DES ENVELOPPES DU FOETUS DES SOLIPÉDÈS
• On a vu, dans le chapitre précédent, que la membrane vilelline doublée par la vésicule séreuse formait une coque complète autour de l'œuf en voie de développement ; on a vu aussi que les feuillets du blastoderme constituaient, en se métamorphosant, trois sacs membraneux dont deux enfermaient encore le fœtus à leur intérieur. Ce sont ces diverses membranes que l'on décrit sous les noms d'c«ye/o;j/5(?s oud'annexes du fœtus. On joint à elles, sous le môme litre, le cordon de vaisseaux et les ramifications capillaires qui établissent des relations entre la mère et son produit.
Les anneîies du fœtus comprennent : 1° une enveloppe membraneuse exactement conformée conmie la matrice, et connue sous le nom de chorion; T un second sac» ovoïde, inclus dans le premier, et conlenaiit lui-même le fœtus : c'est Vamnios; 3" Vallantoïde, membrane formée de deux feuillets, étalée sur la face interne du sac cborial et sur la face externe du sac amniotique, tapissant ainsi les parois comprises
OHAirVKAU. — 2* édit. «0
9/l6 EMBUYOLOGIE.
entre ces deux enveloppes ; U" une petite ampoule piriforme constituant la vésicuïe ombilicale; 5° le placenta, ensemble de houppes vasculaires greffant le petit sujet sur la mère ; 6" le cordon ombilical, composé de vaisseaux qui rattachent le fœtus aux enveloppes dans lesquelles celui-ci se trouve contenu, et qui vont se ramiûer dani les houppes placentaires.
1" Du chorion (fig. 352).
Enveloppe la plus extérieure de l'œuf, le chorion représente un sac membraneil* parfaitement clos, dont la forme générale rappelle tout à fait celle de la matrice ellemême. On lui trouve donc un corps et deux cornes : cellQS-ci se montrant plissées et. bosselées, à la manière du caecum, après l'insufflation du sac, et présentant toujours un volume inégal, celle dans laquelle s'est développé le fœtus ayant, bien entendu, de plus grandes dimensions.
La face externe est parsemée de petits tubercules rougeâtres formés parles houppes placentaires. Elle adhère à la face interne de l'utérus. Entre les deux membranes, on trouve une petite quantité d'un liquide sanguinolent.
La face interne, tapissée par le feuillet externe de l'allantoïde, se trouve unie de la manière la plus étroite à cette membrane, excepté vers le point d'insertion du cordon vasculaire, où il existe une sorte d'infundibulum conique occupé par la vésicule ombilicale.
FiG. 352. — Vue extérieure du sac chorial dans le fœtus de jument (*).
Structure. — Le chorion est une membrane fibreuse, délicate, traversée par les ramifications vasculaires du placenta. Il est formé par la membrane vitelline, k la face interne de laquelle vient s'appliquer la vésicule séreuse. On prétend que la zone vitelline, dite chorion primitif, disparaît lorsque la vésicule séreuse, chorion définitif, devient indépendante de l'amnios.
Le chorion est privé de vaisseaux jusqu'au moment où l'allantoïde s'est développée.
2» De l'amnios (fig, 353, c).
Deuxième sac enveloppant du petit sujet, l'amnios flotte librement à l'intérieur du ac chorial, avec lequel il n'est uni que dans un seul point, par l'intermédiaire du
(*) A, Corps; B, C, uonifcs.
cordon ombilical. Il contient dans sa cavité le petit sujet, qui se trouve fixé sur la l'ace interne du sac, également au moyen des vaisseaux du cordon.
li'amnios s'offre avec une forme ovoïde et des parois minces et transparentes.
La face externe est recouverte par le feuillet interne de la membrane allantoïdienne, et n'adhère que faiblement à cette membrane.
La face interne est parfaitement lisse, et appliquée plus ou moins directement sur la peau du fœtus. Elle laisse exhaler un liquide dans lequel baigne celui-ci, etquiforrae le fluide amniotique, ou les eaux de Vamnios,
Structure. — On démontre, chez le jeune fœtus, que l'amnios se continue avec la peau au pourtour de l'ombilic ; aussi n'est-on pas étonné de trouver dans l'amnios deux couches superposées : 1° une très-mince membrane fibreuse qui adhère à l'allantoïde ; 2° une lamelle épilhéliale qui recouvre celle-ci sur sa face interne. On rencontre dans certains points de la face interne de l'amnios de petites masses blanchâtres et opaques de nature épidermique.
Liquide amuiotique. — Renfermé avec le fœtus dans la cavité de l'amnios, ce liquide se montre plus ou moins abondant, suivant l'époque de la gestation. Sa quantité relative est toujours d'autant moindre que le fœtus est plus avancé. On lui trouve une couleur un peu lactescente dans l'œuf récent, couleur qui devient plus tard citrine et un peu roussâtre. Ce liquide est légèrement salé; il renferme 99 parties d'eau sur 100, de l'albumine et des sels, dont les principaux sont le chlorure de sodium, le sulfate et le phosphate de chaux.
3° De l'allantoïde.
Vallantoïde est une membrane qui tapisse la face interne du chorion, et qui se replie autour du point d'insertion du cordon ombilical pour aller s'étendre sur toute la face extérieure de l'amnios. Elle transforme ainsi le sac du chorion en une sorte de cavité séreuse, dans laquelle le sac amniotique se trouve enfermé à la manière d'un viscère.
Le feuillet interne ou amniotique contracte avec l'amnios « une adhérence peu intime, que la dissection et surtout l'insufflation détruisent facilement. Lorsqu'on a recours au second de ces moyens pour séparer les deux membranes, on voit la surface de l'allantoïde prendre une apparence bouillounée, due aux nombreuses brides cellulaires qui la lient à l'amnios. Ces brides se rompent à mesure .que l'on force l'insufflation, en faisant entendre un bruit analogue à celui que produirait le froissement d'un parchemin sec. On peut, avec un peu de soin, détacher en entier celte portion de l'allantoïde, dont l'étendue égale celle de l'amnios.
3) Le degré d'adhérence de l'allantoïde choriale est beaucoup plus marqué. La dissection ordinaire, assez facile à exécuter le long des premières divisions du cordon, rencontre d'autant plus de difficultés, que l'on se rapproche davantage du chorion, et devient bientôt, sinon impossible, du moins assez difficile pour que l'on ne puisse séparer que des lambeaux d'allantoïde. Mais ici l'insufflation vient démontrer l'existence de cette membrane, et sa continuité avec la portion que nous avons séparée assez facilement de l'amnios.
n EnJcITet, si, après avoir ouvert le sac allantoïdien en fendant le chorion et le feuillet qui le tapisse, on introduit un tube entre les deux membranes, ce (|ui est facile à exécuter auprès d'un gros vaisseau, on voit, par une légère insufflation, l air pénétrer entre l'allantoïde et le chorion, mais seulement en suivant le trajet des vaisseaux d'un i' certain volume, sur les côtés desquels il y a à peine adhérence. Si l'on force l'insufflalion, l'air, suivant les plus petites ramifications vasculaires, rend la membrane bien
g/lg EMBRYOLO&IE.
plus appareille encore, sans cependant pouvoir, par son effort, la détacher des points où les vaisseaux sout devenus à peu près capillaires.
a Si, au lieu de pousser l'injection aérienne vers les ramifications, on la dirige en sens contraire, on voit bientôt le fluide se porter vers la poriion allantoïdienne du cordon ombilical, et s'insinuer entre l'anmios et la portion de l'allantoïde qui le recouvre : preuve évidente de la continuité des deux feuillets que nous avons séparés pour les étudier, mais qui ne sont que deux parties d'une membrane unique, dont l'enenible forme un sac complet (1 ). »
FiG. 353. — Fœlus de jument et ses enveloppes (*).
La cavité de ce sac est mise en communication avec l'intérieur de la vessie au moyen deVouraque, canal étroit contenu dans la portion amniotique du cordon ombilical, et s'évasant vers l'origine de la portion allantoïdienne (au point D, fig. 353), oii ses parois se continuent, d'une part avec le feuillet amniotique de la membrane, d'autre part avec le feuillet cliorial, après s'être prolongées en gaine autour du cordon, B. Cette dispo-
(1) F. Lecoq, Des annexes du fœlus.
{*) Â, sac choi'lal; C, sac amniotiquo retiré hors de la eavitti allantoïtlieune, ut ouvert lui-même de manière à. laisser voir le lœtus j 7), infundibulum del'ouruquu; 5, jjortion allantoïdienne du cordou ombilical ; (/j.poinl de la surface exteiiie du ehoniin dépourvu de villosités idacentuiros ut uorresiiouJunl au lieu d'iuserliou du tivis hippomancï pédii.'uli's.
sîlion inonirc la véritable naiurc de la cavité allantoùliemie; celle-ci représente évidemment une sorte de réservoir uriiiairc, dépendant de la vessie, dont ]e fond se prolonge en infundibnhim jusqu'à l'ombilic pour cousliluer l'ouraque, qui suit les
vaisseaux ombilicaux dans la portion amniotique du cordon, cl s'épanouit bientôt en formant la cavité allanloïdienne.
Structure. — L'allantoïde provient de la gouttière intestinale, ou autrement de la portion rentrée du feuillet blastodermique interne. Elle comprend une trame légèrement fibreuse et une lame épithéliale. Elle porte les vaisseaux ombilicaux à sa surface, depuis l'ombilic jusqu'au chorion.
Liquide aiiantoïdicn. — Cette cavité renferme un liquide analogue aux eaux de l'amnios et qui présente à peu prés les mêmes caractères physiques. L'analyse démontre, dans ce liquide, pendant les premiers mois de la vie du fœtus, une assez grande proportion de sucre, qui diminue peu à peu, el finit par disparaître tout à fait. On l'a considéré, vers la fin de la gestation, comme le produit de la sécrétion urinaire du fœtus.
iilppomancs. — On appelle ainsi de petits corps brunâtres qui flottent dans le liquide allantoïdien, corps plus ou moins nombreux, mais le plus souvent réduits à un seul.
Œ Ces corps, de consistance analogue à celle du gluten et élastiques comme cette substance, sont de forme aplatie, plus minces sur les bords que vers le centre, ovales ou irrégulièrement arrondis et du diamètre moyen d'une pièce de 5 francs.
» Il est difficile d'expliquer la présence de l'hippomane dans le sac de l'allantoïde. Rien dans son aspect n'annonce qu'il puisse être formé aux dépens du liquide que contient cette membrane. Quelquefois on rencontre des hippomanes pédiculés, et peutêtre ce fait pourrait-il aider à expliquer la formation de l'hippomane libre. Bourgelat a parlé, dans son Anatomie, des hippomanes pédiculés, et j'ai pu, sur un fœtus où je les ai rencontrés en grand nombre, faire les observations suivantes :
n Outre l'hippomane libre que l'on rencontre flottant dans les eaux de l'allantoïde, on remarquait, à la paroi externe du sac, un grand nombre de petits corps en forme de larmes et de grosseur variable, adhérant par un pédicule d'autant plus étroit que ces corps étaient plus développés. Leur couleur était la même que celle de l'hippomane principal, et si on les pressait entre les doigts, on voyait la matière brune, contenue dans un sac à minces parois, disparaître par le pédicule pour aller s'échapper à la surface externe du chorion. Là, les villosités du placenta manquaient aux abords de l'ouverture, qui se trouvait entourée d'une espèce d'auréole blanchâtre (fig. 353, b).
» Ne pourrait-on pas admettre, d'après cette disposition, que l'hippomane se développe entre le placenta et l'utérus, et se porte en dedans en poussant devant lui le chorion elle feuillet de l'allantoïde qui le tapisse, pour s'avancer, el par suite se détacher dans la cavité allanloïdieime, comme certains corps fibreux ou cartilagineux pénètrent dans les cavités synoviales ou séreuses ? » (F. Lecoq.)
4° De la vésicule ombilicale.
•La vésicule ombilicale est une petite poche fusiforme ou piriforme, logée dans l'infundibulum qui est placé à l'extrémité du cordon ombilical. Son fond adhère au chorion ; l'extrémité opposée se prolonge plus ou moins loin dans l'épaisseur du cordon et se continue même, chez le fœtus inVjeunc, jusque dans la cavité abdominale, par un canal étroit qui communique avec la portion terminale de l'inleslin grêle. Celle poche présente uiie couleur rougeâlre qu'elle doit à sa grande vascularité. Ses
parois reçoivent, en effet, une artère spéciale provenant de la mésentérique antérieure; elles donnent naissance à une veine correspondante qui se termine dans la veine porte. Ce sont là les deux vaisseaux omphalo-mésenlériques.
Dans les derniers mois de la vie fœtale, cette vésicule ombilicale se montre presque toujours plus ou moins atrophiée; sa cavité a disparu, et elle ne forme plus qu'une sorte de cordon rouge brun d'un très-petit diamètre. Ses vaisseaux s'atroi)liient de la même manière, et presque toujouis même on ne rencontre plus alors que l'artère réduite aux dimensions d'un fil.
50 Du placenta.
Chez les sohpèdes, \q placenta constitué par une multitude de petits tubercules répandus uniformément à la surface extérieure du chorion, qu'ils recouvrent à peu près complètement.
Ces petits tubercules sont formés par une réunion de villosités extrêmement vasculaires, qui s'enfoncent dans les follicules de la muqueuse utérine. Ce sont les ramifications terminales des vaisseaux du cordon qui constituent l'appareil vasculaire de ces villosités.
Structure. — Les villosités du placenta sont constituées par un peu de tissu conjonclif délicat, nucléaire, recouvert par une couche épilhéliale simple. Elles présentent à leur centre les ramifications capillaires des vaisseaux du cordon. Ces vaisseaux forment généralement des anses qui retournent vers la base de la papille.
Ces villosités pénètrent dans la muqueuse utérine de la mère, de sorte que les deux systèmes capillaires de la mère et du fœtus ne sont plus séparés que par les très-minces parois des vaisseaux et par l'épithélium des villosités. Jamais on n'a constaté la fusion de ces deux systèmes; aussi tous les échanges entre la femelle et son produit s'opèrent à travers les capillaires, en vertu de la force osmotique.
6° Du cordon ombilical.
Le cordon est formé par les vaisseaux qui, du petit sujet, portent le sang aux enveloppes el principalement au placenta.
Ce cordon se divise en deux parties: l'une, amniotique, la plus longue, toujours tordue sur elle-même à la manière d'une véritable corde, et recouverte extérieurement par la membrane amniotique, qui se prolonge à sa surface pour aller se continuer avec la peau au pourtour de l'ombilic; l'autre, allantoïdienne (fig. 353, B), beaucoup plus courte, moins tordue, enveloppée parla gaîne qui établit la continuité entre les deux feuillets de l'allantoïde, et s'insérant sur la paroi supérieure du sac chorial, entre les deux cornes.
Trois vaisseaux entrent dans la composition de ce cordon : deux artères et une veine, vaisseaux enveloppés d'une couche de tissu conjonctif embryonnaire, gélaiifie de Wharton, qui les fait paraître beaucoup plus volumineux qu'ils ne .sont réellement.
Les ARTÈRES OMBILICALES naissent de l'artère iliaque interne, se portent sur les côtés de la vessie; gagnent l'ombilic, traversent cette ouverture, arrivent à l'extrémilc terminale de !n poriion amniotique du cordon; abandonnent à ce point quelques rameaux destinés aux parois du sac de l'amnios, et se continuent jusqu'à l'extrémité de la portion allantoïdienne du cordon, où elles se terminent par une expansion de branches placentaires.
Les divisions amniotiques de ces artères sont extrêmement flexueuses et peu abondantes ; elles se trouvent comprises entre le feuillet allantoïdien et la membrane du sac amniotique, en dedans duquel on les voit faire saillie.
FiG. 354. — Fœtus ouvert du côté gauche (figure principalement destinée à montrer le trajet des vaisseaux ombilicaux à l'intérieur du corps) (*).
Les divisions placentaires ou choriales, infiniment plus nombreuses et plus grossès, partent de l'extrémité terminale du cordon, se dirigent dans toutes les directions, en rampant entre le chorion et le feuillet externe de l'allantoïde, sous lequel elles se dessinent en saillie. Elles forment, par leurs anastomoses, un réseau d'une grande richesse, d'où procèdent les ramuscules capillaires qui se jettent dans les villosités du placent.!. L'observation démontre que ces ramuscules sont sans communication avec les vaisseaux de la mère, et qu'elles sont continuées par les radicules veineuses, origine du vaisseau que nous allons faire connaître.
La VEINE OMBILICALE Commence donc par les radicules capillaires des villosités du placenta, radicules formant, par leur réunion entre le chorion et l'amnios, un réseau de divisions plus volumineuses, dont la richesse est encore supérieure à celle de l'arborisation artérielle. Deux branches principales succèdent enfin à cet appareil radiculaire, branches bientôt réunies en un seul tronc, qui suit dans le cordon les deux artères correspondantes. Arrivé à l'ombilic, ce tronc vasculaire, c'est-à-dire la veine ombilicale (fig. 35^i), s'infléchit en avant, sur la face interne de la paroi abdominale, où elle est couverte par le péritoine, arrive au foie, se plonge dans sa substance, et .s'abouche directement avec la veine porte. Il résulte de cette réunion, que ces deux vaisseaux forment, dans l'intérieur du foie, un seul et môme canal d'où procèdent les veines sous-hépatiques (fig. .355). Dans les animaux autres que les solipèdes, ce canal unique donne naissance, en plus, à un vaisseau particulier, d'un volume assez consi-
(') A, cordon ombilical; H, veine ombilicale; <■, nrti'ic ombilicalo; JJ, vessie; 7i, teslieulej F, rein; G, rnte, //, foie ; /, intestin ; J, poumon ; K, cœur ; L, artén- pnlinormirn ; M, cnnal nrlériel ; N, thymus.
dérable, qui se jette directement dans la veine cave postérieure, vaisseau formant ce qu'on appelle le canal veineux (fig. 355 et 356).
FiG. 355. — Vaisseaux du foie d'un fœtus de jument à mi-terme {*).
Tels sont les vaisseaux ombilicaux. Comme on le voit, ils font parlie du système
Fig. 35G. — Foie d'agneau à terme (*"').
sanguin du petit sujet que nous étudierons plus loin d'une façon plus complète.
(*) A, veine ombilicale ; B, nnastoinose de celtn dernière avec la veine porte ; C,, veino porte ; D, canal veineux ; E, veine cave postérieure. (EmpnintAe (i M. Colin, Physiologie compan'e. (ks animaux riotncutiqrtcx, 2* édition. Paris, 1871.)
(*") A, veine cave postérieure ; D, veine porte ; C, veine ombilicale ; D, anastomose du tronc de la veine ombilicale ■ avec celui de la veine porte. (Empruntée ù M. Colin, Physiologie comparée (tes animaux domestiques, 2* édition. Paris, 1871.)
DU fci;tus,
CARACTÈnES DIFPÉDKNTIEt.S DES ANNEXES DU FOETUS DANS I-ES ANIMAUX DOMESTIQUES
AUTRES QUE r.ES SOLIl'ÈUES.
1° Ruminants. — Placenta. — L'appareil placcnlairo de la faciie n'csi pas uniformément répandu sur la surface externe du clioriou. Il est constitué par un nombre variable de corps vasculaires, une soixantaine en moyenne, disséminés çà et là^ engrenés, par pénétration réciproque des reliefs et des cavités, avec des corps analogues de la face interne de la matrice, qu'on désigne sous le nom de cotylédons.
Ceux-ci ne sont que des points épaissis de la membrane muqueuse, dont les follicules se sont énormément agrandis. Ils existent déjà, comme on l'a vu, avant la gestation, mais l'observation démontre qu'il peut s'en former de toutes pièces, surtout dans les cas où des circonstances tout à fait accidentelles rendent les premiers insuffisants. Les plus gros se rencontrent dans le corps de l'utérus ; au sein des cornes, on les trouve d'autant plus petits, qu'ils sont plus rapprochés de l'extrémité. Leur forme est généralement ellipsoïde. Ils tiennent à la surface utérine par un large pédoncule muqiieux. Leur surface est convexe, criblée d'orifices dans lesquels pénètrent les villosités placentaires. On les observe toujours avec une couleur jaunâtre qui, jointe à leurs autres caractères extérieurs, les fait ressembler aux champignons appelés morilles.
Quant aux placentas, ils répètent, à la surface du chorion, la disposition présentée par les cotylédons sur la matrice. Ce sont des plaques vasculaires, concaves, embrassant exactement les cotylédons, et offrant à leur surface une multitude de longues papilles ramifiées, qui s'enfoncent dans les cavités cotylédonaires. Ils tiennent au chorion par un pédicule vasculaire très-épais et très-court.
Dans la Brebis et la chèvre, OU retrouve une disposition exactement semblable, avec cette différence, néanmoins, que les cotylédons sont creusés, à leur centre, d'une vaste excavation dans laquelle s'enfonce le placenta.
Chorion. — Cette membrane répond à la face interne de l'utérus dans les points inter-placcntaires. Sa face profonde est unie, au moyen d'un tissu cellulaire lamelleux, à l'amnios et à l'allantoïde, La forme générale de ce sac répète, du reste, exactement celle de la cavité utérine.
Allantoïde. — Bien différente, de celle du cheval, et beaucoup moins compliquée, du reste, l'allantoïde des ruminants représente une cavité très-allongée, dont la partie moyenne reçoit l'insertion de l'ouraque, et dont les extrémités se prolongent dans les deux cornes du chorion. Ce sac, épanouissement du canal ouraque, se trouve toujours renversé sur l'un des côtés de l'amnios. Dans le liquide qu'il contient, flottent parfois des hippomanes.
Amnios. — Tout à fait semblable à celle des solipèdes, cette membrane, assez facilement décomposable en deux lames, présente, sur sa face interne, une grande quantité de petites plaques épidermoïdes, d'un blanc jaunâtre, apparentes surtout sur la gaine amniotique du cordon.
Cordon ombilical. — Il comprend deux artères et deux veines, ces dernières se réunissant en un seul tronc à leur entrée dans l'abdomen. Ces vaisseaux, pour gagner le chorion, traversent seulement la cavité amniotique. Ils sont accompagnés par l'ouraque, qui offre, à leur extrémité terminale, la dilatation d'où résulte le sac allantoïdicn.
Vésicule ombilicale. — Cette poche disparaît de très-bonne heure. On n'en retrouve même plus les vestiges après la formation des parois abdominales,
2° Porc. — Le placenta est formé par une expansion de tubercules villeux exactement semblables à ceux des solipèdes.
Le chorion ne présente plus un cbrps et deux cornes. C'est un sac allongé dont les .deux extrémités se mettent en rapport av<ec les enveloppes des fœtus voisins. La face interne répond, ainsi que dans les ruminants, à Tamnios et à l'allantoïde.
Celle-ci offre la même disposition que dans la vache ; mais elle est incomparablement plus courte.
La vésicule ombilicale, Vamnios et le cordon donnent lieu également aux mêmes considérations que chez les ruminants.
3" Carnassiers. — Le jo/acm^o: représente une ceinture épaisse entourant circulairement la partie moyenne du chorion.
Celui-ci ressemble tout à fait au chorion de l'espèce porcine.
Vallantoîde est disposée en principe comme chez les solipèdes.
La vésicule ombilicale, qui reste très-développée à toutes les époques de la vie fœtale, rappelle par sa forme l'allantoïde du porc ; c'est un sac allongé transversalement, compris entre l'amnios et le feuillet allantoïdien interne, pourvu, dans sa partie moyenne, d'un pédicule étroit qui se prolonge dans le cordon ombilical^ et présentant des parois extrêmement vasculaires.
Vamnios est tapissé sur sa face externe par le feuillet interne de l'allantoïde.
Quant au cordon ombilical, il présente, comme chez les solipèdes, une portion allantoïdienne, mais elle est extrêmement courte et enveloppée dans un large repli de la membrane allantoïde.
Conséquence. — L'examen comparatif de la disposition du placenta peut fournir des indications précieuses sur le procédé que l'on devra suivre pour pratiquer la délivrance artificielle. Les manœuvres chirurgicales devront nécessairement varier avec l'étendue et la disposition des points d'union qui existent entre l'utérus et les enveloppes fœtales.
A ce point de vue pratique, nous woyons qu'il est utile de diviser les animaux en deux groupes : les animaux à placenta simple, et les animaux à placenta multiple. Le premier groupe est susceptible de recevoir une subdivision suivant que le placenta simple est général ou local.
Nous résumons cette division dans le tableau suivant :
Animaux. .
{général local et circulaire..
. à placenta multiple.
Jument.
Truie.
Chienne.
Ctiatte.
' Vache.
Brebis.
Chèvre.
COMPARAISON DES ANNEXES DU FOETUS HUMAIN AVEC CELLES DU FŒTUS DES ANIMAUX.
Le fœtus humain, comme celui des mammifères domestiques, est enveloppé par un amnios et un chorion, enveloppes générales qui présentent une disposition identique avec celle que nous avons déjà décrite. — La vésicule ombilicale subit le même sort que chez la jument ; elle s'atrophie rapidement, et c'est à peine si l'on en voit encore les traces à l'époque de l'accouchement. — Vallantoîde est impossible à isoler de l'amnios et de la face interne du chorion; aussi quelques anatomistes n'admettent-ils sa présence que par analogie avec ce qui se voit dans les animaux. — Rien à dire de particulier sur le cordon ombilical. — Le placenta est circulaire, d'un diamètre de O^.SO à la fin de la grossesse et d'une épaisseur moyenne de O^.Ol à 0'",02. On distingue le
placenta fœtal, au milieu duquel arrive le cordon ombilical, et le placenta maternel, dont les viliosités s'engrènent avec celles du premier.
L'insertion du placenta a lieu vers le fond de l'utérus, au voisinage d'une trompe de Fallope. Quand il y a plusieurs fœtus, il y a plusieurs placentas.
Indépendamment de ces annexes qui sont les mêmes que dans tous les animaux, on décrit dans le fœtus humain une enveloppe. spéciale, extérieure au chorion, c'est la membrane caduque. La caduque est formée par la muqueuse utérine hyperlropliiée qui se replie sur l'œuf, en bourgeonnant tout autour de lui, quand il s'est arrêté dans la cavité de la matrice. Il résulte de cette disposition que la caduque se divise en deux parties : la caduque vraie, qui tapisse l'utérus, et la caduque réfléchie, qui enveloppe le chorion. La prcnnere participe à la formation du placenta maternel. Ces membranes présentent les caractères de la muqueuse utérine hypertrophiée.