C. — .Muscles du pied anlérieur chez les Solipèdes
Les Solipèdes n'offrent ii décrire que deux lombricaux et deux inter-usseiu métacarpiens.
1" Les loinhricaiix prenneiil leur origine à droite et à gauche du tendon perforant, au-dessus de l'anneau sésanioïdien du perforé. Ils se terininenl l'un et l'autre par un tendon grêle, qui se perd dans les aponévroses superficielles du boulet.
2" Les inter-osseiix ont été considérés à tort comme des muscles lombricaux, par les anatomistes vétérinaires français, qui les ont décrils sous le nom de lombricaux supérieurs ou grands lombricaux.
Situés en dedans des métacarpiens rudimentaires, ces deux petits muscles sont ormes d'un cor|)s charnu très délicat, noyé dans le tissu fibreux qui entoure la tête des métacarpiens, et d'un long tendon, qui descend sur l'articulation métacarpophalangienne, pour se confondre avec la bride fournie à l'extenseur antérieur des phalanges par le ligament suspenseur du boulet. Quelquefois ce tendon s'unit directement à l'un des extenseurs des phalanges.
Ces deux muscles représentent les inter-osseux des doigts latéraux. Quant a celui du doigt médian , il est transformé, comme on l'a déjà vu , en une lanière fibreuse qui constitue le ligament suspenseur du boulet.
D. — muscles <iii pied antérieur ebex lei^ Riiiiiiuants.
Ces animaux ne possèdent aucun muscle proprement dit dans la région du pied. On ne rencontre effectivement chez eux que le ligament suspenseur du boulet, c'est-à-dire les inter-osseux des deux doigts complets.
Art. 111. — Mi)S(;i>Ks des membres postériei;r>.
Ils forment quatre groupes principaux : les muscles de la croupe , de la cuisse de la jambe et du pied.
§ I. — Muscles de la croupe ou région fessière.
Celle région se compose de trois muscles superposés, appliqués sur l'ilium, et distingués, eu égard à leur situation relative, sous les noms de fessier super ficiel, fessier moyen ei fessier profond (l).
Ils sont recouverts d'un épais fascia fibreux, prolongement de l'aponévrose du grand dorsal, lequel fascia se continue lui-même en arrière sur les muscles de la région crurale postérieure, et se confond avec le feuillet superficiel du fascia lata. Cette aponévrose fessière s'insère sur l'angle externe de l'ilium et sur l'épine sus-sacrée. Klle donne attache par sa face profonde à plusieurs faisceaux des fessiers superficiel et moyen.
l'rcparalioii. — 1" Placer ranimai .sur le tùlé, ou bien entore en deuxième ijositioi'. 2" Dépouiller la région |)OTn- iiiellre à nu l'aponévrose fessière, dont on étudiera Télendue, les atlaclies, les rapports. 3° Enlever ensuite cette aponévrose, pour découvrir la pointe antérieure du fessier moyeu et la portion charnue du fessier sui)erliciel; pour préparer la portion aponévrotiyue de ce dernier nmscle, on détachera avec le scalpel l'iiiserlion sacro-scialique
(1) Voy. la note de la page 178, ou l'emploi de ces nou\elles denominatious se trouNc justilié.
Mt.^(l.tS DKs .MiiMBUES l'OSlElUtL f<>. 27.')
•Iii ktiij: vaste, eloii la leiiVL'isera par eu bas. i" Couper le fessier siiperticiei, itre:> de son insertion fémorale, et le rabutire snr l'épine sacrée, afin de mettre en évidence lu l'ace externe •lu fessier moyen ou principal. .V Inciser ce muscle près de ses insertions fémorales, res peeter ces insertions et enlever la masse entière du muscle, en observant la nature de se^ rapports avec les parties qu'il recouvre ; le fessier profond, ou petit fessier, apparaît alorsous les jeux et peut être convenablement étudié.
I" Fessier SUPERFICIEL (fig. 83, 2;.
.\uwiiY>nie : Moyeu ilio-Uoclianleiicu ^Gi^.). — Pelit fessier ( Bourg.). — Moyeu i'esjior (l,;i(ossi; el Rjjjiji), — (iiaïul i'cssier chez l'homme,
Coiii/jotiition. Situation. — Ce muscle se compose d'une poitioii clianine, siitiée sous raponévrose fessièfe, et d'une portion aponévrotiqne, entièrement cachée par la partie antérieure du long vaste.
Funne d structure. — La portion charnue est triangulaire, et partagée le plus souvent en deux branches, l'une externe, l'autre interne, par une échancrure qui entame profondément son bord supérieur. Ses faisceaux constituants, très gros, très làcheiiieiil unis les uns aux autres, se dirigent tous en arriére et etihas, pour converger sur uti tendon aplati qui termine l'angle inférieur du muscle. — L'aponévrose, également triangulaire, se confond, en avant, avec le bord postérieur de la portion charluieet de son tendon terminal; elle dégénère en tissu cellulaire à son l)ord interne et supérieui.
Attacher. — -Ce muscie prend son insertion fixe : 1" sur la face interne de l'aponévrose fessière, par l'extrémité supérieure de ses faisceaux charnus (1); 2° sut l'angle postérieur externe de rischium et sur le ligament ischiati(|ue, par le bord iiiierne de sa portion aponévrolique. — Il opère son insertion mobile, au moyen de s ju tendon terminal, sur la crête sous-trochantérienne.
flapjjorts. —En dehors, avec l'aponévrose fessière et la portion antérieure du iotig vaste. En dedans, avec le fessier moyen; par son bord antérieur, avec le fascialala qui s'unit étroitement avec lui.
f 'sages. — Ce muscle a été considéré, avec raison, parLafosse, comme abducteur de la cuisse. Bourgelat le regardait à tort comme extenseur. Girard et Rigol ont répété celte erreur. M. Lecoq (2) a prouvé que ce muscle produit plutôt la flexion que l'extension.
l)iHEi\i'ACES. — Chez les Carnassiers, ce muscle est plus développé que chez les Solipèdes. Il procède du sacrum, et se termine, par une aponévrose, en dessous et en arrière du Irochanter. Cette aponévrose reçoit eu avant une petite bandelette charime, qui naît, par des libres tendineuses, de la surface du fessier moyen, près deTatigie externe de l'ilium, et qui rappelle la branche externe du fessier superliciel du cheval. — Chez les Ruminants (fig. 8Zt) et les Pachi/dcnnes, il ne forme (lu'un seul et même muscle avec le long vaste.
'2° Fessier MOYEN (fig. 83, I;.
\wio;iy;"'« • '-'laïul ilio-llurliaiiloiieu (dir.). — Giaud fessier (Bourg,, Lai., lUg., ele.). - Moveu l'esbici )•'■?. riiumuic.
l olunie. Situatiiin. — Ce umscle, le plus gros des fessiers, présente un volume
I) Nous avons pu nous convaincre souvent qu'aucun des faisceaux du fessier superficiel ne procède directement de l'ilium ou de lépiue sacrée, (•i; Loi. Cil.
27/l DES MUSCLES.
considérable, cl iic Irouvc appliqué sur la fosse iliale, le liganieiitsacro-sciatique el l'ilio-spinal.
Forme et structure. — Il est allongé d'avant en arrière, large et très épais dans son milieu, prolongé en avant par une pointe amincie, et terminé en arrière par trois branches d'insertion, deux tendineuses et une musculeuse. Les faisceaux charnus qui entrent dans sa composition sont généralement fort gros et plus ou moins longs j tous viennent converger sur les insertions postérieures du muscle.
Attaches. — 1° Par l'extréniiié supérieure ou antérieure des faisceaux niusculeux, sur la face interne de l'aponévrose fessière, sur l'aponévrose de la masse commune, sur la face supérieure et les deux angles antérieurs de l'ilium, sur les deux ligaments ilio-sacrésetsur une petite portion du ligan)ent sacro-scialique. — 2" Sur le trochaïUer, par ses trois branches postérieures : la première, ou la médiane, est un gros tendon arrondi fixé sur le sommet; l'antérieure est formée par un second tendon, large, mince et aplati, qui s'arrête sur la crête, après avoir glissé
l'IG. 80 (•*).
sur la convexité; la postérieure représente une petite languette charnue triangulaire, aponévrotique à son bord antérieur, au moyen duquel elle s'attache en arrière du trochanter.
Rapports. — Recouvert par l'aponévrose fessière et par le fessier superficiel, ce muscle recouvre l'excavation de i'ilio-spinal qui reçoit sa pointe antérieuie, la fosse iliale, le petit fessier, les ligaments ilio-sacrés et sacro-sciatique, les nerfs
(M Kig, 83. — Muscles suiier/iciels de la croupe el t/e la cuisse du cheval. — 1. J'e.ssii!r iiioyep. 2. lesiii!!- suijeiticicl r>. Muscle du f'.iscia lala. i. Poiliuii iilitriiicm c du long vaste, o. luilioii iiosl.-iieuK; du luciiic. 5'. Ueiiiitciiilincux. U. llfini-n!i;iiil)riin(;ux.
.MUSCLES DES MEMBllES l'OSTÉRlEUUS. 275
sciali(j!ics, les nerfs et les vaisseaux fessiers. Près de l'angle externe de l'ilium, il est accolé au fascia lala et au psoas iliaque, (|ui s'unissent étroitement avec lui.
L'sofjes. — Quand son point fixe est supérieur, il étend la cuisse et la porte dans l'abduction. S'il prend son appui au fémur, il fait basculer le bassin sur l'cx- Iréinité supérieure de cet os, et concourt à l'exécution du cabrer. Il agit dans le premier cas |)ar un levier du premier genre , dans le second par un levier interpuissant ou du troisième genre.
DiFFÉtîEACES. — Chez \c'A Ruminants, il est moins épais que chez le cheval, et moins piolongé en avant sur l'ilio-spinal , disposiiion qui s'exagère encore plus dans les Pac/iijrler mes. Chvi\cs Car)Mssiers, ce muscle ne dépasse point en avant le bord lombaire de l'ilium , et se termine en arrière par une seule branche.
3" Fessier profond (fîg. 86, 5).
Sytwnymii- : l'elil ilio-lrochaulerieu (Gir.). — Moyen fessier ( Boiiig.). — l'olil fessier ( Laf. el Rig.). — Petit fc>sier dos anthropotomistcs.
Forriic, Siluatiori. — Petit muscle court, épais, quadrilatère, ajilali de dessus en dessous, situé sous le précédent, au-dessus de l'articulalion coxo fémorale.
Stntclarc et attaches. — 11 se compose de faisceaux volumineux, charnus et tendineux, qui parlent du col de l'ilium et de la crête sus-colyloïdiemie, et qui .se diligent en dehors et en arrière pour se terminer en dedans de li convexité du trochanter.
/îa/iports. - Sa face supérieure lépond au fessier moyen; l'inférieure recouMc l'articulation coxo-fémoiale et adhère assez fortement à la capsule fibreuse de cette jointure; celle même face se trouve séj)aiée fin gi'êle antérieur de la cui.sse et de l'origine du drcit antérieur par un feuillet (ibreux très résistant, qui s'étend du bord extcrric de l'iliiun à la base du trochanter. Son bord postérieur est en rapport avec le jumeau antérieur du Ijassin.
Usages. — (l'est l'abducteur de la cuisse par excellence; il est aussi accessoirement rotateur du fémur en dedans.
DlFFÉ[^E^'cLS. — Chez les Ituminaats et les Pnritijdermes , ce muscle est plus développé que dans le (Cheval, et se partage facilement en deux p-ortions dont lligot a fait deux fessiers distincts.
§ II. — SSuscles de la cuisse.
Ou les a divisés en trois régions secondaires qui sont : la région crurale unlcrit'ure ou rotulieunc, la région crurale posérieure et la région crurale interne.
A. — Régiou l'riii'ale autèrieure ou rotiiiieniie.
Celte région comprend trois muscles situés en avant du fémur : le muscle du fascia lata, le triceps crund et le grêle antérieur de la cuisse.
l'réparaUun. — I'' Placor le sujet eu piemière position. 2" Etudier le fasci;i lala inuiicdiatemenl après avoir dépouillé la légion. 3" Enlever ce iiiuseie a\ec le fessier superficiel, ie long ^aste, le dciiii-leiidii:cii\ , le deMii-iiieiiil)ruiieu\, les deux adducteurs de la jambe,
276 DLS MUSCLES.
lo iiccliiic et les deux addutloiiis de la cuisse, pour inetliT à ilt-coincrl 1rs lroi> porlioiis du triceps. Séparer ees trois portions inusculeuses l'une de l'autre en procédant jiar eu haut, où l'adhérence entre elles est à peu jnès nulle. Diss('(iuei' en niènu' leinps le lmi-Ii» antérieur.
1° MrscLF. rtu fascia i.ata (lig. 80, 3;.
yynoiiyiiiif : llio-;nioiievroliiiiie (Gii-.\
ror/iie. Sid'Mfioii. — Muscle plat et liianyiiiaiix', siliié on a\aiu du l'et'Siof superficiel cl en dehors du vaste exlernc.
Structure et atto.c/ies. — Il comprend : 1" une portion cliarnue tluhelliforme, revêtue sur ses faces de fibres tendineuses, cl attachée supérieurement sur l'angle externe de riliinii; 2' une aponévrose dite fascia Inta, continue avec le bord inférieur de la portion charnue, et divisée bientôt en deux feuillets superposés, l'un superficiel, l'autre profond. Celui-ci s'insinue entre le long vaste et le vaste externe, se réunit ati tendon terminal du fessier superficiel et s"insère au bord externe du fémur. Le premier, qui semble se diviser lui-même en deux lames, se répand, en dehors , sur le long vaste , oii il se confond avec l'aponévrose fessière, en dedans, sur les muscles cruraux internes, [lour s'unir à l'aponévrose fémorale. Par en bas, il se prolonge jusqu'à la rotule, sur laquelle il se fixe; il descend même au-dessous de cet os, pour aller rejoindre l'aponévrose terminale de la branche postérieure du long vaste.
flapjiurt!:. — Kn dtliors, a\ec la peau; en dedans, avec le vaste externe, le droit antérieur et le psoas iliaque ; en arriére, avec les fessiers superficiel et moyen. Ln a\atit, ce muscle répond à un ijaijuet de ganglions lymphatiques, et reçoit sur son aponévrose l'inserlion du panniciile charnu.
L sages. — Il lléchit le fémur, cnéle\aiii le membre postérieur tout entier, et il tend l'aponévrose qui le termine.
DikI'Érln(;l:s. — Chez les Hnminauts (fig. 8^», 5}, le muscle du fascia lala est beaucoup plus large que dans les Soli|)èdes. — Chez; les Carnassiers, il présente, en avant, un faisceau surnuinérairo, épaisse et longue bandelette confondue en dedans avec le long adducteur de la jandx", et étendue xeiticalemenl de l'angle externe de l'ilium à la rotule , sui- laquelle elle s'insère par une cotii le aponévrose.
Muscle énorme appliqué contre la face antérieure el les faces latérales du fémur, composé de trois portions qui sont peu distinctes les unes des autres dans la plus grande partie de leur étendue, et que nous décrirons isolément .sous les noms de di'oit antérieur., vaste externe, caste interne.
A. Droit AXTÉKIELR de la clisse ou P0I\TI0N AIC^ENNE l^U Tf\lCEPS {ili'1rnfulien de Girard) (fig. 90, 1). — Ce muscle, enclavé entre les deux portions latérales du triceps, s'étend de l'angle colyloïdien de l'ilium à la rotule, dans une direction légèrement oblique d'arrière en avant el de haui en bas.
(I) A l'exemple dr M. (■.rn\eilliier. nous décrivons sous ce nom le triceps crural des aueicus anatouiistes el le droit antérieur de la cuis.n'.
MISrLES OEà MEMBRES r't>STÉRIEUR>. 277
Forme. S/rur/urt'. — Allongé, ép;iis el fiisifoime , le droii aiiiéi leur oiïie, à son exlrémité sopérieurc, deux br;iiiclies leudineuses courtes et aplaties : sa pai ii(; moyenne est formée de fibres charnues d'un rouge pâle, très serrées les unes conlro les autres, et entrecoupées de quelques intersections; son extrémité inférieure est enveloppée par un vaste cône aponévrotique.
Attaches. — Il prend son origine, par les deux branches de son exlrémité supérieure, sur les empreintes qui surmontent en avant et en dehors le sourcil de la cavité cotyloïde. — Il se termine, par son extrémiléinférieure, sur la face anléritinv de la rotule.
HoiJiJdrta. — En dehors, en dedans el en arrière, a\ec les deux autres porlion^ du triceps; en a\ant, avec le muscle du fascia lata. Son extrémité supérieure, comprise entre l'iliaque et le petit fes>ier, se trouve séparée de la capsule coxo-fémor.de par un petit cous>inet adipeux qui s'insinue entre ses deux branches.
/ sot/f's. — Extenseur de la jambe et fléchisseur de la cuisse.
H, VASTt: tXTEP.Nt '/ig. 87, 1). — Forme. F tendue. Situotion. — C'est une masse musculaire épaisse el large, aplatie d'un côté à l'autre, étendue de l'extrémité supérieure du fémur à la rotule, et située en dehors du droit antérieur
Strneinre et ntto.cJie^. — Les faisceaux qui composent ce muscle sont entremêlés de fortes lames tendineuses. Ils prennent leur origine sur toute la face exleine du fémur et sur la moitié externe de sa face antérieure; puis ils se dirigent en a\aiii et en bas, j)our se terminer soit sur le droit antérieur, soit sur la face supérieure et le côté externe de la rotule.
linpports. — En dehors, avec le fascia lata et le fessier superficiel ; en dedans , avec le droit antérieur, et le vaste interne, qui se confond avec lui de la manière la plus intime, excepté a ers l'extrémité supérieure du fémur, où les deux muscles sont assez bien séparés; en arrière, avec le fémur et le long vasie.
IWiges. — Extenseur de la jambe.
C. Vaste inteu.ne (fig. 85, 7. — 90, 2). — Ce muscle, peu distinct du précédent dans la plus grande partie de sou étendue, forme avec lui une profonde et large gouttière dans laquelle est logé le droit antérieur. 11 répèle, du reste, le vaste externe par sa forme, sa structure, son étendue, ses attaches el ses usages; c'est au point que nous devons nous borner, dans la description de ce muscle, à indiquer les particularités suivantes :
Les fibres qui entrent dans sa composition parlent de la face interne et de la moitié interne de la face antérieure du fémur; elles vont s'insérer, les unes sur l'enveloppe aponévrotique du droit antérieur, les autres sur le ligament rotulien interne, le côté correspondant de la rotule, et sur la face supérieure du même os, eu commun avec le vaste externe.
il réjiond, par sa face externe, à ce dernier muscle et au droit antérieur; par sa face interne, à l'aponévrose crurale interne, au long adducteur de la jambe, au psoas iliaciue, au pectine, à la longue branche du grand adducteur de la cuisse.
DlifÉRENGES. — Dans les Carnassiers et les petits ru mi itmns , le droit antérieur ne possède qu'une seule branche d'origine.
3" GitÈLF. ANTiiHiFiH (/?}.'. () 1 , 1 1 ; 86, fi).
S'y>ioi>yi)iif : lliii-l'uiiior;il gièle (riir.\
F*oiii muscle cylindrique, siuié eu avant de la capsule articulaire coxo-féniorale, et accolé au faisceau fibreux cjni renforce la pailie antérieure de ce ligament membraneux.
Il prend son origine sur l'iliuin, très près et en dehois de la brancbe externe du droit antérieur ; il s'insinue ensuite entre les deux vastes, et se termine sur la face antérieure du fémur, par des faisceaux aponévrotiques.
r,e muscle, compris entre les trois portions du triceps et le ligament capsulaire de l'orticulalion coxo-fémoralc , auquel il adbèrc assez fortement, semble avoir pour usage de .soulever ce ligament, lors des mouvemenls de llexion du fémur.
Différences. — Il n'existe ni chez les Hnnrinanls m chez les /'ac/iijdcnurii ; m.nis on le trouve constamment dans le Chien.
B. — Rt'gioii crurale poslérieiire.
Cette région est constituée par trois muscles situés en arrière de la cuisse; ce sont : le lonr/ vafite, le demi-tendineux et le demi-membraneiu:.
J'répnralion. — On placera d'abord le sujet en première position. Ensuite on abandonnera à lui-même l'un des membres postérieurs, et l'on inclinera le sujet sur le côté correspondant à ce membre. L'autre membre restera tixé à sa barre de soutien , la cuisse légèremenl fléchie pour tendre les muscles à préparer.
Ces dispositions préliminaires étant prises, on procédera de la manière suivante : t» On coupera en travers le court adducteur de la jambe, et l'on renversera les deux lambeaux à droite et à gauche, pour découvrir entièrement le demi-membraneux, qu'on séparera ensuite du demi-tendineux et du grand adducteur de la cuisse. 2" Après avoir enlevé l'aponévrose ([ui recouvre le long vaste et le demi-tendineux , on disséquera ce dernier muscle, en circonscrivant aussi bien que possible ses deux insertions supérieures. 3 " On préparera ensuite le long vaste, dont on isolera les deux parties composantes, et dont on découvrira l'insertion sacro-sciatique en coupant l'insertion analogue du demi-tendineu\ ; après quoi, on enlèvera le long vaste en entier, pour étudier sa face profonde, son insertion fémorale et ses rapports avec les organes sous-jacenis.
1" Long vastf. (fig. 83, 4, 5).
Synnnyiiiie : lKcliio-tihi;il cclenie (Gir.'\. — Biceps feiniiral i>l poiiioii ilii giiiiid fessier il^ riioiiinic.
Volume. Situation, hlendiie. Direction. — Ce muscle, qui pré.sente un volume énorme, comme l'indique son nom, se trouve situé en arrière de la cuisse et des fessiers, cl s'étend, en décrivant une courbe à concavité antérieure, de l'épine sacrée à l'extrémité supérieure de la jambe.
Forme et structure. — Il est composé de deux portions prismatiques parfaitement distinctes dans la plus grande partie de leur étendue, accolées l'une contre l'autre, et distinguées en (intérieure cl /juslérieure.
La portion (intérieure du long vaste, la plus considérable des deux, est très large
MirSfXES DES MEMBRES POSTÉRIEURS. 279
à SOU extrémité supérieure et singulièrement rétrécie à l'extrémité opposée. Elle se trouve tapissée, sur sa face profonde et dans sa moitié inférieure , par une large et forte ianièi'e leiidiiieuse, qui dégénère en aponévrose en remontant vers l'extrémité supérieure du muscle. Ses fibres composantes sont d'autant plus longues qu'elles sont plus jpostérieures; toutes partent de l'extrémité supérieure pour se rassembler sur la lame tendineuse.
],» portion postérieure, beaucoup plus courte que la précédente, présente dans sa forme une disposition inverse, c'est-à-dire qu'elle est étroite à son extrémité supérieure et fort large par en bas. Ses fibres charnues sont attachées en partie, par leur extrémité supérieure, sur une lame aponévrotique longitudinale, qui donne au muscle l'apparence penniforme ; elles se terminent inférieurement à une forte aponévrose réunie avec celle du fascia lata.
Atfac/ies. — Lr portion antéi'ieure prend son origine, par son extrémité supérieure , sur l'épine sacrée , h; ligament sacro-sciatique, l'aponévrose d'enveloppe des muscles coccygiens et la tubéiosité ischiale. — Elle se termine : 1° sur l'empreinte circulaire située derrière la crête sous-trochantérienne, par une branche fibreuse qui se détache du tendon profond ; 2 ' sur la face antérieure de la rotule, en commun avec le ligament rotulien externe , par l'extrémité inférieure de ce même tendon (fig. 87, 3).
La portion postérieure commence supérieurement sur l'épine et la tubérosité ischiales, où elle s'unit avec l'antérieure. — Son aponévrose terminale se répand sur les muscles tibiaux, pour constituer l'aponévrose jambière, et va s'insérera la crête tibiale,
liopports. — L'aponévrose fessière se prolonge sur la face externe du long vaste, en augmentant d'épaisseur et en devenant plus ou moins élastique ; elle adhère fortement à ce muscle, et sert même de point d'attache supérieur à un grand nombre de ses faisceaux charnus. En dedans, le long vaste répond: à l'aponévrose du fessier superficiel , qui le sépare eu grande partie du fessier principal et du trochanter ; au feuillet profond du fascia lata, qui l'isole du vaste externe; à la face antérieure de la rotule, sur laquelle il glisse au moyen d'une petite bourse synoviale avant d'opérer son insertion Taux muscles externes de la jambe ; aux nerfs scialiques ; au grand adducteur de la cuisse et au demi-membraneux. Le demitendineux est en rapport inférieurement avec la face interne du long vaste, plus haut avec le bord postérieur de ce muscle, dont il recouvre les insertions sacrosciatiques par son extrémité supérieure.
l sages. — Le long vaste n'agit pas de la même manière par ses deux portions ; leur action est même essentiellement distincte. Ainsi, la portion principale, tirant la rotule en dehors et le fémur en arrière, représente un abducteur du membre tout entier et un extenseur de la cuisse; tandis que la portion postérieure détermine purement et simplement la flexion de la jambe et la tension de l'aponévrose jambière (1).
(I) Si l'on veut bien établir un rapprochement entre la nature des usages des deux portions (lu long vaste, leurs rapports et leurs attaches, on arrivera à déterminer aisément leurs analogues chez riionime. L'antérieure est bien certainement une portion considérable du grand fessier, prolongée jusqu'à la rotule ; la postérieure représente le biceps lénmral.
280 DES MUSCI.BS.
Si co miiscli' prend son appui sur la jambe, il fait basculer le coxal sur la lèle <hi fémur; il joue ainsi un rôle important dans le cnbmr.
UiFFÈaKNCKS. — Cbez les livminfmt)< ftig. 8'i, 2), les deux portions du long \asle sont peu distinctes l'une de l'autre, et l'aDtérieure est renforcée supérieurement par le fessier superficiel , qui ne
FiG. 84
forme avec le long vaste qu'un seul et même muscle remarquablement développé.
J.a face interne de ce muscle ne prend point d'attache sur le fémur; elle glisse derrière le trochanter au moyen d'une vaste bourse muqueuse, laquelle est souvent le siège d'altérations palhologi- (pies (1). Une autre synoviale, sujette aux mêmes maladies, tapisse le tendon rotulien du muscle à son passage sur le condyle externe du fémur, et facilite son glissement sur cette éminence osseuse.
(;;e tendon, avant de se réunir au ligament rotulien externe, présente un rcnllement fibro-cartiiagineux très épais, ei reçoit quelques-unes des fibres du muscle vaste externe.
Vna dernière disposition essentielle à connaître au point de vue chirurgical , c'est l'union du bord anlérienr du long vaste des grands ruminants avec le fascia lata, dont les deux feuillets comprennent ce muscle entre eux , en adhérant fortement à chacune de ses faces: Il arrive assez fréquemment, chez les bêles maigres, que ce fascia se rupture au niveau du trochanter; et celui-ci , au lieu de glisser sur la face interne du long vaste, passe devant son bord antérieur pour s'engager dans la solution de continuité, où il se trouve bridé d'une manière si énergique qu'on est obligé quelquefois d'inciser en travers les fibres du long vaste, pour rendre an membre postérieur la liberté de ses mouvements.
i\\n le Porc, ce muscle se comporte à peu près comme chez les Ruminants. Tl n'est pas ta])issé par une synoviale à son passage sur le condyle externe du fémur Chez les Carnaftsiers, il est assez difficile d'isoler l'une de l'autre les deux portions du long vaste. L'antérieure ne procède que de l'ischium. Inférieurement elles se terminent en commun par une aponévrose qui se rend à la crête tibiale et au ligament rotulien externe.
(') l'ii;. 84. — Musc/t'.\ su/)frficiels de lu. cuisse et île la croupe chez lii l'nche, — I. res^icr nioyi'ii. -. 2. I^oiig vaste (portion aiitei-ieiire ). 5. M. (purtion poslp'ricure ■). 't. Dcini-lendiiipux. .'•• Miisclo ilu f.ibcia l:il;u
(1) Nous Ndiiliiiis pailt'r (li> liiiiiiMir.s syiiosiiilcs qui coiislituPiil los inoleilfs ou la yuutlc des graiuls niiniiiai'its.
Ml^SCr.ES DFS MRMBUFS rOSÏKRIEl US. 281
2" Di;mi-tkmjini;( X (fig, 70. I i; >^3, 5 ).
Sj iioiiyiiiie: Iscliio-til'inl niuycii un poslei ieiii' (Gir.).
Situât. inn. Étmduc Direct/un. — Ce muscle est situé eu arrière du précédeut cl s'étend, coinuie lui, de l'épine sacrée à la jambe, en décrivant une courbe à convexité postérieure.
Volume. Forme. Struclm-e. — Moins considérable que le long vaste , il est allongé de haut en bas, bifide à son extrémité supérieure, épais et prismatique, mais cependant déprimé d'un côté à l'autre. Ses libres charnues, d'un rouge paie, sont parallèles entre elles, et suivent la direction générale du muscle; elles se termincni inférieurement sur une aponévrose et sur un tendon aplati.
Atfar/ies. — Ce muscle s'insère, en haut : par une de ses branches , sur l'épine sacrée et le ligament sacro-sciatique, en commun avec le long vaste ; par l'autre branche, qui est la plus courte, sur l'épine ischiale. — Son aponévrose inférieure se confond avec l'aponévrose jambière ; le tendon glisse sur la face interne du libia el gagne la crête antérieure de cet os.
JinpporfA. — Sa branche sacro-sciati<(ue est recouverte par l'aponévrose fessière et recouvre le long vaste. Dans le reste de son étendue , il répond : en arrière, à cette même aponévrose; en avant, aux nerfs sciatiques ; en dehors, au long vaste et aux jumeaux de la jambe; en dedans, au demi-membraneux et au long addiio leur de la cuisse.
f'safjes. — Fléchisseur de la jand)e et tenseur de l'aponévrose jambière quand son point fixe est supérieur, ce muscle devient une des puissances activesdti cahrer quand il prend son appui sur la jambe.
Différences. — Chez les animaux autres que les solipèdes, ce muscle procède de l'ischium seulement. On trouve cependant chez le Pore une légère pointe qui remonte vers la base de la queue et qui représente la branche sacro-sciatif|ue du muscle.
^° Dkmi-membhank.i\ (Ug. 70, 18; 90, (i).
S/nonyinie : Iscbiu-tibial iuLerue (Oir.).
Situation. \ olwne. lùendue. Direction. —Situé en dedans du demi-tendineux, moins long et plus épais que celui-ci, le demi-membraneux s'étend de l'ischium à l'extrémité inférieure du fémur, et affecte une direction oblique déliant en bas ei d'arrière en avant.
Forme. Structw^e. — Allongé verticalement, déprimé d'un côté à l'autre, prismatique, épais à son bord antérieur, très mince au contraire à son bord postérieur, volumineux à son extrémité supérieure, qui présente un petit prolongement dont la pointe remonte vers la base de la queue, rétréci et terminé par un court tendon à son extrémité inférieure, formé enfin de gros faisceaux charnus qui se rassemblent tous, par en bas, sm- le tendon tern)inal.
Affor/ies. — Kn haut : 1° Sur l'aponévrose des muhclescoccygiens, parle prolongement aminci do l'exirémité supérieure; 2" sur la tubérosilé ischiale et sur la face
inférieure de rischiiim, — Kii bas, sur in potilc ('minence située eu dedans du rondyle interne du fémur.
Jfap/jûrtîi. — En dedans, avec un prolongement fort mince de l'aponévrose fessièrc, avec le muscle isciiiocavcrneiix et le court adducteur de la jambe; en dehors, avec le demi-lcndineux, le long vaste et les nerfs sciaiiques ; en avant, avec le grand adducteur de la cuisse, qui lui adhère assez fortement pour qu'on éprouve de la difficulté à séparer les fibres d'un muscle de celles de l'auire.
f^sages. — C'est un adducteur du membre et un extense^ir de la cuisse r(uand son point fixe est supérieur. Il devient auxiliaire des puissances qui agissent dans le cabrer lorsqu'il prend son appui sur le fémur.
Différences. — Point de prolongement coccygieii à son extrémité supérieure, si ce n'est cependant chez le Porc, où ce prolongement existe à l'état rudimentaire. — Chez le chien, le demi-membraneux se divise inférieurement en deux branches : l'une, très épaisse, va au fémin-; l'autre, beaucoupplus petite, se termine par un tendon qui s'insinue sous le ligament latéral interne de l'arliculalion fémorotibiale, poui' gagner le côté interne de l'extrémité supérieure du tibia. -— Chez les /{inuh}aii/s, ce muscle se comporte à peu près comme dans les Carnassiers.