VASCULAIRE A SANG NOIR
Ces vaisseaux ramènent à l'oreillette droite le sang qui a été dispersé au sein des organes par les ramifications de l'arbre aortique.
Ils aboutissent à l'oreillette en formant trois groupes : le groupe des veines coronaires o\x cardiaques, la veine cave aniérieure, la veine cuve postérieure.
Article premier. — Veines cardiaques ou cohonaires. Il y a plusieurs petites veines cardiaques et une grande.
Petite» veines ea.-dîaciiieH. — Ce sont des vaisseaux" presque insignilianls, en inombre indéterminé, qui reviennent des parois du ventricule; droit et se jettent direcilement dans l'oreillette correspondante, au niveau du sillon coronaire du cœur.
«rnndc veine coronaire (fig. 215, 5. — 216, 0, p). — Cette veiue csl formée
par deuv racines : ruiie esl logée dans le sillon vonlriculaire droit et accompagne l'arlère cardiaque du même côté ; l'autre suit d'abord la scissure venlriculaire gauche, remonte jusque auprès de l'artère pulmonaire, et s'inllécliit alors en arrière, en se pla- ' çant dans le sillon coronaire du cœur avec la branche horizontale de l'artère cardiaque ga^ichc; elle contourne ainsi la base du ventricule postérieur, et vient se réunir à la i droite, vers l'extrémité supérieure du sillon qui loge cette racine. Le tronc commun i résultant de cet abouchement s'ouvre, après un fort court trajet, dans l'oreillette droite, au-dessous et en dedans de l'embouchure de la veine cave postérieure.
Dans leur trajet, les deux branches de la veine coronaire reçoivent des rameaux qui s'échappent des parois auriculaires et vcntriculaires.
Les veines bronchiques, ramifiées sur les bronches à la manière des artères dont elles sont satellites, s'ouvj ent aussi dans la grande veine coronaire, très-près de son embouchure, après s'être réunies en un seul vaisseau, qui se jette quelquefois directement dans la cavilé auriculaire.
Art. il — Veine cave antérieure (fig. 215, r. — 216, d, et fig. 2U9).
Tronc volumineux qui doit être considéré comme la veine correspondante de l'aorte antérieure.
Celte veine cave s'étend depuis l'entrée de la poitrine jusqu'à l'oreillette droite, sur le plafond de laquelle elle s'inSère. Elle est comprise entre les deux lames du médiasiin antérieur, en dessous de la trachée, h droite de l'aorte antérieure.
Quatre grosses veines, les deux jugulaires et les deux veines axillaires, s'abouchant en commun dans l'espace compris entre les deux premières côtes, constituent les racines de ce vaisseau.
Affluents collatéraux. — Quant aux vaisseaux affluents que la veine cave antérieure reçoit sur son parcours, ce sont : les veines thoraciques internes, vertébrales, cervicales supérieures, dorsales, et la grande veine azygos.
Yeîne mammnirc interne. — Satellite de l'artère du même nom, elle vient s'ouvrir dans la veine cave antérieure, à l'origine même de cette dernière (fig. 215 et lig. 2^19).
Veine vertébrale. — Elle accompagne, dans le canal formé par les trous trachéliens, l'artère correspondante, et s'insère sur la veine cave, au niveau de l'origine de cette artère (fig. 249).
Veine eervienie supérieure. — Représente exactement l'artère dont elle porte le nom.
Veine dorsale. — Ce vaisseau suit l'artère dorso-musculaire, et présente comme elle un rameau sous-costal. Du côté gauche, ce rameau, désigné sous la dénomination de petite veine azygos, se prolonge souvent jusqu'au niveau de la onzième ou de la douzième côte ; il ri çoit les veines intercostales des espaces qu'il croise.
Il est à remarquer que les veines vertébrale, cervicale supérieure et dorsale du côté droit se jettent presque toujours isolément dans la veine cave, tandis qu'à gauche elles se réunissent constamment en un tronc commun (fig. 215, u et fig. 2Z|9).
Grande veine azygos (fig. 215, X. — 216, e, et fig. 2Zi9). — C'est une longue veine impaire, qui commence au niveau des premières vertèbres lombaires et s'étend d'arrière en avant, à droite de l'aorte tlioracique, sous le corps des vertèbres dorsales, jusqu'à la sixième environ, à partir de laquelle on voit celte veine s'infléchir par eu
VlîlNIi CAVli ANTKRlEUaii:.
[)as, pour former une espèce de crosse qui se termine clans la veine cave antérieure, iiès-près de l'embouchure de ce vaisseau, ou qui parfois s'ouvre directement dans l'oreilletlc droite.
Dans ce trajet, la grande veine azygos est maintenue appliquée contre le corps des vertèbres dorsales au moyen do la plèvre pariétale, et se trouve longée en dedans par le canal ihoracique, qui sépare cette veine de l'artère aorte (1). L'extrémité terminale de la crosse du vaisseau croise à droite l'œsophage, ainsi que la trachée, et se trouve comprise entre ces deux conduits d'une part, le feuillet (froitdu médiastin d'autre part.
La grande veine azygos a pour racines quelques rameaux sortant des muscles spinaux et psoas, rameaux qu'on ne trouve point ordinairement en communication directe avec la veine cave postérieure, comme dans l'homme et d'autres animaux.
Sur son parcours, elle reçoit les premières veines lombaires et les veines satellites de toutes les artères intercostales aorliques gauches et droites. Mais quand la petite azygos se prolonge en arrière au delà de l'extrémité postérieure de l'artère souscostale, cette veine, comme on !'a vu déjà, forme le confluent d'un certain nombre des intercostales postérieures gauches.
VEINES JUGCLAIRES.
La jugulaire est la veine satellite de l'artère carotide.
Origine. — Elle commence derrière le maxillaire inférieur, en dessous de l'articulation de la mâchoire par deux grosses racines, le tronc temporal superficiel et la veine maxillaire interne, qui répondent aux deux branches terminales de la carotide externe (fig. 2;i6).
Situation. — Direction. — Celte veine se dirige en bas et en arrière, logée d'abord dans l'épaisseur de la parotide, puis dans l'interstice musculaire désigné sous le nom de gouttib-e jugulaire, interstice compris entre les bords adjacents des muscles mastoïdo-huméral et sterno-maxillaire. Elle gagne ainsi l'extrémité inférieure de l'encolure, et se termine de la manière suivante (fig. 246).
Terminaiso7i. — En arrivant près de l'entrée de la poitrine, les deux jugulaires se réunissent en formant ce que nous désignerons sous le nom de confluent des jugulaires. Ce confluent, dans lequel aboutissent par côté les veines axillaires, est compris entre les deux premières côtes et situé sous la trachéCj au milieu des ganglions lymphatiques (le l'entrée de la poitrine. Fixées par des tractus fibreux aux parties environnantes, et surtout aux deux premières côtes, les parois du confluent des jugulaires ne s'affaissent point sur elles-mêmes dans l'état de vacuité du système veineux, particularité anatomique qu'il importe de connaître pour s'expliquer l'entrée de l'air dans le système circulatoire, quand les veines jugulaires ou axillaires sont ouvertes, et pour prévenir ce funeste accident.
Rapports. — A son extrémité supérieure, la jugulaire est englobée dans le tissu parotidien.
Dans le reste de son étendue, elle est couverte en dehors par le peaucier du cou et par les rameaux du plexus cervical qui rampent à la surface externe de ce muscle. En dedans, ses rapports varient suivant qu'on la considère en haut ou en bas : en haut, elle répond au muscle scapulo-hyoïdien, qui la sépare de la carotide primitive et des
(1) Quelquefois l'azygos est au contraire placée entre l'aorte et le canal tlioracique. Quand ce dernier est reporté du côté gauche, elle touche encore directement l'aorte postérieure.
CHAUVEAU. — 2' édii. 41
nerfs satellites de cette artère ; clans sa moitié inférieure, clic est en rapport direct avec ce vaisseau, qui lui est supérieur, ainsi qu'avec la trachée, et môme (du côté gauche seulement) avec l'œsophage.
Vaisseaux affluents collatéraux. — Les veines collatérales qui se rendent dans la jugulaire depuis son origine jusqu'à sa terminaison sont : 1" les veines maxillomusculaires, T la veine auriculaire postérieure, 3" la veine occipitale, k" la veine maxillaire externe ou g losso- faciale, 5° la veine thyroïdienne, 6" la veine de fan, T des rameaux parotidiens et musculaires innominés.
A. ■Vcîncs maxiiiomnsculuires. — Au nombre de deux, correspondant aux branches de l'artère de même nom, et se jetant dans la jugulaire, très-près de son origine, soit isolément, soit après s'être réunies en un tronc commun (fig. 266),
B. Veine auriculaire postérieure. — Vaisseau volumineux (jui commence sur la conque, et qui descend sur la face externe de la parotide, près du bord postérieur de celte glande, où elle est renforcée par de nombreuses divisions venues des lobules parotidiens. Elle s'ouvre dans la jugulaire généralement un peu au-dessous et à l'opposé des veines maxillo-musculaires, quelquefois beaucoup plus bas, souvent même' après la veine occipitale (fig. 266).
C. Veine occipitale. — La veiue occipitalc répond de tous points à l'artère homo-nyme. Elle offre deux racines : une antérieure, qui a pour origine l'extrémité postérieure du confluent sous-sphénoïdal ; une autre postérieure, commençant sous l'apophyse transverse de l'atlas, et formée de trois branches principales.
Parmi les branches de cette dernière racine, l'une passe avec l'artère rétrograde par le trou postérieur de l'atlas, et constitue comme l'origine de la veine vertébrale ; la seconde communique avec les sinus atloïdo-occipitaux en traversant l'atlas vers son milieu ; la troisième, satellite de l'artère cérébro-spinale, vient de ces mêmes sinus, et reçoit les veinules qui accompagnent les ramilications de l'artère occipito- musculaire.
D. Veine maxillaire externe ou giosso>faciaic. — Satellite de l'artère de même nom, cette veine commence sur le chanfrein par deux racines^ l'une supérieure, l'autre inférieure, tout à fait analogues aux rameaux terminaux dii vaisseau artériel. Elle descend le long du bord antérieur du masséter, gagne la scisslu'e maxillaire, s'infléchit dans cette scissure, en se plaçant entre l'artère et le canal de Stéuon, marche ensuite d'avant en arrière et de bas en haut sur le ptérygoïdien interne, toujours accompagnée par l'artère glosso-faciale, et abandonne cette artère près de l'extrémité antérieure de la glande maxillaire, pour suivre le bord inférieur de cette glande cl s'aller jeter dans la jugulaire, après avoir croisé en dehors le muscle sterno-maxillaire, et en formant avec cette dernière veine un angle rentrant occupé par l'extrémilé inférieure de la glande parotide (fig. 266).
Branches d'origine. — Des deux branches qui constituent, par leur réunion, l'origine de la veine maxillaire externe, l'inférieure, satellite du rameau nasal de l'artère correspondante, ne présente aucun intérêt. — La supérieure, ou la veine angulaiir de l'œil, mérite une mention particulière, parce qu'on y pratique quelquefois la saignée; elle prend naissance vers l'angle nasal de l'œil, et rampe à la surface externe' du releveur de la lèvre supérieure, au-dessous du muscle lacrymal.
Branches collatérales. — Sur son parcours, la veine maxillaire externe reçoit un' grand nombre d'aUluents, dont voici les principaux : la veine alvéolaire, les veines labiales ou coronaires, la veine buccale, la veine sublinguale.
a. Veine alvéolaire. — C'est un vaisseau considérable logé sous le masséter, et
VEINE CAVE ANTÉniF.URE.
appliqué contre l'os grand sus-iuaxillaire, cnlrc la crêle zygomaliquc oL la ligne des dénis molaires (fig. 2/i7).
La disposition de ce vaisseau est des plus singulières : son extrémité antérieure s'ouvre dans la veine maxillaire externe ; quant à l'extrémité postérieure, elle traverse la gaine oculaire, reçoit les veines de l'œil, et s'engage avec le nerf oplillialmiciue de la cin(|uième paire dans un des conduits sus-spliénoïdaux, jiour s'aboucher avec le sinus caverneux à l'intérieur du crâne (1).
Avant de traverser la gaîne oculaire, c'est-à-dire vers l'hiatus maxillaire, cette veine [reçoit la dentaire supérieure et le confluent des veines nasales, vaisseaux qui sortent ides trous osseux traversés par les artères de même nom, c'est-à-dire du conduit susmaxillo-dentairc et du trou nasal. Elle reçoit encore le confluent des veines palatines ^ lequel passe dans la scissure slaphyliae, au lieu de parcourir le conduit palatin avec l'artère correspondante. En général, ces trois branches veineuses ne s'embranchent point isolément sur l'alvéolaire; elles l'abordent plutôt par un tronc commun.
La veine alvéolaire ne présente point un volume uniforme. Elle augmente d'avant en arrière jusqu'au niveau de la protubérance maxillaire, où elle forme comme un large réservoir sanguin. On la voit ensuite se rétrécir brusquement en traversant la .gaîne oculaire, et conserver un petit diamètre jusqu'à son embouchure dans le sinus 1 caverneux.
Celte veine pourrait être considérée comme un affluent des sinus de la dure-mère, I tout aussi bien que de la maxillaire externe.
b. Veines labiales ou coronaires. — Satellites des artères labiales. — Ldi supérieure lest souvent rudimenlaire. - — V inférieure, toujours volumineuse, se trouve constituée ipar la réunion de plusieurs branches anastomoliques appliquées sur la face externe de lia muqueuse de la joue.
c. Veine buccale. — Nous la citons parmi les affluents de la maxillaire externe,^ parce qu'elle s'ouvre, à son extrémité antérieure, dans celte dernière, en regard deia I coronaire inférieure, avec laquelle on la voit communiquer quelquefois par une I branche particulière. Mais la buccale constitue, à proprement parler, la racine delà I maxillaire interne, et nous la décrirons comme telle.
(/. Veine sublinguale. — Gros vaisseau formé de deux branches, qui prennent i naissance dans l'épaisseur de la langue, et se jettent parfois isolément dans la veine I maxillaire externe. Cette veine sublinguale perce de dedans en dehors le muscle mylo- I hyoïdien, et se réunit au vaisseau principal à la hauteur des ganglions lymphatiques I logés dans l'auge.
E. Veine thyroïdienne. — C'est uu tronc Volumineux, résultant de la réunion i des divisions veineuses qui accompagnent les rameaux laryngiens et thyroïdiens de I l'artère thyroïdienne ou thyro-laryngienne. Il se jette dans la jugulaire à côté de la I maxillaire externe, et le plus souvent au-dessus de cette dernière.
F. "Veine de l'ar» on veine ccphaliquc. — Vaisseau superficiel qui représente I l'une des branches terminales de la principale sous-cutanée de l'avant-bras. Il est logé I dans l'interstice du mastoïdo-huméial et du sterno-huméral, et aborde à l'extrémité i inférieure de la jugulaire. C'est la veine satellite de la branche pectorale de l'artère I cervicale inférieure (fig. 2^i9).
G. Veines innominécs. — Un certain nombre viennent de la parotide. Mais les
(1) Nous l'avons vue aussi envoyer daus le conduit sous-spliénoïdal, en dedans de l'artère maxillaire interne, un mince rameau qui se jetait dans l'extrémité antérieure du confluent sous-spliénoïdal. Nous ne saurions dire si cette disposition est constante.
6'iZi DES VlUNlîS.
principales pronnont naissance dans les muscles de IVncoliirc. Une de ces dernière accompagne la branche .supérieure dcTarlère iracliéio-inusculaire.
KiG, 2i6. —
Racines de, la veine jugulaire avec ses aflluenls collatéraux supérieurs (*).
anttLmefvërnLlôus-zvs^ sm|e.ncielle ; 2, veine maxillaire iute.-ne; 3, veine auriculaire
pitale : 9, 10, veines irlossôlfaciales îl v,'.|,,',' ".7 i 7, veine an. icnlaire postéi-ienre ; 8, veine oco,-
VEINt: CAVE ANTÉU1EUR1-.
KACINES DE LA JUGlII.AinE.
Ces racines sont constituées par les veines temporale superficielle et maxillaire interne, alimentées principalement par les sinus de la dure-mère cncéplia!i(nic'.
1° Veine temporale superficielle.
Correspondant de la manière la plus exacte au tronc lempoi-ai, ce vaisseau est logé derrière le bord postérieur du maxillaire, près de l'articulation de la mâchoire, sous la parotide, et comme incrusté dans le tissu de cette glande.
Il résulte de la réunion de deux racines :
1° veine auriculaire antérieure, très-grosse branche souvent multiple, réticulée, et anastomosée avec les rameaux ptérygoïdiens de la maxillaire «intenie. Cetle veine sort du conduit pariélo-temporal, derrière l'éminence sus-condylienne; elle reçoit une ou deux branches qui s'échappent de ce même conduit par les trous de la fosse temporale, traversent le crotaphite, et se chargent de veinules nées à l'intérieur de ce muscle, ainsi que dans les tissus de l'oreille externe.
2" La veine sous-zygomatique, satellite de l'artère homonyme, et divisée comme ce vaisseau en deux rameaux, l'un accompagnant l'artère transversale de la face, l'autre l'artère massétérine. — Ce dernier communique par son extrémité inférieure avec la maxillo-musculaire externe; il s'abouche, à son extrémité opposée, avec une branche énorme qui vient du muscle crotaphite, et qui passe dans l'échancrure corono-condylieniie, après s'être largement anastomosée avec les rameaux temporaux profonds de la maxillaire interne.
2° Veine maxillaire interne.
Remarquable par son énorme volume, celte veine rampe entre le muscle masséter interne et l'os maxillaire, dans une direction oblique de bas en haut et d'avant en arrière. Elle arrive ainsi en dedans de l'articulation de la mâchoire, un peu au-dessous du condyle maxillaire et du muscle ptcrygoïdien externe; puis elle se réunit au tronc temporal superficiel après s'être infléchie légèrement par en bas, Connue on le voit, elle accomplit son trajet à une certaine distance de l'artère correspondante (fig. 2/i6).
La maxillaire interne a pour racine la veine buccale, à laquelle elle succède vers l'extrémité supérieure du muscle alvéolo-labial.
Satellite de l'artère et du nerf de même nom, cette artère buccale, remarquable par son énorme volume, est située sous le masséter, près du bord inférieur du muscle alvéolo-labial; par son extrémité antérieure, elle communique à plein canal avec la maxillaire externe, vers le point opposé à l'embouchure de la veine coronaire inférieure; son extrémité postérieure se continue directement avec la maxillaire interne; les rameaux collatéraux qui la renforcent sur son parcours viennent du masséter et des parois de la joue.
Dans son trajet, la veine maxillaire interne reçoit un grand nombre d'affluents ; ce sont :
1" Une grosse veine linguale, accompagnant le nerf petit hypoglosse. 2° La veine dentaire inférieure.
3» Le tronc des veines temporales profondes, gros vaisseau situé eu avant et en
dedans de l'articulation temporo-maxillaire, où il communique avec la massélérine. Ce vaisseau prend naissance dans l'épaisseur du crotaphite, niais surtout dans le con- Huent paricto-icmporal, avec lequel il s'abouche par les trous ouverts dans la fosse temporale.
Zi» Les veines ptérygoïdiennes (flg. 2/i7), branches nombreuses, dont une partie seulement revient des muscles- ptérygoïdiens. Les autres, nées du confluent sous-sjjhénoïdal des sinus de la dure-mère, forment, sur la face superncielie du ptérygoïdien externe ou dans l'épaisseur de ce muscle, une sorte de réseau à larges mailles, qui! communique, en arrière avec le tronc temporal superficiel, en avant avec le confluent des veines temporales profondes. Or, comme ces deux vaisseaux sont reliés entre eux, . en dehors de l'articulation temporo-maxillaire, au moyen de l'artère massétérine, il en résulte que cette articulation est enlacée de tous côtés par un des plus riches lacis veineux de toute l'économie.
3" Des sinus de la dure-mère.
Nous décrirons ici non-seulement les sinus de la dure-mère encéphalique, qui alimentent les racines de la jugulaire, mais encore ceux de la dure-mère rachidieune, quoique ceux-ci se dégorgent dans d'autres veines. C'est afin de pouvoir considérer dans leur ensemble tous les vaisseaux à sang noir des centres nerveux.
Des siNtJS DE LA DURE-MÈRE EN GÉNÉRAL. — Ce sont des espaccs vasculaires compris dans l'épaisseur de la méninge externe, ou situés entre cette membrane et les os qui forment les parois de la gaîne cérébro-spinale, ou môme creusés dans l'épaisseur de ces os. Ces espaces diffèrent des autres veines surtout par leur forme généralement prismatique, par leur état constamment béant, par l'absence de valvules à leur intérieur, et la présence, dans plusieurs d'entre eux, de lamelles ou de filaments entrecroisés qui hérissent leur surface interne en la rendant comme réticulée.
Leurs parois sont réduites à la couche épilhéliale qui est appliquée soit sur la duremère, soit sur le tissu osseux.
C'est dans ces sinus que se dégorgent les veines de l'encéphale et de la moelle.
Des sinus de la dure-mère crânienne en PARTicuLiEn. — Nous en décrirons quatre principaux : le sinus de la faux du cerveau ou sinus médian, les deux sinus caverneux ou sinus sphénoïdaux, et le groupe des smî/,ç occipito-adoïdiens.
1° Sinus de la faux «lu cerveau on sinu.s médian. — Creusé dans l'épaisseur
de la faux du cerveau, et d'autant plus large qu'il est plus postérieur, ce sinus commence près de l'apophyse crista-galli, et se termine sur la protubérance pariétale interne en se bifurquant. Les deux branches qui résultent de cette division forment l'origine du confluent pariéto-temporal ou pressoir d'Hérophile.
2" Sinus caverneux ou sus-spiiénoïdaux. — Les siuus cavemeux sont au nombre de deux, un droit et un gauche. Ils occupent sur la face intérieure du sphénoïde, de chaque côté de la selle turcique, les scissures dites caverneuses. Longés en dehors par le nerf maxillaire supérieur, ils reçoivent à leur extrémité antérieure l'insertion de la veine alvéolaire. Eu arrière, ils se réunissent l'un à l'autre, et décrivent ainsi une espèce d'arcade, ouverte en avant, autour de la glande pituitaire. Chacun d'eux s'ouvre largement, au niveau du trou déchiré, dans le confluent sous-sphénoïdal.
3° Sinus occipito-atioïdîens. — Nous signalerons sous ce nom un réseau de grosses veines irrégulières situées sous la face externe de la dure-mère, sur les côtés
VEINE CAVE ANTÉRIEURE. U\l
du trou occipital, et sur toute la surface interne de l'anneau atloïdicn. Antérieurement,
FiG. 247. — Coupe de la cavité crânienne et du canal rachidien montrant leurs sinus veineux (*) , CCS réservoirs veineux communiquent, à travers le trou condylien, avec l'extrémité
(*) T, lraeli(';e ; 0, œsoplinge ; P, ])bnrynx; II, liyoidc; 1'", faux du cerveau ; M, glande pituilniro. — d, sinus mc'dinn ; 2, sinus caverneux ; 3, siiuis oeci|iito-alloidicns ; i, sinus |nHreux ; 5, sinus ruchidiena ; 0, sinus uiOdinn infé- 1 iiMir; 1, connurent pnrii'to-tLMiipond ou pressnii' d'Ili;ro]iliili' ; 8, cnnlluent sous-spliénoidui ; U, (îi'uiide veine cériîbi'ule "Il veine de Galien ; 10, racine de la veine occipitale i-anicnaiit le sang du siiuis sous sphénoidal ; ii, veines ptéry- ■ idicnnes ; 12, veine jugulaire; 13, veine glosso-fucinle ; 14, veine émergente dos siuus rnchidieus ; 15, veine alvûo-
ne; 16, veines faciiîlus.
postérieure du confluent sous-spliénoïdal. Postérieurement, ils se continuent avec les sinus rachidiens, dont ils peuvent être considérés comme l'origine.
U° Des sinus rtidlmcntalrcs de la dure inèi c eriknicnne. — Indépendamment dos réservoirs décrits ci-dessus, il existe sur la paroi interne du crâne quelques sinus veineux rudimenlaires que nous ne ferons qu'indiquer, à savoir : — 1° une ou deux veines logées dans l'épaisseur de la tente du cervelet, désignées sous le nom de sinus pétreux ou transverses, communiquant par en bas avec le sinus caverneux, et s'allant jeter par en haut dans le conllucnt pariéto-lemporal (1) ; — 2" dejielites cavités irrégulières et réticulées, à disposition très-variable, situées sous la dure-mère, sur les côtés de la cavité cérébelleuse, se dégorgeant en général dans le confluent sous-sphénoïdal, en traversant la partie postérieure du trou déchiré, et s'ouvrant aussi quelquefois dans les sinus pétreux : on peut regarder ces cavités comme les représentants des sinus latéraux de l'homme ; — 3° dans quelques sujets, un sinus médian inférieur creusé près du bord libre de la face du cerveau, se jetant en arrière dans le pressoir d'Hérophile.
Des sinus rachidiens en particulier. — On désigne ainsi avec juste raison, en analomie vétérinaire, deux séries de réservoirs veineux qui régnent dans toute l'étendue de la colonne vertébrale, sur les côtés du plancher du canal rachidien. Logés dans les dépressions latérales de la face supérieure du corps des vertèbres, à côté du ligament vertébral commun supérieur, et couverts par la dure-mère, ces réservoirs, continus d'une vertèbre à l'autre, forment dans leur ensemble comme deux grosses veines irrégulières, parallèles, qui commencent au niveau de l'articulation axoïdoatloïdienne, se terminent sur les premières vertèbres coccygiennes, où on les retrouve encore assez bien marquées, et communiquent l'une avec l'autre sur leur trajet par des anastomoses transversales.
Des veines affluentes qui alimentent les sinus de la dure-mère. — Ce sont des vaisseaux qui rapportent le sang, soit de la dure-mère elle-même, soit de la substance des centres nerveux : ceux de la première catégorie sont assez rares; les seconds sont au contraire en nombre considérable. Quoique nous ne voulions point faire une étude détaillée de ces derniers, nous devons cependant signaler ce qu'ils présentent de plus remarquable dans leur disposition.
a. Sur l'encéphale, les veines forment un réseau beaucoup plus riche et plus serré que celui des ramifications artérielles, réseau d'où procèdent un certain nombre de branches principales qui se déversent dans les sinus de la dure-mère crânienne. Les veines du cerveau gagnent, pour la plupart, les sinus médian et transverses; quelquesunes seulement se rendent dans les sinus caverneux. Celles de l'isthme et du cervelet vont aux sinus pétreux et occipito-atloïdiens.
Quant aux veines intérieures du cerveau, celles qui constituent par leur entrelacement la toile choroïdienne, on les voit se réunir en un gros tronc désigné sous le nom demande veine du cerveau ou veine de Galien, lequel tronc contourne l'extrémité supérieure du corps calleux, se place dans la scissure interlobaire, et se jette dans le sinus falciforme ou médian, très-près de l'extrémité postérieure de ce sinus, après avoir reçu les veines superficielles de la face interne des hémisphères.
b. Les veinules qui naissent de la moelle épinière sont également très-remarquables par le beau réseau qu'elles dessinent à la surface de l'organe. Elles se rassemblent en
(1) Le plus souvent peut-être ces veines s'élèvent directement de la substance de l'encéphale, et ne communiquent point par en bas avec les sinus caverneux.