Les Os et les Cartilages
Les premiers sont les deux os nasaux en entier, et presque toute Tapophyse montante des maxillaires supérieurs. Les rapports de l'apophyse nasale avec les voies lacrymales, son articulation avec le frontal et les os du nez, la disposition de ces derniers relativement au crtee et aux fosses nasales , rendent raison des troubles cérébraux, des maladies de l'orbite, du sac lacrymal, etc., que produisent quelquefois les fi^actures, les exostoses, ou autres affections des os propres de la saillie nasale. Etant assez épais et très-courts, oe« os ne peuvent être
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firacturéscpie par cause directe; ce qui fait que la force capable de produire cet accident rend la blessure plus grave par la lésion des parties molles que par la fracture elle-même. Cependant, comme ils ne sont pas soutenus dans les fosses nasales, ils se déplacent aisément; et, si on ne prend pas les précautions convenables, il peut en résulter une difformité désagréable, de la gêne pour respirer, des changemens dans la parole et dans l'olfaction. Ib sont d'aillem*s plus ou moins relevés, plus ou moins longs, plus ou moins épais; ce qui rend les fractures plus aisées ou plus difficiles; ces variétés donnent lieu surtout aux diverses formes du nez.
Les seconds sont les cartilages triangulaires, ceux du pourtour des narines et des ailes ; puis le bord antérieur de la cloison. Ce dernier est encadré entre les autres de telle sorte, qu*à la rigueur il serait possible den extraire une partie, si elle était malade, sans pénétrer dans les fosses nasales. Il suffiirait^ pour cela, d mciser le lobule et la cloison sur la ligne médiane, et d'écarter ensuite la brandie interne de chaqtie cartilage de l'aile. C'est à Tendroit où ces derniers s'unissent au cartilage latéral que se voit la dépression la plus remarquable qu'il y ait sur le nez. Le nerf naso-lobaire sort entre le bord inférieur de Vos nasal et le cartilage triangulaire. Si ce nerf étiat Ae siège d'une névralgie , il ne serait pas difficile de le découvrir et d'en faire la section. Toutes ces lames élastiques sont recouvertes d'un péricondre fibreux, trèsdense, qui les unit aux parties environnantes, et se continue sur les os pour former Le périoste.
Des affections syphilitiques, des boutons cancéreux, des ulcères rongeans , etc. , exigent quelquefois l'amputation de l'extrémité libre du nez. Les remarques anatomiques qui précèdent fwt voir que cette auipulatiou peut être pratiquée jus- ^'à l'endroit où les os s luûssei^t aux cartilages* Et c'ett à
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roccasion de cette ablation, ou de la perte du lobule par ac** cident ou par maladie, qu'on a reconunandé la Rynoplas* tique ^ pour corriger une difformité hideuse; conune, d*un autre côté, d'après les expériences de M. MagendiCy l'olfaction ne se fait plus quand le bout du nez a été enlevé, on doit engager les chirurgiens à pratiquer cette opération. Le professeur Béclard^ au reste, a remarqué qu'un nez artificiel en métal rétablissait également la fonction olfactive.
Le nez est une des parties de la face qui influent le plus sur l'expression de la physionomie. On sait aussi combien il est important à considérer dans les maladies; mais ceci est du ressort de la séméiotiqùe, et ce serait sortir de notre sujet que d'entrer dans les détails de ces particularités.
Toutes les parties que nous venons de voir sont ainsi superposées : I® La peau ; 2® la couche cellulo-fibreuse ; 3® les muscles et l'aponévrose : les vaisseaux et les nerfs sont répandus dans ces différentes couches; 4^ le périoste et le péricondre; 5^ les os et les cartilages.
SECTION m.
RiGiozr ORBITA.X&S.
Cette région comprend tout l'appareil de la vision, et de plus la presque totalité de l'appareil lacrymal. Elle est limitée par la circonférence de l'orbite; on voit, par conséquent, en dedans la région nasale, en dehors la temporale, en haut la frontale, et en bas la zygomato-maxillaire. Elle nous présente à considérer les arcades orbitaires, les paupières, les angles palpébraux, l'œil et l'orbite.
1°. L'Arcade orbîtaire sup/érieure ou sourciliëre.
La peau qui entre dans la composition de cette arcade est plus épaisse que celle des paupières, et moins que celle du
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front; elle est souple, extensible, et donne insertion aux poils du sourcil. Il faut noter que ces poils, généralement plus colorés que ceux du reste du crâne, sont destinés à diminuer l'intensité de la lumière qui arrive à l'œil, ainsi qu'à forcer la sueur de ruisseler vers la racine du nez. En effet, cette remarque sert à faire comprendre pourquoi leur chute ou leur destruction entraîne assez fréquemment des ophthalmies rebelles ou d'autres maladies de l'œil.
Le volume du sourcil dépend de plusieurs causes : d'abord, de ce que les poils sont plus ou moins nombreux et gros; en* suite, de l'épaisseur des parties molles sur lesquelles ils reposent; puis, surtout, de la saillie que forme l'arcade osseuse. Nous 7 reviendrons en examinant chacune de ces parties.
Un grand nombre de follicules se trouvent entre les racines des poils, surtout en se rapprochant du nez.
Le tissu cellulaire sous-cutané forme une couche filamenteuse, dense, assez épaisse, dans laquelle on rencontre des cellules adipeuses. Cette couche présente à peu près les mêmes caractères que celle qui double le cuir chevelu en général. On doit y appUquer aussi les mêmes considérations chirurgicales.
Les muscles sont : les anses supérieures de l'orbiculaire, qui suivent la même direction que l'arcade; ensuite, la portion inférieure du frontal, qui descend perpendiculairement derrière le précédent; enfin, en dedans, une partie du pyramidal, puis le sourcilier. Ce dernier, le plus important de tous et le seul intrinsèque, remonte obliquement en dehors et en haut de l'apophyse orbitaire interne, entre le frontal et le naso-palpébral, pour se terminer à la peau.
Ces muscles ne sont en rapport avec aucune aponévrose ; le tissu cellulaire qui les sépare est lâche et lamelleux; d'où il résulte qu'il peut s'y former des phlegmons, et qu'à la suite
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des pldies, de quelque espèce quelles soient, le pus glisse^ et slnfiltre fréquemment entre ces organes et les .os; aussi contient-il de ne pas réunir immédiatement, si la suppuration est imminente, et d évacuer la matière dès quil y en a de formée.
Les artères de Tàrcade sourcilière ne lui sont pas propres; pour la plupart, elles ne font que la traverser. Ce sont : eti dehors, quelques filets de la branche temporale antérieure; au tiers interne, des rameaux de la sus-orbitaire, dont le tronc remottte entre le frontal et le sôurcilier; en dedans, de petites branches de la nasale.
En cionséquënce, une plaie située à un pouce en haut et en dehors du tendon de l'orbîcuïaire, pourrait donner lieu à une hémorragie assez abondante. Dans ce cas, si la division de l'artère avait lieu entre les muscles , la ligature en serait facilement pratiquée, à cause de la disposition lamelleuse et de la texture, peu serrée du tissu cellulaire. Au-dessus du sôurcilier, au Contraire, il vaudrait mieux comprimer, attendu qu'il serait difficile de pincer le vaisseau dans la couche souscutaiiée.
Les veines superficielles n'offrent rien de particuHer; les autres suivent la direction des artères : seulement on doit remarquer la préparate, qui descend entre les deux arcades orbitairès sur la Kgne médiane; lïiais cette veine a été vue dans la régioti fit)ntale, et bientôt nous la retrouverons dans le grand angle.
n est utile de noter que les vaisseaux lymphatiques ne vont pas tous se rendre dans les mêmes ganglions. Les plus internes, comme ceux du front, suivent les vaisseaux sanguins de là face, et tombent dails les ganglions sous-maixîDaires , tandis que cenx de la portion externe se dirigent vers le devant de ForeiDe. Cette disposîtion.porte à penser que les ma-
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ladifis de la téce du sourcil , détermineront le gonflement des ganglions {dacés sous la mâchoire; tandis que ceux de la région parotidienne seront afifectés dans les maladies de la moitié externe de larcade sourdlière.
Les nerfs sont ce qu'il y a de plus important à considérer ici. On trouTe, en dehors, un ou plusieurs filets du ÙLci2l qui viennent s'anastomoser avec le sus-orbitaire; toutàrfait en dedans, quelques rameaux du nasal interne qui s'anastomosent avec le frontal; mais les plus volumineux sont les deux cordons du sus-orbitaire : ils sortent quelquefois ensemble de l'orbite par le trou qui leur a donné son nom; le plus souvent, néanmoins, la petite branche passe entre la poulie cartilagineuse du grand oblique et l'apophyse orbitaire interne. Ces nerfs paraissent être le siège des vives douleurs connues sous le nom de névralgie frontale. Et c'est, d'après cette idée, qu'on a souvent pratiqué la section du nerf sourcilier, pour faire cesser ces douleurs. Quelquefois eHes o«t été ainsi suspendues; mais , comme assez ordinairement elles ont r^aru , on a pensé que leur retour était dû aux anastomoses de la branche coupée avec celles qui l'avoisinent. Qnoique cette explication satisfasse f esprit , il n'est cep^Mlant pas certain qu'elle soit exacte, attendu que, dans ces cas, il est bien possible que les deux bouts du nerf divisé se soient réunis après l'opération : on concevrait alors le rétablissement de l'action nerveuse par le même tronc. En conséquence, si on se décidait à cette opération, il ne faudrait pas se contenter d'une simple division, mais bien enlever une portion du nerf malade. Au reste , pour le saisir aisément ^. il cenviendràflit de le chercher' immédiatement à sa sortie de l'échancrupe qui le renferme , parce que, dans cet endmit, on n'aurait à diviser que la peau, le muscle naso-palpébrsd, et deux <x>uched de tis^is ceihilaive peu épaisses.Pour
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trouver cette écliancrure , il suffira de suivre avec le bout du doigt Tarcade osseuse , en partant de Tune ou de Fautre apo«physe orbitaire; et la première dépression qu'on rencontrera, sera celle qui renferme le nerf. Elle est, en général, située un pouce en dehors et au-dessus du tendon direct de l'orhiculaire. Pendant cette opération, on doit avoir soin de tenir le sourcil fortement élevé; car, en se contractant, son muscle l'entraînerait en bas, et pourrait gêner beaucoup le jeu de l'instrument.
Le squelette de cette arcade appartient tout entier au frontal. Sa moitié externe est, en général, mince et tranchante; l'interne est plus arrondie, et c'est sur celle-ci qu'appuie la tête du sourcil : elle est plus ou moins saillante, à cause du sinus frontal qui y correspond.
. Les causes fracturantes qui portent sur cette arèade la bri~ sent moins souvent elle-même' que la voûte de l'orbite , qui est beaucoup plus mince. Le sourcil étant assez fréquemment le siège de loupes dans lesquelles on voit quelquefois' des poils, certains auteurs ont pensé que la présence de ces derniers n'était due qu'à une simple déviation de leur direction naturelle {Béclard)\ d'autres ont cru qu'ils étaient dus à l'allongement contre nature de la petite racine de ceux du sourcil y enfin, on a dit (M. Laennec) que c'étaient des pro" ductions accidentelles.