CARACTÈRES PROPRES AUX VERTÈBRES DE CHAQUE RÉGION
Un simple coup d'œil jeté sur une vertèbre pourrait suffire, à la rigueur, pour distinguer la région du rachis à laquelle cette vertèbre appartient. Ainsi, la vertèbre cervicale se reconnaîtra à son volume, l'absence d'apophyse épineuse et le trou qui traverse la base de ses apophyses transverses ; la vertèbre dorsale se distinguera par ses apophyses transverses tuberculeuses et munies en dehors d'une surface articulair.eetpar les dépressions du corps destinées à recevoir la tête des côtes; la vertèbre lombaire a ses apophyses transverses longues et aplaties ; la vertèbre coccygienne présente des lames et des apophyses rudimentaires. Nous ne parlons pas du sacrum dont les chiq pièces forment un os, qui se sépare nettement des autres régions de la colonne vertébrale. Mais ces quelques caractères distinctifs ne peuvent pas satisfaire aux descriptions anatomiques ; il est nécessaire d'entreprendre une étude plus étendue de chacune des régions.
1° Vertèbres cervicales.
Caractères généraux. — Ces vertèbres, les plus longues et les plus épaisses de toutes, présentent dans leur ensemble la forme cubique. Elles se distinguent, en général, des vertèbres appartenant aux autres régions par les caractères suivants : Varête inférieure du corps est fortement prononcée, surtout en arrière, où elle se termine par un petit tubercule. — La tête, fort bien détachée de la masse de l'os, décrit une courbe très-brève. — La cavité postérieure, large et profonde, représente une véritable cavité colyloïde trop spacieuse pour contenir exactement la tête; aussi le fibrocarlilage intermédiaire à ces deux surfaces est-il d'une grande épaisseur. — L'apophyse épineuse forme une simple crête rugueuse, à peine saillante. — Les apophyses transverses, très-développées, sont allongées dans le sens antéro-postérieur et inclinées en bas; on les désigne encore, clans cette région, sous le nom A'apophyses trachéliennes, à cause de leurs rapports avec la trachée ; un trou qui les traverse d'avant en arrière, tout à fait à leur base, a été appelé, pour la même raison, trou trachélien. — Les apophyses articulaires, larges et saillantes, sont inclinées de haut en bas et de dehors en dedans. — Les échancrures sont larges et profondes.
Caractères spécifiques. — Les sept vertèbres cervicales se comptent d'avant eu arrière, et reçoivent des noms numériques indiquant leur place dans la région.
Première. — La première vertèbre du cou, qui a reçu le nom à'atlas (1), mérite
(1) Du nom du personnage mythologique Atlas, qui supporte la terre comme la première vertèbre cervicale supporte la tête.
COLONNb: VliRTÊBRALE.
une description toute particulioro. — On la reconnaît, à première vue, au grand développement de son diamètre transversal, aux dimensions considérables du trou vertébral et au peu d'épaisseur de son corps. — La face iiitraracliidienne de celui-ci est divisée, par une crêle transversale, en deux parties: l'une, antérieure, garnie d'empreintes ligamenteuses, présente latéralement deux excavations profondes qui logent des sinus veineux ; l'autre, postérienre, lisse ot concave d'un côté à l'autre, forme une surface articulaire dans laquelle est reçue l'apophyse odontoïde de l'axis; cette surface tient lieu de la cavité cotyloïde. — La crête inférieure du corps se montre sous la forme d'un gros tubercule. — La tète manque et est remplacée par deux facettes concaves. — Les apophyses articulaires antérieures, ont leur surface de glissement tournée en bas; elles s'unissent aux deux facettes précédentes pour constituer deux vastes cavités diai throdiales, qui répondent aux condyles de l'occipital. — Point d'apophyse épineuse; à la place, une surface chagrinée. — Les apophyses transverses, larges, aplaties de dessus en dessous, inclinées en avant et en bas, sont pourvues d'une lèvre épaisse et raboteuse. Elles portent, tout à fait à leur base, en arrière, et de chaque côté du trou vertébral, deux larges facettes verticales qui représentent les apophyses articulaires postérieures ; ces facettes, ondulées et confondues avec la cavité articulaire de la face supérieure du corps, répondent à deux facettes analogues de l'axis. Chaque apophyse transverse est percée, à sa base, de deux trous qui la traversent de dessous en dessus : l'un, postérieur, représente le trou tra'chélien des autres vertèbres ; l'autre, antérieur, se continue à la surface externe de l'apophyse, par une gouttière large, profonde et très-courte, se dirigeant de dehors en dedans, et aboutissant à un troisième trou qui pénètre dans l'intérieur du canal rachidien. — Ces deux dernières ouvertures, avec le demi-canal qui les réunit, remplacent l'échancrure antérieure; la postérieure manque tout à fait. — Enfin, un conduit veineux, inflexe, qui varie dans sa position et dont l'existence même n'est pas constante, traverse les lames de l'atlas en s'ouvrant, d'un côté, dans le canal rachidien, et de l'autre, sous l'apophyse transverse. — L'atlas contient beaucoup de tissu compacte, et se développe généralement par six noyaux d'ossification : deux pour le corps, soudés de très-bonne heure en une seule pièce, et deux pour la partie annulaire; les deux derniers sont des noyaux complémentaires qui forment, chacun, une des facettes ondulées postérieures et la lèvre de l'apophyse transverse corres])ondante
FiG. 11. — Vertèbres cervicales (*).
Seconde. — Elle esl encore appelée axis. C'est l;i plus longue de tonles les vertèbres cervicales; celles qui lui succèdent diminuent graduellenionl de longueur et augmentent d'épaisseur. — f.e corps de l'axis ne porte point de lûte anlérieurcment, mais une apophyse conique, dite ondontoïde, aplatie de dessus on dessous, rugueuse et concave d'un côté h l'autre sur sa face supérieure, convexe dans le même sens et parfaitement lisse sur sa face inférieure. Celle-ci représente un demi-gond articulaire, autour duquel glisse la surface articulaire concave qui existe ;i la face supérieure du corps de l'atlas. — Les apophyses articulaires antérieures sont rei)ortées à la base et de chaque côté du pivot odontoïdien, sous forme de deux facettes ondulées qui sont confondues avec la surface de glissement de celui-ci et dont nous connaissons déjà la destination. — L'apophyse épineuse, irès-puissante et allongée dans le sens antéro-postérieur, se divise postérieurement en deux lèvres rugueuses. — Les apophyses transverses, peu développées, se terminent par un seul tubercule dirigé en arrière. —Les échancrures antérieures sont très-profondes, le plus souvent même converties en trous. — Cette vertèbre, quoique volumineuse, est assez légère, parce qu'elle contient beaucoup de substance spongieuse. — Chez le jeune sujet, l'apophyse odontoïde et les surfaces articulaires qui la llanquent latéralement constituent deux noyaux distincts l'un de l'autre et du corps de la vertèbre. — A partir de l'axis, les vertèbres cervicales vont en diminuant de longueur et en augmentant d'épaisseur, et l'obliquité de leurs apophyses articulaires se prononce d'autant plus qu'on envi.sage une vertèbre plus postérieure.
Troisième, quatrième et cinquième. — Elles ont chacune à leurs apophyses transverses deux prolongements, l'un antérieur, l'antre postérieur. Leur corps présente, sur la face inférieure, une crête médiane, terminée en arrière par un tubercule, qui va en augmentant de volume de la troisième à la cinquième. La troisième présente, entre ses apophyses articulaires antérieures et postérieures, un évidement presque complet; si on la place par son extrémité antérieure sur un plan horizontal, elle touchera ce plan par ses apophyses articulaires, ses apophyses transverses et sa tête. — Dans la quatrième,^ les apophyses articulaires sont réunies par une lame osseuse mince et tranchante échancrée seulement en avant. Dressée sur un plan horizontal, la tête reste à une certaine distance de ce plan, La cinquième se reconnaît à la lame continue, épaisse et rugueuse qui relie les apophyses articulaires, et au tubercule de la crête inférieure du corps qui présente la forme d'un cœur de carte h jouer.
Sixième. — Elle se distingue par la saillie peu marquée de l'apophyse épineuse, mais surtout par l'effacement presque complot de la crête inférieure du corps et la présence d'un troisième prolongement à ses apophyses transverses, prolongement trèsfort et incliné en bas, ce qui fait donner à celte vertèbre le nom de tricuspide.
Septième. — MWg. a reçu le nom proéminente, parce que son apophyse épineuse, terminée en pointe, est plus prononcée que dans les vertèbres précédentes (l'axis excepté). On la reconnaîtra encore — aux fortes empreintes qui remplacent la crête inférieure, — à la demi-facette conca\e qui existe de chaque côté de la cavité postérieure, pour servira l'arliculalion de la tète de la première côte, — à la disposition de ses apophyses transverses qui sont unituborculées, — à l'absence complète de trou trachélien,— enfin à la profondeur et à la largecir de ses échancrures. — Le trou vortéliral, qui a déjà' pris un diamètre assez considérable dans la sixième vertèbre cervicale, s'élargit encore davantage dans la septième (1).
(1) M. Goubaux a rencontré quelquefois des vertèbres cervicales asymétriques; certaines vertèbres tricuspides d'un côté étaient seulement bicuspides ou unicuspides du côté opposé.
COLONNE VERTfiBRALK
2" Vertèbres dorsales,
GARACTfeuES COMMUNS. — Daiis Ics vcilèbies dorsales, le coi^ps, irès-court, est pourvu, ou avant, d'une if'le large, peu saillante, et, on arrière, d'une cavilê peu pro • fonde. — (]os vertèbres prùsenlenl laléralenient, à la base des apophyses iraiisvorscs, quatre facettes articulaires concaves, dont deux antérieures situées près de la tète, et deux postérieures creusées sur le contour de la cavité articulaire du corps. Chacune de ces facettes s'unit à une facette analogue de la vertèbre voisine peur former une
FiG. 12. — Types de vertèbres dorsales (*),
petite excavation dans laquelle est reçue la tête de la côte correspondante. — Vapopltyse épineuse, très-haute, comprimée d'un côté h l'autre, s'incline en arrière et se termine par un sommet renflé. — Les apophyses transverses, unituberculeuses et dirigées obliquement en dehors et en haut, porleiit à leur face externe une facette diarthrodiale plane qui répond à la tubérosité de la côte. — Les apophyses articulaires, étroites, constituent de simples facettes sans relief, taillées sur la base même de l'apophyse épineuse. — Les échancrures postéineures sont profondes, quelquefois converties en trous.
Caractères spécifiques. — Aucune des dix-huit vertèbres dorsales ne s'éloigne beaucoup du type que nous venons de faire connaître; aussi devient-il assez difficile d'éiablir, pour chacune d'elles, dos caractères essenliclicmcnt distinctifs. Il sera cependant toujours possible d'assigner, approximativement, à une vertèbre le rang qu'elle doit occuper, en prenant pour règle les données suivantes : — 1" Le diamètre vertical des corps vertébraux augmente progressivement d'avant en arrière. Leur diamètre latéral, qui détermine celui du canal rachidicn, va, au contraire, en diminuant de la jM-cmièro vertèbre à la dixième ; après quoi il prend dos proportions de plus en plus grandes jusqu'il la dernière. Les jjlans articulaires ([ui servent à leur union mutuelle (tète et cavité) .sont d'autant plus larges et |)lus eifacés, qu'ils appartiennent h des vertèbres plus postérieures. La crôte inféricin e du corps est très-saillantc et tubercnk'use dans les deux premières vertèbres, très-aiguë dans les trotsièmo et quatrième; elle disparaît de la sixième à la neuvième vertèbre, pour reparaître et se prononcer de
(*) A, la 7ii«/>-,(imp ,.t la .,.;n//,uVmp, 1, .-ipriplivsn i'|iiiiciiRi' ; 2, npnpliyso Imnsvci'sp ; 3, fncpitn artionlninî pnnv la lillHM'iimlù .]« In rnlp ; 4, t,'.|e ; 5, tl(.iiii.r„„.lt,. nnlrrifiirc pniu' la NHi; du l'a cite ; 6, tniii du mnintcaisnii ; 7, diMiii-InoeUi! postcri-Mirc! pour In têtu de In eut.;. H, In sKhmnc et la dix-scpliniic, i, npopliysn .■•piiieiise ; 2, 2, apnpli.vscs nrtlcu- Inirrs ; ,1,3, facette de I npoplijsc Ininsvc'rse et demi-rncelte antéfleiire dii coips eonfoiidiies en une seule «iiifnre nrti-
26 DES os.
plus en plus de la dixième à la dernière. — 2° Les cavités intervertébrales destinées à la réception de la tête des côtes diminuent de profondeur et d'étendue de la première à la dernière. — li" Les apophyses épineuses les plus longues appartiennent aux troisième, quatrième et cinquième vertèbres ; celles qui suivent s'abaissent graduellement jusqu'à la dix-huitième. Leur largeur diminue de la seconde à la huitième ; elle augmente ensuite d'une manière progressive dans les vertèbres suivantes; de la deuxième à la dixième vertèbre, le sommet de l'apophyse épineuse est large et tuberculeux; dans les sept dernières, le sommet est aplati latéralement. L'obliquité des apophyses épineuses se prononce d'autant moins qu'elles sont plus postérieures ; dans la seizième et la dix-septième vertèbre, l'apophyse épineuse est à peu près verticale ; elle s'incline légèrement en avant dans la dix-huitième. Celle des dixième, onzième et douzième vertèbres est légèrement inlléchic en S. — k° Les apophyses articulaires, à partir de la première vertèbre jusqu'à la dixième, se rétrécissent peu à peu et se rapprochent de la ligne médiane ; dans les vertèbres suivantes, elles s'élargissent au contraire graduellement, s'éloignent de celles du côté opposé et deviennent concaves. — 5° Le volume des apophyses transverses et la largeur de leur facette diarlhrodiale diminuent d'avant en arrière. Dans les trois premières vertèbres, cette facette est concave. Dans les neuf premières vei tèbreS; la facette articulaire regarde en dehors et en arrière, et la facette du corps regarde en avant ; dans les neuf dernières, les deux facettes sont dirigées en avant. Ces deux facettes sont généralement confondues dans la dix-septième et la dix-huitième vertèbre, La première vertèbre dorsale ressemble beaucoup à la proéminente ; elle s'en distingue par la présence de quatre facettes diarthrodiales sur ses extrémités. On la distingue des autres vertèbres dorsales par le peu de hauteur de son apophyse épineuse qui est terminée en pointe, par la largeur et la saillie de ses apophyses articulaires, enfin par la profondeur de ses échancrures. La dernière n'a jamais de facette sur les côtés de la cavité postérieure (1).
3° Vertèbres lombaires.
Caractères communs. — Un peu plus longues et plus larges que les vertèbres dorsales, auxt[uelles elles ressemblent par la disposition de leur corps, ces vertèlires sont caractérisées : — l^par des apophyses épineuses courtes, minces, larges, légèrement inclinées en avant et pourvues, à leur sommet, d'une lèvre rugueuse ; — 2° par des apophyses transverses énormément développées, aplaties de dessus en dessous, et dirigées horizontalement en dehors (2) ;— 3" par des apophyses articulaires antérieures saillantes, excavées d'un côté à l'autre, et pourvues en dehors d'un tubercule d'insertion ; — 4° par des apophyses articulaires postérieures également très-proéminentes, arrondies en forme de demi -gond.
Caractères spécifiques. — Les caractères qui peuvent servir à faire distinguer ces vertèbres les unes des autres sont tirés du corps, des apophyses épineuses et des apophyses transverses. — l" Depuis la première jusqu'à la dernière, il y a diminution progressive dans le diamètre vertical des corps vétébranx, tandis que le diamètre transversal augmente. La crête inférieure du corps va en s'abaissant et en s'élargissant de
(1) Il n'est pas rare de rencontrer dix-neuf vertèbres dorsales, avec un nombre égal de côtes, chez les chevaux bien constitués; mais alors il n'existe, le plus souvent, que cinq vertèbres lombaires. Husson, M. Goubaux,en ont Irouvô quelquefois dix-neuf, avec le nombre normal dans les autres régions. Parfois enfin, on ne compte que dix-sept vertèbres dorsales.
(2) On a dit avec raison que ces apophyses représentent de véritables côtes avortées et soudées aux vertèbres. Aussi les appelle-t-on souvent apophyses costiformes .
1,1 première à l.i dernière vertèbre ; envisagée à la fois dans les six vertèbres, elle figure un triangle isocèle très-allongé, dont le sommet est dirigé en avant. — 2" Les apophyses épineuses diminuent de largeur d'avant en arrière, et leur bord antérieur devient de plus en plus concave; leur sommet est épais et luberculeiix dans les trois premières, il est mince et reporté en avant dans les trois dernières. — 3" Les apophyses transverses sont plus longues dans les vertèbres placées à la partie moyenne de la région que dans les premières et les dernières. Les apophyses, dans la première et dans la deuxième vertèbre, s'inclinent légèrement en arrière ; elles sont à peu près droites dans la troisième ; celles des vertèbres suivantes se dirigent un ])eu en avant. Elles se distinguent dans les deux dernières par leur épaisseur. Dans la cinquième, elles portent sur leur bord postérieur une facette articulaire de forme ovale. Dans la sixième, elles en présentent deux : une en avant, qui répond à la précédente, et une en arrière, légèrement concave,
FiG. 13. — Vertèbres lombaires (*).
s'unissant à une semblable facette du sacrum. La quatrième et la cinquième vertèbre se correspondent aussi fort souvent, par leurs apophyses transverses, au moyen ;de facettes analogues (1).
Dans Yâne, et quelquefois dans le mulet, on ne trouve que cinq vertèbres lombaires. D'après M. Sanson, ce serait aussi le nombre normal chez le cheval arabe.
W Sacrum.
Le sacrum résulte, comme nous le savons déjà, de la soudure de cinq vertèbres. Cet os, impair, est articulé : en avant avec la dernière vertèbre lombaire, en arrière avec le premier os coccygien, sur les côtés avec les coxaux. Il est aplati de dessus en dessous, triangulaire, et il décrit d'avant en arrière une légère courbure à concavité inférieure. Il offre à étudier : une face supérieure, une face inférieure, deux côtés, une base, un sommet et un canal central, suite du canal racliidien.
Faces. — La face supérieure présente, sur son milieu, les apophyses épineuses des vertèbres sacrées, dont l'ensemble constitue ce que l'on appelle Vépine sacrée ou sussacrée. Ces apophyses s'unissent entre elles par leur base seulement, et restent isolées dans le reste de leur étendue; elles s'inclinent toutes en arrière et se terminent, à l'exception de la première, par un sommet renflé, souvent bifide; leur longueur diminue de la deuxième à la cinquième. De chaque côté de l'épine .sacrée, existe une gouttière au fond de laquelle s'ouvrent quatre (rous dits sus-sacrés. Ces orifices pénètrent dans le canal racliidien et communiquent avec quatre trous analogues, mais plus larges,
(1) Nous possédons un squelette de cheval, sur lequel on compte sept vertèbres lombaires avec le nombre normal dans les régions voisines. La septième vertèbre lombaire est bien certainement la première vertèbre sacrée dont elle présente tous les caractères. Quant à la cinquième pièce du sacrum, elle provient évidemment de la région coccygienne.
riiXî'. rr'""^ 'I'! Inpopl.ysn ^pincusn ; 2,2, apophysoB articulaires miléricures ; 3,3, apophyses articulaires posté-
percés h lafaco inlVsncuredoros, et nommés, pour colle raison, sous-mcr(;s. — \.^ face inférieure, lisse, olîrc des traces de la séparation primitive des corps vertébraux; on y remarque les trous sous-sacrés, qui représentent, avec les ouvertures sus-sacrées correspondantes, les trous de conjugaison des autres régions du rachis.
Côtés. — Lç?,cleux côtés, épais el concaves, forment, en arrière, une lèvre rugueuse. Ils présentent, en avant, , une surface irrégulière, taillée obli-qucment de haut en bas, de dedans; en dehors, et d'avant en arrière;; cette surface, destinée à l'articula-tion du sacrum avec le coxal, est!
divisée en deux parties : l'une infé-rieurc, nommée, chez l'homme,.
facette auriculaire, légèrement on-dulée et diarthrodiale ; l'autre, supérieure, servant à des insertions ligamenteuses.
Base. — Elle offre: 1" sur la ligne médiane, l'orifice antérieur' du canal sacré et la surface articulaire antérieure du corps de la première vertèbre sacrée, surface ovalaire et légèrement convexe; 2° sur les côtés, les apophyses articulaires et les écliancrures antérieures de cette vertèbre, ainsi que les facettes elliptiques et légèrement convexes qui la mettent en rapport avec les apophyses transverseSi de la dernière vertèbre lombaire.
Sommet. — Le sommet, tourné en arrière, présente : 1° l'orifice postérieur du canal sacré; 2° la surface articulaire postérieure du corps de la dernière vertèbre sacrée; 3° les vestiges des apophyses articulaires et des échancrures postérieures de celte mèmC' vertèbre.
Canal sacré. — C'est la partie du canal rachidien creusée dans le sacrum. 11 esttriangulaire et diminue de largeur d'avant en arrière.
5° Vertèbres coccygiennes.
La région coccygienne, ou le coccyx, comprend de quinze h dix-huit vertèbres dégé? liérées qui s'amincissent graduellement de la première à la dernière. Dans les trois m quatre premières, on retrouve encore à peu près tous les caractères des vraies ven tèbres. Elles présentent, en effet, un trou vertébral, un corps, une apophyse épii neuse, el des apophyses transverses dirigées en arrière; les apophyses articulaires soni les seules particularités dont il ne reste aucune trace. Dans les vertèbres suivantes: ces caractères s'effacent de plus en plus. Ainsi, les lames vertébrales ne se rejoignen pas complètement, et le canal vertébral ne forme plus qu'une gouttière qui, deve nant elle-même de moins en moins profonde, finit enfin par disparaître complétemenlil Les éminences d'insertion se montrent do moins en moins saillantes, et la vertèbrl coccygienne se réduit bientôt à un petit cylindre osseux, ôvidé dans son milieu, renflfj à ses extrémités, qui se terminent l'une et l'autre par une surface articulaire convcx(|
(*) -1,1,1,4,1, npoi.liysos ùpineuses Innnuiit 1 epino siis-siicive ; 2,2, trous sus-sncrés; 3, surrarc nrtirulairo du oor l do la |)remi(.'re vci-lùUri! sucrée; i,*, surfaces articulaires ipii répoudcut aux apophyses transverses de la dernière ve I lùbvc loinliuii-e ; 5,5, apophyses articulaires antérieures de la prenli^ro vei-téhre sacrée ; 6, vestige d'une apophyse ar I ciilairc postérieure de la dernière vertèbre sacrée ; 7, l'ai'ette aiiricnlairi'. " I
COLONNE VEUTÈBRALE. 29
Ces petits cylindres, dci-nieis vestiges des corps vertébraux, se développent chacun par trois noyaux d'ossification; ils sont très-spongieux, et partant fort légers. — La première vertèbre coccygienne se soude irès^ouvent avec le sacrum^ dans les sujets avancés en âge.