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CONFORMATION EXTÉRIEURE DE L'ISTHME

Vistlime est un prolongement prismatique de la moelle épinière, supportant le cervelet, se terminant dans les hémisphères cérébraux, augmentant d'épaisseur d'arrière en avant. On peut y considérer quatre faces et deux extrémités.

La face inférieure (fig. 266), sur laquelle s'aperçoivent nettement et sans aucune préparation les limites naturelles de l'isthme, se trouve croisée à peu près dans son milieu par un épais faisceau de fibres arciformcs constituant la /jrotubérance annulaire, le pont de Varole ou le mésocéphale. Tout ce qui est en arrière de ce faisceau appartient au bulbe rachidien. Ce qui existe en avant forme ha pédoncules cérébraux.

La face supérieure {^v^. 267), couverte par le cervelet et par l'extrémité postérieure des lobes cérébraux, est |)lus mamelonnée (jue la précédente. On y remarque d'arrière en avant la face supérieure du bidbe rachidien, la coupe i\cs pédoncules du cervelet, la valvule de Vieussens, les tubercules quadrijwneaux et les couches optiques.

rj^^ m l'axk central du système nerveux.

Les faces latérales ((ig. 2(38), cachées dans leur partie antérieure sous les hémispl/ères du cerveau, nioiitrent le profil du bulbe racliidiou, de la protubérance, des pédoncules du cervelet, des pédoncules cérébraux, des tubercules quadrijumeaux et des couches optiques.

Vexirémité postérieure de .'isthme appartient au bulbe rachidien et fait suite à la moelle, dont on ne la dislingue qu'artificieillenient.

Quant à Vexirémité antérieure, elle est enveloppée, en bas et par côté, par les faisceaux obliques qui forment les deux nerfs optiques, faisceaux sous lesquels s'insinuent les fdjres de l'isthme pour se plonger dans la partie des hémisphères cérébraux qui portent le nom de corps striés.

Après cette énuméralion de tous les organes dont l'assemblage constitue l'isthrac de l'encéphale, nous allons les examiner avec détail en procédant dans l'ordre suivant: 1" le bulbe rachidien; 1° h protubérance annulaire ; 3° les pédoncules cérébraux; U° les pédoncules cérébelleux; 5" la valvule de Vieussens ; 6" les tubercules quadrijumeaux; T les couches optiques, à la suite desquelles nous signalerons les glandes., pinéale et pituitaire, petits lobes appendiculaires placés, l'un sur la face supérieure, l'autre sur la face inférieure de l'istimie (1).

•1" Du bulbe rachidien (fig. 2G7, 2G8, 271).

Le bulbe rachidien constitue la partie postérieure de l'isthme encéphalique; il fait suite à la moelle épinière, et s'étend en avant jusqu'à la protubérance annulaire.

C'est un épais pédoncule, de couleur blanche, plus large en avant qu'en arrière, et déprimé de dessus en dessous, auquel on peut reconnaître quatre faces : une inférieure, une supérieure et deux latérales.

Face inférieure (fig. 26G). — Cette face repose dans la gouttière de l'apophyse basilaire. Convexe d'un côté à l'autre, et limitée antérieurement par une scissure transversale qui la sépare de la protubérance, elle n'offre en arrière, de même que les autres, rien qui la distingue de l'axe médullaire.

On y remarque, sur la ligne médiane, un sillon bien marqué, prolongation de celui qui règne sur la face inférieure de la moelle, sillon creusé entre deux saillies trèsollongèes, quelquefois fort peu apparentes, qui doivent à leur forme le nom de pyramides du bulbe {ùg. 266 et 282, 2). La base de ces pyramides touche la protubél ance, et leur sommet se perd insensiblement en arrière, en arrivant vers la moelle.

En dehors existe une surface presque plane (fig. 266, 3), bordée antérieurement par une bandelette transversale (fig. 266, U et 283, 5), qui se trouve placée immédiatement derrière la protubérance ; couverte quel(|uefois, dans la plus grande partie de son étendue, d'une très-mince expansion de fibres arciformes (fig. 282, li) ; laissant

(1) On est loin d'ôtro d'accord sur le nombre des parties qui doivent composer l'isthme de l'encéphale : les uns en mettent plus, les autres en mettent moins. Les limites de ce petit appareil se montrent cependant parfaitement circonscrites, si on les cherche sur les animaux, et particuliore- : ment chez le cheval. Une coupe antéro-postérieure de l'encéphale, pratiquée sur le côté du plan médian, nous semble tout à fait propre à fixer délinitivement l'esprit sur cet objet. Cette coupe, représentée par la ligure 271, fait voir de la manière la plus nette que le prolongement encéplialiquede l'axe spinal s'étend jusqu'aux corps striés, et qu'il comprend le bulbe rachidien, la protubérance annulaire, les pédoncules cérébraux, les pédoncules cérébelleux, les tubercules quadrijumeaux et les couches optiques. Tous ces organes appartiennent donc à un seul et nicme système, c est-à-dire au pédoncule médullaire qui sert de trait d'union entre les trois masses principales de l'encéphale, et qu'on désigne sous le nom à'isthine. Ajoutons que cette manière de considérer l'isthme encéphalique s'accorde parfaitement avec les renseignements fournis par la physiologie.

DE LJSTIIMi;.

voir, sur les pièces durcies par leur séjour dans l'alcool ou l'eau acidulée, enlre le bord anlérieur do celle expansion et la handelelle Iraiisvcrsale signalée ci-dessus, une légère iillie oblonguc qui répond à ce qu'on a désigne chez l'homme sous le nom iVolive (1) ; is )lée de la pyramide par un sil-

Ion longitudinal, d'où émergent, 1 11 avant, les racines de la sixième |i;iire crânienne, en arrière, celle lie la douzième ; limilée en dehors et séparée du corps resliliirmo par l'origine de la plus urande partie des racines du -losso-pliaryngien et du pneunio-gastrique.

Face supérieure. — (jouverle I par le cervelet, elle est creusée dans son milieu d'une excavation (fig. 267, 5) qui constitue le plancher du quatrième ventricule.

Celte excavation, prolongée en avant au-dessus de la protubérance, enlre les pédoncules cérébelleux, présente en arrière un angle taillé en forme de bec de plume, et nommé pour cette raison calumus seripturius.

Deux épais cordons, prolongenienls des faisceaux supérieurs de la moelle, bordent de chaque côlé le calamus scriplorius. On les désigne sous le nom de corps restiformes. Accolés l'un à l'autre sur la ligne médiane à leur extrémité postérieure, ils s'écartent par leur extrémité antétérieure, de manière à représenter les branches d'un V (fig. 267, 1).

Faces latérales. — Beaucoup plus étroites que les deux autres et représentant, en quelque sorte, deux bords épais, ces faces montrent le profil du corps rcstiforme (fig. 268, 2), de la pyramide (4) et du faisceau intermédiaire à celle-ci et au corps resliforrne (3).

(1) Celle saillie répond à Volivc de l'homme par sa position seulement, car elle n'en possède ipas la structure.

Fie. 26G. — Vue générale de l'encéphale (Hice inférieure) (').

■ ]p09t(;i-iciire du Imlbc rnolildii'ii ; 2,2, liyrniniili; du Imllii! ; I), 3, rnisci'im \a\<'\".\\ nu liilpriiu'ilmii'o du flettc trnnsvi'i'.-ie qui lionio ci; l'iiisr.cAu imi iiviirit; 5, |n'oliilir'niiiiM; luiiiiiluii'e ; (!, {!, pédoiicidi^s ci'i'i5pitiiitiiir'i; ; 8, tiilicrfido wiidiv ; !), hrinis|ilnTi's cri'r'ln'iiiix ; 10, Inliidc! imisUjidu ; 11,' nciyiiii l'xlra-vi'ns sti'iù, coiiifiris iMiti'ir les deux ruciiic» du Inlio oHnclil' ; 12, scissuii! ik- Sylvius ; l'.t' 13 Idlndi'S oll'uc-

.1 ..II.!'.] m.li/iiiiiu* \^ M'/a! aii'i mil tinîi'it m'A ii in ii iwi • ^ i>imïi>.i «.i •> .. i i : .... .1.. i . ' >» .

(*) 1, pxll'i'mlli' I lillllii' ; î, -i, Ijuridele l)riiiix ; 7, glundu pitiiitii... , .,,

trieidnin- dti corps striù, coiiifiris oiitrir , , ., ,..,,,,„,, - .j,,^ Kiiiiih'S oiiuo

tifs ; li, coininissure des iiuiTs npti(iiii'.s ; 15, ti'oisiéini; piiiH! crAidcnno ; 10, niciiic .scnsitivô do lu fini|iiii'.Miii' ; 17, l'iiclna raolni.'f de In même ; 18, ^'aiiiçli'in dt' flnssCT ; 10, tronc coniiiiiiii im iiiirl iiuixilluire siipci-lciir et un nerf opli'tlialmiqiio ; '20, origine du nerf ninxilluire inférieur ; 21 , sixième picire ; 22, SPiitiènie piUre j 23, linitiénii! paire; 24, ncuviCMiiè poire; 25, dixième paire ; 20, onzième piiire ; 27, douzième [mire ; 28, p!ex.is ehnroide du cervelet. ' '

iiE l'axe central du système nerveux.

2" l)c l;i protubérance niiniiliiirc (fig. '200,5; 208, 5).

La protubérance annulaire, eiic()i;e appelée pont de Varole ou mésocép/ialc, esl cette partie de l'encéphale qui se dessine en saillie transversale sur la face inférieure de risllune entre le bulbe rachidicn et les pédoncules cérébraux, saillie logée dans la dépression antérieure de l'apophyse basilaire.

La protubérance représente une bande demi-circulaire de fibres blanches iransverses, jetées, comme un pont, d'un côté à l'autre du cervelet. Elle est convexe dans tous les sens, plus large dans son milieu que sur ses parties latérales, cl parcourue d'arrière en avant par un sillon médian peu profond, dans letfuel rampe le tronc basilaire. Kllc offre à considérer, avec la surface libre dont nous venons d'indiquer les principaux caractères, deux bords et deux extrémités.

Le bord postérieur, légèrement convexe, est séparé du bulbe par un léger sillon.

Le bord- antérieur, également convexe, mais échancré dans son milieu, surplombe de beaucoup lés pédoncules cérébraux, qui se trouvent limités de ce côté par une scissure très-prononcée.

Les extrémités se recourbent par en haut, pour se |)longer dans l'épaisseur du cervelet, sous forme de deux gros cordons constituant les pédoncules cérébelleux moyens (lig. 268, 6). Elles présentent l'origine apparente des nerfs trijumeaux.

La protubérance n'existe poiîit chez les oiseaux.

3° Des pédoncules cérébraux (fig. 266, 6; 268, 7).

On nomme ainsi deux énormes faisceaux blancs, visibles à la surface inférieure et sur les côtés de l'isllunc, converLs supérieurement par les tubercules quadrijumeaux et les couches optiques, lesquels faisceaux font suite au-dessus de la protubérance, aux fibres du bulbe rachidien, et se plongent par leur extrémité antérieure dans les hémisphères du cerveau.

Ces pédoncules sont séparés l'un de l'autre par une scissure médiane dite interpédonculaire, qui se bifurcpie en avant pour circonscrire Véminence mamillaire encore appelée tubercule pisi forme (fig. 270, 18), petite saillie impaire, arrondie, de couleur blanche comme les pédoncules eux-mêmes, couverte par la glande pituitaire dont le point d'implantation, représenté par le tubercule cendré, se trouve situé en avant de cette saillie. ( Voyez plus loin la description de la glande pituitaire.)

Eu arrière, les pédoncules cérébraux sont limités par le bord antérieur de la protubérance. — En avant, ils se trouvent circonscrits par les nerfs optiques, qui se développent obliquement autour de l'extrémité antérieure de ces pédoncules, et viennent se réunir sur la ligne médiane en avant du tubercule cendré, en formant une commissure appelée chiasma des nerfs optiques (fig. 26(5, l^i). — Sur les côtés, leur tissu se confond avec celui des tubercules quadrijumeaux et des couches optiques, qu'on sait être superposés aux pédoncules du cerveau. Il est à remarquer (jue la partie de leur face latérale située au-dessous des tubercules testes forme une surface triangulaire assez bien circonscrite, désignée par les noms de ruban de Reil, faisceau triangulaire latéral, faisceau latéral oblique de l'isthme.

à° Des pédoncules cérébelleux.

Le cervelet se trouve attaché sur la face supérieiire de l'isthme par deux gros et

Dli J.'lSTHMli. 721

I (uuts funicules latéraux de substance blanche, entre lesquels est compris le vcntri- ( iile postérieur : ce sont eux qui constituent les pédoncules cérébelleux.

l'rois faisceaux entrent distinctement dans la composition de chacun de ces funi- ( nies : un nntérienr, m\ postérieur, un

iimjlL'ii.

Celui-ci, ou le pédoncule cérébelleux moi/en, est le plus gros des trois; il est formé par le prolongement des extrémités de la protubérance (fig. "267, 2; 268, 6).

Le pédoncule cérébelleux postérieur, le plus mince de tous, est formé par le corps restiforme, dont une portion se réfléchit sous la racine postérieure du nerf acoustique pour gagner la substance du cervelet.

II s'unit de la manière la plus intime avec le précédent, dont on a beaucoup de peine à le distinguer (fig. 267, 3).

Quant au pédoncule cérébelleux antérieur, il représente un faisceau bien distinct des deux autres, faisceau accolé, en dedans, au pédoncule moyen, qu'il croise obliquement, se perdant dans le cervelet par son extrémité postéro-supérieure, arrivant derrière les tubercules testes et pénétrant sous ces petits organes par son extrémité anléro-inférieure, en compagnie du ruban de Reil, ou faisceau supéro-latéral des pédoncules cérébraux.

On verra, dans l'étude de la structure du cervelet, comment ces pédoncules se comportent à l'intérieur de cet organe.

5» De la valvule de Vieussens (flg. 267, 6).

On appelle ainsi une mince lamelle blanche qui réunit l'un à l'autre les deux pédoncules cérébelleux antérieurs.

Elle présente à peu près la forme d'un parallélogramme. Sa face supérieure est couverte parle cervelet; ^inférieure concourt à former le plafond du ventricule cérébelleux. Les deux bords latéraux sont soudés aux pédoncules que cette valvule unit; V antérieur s'attache en arrière des éminences testes ; le postérieur adhère à l'éminence vermiforme antérieure du cervelet.

Gall a considéré celte lame comme une commissure des pédoncules cérébelleux antérieurs; et nous croyons qu'il a eu raison, car on la voit formée presque exclusivement de fibres transversales qui se portent d'un de ces pédoncules à l'autre. Ces fibres sont

(*) 1, corps ri'stiformi' ; 2, cniipe ilii piulonniilu (lérébcllcux iiinyuii ; 1!, ci)ilp« ilu pùilniiciilu cr'rùlR'lIciix poslt'riciii'j 4, péilonriili; crM'i'lielIcn.x nrilrriciir ; 5, pluiicln r ilii vcnlriciilo pcisliTiiMir ; (!, viilviik' ViciissiMis ; .7,7, liibcrciiles leMf.a ; 8, 8, tiib^rciMca «rt/ra; S),U, cniicbi's ii|ilic|nus ; 1(1, liiirp» i,'cn(iiiillé iiiteriiu ; 11, l'orps gL-iioiiilU'. t'xloriii' ; 12, corps Htrii' ; l'.l, bniKli'lf'tti; (|pmi-nirciibiir(! ; (4, içbiiiili' piuiHib' ; 15, pi''(loiii'iilc" do celle i^biiulo ; 10, oiivortnrc comiiiniic nnlrricurf ; 17, 17, piliers iinli'riciirs (lu triquiK,' ; 18, nerf Irijuini.'im ; 10, nerl' l'aciul ; 20, nerr anditil'; 21, nerf glnssopbaryngicii ; l2, nerf pDcnniogiistri(ine ; 23, nerf spinal.

CHAUVEAU. — 2» ddit. 46

OE l'axe CENTIUL DU SYSTÈME NEKVElIX.

surtout apparentes en avant, où la membrane est beaucoup plus épaisse. En arrière, elles se mêlent à quelques faisceaux longitudinaux.

G" Des tubercules quadrijumeaux ou bigéminés (fig. 267, 7, 8).

Ce sont quatre éminences arrondies, accolées deux à deux, qui surmontent en arrière les pédoncules cérébraux. Les deux postérieures, plus petites, portent encore le nom cVéminmces testes, et les deux antérieures celui A' éminences nales.

Les tubercules quadrijumeaux postérieurs, ou éminences testes, sont en rapport en avant avec les antérieurs, en arrière avec les pédoncules cérébelleux antérieurs et la valvule de Vieussens, dont ils se trouvent séparés par un sillon transversal, dans le fond duquel naissent les nerfs pathétiques. Une bandelette oblique les unit en dehors à la partie de la couche optique qu'on désigne sous le nom de corps genouillé interne.

Les tubercules quadrijumeaux antérieurs, ou éminences nales, se distinguent des précédents, non-seulement par leur plus gros volume, mais encore par leur couleur, qui est grise, celle des tubercules testes étant blanche. Ils sont aussi mieux arrondis, plus près l'un de l'autre, et couverts par les hémisphères cérébraux, tandis que les postérieurs le sont plutôt par le cervelet. Un sillon courbe les isole en avant des couches optiques.

7° Des couclies optiques (fig. 267, 9).

Le nom de couches optiques est donné à la région de la face supérieure de l'isthme qui se trouve située en avant des tubercules quadrijumeaux. Ces couches optiques sont donc placées au-dessus de la partie antérieure des pédoncules cérébraux.

Fie. 268. — Vue latérale de l'isthme (*).

Plus larges, dans leur ensemble, que les tubercules quadrijumeaux, et plus encore en avant qu'en arrière, elles représentent l'une et l'autre une surface de couleur grise, légèrement convexe, très-irrégulièrement quadrilatère, couverte par la toile choroïdienne, qui sépare cette surface de la corne d'Ammou et des piliers postérieuis du irigone cérébral.

5 m.lK!;c^';i^nliï"i;.f'r'il:V'n''^^ 3, l«i«-.ul. l„.of.,l a„l,ull,e; 4, ^.ynur>\Ae «« faisceau InlVîneur du k,ll,.;

rul.an de Reil ; Û, racine sen^itive dn triiL»« 5 ,„, " ,', T '3, nerf palhéUque »p,.hg»o sur I.

, injunianu , 15, laciiu' nictnce du nu-uie ; 16, nerf lacial ; 17, ncri aucfilif.

DE l'istitme. 723

En dedmis, elles s'inclinent l'une vers l'autre, en fornianl sur la ligne médiane une gouttière assez profonde, dans la(|uelle courent d'avant en arrière deux iractus blancs longitudinaux, (|ue nous signalerons plus loin sous le nom ùa pédoncules antérieurs de la glande pinéale. Cette gouttière aboutit en arrière îi Vouverture commune postérieure, en avant à Vouverture commune antérieure, orifices que nous ne faisons qu'indiquer ici, car leur étude doit être faite avec celle de la conformation intérieure de l'isthme.

En dehors, la couche optique offre deux saillies dites corps [/cnouillés, d'où naissent les nerfs de la deuxième paire : placées l'une au devant de l'autre, la postérieure . plus près de la ligne médiane que l'antérieure, ces deux saillies se distinguent en externe et en interne.— Le corps genoui lié externe est toujours plus volumineux, mieux circonscrit et situé sur un plan plus élevé que Y interne. Celui-ci est uni aux tubercules quadrijumeaux postérieurs par une bandelette oblique (fig. 267 et 268, 10, 11).

En arrière, les deux couches optiques sont comme échancrées pour recevoir les éminences nates, qu'elles enclavent légèrement.

En avant, elles se trouvent séparées du corps strié par un sillon dans le fond duquel nous retrouverons plus loin une étroite lanière désignée sous le nom de bandelette demi-circulaire.

8° De la glande pinéale ou conarium (fig. 267, 14)»

Ce nom a été donné à un petit tubercule de couleur rouge brun, en forme de pommé de pin, enveloppé par la toile choroïdienne, ayant son sommet tourné en haut, reposant, par sa base, sur l'ouverture commune postérieure, qu'il bouche, et au pourtour de laquelle il se trouve attaché par une lamelle circulaire.

' De cette lamelle se détachent en avant deux tractus fibreux désignés sous le nom de pédoncules antérieurs du conarium.

Ces pédoncules antérieurs (fig. 267, 15) représentent deux étroites bandelettes blanches qui partent de la base de la glande pinéale et se dirigent en avant, parallèlement l'une à l'autre, dans le fond de la gouttière des couches optiques, auxquelles elles adhèrent fortement. Elles arrivent ainsi vers l'ouverture commune antérieure où elles se réunissent, dit-on, aux piliers antérieurs du trigone cérébral. Quelquefois ces pédoncules sont fort étroits et séparés par un intervalle. Le plus souvent ils sont relativement larges et immédiatement en contact sur la ligne médiane.

Le conarium est loin d'offrir toujours le même volume. On l'a représenté dans la figure 267 avec ses dimensions les plus ordinaires. Dans la figure 270, il se montre incomparablement plus gros.

La structure de la glande pinéale paraît fort simple. Elle ne comprend qu'une masse de substance grise, parsemée quelquefois de granulations calcaires, sans cavités au centre de l'organe.

Cet organe et celui dont la description va suivre n'appartiennent point, à proprement parler, au système de l'isthme encéphalique. (!c sont plutôt, comme nous l'avons déjii dit, des ganglions appendiculaires (|ui mériteraient d'être décrits à part, au même titre que les trois énormes ganglions cérébelleux et cérébraux. On n'oubliera pas que si nous avons fait entrer leur description dans l'étude de l'isthme, c'est comme moyen de simplificationi

DE L'AXE CENTKAL DU SYSTEME NEUVEUX.

9» De la glande pituilaire (fig. 266, 7 ; 268, 19).

Encore appelée hypophijsc et appendice sus-sphénoïdal, la y lande pituilaire représente un petit tubercule discoïde, lixé à l'exlrémilé antérieure de la scissure inlerpédonculaire par l'intermédiaire de la tige pituilaire et du tubercule cendré.

a. Le tubercule cendré, ou iuber cinereum, est une petite éminence de couleur grise, située sur la ligne médiane, entre le tubercule mamillaire et le chiasma des nerfs optiques, c'est-à-dire tout à fait sur la limite antérieure de l'islhme encéphalique. Cette éminence est creuse intérieurement; sa cavité n'est qu'un diverliculum du ventricule moyen.

b. la tige pituitaire n'est autre chose qu'un très-court prolongement conique, implanté par sa base sur le tubercule cendré, et par son sommet sur la face supérieure de l'appendice sus-sphénoïdal. La cavité du tubercule cendré se continue dans la tige pituitaire, et se termine en cnl-de-sac vers le sommet de celle-ci. Ce prolongement, formé aussi de substance grise, se dislingue par sa grande fragilité; aussi faut-il prendre quelques précautions, quand on veut l'obtenir intact en ouvrant le crâne par sa base.

c. La glande pituitaire, logée dans la selle turcique, où elle est enveloppée par le repli sus-sphénoïdal de la dure-mère, a la forme d'un petit corps arrondi, presque circulaire, déprimé de dessus en dessous, et plus ou moins épais suivant les sujets.

Sa face inférieure repose sur le corps du sphénoïde, par l'intermédiaire de la duremère, à laquelle cette face adhère fortement ; la supérieure recouvre l'éminence mamillaire, avec une portion des pédoncules cérébraux, et reçoit, tout à fait en avant, l'insertion de la lige pituitaire. Quant à la circonférence, elle répond de tous côtés au repli sus-sphénoïdal, dans lequel se trouvent creusés les sinus caverneux.

Il n'existe point de cavité à l'intérieur de la glande pituitaire.

La substance qui constitue celte glande semble être à peu près amorphe; elle est jaune dans la moitié antérieure de l'organe, et brune dans la moitié postérieure.

CONFORMATION INTÉRIEURE DE L'ISTHME (flg. 270).

L'islhme encéphalique se trouve creusé, au niveau des couches optiques, d'une cavité centrale appelée ventricule moyen, cavité prolongée en arrière, sous les tubercules quadrijumenux, par un conduit, nommé aqueduc de Sylvius, qui aboutit, sous la valvule de Vieussens, dans le ventricule postérieur, autre cavité comprise entre le . cervelet et le bulbe rachidien. Nous allons étudier successivement ces trois diverticules.

1° Du venlricule moyen ou ventricule des couches optiques (fig. 270, 13).

Le ventricule moyen est une cavité irrégulière, allongée d'arrière en avant, déprimée d'un côté à l'autre, offrant à étudier deux parois, wn plancher, une voûte et deux extrémités.

Les deux parois sont lisses, presque planes ou très-légèrement concaves de haut en bas.

Le plancher, exirêmement étroit, ne forme qu'une gouttière dont le fond répond à la scissure inlerpcdonculaire, qui s'en trouve beaucoup plus éloignée en arrière qu'en

Dli L ISTHME.

y vaut, à rémiiience inamillaiie et au tubercule cendré. La cavité intérieure de celui-ci (lig. 270, 20), cavité prolongée dans la tige pituitaire, conniiunique, ainsi qu'on l'a déjà vu, avec le ventricule moyen, et concourt à sa formation.

La votUe, non moins étroite que le plancher, est disposée comme lui en goullière, et constituée par les deux couclies optiques, qui se soudent l'une avec l'autre au-dessus du ventricule, en formant une épaisse commissure grise (fig. 270, 16). Elle se termine, près des extrémités, à deux orifices signalés déjà sous les noms à'ouvertiires communes postérieure et antérieure. — Vouvcrlure commune postérieure (lig. 270, 15) s'élève derrière la commissure grise, et se termine à la base de la glande pinéale par un cul-de-sac irrégulièrement renflé. Elle est limitée en arriére par la commissure blanche postérieure, mince faisceau de fibres transversales placé en avant des tubercules ([uadrijumeaux, au-dessus de l'entrée de l'aqueduc de Svivius, se perdant par ses extrémités dans l'épaisseur des couches optiques (fig. 269, 9). - Vouverture commune antérieure, encore appelée trou de Monro (fig. 270, fait communiquer le ventricule moyen avec les ventricules latéraux, et livre passage au cordon vasculaire qui réunit les deux plexus choroïdes. Elle est percée en avant de la commissure grise, sous le sommet du trigone cérébral, qui concourt à la circonscrire au moyen de ses deux piliers, entre lesquels on aperçoit la commissure blanche antérieure. Celle-ci est un petit ruban de fibres transversales analogue à celui qui constitue la commissure postérieure, mais plus fort, passant en avant des piliers antérieurs du trigone pour s'aller plonger, par ses extrémités, dans l'épaisseur des corps strié's, où il se perd.

V extrémité postérieure du ventricule moyen, plus étroite que l'antérieure et placée sur un plan plus élevé, se continue avec l'aqueduc de Sylvius, dont l'entrée (fig. 269, 10) se trouve percée au-dessous de la commissure postérieure, vers l'ouverture commune.

L'extrémité antérieure, plus dilatée que la postérieure, est placée immédiatement au-dessus du chiasma des nerfs optiques, et ne se trouve séparée du fond de la grande scissure interlobaire du cerveau que par une petite lame grise fort mince attachée sur ce chiasma, et appelée parles auteurs, pour celle raison, racine grise des nerfs optiques. Cette lame s'aperçoit fort bien quand on rabat la commissure optique sur la glande pituitaire; il sulTit de la traverser pour pénétrer dans le ventricule moyen.

Vépendyme qui forme les parois du canal central de la moelle tapisse aussi les parois de cette cavité; il se prolonge, par l'aqueduc de Sylvius dans le ventricule postérieur, par l'ouverture comirmne antérieure dans les ventricules latéraux, et de là dans les cavités creusées au sein des lobes olfactifs.

Fig. 269. — Coupe transversale de l'encéphale, pratiquée au niveau de l'ouverture commune postérieure (*).

(*) 1, sulistmid! l)liiii<:liK ili! rijrinis|jliàic, nu ceiitru nvnlô ili! Viuiissciis ; 2, 2,2, 2, substniipo giiso fonnnnt !ii rouohe exlériciirp dus pireoiivoliilimis ; 3, (miii|]C (Ui corps cnlli'ii.x; intùi-ieiir ilcs vunlriciilos Intéraiix; 5, rniipiv de l:i içi'iindH vninc df Onlicn ; 6, fi, iiùdonnik'H r(h'i'dirniix ; 7, 7, poiipo de l'istlime ; 8, oiivprtiiro coiiiniiriic posirTioiiii' ; 9, coinmissiire Idniiclie piisli'M iciire ; 10, unli'ùc do l'uqiiediic do Sylvius.

DE l'axe central DU SYSTÈME NERVEUX.

2° De l'aqueduc de Sylvius (fig. 270, li).

C'est un conduit longitudinal et médian creusé sous les tubercules quadrijumeaux au-dessus des pédoncules du cerveau.

Son extrémité antérieure communique avec le ventricule moyen. La postérieure s'ouvre au-dessous de la valvule de Vieussens dans le ventricule cérébelleux.

3" Du ventricule postérieur ou cérébelleux (fig. 270, 5).

Ce ventricule (1), situé sous le cervelet, entre les pédoncules de cet organe, audessus du bulbe rachidien et de la protubérance annulaire, représente uue cavité allongée d'avant en arrière, qui est presque entièrement remplie par les éminences vermiformes.

Sa paroi supérieure est formée par ces deux éminences, la valvule de Vieussens et celle de M. Renault. Vinfériewe, ou le plancher de la cavité, est représentée par l'excavation de la face supérieure du bulbe rachidien, excavation prolongée en avant, au-dessus de la protubérance annulaire, jusqu'auprès des tubercules testes.

Vextrémité antérieure communique avec l'aqueduc de Sylvius. La postérieure occupe le sommet du calamus scriptorius.

STRUCTURE DE L'iSTHME.

L'isthme encéphalique, n'étant qu'un prolongement de la moelle, doit se rapprocher de celle-ci par sa structure, et c'est effectivement ce qui s'observe, surtout dans la partie postérieure de l'organe, les caractères communs d'organisation s'effaçant au fur et à mesure qu'on se rapproche de l'extrémité antérieure.

En se reportant à ce qui a été dit sur la conformation extérieure du bulbe rachidien, on sait déjà que cet organe présente, sur chacune de ses moitiés latérales, les traces d'une division en trois faisceaux principaux : l'un, supérieur, formé par le corps restiforme; l'autre, inférieur, représenté par la pyramide du bulbe ; le troisième, intermédiaire aux deux premiers. Ces trois faisceaux ne sont autre chose que la continuation de ceux que nous avons reconnus dans la moelle, et ils en partagent toutes les propriétés.

Le faisceau supérieur ou le corps restiforme, accolé, par son extrémité postérieure, à celui du côté opposé, s'en trouve séparé dans la plus grande partie de son étendue, par l'excavation qui constitue le plancher du ventricule postérieur. Il repose sur la partie externe du faisceau latéral. Au niveau de l'extrémité de la protubérance, il abandonne une petite branche qui constitue le pédoncule cérébelleux postérieur ; puis il continue son chemin sur le côté du ventricule postérieur, se réunit bientôt au pédoncule cérébelleux antérieur qui lui est superposé, et va s'engager avec lui sous les tubercules quadrijumeaux.

Le faisceau inférieur, le plus mince des trois, comprend, avons-nous dit, toute la portion du bulbe qui constitue la pyramide. Mais quand cette éminence est nulle ou peu marquée, on doit reconnaître les limites qui la séparent du faisceau latéral dans, la ligne d'insertion des racines du grand hypoglosse, prolongée par la pensée jusqu'à la

(l) Le cervelet concourant à la formation de cette cavité, on fera bien d'en aborder l'élude après celle du cervelet lui-môme.

DE L'iSTHMli. 727

prouibéraiice, auprès du point d'éiiiergence du nerf oculaire, moieur exierne. Ses fibres s'entrecroisent en partie avec celles du faisceau opposé, dans le fond du sillon médian. Elles passent toutes au-dessus des faisceaux transverses de la prolubi^^rance ou à travers ces faisceaux, [)our aller constituer le plan inférieur des fibres des pédoncules cérébraux.

Quant au faisceau latéral ou intermédiaire du bulbe, faisceau compris entre la ligne d'insertion des racines de l'hypoglosse et celles des racines motrices propres aux nerfs glosso-pharyngien, pneumogastrique et spinal, il se distingue peu, profondément, du cordon inférieur. C'est lui qui forme, par une partie de sa face supérieure, le plancher du quatrième ventricule. Après avoir franchi la protubérance 5 la manière du faisceau pyramidal, il va concourir à la constitution des pédoncules cérébraux, et particulièrement de leur faisceau triangulaire oblique.

En prenant dans leur ensemble, au niveau de ces pédoncules, les faisceaux médullaires prolongés dans l'isthme, on reconnaît encore à peu près le même ordre de superposition que dans le bulbe; mais il n'est plus possible de les distinguer nettement les uns des autres ; ils se confondent même avec ceux du côté opposé. On voit donc leurs fibres se prolonger en masse sous les tubercules quadrijumeaux, à travers la substance propre des couches optiques, et s'épanouir de chaque côté, en une belle gerbe rayonnée, au sein des hémisphères cérébraux, en passant d'abord dans les corps striés.

A cet important système de fibres blanches longitudinales, prolongation de celles de la moelle, se trouvent annexés, comme éléments complémentaires de l'organisation de l'isthme encéphalique, plusieurs systèmes de fibres transversales, également blanches, et des amas de substance grise. Voici une exposition sommaire de la disposition présentée par ces nouveaux éléments.

En procédant d'arrière en avant, on trouve à signaler, parmi les fibres blanches transversales:

1" L'expansion de fibres arciformes qui couvrent quelquefois la face inférieure du bulbe (fig. 282, h) : leur extrémité supérieure se perd sur le corps restiforme ; l'inférieure s'enfonce dans le sillon intermédiaire à la pyramide et au faisceau latéral.

2" Les fibres propres de la protubérance : elles constituent un très-épais faisceau semi-annulaire, dont les extrémités forment les pédoncules cérébelleux moyens et se plongent dans le cervelet; ce faisceau enveloppe, par en bas et sur les côtés, les fibres longitudinales de l'isthme; il est traversé par quelques-unes, c'est dire qu'il présente plusieurs plans superposés de fibres transversales.

.j" Les fibres transversales de la valvule de Vieussens et celles des commissures blanches, qui ont été déjà signalées.

La substance grise de l'isthme, dont il nous reste à parler maintenant, est loin d'être aussi abondante que la substance blanche, et, comme dans la moelle, elle se trouve reléguée profondément dans l'épaisseur de l'organe, du moins sur le plus grand nombre des points.

Dans le bulbe, on n'en trouve point sur le trajet des fibres des faisceaux supérieurs et inférieurs; mais les faisceaux latéraux en sont pénétrés, et il m existe une couche sur le plancher du ventricule postérieur.

On en trouve également dans les pédoncules cérébraux, surtout sur le prolongement des faisceaux latéraux du bulbe.

C'est une petite masse de cette substance grise qui constitue chacun des tubercules •quadrijumeaux; masse recouverte d'une légère pellicule de substance blanche à peine sensible dans les éniinences antérieures.

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