‹ Traite d'anatomie chirugicale et de cirurgie experimentale v.2Chapitre 17 sur 65 · VOLUME DU CORPS HUMAIN · texte numérisé non relu

VOLUME DU CORPS HUMAIN

mortification ; aussi une maigreur modérée est-elle une circonstance heureuse pour les opérations. D'autre part, les sujets trop maigres^ et dont les os ne sont recouverts que par la peau, doivent inspirer de graves inquiétudes dans les affections qui exigent un décubitus prolongé^ principalement si la constitution est minée par une fièvre de mauvais caractère ou par une longue suppuration. Les blessés atteints de fractures compliquées de la cuisse ou de la jambe, succombent fréquemment à des ulcères gangreneux développés dans ces circonstances sous le sacrum, le dos et les grands trochanters. Il faut alors recourir aux lits mécaniques qui permettent de soulever le malade et d'exposer à Tair les parties souffrantes ; ou si cette ressource manquait, les placer sur des coussins mollement rembourrés ; mais le meilleur moyen^ sans contredit, est le lit hydrostatique d'Amott (i).

Entre l'extrême maigreur et l'extrême embonpoint^ il y a une foule de degrés. On peut juger de Tintervalle qui les sépare en comparant cet homme squelette qui se faisait voir à Paris il y a quelques années^ et dont Delpech a rapporté Thistoire (2), avec cet Edouard Bright, mort en Angleterre en 1750; à Tâge de 29 ou 30 ans, offrant une taille de 5 pieds 9 pouces anglais, 1 m. 75; une largeur aux épaules de trois pieds et quelques pouces, environ i mètre, une circonférence telle que sept hommes de grosseur ordinaire tenaient dans sa veste boutonnée, et enfin un poids de 595, ou selon d*autres renseignements de 646 livres (3).

On a cherché quel est le poids moyen deThomme à l'âge adulte. Tenon, dans ses expériences déjà citées, avait trouvé ce poids égal à 62 kilogrammes. Les deux extrêmes étaient de 51 kil. 50 et de 73 kil. 30. Pour les femmes, le maximum était de 74 kilogrammes ; le minimum, 36 kil. 80 ; moyenne, 54 kil. 90 (i). Ces moyennes ne sont pas tout à fait d^accord avec d'autres résultats obtenus par M. Quetelet ; mais cette question n'offre un véritable intérêt d'application que quand on compare le poids de rhomme aux différents âges; nous la renverrons donc au paragraphe suivant.

(1) Gazette médicale, 1833, p. 730.

(2) Delpech, Orthomorphie,

(3) Journal de médecine de Vandermonde, t. Il, p. 247. Gomme il s'agit de livres anglaises qui varient du poids de 373 grammes (livre troy) jusqu'à 534 grammes (livre avoir du poids), je n'ai pas osé risquer la conversion en kilogrammes. — On lit dans ce même volume, p. 92, une note sur un enfant de trois ans qui pesait 82 livres (environ 40 kilogrammes), et dont la circonférence abdominale passait la longnenr totale du corps. La graisse seule pesait, dit-on, 57 livres (28 kil.) i le squelette était celui d'un enfant ordinaire de trois ans.

ANATOMIE CIimURGICALE,

§ 4« ^ Dd corps bm&Riii aux. difl'crciitfl Age*-

L^s formes générales du corps varient assez notablement de la première enfance à la dernière vieillesse. Chez le noti veau-né et longtemps encére chez renfant, la prédominance de développement de la moitié supérieure du corps est extrême tu eut mârquéa, les jambes sont fort courteSy l'abdomen très-long ; la tôle comparativement plus développée que tout le reste ; et dans la tête, le crâne l'emporte de beaucoup sur la face. Tandis que che^ TaduUe, il ne fait qu'un cinquième de la hauteur de la tête^ chez le jeune enfant il en occupe presque les deui cinquièmes-

Sue a essayé d'élahUr d'une manière précise les rapporta du tronc et des membres avec la taille générale dans les premières années de la lie, et il en a dressé le tableau suivant»

le tronc, et surtout les membres, se développent dans le premier âge. n en résulte que si, par une cause quelconque^ une portion notable du corps reste dans l'inaction, la nutrition y est moins forte ; et il suffit de quelques années pour y produire une atropbie remarquable, soit dans la longueur soit dans l'épaisseur. Hlppocrate avait noté que, quand l'épine du dos se courbe dans Tenfance, le corps ne grandit plus du côté des vertèbres; et les bras et les jambes s'allongeant à Tordinaire, la disproportion qui en résulte est des plus choquantes. Un semblable phénomène se remarque dans les luxations non réduites (i). Ainsi quand rhumérns est demeuré luxé, si c'est dans Tâge de la croissance, dit Hippocrate, cet os prend bien de la nourriture, mais moins que celui du côté opposé, et reste toujours plus court; tandis que chez un adulte le même accident ne produit que Tamaigrissement du bras. Il en est de même pour la luxation du coude, de même pour la luxation de la cuisse ; et comme les brisures des membres au-dessous de l'os luxé peuvent encore s'exercer. Tatrophie en longueur ne sévit guère que sur Tos luxé lui-même. Enfin, Hippocrate a étendu la même remarque aux pieds-bots de naissance si on ne les traite pas de bonne heure. Ainsi il y a un danger de plus à laisser les luxations sans les réduire chez les jeunes sujets ; ainsi, pour le pied-bot, il est urgent de le traiter également de bonne heure. Outre cette indication urgente, l'expérience a fait voir que plus Tenfant est jeune, plus le pied cède facilement à la moindre pression. Chez un enfant qui vient de naître, la main suffit pour rendre au pied sa forme normale, sans occasionner de douleurs ; quelques mois de plus accroissent déjà la difficulté ; de 10 à 20 ans, il faut le secours d'une machine ; plus tard les machines mêmes seraient inefficaces. La guérison est aussi plus prompte. M. d'Ivernois a guéri un enfant de 4 ans en 4 mois, un enfant de 12 ans en 5 mois ; Scarpa veut de 6 à 9 mois pour les enfants de 4 ans, et Venel, qui n'entreprenait pas le traitement du pied-bot passé Tâge de 7 ans, fit porter à un de ses malades sa machine durant 22 mois. Or, Dupuytren ayant eu occasion d'adresser quatre ou cinq enfants du premier ftge au directeur d'un établissement orthopédique, la guérison, ditril, était complète et définitive en un mois ou six semaines au plus (2). U ne faudrait pas prendre de pareilles assertions à la lettre , et nous savons que des guérisons définitives ne s'obtiennent pas à beaucoup près

(1) Voyez le Traité des articulatiom, Œuvres d'Hippocrate, trad. par E. Liltré, Paris, 1844, t. IV.

(2) J'ai rendu compte de ces idées de Dupuytren dans la Gaseite médécale, 1833, p. 580.

12 ANATOMIE ClimURGlCALt:.

$î vite ; mais il est certain que moins on attend, moinfi on a d^'obstacl Taincre.

A la naissance, les eilrémités siipériâiii-es et inférieures ont la ni longueur ; mais le développement tardif des dernières 3eur fait uiu dépasser les autres, de 27 millimètres d'abûrd à 10 ans, et de 54 à 20 Nous avons fait ailleurs nos réserves pour les proportions des mero et du tronc à ce deroier âge ; et nous avons également noté que la ^ sance en hauleur ne s'arrtite pas toujours même à ^5 ans. <

De même que la taille peut s'accroître encore après 25 ans, de ta elle peut décroitre, sans quM y ait afîcettou morbide ni déviation di cbis ou des membres. Les exemples les plus étounaiits qu'on en p citer ont été rapportés par Tenon- Dans son examen de la popuktio Massy, il avait d'abord admis en masse les bommes de 15 à 92 âni n'excluant que les rachitiques et les vieillards vôùtés qui ne pouvaie redresser. Ce qui le détermina à arrêter ses explorations à l'âge de 46 c'est qu'il constata» dit-il, que troïs anciens miliciens, âgés de 65, ' SO ans, avaient perdu do leur taille, le premier 1 f centimètres, le «ième 5, et le second plus de 25 centimètres* Ce dernier fait est à | croyable ; pour les autres, les recherches de M. Quetelel tendent à la ger en règle générale. D'après un tableau comparatif que nous n duLfons tout àTheurc, la taille de Thomme croit jusqu'à 20 ans; pass elle commence à décroître ; de 00 à 60 la chute est rapide, et elle a nue ensuite lentement jusqu*au terme de la vie. Bien que M. Quetelel soîl tenu à des moyennes prises stur un graQd nombre d^individus, o frappé cependant de voir la stature moyenne de l'homme, arri\ 40 aus à 1 m. 684, descendre vers 80 ans ai m, 613, c'est-à-dire p* 1 centimètres. La diminution semble comparativement plus forte cb femme qui, d'une stature totale de 4 m- 579 à 40 ans, descend à I m* et perd ainsi 1 centimètres et demi. 11 faut noter que ces diminulior liennent point auï courbures de Tépine, à la voûture si fréquente les vieillards ; on a pris soin en effet d'écarter les sujets rachttiqu mal conformés, ainsi que les vieillards voûtés de manière à ne pouTC redresser pour être soumis h la mesure (1). Nous recUercherons, en tant du système osseui^ à quoi peuvent tenir des changements i extraordinaires.

Le volume ne subit pas des modiûcations moins importantes. Oa par des cbilTres recueillis à la Maternité de Paris, que le poids m

m Ouelelet, Recherchet tut U pôiâi de l'hômmê atuc differcnit dguil d'h^g. §i de méd, légalt^ i^ série. Paris, 183a, L X, p. I . i

do fœtus à terme est de 3 kil. 059 grammes (6 livres on quart). Hais déjà dès la naissance se manifeste l'infériorité de développement de la femme. La longueur est sensiblement moindre, et le poids est également inférieur. Sur 119 enfants nouveau-nés, dont 63 mâles et 56 femelles, examinés à rhospice de la Maternité de Saint-Pierre, à Bruxelles, on a trouvé :

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POIDS MOTBN.

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