‹ Traité d'anatomie chirurgicale, ou Anatomie des régions, considérée dans ses rapports avec la chirurgie; ouvrage oneé de quatorze planchesChapitre 24 sur 76 · RÉGION PUBIENNE OU ANTERIEURE · texte numérisé non relu

RÉGION PUBIENNE OU ANTERIEURE

Cette région comprendra la symphyse des pubis et îen-

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semble des parties molles qu elle supporte ou qui la recouvrent, de^manière à renfermer chez l’homme tous les organes sexuels externes ; se continuant avec la région hypogastrique, en haut, elle se trouve limitée, inférieurement, par une ligne transversale , qui passerait en arrière et au-dessous du scrotum, ou des parties qui lui correspondent chez la femme, pour se terminer sur les branches pubiennes; sur les côtés , par deux autres lignes, qui seraient abaissées de l’épine des pubis sur les extrémités de la ligne précédente.

Chez l’homme, la région pubienne, qu’on pourrait tout aussi bien appeler région génitale externe, se compose de trois parties distinctes , savoir : le pénil , le scrotum et la verge.

A. LE PÉNIL.

Cette portion est, pour ainsi dire, la seule qui existe chez la femme, où elle est connue sous lenom de mont de V énus ; il faut pourtant y joindre le clitoris , que renferme encore la région pubienne, dans ce sexe. Plus saillante chez le fœtus et dans l’enfance , elle l’est aussi généralement un peu plus chez l’homme que chez la femme bien conformée; elle est quelquefois séparée de l’hypogastre , chez celle-ci , par une rainure assez profonde, mais qui n’existe que dans un petit nombre de cas.

Remarquable par son épaisseur, la quantité de follicules qu elle renferme et les poils nombreux qui la recouvrent , elle est rugueuse, brune, onctueuse, et se recouvre facilement duproduitdela sécrétion sébacée qui y est très-active, etdelà, sans doute , la raison pour laquelle le pediculus pubis s’y

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montre si souvent chez les personnes mal propres; d’une texture dense, serrée, peu extensible, elle est susceptible néanmoins de se laisser distendre par le développement lent et graduel de tumeurs qui së seraient formées entre elle et les os, ou bien dans la profondeur dé ses follicules. M . Faneau - Delacour (i) a récemment fait l’extirpation d’une tumeur de cette espèce, qui avait le volume d’une tête d’adulte. En descendant sur les grandes lèvres et le clitoris chez la femme , sur le pénis ou le cordon testiculaire chez l’homme , la peau du pubis s’amincit d’une manière rapide , et son extensibilité augmente en proportion.

à0. La Couche sous-cutanée.

C’est un mélange de filamens fibreux et de lamelles celluleuses et graisseuses, entre-croisées un grand nombre de fois, de manière à former une espèce de coussinet élastique , qui ressemble , jusqu’à un certain point , à la couche cellulaire fibreuse sous-cutanée de la main ou des doigts , si ce \\ e^t qu’il ést moins serré et qu’il se raréfie graduellement, du centre à sa circonférence, en se continuant de toirtes parts avec le fascia superficialis ; quelquefois épaisse d’un pouce et même plus , cette couche semble destinée à diminuer la violence des chocs auxquels la saillie pubietine est exposée. Ses inflammations phlegmoneuses sont, en général, très-douloureuses , et sa texture filamenteuse , so*i union assez intime avec la peau et le tissu fibreux qui recouvrent les os, font que le pus s’y rassemble difficilement en foyers , et qu’il fùse promptement dans les grandes livres ou dans les bourses.

(0 Précis de la Constitution mèr£cale du département et Indre-et-Loire, troisième trimestre, pa-e 19,

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3°. La Couche fibreuse, x

Ce n'est point une aponévrose proprement dite * ce nest pas non plus simplement le périoste, mais bien une lame résultant de Ventre-croisement des deux piliers internes de l’anneau inguinal , des fibres tendineuses d’origine des muscles droits antérieurs du ventre et internes delà cuisse: c’est-à-dire, que cette couche se continue d’une manière directe avec l’aponévrose fémorale , et , par sa face antérieure , avec la couche précédente ; elle donne aussi naissance au ligament suspenseur de la verge, et se confond par ce moyen avec les tuniques fibreuses de cet organe; elle ne présente, au reste, aucune application particulière en chirurgie.

4°. Les Artères, les Veines, les Lymphatiques et les Nerfs.

Tous les organes appartenant à ces divers systèmes , qui entrent dans la composition de la région pubienne, ne sont que de simples capillaires, et ne méritent aucune attention dans les opérations; à moins de développement pathologique, ils ne peuvent, en aucun cas, donner de craintes pour l’hémorragie. Les artérioles sont fournies par les honteuses externes ; les veinules vont se rendre, ou dans les saphènes internes, ou dans les veines vésicales , en passant sous l’arcade des pubis; les lymphatiques suivent le même trajet, et viennent principalement dans les ganglions superficiels de l’aine ; enfin, les nerfs sont donnés par le honteux interne.

5°. Le Squelette.

C’est la seule partie importante de cette région; elle comprend l’articulation antérieure et toute la portion des pubis, qui s’étend jusqu’à l’épine de ces os. Cette symphyse est remarquable, chez l’homme adulte, par sa solidité, de telle

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sorte que la luxation est plus difficile que la fracure, en avant du bassin; ce qui dépend de ce que le ligament inter-pubien fait corps , pour ainsi dire , avec les surfaces osseuses.

Chez certaines femmes , pendant la grossesse , cette articulation est loin d’offrir la même solidité; le fibro-cartilage se gonfle, se ramollit, et sa mobilité devient quelquefois assez grande pour entraîner la claudication , ou pour obliger la femme à garder le repos , plusieurs semaines avant l’accouchement. Ce relâchement des symphyses du bassin en général, et de celle des pubis en particulier, entrevu par Galien elFernel , démontré par & Pineau , et contesté, on ne sait trop pourquoi, par Baudelocque , n’est plus maintenant le sujet d’aucune discussion. M. le professeur Cliaussier a eu de trop nombreuses occasions de le rencontrer à la Maternité, pour qu’il puisse rester des doutes à cet égard. Favorable à l’accouchement, lorsque le bassin manque d’amplitude , puisqu’il permet aux dimensions de cette cavité de s’agrandir en tous sens, cet état peut aussi entraîner des conséquences fâcheuses , lorsqu’il est porté trop loin. On conçoit qu’une disposition semblable ne peut que rendre la symphyséotomie plus facile, et, d’après ce qui vient d’être dit , il est évident que cette opération ne peut être dangereuse sous le rapport des organes qui doivent être intéressés pendant son exécution. Ainsi , pour la pratiquer , on aurait à diviser : i° la peau, après l’avoir rasée ; 2° la couche sous- cutanée plus ou moins épaisse , et parcourue par des filamens vasculaires et nerveux; 3° la couche fibreuse; 4° le fibro-cartilage, en général assez élastique pour exiger des précautions pendant sa section, c’est-à-dire, que le scalpel, poussé avec trop de force d’avant en arrière, pourrait atteindre la vessie; et des accoucheurs maladroits sont même allés jusqu’à la matrice , dans les tems où fut agitée cette dispute scandaleuse^

trop long-tems alimentée dans nos écoles , pour savoir qui devait l’emporter, ou de la section du pubis , ou de l’opération césarienne, comme si ces deux opérations pouvaient mutuellement se remplacer. Quoi qu’il en soit, la division du ligament triangulaire ou sous-pubien doit être complète , si l’on veut obtenir quelque écartement, et le tissu cellulaire postérieur à la symphyse ne doit être tiraillé que le moins possible ; car, s’il s’enflamme, sa disposition lamelleuse, son abondance et ses communications faciles avec tous les organes du bassin, font qu’il en résulte bientôt une suppuration abondante , et qui fait naître les plus graves dangers,

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