TRONCS PELVI-CRURAUX, OU VEINES ILIAQUES PRIMITIVES
On appelle ainsi deux énormes vaisseaux sur lesquels se rassemblent toutes les veines du membre abdominal et de la partie postérieure du tronc, vaisseaux très-courts qui forment, en se fusionnant, la veine cave postérieure (fig. 248 bis, 3 et 4).
La veine iliaque primitive se trouve logée dans l'angle de séparation compris entre les artères iliaques externe et interne; elle fait suite aux deux veines satellites de ces canaux artériels. La droite, plus courte que l'autre, passe au-dessus de l'artère iliaque externe pour rejoindre l'origine de la veine cave. La gauche, plus longue, s'insinue, pour aller s'aboucher avec la première, entre le corps de l'avant-dernière vertèbre lombaire et l'extrémité terminale de l'aorte postérieure.
Si l'on suit, comme nous l'avons fait pour les veines du membre antérieur, depuis la région unguéale jusqu'au bassin, toutes. les branches qui viennent concourir à la formation de ces deux troncs, on reconnaît d'abord comme point de départ primitif de chacun d'eux un riche réseau soiis-unyuéal , d'où s'élèvent deux veines digitales. A celles-ci succèdent trois veines imtatarsiennes, origine commune de tous les vaisseaux veineux de la jambe. Ces derniers, distingués en superficiels et en profonds, et au nombre de quatre, les deux veines saphènes dans le premier groupe, les deux veines tibiales dans le second, se continuent par la veine poplitée. Ce vaisseau est lui-même suivi de la fémorale et de la veitie iliaque externe, qui forme enfin le tronc pelvi-crural en s'abouchant avec la veine iliaque interne.
Tous ces vaisseaux vont être étudiés dans un ordre inverse à celui de leur énuniéraiion, c'est-à-dire que nous verrons successivement :
viiiNii CAVis posrfiniiîulu;.
1" La veine iliaque interne ;
T La veine iliaque externe ;
3" La veine fémoi'ale ;
II" La veine popiitée ;
5" Les veines profondes de la jambe ;
6° Les veines superficielles de la jambe ;
7" Les veines métatarsiennes ;
8" Les veines de la région digitée.
1° Veine iliaque interne.
Ce vaisseau est formé par les veines satellites des branches fournies par l'arlèi'e homonyme, c'est-à-dire les veines iliaco fémorale, obturatrice, iliaco-inusculaire, fessière, sacrée latérale et honteuse interne, dont la distribution ne diffère point de celle des divisions artérielles correspondantes.
Le tronc qui résulte de la réunion de ces différentes branches est ordinairement fort court; il peut même manquer tout à fait, et l'on voit alors ses veines constituantes s'aboucher avec la veine iliaque primitive en formant deux ou trois groupes isolés, mais très-rapprochés les uns des autres.
2° Veine iliaque externe.
Cette veine constitue la principale racine du tronc pelvi-crural, qui n'en est que la suite, le vaisseau interne n'étant, à proprement parler, qu'un affluent collatéral du canal unique représenté par les veines iliaque externe et primitive.
Située en arrière du tronc artériel crural, celte veine iliaque externe commence au niveau du bord antérieur du pubis, où elle est continuée directement et sans aucune ligne de démarcation par la veine fémorale.
Le seul vaisseau important qu'elle reçoit sur son trajet est la veine circonflexe iliaque, dont l'embouchure se trouve plutôt sur l'iliaque primitive que sur l'iliaque externe.
3° Veine fémorale.
Continue par son extrémité supérieure avec la veine iliaque externe, et par son extrémité inférieure avec la popiitée, cette veine fémorale, remarquable par son gros voluiTie, suit exactement l'artère de même nom dans toute son étendue (lig. 2/i8 bis, 5).
Les affluents collatéraux qu'elle reçoit sur son trajet se distinguent par leur nombre et leur volume considérable ; ce sont :
1° Les veines satellites des artères musculaires ;
2° La veine sophène interne, sur laquelle nous reviendrons dans la description des ' veines superficielles de la jambe;
3» La veine pré-pubienne, formée par Vabdominale postérieure et les branches honteuses externes. Celles-ci, fort nombreuses, fort grosses, nnaslomotiques entre elles, forment dans l'entre-deux des cuisses et dans l'épaisseur des bourses et du fourreau, au-dessus du pénis, un très-riche réseau qui conununique en arrière avec les veines caverneuses. Ce réseau n'envoie qu'un assez faible tronc dans l'anneau inguinal, le long de l'artère honteuse externe; il s'abouche, dans sa partie moyenne, avec une énorme
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brandie qui traverse l'aiineau du muscle du plat de la cuisse, et qui se loge dans la gouttière inférieure du pubis pour aller se jeter dans la fémorale.
L'une de ces veines honteuses externes représente la sous-cutanée abdominale, communiquant avec la sous-cutanée llioracique.
Toutes ces branches ollVent dans la femelle une disposition analogue.
li° Veine poplitée.
Satellite de l'artère poplitée, cette veine est formée par la réunion des veines tibiales antérieure et postérieure.
Parmi les branches qu'elle reçoit sur son parcours, on remarquera particulièrement la veine fémnro-poplitée, qui accompagne l'artère de même nom et qui s'abouche elle-même, un peu avant de se jeter dans la poplitée, avec la veine saphène externe.
5° Veines profondes de la jambe.
Elles sont au nombre de deux : la tibiale antérieure et la tibiale posté'ievre.
A. Vcîno tîbîaie antérieure (fig. 234, 5). — Accolée à l'artère homonyme, souvent double, toujours très-ample, cette veine prend son origine sur la face antérieure des articulations tarsiennes, au moyen de plusieurs racines anastomotiques entro elles, dont une principale est formée par la veine métatarsienne profonde, qui parcourt a arrière en avant le conduit cuboïdo-cunéo-scaphoulien. Après avoir traversé l'arcade péronière avec l'artère, elle s'unit à la tibiale postérieure pour constituer la veine poplitée.
B. Veine tibiale postérieure, — Elle commence vcrs le creux du jarret, en dedans du calcanéum, par des rameaux radiculaires qui viennent principalement des deux veines saphènes. Puis elle monte le long de son artère satellite pour aller s'aboucher ^us Iç muSGlç poplité avec la veine antérieure.
6" Veines superficielles de la jambe.
Ce sont la saphène interne et la saphène externe.
A. Veine sapiiéne interne. — Ce vaisseau offre deux racines : l'une antérieure, l'autre postérieure (fig. 2/t8 bis, 39 et ZiO).
La première procède de la veine métatarsienne interne, la seconde de la métatarsienne externe. Toutes deux montent, en convergeant l'un vers l'autre, sur la face interne du tibia, et se réunissent en une seule branche avant d'atteindre la cuisse.
Cette branche unique, toujours très-volumineuse, rampe de bas en haut sur le muscle du plat de la cuisse, et se termine d'une manière variable en arrivant vers le pli de l'aine : tantôt, en effet, elle s'insinue dans l'interstice des deux adducteurs de la jambe pour se réunir à la veine fémorale ; tantôt elle monte jusqu'à l'anneau du court adducteur et s'abouche alors avec les veines honteuses externes.
B. Veine iinpiiènc externe. — Elle naît par une courle branche en dehors du calcanéum, communique, à son origine même, avec la racine postérieure de la saphène interne, à l'aide d'une grosse anastomose réliculaire jetée transversalement eu avant du sommet du calcanéum, et avec la tibiale postérieure, au moyen d'une forte branche qui passe entre le tibia et le muscle perforant; puis elle suit le nerf saphène externe
VKIMv CAVl-, POSTÉUIEURE. 665
en dehors de la corde du jarret, derrière le jumeau externe, et va se jeter dans la M'ine popliléo, après s'être aboiicliée avec la lénioro-poplitèe.
7" Veines métatarsiennes.
Ces veines, au nonibro de trois, distinguées en interne, externe et profonde, procèdent de l'arcade sésainoïdieniie, formée par l'anastomose des deux veines digitales.
A. Veine luétatursieiine interne ((ig. 23/i, 9). — Ce vaisseau, le plus considérable des trois, semble continuer plus particulièrement la veine digitale du même côté. Il se trouve placé, dans la plus grande partie de son étendue, avec le nerf plantaire interne, le long des tendons llécliisseurs, un peu en avant. Arrivé près du tarse, il se dévie légèrement pour se mettre sur la face antérieure des articulations tarsiennes, communique alors, par une énorme branche transversale, avec l'origine de lu tibiale antérieure, et remonte ensuite sur la face interne de la jambe, où il constitue la racine antérieure de la veine saphène interne.
B. Veine nictutarsieanc externe (flg. 23/|, 8). — Elle OCCUpe, en dehors des
tendons fléchisseurs, usie position analogue à la précédente. Vers l'extrémité supérieure du métatarse, elle c-mmunique, par une forte et courte liianche, avec la veine profonde. Puis elle continue son trajet ascendant en passant avec les artères plantaires dans la gaîne tarsienne, et se prolonge enfin dans le creux du jarret, le long du nerf grand fémoro-poplité, en constituant la racine postérieure de la saphène interne.
C. Veine métatarsienne profonde (flg. 233, 10). — Celle-ci se IrOUVe placée
sclis le ligament suspenseur du boulet, au côté interne de l'artère inlerosseuse plantaire principale. Près du tarse, elle reçoit une très-grosse branche de la veine externe, et traverse alors le conduit cuboïdo-cunéo-scaphoïdien pour aller former la plus forte racine de la veine tibiale antérieure.
8° Veines de la région digitée.
Comme elles rappellent exactement celles du membre antérieur, nous renverrons b la description que nous avons faite de ces dernières (voy. page 654).
CARACTÈRES DIFFÉRENTIELS DES VEINES CHEZ LES ANJMAUX AUTRES QUE LES SOLIPÈDES.
Il n'entre point dans notre plan d'exposer l'histoire complète du système veineux de ces animaux, à cause du peu d'utilité d'une semblable étude. Pour rester fidèle au but que nous nous sommes proposé, nous nous bornerons à indiquer les caractères spéciaux des veines sur lesquelles on pratique ordinairement la saignée, et de celles dont la connaissance peut intéresser au point de vue chirurgical, comme les veines du pied chez les Iluminanis.
A. Veine angulaire de l'œîi. — Ce vaisscau est remarquable par son gros volume dans le mouton; et comme il se dessine très-bien, du reste, sous la peau, à cause de la finesse de cette membrane, on le choisit plus souvent que chez les autres animaux pour y pratiquer la piilébolomie. .
B. Veine jugulaire. — Très-grosse dans tous les animaux, surtout chez le bœuf, cette veine méi ite bien la préférence qu'on lui accorde lorsqu'on se propose d'ouvrir le système veineux pour en retirer une certaine quantité de sang.
Chez tous les animaux non solipèdes, on trouve une jugulaire accessoire qui existe parfois chez le cheval, mais avec un développement beaucoup moins considérable, à côté de l'artère carotide primitive. Elle provient de la veine occipitale et mesui ainsi toute la longueur du cou. Quelquefois son diamètre est fort exigu ; mais souvent aussi elle est assez grosse pour recevoir une très-nolable quantité du sang de la jugii laire principale, quand on établit une compression sur ce dernier vaisseau pour favo riser l'écoulement du sang après l'ouverture de la veine, circonstance qui explique i difficulté qu'on éprouve quelquefois à obtenir un jet de sang volumineux.
C. Veine sous-cntanée abdominale. — Dans l'espèce bovine, ce Vaisseau S'
présente avec un énorme volume, surtout chez la vache laitière, en opposition avec l.i veine sous-cutanée thoracique, qui est toujours fort étroite. Celte veine abdominale se prolonge en avant jusqu'auprès de l'appendice xiphoïde, sur la paroi du ventre, qu'elle traverse alors d'outre en outre pour aller se réunir à la veine thoraciquc interne (Ij. En arrière elle est formée de branches multiples anastomosées entre elles ou avec celles de la veine opposée, branches qui sont en communication avec les veines honteuses externes proprement dites.
D. Teine saphène interne. — Elle est toujours beaucoup plus grêle que dans les • Solipèdes; aussi la choisit-on rarement pour la saignée.
E. Veine saphène externe. — Cette veine est au contraire plus volumineuse que chez le cheval, et en même temps plus superficielle, favorablement disposée, en conséquence, pour la phlébotomie, aussi bien chez les Ruminants que chez le Porc et . les Carnassiers. Elle résulte de la réunion, dans le creux du jarret, de deux racines • principales fournies par les veines métatarsiennes.
F. Veines du pied postérieur cheis le bœuf. — Comme chez le cheval, elles '
ont pour point de dépari le réseau sous-mguéal de la région digitée, réseau double ■ comme cette région elle-même.
a. Trois veines digitales partent de ce réticulum : 1" une médiane et antérieure, naissant par deux racines de la partie anlérieure de chaque réseau, se plaçant entre les • deux doigts, et se réunissant au-dessus du boulet à la veine méialarsienne superficielle ' antérieure; 2° deux latérales, communiquant l'une avec l'autre en arrière, par une' anastomose transverse qui reçoit plusieurs des veinules du réseau unguéal, et avec lai veine anlérieure par une branche interdigitée, réunies en arcade en avant des tendons • fléchisseurs, au-dessus de la coulisse sésamoïdienne.
b. Ces veines digitales sont continuées par cinq veines métatarsiennes, deux anté- ■ rieures profondes, une antérieure superficielle, deux postérieures.
Les deux veines antérieures profondes sont deux petits vaisseaux qui accompagnent . l'artère collatérale du canon, placée entre eux. Ils naissent dans l'espace interdigité, . de la veine digitale antérieure, communiquent par le trou inférieur du métatarsien i avec l'arcade sésamoïdienne, s'envoient dans leur trajet dos anastomoses tiansverses et ; se continuent au-dessus du tarse avec les deux veines tibiales antérieures, dont ils constituent les racines.
La veine antérieure superficielle est très-volumineuse. Elle procède de l'arcade ■ sésamoïdienne, reçoit près de son origine la veine digitale médiane, s'élève au-devant i et un peu en dehors du tarse, communique à ce point avec les veines tibiales anié-rieures, et se divise, au-dessus de l'articulation tibio-tarsienne, en deux branches : :
(1) On appelle communément portes ou fontaines du lait les trous de la paroi A\\ ventre qui i livrent amsi passage aux veines sous-cutanées abdominales.