CHAPITRE PREMIER
DES PARTIES ENVELOPPANTES ET PROTECTRICES DE l'aXE CÉRÉBRO-SPINAL.
L'appareil encéplialo-rachidieii se trouve logé, comme on le eait, dans un étui osseux, le canal rachidien, élui prolongé en avant par la boîte crânienne ; mais il csi protégé d'une manière plus immédiate par trois enveloppes qui ont reçu les noms de dure-mère, arachnoïde, q\. pie-mère.
§ I. — De l'étui osseux qui loge l'axe encéphalo-rachidieDc
La connaissance des os qui entrent dans la composition de cet étui protecteur ne peut s'acquérii- sans qu'on le connaisse également lui-même; aussi pourrionsnous nous dispenser d'en faire ici une élude spéciale. Nous rapporterons cependant les termes succincts dont nous nous sommes déjà servi pour faire connaître le canal rachidien, et nous exposerons avec le même esprit de concision la description non ei'.core faite de la boîte crânienne.
1° Du CANAL RACHIDIEN.
(le canal communique en avant avec la cavité crânienne. Très large au niveau de l'atlas, pour recevoir l'apophyse odontoïde, et permettre les mouvements de rotation de la tête sans que la moelle fût exposée à être blessée, le canal rachidien se rétrécit subitement dans l'axis; il se dilate ensuite à la fin de la région cervicale et au commencenient de la région du dos: là, en effet, la moelle présente un plus grand volume, et les mouvements du rachis sont très étendus. C'est vers la partie moyenne du dos que le canal rachidien présente son plus petit diamètre ; il s'agrandit ensuite à partir de ce point jusqu'au niveau de l'articulation lombo-sacrée ; après quoi il se rétrécit rapidement pour disparaître tout à fait vers la quatrième ou la cinquième vertèbre coccygicnne. La dilatation lombo-sacrée coïncide avec le rcnnomenl que la moelle présente à cet endroit et avec le volume énorme des cordons nerveux qui sont accolés à celte dernière.
2" De LA CAVITÉ CRANIENNE (fig. 22. 24. 109).
C'est une boîte très irrégulièrement ovoïde, dont les parois sont formées par le frontal; le pariétal, l'occipital, l'ethmoïde et les temporaux.
Elle présente à considérer quatre plans et deux extrémités.
Le plan supérieur offre, sur la ligne médiane et vers le tiers postérieur, la protubérance pariétale, dont les deux crêtes latérales concourent avec cette émineiice à diviser la cavité crânienne en deux compartiments: l'un postérieur, destinée contenir le cervelet; l'autre antérieur, incomparablement plus grand, logeant les hémisphères cérébraux, partagé, par la crête rudimentaire impaire qui part de
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réiuiiieiico lalciforme pour aller rejoindre l'apophyse crista-galli, en deux sections latérales, une pour chaque hémisphère. On verra plus loin des replis de la duremère s'attacher sur celte protubérance pariétale et sur les crêtes qui s'en détachent, et rendre ainsi beaucoup plus parfait ce cloisonnement de la cavité crânienne.
Sur les plans latéraux' se montre également la division en un compartiment cérébelleux et un compartiment cérébral, grâce aux crêtes latérales de l'apophyse falciforme, lesquelles se prolongent obliquement jusqu'auprès du sphénoïde: la première section formée par l'occipital et la face interne du rocher; la seconde par la portion écailleuse du temporal, le frontal et la grande aile du sphénoïde ; toutes deux concaves et parsemées d'impressions digitales, comme elles sont, du reste, également sur le plan supérieur.
Le plan inférieur, fort irrégulicr, offre d'arrière en avant: 1° sur la ligne médiane, la gouttière basilaire, dans laquelle est reçue la plus grande partie de l'isthme encéphalique; la fossette pituilaire, rendue plus profonde par un repli circulaire de la dure-mère, logeant la glande de même nom ; la fossette optique, où se place le chiasma des nerfs oculaires; 2" sur les côtés, les trous déchirés, bouchés en partie par de la substance cartilagineuse et par la dure-mère; les scissures caverneuses et les scissures maxillaires, en dehors desquelles on remarque l'impression digiiale, large et profonde, qui reçoit le lobule mastoïde ou le lobe inférieur du crrveau.
lu extrémité postérieure ([(i la cavité crânienne présente le trou occipital, au moyen duquel cette cavité communique avec le canal rachidien.
L'extrémité antérieure offre, dans le plan médian, l'apophyse crisla-galli, c'està-dire le bord supérieur de la lame perpendiculaire de l'ethmoïde, sur les côtés, les deux fosses elhmoïdales, dépressions profondes, destinées à contenir les lobes olfactifs, et au fond desquelles se remarque le crible rcprésenié par la lame transverse de l'os sus-indiqué.
§ II, — Des enveloppes de l'axe encéphalo-rachidien.
On nonmie ainsi les trois membranes qui recouvrent l'axe cérébro-spinal ot le séparent des parois de la cavité osseuse dans laquelle il se trouve renfermé. Désignées d'une manière générale par lenorn de méninges, et distinguées en méninge externe, méninge moyenne et méninge interne, ces membranes sont plus connues sous les noms de dure-mère, araehimt de cl pie-mère, dont nous nous servirons pour les décrire.
La dure-mère, ou la méninge externe, est une forte membrane fibreuse on rapport avec les parois du crâne et du canal rachidien.
\j arachnoïde, ou h méninge moyenne , représente une tu:ii{|uc de nature séreuse, décomposée en deux feuillets : l'un externe, appliqué sur la face interne de la dure-mère, l'autre interne, éialé, par l'intermédiaire de la pie-mère, sur l'axe cérébro-spinal, dont le sépare encore, dans un grand nombre de points, un liquide spécial, le fluide céphalo-rachidien.
Quant à la pic -mère, ou la méninge interne, c'est l'enveloppe propre de la tige
tiO
G2G DE l'axe CENTIUL DU SYSTÈME NERVEUX.
nerveuse centrale: enveloppe cellulo-vasculaire, très adhérente à la surface extérieure de celle tige, unie au feuillet viscéral de raracliiioïde par du tissu cellulaire plus ou moins serré, onlre les mailles duquel se trouve déposé le fluide sousarachnoïdien.
Cette disposition des enveloppes encéplialo-rachidiennes permet d'assimiler, jusqu'à un certain point, l'axe cérébro-spinal à un viscère, et la gaîne osseuse qui le contient à une cavité splanchniquc, dont la membrane séreuse, c'est-à-dire Varnchnoide^ serait doublée en dehors deson feuillet i)ariélal par une expansion libreuse, la dure-mère, en dedans de son feuillet viscéral par une tunique cellulo-vasculaire, la pie-mère ou la méninge interne.
Cette vue d'ensemble des enveloppes des centres nerveux va être suivie d'une description spéciale de chacune d'elles, description dans laquelle nous considérerons successivement leur partie spinale ou rachidienne et leur partie crânienne ou encéphalique, après les avoir envisagées d'une manière générale.
■1° De la DURE-MÉIlE.
Otte membrane, la plus externe cl la plus forte des enveloppes encéplialo-rachidiennes, tapisse les parois de l'étui cérébro-spinal, dont elle répète exactement la forme; c'est donc un deuxième étui prolecteur, dilaté à son extrémité antérieure en une cavité ovoïde qui loge l'encéphale, terminé postérieurement par une pointe prolongée sur les vertèbres coccygiennes.
Elle offre deux faces : l'une externe, en rapport avec les parois de l'étui osseux ; l'autre interne, adhérant de la manière la plus intime au feuillet externe de l'arachnoïde.
Dans plusieurs points de son étendue, elle est traversée par les nerfs qui s'échappent de l'axe encéphalo-'rachidien et par les vaisseaux destinés à celte portion de l'appareil de l'innervation.
La dure-mère possède la texture de toutes les membranes fibreuses blanches. Les faisceaux de tissu inextensible qui la constituent se superposent et s'intriquent de la manière la plus serrée. Bourgelat pensait qu'ils forment deux lames distinctes: l'une interne, l'autre externe ; mais nulle part il n'est possible de mettre ces deux feuillets en évidence. Ce tissu reçoit des vaisseaux sanguins. On a vu des nerfs s'y rendre, du moins dans la portion crânienne, nerfs fournis par le ganglion de Casser. Personne encore n'a pu y démontrer sérieusement l'existence des vaisseaux lymphatiques.
Dure*nière rachidienne on spinale. — La dure-mère rachidienne représente une gaîne fort allongée, continuée au niveau du trou occipital avec la dure-mère encéphalique, terminée en arrière par une pointe effilée logée dans rélroilc gouttière qui représente, sur les vertèbres coccygiennes moyennes, les traces du canal rachidien. Comme elle possède exactement la foi me de ce dernier, elle oiïre son plus grand diamètre au niveau de l'atlas et des rennements brachial et lombo-sacré de la moelle épinière. Sa capacité l'emporte de beaucoup sur le volume de cette dernière; aussi cette gaîne peut-elle se prêter à l'accumulation, dans quelques-unes
DKS l'AKTlES ENVELOPPAMES DE l'aXIi CÉRÉBRO-SPINAL. (527
de ses parties, du fluide céphalo-rachidien, accumulation qui est impossible dans la plus grande étendue de la région crânienne.
La face externe de la dure-mère spinale n'adhère que faiblement, surtout par en haut, aux parois du canal rachidien. Elle s'en trouve même séparée, au niveau des espaces intervertébraux, par une certaine quantité de tissu adipenx qui ne manque jamais, même chez les animaux les plus maigres. Cette face recouvre par en bas le ligament vertébral commun supérieur, et les veines que nous avons décrites sous le nom de sinus rachidiens.
La face interne (\qw\\& attache entre chaque paire nerveuse aux festons du ligament dentelé, dépendance de la pie-mère. Elle est rendue lisse et pohe par le feuillet externe de l'arachnoïde, lequel s'unit à la dure-mère d'une manière si étroite qu'il est inutile d'essayer la dissociation des deux membranes.
Vépaisseur de celle méninge est traversée d'outre en outre, sur les deux côtés, par une double série d'orifices destinés au passage des racines des nerfs spinaux, autour desquels la dure-mère envoie de petites gaines spéciales, accompagnant ces nerfs, dit-on, jusqu'aux trous de conjugaison.
Durc-nière crânienne ou encéphalique. — Cette membrane forme un sac
exactement moulé, par sa face externe sur les parois du crâne, par sa face interne sur la surface superficielle de l'encéphale. Celui-ci remplit donc parfaitement la boîte crânienne ; et c'est ce qui explique pourquoi l'accumulation du fluide céphalo-rachidien est impossible dans cette région.
Surface externe. — Elle adhère fortement, par des tractus cellulo-vasculaires, aux parois du crâne, dont elle suit toutes les ondulations. Mais celte adhérence n'est pas également prononcée dans tous les points; c'est sur les côtés de la voûte du compartiment cérébral qu'elle est le moins intime; elle se montre très forte au contraire sur celte même voûte, dans le plan médian, sur l'apophyse crista-galli, autour de la protubérance pariétale, sur les crêtes de celte éminence, et vers les faces latérales du compartiment cérébelleux au niveau des rochers, où la membrane est, du reste, fort mince.
Cette face externe donne naissance à autant de prolongements engainants qu'il s'échappe de nerfs par la base du crâne; les principaux existent autour des filets ethmoïdaux, des nerfs optiques, et des deux grosses branches fournies par le ganglion de Casser.
Surface interne. — La surface interne de la dure-mère crânienne est recouverte par le feuillet pariétal de l'arachnoïde, qui lui adhère aussi énergiquement que dans la région rachidienne. Elle envoie dans la cavité du crâne trois prolongements distingués par les noms de faulx du cerveau, tente du cervelet et repli pituitaire, prolongements chargés de compléter le cloisonnement de la cavité crânienne, d'isoler les divers renflements extérieurs de la masse encéphalique, et de les protéger contre les compressions qu'ils pourraient exercer les uns sur les autres.
a. La fcmlx du cerveau est une lame verticale comprise entre les deux iiémisphèrcs cérébraux, devant sou nom à la forme qu'elle présente.
Son bord antéro-supérieur, adhérent, fortement convexe, répond à l'apopiiyse cribla-gaili, ainsi (ju'à la crête médiane do la face interne du frontal et du pariétal.
62^< BE L'AXIC CEMKAL du SYSTEME INEUVEUX.
C<! bord est très ép;iis el creusé inlérieuremciit d'un ciiual veineux, prismatique et triangulaire, qui constitue le sinus médian.
Vers son bord inférieur, i)()rd libre et concave, répondant au corps calleux, la lame falciforme est extrêmement mince et criblée comme une dentelle.
L'extrémité postérieure, ou la base de la faulx, s'appuie sur la protubérance pariétale.
L'extrémité antérieure s'avance en se recourbant jusqu'auprès de la fossette optique.
b. La tente du cervelet se compose de deux lames latérales formant une cloison transverse entre le cervelet et l'extrémité postérieure des lobes cérébraux.
Cbaque lame, parcourue intérieurement par un des sinus transverses, offre: \\n bord adliérent; convexe, attaché sur la crête lemporo-parlétale ; un bord libre, concave, tourné en dedans et un peu en avant, remarquable par son épaisseur et sa solidité, circonscrivant avec celui de la seconde lame une ouverture ovalaire qui livre passage h l'isthme encéphalique; une extrémité supérieure attachée sur la protubérance pariétale ; une extrémité inférieure venant mourir au-dessus du ganglion de Casser, près du repli qui entoure la glande pituitaire. Des deux faces de ces lames, l'antérieure répond aux lobes cérébraux, la postérieure au cervelet.
c. Le repli pituitaire ou ms-sphéno'idal représente un épais bourrelet, peu saillant, creusé intérieurement par le sinus caverneux ; bourrelet presque circulaire, qui circonscrit la selle turcique en enveloppant la glande pituitaire en arrière et sur les côtés.
2° De l'arachnoïde.
L'orflc/i>ioï(/e présente la disposition commune à toutes les séreuses splanchniques, c'est-à-dire qu'elle se décompose en deux feuillets, l'un pariétal, l'autre viscéral, constituant dans leur ensemble un sac parfaitement clos, en dehors duquel se trouve contenu l'axe cérébro-spinal. La cavité de ce sac est traversée par les racines des nerfs, les vaisseaux de l'encéphale et de la moelle, des filaments et des lamelles cellulaires qui de la pie-mère se rendent à la dure-mère; nerfs, vaisseaux, lamelles et filaments autour desquels les feuillets arachnoïdiens se replient en gaines en se continuant l'un avec l'autre.
Chacun de ces feuillets offre une face adhérente et une face libre, — La face adhérente du feuillet pariétal est soudée, comme on le sait déjà, avec la duremère. Celle du feuillet viscéral recouvre l'axe nerveux en s'étalant sur la pie-mère, sans pénétrer avec elle dans les anfraciuosiiés de la masse centrale; c'est sous celte face du feuillet viscéral que se trouve confiné le liquide céphalo-rachidien, dans des espaces dont nous étudierons plus loin la disposition. — Par leur /àce libre, fcicc lisse et humide comme celle de toutes les séreuses, les lames arachnoïdiennes se mettent en contact l'une avec l'autre.
La structure de celte membrane rappelle celle des autres membranes de même nature. On n'a pu encore mettre réellement eu évidence ses vaisseaux et ses nerfs propres.
Arachnoïde rachidieiinc ou spinale. — Le feuillet pariétal V.C présente
point d'inlérôi particuliei\
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Mais il n'en est plus de même de la lame viscétnle. Celle-ci se trouve, sur toute l'étendue de la moelle, éloignée de cet organe par un espace assez considérable dans lequel est accumulé le fluide céphalo-rachidien, espace surtout développé en arrière autour de l'extrémité terminale de la moelle et autour des nerfs de la queue de cheval. La face adhérente de ce feuillet arachnoïdien ne tient à la surface extérieure de la moelle spinale que par de minces iractus celiulcux, dépendances de la pic-mère.
Arachnoïde crânienne on cncéphaliqne. — Rien dc spécial à dire SUr la lame pariétale.
Si l'on suit le feuillet viscéral, du trou occipital, où il se continue avec l'arachnoïde rachidieniie, à l'extrémité antérieure des lobes cérébraux, on le voit se prolonger par en bas sur la face inférieure de l'isthme jusqu'à la tige pituitaire, à laquelle il fournit une gaîne ( la glande pituitaire elle-même n'est point tapissée par l'arachnoïde, si ce n'est sur sa face supérieure ou profonde, dont une partie se trouve couverte par le feuillet pariétal), puis de l'isthme se porter en avant et par côté sur le cervelet et les lobes cérébraux. Par en haut, ce feuillet interne s'étend sur la surface du cervelet, se replie ensuite, du fond du sillon intermédiaire à cet organe et aux hémisphères cérébraux, sur l'extrémité postérieure de ces derniers, qu'il enveloppe isolément en descendant dans la scissure intcrlobaire, auprès du corps calleux. Arrivé à l'extrémité antérieure du cerveau, il gagne les lobes olfactifs, se prolonge principalement sur la face supéro-postérieure de ces organes, et se replie autour du ganglion de substance grise qu'ils portent à leur face inférieure pour se continuer avec le feuillet pariétal.
Dans le trajet qu'elle accomplit ainsi pour recouvrir la surface extérieure de l'encéphale, l'arachnoïde crânienne n'adhère pas par tous ses points à la substance nerveuse; elle n'a de rapports un peu intimes avec cette substance, par l'intermédiaire de la pie-mère, qu'au niveau des parties saillantes, comme le sommet des circonvolutions cérébrales; mais elle ne se déprime point pour pénétrer dans les sillons qui existent entre ces parties; elle passe de l'une à l'autre en franchissant l'intervalle qui les sépare, et forme ainsi une grande quantité d'espaces sousarachnoïdiens analogues à celui qui se développe sur toute l'étendue de la moelle épinière.
Ces espaces, remplis par le fluide céphalo-rachidien, ofl'rent des formes et des dimensions très variées. On en a décrit chez l'homme trois principaux, qui se retrouvent également dans les animaux, et auxquels Magendie a donné le nom générique de confluents du liquide céj)halo-raclndien. De ces trois confluents, l'un, antérieur, se trouve situé en avant du chiasma des nerfs optiques, entre les deux lobes cérébraux; un autre, inférieur, le plus vaste de tous, est compris entre la tige pituitaire et la protubérance annulaire à la surface des pédoncules du cerveau ; le troisième, ou confluent postérieur, existe au niveau du calamus scriplorius, derrière le cervelet.
Aucun de ces espaces n'est en communication avec les cavités intérieures de l'encéphale, et par conséquent le fluide céphalo-rachidien ne peut j)énétrer dans ces cavités. Magendie avait décrit cependant une communication entre le confluent postérieur et le ventricule du cervelet; mais l'ouverture qu'il a signalée vers le
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calamus scriplorius n'a pas été retrouvée chez le cheval par ;\I. Renault; et nous croyons pouvoir affirmer avec M. Lavocai qu'elle n'existe pas davantage dans les autres animaux.
Du iiuîdo céphalo-rachidien. — Le fluide renfermé dans les espaces sousarachnoïdiens est incolore ou très légèrement cilrin, parfaitement limpide et transparent. Les uns admettent qu'il est sécrété par le feuillet viscéral de l'arachnoïde, les autres par la pic-mère. Selon la remarque de M. Cruveilhier, les centres nerveux sont plongés dans son intérieur comme le fœtus dans les eaux de l'amnios; et celte remarque, applicable à la moelle surtout, donne la clef du rôle attribué au fluide sous-;irachnoïdien, qui lient cet organe éloigné des parois du canal rachidicn, lui fait perdre la plus grande partie de sou poids (.^L Follz), et amortit ainsi les secousses de toute nature auxquelles il se trouve exposé.
.S° Dk la PIE-MÈRU.
La pic-mèro, enveloppe pro|)re de l'axe cérébro-spinal, est une mince membrane dont la trame, essentiellement celluleuse, soutient sur sa face externe un lacis très abondant de vaisseaux sanguins, et semble privée de nerfs ainsi que de lymphatiques.
Immédiatement appliquée sur la surface de Tencéphale et de la moelle, elle adhère fortement à celle surface el en suit toutes les ondulations; elle pénètre donc entre les circonvolutions cérébrales ou cérébelleuses, en formant dans chaque sillon intermédiaire deux lames adossées l'une contre l'autre.
La face externe de la pie-mère, baignée dans une partie de son étendue par le fluide céphalo-rachidien, adhère au feuillet \iscéralde l'arachnoïde au moyen d'un tissu cellulaire filamenteux plus ou moins dense, plus ou moins serré. C'est d'elle que naissent les manchons celluleux qui constituent le névrilème des cordons nerveux. Elle envoie sur la face inlerne de la dure-mère une mullilude de prolongements filamenteux ou lamelleux, qui traversent ainsi la cavité de l'arachnoïde à la manière des nerfs et des vaisseaux, en s'enveloppant comme eux d'une gaîne fournie par la membrane arachnoïdicnne ; toujours fort courts, ces prolongements simulent des adhérences établies entre les deux feuillets de celte dernière membrane.
La face interne est unie à la substance nerveuse par une grande quantité de radicules artérielles et veineuses ou de filaments cellulaires, qui abandonnent la piemère pour se plonger dans celle substance.
Pie-mère rachidienne ou spinale. — Woins vasculaire que la pie-mère crânienne avec laquelle elle se continue vers le bulbe rachidien, celle membrane est remarquable par la disposition des prolongements qui s'échappent de ses deux faces.
Les prolongements internes forment, au niveau des sillons de la moelle, des âmes longitudinales qui s'enfoncent dans ces sillons.
Les prolongements externes sont destinés, comme nous venons de le dire, à rattacher la pie-mère à la méninge externe. — Les uns, extrêmement multipliés, ofl'reni la forme filamenteuse, et sont dispersés sur les faces supérieure el inférieure de la moelle. — Les autres consliluenl, sur les côtés de cel organe, deux rubans