Traité d'anatomie chirurgicale, ou Anatomie des régions, considérée dans ses rapports avec la chirurgie; ouvrage oneé de quatorze planches
Plusieurs travaux importans que je n’ai pu consulter pendant la rédaction du premier volume de cet ouvrage, m’étant parvenus depuis qu’il est en vente, il est juste de les mentionner : ainsi, les superbes planches de Tiedmann , sur les artères (i), m’ont fourni de nombreux exemples de variétés anatomiques dans le système artériel. La cinquième édition du dictionnaire de S. Cooper , publiée à Londres en juillet i8a5, et qui n’était pas encore connue à Paris, m’a permis de mettre à profil quelques découvertes récemment faites en Allemagne et dans les Etats de F union. J’y ai appris , entre autres faits rares et curieux , que le docteur Prieger avait complètement enlevé la parotide avec un plein succès ; mais, j’y ai vu avec peine, d’un autre côté, que S. Cooper , si familier avec la littérature médicale française, n’ait rien dit de l’opération semblable, pratiquée par Béclard il y a deux ans. J’ai pu voir aussi dans un appendice qui fait suite à l’édition américaine de ce diction-
(i) Tabules arteriarum, etc.
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naire (i), que le professeur Valentin Mott a fait trois fois l’ablation d’une des moitiés de la mâchoire inférieure , en la désarticulant, et que, dans un cas, cette opération a été suivie d’un succès complet.
Je regrette de n’avoir pu me procurer plus tôt le Traité de Chirurgie du docteur Dorsey de Philadelphie (2). En effet , on y trouve la preuve que , dans ce pays naissant, les sciences sont cultivées avec ardeur; que l’anatomie, malgré de nombreux obstacles, y fait cependant de rapides progrès, et que la chirurgie de cette contrée rivalisera bientôt avec celle des nations les plus éclairées de l’ancien monde. Ainsi , le célèbre Mott a-t-il pratiqué, et souvent l’un des premiers, les plus grandes opérations chirurgicales, telles que la ligature du tronc innominé, de l’iliaque externe, l’amputation de la cuisse dans l’article, etc; et le professeur Physick a-t-il inventé plusieurs procédés opératoires à Philadelphie , pendant que d’autres savans les mettaient en usage, de leur côté , à Londres ou à Paris.
(1) La première partie de la traduction française de cet ouvrage remarquable est actuellement en vente chez Crevot, éditeur, rue de l’Ecole de Médecine, n° 3.
(2) Eléments of surgery , etc., by John sing Dorsey, with notes, by J. Randolph ; third edit. , Philadelphia, 1823.
Il est un autre ouvrage que je n’avais pas assez consulte, quoiqu’il renferme d’importantes remarques anatomiques et chirurgicales : c'est la clinique chirurgicale du savant professeur Delpech, de Montpellier, J’en pourrais dire autant du travail de M. Lallemand , professeur de la même école, sur l’urètre et ses maladies. J’ai pu me servir aussi, relativement à la taille, au cathéthérisme, et à l’anatomie qui concerne l’urètre et le périnée, des recherches précieuses que vient de publier M. Leroy ( d’Etiolle ) , sur les diverses méthodes de briser la pierre dans la vessie , ainsi que d’un Mémoire sur la taille bilatérale , que M. Qllwier a bien voulu me communiquer pendant qu’il le faisait imprimer; taille qui donne de si beaux résultats à JVL Ie professeur Dupuytren.
En relatant les premières notions publiées sur Fanatomie des régions, je n’ai point parlé de TVinslow , et pourtant le troisième volume de son Exposition anatomique renferme , sous le titre de Traité sommaire des parties , etc. , un petit abrégé dans lequel ceux qui trouvent du plagiat partout, pourraient bien aller chercher la source des idées de Desault , de l’esquisse de M. Boyer , et des leçons de Béclard. On y verrait sans peine au moins l’origine d’un livre tota-
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lement oublié, et qui est cependant le plus remarquable que nous ayons sur l’anatomie chirurgicale et des régions : je veux parler des mémoires de Vincent Malacarne (i). Il est assez bizarre, au reste, que cet ouvrage, sorti de la plume d’un des anatomistes modernes les plus célébrés de l’Italie, n’ait été remarqué par personne , et qu’on n’en trouve l’indication nulle part. Cette espèce d’abandon tient sans doute au plan qu’a suivi l’auteur, qui ne s’est pas donné la peine d’établir des limites précises pour les diverses régions qu’il passe successivement en revue; à ce qu’il n’a fait qu’énumérer les parties, sans les décrire, et sans rien dire de leurs rapports, ni de leurs particularités de forme ou de position; et, surtout, à ce que ses remarques chirurgicales , qui ne sont , pour la plupart, que des notions très-vulgaires, et les plus élémentaires de cette science , ne se lient presque en aucune manière avec l’exposition anatomique qui les précède. Quoi qu’il en soit, ce livre ne mérite pas l’oubli profond dans lequel il est plongé : il doit assurément être placé beaucoup au-dessus de celui de Rosenthal .
(i) Ricordi délia anatomia chirurgica spettanti al capo e al collo , — ” al tronco , — aile braccia e aile gambe , etc., Padova, 1801-1802.
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Le plan de mon travail étant soumis au jugement du public depuis trois mois , j ai reçu avec reconnaissance les conseils qu’on a bien voulu me donner, et les observations qui m’ont été faites; j’ai même sollicité la critique, afin d’en profiter pour la composition du présent volume ; et, je dois le dire, on m’a traité jusqu’à présent avec une bienveillance à laquelle je n’avais certainement pas droit de prétendre. Cela ne veut pas dire, cependant, qu’on ne m’ait fait aucun reproche; il en est même plusieurs que je crois devoir reproduire ici.
i° Quelques personnes , tout en louant la distribution générale de l’ouvrage, m’ont objecté que , pour l’entendre , il fallait déjà connaître l’anatomie, et que, par conséquent, il ne convenait pas aux élèves qui commencent l’étude de la médecine. A cela , j e répondrai que mon but n’a point été de remplacer les autres traités d’anatomie, ni de faire un livre pour ceux qui n’ont encore aucune notion de l’organisation de l’homme ; mais, qu’à la rigueur, néanmoins, le chirurgien pourrait, en étudiant successivement les différentes coupes que j’ai établies, acquérir des connaissances aussi exactes et plus positives peut-être que par toute £Utre méthode.
2°. On a pensé , d’un autre côté , que j’avais
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eu tort de décrire toutes les parties du corps, attendu qu’un grand nombre d’entre elles ne présentent qu’un faible intérêt chirurgical. Ce reproche me paraît peu fondé. En effet , il fallait faire un traité complet, ou il n’en fallait pas faire. Or, dans le premier cas, toutes les régions devaient nécessairement être passées en revue les unes après les autres; et d’ailleurs, en est-il une sur laquelle on ne puisse être appelé à pratiquer quelques opérations?
3P. On a trouvé l’ouvrage trop volumineux ; et les uns alors ont avancé que j’avais trop accordé aux considérations chirurgicales, ainsi qu’aux remarques purement pathologiques, tandis que d’autres ont dit que j’avais trop insisté sur les détails anatomiques. De semblables reproches se détruisent l’un par l’autre, et j’avoue qu’ils m’ont surpris sous tous les rapports. D’abord, j’ose avancer qu’il est impossible de traiter le même sujet en un seul volume, à moins de l’effleurer ; à moins d’imiter ceux qui ont pris à tâche de transformer tous les bons livres en de simples manuels; comme s’il était donné à tout le monde, â l’instar d 'Hippocrate, de Boerhaave , ou de Stolly de réduire une partie quelconque de la médecine à quelques sentences aphoristiques ! Burns n’a-til pas publié un volume entier
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sur la tête et le cou seulement? Les personnes qui me liront avec quelque attention pourront se convaincre, si je ne m’abuse, que je ne me suis appesanti sur les descriptions anatomiques, qu autant qu’elles devenaient nécessaires pour l’inteL ligence de certains procédés opératoires , de quelques phénomènes morbides, ou que les parties ne me semblaient pas avoir été présentées sous leur véritable aspect. D’un autre côté, je prie de remarquer que cet ouvrage a pour but principal d’éclairer la pratique des opérations, et que, par conséquent, je ne pouvais me dispenser de discuter la valeur relative des procédés opératoires basés sur la disposition anatomique des parties.
4°- L’on me reproche aussi de ne m’être pas assez étendu sur les formes extérieures , sur l’anatomie pittoresque. Je conviens qu’il eût été possible d’entrer dans de plus longs détails à cet égard; mais, écrivant pour les chirurgiens bien plutôt que pour les peintres, je craignais déjà d’être allé trop loin sous ce rapport. Il m’eût été, d’ailleurs , d’autant plus facile de remplir ce vide, que c’est la partie la plus simple du sujet.
5Q. Enfin , il en est qui ont supposé que les régions seraient mieux déterminées par la présence de quelque organe important , que par des lignes