors un vif éclat, ou lorsqu'on le chauffe avec de l'acide azotique, comme on l'a fait au début, lors de l'attaque des sulfures complexes. Les vapeurs osmiques ont une odeur très désagréable, rappelant celle du chlore, mais sont en outre très irritantes et dangereuses pour les yeux et pour les voies respiratoires. L'acide osmique, mêlé à du sulfate de sodium, colore le liquide en bleu violet et, plus tard, donne un précipité noir de sulfite osmieux.

(B) Passant à l'examen du résidu insoluble dans l'acide azo-

tique, on volatilisera d’abord aisément le soufre et le sulfure de mercure, qu'on peut reconnaitre dans un tube ouvert ou fermé; puis on éliminera le sulfate de plomb par le tartrate d’ammonium, comme nous l'avons déjà vu plus haut.

Le résidu, pouvant contenir du rhodium, du ruthénium et peut-être du platine, est fondu au creuset de porcelaine avec un mélange de potasse caustique et de chlorate de potassium; la masse, refroidie, est traitée par l'eau à plusieurs reprises, afin de dissoudre le ruthénate de potassium, et de le séparer du résidu insoluble comprenant le rhodium et le platine.

La solution alcaline, saturée exactement par l'acide azotique, laisse déposer de l’oxyde de ruthénium noir, qui doit être lavé, puis redissous dans l'acide chlorhydrique; il y forme une solution jaune orangé. Un courant d'hydrogène sulfuré détermine, dans cette dissolution, une coloration noire; après filtration, le liquide est bleu. L'azotite de potassium ne forme aucun précipité; mais, après saturation par l’ammoniaque en excès, il se produit une coloration d'un rouge cramoisi, si l’on ajoute un peu de sulfure d'ammonium; une plus grande quantité précipite du sulfure de ruthénium. Ce sulfure, fondu avec du nitre, donne du ruthénate de potassium, dont la dissolution dans l’eau présente une coloration orangée.

Le rhodium et le platine, qui ont été séparés de la solution alcaline, sont tout d’abord soumis à une calcination à température élevée dans un courant d'hydrogène. Le rhodium devient inattaquable par l’eau régale, qui dissout, au contraire, facilement le platine.

Le rhodium resté insoluble peut être attaqué par fusion répétée au besoin, avec du bisulfate de potassium. Chauffant alors avec de l'acide chlorhydrique, jusqu'à ébullition, il se produit une coloration rose du liquide par suite de la formation de sesquichlorure de rhodium. L’addition de chlorure de potassium où d'ammonium et l’évaporation ultérieure donnent naissance à des cristaux rouges de chlorure double. L'’addition de potasse en petite quantité donnerait lieu au même précipité

cristallin rouge; en léger excès, elle produit un précipité jaune d'hydrate, qui se redissout dans un plus grand excès de réactif; la solution jaune, chauffée avec de l'alcool, laisse déposer le rhodium métallique en poudre noire.

La dissolution régale de platine est d’abord chauffée jusqu'à disparition des vapeurs rutilantes, puis on caractérise le chlorure platinique au moyen du chlorure de potassium et de l’alcool sous forme de précipité jaune cristallin.

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