DU THORAX
La trachée tlo cet animal ressemble à celle des RumiiiaiKs.
Carnassiers. — Le laripix An ciilen et du vuat présente de très-grandes analoitIcs avec celui du cheval. Toutes proporlioiis gardées, l'épiglolte est plus courte, plus large ii la base et plus triangulaire que dans les autres espèces; les ventricules latélaux sont peu profonds.
Rien de particulier à signaler sur la trachée.
COMPARAISON pu LARYNX ET DE LA TUAClllCE DE l'HOUME AVEC CES MÊMES ORGANES CHEZ LES ANIMAUX DOMESTIQUES (1).
DU THORAX (flg. 199).
Le thorax, encore appelé caùité thoracique ou pectorale, loge non-seulement le jiDumon, mais encore fe cœur et les gros vaisseaux qui partent de cet organe ou qui >'y rendent, avec une partie de l'œsophage et de la trachée^ ainsi que des nerfs aussi remarquables par leur nombre que par leur importance physiologique.
Situation. — On sait que le thorax a pour base la cage osseuse formée par les côtes, le sternum et le corps des vertèbres dorsales. Susi:)endue sous la portion moyenne du rachis, cette cage est transformée en cavité close par les muscles intercostaux, qui ferment les espaces à jour situés entre les côtes et par le diaphragme, cette vaste cloison oblique en avant et en bas, qui sépare le thorax de l'abdomen.
Fin. 109. — Cavité pectorale et médiaslin, avec le trajet de la trachée et do l'œsophage Ç').
Conformation intérieure. — Considérée dans son ensemble, la cavité thoraci(iue représente un cône creux couché horizonlalemeiil, déprimé d'un côté à l'autre, surtout en avant, vers son sommet, et dont la base, formée par le diaphragme, se trouve coupée très obliquement, en raison mcMiic de la direction qn'alTecle ce muscle. Cette
(1) Voy. plus loin, à la suite du poumon.
{') A, m.Mlinaliti niiIrriBiir; 11, mc-ai,i3tiii [M.striiiMir ; C, le rcpurol le |.,'.n™nlo <lniis lu nnrlio movcnno .lu m.'.liastin; II, (liiiplirnjçmc : b, trochée ; K, n!snplin!»f!.
/i90 • APPAREIL DE LA BESPIRATION CHEZ LES MAMMIFERES.
dernière disposition rend le diamètre aniéro-postérienr de la cavité beaucoup plii> grand en haut qu'en bas; la différence est plus du double.
La surface intérieure de cette cavité conique peut se diviser en six régions : un plan Bupérieur, un plan inférieur, deux plans latéraux, une base ou plan postérieur et un sommet.
Le plan supérieur présente sur la ligne médiane une forte saillie qui résulte de lu réunion des corps vertébraux, et latéralement deux gouttières profondes dites verfeô/'ocostales. Ces gouttières, plus larges en arrière qu'en avant, sont formées par l'extrémité supérieure des arcs costaux ; elles logent le bord supérieur des lobes pulmonaires. Quant à la saillie médiane, elle se trouve comprise entre ces deux lobes. Couverte en avant par l'extrémité postérieure du muscle long du cou, cette saillie répond, dans le reste de son étendue, à l'aorte postérieure, au canal iboracique, à la veine azygos; on y remarque, par côté, les cordons sous-dorsaux du grand sympathique.
Le plan inférieur, beaucoup plus court que le précédent, se trouve comme lui plus étroit en avant qu'en arrière. Ce plan a pour base la face supérieure du sternum, les cartilages sternaux et le muscle triangulaire. Il donne attache, en arrière, au sac fibreux qui contient le cœur.
Les plans latéraux, plus étendus que les deux premiers, sont concaves sur leurs deux diamètres. Constitués par la face interne des côtes et des muscles intercostaux profonds, ils se trouvent en rapport avec la face externe du poumon.
La base ou paroi 'postérieure, formée par la face convexe du diaphragme, est circonscrite, sur son contour extérieur, par le cercle des cartilages asternaux et par la dernière côte. On y voit les trois ouvertures qui traversent la cloison diapliragmatique.
Le sommet ou Ventrée du thorax représente une ouverture ovalaire, allongée verticalement, comprise entre les deux premières côtes et le muscle long du cou, ouverture obstruée en partie par un énorme paquet de ganglions lymphatiques, et qui livre passage à la trachée, à l'œsophage, aux artères axillaires et carotides, à la veine cave antérieure, aux nerfs pneumogastriques, grand sympathique, laryngés inférieurs et diaphragma tiques.
Telle est la cavité thoracique. Comme l'abdomen, elle est pourvue d'un revêlement séreux qu'il nous reste à examiner.
Des plèvres. — Le revêtement séreux du thorax comprend deux membranes distinctes désignées sous le nom de plèvres. Ces membranes constituent deux sacs adossés l'un contre l'autre dans le plan médian, et forment ainsi une cloison dite médiastine, qui divise la cavité thoracique en deux compartiments latéraux. Chaque plèvre tapisse donc une des parois externes ou costales du thorax et la moitié correspondante de la paroi diaphragmalique; elle se replie ensuite dans le plaq vertical et antéro-postérieur de la cavité, pour concourir h la formation de la cloison médiastine, d'où elle se porte sur le poumon; disposition qui montre quatre portions dans la plèvre, savoir : une costale, une diaphragmalique, une médiastine, représentant dans leur ensemble le feuillet pariétal de la membrane, et une pulmonaire ou viscérale.
La plèvre costale est appliquée sur la face interne des côtes et des muscles intercostaux internes. Doublée sur sa face adhérente, au niveau de chaque espace intercostal, par une lame de tissu jaune élastique, cette membrane répond, par sa face libre, au plan externe du poumon, avec lequel elle ne contracte normalement aucune adhérence. Elle se continue, en arrière, avec le feuillet diapliragmatique; en avant, en haut et en bas, avec la plèvre médiastine.
La plèvre diaphragmalique adhère d'une manière peu serrée à la portion charnue
DO THORAX. Ii9i
du muscle ; mais l'union est plus intime sur la portion aponévrolique. Ce feuillet se met en rapport de contiguïté, par sa face libre, avec la base du poumon ; il se confond avec le médiastin par la partie interne de sa périphérie.
La plèvre médiastine s'adosse, par sa face adhérente, contre celle du côté opposé, et produit ainsi la cloison médiane qui sépare en deux la cavité thoracique. Plusieurs organes sont compris entre les deux lames de celte cloison; mais il faut citer le cœur en première ligne. En anatomie vétérinaire, on appelle médiaatin antérieur la partie (le la cloison qui est en avant de cet organe; le nom de médiastin postérieur &sl réservé à la partie située en arrière : termes qui n'ont pas la môme signification qu'en anatomie humaine, mais dont nous ne changerons cependant point la valeur, de peur d'èlre mal compris. — Le médiastin antérieur, plus épais que le postérieur, mais beaucoup moins étendu, contient supérieurement la trachée, l'œsophage, l'aorte antérieure et ses divisions, la veine cave antérieure, le canal thoracique, les nerfs cardiaques, pneumogastriques, récurrents et diaphragmatiques ; il comprend aussi le thymus chez le fœtus et le très-jeune sujet. — Le médiastin postérieur est incomparablement plus étroit en bas qu'en haut à cause de la position oblique du diaphragme, Sa partie inférieure, toujours déviée à gauche, est extrêmement mince et persillée de petits trous qui lui donnent l'apparence d'une dentelle. Traversé tout à fait en haut par l'aorte postérieure, la veine azygos et le canal thoracique, ce médiastin livre passage un peu plus bas, entre ses deux lames, à l'œsophage, aux "cordons œsophagiens des pneumogastriques, et au nerf diaphragmatique gauche, Ce sont les lames de ce médiastin qui se portent au poumon pour constituer la plèvre pulmonaire, en se repliant en haut et en bas, sur une ligne horizontale étendue depuis la racine du lobe pulmonaire jusqu'à la face antérieure du diaphragme,
plèvre pulmonaire ou viscérale, continue, comme il vient d'être dit, à la plèvre médiastine, se met en contact par sa face libre avec le feuillet pariétal delà membrane. Sa face profonde adhère assez intimement, chez les Solipèdes, au tissu propre du poumon.
Indépendamment de ces quatre feuillets séreux, la plèvre droite fournit un repli membraneux spécial, qui naît de la paroi inférieure de la cavité thoracique, et qui monte sur la veine cave postérieure pour se développer autour de ce vaisseau. Ce repli ■soutient encore le nerf diaphragmatique droit.
FiG. 200. — Coupes théoriques de la cavité thoracique, destinées ù montrer la disposition
des plèvres.
Pour étudier maintenant les diverses portions desîplèvres dans leur ensemble, leurs
;,92 APPARIÎIL DE L/V RESPIRATION CHKZ LliS MAMMIFÈRES.
rapports réciproques, et leurs connexions avec les organes contenus dans la cavid thoracique, nous supposerons trois coupes transversales de cette cavité : l'une passan derrière le cœur; l'autre pratiquée au niveau des racines du poumon et divisant i. ventricule gauche; la troisième traversant le médiastin antérieur, un peu en avant du ventricule droit.
Qu'on prenne sur la première coupe (fig. 200, 1) la plèvre costale au point A, qu'on la suive en haut jusqu'au point B, on la verra alors se replier en bas pour former le feuillet médiastin, s'appliquer sur l'aorte C et sur l'œsophage D, puis se réfléchir au point E sur le poumon F, en enveloppant l'organe de toutes parts; revenir an point E, abandonner alors le poumon, se réfléchir de nouveau pour achever l i formation de la cloison médiasline BG, et regagner enfin le point de départ A. Du cùU droit, les choses se passent de la même manière, avec une légère variante. Après s'êli ( portée du point A' au ])oint B', puis au point E', après s'être développée autour du poumon, avoir été ramenée en E', et s'être réfléchie dans le plan médian jusqu';m point G', la plèvre droite abandonne la paroi thoracique inférieure, pour s'aller jclei autour de la veine cave postérieure et revenir en A', !>on point de départ.
La deuxième coupe, représentée figure 200, 2, montre la plèvre arrivée au point B, descendant sur la racine du poumon G, se développant ensuite autour de cet organe pour revenir en C, et se réfléchissant sur le péricarde D pour regagner le point A.
Sur la troisième coupe (fig. 200, 3), on voit la plèvre pariétale AB sans points de continuité avec la plèvre viscérale G. G'est qu'au niveau de cette coupe le poumon forme deux lobules parfaitement libres, qui ne sont point attachés au médiastin antérieur.
Structure. — Gomme toutes les séreuses, les plèvres ont une face libre tapissée par un épithélium pavimenteux simple parfaitement lisse, toujours en contact avec ellemèn]e, et constamment lubrifiée par un fluide séreux qui facilite le glissement du poumon sur les parois de la cavité thoracique. Leur face profonde est unie aux parties sous-jacentes par un tissu conjonctif dépourvu de graisse; l'adhérence est plus intime pour la plèvre viscérale.
La plèvre possède des vaisseavx qui forment deux réseaux : un premier, sous- séreux, à mailles larges; un second, sous-épithélial, à mailles plus fines.
Les nerfs viennent du sympathique et du pneumogastrique pour la plèvre pulmonaire ; du diaphragmalique et des intercostaux pour la plèvre pariétale.
Fonctions. — Le thorax n'est pas une simple cavité de réception : il joue, au contraire, un rôle actif très-important dans l'acte de la respiration. On sait, en efl^et, qu'il se dilate et se resserre alternativement par le jeu du diaphragme et des côtes (voy. p. 155 et 262). Or, le poumon étant immédiatement appliqué sur les parois thoraciques, et ne pouvant à aucun moment en être séparé par un vide, suit cette cavité dans ses mouvements, c'est-à-dire qu'il se dilate en aspirant l'air atmosphérique, et qu'il se resserre en expulsant celui-ci, après lui avoir soustrait une certaine quantité d'oxygène qu'il remplace par une quantité équivalente d'acide carbonique.
Les mouvements du thorax sont donc d'une importance capitale; ils constituent le phénomène initial de la respiration, et tiennent sous leur dépendance tous les autres actes de la fonction.
CAnACTÉRES DIFFÉRENTIELS DU THORAX DANS LES ANIMAUX AUTRES QUE LES SOLIPÈDES.
Dans le Beeiif, le thorax présente, à sa partie supérieure surtout, une longueur moindre que dans les Solipèdes, en raison du peu d'obliquité du diaphragme et de son