ANALYSE DES LIQUIDES SÉREUX
l’eau et des matières solides, on pourrait aussi déterminer les matières grasses et les sels inorganiques, et procéder alors d’après les méthodes généralement en usage pour l’analyse des liquides séreux.
Détermination des taches de sperme dans les expertises médico-légales.
[La détermination des taches de sperme dans les cas de viol, d’attentat à la pudeur, etc., offre une grande importance, car leur constatation fournit une preuve certaine et irrécusable du crime. Le médecin et le chimiste sont fréquemment appelés à résoudre cette question.
Sur le linge blanc, les taches de sperme desséché sont minces, un peu grisâtres, quelquefois presque blanches et d'un jaune citron. Sur les tissus colorés, elles paraissent blanchâtres ; sur les étoffes de laine, elles présentent un reflet un peu brillant. Leur circonférence est onduleuse, à contours irréguliers, mais nettement accusés. Si on les mouille avec de l’eau, elles exhalent parfois l’odeur fade et spécifique du sperme.
Traitées par l’eau, elles se dissolvent en fournissant un liquide gommeux. Ce liquide, préalablement filtré, donne un précipité blanc floconneux avec l’eau de chlore, l’alcool, le sublimé, l’acétate et le sous-acétate de plomb, mais il n’est pas coagulé par la chaleur. D'après Lassaigne, le plombate de potasse ne colore pas à 20‘ les taches spermatiques en jaune fauve ou jaune soufre, comme cela a lieu pour les taches dues à l’albumine. En outre, suivant le même chimiste, elles sont colorées en gris bleuâtre par le tartrate cupro-potassique, en jaune pâle par le sulfate ferrique, en gris pâle par l’azotate d'argent, en gris bleuâtre pâle par le sulfate de cuivre, en jaune pâle par l’acide azotique, etc. Mais toutes ces réactions ne sont pas assez sensibles pour permettre de tirer une conclusion certaine, et les taches produites par les différents mucus donnent aussi lieu à des réactions semblables. La constatation de la présence de spermatozoïdes, par l’examen microscopique, peut donc seule fournir des indications positives.
Les spermatozoïdes (spermatozoaires, animalcules spermatiques) se présentent au microscope sous forme de filaments vibratiles étroits, d’une longueur de 0mm,040 à 0mm,045 ; une de leurs extrémités se termine par un renflement ou tête ovale, ronde ou pyriforme (voy. la fig. 87, p. 271), offrant un* contour double, qu’à un grossissement de 900 diamètres, on peut voir se continuer dans la partie la plus ténue de l’animalcule. L’eau, les solutions sucrées ou salines, l’urine, la salive et les différents mucus ne les altèrent pas. Ils conservent leurs mouvements pendant un certain temps, pourvu qu’ils soient placés dans un endroit chaud et humide. Pour constater la présence des spermatozoïdes, voici comment il convient de procéder, d’après Ch. Robin :
Sur le linge on découpe une bande large de un centimètre et assez longue pour que ses deux extrémités dépassent la portion tachée ; on plonge l’un des bouts de la bande dans une capsule ou dans un verre de montre contenant de l'eau distillée ou une solution faiblement alcaline. Le tissu s’imbibe par capillarité, ainsi que la tache, qui, au bout d’un temps variable suivant son ancienneté (20 minutes à 2 heures), se gonfle et reprend l’eau qu’elle avait perdue en se desséchant, on enlève alors avec la pointe d’un scalpel une petite partie de la matière déposée sur le linge et on la place sur le porte-objet du microscope. L’examen étant fait à un grossissement de 500 à 600 diamètres, on voit avec la plus grande facilité, si l'on a affaire à une tache de sperme, les spermatozoïdes soit entiers, soit brisés ; ces derniers dans une proportion variable avec l’ancienneté de la tache. En ajoutant à la préparation une