Recherche du plomb et du cuivre dans l'urine
On évapore à sec au bain de sable une quantité d’urine assez considérable (l’urine de deux ou trois jours), on carbonise le résida à une température aussi basse que possible et on brûle le charbon dans un creuset de porcelaine en l’humectant de temps en temps avec de l’acide azotique concentre et en prenant la précaution de ne pas trop chauffer ; après le refroidissement, on épuise la cendre avec de l’eau chaude acidulée avec quelques gouttes d’acide azotique et dans la solution filtrée on recherche le plomb et le cuivre. Si l’urine renfermait du plomb , la solution offre les réactions suivantes :
a. Vhydrog'ene sulfuré donne un précipité noir de sulfure de plomb ou au moins un trouble noirâtre.
ANALYSE I)E L’URINE
I>. L acide sulfurique étendu produit un précipité blanc ou un trouble blanc do sulfate de plomb. Dans les solutions très-étendues, le précipité ne se dépose que lentement.
( . Dans les solutions pas trop étendues, le chromate de potasse donne naissance a un beau précipité jaune de chromate de plomb, insoluble dans l’acide azotique.
Si 1 mine contient du cuivre , la solution delà cendre est colorée en bleu ou en bleuâtre, si la quantité de ce métal n’est pas trop faible. La meilleure manière pour reconnaître une faible coloration consiste à placer sur un corps blanc le tube à essai contenant la solution et à regarder de haut en bas
La solution présente les réactions suivantes :
a. Avec 1 hydrogène sulfure elle donne un précipité brun noir de sulfure de cuivre ou elle se colore en brun noir. •
b. Si elle n’est pas trop étendue, Y ammoniaque y produit un précipité bleu-vei dâtie, qui se dissout dans un excès de réactif en donnant un liquide coloré en beau bleu d’azur. Celte coloration se produit même lorsque les liqueurs sont très-étendues (au 100000e).
c - — Le ferrocyanure de potassium donne naissance à un précipité brun de ferrocyanure de cuivre, insoluble dans l’acide chlorhydrique. Si la solution est extrêmement étendue, ce réactif produit encore une coloration brun rougeâtre.
Pour la recherche de traces de plomb et de cuivre, on peut du reste se reporter aux §§ 41 et 42.
5* — Recherche de V arsenic et de l'antimoine dans l'urine .
La méthode à suivre pour la détermination de l’arsenic et de l'antimoine dans l’urine est celle que l’on emploie dans les expertises chimico-légales pour la recherche des métaux lourds en général, et le procédé se trouve exactement décrit dans les ouvrages de Fresenius (Traité d'analyse chimique qualitative) , d ’ Otto (Instruction sur la recherche des poisons ), de Dragendorff (Manuel de toxicologie ), de Naquet (Précis de chimie légale), etc. On oxyde la matière organique de l’urine, en la traitant au Jjai n-marie par leehlorale de potasse et l’acide chlorhydrique, on évapore jusqu’à expulsion complète de tout le chlore libre, on filtre, on lave le résidu à l’eau sur le filtre, on évapore le liquide filtré au tiers de son volume primitif, et on y recherche directement l’arsenic et l’antimoine à l’aide de l’appareil de Marsh, ou bien on fait passer, pendant une couple d’heures, un faible courant d’hydrogène sulfuré à travers le liquide chauffé à 60 ou 70°, on rassemble le précipité sur un petit filtre, on le dissout, après lavage, dans un peu d’acide chlorhydrique, en ajoutant du chlorate de potasse, et on introduit la solution dans l’appareil de Marsh, après expulsion du chlore libre et filtration préalable. Relativement à la distinction des taches d’antimoine et des taches d’arsenic, nous renverrons aux ouvragés qui viennent d'être cités.