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CÉRÉBRO-SPINAL

L'appareil cncéphnio-rachidien se trouve logé, comme on le sait, dans un éiui osseux, le canal ruckidien, étui prolongé en avant par la boîte crânienne; mais il est protégé d 'une manière plus immédiate par trois enveloppes qui ont reçu les noms de duremère, arachnoïde, et pie-mère.

DE l'axe CENTIUL DU SYSTÈME NERVEUX,

DE I/ÉTIU OSSEUX QUI LOGE l'AXE ENCÉPlIALO-IlACHlDIEN.

La connaissance dos os qui entrent dans la coni|)osilion de cel éliii piotccleur ne peut s'ac(inérii- sans qu'on le connaisse égalenioiil Uii-mênic; aussi pourrions-nous nous dispLMiser d'en faire ici une étude spéciale. Nous rapporierons cependant les termes succincts dont nous nous sommes déjà servi pour faire connaître le canal raclndien, (ît nous exposerons avec le même esprit de concision la description non encore faite de la boîte crânienne.

■1" Du canal rachidien.

Ce canal communique en avant avec la cavité crânienne. Très-large au niveau de l'atlas, pour recevoir l'apophyse odontoïde, et permettre les mouvements de rotation de la tète sans que la moelle fût exposée à être blessée, le canal rachidien se rétrécit subitement dans l'axis; il se dilate ensuite à la Qn de la région cervicale et au commencement (iela région du dos: là, en effet, la moelle présente un plus grand volume, et les mouvements du rachis sont très-étendus. C'est vers la partie moyenne du dos que le canal rachidien présente son plus petit diamètre; il s'agrandit ensuite à partir de ce point jus(|u'au niveau de l'articulation lonibo-sacrée ; après quoi il se rétrécit rapidement pour disparaître tout à fait vers la quatrième ou la cinquième vertèbre coccygienne. La dilatation lombo-sacrée coïncide avec le renHement que la moelle présente h cet endroit et avec le volume énorme des cordons nerveux qui sont accolés à celte dernière.

2° De la cavité crânienne (flg. 20, 21, 155),

C'est une boîte très-irrégiilièrcmcnt ovoïde, dont les parois sont formées par le frontal, le pariétal, l'occipital, l'elhmoïde et les temporaux. Elle présente à considérer quatre plans et deux extrémités.

Le plan supérieur ollre, sur la ligne médiane et vers le tiers postérieur, la protubérance occipitale interne, dont les deux crêtes latérales concourent avec cette éniinence à diviser la cavité crânienne en deux compartiments : l'un postérieur, destiné à contenir le cervelet ; l'autre antérieur, incomparablement plus grand, logeant les hémisphères cérébraux, parlagé, par !a crête rudimenlaire impaire qui part de l'éminence falciforme pour aller rejoindre l'apophyse rrista-galli, en deux sections latérales, une pour chaque hémisphère. On verra plus loin des replis de la dure-mère s'attacher sur cette protubérance occipitale interne et sur les crêtes qui s'en détachent, et rendre ainsi beaucoup plus parfait ce cloisonnement de la cavité crânienne.

Sur les plans latéraux se montre également la division en un compartiment cérébelleux et un compartiment cérébral, grâce aux crêtes latérales de l'apophyse falciforme. lesquelles se prolongent obliquement jusqu'auprès du sphénoïde : la première seclion formée par l'occipital et la face interne du rocher; la seconde, par la portion écailleuse du temporal, le frontal et la grande aile du sphénoïde; toutes deux concaves et parsemées d'impressions digitales, comme elles sont, du reste, également sur le plan supérieur.

Le plan inférieur, fort irrégulier, offre d'arrière en avant : 1° sur la ligne médiane, la gouttière basilaire, dans laquelle est reçue la plus grande partie de l'isthme

DE l'axk Cérébro-spinal. 703

oiici'plialiqne ; la fossette pituitaire, rendue plus profonde |)ar un repli circulaire de la dure-mère, logeant la glande de même nom ; la fossette optique, où se place le cliiasnia des nerfs oculaires; 2° sur les côtfe, les Irons déclares, bouchés en partie par de la substance cartilagineuse et par la dure-nii^re; les scissures caverneuses et les scissures maxillaires, en dehors desquelles on remarque l'impression digitale, large et profonde, qui reçoit le lobule mastoïde ou le lobe inférieur du cerveau.

Vextrémité postérieure de la cavité crânienne présente le trou occipital, au moyen duquel celte cavité communique avec le canal raciiidicn.

Vextrémité antérieure offre, dans le plan médian, l'apophyse crista-galli, c'est-àdire le bord supérieur de la lame perpendiculaire de l'ethmoïde, sur les côtés, les deux fosses cthmoïdales, dépressions profondes, destinées à contenir les lobes olfactifs, et au

I fond desquelles se remarque le crible représenté par la lame transverse de l'os sus-

I indiqué.

DES ENVELOPPES DE l'axE ENCÉPHALO -RACHIDIEN.

On nomme ainsi les trois membranes qui recouvrent l'axe cérébro-spinal et le ■séparent des parois de la cavité osseuse dans laquelle il se trouve renfermé. Désignées : d'une manière géni^rale par le nom de méninges, et distinguées en méninge externe, méninge moyenne et méninge interne, ces membranes sont plus connues sous les iHoms de dure-mère, arachnoïde et pie-mère, dont nous nous servirons pour les décrire.

La dure-mère, ou la méninge externe, est une forte membrane fibreuse en rapport avec les parois du crâne et du canal rachidien.

Varochnolde, ou la méninge moyenne, représente une tunique de nature séreuse, décomposée en deux feuillets : l'un externe, appliqué sur la face interne de la dureimère, l'autre interne, étalé, par l'intermédiaire de la pie-mère, sur l'axe cérébrospinal, dont le sépare encore, dans un grand nombre de points, un liquide spécial, le , fluide céphalo-rachidien.

Quant à la pie-mère, ou la méninge interne, c'est l'enveloppe propre de la lige ncr- 'veuse centrale : enveloppe cellulo-vasculaire, très-adhérente à la surface extérieure de cette tige, unie au feuillet viscéral de l'arachnoïde par du tissu conjonctif plus ou moins •serré, entre les mailles duquel se trouve déposé le Iluide sous-arachnoïdien.

Cette disposition des enveloppes encéphalo-rachidiennes permet d'assimiler, jusqu'à un certain point, l'axe cérébro-spinal à un viscère, et la gaine osseuse qui le contient à une cavité splanchnique, dont la membrane séreuse, c'est-à-dire V arachnoïde, serait doublée en dehors de son feuillet pariétal par une expansion fdn-euse, la dure-mère, en dedans de son feuillet viscéral par une tunique cellulo-vasculaire, la pie-mère ou la méninge interne.

Cette vue d'ensemble des enveloppes des centres nerveux va être suivie d'une description spéciale de chacune d'elles, description dans laquelle nous considérerons successivement leur partie spinale ou ,rachidienne et leur partie crânienne ou encéphalique, après les avoir envisagées d'une manière générale.

1" De la durc-mcre.

Cette membrane, la plus externe et la plus forte des enveloppes cncéplialo-rachi- Idiennes, tapisse les parois de l'étui cérébro-spinal, dont elle répète exactement la forme ;

m l'axe central du système nerveux.

c'est donc un deuxième étui protecteur, dilaté à son extrémité antérieure en une cavité ovoïde qui loge l'encéphale, terminé postérieurement par une poinlc prolongée sur les vertèbres coccygiennes.

Elle offre deux faces : l'une externe, en rapport avec les parois de l'étui osseux; l'autre interne, adhérant de la manière la plus intime au feuillet externe de l'arachnoïcie.

Dans plusieurs points de son étendue, elle est traversée par les nerfs qui s'échappent ' de l'axe encéphalo-rachidien et p'ar les vaisseaux destinés h cette portion de l'appareil i de l'innervation.

Structure. — La dure-mère possède la texture de toutes les membranes fibreuses blanches. Elle est constituée par des faisceaux de tissu conjonctif, à peu près parallèles et longitudinaux, entremêlés avec quelques fibres élastiques fines. Bougelat pensait qu'ils forment deux lames distinctes : l'une interne, l'autre externe; mais nulle part il n'est possible de. mettre ces deux lames en évidence.

La dure-mère reçoit des vaisseaux sanguins. Les artères proviennent, pour la poi tion spinale, de la vertébrale, des intercostales, des lombaires et des sacrées latérales pour la portion crânienne, des rameaux artériels méningés, tels que le rameau ethmoïdal de la nasale, les artères sphéno-épineuse, tympanique, mastoïdienne, cérébro-spinale. On a vu des ner/î? se rendre dans la portion crânienne de celle membrane, nerfs di visés en antérieurs, moyens et postérieurs ; les premiers sont fournis par le filel eihmoïdal du nerf nasal; les seconds, par le ganglion de Gasser; les troisièmes, par la branche ophlhalmique de Willis. On n'a pas encore démontré nettement l'existence des vaisseaux lymphatiques.

Durc-mèrc raciiidienne ou spinale. — La dure-mère rachidienne représente une gaîne fort allongée, continuée au niveau du trou occipital avec la dure-mère encéphalique, terminée en arrière par une pointe effilée logée dans l'étroite gouttière qui représente, sur les vertèbres coccygiennes moyennes> les traces du canal rachidien. Comme elle possède exactement la forme de ce dernier, elle offre son plus grand diamètre au niveau de l'atlas et des renflements brachial et lombo-sacré de la moelle épinièrc. Sa capacité l'emporte de beaucoup sur le volume de celte dernière; aussi celte gaîne peut-elle se prêter à l'accumulation, dans quelques-unes de ses parties, du fluide céphalo-rachidien, accumulation qui est impossible dans la plus grande étendue de la région crânienne.

La face externe de la dure-mère spinale n'adhère que faiblement, surtout par en haut, au parois du canal rachidien. Elle s'en trouve même séparée, au niveau des espaces intcrverlébraux, par une certaine qnanlité de tissu adipeux qui ne manque j?mais, même chez les animaux les plus maigres. Cette face recouvre par en bas le ligament vertébral commun supérieur, et les veines que 'nous avons décrites sous le nom de :sinus rachidiens.

La face interne donne attache entre chaque paire nerveuse aux festons du ligament dentelé, dépendance de la pie-mère. Elle est rendue lisse et polie par le feuillet externe de l'arachnoïde, lequel s'unit à la dure-mère d'une manière si étroite qu'il est inutile d'essayer la dissociation des deux membranes. A ce niveau le feuillet externe de l'arachnoïde est réduit à une simple lamelle épithéliale formée par une rangée de cellules à noyau aplaties.

L'épaisseur da cette méninge est traversée d'outre en ouii e, sur les deux côtés, par une double série d'orifices destinés au passage des racines des nerfs spinaux, autour desquels la dure-mère envoie de petites gaines spéciales, accompagnant ces nerfs, dit-on, jusqu'aux trous de conjugaison.

DE l'axe Cérébro-spinal, 705

Ikurc-iutTc ei-slniennu ou eiict^plisilitiuo. — Cette iriCMlbraiK! forme lin KilC fxacleim-iit moulé, par sa lace extoriif sur les parois du cràiie, par sa face interne sur la Mirface superficielle de rcnc^pliale. Celui-ci remplit donc parfaitement la boîte cnV niennc ; et c'est ce qui explique pourquoi l'accumulation du fluide céphalo-rachidien est impossible dans cette région.

Surfac ' externe. — Elle adhère fortement, par des tractus cellulo-vascidaires, aux parois du crAne, dont elle suit toutes les ondtdalions. Mais celle adhérence n'est pas également prononcée dans tous les points; c'est, sur les côtés de la voûlc du compartiment cérébral qu'elle est le moins intime; elle se montre très-forte au contraire sur celle môme voùle, dans le plan médian, sur l'apophyse crisla-galli, autour de la protubérance occipitale interne, sur les crêles de celle éminence, et vers les faces latérales du compartiment cérébelleux au niveau des rochers, où la membrane est, du reste, fort mince.

Cette face externe donne naissance à autant de prolongements engaînanls qu'il s'échappe de nerfs par la base du crâne; les principaux existent autour des filets ethmoïdaux, des nerfs opti(|ues, et des deux grosses branches fournies par le ganglion de Casser.

Surface interne. — La surface interne de la dure -mère crânienne est recouverte par le feuillet pariétal de l'arachnoïde, qui lui adhère aussi énergir|uoment que dans la région rachidienne. Elle envoie dans la cavité du c: àne trois prolongements distingués par les noms de faulx du cerveau, (ente du cervelet et repli pituitaire, prolongements chargés de compléter le cloisonnement de la cavité crânienne, d'isoler les divers renllemenls extérieurs de la masse encéphalique, et de les protéger contre les compressions qu'ils pourraient exercer les uns sur les autres.

a. La faulx du cerveau est uuG'Iame verticale comprise entre les deux hémisphères cérébraux, devant son nom à la forme qu'elle présente.

Son bordantéro-supérieur, adhérent, fortement convexe, répond à l'apophyse cristagalli, ainsi qu'à la crête médiane de la face interne du frontal et du pariétal. Ce bord est très-épais et creusé intérieurement d'un canal veineux, prismatique et triangulaire, qui constitue le sinus médian.

Vers son bord inférieur, bord libre et concave, répondant au corps calleux, la lame falciforaie est extrêmement mince et criblée comme une dentelle.

L'extrémité postérieure, ou la base de la faulx, s'appuie sur la protubérance occipitale interne.

L'extrémilé antérieure s'avance en se recourbant jusque auprès de la fossette optique.

Chez les animaux avancés en âge, ou trouve parfois sur les faces de la faulx du cerveau, .surlout au voisinage de son extrémité postérieure, de petits grains jaunâtres ([ue l'on a appelés glandes de Pacchioni. Ce sont de petits noyaux de tissu conjonctif <iui ont leur point de départ dans le tissu sous-arachnoïdicn ; aussi le noin de granulations méninyiennes leur convient-il mieux que celui de glandes.

h. La tente du cervelet se compose de deux larnes latérales formant une cloison transver.sc entre le cervelet et l'extrémité postérieure dos lobes cérébraux.

Chaque lame, parcourue iiilérieuremonl par un des sinus transverses, offre : un bord adhérent, convexe, attaché sur la crête lemporo-pariélale ; un bord libre, concave, tourné en dedans et un peu en avant, remarquable par son épaisseur et sa solidité, circonscrivant avec celui de la seconde lame une ouverture ovalaire qui livre passage à l'islhme encéplialique; mie extrémité supérieure attachée sur la pi'otubé>"anco

cilAUVEAU. — 2e ëdit. 'IS

706 bE L'AXli CENTRAL DU SYSTÈME NERVEUX.

occipitale interne; une extrémité inférieure venant mourir au-dessus du ganglion de Casser, près du repli qui entoure la glande pituilaire. Des deux faces de ces lames, l'antérieure répond aux lobes cérébraux, la postérieure an cervelet.

c. repli pituitaire ou SMS-,sy>//CT/,o/i/f//f représente un épais bourrelet, peu saillant, creusé intérieurement par le sinus caverneux; bourrelet presque circulaire, qui circonscrit la selle turcique en enveloppant la glande pituitaire en arrière et sur les côtés.

2" De l'arachnoïde.

L'arachnoïde présente la disposition coninmue à tontes les séreuses splancbniques, c'est-à-dire qu'elle se décompose en deux feuillets, l'un pariétal, l'autre viscéral, constituant dans leur ensemble un sac parfaitement clos, en deliors duquel se trouve contenu l'axe cérébro-s[iinal. La cavité de ce sac est traversée par les racines des nerfs, les vaisseaux de l'encéphale et de la moelle, des lilamcnls et des lamelles cellidaires qui de la pie-mère se rendent à la dure-mère; nerfs, vaisseaux, lamelles et lilauients autour desquels les feuillets araclmoïdiens se replient en gaines en se continuant l'un avec l'autre.

Chacun de ces feuillets oflVe une face adhérente et une face libre. — La face ad/iérente du feuillet pariétal est soudée, comme on le sait déjà, avec la dure-mère, (^elle du feuillet viscéral recouvre l'axe nerveux en s'étalant sur la pie-mère, sans pénétrer avec elle dans les anfractuosités de la masse centrale: c'est sous cette face du feuillet viscéral que se trouve confiné le liquide céphalo-rachidien, dans des espaces dont nous étudierons plus loin la disposition. — Par leur face libre, face lisse et humide comme celle de toutes les séreuses, les lames arachnoïdiennes se mettent en contact l'une avec l'autre.

Structure. — La structure de cette membrane rappelle celle des autres membranes de même nature. Les réseaux de fibres élastiques sont plus abondants dans la portion crânienne. Partout le feuillet pariétal n'est constitué que par une simple couche épithéliaie. L'arachnoïde n'a point de vaisseaux propres; il en est de même des nerfs qui ne font que la traverser en accompagnant les vaisseaux.

Ai-aciinoïdc raciiidicunu ou spinale. — Le feuillet parictcd ne présente point d'intérêt particulier.

Mais il n'en est plus de même de la lame viscérale. Celle-ci se trouve, sur toute l'étendue de la moelle, éloignée de cet organe par un espace assçz considérable dans lequel est accumulé le fluide céphalo-rachidien, espace surtout développé en arrière autour de l'extrémité terminale de la moelle et autour des nerfs de la queue de cheval. La face adhérente de ce feuillet arachnoïdien ne tient à la surface extérieure de la moelle spinale que par de minces tractus celluleux, dépendances de la pie-mère.

Arachnoïde ei-àniennc on encéphalique. — Rien de spécial à dire Sur la lame pariétale.

Si l'on suit le feuillet viscéral, du trou occipital, où il se continue avec l'arachnoïde rachidienne, à l'extrémité antérieure des lobes cérébraux, on le voit se prolonger par en bas sur la face inférieure de l'isthme jusqu'à la tige pituitaire, à laquelle il fournit une gaine (la glande pituilaire elle-même n'est point tapissée par l'arachnoïde, si ce n'est sur sa face supérieure ou i)r()fonde, dont une partie se trouve couverte par le feuillet pariétal), puis de l'isthme se porter en avant et par côté sur le cervelet et les lobes cérébraux. Par en haut, ce feuillet interne s'étend sur la surface du cervelet, se

m 1,'AXIÎ CÈRÉBRO-SPINAf., 707

replie ensuite, du fond du sillon intermédiaire h cet organe et aux Ii6misplièrcs cérébniux, sur l'exlréniité postérieure do ces derniers, (pi'il enveloppe isolément en descendant dans la scissure interlobaire, aui)rès du corps calleux. Arrivé à l'extrémité antérieure du cerveau, il gagne les lobes olfactil's, se prolonge principalement sur la face supéro-posiérieure de ces organes, et se replie autour du ganglion de substance grise qu'ils portent à leur face inférieure pour se continuer avec le feuillet pariétal.

Dans le trajet qu'elle accomplit ainsi pour recouvrir la surface extérieure de l'encépliale, l'araclinoïde crânienne n'adhère pas par tous ses points à la substance nerveuse ; elle n'a de rapports un peu intimes avec celte substance, par l'intermédiaire de la piemère, qu'au niveau des parties saillantes, comme le sommet des circonvolutions cérébrales; mais elle ne se déprime point pour pénétrer dans les sillons qui existent entre ces parties; elle passe de l'une à l'autre en franchissant l'intervalle qui les sépare, et forme ainsi une grande quantité d'espaces sous-arachnoïdicns analogues à celui qui se développe sur toute l'étendue de la moelle épinière.

Ces espaces, remplis par le fluide céphalo- rachiditn, olïi ent des formes et des dimensions très-variées. On en a décrit chez l'homme trois principaux, (jui se retrouvent également dans les animaux, et auxquels Magendie a donné le nom générique de con~ . fliicnts du liquide céplialo-racliidien. De ces trois conlluenls, l'un, antérieur, se trouve situé en avant du chiasma des nerfs optiques, entre les deux lobes cérébraux ; un autre, inférieur, le plus vaste de tous, est compris entre la tige piiuilaire et la protubérance annulaire à la surface des pédoncules du cerveau; le troisième, ou concluent postérieur, existe au niveau du calamus scriptorius, derrière le cervelet.

Aucun de ces espaces n'est en communication avec les cavités intérieures de l'encéphale, et par conséquent le fluide céphalo-rachidien ne peut pénétrer dans ces cavités. Magendie avait décrit cependant une .communication entre le confluent postérieur et le ventricule du cervelet; mais l'ouverture qu'il a signalée vers le calamus scriptorius n'a pas été retrouvée chez le cheval par Renaull; et nous croyons pouvoir affirmer avec M. Lavocat qu'elle n'existe pas davantage dans les autres animaux.

Du fluide céphalo-rachîiîîen. — Le fluide renfermé dans les espaces sous-araclmoïdiens est incolore et très-légèrement citrin, parfaitement limpide et transparent. Les uns admettent qu'il est sécrété par le feuillet viscéral de l'arachnoïde, les autres par la pie-mère. Selon la remarque de M. Cruveilhier, les centres nerveux sont plon- ; gés dans son intérieur comme le fœtus dans les eaux de l'amnios ; et cette remarque, applicable à la moelle surtout, donne la clef du rôle attribué au fluide sous-arachnoïdien, qui tient cet organe éloigné des parois du canal rachidien, lui fait perdre la plus grande partie de son poids (M. Follz), et amortit ainsi les secousses de toute nature auxquelles il se trouve exposé.

3" De la pie -mère.

La pie-mère, enveloppe propre de l'axe cérébro-spinal, est une mince membrane dont la trame, essentiellement connective, soutient sur sa face externe un lacis trèsabondant de vaisseaux sanguins et de nerfs.

Immédiatement appliquée sur la surface de l'encéphale et de la moelle, elle adhère fortement à cette surface et en suit toutes les ondulations; elle pénètre donc entre les circonvolutions cérébrales ou cérébelleuses, en formant dans chaque sillon intermédiaire deux lames adossées l'une contre l'autre.

70g DE l'axe central DU SYSTÈME NERVEUX.

La face externede la pie-mère, baignée dans une partie de son étendue par le fluide ccpliaio-rachidien, adhère au feuillet viscéral de l'arachnoïde au moyen d'un lissn cellulaire fdamenteux plus ou moins dense, plus ou moins serré. C'est d'elle qin naissent les manchons cclluleux qui constituent le névrilème des cordons nerveux. Elle envoie sur la face interne de la dure-mère une multitude de prolongements filamenteux et lamelleux, qui traversent ainsi la cavité de l'arachnoïde à la manière des. nerfs et des vaisseaux, en s'enveloppant comme eux d'une gaîne fournie par la membrane arachnoïdienne; toujours fort courts, ces prolongements simulent des adhé-rences établies entre les deux feuillets de celle dernière membrane.

La' face interne est unie à la substance nerveuse par une grande quantité de radi-cules artérielles et veineuses ou de filaments cellulaires, qui abandonnent la pie-mère: pour se plonger dans cette substance.

Les vaisseaux de la pie-mère forment un réseau très-serré duquel se déiaciieul; des branches qui gagnent la moelle et l'encéphale. Ils sont accompagnés par des fdelsnerveux cl onlmiés par des canaux périvasculaires, considérés aujourd'hui comme ' des lymphatiqves. En effet, à l'intérieur de ces canaux circulent, dans un li([uide • incolore, des globules fort analogues à ceux de la lymphe.

Pic-nièrc racliidicnnc ou spinale. - Moins vasculaire que la pie-mère crû-nienne avec laquelle elle se continue vers le bulbe rachidien, cette membrane est re- ■ marquable par la disposition des prolongements qui s'échappent de ses deux faces.

Les prolonyements internes forment, au niveau des sillons de la moelle, des lames ■ longitudinales qui s'enfoncent dans ces sillons.

Les prolongements externes sont destinés, comme nous venons de le dire, à ratta-cher la pie-mère à la méninge externe. — Les uns, extrêmement multipliés, offrent la i forme filamenteuse, et sont dispersés sur les faces supérieure et inférieure de la moelle. — Les autres constituent, sur les côtés de cet organe, des rubans festonnés, qui prennent le nom de ligaments dentelés. Ces ligaments régnent sur toute la longueur de l'axe médullaire, entre les racines nerveuses supérieures et inférieures; leur bord in-terne se confond dans toute son étendue avec la pie-mère ; leur bord externe, découpé' eu festons, s'attache sur la dure-mère par le sommet des angles qui séparent ceS' festons.

Signalons, pour compléter cette description de la pie-mère spinale, un prolongement ' postérieur ou coccygien [filum tei^minale), très-éiroit cordon formé par cette membrane à l'extrémité postérieure de la moelle, situé au milieu des nerfs de la queue de cheval, et attaché dans le fond du cul-de-sac conique de l'extrémité postérieure de la i dure-mère.

Pîc-nièrc crûnienne ou encéphitiique. — C'est l'élément vasculairc qui prédomine dans cette partie de la méninge interne.

Cette membrane n'envoie guère de prolongements à la dure-mère que sur le bulbe ' rachidien; mais elle en projette, à l'intérieur de la masse cérébrale, ou sur le côté du i cervelet, qui sont remarquables par leur développement : nous voulons parler de la ■ toile choroïdienne, et des plexus choroïdes cérébraux et cérébelleux, dont la description se rattache à celle de l'encéphale.

CARACTÈRES IUFFÉRENTIELS DES PARTIES ENVELOPPANTES ET PROTECTRICES DE L'AXE CÉRÉBRO-SPINAL DANS LES ANIMAUX AUTRES QUE LES SOLIPÉDES.

L'étui osseux qui protège la moelle épinière et l'encéphale ne présente pas de caractères différentiels importants à signaler dans tous les animaux domestiques. Ce

DE LA MOELLE ÉI'INIÈIIE. 709

sujet a été suffisatmnent étudié dans l'ostéologie de la tôte et de la colonne verlébrale. . Quant aux méninges, leur nombre et leur disposition générale sont les mêmes dans toutes les espèces.

COMPARAISON DES PARTIES ENVELOl'PANTICS ET PHOÏECTIUCES DE l-'AXE CÉHÉURO-Sl'lNAI. DE l'homme avec CELLES DES ANIMAUX.

Nous n'avons rien à dire de saillant sur la cavité crânienne et le canal racliidicn, sur l'arachnoïde et la pie-mère. La dure-mère présente les replis que nous avons décrits dans les solipèdes, et, de plus, une faulx du cervelet, qui s'étend depuis la tente du même nom jusqu'au voisinage du trou occipital. Les granulations méningiennes ou glandes de Pacchioni sont à peu près constantes sur i'honmio âgé ; leur volume est quelquefois si considérable que, par compression, elles amincissent et perforent le crâne dans les points qui leur correspondent.

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