BASSIN
Le bassin est une sorte de cavité osseuse formée par l'union du sacrum avec deux pièces latérales, les coxaux, qui se soudent elles-mêmes sur la ligne médiane inférieure. La description du sacrum ayant été faite plus haut, il nous reste à parler du coxal.
A. Coxal.
Le coxal, encore appelé os iliaque, os innominé, est un os de forme très-irrégulière, plat et pair, dirigé obliquement de haut en bas et d'avant en arrière. Rétréci dans sa partie moyenne, où il présente, en dehors, une cavité articulaire, dite cavité
FiG. 52. — Les coxaux vus d'en bas (*).
cotyloide; il s'élargit dans sa partie antérieure, qui s'appuie sur le sacrum, et dans sa partie postérieure, qui s'infléchit en dedans pour s'unir, sur la ligne médiane, à l'os du côté opposé.
Le coxal est divisé, dans le fœtus, en trois pièces distinctes, réunies par du cartilage dans le centre de la cavité cotyloïde, que toutes trois concourent à former.
{•) l,9urftt<-e iUnc(uo;2, fncettf- nuriculniro ; 3, "iisk- .le la Imnniie ; 4, iiniîlo ilo la eniiipn ; rynvilL- ''«^■''"''«i 6, «on arriure-fond ; 7, l'une <lns miiprcintps (tiii sorvi'iit fi l'insiîrlion du innscle (li'oil nnti^i ionr ilo la ■•"leM? , o. ilio-pectinée j 9, gouttière de la fane externe du |.uljis ; 10, ouvcilnre (ivulaiii' ; 1), <-\nna iseliiule ; la, aranuu iscmaie.
Quoiqu'elles ne lardent pas h se souder en une pièce unique, on est dans l'habitude de les décrire comme autant d'os séparés sous les noms à'ilium, Aepufns et d'ischium.
ILIUM. — L'ilium, plat et triangulaire, incurvé sur lui-môme, dirigé obliquement de haul en bas, d'avant on arrière et do dedans en dehors, forme la pièce antérieure du coxal, celle qui répond à l'os sacrum. C'est la plus considérable des trois. On y considère deux faces, (rois bords et t?'ois angles.
Faces. — La face exteime ou supérieure, parsemée de quelques empreintes musculaires, est excavée d'un côté à l'autre et porte le nom de fosse iliaque externe. — La face interne ou inférieure offre à étudier : 1 " une portion externe, lisse, que parcourent quelques sillons vasculaires : c'est la surface iliaque, remplacée chez l'homme par une excavation appelée fosse iliaque interne; 2" une portion interne, rugueuse et mamelonnée, présentant, en arrière, la facette auriculaire, surface diarthrodiale irrégulière, allongée d'un côté à l'autre, un peu oblique en avant et en dedans, répondant à une surface analogue du sacrum.
Bords. — Le bord antérieur ou crête de l'os iliaque, légèrement concave, porte une lèvre rugueuse destinée à des insertions musculaires. — Le bord exteriie est épais, concave, sillonné par des scissures vasculaires ; il présente inférieurement le trou nourricier de l'os. — Le bord interne est mince et concave, surtout dans sa partie postérieure, qui constitue la grande échancrure sciatique.
Angles. — Vangle externe ou épine iliaque antérieure et supérieure, épais, large et aplati, porte quatre tubérosités, deux supérieures et deux inférieures. — L'interne ou épine iliaque postérieure et supérieure représente une tubérosité rugueuse recourbée en arrière et en haut. • — Le postérieur (ou cotyloïdicn) est prismatique et très-volumineux. On y remarque : 1° en arrière, une large facette articulaire concave qui fait partie delà cavité cotyloïde ; 2° au-dessus de cette cavité, la crête sus-cotyloïdienne, représentée chez l'homme par Vépine sciatique. C'est une émlnence allongée d'avant en arrière, tranchante à son sommet, lisse en dedans, rugueuse en dehors et continue, par son extrémité antérieure, avec le bord interne de l'os; 3° en dehors, deux fortes empreintes destinées à l'insertion du muscle droit antérieur de la cuisse ; Z|." en dedans et en avant, la crête ilio-pectinée , petite éminence allongée formant le point le plus saillant d'une espèce d'arête qui s'éteint insensiblement, par en haut, sur la face interne de l'ilium, et qui se continue, en bas, avec le bord antérieur du pubis.
Des trois angles de l'ilium, le premier est encore appelé angle de la hanche et le second angle de la croupe.
Pubis. — Situé entre l'ilium et l'ischium, allongé d'un côté h l'autre, aplati de dessus en dessous et irrégulièrement triangulaire, le pubis, la plus petite des trois branches du coxal, se divise, pour la description, en deux faces, trois bords et ti'ois angles.
Faces. — La supérieure, lisse et concave, concourt à former le plancher du bassin. Elle montre un ou deux conduits nourriciers. — L'inférieure, rugueuse, est parcourue dans toute sa longueur par une large gouttière qui gagne le fond de la cavité cotyloïde. Cette scissure loge le ligament pubio-fémoral et une veine énorme.
Bords. — L'antérieur est constitué par une lèvre mince et âpre recourbée en haut. — Le postérieur, épais et concave, circonscrit antérieurement une large ouverture appelée trou ovalaire, sous-pubien ou obturateur ; il est creusé, près de l'angle cotyloïdien, d'une scissure oblique en dedans et en bas. — L'interne se soude avec celui du pubis opposé pour former la portion pubienne de la symphyse du bassin.
Angles. — L'externe, encore appelé angle cotyloïdien, est le plus épais des trois. C'est à lui qu'appartient principalement la surface rugueuse et déprimée qui constitue
r.iiTiùre-fontl de la cavité cotyloïde. — L'interne s\m\t avec l'angle analogue du pubis opposé. — Le postérieur se soude de irès-bonne heure avec l'angle anlérieur inlernc (11' l'ischium, pour fermer en dedans l'ouverUire ovalaire.
IscillUM. — C'est la moyenne en volume des trois pièces du coxal. Situé en arrière (lu pubis et de l'ilium, il osl aplati de dessus en dessous et de forme quadrilatère. Il iillVe à étudier deux faces, quatre bords et quatre anyles.
Faces. — La supérieure, lisse et à peu près plane, fait partie du plancher de la cavité pelvienne. Elle porte un petit trou nourricier dirigé en dehors. — L'infériewe présente quelques rugosités, rassemblées surtout aux environs de la symphyse.
Bords. — Vantérieur, épais et concave, circonscrit le trou ovalaire en aî-rière.
Le postérieur, droit et dirigé obliquement en avant et en dedans, forme avec le bord analogue de l'os opposé une large échancrure qui prend le mm. (Il arcade ischiale. Il présente, dans toute son étendue, une lèvre rugueuse et déprimée qui fait saillie du côté de la face inférieure. — L'externe, épais et concave, constitue la petite échanci^ure sciatique. — L'interne s'unit à l'ischium de l'autre côté pour constituer la portion ischiale de la symphyse pelvienne.
Angles. — L'angle antérieur externe ou cotyloïdien, le plus volumineux des quatre, offre à étudier : 1° une facette diarthrodiale excavée, faisant partie de la cavité cotyloïde ; 2» l'exlrémilé postérieure de la crête sus-cotyloïdienne, limitée par une petite scissure transversale qui la sépare du bord externe de l'os. — L'angle antérieur interne se soude avec l'angle postérieur du pubis. — L'angle postérieur externe forme la tubérosité ischiatique. C'est un gros mamelon prismatique qui regarde en haut et qui est prolongé par une crête saillante, allongée d'avant en arrière, dont le bord Iranchant est toui'ué en dehors et en bas. — L'angle postérieur interne forme, avec celui de l'autre ischium, le sommet de l'échancrure triangulaire qui constitue l'arcade ischiale on arcade pubienne dans quelques espèces.
Dd coxal en général. — L'os dont nous venons de faire connaître successivement les trois parties constituantes présente à considérer dans son ensemble une partie moyenne et deux extrémités. — La partie moyenne, fortement rétrécie, offre, en dehors et en bas, la cavité cotyloïde qui n'a été qu'indiquée jusqu'à présent parce que son étude n'appartient en propre à aucune des trois régions du coxal. Cette cavité, destinée à recevoir la tête articulaire du fémur, représente un segment de sphéroïde creux; elle est circonscrite par un sourcil très-saillant aminci à son bord libre et largement cchancré du côté interne. Son fond est occupé par la surface rugueuse et déprimée que nous avons déjà désignée sous le nom A' arrière- fond de la cavité cotyloïde, et qui communique par l'échancrure interne du sourcil avec la gouttière inférieure du pubis. — L'extrémité antérieure, aplatie d'un côté à l'autre et formée par l'ilium, s'appuie, nous le répétons, sur le sacrum. - L'extrémité postérieure, aplatie en sens inverse de la précédente, est constituée par le pubis cl i'ischuim, et traversée, de dessus en dessous, par le trou sous-pubien, large ouverture ovalaire qui sépare ces deux os l'un de l'autre, et qui perfore le plancher de la cavité du bassin ; cette ouverture est bouchée, dans l'état frais, par des muscles.
Les deux coxaux, en s'unissant dans leur partie postérieure, forment l'articulation à laquelle on a donné le nom de sijinphi/se ischio-pubicnne ou pelvienne. Ainsi réunis par cette articulation, ces deux os représentent une espèce de V ouvert en avant, disposition en vertu de laquelle le diamètre latéral du bassin est plus étendu en avant qu'en arrière.
Structure et développement nu coxal. — Aux trois princii)aux noyaux d'os-
sification i\m constituent le coxal, viennent se joindre deux noyaux complémentaires: un pour l'épine iliaque antérieure et la crête de l'os iliaque, un autre pour la tubérosiié iscliialiquc.
Dans la jeunesse, les différentes pièces des coxaux possèdent une grande épaisseur; le tissu spongieux est très-abondant, tandis que le tissu compacte est rare. Le pubis est toujours convexe sur ses deux faces, et la partie moyenne du coxal, celle qui. avoisine la cavité cotyloïde, est d'une épaisseur considérable, ce qui diminue beaucoup l'étendue du réservoir pelvien,
A mesure que l'animal avance en âge, les lames de tissu compacte augmentent d'épaisseur; elles se rapprochent l'une de l'autre pendant que le tissu spongieux se raréfie. Les pubis sont les pièces qui s'amincissent le plus; ils deviennent quelquefois translucides dans un âge avancé.
La substance compacte est toujours abondante aux alentours de la cavité cotyloïde, parce que cette cavité est le centre où viennent converger tous les efforts d'impulsion communiqués au troncpar les membres postérieurs, C'est, du reste, par celle cavité que commence l'ossification.
B. Du bassin en général.
1° Conformation extérieure et intérieure du bassin. — Le bassin est une sorte d'arrière-cavité en forme de cône qui prolonge la cavité abdominale.
Fie. 53. — Bassin de cheval.
Il occupe la partie postérieure du tronc, et présente à étudier, au point de vue de sa conformation, une surface extérieure et une surface intérieure.
Surface extérieure. — Elle peut être décomposée en quatre régions ou faces.
La 7'ér/ion supérieure est légèrement oblique de haut en bas et d'avant en arrière ; le
MEMBRES POSTÉRlliUaS. 105
li i^ré d'obliquité de celle région varie avec les siijcls. Elle se réirécii d'avant en arrière, •! iiioiilre : r sur la ligne médiane, les apophys(!s épineuses des vertèbres sacrées cl ,1 première vertèbre coccygienne; 2" de chaque côté les gouttières sacrées, au fond Il s(|uellcs s'ouvrent les conduits sus-sacrés.
La région inférieure est presque horizontale. Formée par les pubis et les ischions, ■Ile présente, d'avant en arrière :
1 ' Au milieu, la symphyse ischio-pubienne ;
2" De chaque côté la gouttière sous-pubienne, les trous ovalaires et la face infé- ■ieure des ischions ;
3° Enfin, tout à fait en dehors, les cavités cotyloïdes, par lesquelles le bassin repose ww les membres postérieurs.
Les régions latérales sont obliques de haut en bas, de dedans en dehors, et plus argcs en avant qu'en arrière. On voit, sur ces régions latérales : l°la crête de l'os :lia(iue et les deux épines iliaques antérieures; 2° la fo.sse iliaque externe; 3" la grande ■cliancrure sciatique; k° la crête sus-cotyloïdienne ou épine sciatique, qui présente en lehors la surface d'insertion du fessier profond; 5° la petite échancrure sciatique; et 5" enfin, la tubérosité ischiatique.
Surface intérieure. — La surface intérieure du bassin du cheval ne peut pas être :livisée en deux parties comme chez l'homme; en effet, la face interne des os iliaques l'est pas excavée, de façon à former une cavité antérieure.
FiG. hti. — ■ Bassin de jument.
Le bassin des solipèdes représente donc une simple cavité conoïde dans laquelle lous distinguerons quatre régions ou faces et deux orifices appelés détroits.
Le détroit antérieur est presque circulaire, surtout chez la jument, un peu oblique le haut en bas et d'avant en arrière. Il est délimité, en haut, par la face inférieure de
la baso du sacnim; inféricuremcnt, par le bord antérieur du pubis; cl, sur les côlés, par une partie de la face interne des os iliaques et la l'ace interne des crèles peclinéales ,
Le détroit antérieur présente quatre diamètres : un diamètre vertical, un dianièno Iiorizontal et deux diamètres obliques. j
Le premier s'étend de la face inférieure du sacrum au bord antérieur de la sym-i physc pubienne ; sa longueur moyenne est de 0"','210.
Le second se mesure d'une crête pectinéale à l'autre; lia, en moyenne, ()"',219.i
Enfin, les deux derniers se comptent de la face inférieure d'une articulation sacro iliaque à la crête iléo-pectinée du côté opposé ; ils mesurent 0'",2'20 en moyenne. Ge.cliiffres démontrent irréfutablement que le détroit antérieur n'est pas elliptique dami le sens vertical. I
Le détroit postérieur, situé au fond de la cavité pelvienne, livre passage au reciun I et aux organes génitaux. Comme le bassin du cheval est horizontal, le détroit posté! rieur sera limité, pour nous, par la face inférieure du sommet du sacrum, la face supé 1 rieure des ischions, la crôle sus-cotyloïdienne ou épine sciatique, et la face interne dei ligaments sacro-sciatiques. On ne reconnaît au détroit postérieur que deux diamètres un diiimèlre vertical et un diamètre horizontal. Le diamètre vertical mesure 0'",170 er moyenne ; il s'étend de la face inférieure du sacrum à la face supérieure de la syni-, physe ischiale. Le diamètre horizontal, compris entre les deux crêtes sus-cotyloï-i diennes, a 0"',180.
La réf/ion supérieure de la cavité pelvienne est un peu concave d'avant en arrière/ Elle a pour base le sacrum, qui présente de chaque côté de la hgne médiane les trou; sous-sacrés. On appelle encore cette région plan sacré ou plafond du bassin.
La région inférieure, ou plan iscliio -pubien, est formée par les pubis et le: ischions. Elle est concave d'un côté à l'autre. Son bord antérieur est à peu près droit i son bord postérieur est entamé par une profonde échancrure, V arcade ischiale.
Ainsi que l'a fait remarquer M. Goubaux, la portion de ce plan, qui répond au pubis, présente des variétés nombreuses.
La face supérieure du pubis peut être convexe dans sa moitié antérieure, puis corn cave dans sa moitié postérieure, ou bien concave en avant et convexe en arrière, l;l concavité étant séparée de la convexité par une crête transversale. Cette crête est quel quefois représentée par une série de petites éminences coniques, d'autres fois, cettit face supérieure est disposée en un plan incliné, lisse, dirigé d'avant en arrière et de ba: en haut, et une sorte de rebord surmonte le contour antérieur du trou ovalaire.
Quant aux régions latérales, elles sont formées par une petite portion de la faci interne des iliums, et en grande partie par le ligament sacro-sciatique.
2" Différences do bassin dans les deux sexes. — Le bassin de la junicn l'empoi te sur celui du cheval par toutes ses dimensions, mais les différences sont sur tout prononcées dans les diamètres transversaux.
Le détroit antérieur forme une circonférence vaste, si on le compare au mèm( détroit du bassin du mâle ; les crêtes pectinéales sont très-écartées, et la dislance qu sépare le bord antérieur du pubis de la face inférieure du sacrum est .considérable.
Si l'on regarde le bassin par son plan supérieur, on trouve que, chez la jument, le échancrures sciatiques sont très-profondes; que le bord interne de l'ilium forme um ligne courbe régulière et fortement concave; que les crêtes sus-cotyloïdiennes ou épini sciatiques sont très-écartées l'une de l'autre. On remarque encore que le -plancher di bassin est large, et que les os qui le constituent tendent à se mettre sur une niêm( ligne horizontale.
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Chez le mâle, le bord iscliialiquc ne représente plus nne ligne forlemcnt concave; ■itf ligne se compose de deux parties à peu près droites, (|ui se joignent en formant Il uiigle obtus h la naissance du col de l'ilium ; les crôles sus-colyloïdiennes sont relavciuent rapprochées, renversées vers l'axe longitudinal, et les deux moitiés du planicr du bassin sont dirigées très-obliquement de haut en bas et de dehors en dedans.
Dans la jument, l'arcade ischialc, plus large que chez le mâle, dessine une courbe igulière réunissant les deux lubérosilés de même nom. Dans le cheval, les deux lubé- .)siiés ischiati((Kes sont peu écartées Tune de l'autre, et l'arcade pubienne forme r.n jglc assez aigu, dont les bords sont à peu près droits.
Enfin, lorsqu'on voit le bassin par son plan inférieur, outre les caractères déjà indiués par l'arcade ischiale, on trouve que chez la jument les trous sous-pubiens sont ii-ges et presque ronds, tandis qu'ils sont elliptiques dans le cheval; on voit aussi que s cavités cotyloïdes sont plus écartées de la symphyse ischio-pubienne chez la femelle ue chez le mâle.
Le sacrum de la jument nous a paru, dans quelques sujets, un pou plus arqué avant en arrière que celui du cheval, mais ce caractère n'est pas constant. Voici, du ste, deschilfres qui confirment ce que nous avons dit plus haut.