‹ Traité d'analyse zoochimique qualitative et quantitative; guide pratique pour les recherches physiologiques et cliniques à l'usage des médecins, des pharmaciens, des chimistes et des étudiants, [electronic resource]Chapitre 209 sur 340 · CARACTÈRES CHIMIQUES GÉNÉRAUX DIJ SANG NORMAL · texte numérisé non relu

CARACTÈRES CHIMIQUES GÉNÉRAUX DIJ SANG NORMAL

1. Lorsque le sang est soustrait à l’influence vitale, par suite de. l’arrêt des battements du cœur avec la cessation de la vie ou de sa sortie des vaisseaux, il éprouve une altération qui se termine par sa coagulation complète; ce phénomène, dû au passage de la fibrine à l’état insoluble, se produit uniformément et presque en même temps dans la masse du sang tout entière. La fibrine en se séparant entraîne avec elle les globules sanguins, se rétracte plus ou moins et forme le caillot ; les éléments du plasma restés en dissolution constituent le sérum , liquide vert jaunâtre ou jaune pur, nettement alcalin, quelquefois blanchâtre et trouble (sang blanc , sérum blanc). Ce trouble est dû soit à des corpuscules graisseux en suspension, soit à la présence d’un corps albuminoïde finement divisé.

Dans certaines circonstances, dans quelques maladies notamment, la surface du caillot sanguin offre, dans une épaisseur variable, une coloration non pas rouge, mais blanc grisâtre ou même blanc jaunâtre et en môme temps, dans quelques cas, elle est creusée en forme d’écuelle : couenne , crusta inflammatoria.

La production de la couenne est due à ce que la coagulation de la fibrine n’a lieu que quand les globules sanguins ont déjà descendu, à la faveur de leur pesanteur propre, à une certaine profondeur de la colonne liquide ; la couenne est par conséquent le caillot moins les globules, c'est-à-dire la fibrine. Les circonstances suivantes doivent être regardées comme très-favorables à la formation de la couenne : 1° coagulation lente, c’est-à-dire retardée; 2° précipitation rapide des globules sanguins; 5° augmentation de la quantité de la fibrine.

2. Si au lieu d’abandonner le sang au repos au sortir de la veine, on le bat pendant quelques minutes avec un petit balai d’osier ou une baguette de verre, la fibrine se coagule en masses filamenteuses presque incolores ou en grumeaux, qui s’attachent au balai ou à la baguette.

5. La coagulation du sang peut être empêchée ou au moins retardée par différents agents chimiques. Les principales substances qui agissent dans ce sens sont le phosphate acide de soude cristallisé , Y azotate de potasse , le chlorure de sodium , le chlorure de potassium , Y acétate de potasse -et le borate de soude (borax). Cependant ces sels doivent être ajoutés en assez grande quantité. La coagulation est aussi empêchée ou retardée, lorsque le sang contient une grande quantité à' acide carbonique, ainsi que quand il est mélangé avec des alcalis caustiques ou carbonatés.

. 4. Si l’on mélange du sang défibriné, c’est-à-dire dépouillé de sa fibrine par le battage, avec 5 ou 6 fois son volume d’une solution de sel de Glauber saturée à froid, le sang peut êtrefiltré, c’est-à-dire que les globules sanguins

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restent presque entièrement sur le filtre, mais partiellement décomposés, et il s écoule un liquide n offrant qu’une coloration rougeâtre pâle L° sang â l’état naturel, excepté celui de la grenouille, ne peut pas être filtré à travers le papier, mais à l’aide d’un filtre en porcelaine (fig. 4).

5. Lorsqu’on chauffe du sang, même lorsqu’il est défibriné, il se coagule en une bouillie colorée en brun rouge, à cause de l’albumine qu’il renferme. Le sang frais est également transformé en une bouillie un peu épaisse par l 'alcool, les acides minéraux, les sels métalliques et V acide tannique, transformation due à l’action exercée par ces substances sur les matières albuminoïdes du sang.

6. L oxygène injecté dans le sang colore ce dernier en rouge clair Y acide carbonique en rouge cerise foncé. Si l’on fait passer dans le sang alternativement un courant d’oxygène et un courant d’acide carbonique, ü se transforme quelquefois en une bouillie cristalline d’hémoglobine, qui se produit facilement surtout avec le sang du chien et avec celui du chat.

7. Le gaz chlore décolore le sang très-promptement et le convertit en une bouillie vert jaunâtre visqueuse.

8. h' hydrogène sulfuré produit également une coloration rouge vert sale en décomposant l’hémoglobine.

9. L'oxyde de carbone colore le sang en rouge violet ; un courant de ce gaz expulse l’oxygène de l’hémoglobine; au contraire, l’oxyde de carbone contenu dans le sang (hémoglobine oxycarbonée, voy. § 48, page 108) ne peut pas être chassé par un courant d’oxygène (ce qui explique l’action nuisible de l’oxyde de carbone), mais par le bioxyde d'azote.

10. L'hydrogène arsénié et Yhydrogène antimonié , les sels des acides biliaires, l’agitation avec de l’éther, la congélation et le dégel alternatifs, ainsi que d’autres -combinaisons chimiques, telles que le chloroforme, l’amylène, etc., convertissent le sang en un liquide rouge foncé transparent, en faisant passer le contenu des globules dans le plasma ; tous ces agents favorisent aussi la séparation de l'hémoglobine cristallisée.

11. Le papier imbibé de teinture de gaïac est bleui par le sang défibriné étendu d’eau.

12. Si l’on agite du sang étendu avec de Yacide iodhydrique et de l’empois d'amidon, ce dernier est bleui.

13. Le peroxyde d’hydrogène est décomposé assez rapidement par le sang défibriné.

14. Si l’on évapore du sang à sec au bain-marie, on obtient un résidu rouge brun foncé, qui carbonisé et incinéré, donne une cendre colorée en rouge par du peroxyde de fer. On obtient, une cendre encore plus riche en fer, si l’on fait bouillir le résidu pulvérisé avec de l’alcool sulfurique, si l’on évapore la solution rouge foncé et si l’on incinère le résidu de l’évaporation.

15. Lorsqu’on fait bouillir pendant une ou deux minutes avec de Yacidç acétique cristallisai) le du sang desséché auquel on a ajouté une trace de sel marin, on obtient une solution rouge brun, devenant promptement noirâtre

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