‹ Traité d'anatomie comparée des animaux domestiques (volume 2)Chapitre 90 sur 128 · A SANG NOIR · texte numérisé non relu

A SANG NOIR

Ces vaisseaux ramènent à l'oreillelie droite le sang qui a été dispersé au sein des organes par les ramifications de l'arbre aorliquc.

Ils aboutissent à l'oreillette en formant trois groupes : le groupe des veines coronaires ou cardiaques, la veine cave antérieure, la veine cave postérieure.

Art. 1. — Veines cardiaques ou coronaires.

Il y a plusieurs petites veines cardiaques et une grande.

Petites veines cai-iiiaques. — Ce sont des vaisseaux presque insignifiants, en nombre indéterminé, ipii reviennenl des parois du ventricide droit et se jettent directement dans roreillell!-; correspondante, au niveau du sillon coronaire du cœur.

Grande veine eoronairo (fjg. U7, 5. — 1^8, 0,;^). — Cette VCine est for-

mée par deux racines : l'une est logée dans le sillon ventriculaire droit el accompagne l'artère cardiaque du même côté ; l'autre suit d'abord la scissure ventriculaire gauche, remonte jusque auprès de l'artère pulmonaire, el s'inflécliil alors en arrière, en se plaçant dans le sillon coronaire du cœur avec la branche horizontale de l'artère cardia(;ue gauche ; elle contourne ainsi la base du ventricule postérieur, et vient se réunir à la racine droite, vers l'extrémité supérieure du sillon qui loge cette racine. Le tronc commun résultant de cet abouchement s'ouvre, après un fort court trajet, dans l'oreillette droite, au-dessous et en dedans de l'embouchure de la veine cave postérieure.

Dans leur trajet, les deux branches de la veine coronaire reçoivent des rameaux qui s'échappent des parois auriculaires et ventriculaires.

Les veines bronchiques, ramifiées sur les bronches à la manière des artères dont elles sont satellites, s'ouvrent aussi dans la grande veine coronaire, très près de son embouchure, après s'être réunies en un seul vaisseau, qui se jette quelquefois directement dans la cavité auriculaire.

Art. 11. — Veine caye ANTÉRiEUiiE (fig. \hl, r.— 168, d).

Tronc volumineux qui doit être considéré comme la veine correspondante de l'aorte antérieure.

Cette veine cave s'étend depuis l'entrée de la poitrine jusqu'à l'oreillette droite, sur le plafond de laquelle elle s'insère. Elle est comprise entre les deux lames du médiasiin antérieur, en dessous de la trachée, à droite de l'aorte antérieure.

Quatre grosses veines, les deux jugulaires et les deux veines axillaires, s'abouchant en commun dans l'espace compris entre les deux premières côtes, constituent les racines de ce vaisseau.

Affluents collatéraux. — Quant aux vaisseaux affluents que la veine cave antérieure reçoit sur son parcours, ce sont : les veines thoraciques internes, ve^iéùrales, cervicales supérieures, dorsales, et la grande veine azijgos.

leine nianimaire interne. — Satellite de l'artère de même nom , elle vient s'ouvrir dans la veine cave antérieure , à l'origine même de cette dernière (fig. U7).

Veine vertébrale. — Elle accompagne, dans le canal formé par les trous trachéliens, l'artère correspondante, et s'insère sur la veine cave, au niveau de l'origine de cette artère.

%'einc cervicale supérieure. — Représente exactement l'artère dont elle porte le nom.

Veine dorsale. — Ce vaisseau suit l'artère dorso-musculaire, et présente comme elle un rameau sous-costal. Du côlé gauche, ce rameau, désigné sous la dénomination de petite veine azygos, se prolonge souvent jusqu'au niveau de la onzième ou de la douzième côte ; il reçoit les veines intercostales des espaces qu'il croise.

Il est à remarquer que les veines vertébrale, cervicale supérieure et dorsale du côté droit se jettent presque toujours isolément dans la veine cave, tandis qu'à gauche elles se réunissent constamment en un tronc commun (fig. iUl, u).

Grande veine axjgofi (fig. l/i?, X. — U8, o). — C'est «ne longue veine impaire, qui couimeiice au niveau des premières vertèbres lombaires et s'étend d'arrière en avant, à droite de l'aorte thoracique, sous le corps des vertèbres dorsales, jusqu'à la sixième environ, à partir de la(pu!lle on voit cette veine s'indéchir païen bas, pour former une espèce de crosse, qui se termine dans la veine cave antérieure, très près de l'embouchure de ce vaisseau, ou qui parfois s'ouvre directement dans l'oreillette droite.

Dans ce trajet, la grande veine azygos est maintenue appliquée contre le corps des vertèbres dorsales au moyen de la plèvre pariétale, et se trouve longée en dedans par le canal thoracique, qui sépare cette veine de l'artère aorte (1). L'extrémité terminale de l;i crosse du vaisseau croise à droite l'œsophage, ainsi que la trachée, et se trouve comprise entre ces deux conduits d'une part, le feuillet droit du médiasîin d'autre part.

La grande veine azygos a pour racines quelques rameaux sortant des muscles spinaux et psoas, rameaux qu'on ne trouve point ordinairement en communication directe avec la veine cave postérieure, comme dans l'homme et d'autres animaux.

Sur son parcours, elle reçoit les premières veines lombaires et les veines satellites de toutes les artères intercostales aorti(|ues gauches et droites. Mais quand la petite azygos se prolonge en arrière au-delà de l'extrémité postérieure de l'artère sous-costale, celte veine, comme on l'a vu déjà, forme le confluent d'un certain nombre des intercostales postérieures gauches.

§ X. — Veines Jugulaires.

La jugulaire est la veine satellite de l'artère carotide.

Origine. — Elle commence derrière le maxillaire inférieur, en dessous de Tarliculation de la mâchoire par deux grosses racines, le tronc temporal superficiel et la veine 7naxillaire interne, qui répondent aux deux branches terminales de la carotide externe.

Situation. Direction. — Cette veine se dirige en bas et en arrière, logée d'abord dans l'épaisseur de la parotide, puis dans l'interstice musculaire désigné sous le nom de (joutti'ere jugulaire, interstice compris entre les bords adjacents des muscles mastoïdo-huméral et sterno-maxillaire. Klle gagne ainsi l'extrémité inférieure de l'encolure, et se termine de la manière suivante.

Terminaison. — Kn arrivant près de l'entrée de la poitrine, les deux jugulaires .se réunissent en formant un confluent désigné sous le nom de golfe des jugulaires. Ce confluent, d;ins lequel aboutissent par côté les deux veines axillaires, est compris entre les deux premières côtes et situé sous la trachée, au milieu des ganglions lymphatiques de l'entrée de la poitrine. Fixées par des tractus fd)reux aux parties environnantes, et surtout aux deux premières côtes, les parois du golfe des jugulaires ne s'afi'aissent point sur elles-mêmes dans l'état de vacuité du système vei-

(1) Quelquefois l'azygos est au contraire placée entre Taorte et le canal ttioracique. Quand ce dernier est reporté du côté gauche, elle touche encore (lirectcment l'aorte postérieure.

neux, particularité analomique qu'il importe de connaître pour s'expliquer l'entrée de l'air dans le système circulatoire, quand les veines jugulaires ou axillaires sont ouvertes, et pour prévenir ce funeste accident.

liapports. — A son extrémité supérieure, la jugulaire est englobée dans le tissu parotidien.

Dans le reste de son étendue, elle est couverte en dehors par le peaucier du cou et par les rameaux du plexus cervical c\u\ rampent à la surface externe de ce muscle. En dedans, ses rapports varient suivant qu'on la considère en haut ou en bas : en haut, elle répond au muscle scapulo-liyoïdien, qui la sépare de la carotide primitive et des nerfs satellites de celle artère; dans sa moitié inférieure, elle est en rapport direct avec ce vaisseau, qui lui est supérieur, ainsi qu'avec la trachée, et même (du côté gauche seulement) avec l'œsophage.

Vaisseaux affluents collatéraux. — Les veines collatérales qui se rendent dans la jugulaire depuis son origine jusqu'à sa terminaison, sont : 1° les veines maxillo-mitsculaires, 2° la veine auriculaire postérieure, 3" la veine occipitale, W la veine maxillaire externe, ou g lasso- faciale, 5° la veine thyroïdienne, 6° la veine de Vars, 1' des rameaux parotidiens et musculaires innomine's.

A. Veines luaxiiio-muscuiaires. — Au nombre de deux , Correspondant auxbranches de l'artère de même nom, et se jetant dans la jugulaire, très près de son origine, soit isolément, soit après s'être réunies en un tronc commun.

B. Veine auriculaire postérieure. — Viiisseau volumineux qui commence sur la conque, et qui descend sur la face externe de la parotide, près du bord postérieur de cette glande, où elle est renforcée par de nombreuses divisions venues des lobules parotidiens. Elle s'ouvre dans la jugulaire généralement un peu au-dessous et à l'opposé des veines maxillo-musculaires, quelquefois beaucoup plus bas, souvent même après la veine occipitale.

(J. Veine occipitale. — La veiue occipiiale répond de tous points à l'artère homonyme. Elle offre deux racines : une antérieure, qui a pour origine l'extrémité postérieure du confluent sous-sphénoïdal ; une autre postérieure, commençant sous l'apophyse transverse de l'atlas, et formée de trois branches principales.

Parmi les branches de cette dernière racine, l'une passe avec l'artère rétrograde par le trou postérieur de l'atlas, et constitue comme l'origine de la veine vertébrale ; la seconde communique avec les sinus ailoïdo-occipitaux en traversant l'allas vers son milieu ; la troisième, satellite de l'artère cérébro-spinale, vient de ces mêmes sinus, et reçoit les veinules qui accompagnent les ramifications de l'artère occipito- musculaire.

D. Veine maxillaire externe OU glosso-faciale. — Salellite de l'artère de même nom, cette veine commence sur le chanfrein par deux racines, l'une supérieure, l'autre inférieure, tout à fait analogues aux rameaux terminaux du vaisseau artériel. Elle descend le long du boid antérieur du masséter, gagne la scissure maxillaire, s'infléchit dans cette scissure, en se plaçant entre l'artère et le canal de Siénoii, marche ensuite d'avant en arrière et de bas en haut sur le ptérygoïdien interne, toujours accompagnée par l'artère glosso-faciale, et abandonne cette artère près de l'extrémiié antérieure de la glande maxillaire, pour suivre le bord inférieur de cette glande et s'aller jeter dans la jugulaire, après avoir croisé en dehors

le muscle sterno-maxillaire, et en formant avec celte dernière veine un angle rentrant occupé par l'extrémité inférieure de la glande parotide.

Branches d'origine. — Des deux branches qui constituent, par leur réunion, l'origine de la veine maxillaire externe, l'inférieure, satellite du rameau nasal de l'artère correspondante, ne présente aucun intérêt. — La supérieure, ou h veine anaulaire (le l'œil, mérite une mention particulière, parce qu'on y pratique quelquefois la saignée ; elle prend naissance vers l'angle nasal de l'œil, et rampe à la surface externe du releveur de la lèvre supérieure au-dessous du muscle lacrymal.

Branches collatérales. — Sur son parcours, la veine maxillaire externe reçoit un grand nombre d'affluents, dont voici les principaux : la veine alvéolaire, les veines labiales ou coronaires, la veine buccale, la vei7ie sublinguale.

a. Veine alvéolaire. — C'est un vaisseau considérable logé sous le masséter, et appliqué contre l'os grand sus-maxillaire entre la crête zygomatique et la ligne des dents molaires.

La disposition de ce vaisseau est des plus singulières : son extrémité antérieure s'ouvre dans la veine maxillaire externe; quant à l'extrémité postérieure, elle traverse la gaine oculaire, reçoit les veines de l'œil, et s'engage avec le nerf ophthalniique de la cinquième paire dans un des conduits sus-sphénoïdaux, pour s'aboucher avec le sinus caverneux à l'intérieur du crâne (1).

Avant de traverser la gaîne oculaire, c'est-à-dire vers l'hiatus maxillaire, cette veine reçoit la dentaire supérieure et le confluent des veines nasales, vaisseaux qui sortent des trous osseux traversés par les artères de même nom, c'est à-dire du conduit sus-maxillo-dentaire et du trou nasal. Elle reçoit encore le confluent des veines pcdatines, lequel passe dans la scissure staphyline, au lieu de parcourir le conduit palatin avec l'artère correspondante. En général, ces trois branches veineuses ne s'embranchent point isolément sur l'alvéolaire ; elles l'abordent plutôt par un tronc commun.

La veine alvéolaire ne présente point un volume uniforme. Elle augmente d'avant en arrière jusqu'au niveau de la protubérance maxillaire, où elle forme connue un large réservoir sanguin. On la voit ensuite se rétrécir brusquement en traversant la gaîne oculaire, et conserver un petit diamètre jusqu'à son embouchure dans le sinus caverneux.

Cette veine pourrait être considérée comme un affluent des sinus de la duremère, tout aussi bien que de la maxillaire externe.

b. Veines labiales ou coronaires. — Satellites des artères labiales. — La supérieure est souvent rudimentaire. — L'inférieure, toujours volumineuse, se trouve constituée par la réunion de plusieurs branches anastomotiques appliquées sur la face externe de la muqueuse de la joue.

c. Veine buccale. — Nous la citons parmi les affluents de la maxillaire externe, parce qu'elle s'ouvre, à son extrémité antérieure, dans cette dernière, en regard delà coronaireinférieure, avec laquelle on la voit communiquer quelquefois par une

(1) Nous l'avons vue aussi euvoyer dans le conduit sous-spliénoidal, en dedans de l'artère maxillaire interne, un niiuce rameau qui se jetait dans l'exlrémilé antérieure du confluent soHS-spbénoïdal. Nous ne saurions dire si celte disposition est constante.

branche particulière. iMais la buccale consiiuie, à proprement parler, la racine de la maxillaire interne, et nous la décrirons comme telle.

d. Veine sublinguale. — Gros vaisseau formé de deux branches, qui prennent naissance dans l'épaisseur de la langue, et se jelteiil parfois isolément dans la veine maxillaire externe. Cette veine sublinguale perce de dedans en dehors le muscle mylo-iiyoïdien, et se réunit au vaisseau principal à la hauteur des gariglions lymphatiques logés dans l'auge.

E. Veine thyroïdienne. — C'est un trouc volumineuv, résultant delà réunion des divisions veineuses qui accompagnent les rameaux laryngiens et thyroïdiens de l'artère thyroïdienne ou thyro -laryngienne. Il se jette dans la jugulaire à côté de la maxillaire externe, et le plus souvent au-dessus de cette dernière.

F. Veine de l'ars, OU veine eépliaiiquc. — Vaisseau superficiel qui représente l'une des branches terminales de la principale sous-cutanée de l'avant-bras. Il est logé dans l'interstice du mastoïdo-huméral et duslerno-huméral, et aborde à l'extrémité inférieure de la jugulaire. C'est la veine satellite de la branche pectorale de l'artère cervicale inférieure.

G. Veines innoniinées. — Un certain nombre viennent de la parotide, i^lais les principales prennent naissance dans les muscles de l'encolure. Une de ces dernières accompagne la branche supérieure de l'artère Irachéio-musculaire.

§ II, — B.acines de la jugulaire.

Ces racines sont constituées par les veines temporale supe)' fie i elle et maxillaire interne, alimentées principalement par les sinus de la dure-mère encéphalique.

1° Veine temporale sePERFiciELLE.

Correspondant de la manière la plus exacte au tronc temporal, ce vaisseau est logé derrière le bord postérieur du maxillaire, près de l'articulation de la mâchoire, sous la parotide, et comme incrusté dans le lissu de cette glande.

Il résulte de la réunion de deux racines :

1" La veine auriculaire antérieure, très grosse branche souvent multiple, réticulée, et anastomosée avec les rameaux plérygoïdiens de la maxillaire interne ; cette veine sort du conduit pariéto-temporal, derrière l'éminence sus-condylienne; elle reçoit une ou deux branches qui s'échappent de ce môme conduit par les trous de la fosse temporale, traversent le crotaphite, et se chargent de veinules nées à l'intérieur de ce muscle, ainsi que dans les tissus de l'oreille externe.

2" La veine sous-zygomatique, satellite de l'arlèie homonyme, et divisée comme ce vaisseau en deux rameaux : l'un accompagnant l'artère transversale de la face; l'autre, l'artère massétérine. — Ce dernier communique par son extrémité inférieure avec la maxillo-musculaire externe; il s'abouche, à son extrémité opposée, avec une branche énorme qui vient du muscle crotaphite, et qui passe dans l'échancrure corono-coiidylienne, après s'être largement anastomosée avec les rameaux temporaux profonds de la maxillaire interne.

2" Veine maxillaire interne.

Remarquable par son énorme volume, cette veine rampe entre le muscle masséter interne et l'os maxillaire, dans une direction oblique de bas en haut et d'avant en arrière. Elle arrive ainsi on dedans de l'ariiculation de la mâchoire, un peu audessous du condyle maxillaire et du muscle ptérygoïdien externe; puis elle se réunit au tronc temporal superficiel après s'être infléchie légèrement par en bas. Comme on le voit, elle accomplit son trajet à une certaine distance de l'artère correspondante.

La maxillaire interne a pour racine la veine buccale, à laquelle elle succède vers l'extrémité supérieure du muscle alvéolo-labial.

Satellite de l'artère et du nerf de même nom, cette artère buccale, remarquable par son énorme volume, est située sous le masséter, près du bord inférieur du muscle alvéolo-labial ; par son extrémité antérieure elle communique à plein canal avec la maxillaire externe, vers le point opposé à l'embouchure de la veine coronaire inférieure; son extrémité postérieure se continue directement avec la maxillaire interne; les rameaux collatéraux qui la renforcent sur son parcours viennent du masséter et des parois de la joue.

Dans son trajet, la veine maxillaire interne reçoit un grand nombre d'affluents; ce sont :

1° Une grosse veine linguale, accompagnant le nerf petit hypoglosse.

2° La veine dentaire inférieure.

3° Le tronc des veines temporales profondes, gros vaisseau situé en avant et en dedans de l'articulation temporo-maxillaire, où il communique avec la massétérine. Ce vaisseau prend naissance dans l'épaisseur du crotaphite , mais surtout dans le confluent pariéto-temporal, avec lequel il s'abouche par les trous ouverts dans la fosse temporale.

h° Les veines ptérygoïdiennes, branches nombreuses, dont une partie seulement revient des muscles ptérygoïdiens. Les autres, nées du confluent sous-sphénoïdal des sinus de la dure-mère, forment, sur la face superficielle du ptérygoïdien externe ou dans l'épaisseur de ce muscle, une sorte de réseau à larges mailles, qui communique, en arrière, avec le tronc temporal superficiel, en avant, avec le confluent des veines temporales profondes. Or, comme ces deux vaisseaux sont reliés entre eux, en dehors de l'articulation temi)oro-maxillaire, au. moyen de l'artère massétérine, il en résulte que celte articulation est enlacée de tous côtés par un des plus riches lacis veineux de toute l'économie.

3» Des sinus de la dure-mère.

Nous décrirons ici non-seulement les sinus de la dure-mère encéphalique, qui alimentent les racines de la jugulaire, mais encore ceux de la dure-mère rachidienne, quoique ceux-ci se dégorgent dans d'autres veines. C'est afin de pouvoir considérer dans leur ensemble tous les vaisseaux à sang noir des centres nerveux.

Des sinus de la duke-mère en général. — Ce soin des espaces vasculaires compris dans l'épaisseur de la méninge externe, ou situés entre celte memljrane et les os qui forment les parois de la gaîne cérébro-spinale, ou même creusés dans l'épaisseur de ces os. Ces espaces diffèrent des autres veines surtout par leur forme généralement prismatique, par leur état constamment béant, par l'absence de valvules à leur intérieur, et la présence, dans plusieurs d'entre eux, de lamelles ou de filaments entrecroisés qui hérissent leur surface interne en la rendant comme réticulée.

C'est dans ces sinus que se dégorgent los veines de l'encéphale et de la moelle.

Des SINUS de la dure-mère crânienne en particulier. — Nous en décrirons quatre principaux : le sinus de la faux du cerveau ou sinus médian, les deux sinus caverneux ou sinus sphénoïdaux, et le groupe des sinus occipito-atloïdiens.

1" Sinus de la faux du cerveau OU sinus médian. — Creusé dans l'épaisseur de la faux du cerveau, et d'autant plus large qu'il est plus postérieur, ce sinus commence près de l'apophyse crista-galli, et se termine sur la protubérance pariétale interne en se bifurquant. Les deux branches qui résultent de cette division forment l'origine du confluent pariéto-temporal.

2" Sinus caverneux OU sus-sphénoïdanx. — Les sinus caverneux sont au nombre de deux, un droit et un gauche. Ils occupent sur la face intérieure du sphénoïde, de chaque côté de la selle lurcique, les scissures dites caverneuses. Longés en dehors par le nerf maxillaire supérieur, ils reçoivent à leur extrémité antérieure l'insertion de la veine alvéolaire. En arrière, ils se réunissent l'un à l'autre, et décrivent ainsi une espèce d'arcade, ouverte en avant, autour de la glande pituitaire. Chacun d'eux s'ouvre largement, au niveau du trou déchiré, dans le confluent sous-sphénoïdal.

3" Sinus occipito-atloïdiens. — Nous signalerons sous ce nom un réseau de grosses veines irrégulières situées sous la face externe de la dure-mère, sur les côtés du trou occipital, et sur toute la surface interne de l'anneau alloïdien. Antérieurement ces réservoirs veineux communiquent, à travers le trou coudylien, avec l'extrémité postérieure du confluent sous-sphénoïdal. Postérieurement ils se continuent avec les sinus rachidiens, dont ils peuvent être considérés comme l'origine.

Ix" Des sinus rudimcntaires de la dure>nièrc crânienne. — Indépendamment des réservoirs décrits ci-dessus, il existe sur la paroi interne du crâne quelques sinus veineux rudimeniaires que nous ne ferons qu'indiquer, à savoir : — 1° une ou deux veines logées dans l'épaisi^eur de la lente du cervelet, désignées sous le nom de sinus pétreux ou transverses, communiquant par en bas avec le sinus caverneux, et s'allant jeter par en haul dans le confluent pariéto-temporal (1); — 2° de petites cavités irrégulières et réticulées, à disposition très variable, situées sous la dure-mère, sur les côtés de la cavité cérébelleuse, se dégorgeant en général dans le confluent sous-sphénoïdal, en traversant la partie postérieure du trou déchiré, et s'ouvrant aussi quelquefois dans les sinus pétreux; on peut regarder ces cavités comme les représentants des sinus latéraux de l'homme.

Des sinus rachidiens en particulier. — On désigne ainsi avec juste raison,

(1) Le plus souvent peut-être ces veines s'élèvent directement de la substance de l'encéphale, et ne communiquent point (lar en bas avec les sinus caverneux.

en analomie vélcriiiaiic, doux séries de réservoirs veineux qui régnent dans toute l'étendue de la colonne vertébrale, sur les côtés du plancher du canal rachidien. Logés dans les dépressions latérales de la face supérieure du corps des vertèbres, à côté du ligament vertébral conunun supérieur, et couverts par la dure-mère ces réservoirs, continus d'une vertèbre à l'autre, forment dans leur ensemble comme deux grosses veines irrégulières, parallèles, qui commencent au niveau de l'articulation axoïdo-atloïdienne, se terminent sur les premières vertèbres coccygiennes, où on les relrouve encore assez bien marquées, et communiquent l'une avec l'autre sur leur trajet par des anastomoses transversales.

Des veines affluentes qui alimentent les sinus de la dure-mère. — Ce sont des vaisseaux qui rapportent le sang, soil de la dure-mère elle-même, soit de la substance des centres nerveux : ceux de la première catégorie sont assez rares • les seconds sont au contraire en nombre considérable. Quoique nous ne voulions point faire une étude détaillée de ces derniers, nous devons cependant signaler ce qu'ils présentent de plus remarquable dans leur disposition.

a. Sur l'encéphale, les veines forment un réseau beaucoup plus riche et plus serré que celui dos ramifications artérielles, réseau d'où procèdent un certain nombre de branches principales qui se déversent dans les sinus de la dure-mère crânienne. Les veines du cerveau gagnent, pour la plupart, les sinus médian et iransverses; quelques-unes seulement se rendent dans les sinus caverneux. Celles de l'isthme et du cervelet vont aux sinus pétreux et occipito-atloïdiens.

Quant aux veines intérieures du cerveau, celles qui constituent par leur entrelacement la toile choroïdienne, on les voit se réunir en un gros tronc dési"-né sous le nom à^i grande veine du cerveau, lequel tronc contourne l'extrémilé supérieure du corps calleux, se place dans la scissure iuterlobaire, et se jette dans le sinus falciforme on médian très près de l'extrémité postérieure de ce sinus, après avoir reçu les veines supcrricielles de la face interne des hémisphères.

b. Les veinules qui naissent de la moelle épinière sont également très remarquables par le beau réseau qu'elles dessinent à la surface de l'organe. Elles se rassemblent en un tronc conimiui, la veine spinale médiane^ qui parcourt d'avant en arrière et dans toute sa longueur le sillon supérieur de la moelle, occupant ainsi la position analogue, mais opposée, à l'artère de même nom. De cette veine s'échappent de dislance en distance des bi-auches émergentes qui aboutissent dans les réservoirs rachidiens.

Canaux d'écoulement ou voitîs de décharge des sinus de la dure-mère. — Nous avons à envisager sous ce litre les veines qui transportent le san"- hors des sinus, et nous considérerons successivement celles (jui partent des réservoirs encéphaliques et celles qui émergentdes canaux intra-rachidiens.

a. Pour sortir des sinus encéphaliques, le sang se dégorge dans deux espèces de golfes pairs, que nous désignerons sous les noms de confluents pariéto-temporal et sous-sphénoida.l.

Les confluents parié taux-tei/iporaux sont logés dans les conduits de même nom avec l'artère mastoïdienne. Chacun d'eux commence à la base de la protubérance pariétale interne et se termine derrière l'éininence sus-condylienne. Les sinus médian et transverse se confondent avec l'extrémité supérieure de ces réservoirs

et y versent le sang qui revient de la masse encéphalique. Ce fluide est ensuite entraîné par les veines temporales superficielle et profonde, dont les racines principales partent de ces confluents.

Les confluents sous-sphcnoidovx s'étendent sur les côtés du corps du sphénoïde et de l'apophyse hasilaire, depuis la base de l'apophyse sous-sphéiioïdale jusque dans la fossette condyloïdienne, cnconcotu'antàrobluralion de l'hiatus occipilo-sphénotemporal. Ils s'abouchent dans leur partie moyenne avec le sinus caverneux correspondant, par une ouverture ovalaire que traverse l'artère carotide interne eu pénétrant dans le crâne. L'extrémité antérieure se termine en cul-de-sac. A leur extrémité postérieure, ils communiquent à travers les trous condyliens avec les sinus occipito-altoïdiens. Quant aux veines qui transportent le sang hors de ci s confluents, ce sont les veines ptérygoïdiennes et la racine antérieure de la veine occipitale. On sait que la branche postérieure de ce dernier vaisseau puise le sang directement dans les sinus occipilo-ailoïdiens.

b. Les veines émergentes des sinus rachidiens présentent une disposition pltis simple. Au niveau de chaque espace intervertébral naissent plusieurs branches qui s'échappent surtout par les trous de conjugaison, pour se jeter dans les veines avoisinantes : dans la région cervicale, ce sont les veines vertébrales qui servent ainsi de réceptacle aux rameaux veineux émanés des sinus rachidiens; ce sont, dans la région dorsale, les branches spinales des intercostales ; aux lombes, les branches analogues des veines lombaires ; dans la région sacrée, la veine sacrée latérale.

§ III. — ITemes axillaires.

Confluent général de toutes les veines du membre thoracique et de quelques veines du tronc, la veine axillaire commence sous l'articulation scapulo-humérale, vers l'extrémité terminale du tronc artériel correspondant, accompagne ce tronc jusqu'à l'entrée de la poitrine, et se jette alors dans le golfe des jugulaires pour constituer avec ces deux vaisseaux la veine cave antérieure.

En étudiant de leur origine à leur embouchure les nombreuses branches qui concourent à la formation de ce tronc veineux, on reconnaît: V qu'elles forment dans le pied un très riche réseau d'où procèdent les veii^es digitales, vaisseaux satellites des artères homonymes.

2" Qu'à ces veines digitales, réunies en arcade au-dessus des grands sésamoïdes, succèdent trois branches métacarpiennes ou collatérales du canon , deux superficielles, placées de chaque côté des tendons fléchisseurs, une profonde, située sous le ligament suspenseur du boulet avec les artères interosseuses.

y Que les métacarpiennes s'abouchent également ensemble dans la région supérieure et postérieure du carpe, pour former, en se séparant de nouveau, deux groupes de veines antibrachiales : l'un comprenant la cubitale et les radiales postérieures ou internes, qui accompagnent les artères de même nom ; l'autre constitué par une seule branche sous-cutanée, la veine médiane, qui reçoit à son extrémité supérieure la radiale antérieure superficielle.

U" Qu'au niveau de l'ariiculalion du coude, ces deux groupes de veines aniibrachiales se réunissent au vaisseau satellite de l'artère radiale antérieure, et commu-

niquent par un système très compliqué d'anastomoses, d'où résulte un tronc principal, la veine humérale .

5" Que la veine humérale, après avoir reçu sur son trajet plusieurs rameaux musculaires et la veine sous-cutanée thoracique, se joint, vers l'articulation de l'épaule, avec le tronc sous-scapulaire pour former la veine axiilaire.

Nous allons étudier toutes ces branches dans un ordre inverse à celui de leur énumération.

1° Veine sol's-scapulaire.

Vaisseau très considérable dont la disposition rappelle celle de l'artère sous-scapulaire, avec quelques particularités spéciales néanmoins, dont l'étude ne mérite pas de nous arrêter un seul instant; par exemple, c'est elle qui reçoit le plus souvent la veine satellite de l'artère préhumérale.

2o Veine humérale.

Placé en arrière et en dedans de l'artère humérale, ce vaisseau commence audessus de l'articulation du coude, formé à ce point par le système d'anastomoses des veines de l'avant-bras, et se termine au-dessous de l'articulation de l'épaule en se réunissant à la veine sous-scapulaire.

Indépendamment de la veine sous-cutanée thoracique, que nous allons étudier d'une manière spéciale, le vaisseau dont nous nous occupons reçoit sur son trajet plusieurs collatérales satellites des branches émanées de l'artère humérale. L'une d'elles, l'épicondylienne, n'est que la suite de la veine cubitale.

Très souvent on trouve une seconde veine humérale dans la région profonde du bras. C'est un vaisseau accessoire, parallèle au précédent, et situé à l'opposé, c'est-à-dire en avant de l'ancre.

3° Veine de l'éperon ou sous-cutanée thoracique.

Cette veine, importante à connaître parce qu'on y pratique (juelquefois la saignée, commence sur le flanc et le ventre par de nombreuses divisions superficielles réunies en deux racines principales, puis en un tronc unique qui, placé dans l'épaisseur du pannicule charnu ou à la surface externe de ce muscle, se dirige en avant, ensuivant le bord supérieur du sterno-trochinien, accompagné dans son trajet par un ramuscule artériel et un fort cordon nerveux; il s'insinue sous la masse des muscles olécrâniens, cl se termine dans la veine humérale en s'abouchant avec la branche qui suit l'artère musculaire profonde.

4° Veines profondes de l'avant-bras.

A. Veine radiale antérieure. — Elle aflecfe le même trajet et les mêmes variantes que l'artère correspondante.

B. Veines radiales postérieures. — L'arlère radiale postérieure est toujours accompagnée et comme enveloppée d'un faisceau de brandies veineuses, au fiombre

de trois à quatre, souvent anastomosées entre elles, renforcées par des rameaux collatéraux, parmi lesquels il faut citer la veine interusseuse.

Ces branches radiales commencent au-dessus du carpe en continuant les métacarpiennes. Elles concourent à former la veine humérale, en se réunissant vers l'extrémiié inférieure du bras avec les autres veines ;inlibrachiales.

C. Veine cubitale. — Ce vaisseau se trouve logé avec le nerf et l'arlériole de même nom dans l'interstice des fléchisseurs oblique et interne du métacarpe. iMusieurs rauîeaux musculaires et sous-cutanés viennent se jeter dans cette veine.

Elle a la même origine que les veines radiales postérieures. Son extrémité supérieure ou terminale s'infléchit en avant en s'accolant au tronc de l'artère épicondylienne, et se rend à l'extrémité inférieure de la veine humérale. Très souvent la veine cubitale est double dans cette dernière partie de son trajet, c'est-à-dire partagée en deux branches, entre lesquelles se trouve le tronc de l'artère épicondylienne. Toujours elle communique dans ce môme point, par une ou plusieurs branches, avec la veine musculaire profonde.

5' Veines superficielles de l'avant-bras.

Placées en dehors de la gaine fibreuse formée par l'aponévrose antibrachiale, ces veines, au nombre de deux principales, se trouvent appliquées sur la face externe de cette aponévrose par un mince fascia qui les sépare de la peau.

A. l'cîne sons-cu(anée médiane ou interne. — C'est encore UIl dcs vaisscaux d'élection pour l'opération de la phlébotomie. Elle vient à la suite de la veine métacarpienne interne, monte de la face interne du carpe à l'extrémité supérieure de l'avant-bras, en croisant très obliquement le radius, et se termine par deux très grosses branches, l'une postérieure, o\i h veine basilique , l'autre antérieure, ou la veine céphalique.

La veine basilique traverse le muscle sterno-aponéviotique pour aller concourir à former le tronc humerai.

I.a veine céphalique ou la veine de l'ars croise la bride superficielle du muscle biceps ou coraco-radial , se loge dans l'interstice compris entre les muscles mastoïdo-huméral et sterno-huméral , et va se rendre ensuite dans la veine jugulaire.

B. Veine sous-eutanéc s'adiale ou antérieure. — Moius considérable que la précédente, celte veine naît de la région carpienne, occupe dans son trajet la face antérieure de l'avant-bras, et se termine en se réunissant, par son extrémité supérieure, soit à la veine sous-cutanée médiane, soit h la veine céphalique ; ce dernier cas est le plus commun.

6° Veines métacarpiennes.

Au nombre de trois, comme on sait, ces veines se distinguent en collatérale interne du canon, collatérale externe, et collatérale profonde ou inter-osseuse.

A. Collatérale interne du canon. — Plus volumineuse que les autres, cette veine se porte des environs du boulet le long des tendons fléchisseurs, accompa-

gnée de l'artère principale du canon et du nerf plantaire externe, puis se place dans la gaîne spéciale qui enveloppe le tronc commun des artères inler-osseuses en dedans et en arrière du carpe, pour se continuer dans la région antibrachiale, par la veine sous-cutanée médiane, après avoir communiqué avec les autres veines métacarpiennes.

B. Collatérale, externe du canon. — Située à l'opposé de la précédente, c'est-à-dire au côté externe des tendons fléchisseurs, en compagnie du nerf plantaire correspondant, la collatérale externe du canon suit ce nerf jusqu'au-dessus de l'os crochu, se partage alors en plusieurs branches réticulées qui s'anastomosent avec la collatérale interne, et d'où procèdent les veines cubitales et radiales internes ou postérieures.

C. intcr-osseuse. — Vaisseau ficxueux, irrégulier, quelquefois moitipic, logé avec les artères interosseuses plantaires entre le ligament suspenseur du boulet et la face postérieure du métacarpien principal. Arrivé vers l'extrémité supérieure de cet (S, il s'unit largement à droite et à gauche, avec les collatérales externe et interne, puis envoie par en haut une ou deux petites branches qui traversent la gaîne carpienne, avec l'artère collatérale du canon, et se réunissent au-dessus du genou aux branches radiales postérieures.

7° Veines digitales.

Ces veines occupent sur les côtés de la région digitée la même po^^iiion que les artères de même nom, en avant desquelles elles se trouvent situées. Elles naissent du réseau formé sur les cartilages latéraux par les veines du pied, et se terininent en se réunissant au-dessus du boulet, entre les tendons fléchisseurs des phalanges et le ligament sésamoïdien supérieur, de manière à former une arcade d'où s'échappent les trois veines métacarpiennes.

8° Veines du pied ou de la eégion ongulée.

L'importance de la région à laquelle appartiennent ces vaisseaux nous engage à les décrire avec plus d'abondance que les autres veines, comme nous avons fait des artères de la même région. Nous empruntons donc la description exacte et minutieuse qu'en a faite M. H. Bouley dans son très remarquable Traité de Vorgnnition du pied du cheval (1).

Cet appareil veineux peut être divisé en a.ppareil veineux externe et appœ^eil veineux interne ou intra-osseux.

a. De l'appareil veiueux externe.

« L'appareil veineux externe de la région digitale est très remarquable par le nombre, le développement, la distribution superficielle et la disposition réticulée des canaux qui le composent.

.. ou ne saurait mieux en donner une idée qu'en le comparant dans sa forme

(1) Page 65.

générale à un filet à mailles irrégulières, tendu et moulé sur les deux dernières phalanges et les contenant dans son réseau.

') Cette intrication réliculaire de l'appareil veineux du pied se dessine merveilleusement sur les pièces injectées après macération et desséchées ensuite.

» Pour faciliter sa description, nous y reconnaîirons trois parties distinctes par leur situation, bien cjne ne formant qu'un tout continu, à savoir : 1° Le roseau solaire; 2° Le réseau podophylleux ; 3° Lq réseau coronaire.

A. Du RF.SEAU soLAiiîE. — » I.es veiues du réseau solaire sont remarquables par l'égalité de leur calibre dans toute l'étendue de la surface plantaire, et par l'absence presque absolue de communications anaslomotiques avec les parties profondes.

» Soutenues dans un canevas (ibreux spécial (réiiculum planiaiie) qui remplace le périoste à la surface inférieure de la phalange et fait continuité au chorion du tissu velouté, ces veines paraissent, en effet, n'avoir de communication qu'avec elles-mêuies, au point qu'il est possible de détacher le réticulum plantaire de la face su|)érieure do la troisième phalange sans les intéresser.

0 La disposition générale des canaux veineux dans l'épaisseur du réticulum qui les supporte, rappelle assez bien celle des nervures secondaires dans le limbe de certaines feuilles asymétriques. Ils suivent dans leur parcours une ligne irrégulièrement brisée, et interceptent entre eux, en s'abouchant à des intervalles très rapprochés, des espaces inégaux, sortes de mailles à formes polygonales irrégulières. » Ces canaux veincîux ont un double canal de décharge : l'un central, le moins considérable et le moins constant; Vunlve périphérique ou circonflexe^ qui répond à l'artère du mémo nom (1) dont il forme la veine satellite.

Canal central. — » Le canal central est formé par les anastomoses simultanées d'une foule de lamilications veineuses, convergentes vers le centre du doigt; il est de forme parabolique, et embrasse dans la concavité de sa courbe la pointe du corps pyramidal, d'où il projette ses deux branches parallèlement sur les côtés de ce corps dans le fond des lacunes latérales, jusqu'aux bulbes cartilagineux, points où il se déverse dans le plexus coronaire externe. Celte disposition n'est cependant point constante; on rencontre assez souvent des pièces on le canal central, que nous venons d'indiquer, est remplacé par des canaux multiples plus considérables que les veines qui forment l'ensemble du réseao, et qui leur servent de déversoirs vers le plexus coronaire superficiel.

Canal veineux périphérique ou veine circonflexe. — « Cette veine, d'un gros calibre, formée par les ramificaiions divergentes du réseau solaire et pnr les veines descendantes du plexus podophylleux , longe, en suivant une ligiie légèrement ondulée, le limbe extérieur du tissu velouté, en dedans de l'artère circonflexe dont elle est le satellite; elle est quelquefois décomposée, dans certains points de son trajel, en plusieurs canaux plus petits qui font conlinuitc à ses tronçons. » Klle reçoit, dans son parcours circulaire, la décharge de toutes les veines so'airng

1) L'artère circonflexe iîifêHeure du pied.

divergentes et des veines podopliylleuses descendantes, et se termine, aux extrémilés du croissant de la Iroisièinc |)lialange, en plusieurs gros rameaux qui rampent, sous la membrane podopiiylleuse, jusqu'à la plaque du cartilage où ils concourent à former le plexus coronaire superficiel.

B. Du PLEXUS OU RÉSEAU VEINEUX POUOPHYLLEUX. — » Lcs veines du réseau podophyllcux présentent une disposiiion analogue à celles du réseau solaire; elles sont, comme ces dernières, soutenues dans les mailles d'un canevas fibreux [reticulum processiyerum de Bracy-Clark, réticulum sous-podopjiylleux) étalé sur la face antérieure de l'os en manière de périoste, et continu au chorion du tissu feuilleté. Communiquant largement entre elles par des anastomoses multiples , elles paraissent, connue dans le réseau solaire, presque complètement isolées des parties profondes, dont on pourrait croire communément qu'elles émanent.

» Sinueuses, bri.'^ées et rameuses dans leur cours, les veines podopbylleuses serpentent dans le sens de la longueur des lames feuilletées qui les revêtent, très rapprochées les unes des autres, et interceptant entre elles des mailles allongées étroites. Leur confluence est telle, dans quelques points, qu'elles paraissent comme accolées par leurs parois externes.

.) Le calibre de ces vaisseaux est assez uniformément égal dans toute l'étendue

du réseau podophylleux, si ce FiG. 162 (*). n'est vers les parties postérieures

où existent les canaux principaux de décharge du plexus podophylleux dans le réseau coronaire.

) I-cs veines podopbylleuses sont en communication anaslomotique , en bas, avec la veine circonflexe du réseau solaire qu'elles concourent à former, et en haut, avec le plexus coronaire, ([ui n'en est que la continuité.

<;. Du PLEXUS VEINEUX CORO-

NAiiiE. — » Le plexus veineux coronaire (fig. 162, 2, !i) est disposé , comuic une guirlande rameuse, autour de la deuxième phalange, à l'origine de la troisième, et sur la circonférence de l'appareil fibro-cartilagineux qui complète celte dernière.

» Il est supporté, comme les

autres réseaux veineux du doigt,

par un canevas fibreux immédialemenl sous-jacent et continu au chorion

du bourrelet, et il est juxtaposé, en y adhérant, à l'épanouissement du ten-

(*) Fig. 162. — VaUscaux veineux du jned. (Empruulee ù M. H, Bouley.)

don extenseur, anx plaques cnrtiliiginouses et aux bulbe-; renflés du coussinet plantaire.

» Ce plexus procède des réseaux podopbylleux solaire et intra-osseux.

» Nous y reconnaîtrons, pour la faciliié de sa desciiption, trois parties: l'une centrale et antérieure, située entre les deux plaques des cartilages, et deux latérales correspondant à ces cartilages eux-mêmes.

Partie centrale »lii itlexu«« eoronaire. — » La partie centrale du plexus coronaire (fig. 162, 2) immédiatement sous-jacente au bourrelet, constitue nn réseau très serré formé par d'innombrables veines radiculaires, qui s'élèvent, en serpentant, du plexus podopbylleux auquel elles fontcontinuilé, jusqu'à une grosse veine anastomotique jetée en écbarpe d'un plexus cartilagineux à l'autre, et dans laquelle elles s'ouvrent par dix à douze bouches principales (fjg. 162, '6').

» Ces veines de la partie centrale du plexus coronaire augmentent graduellement de calibre en diminuant de nombre, depuis le plexus podophylleux, où elles prennent leur origine, jusqu'à leur canal supérieur de décharge, qui ne paraît être lui-même que la résultante de leurs anastomoses successives.

Des parties latérales du plexus coronaire, on plexus cartilagineux. — » La plaque des cartilages sert de support, par ses deux faces et par les foramens canaliculés dont elle est traversée, à un massif de veines convergentes très serrées et très anastomotiques, que l'on peut distinguer, d'après son siège, sous le nom de plexus cartilagineux.

» Ce plexus caiiilagineux est formé par deux couches de vaisseaux, l'une superficielle, l'autre profonde.

Couche superficielle du plexus cartilagineux, ou plexus cartilagineux superficiel.— ') La couche superficielle (fig. 162, 3, li), étendue sur la surface externe des plaques et des bulbes cartilagineux, prend son origine, par des racines innombrables, aux veines de la partie du réseau podophylleux correspondante à la superficie qu'elle occupe. Ces racines, massées en réseau très dense, onvergent vers les parties supérieures en diminuant de nombre et en augmentant de volume, et finissent par se fondre, à l'aide d'anastomoses successives, en dix ou douze rameaux principaux, lesquels se réunissent eux-mêmes à deux branches considérables (fig. 162, 6) situées sur la limite supérieure du plexus. Ces branches enfin , par leur fusion dernière au niveau de l'extrémité inférieure de la première phalange, constituent la veine digitale satellite de l'artère du même nom (fig. 162, 5).

» Considérée de bas en haut et sur un pied préalablement préparé par injection, la veine digitale divisée en deux branches, subdivisée elle-même en rameaux et en ramuscules divergents et épanouis à la surface convexe du cartilage et du bourrelet, rappelle bien la disposition des arbres taillés en espaliers, dont les branches étalées sont fixées aux murailles sur lesquelles elles se ramifient.

» Les deux branches périphériques du plexus cartilagineux superficiel éiablissent, l'une et l'autre, des voies de communication avec le plexus cartilagineux opposé, en contractant des anastomoses à plein canal avec les branches de ce plexus qui leur sont symétriques.

» Les voies anastomotiques antérieures sont doubles et superposées l'une à l'autre.

582 DES VlilNES.

» La plus inférieure et la plus superficielle est constituée par celte grosse veine (fig. 162, 3') jetée en écliarpe d'un plexus à l'autre, dans le plan médian, à la surface externe du tendon extenseur, et qui sert de canal de décharge à une niullitude considérable do raniuscules veineux émergeant de la partie antérieure du plexus podophylleux.

" Cette première veine communiquante réunit l'une à l'autre les branches antérieures du plexus cartilagineux,

» La seconde veine communiquante, siluée à 2 centimètres au-dessus de la première cl au-dessous du lenduu , est jetée transversalement d'une branche antérieure du plexus à l'autre. Elle s'abouche avec l'une et l'autre de chaque côlé, au point même où vient aboutir la première veine communiquante.

» Sinueux dans tout son trajet, quelquefois double, quelquefois formé de plusieurs veines conlluentes, comme dans la figure 162, ce canal anastomotique sert de déversoir à (pielqiies veines profondes.

» L'anastomose entre les branches périphériques postérieures du plexus cartilagineux est constituée par une longue veine de gros calibre irrégulièrement courbe, sinueuse ou brisée dans son parcours, mais toujours d'une longueur beaucoup plus considérable que la distance mesurée entre les deux plaques cartilagineuses entre les(iuelles elle est étendue.

» Celte veine communiquante postérieure sert de confluent à des canaux émergents des bulbes cartilagineux, et à la partie postérieure du pkxus solaire qui s'y dégage par cinq ou six veines afférentes assez développées.

Couche profonde du plexus cartilagineux, ou plexus cartilagineux profond. — » La couche profonde du plexus cartilagineux est formée :

1° Par d'assez foris rameaux ascentlants de la partie postérieure des plexus podophylleux et solaire;

2° Par Tappareil veineux intérieur de la troisième phalange ;

Et 3° par les veines profondes qui proviennent de l'os de la couronne, des ligaments et des tendons qui l'enlourenl.

» Les rameaux ascendants du tissu podophylleux s'introduisent par les nombreux foramens dont est traversée la base de la plaque cartilagineuse et la coque fibreuse inférieure du coussinet plantaire, suivent les canaux qui continuent ces foramens dans l'épaisseur du cartilage, et viennent à sa face interne, de concert avec les rameaux qui procèdent du système veineux intra-osseux, et ceux qui viennent des tendons et des ligaments, former un faisceau de cinq à six grosses veines convergentes, qui se réunissent en deux fortes branches ascendantes, lesquelles s'anastomosent elles-mêmes, avant leur réunion définitive aux deux branches périphériques, résultantes du plexus cartilagineux superficiel, et concourent avec elles à constituer la veine digitale.

h. Appareil veiueux interne ou intra-osseux.

» Girard fils et Rigot ont nié que l'artère plantaire eût, dans l'intérieur de la phalange, un système veineux satellite. C'est une erreur échappée à ces deux savants aualomislçs.

). La disposition de l'appareil veineux dans l'intérienr de la phalange est absolument identique avec celle de l'appareil artériel.

» Les veinules radiculaires satellites des artcriolcs lerniinalos convergent, en formant des anastomoses successives, vers le sinus semi-kinaire, dans lequel elles se rendent par les canaux osseux antérieurs, ascendants et descendants, que parcourent les artères émergentes de l'anastomose semi-lunaire. Là, elles se déversent dans un canal veineux demi-circulaire, satellite de cette anastomose, lequel se continue en arrière par deux veines eflérentes qui suivent les canaux postérieurs du sinus semi-lunaire , sortent par les Ibramens plantaires , s'engagent dans la scissure de même nom , montent en dedasis de l'apopliyse basilaire, s'appliquent à la face interne de la plaque cartilagineuse dans une des anfractuosités dont elle est sculptée, et concourent à la formation de la couche profonde du plexus cartilagineux.

» En outre de ces veines convergentes vers le plexus carlilagineux , il en est d'autres divergentes, en très petit nombre, qui suivent le trajet des artères, et vont se rendre dans le plexus podophylleux, à travers les porosités antérieures de la phalange.

» La dissection des pièces injectées par les veines met hors de doute celle disposition de l'appareil veineux dans l'intérieur de l'os du pied.

» Mais est-ce à ce groupe de vaisseaux satellites des artères que se borne ce système veineux intérieur, ou bien n'esl-il pas étendu sur une plus vaste surface, et toutes les aréoles du tissu spongieux de l'os ne peuvent-elles pas en èlre considérées comme une dépendance ?

!) Cette manière de voir semble être appuyée par le résultat de certaines injections, où l'on voit la matière introduite par les voies veineuses remplir toutes les spongioles intérieures du tissu osseux : mais ce n'est probablement là qu'un accident de l'opération elle même, et il est présumable que le passage direct de l'injection veineuse dans les aréoles du tissu spongieux tient à la rupture des parois vascuiaires, car si le tissu de la phalange formait une sorte de diverticulum du système veineux , comnie l'admet l'opinion que nous exposons, les opérations laites sur le vif, où le tissu de l'os est profondément intéressé, devraient être suivies d'héuiorrhagies par les orifices béants des aréoles, fait qui ne se produit pas.

» Il ne nous paraît donc pas qu'il y ait, à cet égard, dans la structure de la troisième phalange, dérogation au plan général sur lequel les os sont construits, et nous pensons que son système veineux intérieur est borné à l'ensemble des vaisseaux, du reste très nombreux, qui accompagnent les divisions artérielles. »

Art. III. — Veine cave postérieure (fig. 1^7, v; 148, f).

Cette veine, dont le volume n'est égalé par celui d'aucun aulre vaisseau de l'économie, commence à l'entrée du bassin par deux grosses racines, les troncs Ijelci -cruraux. De ce point, elle se dirige en avant, sous le corps des vertèbres des lombes, atteint bientôt le bord supérieur du foie, abandonne alors la région souslombaire pour se loger dans la scissure creusée sur la face antérieure de la glande

58i DES VEINES.

pn'citée, puis traverse le centre aponévrotlque du diaphragme, et va s'ouvrir dans la partie postérieure et externe de l'oreillette droite du cœur.

Dans ce trajet, la veine cave postérieure se décompose naturellement en trois portions, une sous- lombaire, une hépatique, une thoracique.

La portion sous-lombaire, placée à droite de l'aorte abdominale, à gauche de la capsule surrénale et du rein droits, est maintenue contre le ligament vertébral conmuin inférieur et le peiil psoas gauche par le pûritoine et le pancréas; elle répond de plus à l'artère rénale droite, qui croise perpendiculairement sa face supérieure, ainsi que le nerf grand splanclinique correspondant, et aux divisions nerveuses des plexus rénal droit etlombo-aortique. (fig. I.'i9, G).

Dans ^di portion hépatique, la veine cave postérieure n'a de rapports qu'avec le foie et le diaphrognie, qui l'enveloppent d'un canal complet.

Quant à Va portion thoracique, logée entre le poumon droit et son lobule accessoire interne, elle est enveloppée par un lepli séreux particulier, dont nous avons déjà parlé (page ^31), dépendance de la plèvre du côté droit.

Afférents collatéraux. — Les vaisseaux aussi considérables que nombreux qui viennent se dégorger dans la veine cave postérieure sont, en les énumérant d'avant en arrière :

1° Les veines diaphragmât iques ;

2° La veine pjorte, tronc sur lequel se rassemblent la plus grande partie des veines viscérales de l'abdomen, et qui, au lieu de s'aboucher directement avec la veine cave, se divise dans le foie à la manière d'une artère, puis se trouve reconstitué en un certain nombre de grosses branches, les vaisseaux sus-hépatiques, qui se jettent dans la veine cave à son passage dans la scissure antérieure du foie;

3" Les veines rénales ;

k" Les veines spermatiques ; ,

5" Plusieurs veines lombaires.

Tous ces vaisseaux seront étudiés dans l'ordre indiqué ci-dessus, avant les racines de la veine, c'est-à-dire les troncs pelvi-cruraux.

§ I. — Veines diaphragmatiques.

Ce sont deux, quelquefois trois énormes vaisseaux logés dans l'épaisseur du centre aponévrotlque, commençant par plusieurs branches dans la portion charnue du muscle, et se jetant dans la veine cave au moment où cette veine traverse le diaphragme.

S II. — Veine porte (fig. 140, P ; 103).

La manière dont ce vaisseau se comporte lui donne une physionomie toute particulière, qui l'a fait considérer comme un système vasculaire à part : on n'ignore point, en effet, d'après ce qui a été dit à propos de la structure du foie, que la veine porte se divise dans cette glande exactement comme une artère.

La veine porte prend naissance à la région sous-lombaire, au niveau de l'artère grande mésentérique, par la réunion de trois grosses racines ; puis elle se dirige en avant et un peu à droite, en traversant l'anneau du pancréas, au-dessous de la

veine cave, et se loge ensuite dans la grande scissure postérieure du foie, où elle se ramifie en formant les veines sous-hépaiiquex, dont les divisions capillaires donnent elles-mêmes naissance aux vaisseaux .vis-hépatiques.

]'ei)ies sus- hépatiques et sous- lu'' pat i que s (fig. 126, VP, VA). — L'étude de ces vaisseaux ayant d(\jà été faite dans la description du foie, page 391, nous n'avons point à nous en occuper de nouveau. Nous reviendrons seulement sur une particularité incomplètement signalée dans notre première description, et relative aux veines sus- hépatiques.

On sait que ces vaisseaux se divisent en deux catégories, relativement h la disposition de leur embouchure : le plus grand nombre se jetant dans la veine cave en formant un seul confluent placé à l'extrémité antérieure de la scissure du foie, au niveau des veines diaphragmatiques ; les autres s'ouvrant isolément sur toute l'étendue de la portion hépatique du tronc veineux. — En examinant avec soin le confluent vers lequel viennent converger toutes les veines du premier groupe, on y reconnaît les embouchures de trois veines principales venant chacune d'un des lobes hépatiques, embouchures couvertes par trois valvules incomplètes très épaisses, — Quant aux vaisseaux du deuxième groupe, iM. Cl. Bernard (1) les a considérés, pour la plupart, comme provenant directement des veines soushépatiques, et non pas comme succédant au réseau capillaire formé par l'arborisation de ces veines dans les lobules du foie. Il est vrai que les injections pénètrent très facilement de la veine porte dans la veine cave, mais en prenant tout aussi bien la voie des gros vaisseaux sus-hépaiiques que celle des canaux dont nous parlons; et de plus, si la matière poussée dans la veine porte est chargée d'une substance colorante qui ne soit pas parfaitement porphyrisée, celte matière arrive incolore ou très peu colorée dans les vaisseaux sus-hépatiques et la veine cave. Ces faits, comme on le voit, ne militent point en faveur de l'opinion de M. Bernard. On a donc tout lieu de croire que le système de la veine porte et celui de la veine cave ne communiquent point, chez l'adulte, autrement que par le réseau capillaire qui est intermédiaire aux vaisseaux sous-hépatiques et sus-hépatiques. S'il existe d'autres voies de communication, elles doivent être aussi extrêmement étroites.

Vaisseaux constituants de la veine porte. — Les trois racines de cette veine sont les veines grande et petite mésentériques et la veine splénique.

Les affluents collatéraux qu'elle reçoit sur son parcours se trouvent au nombre de deux principaux seulement : la veine yastro-épiploïque droite et la gastrique antérieure.

Nous allons faire une revue rapide de tous ces vaiseeaux.

l" Racines de la veine porte.

A. Veine grande mésenférique OU niésaraïquc antérieure (fig. 163, 2, 7). — C'est un énorme canal veineux dans lequel afflue le sang qui a passé à travers les parois de l'intestin grêle, du c;ecum, du côlon replié, de l'origine du côlon I flottant, et dont les divisions correspondent exactement aux dilTérentes branches fournies par l'artère grande mésentérique.

(I) Leçons de physiologie expirimenlale. Paris, 1856.

Quand on suit ce vaisseau de son eniboucliure à sa source, c'est-à-dire en sens inverse du cours du sang, on le voit s'accoler aux deux arières coliques entre lesquelles il se trouve placé, et marcher ainsi jusqu'au delà du pli qui forme les courbures sus-sternale etdiapiiragmatiquedu côlon, se diviseralors endeux branches

satellites des artères coliques, lesquelles riG. 163 ( ). branches s'anastomosent en arcade vers

la courbure pelvienne, comme les artères qu'elles accompagnent.

Ce sont donc deux veines coliques ((ig. 163, 8, 9) qui constituent par leur réunion la grande mésaraïque, à la formation de laquelle concourent de nombreux affluents collatéraux, au nombre desquels il faut signaler les deux veines r(('cales (fig. 163, 5, 6), la veine iléocœcale (fig. 163, h), une branche venue de l'origine du côlon flottant, et {('sveines de l'intestin grêle: vaisseaux exactement disposés connue les artères correspondantes, ce qui nous dispense de nous appesantir davantage sur leui- description. B. Veine petite méseijtérîcjjsie OU mésaraïque postérieure (fig. 163, 1 2).

— Ce vaisseau commence au-dessus du rectum, près de l'anus, par de grosses branches hémorrhoïdales qui communiquent avec les ramuscules homonymes de la honteuse interne. Il se dirige ensuite en ava nt entre les deux lame.^ du second mésentère, le long de l'artère petite mésenlérique , (|u'il dépasse en se prolongeant jusqu'à la grande, sur le côté gauche de laquelle ou le voit arriver et se réunir à la veine splénique, avant de s'aboucher avec la mésaraïque antérieure pour former la veine porie. Dans son trajet, il reçoit toutes les branches veineuses satellites des divisions de l'artère de même nom, branches veineuses dont la disposition rappelle tout à fait celle des raiiieaux artériels.

C. l'cine splénique (fig. 163, 13). — C'est uu énorme canal qui suit l'artère splénique et se comporte exactement comme elle. Elle commence donc par une veine gastro-épiploigiie gauche [iïg. 163, 1^) anastomosée en arcade avec la veine

(*) Fig. 1G3. — Ensemble île In veine porte et de ses racines (figure en partie théorique). — \. Tronc de la veiiiH jxiile. -i. .Sun origiiu;. 5. Veiiici. de l'iulesliu giêle. 4. Veine ileo-cœcale. 5. Veine cœcale exieine. 6. Veine cœcalo interne. 7. Grande veine mes. iiaïque. «, 1). Veines coliques t'urniaiit les racines de ce vaisseau. 10. Veine collatérale coiiliiiuant pai l'ois la coli(|ne fiauclie, el venaul se joindre à la grande niesaraif|ue près de l'origine de celle-ci. I I. Conflueiil commun de l.i petile niesaraïr|ue .t de la splénique. ri. Petile veine mésaraïque el ses branches oolialérales. l.ï. Veine splénique. 14. Veine gastro-epiploique gauche. IS. Veine giisUo-épiplûique droite. IG. Veine giistii.jue pnsléiienre. — A. Estomac. — B. Duodénum. — C. Inteiliu grêle. — D. Cœcum. — i". Côlon replié. — F. Cùlou llotlant. — G. Reclum. — H. Porliou du graud épiploou. — /. I\atc. — ./. Mésenlcre. — K, Mésentère colique.

VEINE CAVE POSTÉKIEIIRE. ,')87

gastro-épiploïque droite, reçoit sur son trajet des rameaux gastriques^ spléniques et épiploK/ues, et s'unit à la petite mésaraïque, après avoir passé au-dessus do l'extrémité gauche du pancréas, et avoir reçu la veine gastrique postéi-ieuro (fig. 163, 16).

2° Affluents collatéraux de la veine porte.

A. Veine gastro-épiploïque droite (fig. 163, 15). — On sait que l'artère hépatique, avant d'entrer dans le foie, abandonne des rameaux pancréatiques, une branche pylorique et une division gastro-épiploïque droite laissant elle-même échapper une artériole duodénale : le vaisseau que nous décrivons sous le nom de veine gaslro-épiploique droite correspond exactement à toutes ces ramification collatérales de l'artère hépatique.

Celte veine prend donc son origine autour de la grande courbure de l'esiomac, sur un point indéterminé puisqu'elle forme une arcade anaslomotique avec la veine gaslro-épipluïque gauche. Elle croise en arrière le renflement placé l\ l'origine du duodénum, reçoit les veines pylurique, duodénale et pancréatiques, et s'ouvre dans la veine porte après a\oir traversé le pancréas.

B. l'eîne gastrique antérieure. — Satellite de l'artère homonyme, cette veine se jette isolément dans la veine porte, après l'entrée de ce vaisseau dans la grande scissure postérieure du foie, et même tout près de l'extrémité terminale de cette scissure.

§ III, — Veines rénales.

Au nombre de deux, comme les artères qu'elles accompagnent, ces veines se distinguent par leur énorme volume et la minceur de leurs parois. La gauche, obligée de croiser l'aorte abdominale av;int de se jeter dans la veine cave, est plus longue que la droite. Elles reçoivent la plupart des veines qui reviennent des capsules surrénales.

§ IV, — Veines spermatiques.

Ces vaisseaux correspondent aux artères grandes testiculaires du mâle, et aux artères utéro-ovarienntsdela femelle.

Veine iesticulaire. — Les radicules qui constituent celte veine présentent, à leur sortie du bord supérieur du testicule, une disposition plexiforme très compliquée. Ces branches s'eidacent, en effet, eu se contournant et en s'infléchissant de mille manières, autour des circonvolutions de l'artère grande tesiiculaire, et remontent ainsi vers le collet de la gaîne vaginale, qu'elles franchissent après s'être généralement réunies en deux troncs. Ceux-ci s'élèvent vers la région sous-lombaire, en dessous du péritoine, dans un repli duquel ils sont d'abord compris, communiquent l'un avec l'autre, dans leur trajet, par des branches anastomotiques, et se confondent généralement en une seule veine testiculaire qui s'ouvre dans la veine cave près de la veine rénale.

En anatomie humaine, on a donné le nom de plexus spermatique à l'enlacemeni des branches de la veine testiculaire autour des circoiivolutious de l'artère ; et l'on

a appelé plexus pampini forme le corps réticulaire formé par ces mêmes branches après leur entrée dans la cavité abdominale.

Veine ntéro- ovarienne. — Cette veine, qui est très volumineuse, s'insère sur la veine cave ati même point que le vaisseau correspondant du mâle, et procède, comme son nom l'indique, de l'ovaire et de l'utérus, par des branches flexueuses et réticulaires dont la fusion en un seul tronc ne s'opère qu'auprès de la veine cave.

§ V. — Veines lombaires.

Satellites des artères de même nom, ces veines se jettent isolément dans la veino cave. Les plus antérieures aboutissent souvent à la veine azygos.

^ VI. — Troncs peivi- cruraux, ou veines iliaques primitives.

On appelle ainsi deux énormes vaisseaux sur lesquels se rassemblent toutes les veines du membre abdominal et de la partie postérieure du ironc, vaisseaux très courts qui forment, en se fusionnant, la veine cave postérieure.

La veine iliaque primitive se trouve logée dans l'angle de séparation compris entre les artères iliaques externe et interne; elle fait suite aux deux veines satellites de ces canaux artériels. La droite, plus courte que l'autre, passe au-dessus de l'artère iliaque externe pour rejoindre l'origine de la veine cave. La gauche, plus longue, s'insinue, pour aller s'aboucher avec la première entre le corps de l'avant-dernière vertèbre lombaire et l'extrémité terminale de l'aorte postérieure.

Si l'on suit, comme nous l'avons fait pour les veines du membre antérieur, depuis la région unguéale jusqu'au bassin, toutes les branches qui viennent concourir à la formation de ces deux troncs, on reconnaît d'abord comme point de départ primitif de chacun d'eux un riche réseau sous-unguéal, d'où s'élèvent deux veines digitales. A celles-ci succèdent trois veines métatarsiennes, origine commune de tous les vaisseaux veineux de la jambe. Ces derniers, distingués en superficiels et en profonds, et au nombre de quatre , les deux veines saphènes dans le premier groupe, les deux veines tibiales dans le second, se continuent par la veine poplitée. Ce vaisseau est lui-même suivi de la fémorale et de la veine iliaque externe, qui forme enfin le tronc pelvi-crural en s'abouchaiu avec la veine iliaque interne.

Tous ces vaisseaux vont être étudiés dans un ordre inverse à celui de leur énumération, c'est-à-dire que nous verrons successivement :

1° La veine iliaque interne ;

2° La veine iliaque externe;

3° La veine fémorale ;

hP La veine poplitée ;

5" Les veines profondes de la jambe ;

6° Les veines superficielles de la Jambe :

1° Les veines métstarsiennes ;

S" Les veines de la région digitée;

1° Veink iliaque interne.

Ce vaisseau est formé par les veines saleliiles des branches fournies par l'arlère homonyme, c'est-à-dire les xcinesiliaco- fémorale, obutratvice, iliaco-musculaire, fessière, sacrée latérale et lionteuse interne, dont la distribution ne diffère point de celle des divisions artérielles correspondantes.

Le tronc qui résulte de la réunion de ces différentes brandies est ordinairement fort court; il peut même manquer lout-à-fait, et l'on voit alors ses veines constituantes s'aboucher avec la veine iliaque primitive en formant deux ou trois groupes isolés, mais très rapprochés les uns des autres.

2° Veine iliaque externe.

Cette veine constitue la principale racine du tronc pelvi-crural, qui n'en est que la suite, le vaisseau interne n'étant, à proprement parler, qu'un aftlucnt collatéral du canal unique représenté par les veines iliaque externe et primitive.

Située en arrière du tronc artériel crural, celle veine iliaque externe commence au niveau du bord antérieur du pubis, où elle est continuée directement et sans aucune ligne de démarcation par la veine fémorale.

Le seul vaisseau important qu'elle reçoit sur son trajet est la veine circonflexe iliaque, dont l'embouchure se trouve pliilôt sur l'iliaque primitive que sur l'iliaque externe.

3" Veinu fémorale.

Continue par son extrémité supéiieure avec la veine iliaque externe, et par son extrémité inférieure avec la poplilée, cette veine fémorale, remarquable par son gros volume, suit exactement l'artère de même nom dans toute son étendue.

Les aflliicnts collatéraux qu'elle reçoit sur son irajet se distinguent par leur nombre et leur volume considérable ; sont :

1° Les veines satellites des artères luasculaires.

T La veine saphèae interne, sur laquelle nous reviendrons dans la description des veines superlicielles de la jambe.

3" La veine pré-imbienne, formée par VnMoniinale postérieure et les branches /ninteuses externes. Celles ci, fort nombreu.'-es, fort grosses, anastomotiqucs entre elles, forinent dans l'entre -deux des cuisses et dans l'épaisseur des bourses et du fourreau, au-dessus du pénis, un très riche réseau qui communique en arrière avec les veines caverneuses. Ce réseau n'envoie qu'un assez faible tronc dans l'anneau inguinal, le long de l'artèie honteuse externe; il s'abouche, dans sa partie moyenne, avec une énorme branche qui traverse l'anneau du muscle du plat de la cuisse, et (pii se loge dans la gouttière inférieure du pubis pour aller se jeter dans la fémorale.

L'une deces veines honteuses externes représente la sous-cutanée abdominale, communiquant avec la sous-cutanée thoracique.

Toutes ces branches offrent dans la femelle une disposition analogue.

4" Veine poplitée.

Satellite de l'artère poplitée, cette veine est formée par la réunion des veines tibiales antérieure et postérieure.

Parmi les branches qu'elle reçoit sur son parcours, on remarquera particulièrement la veine fémoro-pojjlitée^ qui accompagne l'artère de même nom et qui s'abouche elle-même, un peu avant de se jeter dans la poplitée, avec la veine saphène externe.

îi" Veines profondes de la jambe.

Elles sont au nombre de deux : la tibiale antérieure et la tibiale postérieure.

A. Veine tiSuaie ajiïéa-îeure (fig. 156, 5). — AccoIéc à l'artèrc homonyme, souvent double, toujours très am[)le, cette veine prend son origine sur la face antérieure des articulations tarsiennes, au moyen de plusieurs racines anastomoliques entre elles, dont une principale est formée par la veine métatarsienne profonde, qui parcourt d'arrière er. avant le conduit cuboïdo-cunéo scaphoïdien. Après avoir traversé l'arcade péronière avec l'artère, elle s'unit à la tibiale postérieure pour constituer la veine poplitée.

B. Veine tibiale postérieure. — Elle commence vers le creux du jarret, en dedans du calcanéum, par des rameaux radiculaires qui viennent principalement des deux veines saphènes. Puis elle monte le long de son artère saiellile pour aller s'aboucher sous le muscle poplité avec la veine antérieure.

6° Veines superficielles de la jambe.

Ce sont la saphène interne et la saphène externe.

A. Veine saphène interne. — Ce vaisseau offre dcux racioes : l'une antérieure, l'autre postérieure.

La première procède de la veine métatarsienne interne, la seconde de la métatarsienne externe. Toutes deux montent, en convergeant l'une vers l'autre, sur la face interne du tibia, et se réunissent en une seule branche avant d'atteindre la cuisse.

Cette branche unique, toujours très volumineuse, rampe de bas en haut sur le muscle du j>lat de la cuisse, et se termine d'une manière variable en arrivant vers le pli de l'aine : tantôt, en effet, elle s'insinue dans l'interstice des deux adducteurs de la jambe pour se réunir à la veine fémorale ; tantôl elle monte jusqu'à l'anneau du court adducteur et s'abouche alors avec les veines honteuses externes.

B. Veine saphène externe. — Elle naît par une courte branche en dehors du calcanéum, communique, à son origine même, avec la racine postérieure de la saphène interne, à l'aide d'une grosse anastomose réliculaire jeiée iransvcr.salement en avant du sommet du calcanéum, et avec la tibiale postérieure, au mujen d'une forte branche qui passe entre le tibia et le muscle perforant ; puis elle suit le nerf saphène externe en dehors de la corde du jarret, derrière le jumeau externe, et va se jeter dans la veine poplitée, après s'être abouchée avec la fémoro-pophtée.

DES VEINES CHEZ LES ANIMAUX AUTRES QUE LES SOLll'EDES. 591

~° Veines métatarsiennes.

Ces veines, an nombre de trois, distinguées en int(;rne, externe et profonde, procèdent de l'arcade scsamoïdienne, formée par l'anastomose des deux veines digitales.

A. Veine métatarsienne interne (flg. 156,9). — Ce vaisseau, le plus considérable des trois, semble continuer plus particulièrement la veine digitale du même côté. Il se trouve placé, dans la plus grande partie de son étendue, avec le nerf plantaire interne, le long des tendons fléchisseurs, un peu en avant. Arrivé près du tarse, il se dévie légèrement pour se mettre sur la face antérieure des articolations tarsiennes, communique alors, par une énorme brandie transversale, avec l'origine de la tibiale antérieure, et remonte ensuite sur la face interne de la jambe, où il constitue la racine antérieure de la veine saphène interne.

B. Veine métatarsienne externe (flg. 156,8). — Elle OCCUpe, en dehors dcS tendons fléchisseurs, une position analogue à la précédente. Vers l'extrémité supérieure du métatarse, elle communique par une forte et courte branche, avec la veine profonde. Puis elle continue son trajet ascendant en passant avec les artères plantaires dans la gaine tarsienne, et se prolonge enfin dans le creux du jarret, le long du nerf grand fémoro-poplité, en constituant la racine postérieure de la saphène interne.

C. Veine métatarsienne profonde (flg. 150,10). — Celle-ci SB trouve placée SOUS le ligament suspenseur du boulet, au côté interne de l'artère interosseuse plantaire principale. Près du tarse, elle reçoit une très grosse branche de la veine externe, et traverse alors le conduit cuboïdo-cunéo-scaphoïdien pour aller former la plus forte racine de la veine tibiale antérieure.

8° Veines de la hégion digitée.

Comme elles rappellent exactement celles du membre antérieur, nous renverrons à la description que nous avons faite de ces dernières (voy. page 578).

Art. IV. — Des veines chez les animaux autres que les solipèdes.

11 n'entre point dans notre plan d'exposer l'histoire complète du système veineux de ces animaux, à cause du peu d'utilité d'une semblable étude. Pour rester fidèle au but que nous nous sommes proposé, nous nous bornerons à indiquer les caractères spéciaux des veines sur lesquelles on pratique ordinairement la saignée, et de celles dont la connaissance peut intéresser au point de vue chirurgical, comme les veines du pied chez les Ruminants.

A. Veine angulaire de l'œil. — Cc vaisseau est remarquable par son gros volume dans le mouton ; et comme il se dessii'.e très bien, du teste, sous la peau, à cause de la finesse de cette membrane, on le choisit plus souvent que chez les autres animaux pour y pratiquer la phlébotomie.

B. Veine jugulaire. — Très grosse dans tous les animaux, surtout che2 le

592 DES VËINËS.

bœuf, celte veine mérite bien la préférence qu'on lui accorde lorsqu'on se propose d'ouvrir le système veineux pour en retirer une certaine quantité de sang.

Chez tous les animaux non solipèdcs, on trouve une jugulaire accessoire qui existe parfois chez le cheval, mais avec un développement beaucoup moins considérable, à côté de l'artère carolide primitive,. Elle provient delà veine occipitale et mesure ainsi toute la longueur du cou. Quelquefois son diamètre est fort exigu ; mais souvent aussi elle est assez grosse pour recevoir une très notable quantité du sang de la jugulaire principale, quand on établit une compression sur ce dernier vaisseau pour favoriser l'écoulement du sang après l'ouverture de la veine, circonstance qui explique la difficulté qu'on éprouve quelquefois à obtenir un jet de sang volumineux.

C. Veine sous-cutanée abdominale. — Dans l'espèce bovine, cc vaisseau se présente avec un énorme volume, surtout chez la vache laitière, en opposition avec la veine sous-cutanée thoracique, qui est toujours fort étroite. Cette veine abdominale se prolonge en avant jusqu'auprès de l'appendice xiphoïde, sur la paroi du ventre, qu'elle traverse alors d'outre en outre pour aller se réunir à la veine thoracique interne (1). En arrière elle est formée de branches multiples anastomosées entre elles ou avec celles de la veine opposée, branches qui sont en communication avec les veines honteuses externes proprement dites.

D. Veine saphène interne. — Elle est toujours beaucoup plus grêle que dans les Solipèdes ; aussi la choisit-on rarement pour la saignée.

E. Veine saphène externe. — (]elte veiue est au contraire plus volumineuse ({ue chez le cheval, et en même temps plus superlicielle, favorablement disposée, en conséquence, pour la phlébolomie, aussi bien chez les lluminanls que chez le Porc et les Carnassiers. Elle résulte de la réunion, dans le creux du jarret, de deux racines priiîcipales fournies par les veines métatarsiennes.

l'". Veines du pied postérieur chez le bœuf. — ComulC chez le cheval, elles ont pour point de départ k réseau sousunguéal de la région digilée, réseau double comme cette région elle-même.

a. Trois vcmes digitales partent de ce réticulum : 1° une médiane et antérieure, naissant par deux racines de la pariie antérieure de chaque réseau, se plaçant entre les deux doigts, et se réunissant au-dessus du boulet à la veine mélatarsienne superlicielle antérieure; 2» dc[i\ latérales, communiquant l'une avec l'autre eu arrière, par une anastomose transverse (jui icçoit plusieurs des veinules du réseau unguéal, et avec la veiue antérieure par une branche interdigitée, réunies en arcade en avant des tendons iléchisseurs, au-dessus de la coulisse sésamoïdienne.

b. Ces veines digitales sont continuées par cinq veines métatarsiennes, deux antérieures profondes, une antérieure superficielle, deux postérieures.

Les deux «eme^' antérieures profondes howl dcnx petits vaisseaux qui accompagnent l'artère collatérale du canon, placée entre eux. Ils naissent dans l'espace interdigité, de la veine digitale antérieure, communiquent par le trou inférieur du métatarsien avec l'arcade sésamoïdienne, s'envoient dans leur trajet des anasto-

(I) On appelle communément jjories ou fontaines du lait les trous de la paroi du ventre qui livrent ainsi passage aux veines sous-culuuécs abdominales.

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