COMPARAISON DES NERFS CRANIENS DE L'HOMME AVEC CEUX DES ANIMAUX
Les quelques modifications que les nerfs crâniens de l'homme peuvent présenter, lors(pron les compare à ceux des animaux, sont dictées par la disposition des parties et des organes dans lesquels ces nerfs se distribuent.
DES NERFS
Nous avons parlé des lobes olfactifs dans l'étude du cerveau, nous n'y reviendrons ; pas ici. Quant aux nerfs optiques, oculo -moteurs communs ei pathétiques^ ils ne comportent aucune différence qui mérite d'être mentionnée.
Nerf trijumeau. — Même origine et même division que chez les animaux.
Le nerf frontal de la portion ophtlialmique se partage en deux branches qui s'infléchissent de bas en haut sur le bord de l'orbite et montent se distribuer dans la peau du front. Ces deux branches, bien développées sur le chien, se distinguent en interne et externe. Celle-ci s'anastomose avec un rameau du facial. Le nerf nasal, après s'être répandu à la surface des cornets et du méat, fournit un rameau qui devient sous-culané en passant entre le bord inférieur de l'os propre du nez et le cartilage des narines ; on l'appelle naso-lobaire.
Le nerf maxillaire supérieur sort du crâne par le trou grand rond, gagne la gouttière i sous-orbitaire, et se répand sur la face par les rameaux sous-orbitaires. Comme celui i des animaux, il donne naissance à un rameau orbitaire, aux rameaux dentaires postérieurs et au rameau dentaire antérieur. Les différences apparaissent pour les autres branches que fournit, chez les brutes, le nerf maxillaire supérieur ; en effet, dans l'homme, ces branches partent du ganglion de Meckel. Les filets émergents de ce ganglion sont; 1° le nerf pharyïKjien de Bock qui s'épuise dans la partie supérieure de la muqueuse du i pharynx, dans celle de la trompe d'Eusiache et de l'orifice postérieur des cavités nasales : 2" les nerfs palatins qui sont distingués en grand nerf palatin ou palatin antérieur destiné à la muqueuse de la parlie antérieure du palais ; en palatin moyen qui se distribue dans la muqueuse du voile du palais, et en palatin postérieur qui se rend à la muqueuse des deux faces de la cloison staphyline ainsi qu'aux muscles péristaphylin inierne et palato-staphylin ; 3° le nerf nasal ou sphéno-palatin.
FiG. 287.
Ganglion de Meckel,' nerfs palatins et nerfs des cornets des fosses nasales (d'après Arnold) (*).
Le nerf maxillaire inférieur offre la plus grande analogie avec celui des animaux ; ; toutes les différences consistent en ce que: 1° le nerf temporal profond moyen naîtl directement du maxillaire ; 2° le nerf lingual se détache près de la base du crâne ; 3° le ? nerf temporal superficiel fournit, indépendamment des filets qui s'unissent au facial, . un rameau auriculo-temporal qui monte en avant de l'oreille et se termine dans la. peau de la région temporale.
caiotidieu! inierieur, o, giand nerl palntm; 7, nerfs palatins postérieur et moyen; 8, rameau i
NERFS CRANIENS OU ENCÉPHALIQUES. 791
Chez l'homme, on trouve annexé ii lii cinqnif-me paire, le ganglion som-maxillaire. Ce ganglion reçoit une branche sensitive du lingual, un filet moteur de la corde du tympan et des filets sympathiques; il fournit plusieurs filets émergents qui se rendent presque tous dans la glande maxillaire. Rien à dire sur le ne?'/" oculo- moteur interne.
Facial. — Par ses branches collatérales, le facial de l'homme ressemble absolument à celui des animaux. Il possède cependant un rameau qui n'est pas décrit chez ceux-ci ; c'est le rameau de Hirschfeld qui gagne la base de la langue où il se distribue, en se mélangeant au glosso-pharyngicn. — La terminaison rappelle beaucoup celle que pré- - sente le chien. On décrit deux branches terminales principales : la branche temporofaciale et la branche cervico- faciale. La première reçoit le nerf temporal superficiel, décrit une arcade à convexité antérieure de laquelle se détachent des rameaux temporaux, frontaux, palpébraux, sous-orbitaires et buccaux. Tous ces rameaux forment le plexus sous-parotidien. La seconde, logée dans la parotide, se porte vers l'angle de la mâchoire où elle s'anastomose avec le plexus cervical ; elle fournit des rameaux buccaux inférieurs, mentonnicrs et cervicaux.
Glosso-pharyngien. — Ce nerf commence et se termine comme chez les solipèdes ; il affecte aussi des rapports idenii(|ues. Il fournit le rameau des m.uscles digafitrique él stylo-hyoïdien, le filet du muscle stylo-glosse, et enfin des rameaux tonsillaires formant autour de l'amygdale le plexus tonsillaire.
Pneumogastrique. — Formé par la réunion des racines sensitives, le pneumogastrique sort de la cavité crânienne par le trou déchiré postérieur; dans l'intérieur de ce trou, il présente le ganglion jugulaire ; un peu plus bas, il offre un second renflement fusiforme, plus volumineux que le précédent, auquel on donne le nom de plexus gangliforme, plexus qui se rencontre chez le chien ; c'est à ce niveau que le pneumogastrique reçoit la branche interne du spinal ou, autrement dit, ses racines motrices. A partir de ce renflement gangliforme, le pneumogastrique se place un peu en dedans du sympathique, descend le long du cou, traverse la poitrine et vient se terminer sur l'estomac et dans le plexus solaire. Les rapports des deux pneumogastriques dans la cavité thoiacique sont les mômes que chez les animaux. En se terminant dans le ganglion semi-lunaire, les deux pneumogastriques se réunissent et forment une arcade à concavité supérieure appelée anse mémorable de Wrisberg.
Les diverses anastomoses que contracte le pneumogastrique de l'homme n'ont rien de particulier.
Les rameaux pharyngiens partent du plexus gangliforme et sont constitués par les filets apportés au pueumogastrique par la racine interne du spinal. Ils sont au nombre de deux, trois ou quatre et vont former le plexus pharyngien.
Le nerf laryngé supéi^ieur naît aussi du plexus gangliforme ; il présente, comme dans les ruminants, un rameau de Galien qui s'anastomose bout à bout avec une branche du laryngé inférieur. Le laryngé externe est fourni par ce nerf; il se distribue au muscle constricteur inférieur du pharynx, au crico-thyroïdien et à la muqueuse de la partie sous gloltique du larynx et du ventricule do la glotte.
Les nerfs récurrents affectent une distribution analogue à celle que nous connaissons déjà.
Le peumogastriquc donne encore des rameaux cardiaques, pulmonaires et œsophagiens. Les rameaux cardiaques s accolent à ceux qui proviennent du sympathique et des récurrents et vont se jeter dans le ganglion de Wrisberg situé à la base du cœur. Les rameaux œsophagiens se font remarquer par leur nombre et leur inlrica-
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lion; ils forment un vérilable plexus œsophagien. Les branches stomacales sont également irès-nombieuses.
JL
t.-.'swmaSSI
. FiG. 288. - Pneumogastrique du côté gauche, grand sympathique du cou, plexus cardiaque
et ganglion de Wrisberg (homme) (*).
i, 1, norf nnciimofrastritiue cauclio • Q o i- ■ entre la trachée et l'œsoi,luï..e ■ 3 rninp, ,, ' T' '''-''"'■rent giuiolie emljrassnnt In crosse de raorte et remontant syinpatliique ; 5, gangliou ce?vical^nlerie,,r "fi ''7'" I""'."»i"?"stri,,„e ; 4, sanglion cervical supérienr dtt
cardiaque svinpatliiniie snpérionr • S rnnm,,' tyujpaUiuiiie entourant l'urtéru scus-elavière : 7, rameau
rieur; 10, sanglion de y^nsh^g l^exur^^XÎ:::' (U^aZf ery;m,"E/ """""" '^"''''"''"'^ ^y-rnU-iq- infé-
NERFS RACHIDI&NS. 793
Spim/. — Il présente des racines hnibaires que nons connaissons parfaitement et des racines médullaires qui, d'ordinaire, s'étendent jusqu'à la cinquième paire cervicale, quelquefois jusqu'à la première dorsale. Après sa sortie du trou déchiré postérieur, le spinal se divise en deux branches : l'une interne, l'autre externe. La branche interne, formée par les bulbaires, se jette dans le plexus gaiigliforme du pneumogastrique. La branche externe se comporte comme chez les animaux.
hypoglosse ressemble à celui des carnassiers ; il possède, comme lui, un rameau pour les muscles hyo-thyroïdien et génio-hyoïdien.