‹ Traite d'anatomie comparee des animaux domestiquesChapitre 29 sur 262 · PIED ANTÉRIEUR OU MAIN · texte numérisé non relu

PIED ANTÉRIEUR OU MAIN

Le pied antérieur ou la main est la région qui présente les différences les plus grandes lorsqu'on l'envisage dans les divers sujets de la série animale.

Dans tous les mammifères néanmoins la conslitution de la main est identiquement la même au fond, et l'on peut diviser cette région en trois sections : le carpe, le métacarpe et la région phalangienne.

La main est formée de cinq rayons parallèles ou quasi parallèles qui constituent les doigts, et dont chacun se compose effectivement ou virtuellement de deux os carpiem superposés, d'«n métacarpien et de trois phalanges, formant dans leur ensemble le doigt proprement dit. Mais cette composition type, établie par les travaux de MM. Joly et Lavocatj se trouve rarement réalisée d'une manière complète.

Voici ce qui se présente dans la main de l'homme, qui est le type pentadactyle le plus parfait : Le carpe se compose, de huit os^ le métacarpe de cinq colonnettes osseuses parallèles; la région phalangienne de cinq doigts, le pouce, V index, le médius, Y annulaire, V auriculaire, formés chacun de trois phalanges, à l'exception du pouce qui n'en a que deux.

Chez nos animaux domestiques, la constitution de la main s'éloigne plus ou moins de celle-ci, par suite d'avortements qui diminuent ou le nombre des rayons de la main, ou le nombre des pièces qui composent ceux-ci.

Ainsi, chez le chai et le porc, on compte huit os dans le carpe; mais chez le chien, le cheval, le dromadaire, il n'y en a plus que sept; chez le bœuf et le mouton six seulement, car dans ces derniers animaux deux ou trois os se sont confondus l'un avec l'autre.

Le métacarpe du chien et du chat possède bien cinq métacarpiens, mais le métacarpe du porc n'en renferme plus que quatre, celui du cheval trois, et celui des ruminants deux seulement. Dans le métacarpe du porc, le cinquième métacarpien ne s'est pas développé. Sur le cheval, le cinquième manque complètement; le quatrième et le premier sont indépendants, le troisième et le deuxième se sont confondus pour former un os volumineux auquel on donne le nom de métacarpien principal. Dans les ruminants, les quatrième et cinquième métacarpiens avortent complètement, le pre- I mier s'arrête dans son développement, les second et troisième se soudent comme chez le cheval.

Enfin, pour la région digitée, on constate qu'elle renferme cinq doigts chez lesc«?'nassiers, quatre chez le porc, deux chez les ruminants et un seul chez les solipèdes. — Dans le porc, le pouce avorte ; dans les ruminants, ce doigt fait complètement défaut; le premier et le quatrième sont représentés par deux i)ctils osselets situés en arrière de l'articulation mélacarpo-plialangienne; et dans les solipèdes le doigt unique que l'on remarque résulte de la fusion de l'auriculaire et du médiu.s.

Grâce à cette exposition synthétique préliminaire, il sera plus facile de comprendre la dcsQription des os qui composent la main des solipèdes.

1° Os du carpe.

Le carpe sert de base à la main. Silué entre l'extrémité inférieure du radius et l'extrémité supérieure des os métacarpiens, il se compose de plusieurs petits os réunis entre eux dans l'état frais par des liens articulaires extrêmement solides. Leur assemblage forme une masse presque quadrilatère dans laquelle on peut distinguer deux faces et quatre bords.

La face antérieure légèremen't convexe d'un côté à l'autre, irrégulière, répond aux tendons des muscles extenseurs du métacarpe et des |)halauges.

La face postérieure est très-inégale et convertie, surtout en dehors, en une gouttière dans laquelle glissent les tendons des muscles fléchisseurs des phalanges.

Le bord supérieur s'articule avec le radius, le bord inférieur avec les os du métacarpe.

Les bords latéraux sont presque pleins; au-dessus et eu arrière du bord externe, on remarque une éminence considérable formée par l'os qui sera étudié ci-après sous le nom d'os sus-carpien.

Dans le carpe du cheval on compte sept os. Ils sont disposés sur deux rangées superposées. La rangée supérieure comprend quatre os placés les uns à côté des autres, et: désignés sous les noms numériques ûe premier, deuxième, troisième, quatrième, en: les comptant de dehors en dedans. La rangée inférieure n'en possède que trois que ■ l'on désigne de la même façon.

En leur appliquant les noms imaginés par Liser, nous avons : Pour la rangée supérieure :

1" Os pisiforme ou os sus-carpien; 2° Os pyramidal ; 3° Os semi-lunaire; k" Os scaphoïde ; Pour la rangée inférieure :

1° Os crochu ou unciforme ; 2" Grand os ou os capitatum ; 3° Os trapézoïde (1).

La description de ces os est des plus simples et peut se faire d'une manière générale ' pour tous. Ainsi à l'exception de l'os sus-carpien, ce sont des solides de forme à peui près cubique, sur la périphérie desquels on trouve : 1" des surfaces articulaii^es ; : 2° des surfaces d'insertion.

Les surfaces articulaires représentent de petites facettes planes ou ondulées, dispersées sur les faces supérieure, inférieure et lalérale, on n'en trouve point en avant eti en arrièi'e. Les faces supérieure et inférieure sont entièrement occupées par une seule facette qui répond, soit au radius, soit au métacarpien, soit aux os d'une rangée dilTé-rente. Les facettes latérales sont toujours multiples et mettent en rapport les os d'une' même rangée; il n'en existe pas bien entendu sur le côté excentrique des premier eti troisième os du rang supérieur comme du rang inférieur.

Les surfaces d'insertion manquent sur les faces supérieure et inférieure. Elles sé-parent sous forme de fossettes rugueuses les facettes articulaires latérales. En avant ett en arrière, elles sont couvertes de rugosités plus ou moins marquées.

(1) L'analogue du trapèze de l'homme manque cliez le clieval. D'après M. Lavocal, on devrait! regarder comme tel un petit os surnuméraire qu'on trouve quelquefois articulé en arrière du troi-sièmp os. Nous sommes entièrement de son avis.

MEMBRES ANTËIllliUaS.

DES OS DE LA RANGÉE SUPÉRIEURE OU RANGÉE ANTIBRACHIAI-E. — Le premier OU

Ipisiformc est liors de rang ; il est situé au-dessus cl en arrière du carpe, ce qui lui a -valu le nom d'os sus-caiyien, sous lequel il est iiabituellenient connu en anatomie vétérinaire. Cet os, qui mérite une description toute spéciale, représente un disque aplati d'un côté h l'autre, oITrant à étudier deux laces vX une circonférence. La face externe est convexe, rugueuse et creusée antérieurement d'une coulisse (|ui la parcourt de haut en bas et dans hiquelle glisse le tendon inférieur du fléchisseur externe du métacarpe. Sa face interne, concave et lisse, concourt à former la paroi externe de la gaîne carpienne. La circonférence présente en avant deux facettes articulaires : l'une supérieure, concave, répond au radius; l'autre inférieure, convexe, se met en rapport avec le deuxième os de la rangée supérieure.

Les trois autres os de cette rangée vont en augmentant de volume de dehors en i dedans.

Le second ou os pyi^amidal répond au radius, au premier os de la rangée inférieure, au troisième de la rangée supérieure et à l'os sus-carpien ; il a en tout cinq facettes articulaires.

Le troisième ou os semi-lunaire en a six et s'unit en bas avec le premier et le deuxième os de la seconde rangée.

Le quatrième ou os scaphoïde,\e plus volumineux de la rangée, possède quatre fa- •cettes seulement, et s'articule par sa face inférieure avec le grand os et le trapézoïde.

Pris ensemble, les second, troisième et quatrième os de la rangée supérieure forment deux surfaces articulaires.

La surface articulaire supérieure ou radiale est très-irrégulière ; on peut cependant y reconnaître, en allant de dehors en dedans : 1" une cavité glénoïde située sur le pyramidal; '2° en avant, un condyle allongé transversalement sur le semi-lunaire et le scaphoïde ; 3° une coulisse placée en arrière du précédent condyle.

La surface articulaire inférieure, qui répond à la deuxième rangée, est constituée par plusieurs facettes ondulées ; elle est convexe en dehors et en avant, concave en arrière et en dedans.

Des os de la rangée inférieure ou rangée métacarpienne. — L'épaisseur de ces os va en diminuant de dehors en dedans.

Le premier, os crochu ou unciforme, possède quatre facettes diarlhrodiales, et répond, en haut, aux deux premiers os de la rangée supérieure; en bas, au premier et au second métacarpiens.

Le deuxième, grand os, ou os capitatum, le plus grand, a sept facettes articulaires, dont trois sur la face latérale interne. Il s'articule, en haut, avec le semi-lunaire et le scaphoïde, en bas, avec le métacarpien principal et le métacarpien rudimenlairc interne.

Le troisième ou trapézoïde, le plus |)clit, pourvu de cinq facettes, se met en rapport en haut avec le scaphoïde, en bas avec deux métacarpiens, le médian el l'interne.

Ces os de la rangée inférieure forment par leur ensemble deux larges surfaces diar- Ithrodiales.

FiG. i3. — Carpe du clieval , vu par sa l'iice antérieure {*).

() 1, tnlii'j ositi' ininrne ot inférieure du rndiiis ; 2. cnniissc! pour lo passn»o du tendon de l'extenseur oblique du mélnoiirpr' ; 3, W. |iniir lexletiseur niili-ricur du niétacMr|ie ; 4, iil. pour l'extenseur iiutérie\n- de» plmlimges ; 5, lubérosité Rxlenie et inférieure liu rudius ; 7, tidiérnsité piiur l'inserlion de l'extenseur nntérieur du uiétneiu'pe ; 8,0, iné-

Incnrpiens ruduiieninirc» ; 10, 11, 12, le deuxii , le troisième et le cpuilriènu! os de lu rnnsée supérii-ure ilu eiu'pe;

13, 1 n» sus-cnrpien ; 1*,15,16; le premier, le deuxième el le troisième os de In rauRée iiiférioure.

La surface diarthrodiale supérieure répond aux os de la première rangée. Elle csti conslituée en avant et de dehors en dedans par un petit condyle et deux cavités glénoïdcs ; en arrière, par deux condyles isolés que fonnent le grand os et le trapézoïde. .

l/d surface articulaire inférieure n'est formée que par des facettes planes pins ou moins larges, plus ou moins inclinées les unes sur les autres. Elle répond aux trois pièces du métacarpe.

Structure et développement. — Les os carpiens sont formés d'un noyau de substance spongieuse, à maille serrée, entouré d'une couche très-épaisse de substance compacte. Ils se développent tous par un seul noyau d'ossification.

2" Os du métacarpe.

Le métacarpe se compose, chez les solipèdes, de trois os, appelés métacarpiens, . accolés parallèlement les uns aux autres. On distingue un métacarpien principal et deux métacarpiens rudimentaires, l'un externe, l'autre interne.

Métacarpien principal. — C'est un os long, cyHndroïde, situé verticalement entre le carpe et la région digitée.

Corps. — Le corps est un peu déprimé d'avant en arrière, disposition qui permet i d'y reconnaître deux faces et deux bords. — La face antérieure est parfaitement lisse et arrondie d'un côté à l'autre. — La face postérieure est plate et présente : 1" vers le:^ tiers supérieur, le trou nourricier de l'os; 2° sur les côtés, deux surfaces rugueuses,, étroites, allongées verticalement, parallèles, commençant vers l'extrémité supérieure^ pour disparaître un peu au-dessous de la moitié de l'os ; ces surfaces répondent aux» métacarpiens rudimentaires par l'intermédiaire d'un ligament interosseux souvent ossifié chez les vieux chevaux. — Les bords,. l'un externe, l'autre interne, sont très-épais, arrondis et Ussescomme la face antérieure.

Extrémités. — La supérieure, aplatie d'avant en arrière, offre; 1° en haut, une surface articulaire ondulée, formée par la réunioni de plusieurs facettes planes qui sont plus ou moins inclinées les> unes sur les autres : elle répond à tous les os de la rangée inférieure du carpe; 2° en avant et en dedans, une tubérositéà insertions musculaires; 3" en arrière et directement au-dessus des^ surfaces rugueuses de la face postérieure, quatre petites facettess diarthrodiales, rapprochées deux à deux, et confondues, par leurr bord supérieur, avec la grande surface articulaire : elles s'adaptenti à de semblables facettes des métacarpiens rudimentaires. — Vex— trémité inférieure, allongée transversalement, répond à la première phalange et aux grands sésamoïdes, par une surface articulaire convexe d'avant en arrière, qui se compose de deux condyles latéraux séparés par une arête médiane. Les deux condyles se ressemblent exactement, avec cette différence que le diamètre antéropostérieur du condyle externe a moins d'étendue que celui dui condyle opposé. Tous deux sont creusés par côté d'une excavation destinée à l'attacher de faisceaux ligamenteux.

FiG. 44. — Os métacarpiens du chevair).

(j^ A, on principal rt os ruillmcnlairc externe maintcnn/t dans: leurs rapports normauoi- et vus en arrière : i, condyle externe (le lu snrlnce nrticulaire iiilérieure ; 3, condyle interne ; 2, anMc nii?dinne qni les sépare ; 4, trou nourricier; .5,5, empreintes meneuses pour l'insertion du ligament interossonx qni nnit le métacarpien latéral interne au méta-carpien médian. — B, métacarpien rudimenlaire interne vu par sa face antérieure : \,\, facettes articulaires intermétacarpiennes ; 2, bouton.

MEMnUES ANTÉIUEURS.

Structure et développement. — Le mélacarpien principal csl l'un des os les plus fonipactcs de Tticonomio animale. Il se développe par denx noyaux d'ossilicalion, dont lin pour rcxlréniitt' inférieure.

MÉTACARPIENS iiUDiMiiNTAiRES. — Les dcux mélacarpicus rudimentaires sont deux os allongés appliqués contre la face postérieure de l'os principal, l'un en dedans, l'autre n dehors. Chacun d'eux a la forme d'une pyramide renversée, et présente à étudier me partie moyenne et deux extrémités.

Partie moyenne. — Prismatique et triangulaire, elle offre : 1° trois faces, une eaterm', lisse et ariondie d'un bord à l'autre, une interne, plane et également lisse, une jiautre antérieure, garnie de rugosités pour donner attache au Hgameni interosseux qui unit le métacarpien rudimentaire à l'os principal; 2° trois bords saillants qui séparent neitement les faces les unes des autres.

Extrémités. — La supérieure, la plus grosse, prend le nom de tête, et porte : en haut, une facette diarthrodiale qui répond à un ou à deux os de la rangée inférieure du carpe; en avant, deux autres petites facettes continues avec les précédentes, et accolées à de pareilles facettes du métacarpien principal; sur les autres points de sa péri' phérie, des rugosités destinées à l'attache de fibres ligamenteuses et tendineuses, ~ L'extrémité inférieure s'arrête vers le quart inférieur, environ, du métacarpien principal, et se termine par un petit renflement, le bouton du métacarpien rudimentaire, qui n'est jamais soudé avec l'os médian.

Les deux petits métacarpiens, quoique ayant entre eux la plus grande ressemblance, peuvent néanmoins être distingués 'un de l'autre avec beaucoup de facilité. Ainsi l'os interne ;st toujours le plus épais et souvent le plus long. De plus, la mrlace articulaire supérieure de sa tête résulte de l'union de deux facettes, qui répondent aux deux derniers os de la rangée inférieure du carpe.

Structure et développement. — Ces os, d'une texture assez compacte, manquent, comme tous les os allongés, de canal médullaire, et se développent par un noyau d'ossification unique. Il n'est pas rare cependant de voir le bouton former un noyau particulier.

3° Os du doigt ou de la région phalangienne.

Les solipèdes n'ont qu'un seul doigt, supporté par le métacarpien principal, et composé de trois articles qui sont Iplacés bout à bout les uns à la suite des autres. Le premier comprend trois os : un principal, la première phalange; et deux complémentaires, les grands sésamoïdes. Le second est formé par la deuxième phalange. Le dernier, celui qui termine le membre, est constitué par la troisième phalange, et par un os accessoire qui a reçu le nom de petit sésamo/de. Première phalange, ou phalange métacarpienne. — La première phalange

FiG. A5, — Vue latérale de la région digitée du chevnl. (Celte figure et les Irois suivantes ont été dessinées d'après les os du membre postérieur) (*).

(*) \ ,iimnin-r phalange : 1, oxln'-mitr' supprioiirn ; 2, cxtivniiti'' iiifi'ripnrn ; 3, gi'nnil» S(^snnioiilp?. — H, ilnixu.mr nhalant/i' : .V,4, oiivit^a gliHioidi-s ilc lu facn »ii|irrifiirc : 5, |iortinii iln In siii'Inci! nrlicnlaii'i! inlV'iii'iii-p. - i:, troisième iihnlaiiijc : (i, pavitp pour l'irisprlion ilu ligariiPiil Inlpial aiilpripiir ili^ l'artiriilalion ilii pifd ; 7, rmiiiPniH' pulllohi'; î, npiipliysc ri'tross.ilo ; 9, apnpliysi! bii-iilni'rp ; iO, si'issiirp pi-p-iilantuirp ; H , Pininpiini- pyi-imiidnlo ; 12, siirjiii'P pi-iioiilnli! pxtcrne j 13, petit sésninoidc. — \), jmriimi du mélaïuirpien priiicipal : ^^, pnvilp poui riiispi'ti'iii '1" li(<»lii<-'flf InlCrnl dp l'nrticiilntion mi'tnpnrpo-plinlnngipiine.

le plus petit de tous les os longs, est située dans une direction oblique de haut en bas et d'arrière en avant, entre le métacarpien principal et la seconde phalange.

Corps. — Déprimé d'avant en arrière et plus épais en haut qu'en bas, il olîre : une face antmeure, arrondie d'un côté à l'autre, légèrement rugueuse en haut ei eni bas; une face postérieure , plaie, garnie d'empreintes iigainenleuses disposées en formel de triangle isocèle à base renversée ; deux bords latéraux, épais, arrondis et pourvus de quelques empreintes.

Extrémités. — La supérieure, la plus grosse, présente : en haut, une surface articulaire moulée sur la surface inférieure métacarpienne, et composée, en conséquence, de deux cavités glénoïdes séparées par ime gorge antéro postérieure; latéralement el un peu en arrière, un tubercule d'insertion assez bien détaché. — Vextrémité inférieure porte une surface articulaire allongée transversalement, pour répondre à M deuxième phalange; cette surface est formée de deux condyles, séparés par une gorgt médiane, et surmontés latéralement par une petite tubérosiié à insertions ligamen-; teuscs. Le condyle externe est plus petit que l'iiilerne; aussi, quand on pose un« première phalange sur un plan horizontal, la face antérieure tournée en haut, elle touche le plan par trois points seulement : les deux tubercules de l'extrémité supé^ rieure et le condyle interne; en appuyant sur le condyle externe, on fait facilemen basculer l'os.

La première phalange est un os très-compacte qui se développe par deux points d'osr

sification, dont un pour l'extrémité supérieure.

Grands sésamoïdes. — Ce sont deux petits os courts, placés côte à côte, en arrière

de l'extrémité supérieure de la première phalange, dont ils complètent la surface arti-i,

culaire. Cette surface, en effet, est loin d'avoir assez d'étendue

î^^i^ pour s'adapter exactement à la surface métacarpienne. Chacui

NSsJv-fc^ d'eux représente un petit polyèdre irrrégulier, dont on pourrai

FiG. ^6.— Grands sésa- cependant rapporter la forme à celle d'une courte pyramide

moides vus par leur trifaclée ; il oITre donc : une face antérieure, articulaire, répon^ face articulaire. , ^ ' ' , . ...

dant a 1 extrémité mferieure du métacarpien principal, moulée

sur l'un des condyles et l'un des côtés de l'arête médiane ; une face postérieure-

revêtue de cartilage, dans l'état frais, et formant avec celle de l'os opposé une couliss^

de glissement pour les tendons fléchisseurs des phalanges ; une face latérale, garnin

d'empreintes ligamenteuses ; un sommet, dirigé en haut, et une base, tournée en basr

servant à l'attache de plusieurs ligaments.

Seconde phalange, ou phalangine. - C'est un os court, situé dans la même dil

rection oblique que la première phalange, entre celle-ci et la troisième. Sa forme généi'

raie est celle d'un cuboïde, aplati d'avant en arrière, auquel on reconnaît : une fac

antérieure, garnie de quelques légères empreintes ; une face postérieure, pourvue-

en haut, d'une surface de glissement allongée transversalement ; une face supéneure»

creusée de deux cavités glénoïdes, pour répondre à la surface articulaire inférieure d

la première phalange ; une face inférieure, conformée sur le même modèle que cetti

dernière, c'est-à-dire occupée par deux condyles inégaux qui s'articulent avec la troi»

sième phalange et le petit sésamoïde ; deux faces latérales, présentant une forte emn

prein'.e. — On trouve à l'intérieur de cet os un nv)yau de substance s{X)ngieuse très-

condensée, enveloppé d'une couche épaisse de substance compacte. 11 se développe*

dit-on, par un seul point d'ossification ; cependant nous avons trouvé, sur plusicuii

sujets, un noyau complémentaire pour la surface articulaire supérieure et la surfact

de glissement qu'elle porte en arrière.

MEMimiiS ANTÉHIEURS. 93

TaoïSitME PiiALANdii, PHALANGiîTTii OU OS DU PIED. — G'esl uii OS court qui termine le doigt et supporte l'ongle, à l'intérieur duquel il se trouve renfermé avec le petit sésanioïdc. Cet os, complété par un appareil fibro-cartilagineux spécial, représente un segment de cône très raccourci, obliquement tronqué, en arrière, du sommet à la base ; il oiïre à étudier trois faces, trois bords ot deux angles latéraux.

Faces. — V antérieure, convexe d'un côté à l'autre, criblée de porosités et de trous vasculaircs, présente de chaque côté : 1° la scissure pré-plantaire, sillon horizontal plus ou moins ramifié, qui commence, en arrière, entre l'apophyse rélrossale et l'apophyse basilaire, et qui se termine, en avant, dans l'un des trous qui pénètrent l'os; 2° Vémincnce patilobe, surface rugueuse et en relief située entre la scissure précédente et le bord inférieur de l'os. — La face supérieure est occupée par une surface articulaire formée de deux cavités glénoïdcs et d'un léger relief médian ; elle se met en rapport avec la face inférieure de la phalangine. — La face inférieure, excavée en voûte, est divisée en deux régions par la crête semi-lunaire, ligne en saillie qui décrit une courbe à concavité tournée en arrière. La région antérieure, criblée de très-fines porosités, répond à la partie de l'ongle qui porte le nom de sole. La l'égion postérieure offre, immédiatement eu arrière de la crête semi-lunaire, une empreinte médiane et deux scissures latérales. Celles-ci, nommées

scissures plantaires, prennent naissance à la base de l'apophvse „

kl- A- • /iTr . 1 . 11 , ■ ^ ''"5- — Troisième

basilau-e, se dirigent obliquement en bas et en dedans, et viennent phalange du cheval

aboutir aux timis plantaires , orifices extérieurs de deux larges vue par sa face planconduits qui entrent dans l'os et se réunissent, à son intérieur, ( pour former le sinus semi-lunaire.

Bords. — Le supérieur décrit une courbe à convexité antérieure, et présente : 1° dans son milieu, Véminence pyramidale de l'os du pied, apophyse impaire, triangulaire, aplatie d'avant en arrière, rugueuse sur sa face antérieure, concourant, par sa face postérieure, à former la surface articulaire qui répond à la seconde phalange ; 2° latéralement, deux facettes d'insertion qui empiètent sur la face antérieure et s'avancent même, en arrière, jusqu'auprès de la scissure pré- plantaire. — Le bord inférieur, mince, dentelé, convexe et disposé en demi-cercle, est percé de cinq à dix grands foramens qui s'enfoncent dans l'os. — Le bord postérieur est légèrement concave; on [y remarque une facette diarthrodiale, très-étroite, allongée transversalement, confondue avec la grande surface articulaire supérieure, et s'adaptant à une semblable facette du petit sésamoïde.

Angles latéraux. — Ce sont deux saillies, dirigées en arrière, au sommet desquelles 'viennent se réunir les trois bords de l'os, et qui donnent attache aux fibro-cartilages latéraux. Une échancrure profonde, origine de la scissure pré plantaire, les sépare, chacune, en deux émineiices particulières : l'une, supérieure, nommée par M. H. Bouley apophyse basilaire; l'autre, inférieure, plus prolongée en arrière, appelée par Bracy-Clarck apophyse rélrossale (de retrij, en arrière et ossa, os).

Structure. — L'os du pied offre îi son intérieur le sinus semi-lunaire, cavité cylindrique, allongée transversalement et demi-circulaire, laquelle résulte de l'anastomose en arcade des deux conduits plantaires. De cette cavité partent de nombreux tuyaux, souvent anastomosés entre eux, (jui viennent s'ouvrir à l'extérieur par les trous delà face antérieure de l'os ou par ceux du bord inférieur. — L'os du pied a pour base un noyau de substance spongieuse entouré d'une couche de tissu compacte. Celle-ci, plus

(') 1, apopbyse rétrosiile ; 2, acisaure plantaire ; 3, tion plnntnirt ; 4, ci'i'le semi •luimiic.

9/l DES OS.

épaisse vers l'éminence pyramidale que partout ailleurs, envoie clans l'intérieur de l'osi des prolongements multiples, qui forment les parois du sinus semi-lunaire ainsi que< des tuyaux osseux auxquels il donne naissance.

Développement. — La troisième phalange, formée par un seul noyau d'ossification, subit avec l'âge de nombreux changements dans sa configuration. Ainsi, chez le jeune animal, les angles latéraux sont épais, obtus et peu prolongés en arrière; plus l'animal vieillit, plus ils s'allongent et deviennent saillants. Le développement qu'ils prennent alors est dû à l'ossification progressive des cartilages latéraux implantés sur leur surface. Il arrive même irès-fréquemment, chez les vieux chevaux, que celte ossification, poussée à ses dernières limites, envahit presque totalement la substance de ces organescomplémentaires. Elle a pour résultat presque inévitable, dès son début, de convertir^ en trou l'échancrure qui sépare l'apophyse basilaire de l'apophyse rétrossale.

Appareil fibro- cartilagineux complémentaire de l'os du pied. — La disposition de cet appareil exigeant, pour être bien comprise, la connaissance préalable deshgamentÉ et des tendons qui s'attachent sur l'os du pied, nous en ferons une étude détaillée seulement alors que nous nous occuperons du pied du cheval dans son ensemble à l'article sabot. Nous nous contenterons de dire ici que cet appareil se compose de deux pièces latérales, les fibro-cartilages de l'os du pied, réunis, en arrière et en bas, par le coussinet plantaire, niasse fibreuse et élastique sur laquelle repose le petit sésamoïde par l'intermédiaire du tendon perforant.

Petit sésamoïde, ou os naviculaire. — Os court annexé à la troisième phalange, en arrière de laquelle il se trouve situé, allongé transversalement, aplati de dessus en dessous, rétréci à ses extrémités, offrant : 1° une face supérieure, sur laquelle sc^;

prolongent les cavités glénoïdes et le relief médian de la surface articulaire de l'os du pied; elle répond à la seconde phalange; 2° une face inférieure, partagée par un léger relief efi deux-

Pj(, Petit su- f'icGltes ondulées, et revêtue de cartilage pour former une surface

samoïde vu par sa de glissement ; 3° un bord antérieur, creusé, dans sa longueur,

face inférieure et son d'„ne rainure d'insertion, au-dessus de laquelle on remarque la' bord antérieur.

facette diarthrodiale qui met le petit sésamoïde en contact avec lo bord postérieur de la troisième phalange; 4° un bord postérieur et deux extrémités. servant à des insertions ligamenteuses. — Cet os, ainsi que chacun des grands sés. moïdes, prend naissance par un seul point d'ossification ; il est formé d'une couche épais.v i de tissu compacte enveloppant un noyau de substance spongieuse très-coudensée.

CARACTÈRES DIFFÉRENTIELS DU MEMBRE ANTÉRIEDR DES ANIMAUX AUTRES QUE LES S0LIPÉDE8.

A. Épaule. — Dans les carnassiers et le lapin l'épaule se compose de deux o c'est-à-dire que chez eux on rencontre une clavicule. La clavicule du chien est une i petite écaille osseuse, noyée dans les muscles situés en avant de l'angle scapulo-hunicral. Celle du chat constitue un petit os styloïde, qui s'unit à l'acroinion et au slenuim par l'intermédiaire de deux cordons ligamenteux. Enfin, la clavicule du lapin, quoique plus longue que celle du chat, ne s'appuie cependant pas directement sur le sternum et l'acromion.

Dans tous les animaux domestiques autres que les solipèdes, l'apophyse coracoïdct est immédiatement appliquée contre la cavité glénoïde.

Dans tous, aussi, à rexce|)tion du porc, l'épin{î scapulaire s'élève graduellement eni allant de haut en bas, et se termine par une arèie brusque, appelée acromion.

L'épine partage la face externe de l'os en deux fosses égales dans le chien et le.

MEMBRES ANTÉKIEURS. 95

ilroiiiadaire , et chez les autres lumiiiaiiis , en deux fosses qui sont entre elles connue 1 : 3. — I/épine scapulaire du porc s'élève fortement vers la partie moyenne et se renverse sur la fosse sous-épineuse.

Quant à l'acromion, il s'arrête à la hauteur du col chez le bœuf, le mouton ; dans It; ilromadain, le chien et le lapin il descend jusqu'au niveau de la cavité glénoïde et se l enverse plus ou moins en arrière.

Dans les carnassiers, le cartilage de prolongement manque complètement ; le bord antérieur du scapuluui est fortement convexe, comme si l'os eût été courbé sur plat. Chez Jcs autres mammifères domestiques, le scapulum est assez régulièrement triangulaire.

B. Bras. — Toute proportion gardée, l'humérus est d'autant plus long, plus intlc- ^chi en S que le nombre des doigts apparents est plus grand. C'est donc chez les carnassiers que ces caractères de longueur et d'inflexion sont le plus prononcés.

Dans le ùœuf, le mouton, le porc et le cinen, la gouttière de torsion est moins profonde que dans le cheval, et l'empreinte deltoïdienne moins saillante; chez le chien, celte empreinte est représentée par une large surface rugueuse; chez le porc, par quelques rugosités seulement. Le trou nourricier est reporte sur la face postéi ieure. On a dit que le canal médullaire, dans le bœuf, est traversé par une bride osseuse; mais la présence de cette bride n'est pas constante.

Le sommet du trochiter est très-élevé, surtout dans les ruminants, et renversé sur ia coulisse bicipitale qui est simple ; dans le chien et le porc, cette coulisse est reportée en dedans, au-dessus de la face interne de l'humérus.

La trocliléc externe du bœuf et du porc est bien dessinée. Dans les carnassiers, la lèvre interne de cette trochiée externe est très-élevée et la lèvre externe incomplète; un trou fait communiquer la fosse olécrânieune avec la fossette coronoïdienne. Chez le chat, on trouve au côté interne de l'extrémité inférieure, un trou particulier qui forme une arcade vasculaire.

L'humérus du dromadaire est presque droit, cylindroïde. La gouttière de torsion est peu profonde, le trou nourricier placé sur la face antérieure. La coulisse bicipitale est double; la gorge interne plus large que l'externe. La surface articulaire inférieure est relativement très-étroite : trochiée extei'ne très-profonde.

C. AVANT-iîRAS. — L'avant-bras est court dans le bœuf, le mouton et X^porc, trèshliongé dans le dromadaire, les carnassiers et les rongeurs. Les principaux caractères différentiels qu'il présente portent sur les dimensions relatives des deux os et sur leur mode d'union. A cet égard on peut poser, comme lois générales, les principes suivants :

1° Le développement du cubitus est en rapport direct avec la division du pied. — En effet, les animaux monodactyles, comme le cheval, l'âne et le mulet, n'ont qu'un cubitus rudimentaire. Chez les animaux penladactyles, au contraire, connue l'homme, le chat, l'éléphant, etc. , le cubitus est un véritable os long qui égale ou même surpasse le radius par son volume.

T L'union entre le radius et le cubitus est d'autant plus intime que t animal cmuloic plus exclusivement son extrémité inférieure pour la station et la marche. — Ainsi, chez les solipèdes, les ruminants et les pachydermes en général, on trouve les deux os soudés ensemble, ou tout au moins réunis par un ligament interosseux d'une manière tellement solide, qu'ils ne peuvent exécuter l'un sur l'autre que de très- 3bscurs mouvements. Le membre antérieur de ces animaux ne sert, en eiïet, qu'à l'appui sur le sol. Chez ceux, au contraire, qui peuvent l'employer pour fouir la terre, ■?rimpcr sur les arbres, etc., ou comme organe de préhension, le radius et le cubitus 'ont simplement unis, h leurs extrémités, par une articulation mobile, qui leur permet

(le rouler l'un sur l'autre avec la plus grande facilité. Les rougeurs, la plupart des carnassiers, les quadrumanes, se trouvent dans ce cas; mais c'est chez l'homme que l'in-i dépendance relative des deux os est portée au plus haut degré : aucun animal ne peuti exécuter aussi facilement que lui les mouvemenls de prouation et de supination de la, main, qui sont déterminés par le jeu des deux os de l'avant-bras l'un sur l'autre.

A l'indication de ces caractères fondamentaux, nous ajouterons quelques détails sun quelques points particuliers importants.

Dans tous les animaux domestiques autres que les solipèdes, le cubitus se dévelop])e par trois noyaux d'ossification, s'étend sur toute la longueur du radius et concourt à former la surface articulaire qui répond aux os du carpe. C'est un os allongé chez leir ■ruminants, un os long, creusé d'un canal médullaire chez le porc et les carnassiers.

La surface articulaire inférieure des os de l'avant-bras des ruminants est taillée obli i quement de haut en bas et de dehors en dedans. On trouve chez ces animaux un radius très-aplati d'avant en arrière, une tubérosité bicipitale à peine marquée et deux arcades j radio-cubitales, réunies en dehors par une scissure profonde. L'union des deux os estplus intime que chez le cheval, car l'ossification finit toujours par envahir la portioci du ligament interosseux placée au-dessus de l'arcade vasculaire supérieure.

Le radius du dromadaire possède une surface articulaire supérieure étroite, creusée de deux cavités glénoïdes, que séparent une crête médiane saillante, terminée en avanii par une apophyse coronoïde très-prononcée; la tubérosité bicipitale est large, reportée sur la face antérieure. Le cubitus est très-évidé dans sa partie moyenne. L'olécrânc! est large, peu élevé. I

Dans le porc, le cubitus, aplati d'avant en arrière, s'étale sur la face postérieure di radius, qu'il recouvre presque complètement. Son olécrâne est très-proéminent. Che:' le chien et le chat, les deux os de l'avant-bras sont presque égaux eu volume, et s^ croisent légèrement en X. L'extrémité supérieure du cubitus est plus grosse que soi: extrémité inférieure; c'est presque le contraire pour le radius. Mobile l'un sur l'autrei ces deux os se louchent seulement par leurs extrémités et présentent à cet effet : 1" ci haut, une surface articulaire concave, la petite cavité sigmoïde, du côté du cubitus, Ci une facette arrondie en forme de gond du côté du radius ; 2° eu bas, du. côté du radius; une surface concave ; du côté du cubitus, une surface convexe.

D. Pied antérieur ou main. — 1" Os du carpe. — Le carpe du porc renferra(' huit os comme celui de l'homme, quatre à la rangée supérieure et quatre à l'inférieur^ Le deuxième os de la rangée supérieure répond au cubitus, et dans une très-petite été due au radius. Quant aux os de la rangée inférieure, on constate que le premier répoi aux deux métacarpiens externes, le deuxième, au grand métacarpien interne, le troi sième,.au précédent et au petit métacarpien interne. Le quatrième ou trapèze se ter j mine en bas par une pointe mousse et n'a point de rapports avec les os métacarpiens 1 parce que le pouce avorte complètement chez le porc.

Dans le chat, on trouve aussi huit os. Le pyramidal ou deuxième os de la rangée su périeure est très-développé ; il occupe tout le bord externe du carpe et s'articule aveccubitus, le premier os de la seconde rangée et le premier métacarpien. L'es su^-co.) pien, allongé, prismatique, renflé à ses extrémités, offre, en avant, deux facettes artii culaires confondues, une pour répondre au cubitus, l'autre pour s'unir au pyramidal) Les os de la rangée inférieure vont en diminuant de grosseur du premier au quatriènri et répondent : le premier, au premier et au deuxième métacarpien, le deuxième, a métacarpien du troisième doigt, le troisième à celui du quatrième doigt, le quatrièniil au métacarpien du pouce. j

MliMHRES ANTÈlUliUUS. 97

(liiez le dmny on ne compte que sept os, car le scaphoïdc et le semi-lunaire sont réunis, mais la disposition générale est la même que dans le cliat.

rarmi les sept os du carpe du dromadaire, on voit : un os pisiforme présentant sur sa face externe une large coulisse de glissement; un semi- ^ lunaire aplati d'un côté à l'autre et fortement échancré sur ses faces latérales ; tin os crochu porteur, en arrière, d'uu prolongement pyramidal; un grand os plus petit que ce dernier et un trapézoïde, peu développé et entièrement reporté sur la face postérieure de la région .

Enlin, dans le bœuf q\. le mouton, le carpe n'est constitué que par six os : quatre à la rangée supérieure et deux seulement à la rangée inférieure où le grand os et le trapézoïde se sont soudés l'tin à l'autre. L'os sus-carpicn est dépourvu de coulisse de glissement ; le pyramidal s'articule avec le radius et le cubitus. Les os de la rangée inférieure ne sont articulés qu'avec le métacarpien principal.

2° Os du métacarpe. — Le nombre des os du métacarpe varie beaucoup dans nos animaux domestiques :

Chez les carnassiers, il est de 5

Chez le porc U

Chez les ruminants 2

Les cinq métacarpiens du chien et du chat s'articulent entre eux, à leur extrémité supérieure, par des facettes latérales ; ils présentent, h leur extrémité inférieure, un coudyle prolongé en arrière par une surface articulaire qui rappelle celle du cheval. Les deux du milieu sont toujours plus longs que les deux latéraux. Le plus petit appartient au cinquième doigt, c'est-à-dire au pouce, et se termine inférieurement par une trochlée.

Les quatre métacarpiens du porc s'articulent entre eux, comme chez les carnassiers. Le deuxième et le troisième sont plus grands que le premier et le quatrième. Le cinquième métacarpien, celui du j)ouce, ne se développe pas.

Chez les ruminants, à l'exception du dromadaire, les os 'du métacarpe sont au nombre de deux : un principal, qui résulte loi-même de la soudure du deuxième et du troisième métacarpien; un autre tout à fait rudimentaire.

Le métacarpien principal est creusé, sur sa face antérieure et dans toute sa longueur, d'une scissure vasculaire profonde, trace de la séparation primitive de l'os en deux pièces; cette scissure présente inférieurement l'orifice antérieur d'un conduit .qui traverse Tos d'outre en outre. La face postérieure est également parcourue par un très-léger sillon longitudinal. L extrémité supérieure porte, en dehors et en arrière, une seule facette diartlirodiale pour l'articulation du métacarpien rudimentaire. L'extrémité inférieure est divisée par une échancrure profonde,

ctpicii dubœiirviis par leur face antérieure (*).

(■) 1, olccrànc ; 2, corps du nnbitiis ; 3, corps du TiiHiiis ; 4,5,6, in pri'inior, li

iliMixicMiii'. t;l If IroisiiMiii' "i

<ln la

run^'^i' siipérimirii du' narre; 7,8, I.! prp'inrcV el 'le. liiioxii'ino ns il'u Va ruiigoe iixlù'tiuuru; U, iiiétucurpiim rudmioiiluiro j 10, mùlacBrpieu principal ; H , doigt cxtornc ; H, doigt itilernc. CHAUVSAU. — 2* ddit.

en deux surfaces articulaires qui ressemblent, l'une et l'autre, à la surface unique du cheval ; chacune d'elles répond à l'un des doigts; l'externe est toujours plus petite que l'interne. — Chez le fœtus, les deux os longs qui forment le grand métacarpien sont simplement accolés, et leurs canaux médullaires se trouvent séparés l'un de l'autre par la double cloison qui résulte de l'adossement des deux os. Après la soudure de ceux-ci, la cloison se détruit presque complètement par résorption, et il ne reste plus bientôt qu'un seul canal médullaire pour le métacarpien tout entier.

Le métacarpien rudimenlaire n'est qu'un petit stylet osseux articulé, par une facette diarlhrodiale, en arrière et en dehors de l'extrémité supérieure du métacarpien principal ; il manque quelquefois chez la brebis et la chèvre.

Le métacarpien du dromadaire est très-long, quadrangulaire dans les deux tiers supérieurs, aplati d'avant en arrière dans le tiers inférieur. Sa face postérieure est convertie en une espèce de gouttière concave d'un côté à l'autre par la saillie considérable des bords de l'os. La surface articulaire suj)érieure est divisée en deux parties par une vaste dépression rugueuse ; la partie interne se trouve sur un plan plus élevé que l'externe. Quant à l'extrémité inférieure, elle est séparée aussi en deux surfaces

articulaires par une échancrure très-profonde; chaque surlace est condyloïde dans sa moi lié antérieure, et semblable à celle du cheval dans sa moitié postérieure.

3° Région digitée. — Dans nos animaux domestiques, le nombre des doigts complets est le suivant :

Carnassiers 5

Porc 4

Ruminants ." 2

Les cinq doigts du chien et du chat rappellent exactement ceux de la main de l'homme. Ainsi, l'externe répond à l'auriculaire, le second à l'annulaire, le troisième au médius, le quatrième à l'index, et l'interne au pouce. — Ce dernier, trèspetit, n'a que deux phalanges, et ne se met jamais en rapport avec le sol. Chacun des quatre premiers se compose : 1° d'une première phalange à laquelle se trouvent annexés deux grands sésamoïdes ; 2° d'une seconde phalange qui représente encore un véritable os long; 3° d'une phalangette conique, pointue, recourbée en bas, et creusée à sa base, d'une rainure circulaire dans laquelle se trouve logée la matrice de l'ongle. Le petit sésamoïde manque, et est remplacé par une saillie de la phalange unguéalo. L'auriculaire et l'index sont égaux et moins longs que l'annulaire et le médius, qui possèdent tous les deux la même longueur.

Le porc présente quatre doigts complets articulés à la suite des métacarpiens; le pouce fait défaut. L'index et l'auriculaire, c'est-à-dire le quatrième et le premier doigt, sont courts et ne s'appuient pas habituellement sur le sol. Les ruminants possèdent bien quatre doigts, mais ils n'en ont que deux parfaits, le médius et l'annulaire, articulés avec l'extrémité inférieure du métacarpien principal.

(') 1, prcinior doigt ; 2, dinixièiiii; doigt ; 3, troisièino duigi; 4, (|iiiitrii'mp iloigl ; g, pouce ; Gtl-SiG, le premiei-. li' deuxième, le trnisièmo ei. le ijuatriéine os de lu rangée inlérieure du carpe ; dO,H, le premier et le lieusièmc us de 1» rangée supérieure ; d2, l'os sus-cui'pien ; 13, ciu-ps du cubitus; 14, sommet de roléerùne ; 15, liée de l'oléeriiue ; 16, corps du rudius.

FiG. tii. — Avant-bras et pied du cliien vus par leur face antérieure (*). •

MEMnUES ANTÉRIEURS. 99

Les deux autres, c'est-à-dire l'index et l'auriculaire, sont à l'élal de rudinienl; ils sont représentés par deux petits os el situés au-dessus et en arrière de l'articulaliou niélacnrpo-phalangieiiiie.

Dans le bœi(f\ le mouton el la chèvre, chacun des doigts parfaits comprend trois plialaiigiens et trois sésanioïdes.

La premièi'e phalange représente assez bien la moitié de la phalange du cheval. Elle est dépourvue d'empreintes en arrière, mais elle en présente sur sa face interne j pour l'attache de plusieurs ligaments. Cette face interne est plane et l'externe convexe; ces caractères se répètent dans les deux autres phalanges. On remarque encore, dans tous les os phalangiens, que la facette articulaire externe des extrémités est toujours plus large que l'interne. — Des deux.sésamoïdes, l'externe est plus large et moins . allongé que l'interne. Ils s'articulent entre eux et avec la première phalange par de petites facettes diarthrodiales.

La seconde phalange est creusée intérieurement d'une petite cavité médullaire. La phalange unguéale, dans son ensemble, rappelle une des moitiés latérales de l'os I du pied des solipèdes. Cette phalange n'a point de fibro-cartilage complémentaire, point d'apophyse basilaire ni d'éminence rétrossale, point de cavité d'insertion sur les côtés de l'émineuce pyramidale. La crête semi-lunaire est remplacée par un reliif 1 obtus, épais et rugueux, qui occupe la limite tout à fait postérieure de la face inférieure de l'os. Trois larges conduits pénètrent dans la troisième phalange, deux à la base de l'éminence pyramidale, un vers l'origine de la scissure pré-plantaire. Ils forment, à l'intérieur de l'os, un vaste sinus donnant naissance à plusieurs canaux vascuilaires, qui viennent s'ouvrir à la surface. Il n'existe qu'un seul trou à la base de I l'éminence pyramidale dans les petits ruminants.

Chez le dromadaire, on ne trouve, dans chaque doigt, que trois phalanges et deux j grands sésamoïdes. La direction el la forme de ces phalanges diffèrent notablement de I ce que l'on voit dans les autres ruminants. — hdt première phalange est longue, très- ( oblique, étranglée dans sa partie moyenne, et fortement élargie à ses extrémités. La .'Surface articulaire supérieure présente, en avant, une cavité glénoïde simple qui se itrouve partagée, en arrière, par un sillon médian. La surface inférieure se prolonge : sur la face postérieure de l'os, qui se trouve converlie en une espèce de poulie. La ' deuxième phalange est presque horizontale et fortement aplatie de dessus en dessous. — La phalange unguéale rappelle une sorte de pyramide trifaciée, iirégulière, à 'sommet mousse; près de sa base, sur sa face supérieure, elle porte un tubercule I rugueux.

COMPARAISON DO MEMBRE THORACIQUE DE L'IIOMME AVEC CELUI DES ANIMAUX DOMESTIQUES,

A. ÉPAULE. — L'épaule de l'homme (fig. 51) a pour base deux os bien développés : l'omoplate et la clavicule. L'omoplate est plus nettement triangulaire que celle de tous les animaux; aussi, son bord vertébral est-il plus étendu. L'épine scapulaire, trèsélevée, est suivie d'un acromion dont l'extrémité arrive au-dessus de l'articulation •scapulo-huméralc. Celui-ci est séparé du reste de l'épine par un rétrécissement appelé pédicule de l'acromion. L'apophyse coracoïde est volumineu.se et ressemble à un doigt demi-fléchi. Quant h la clavicule, elle s'étend de l'acromion au sternum ; elle est I aplatie de dessus on dessous, et indéchie eu .S' italique. Cette inflexion de la clavicule : est plus prononcée chez l'honune que chez la femme.

JJ. Bras. — L'humérus de l'homme est beaucoup plus long que celui des animaux.

Sa diaphyse est prismatique et divisible en trois faces ; l'empreinte deltoïdienne a la forme d'un V dont la pointe est dirigée en bas. La tête articulaire, volumineuse, est tournée en dedans : la coulisse bicipitale, simple, regarde en dcliors. La surface articulaire inférieure ressemble à celle des animaux, seulement le condyle est bien plus distinct.

C. AVANT-RRAS. — Les deux os de l'avant-bras, comme on l'a déjà vu, ne s'articulent que par leurs extrémités ; ils sont écartés l'un de l'autre dans leur partie moyeime. L'extrémité supérieure du radius répond au condyle de l'bumérus; celle du cubitus s'articule avec la trochlée humérale. L'apophyse coronoïde appartient au cubitus. A l'extrémité inférieure de l'avanlbras, on remarque : 1° que le radius répond à la plus grande partie du carpe, tandis que le cubitus ne s'articule qu'avec l'os pyramidal ; 2" que l'articulation radiocarpienne est protégée en dehors et en dedans par deux petits prolongements osseux, les apophyses styloïdes du cubitus et du radius.

J). Main. — 1. Ca7^pe. — Le carpe de l'homme se compose de huit os, quatre h chaque rangée. Les trois premiers os de la |)rcmière rangéejs'arliculent avec le radius; le quatrième répond au cubitus. Dans les os de la rangée inférieure, on voit le trapèze répondre au métacarpien du pouce et à celui de l'index; le trapézoïde, à ce dernier seulement, le grcmd os et Vos crochu, aux métacarpiens du médius, de l'annulaire et du petit doigt. Le pisiforme et l'apophyse cunéiforme de l'os crochu convertissent la face postérieure du carpe en gouttière,

2. Métacarpe. — Les cinq métacarpiens de l'homme sont parallèles entre eux, articulés, par Leur extrémité supérieure, avec les os du carpe et, par leur, extrémité infé-

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