MUSCLES DU PIED ANTÉRIEUR OU DE LA MAIN
Nous les ferons connaître successivement chez les Carnassiers, le Porc, les Solipèdes et les Ruminants.
A. Muscles du pied antérieur ou de la main chez les Carnassiers.
Tous les muscles de la main de l'homme se retrouvent dans la main des carnassiers, les uns parfaitement développé», les autres tout à fait rudimentaires. Ces muscles sont : 1° le court abducteur du pouce; 2" l'opposant du pouce; 3" le court fléchisseur du pouce; k" un adducteur de l'index {adducteur du pouce de l'homme); 5" \e palmaire cutané; l'adducteur du petit doigt; V le court fléchisseur du petit doigt; 8° l'opposant du petit doigt; 9° trois lombricaux ; 10° quatre interosseux métacarpiens.
1» Court abducteur du pouce (fig. 111 1», 9).
C'est un muscle avorté, comme le doigt qu'il est chargé de mouvoir, situé derrière le métacarpien du pouce, et formé de faisceaux charnus très-pâles qui se contmuent inférieurement par quelques fibres tendineuses. Il prend son origine h l'arcade carpienne, et se termine sur le métacarpien du pouce, ainsi qu'au côté externe (1) de l'extrémité supérieure de la première phalange. Il est à la fois fléchisseur et abducteur du pouce.
2° Opposant du pouce (fig. 111 D, lO)' Vestige du muscle épais et court qui porte le même nom chez l'homme, l'opposant
(1) Nous rappellerons r„.c la position des doigts est considérée par rapport à l'axe do la main, c'est-à-dire la ligne médiane qui sépare le médius de 1 annulaire.
du pouce des Carnassiers se trouve placé en dessous et en dedans du précédent, dans une direction légèrement oblique en bas et en dehors. Pâle et presque entièrement charnu, il s'attache, d'une part, au ligament postérieur du carpe, d'autre part, au métacarpien du pouce. 11 est impropre à produire l'opposition du pouce, puisque la conformation de ce doigt , chez les Carnassiers , ne lui permet pas de se prêter à ce mouvement; mais il ramène le pouce vers l'axe de la main : c'est donc un adducteur.
3" Court fléchisseur du pouce (fig. 111 D, 11).
Très-petit muscle plus foncé en couleur que les deux premiers ; situé entre le précédent , l'adducteur de l'index et le quatrième interosseux ; fixé par son extrémité supérieure dans l'épaisseur du ligament carpien postérieur; attaché par en bas au côté interne de l'extrémité supérieure de la première phalange. Il imprime au pouce un mouvement de flexion assez étendu.
4° Adducteur de l'index (fig. 111 D,i2}. Synonymie : Adducteur du pouce chez l'homme.
Allongé, prismatique et déprimé d'un côté à l'autre, compris entre le troisième et le quatrième interosseux , et caché sous la portion tendineuse du fléchisseur commun des doigts, ce muscle s'attache supérieurement au ligament carpien postérieur avec le troisième interosseux. Il se fixe inférieurement, au moyen d'un petit tendon aplati, en dedans et en haut de la première phalange de l'index. Nous le regardons comme l'adducteur du pouce de l'homme, transformé en adducteur de l'index, à cause de l'atrophie du cinquième doigt.
5° Palmaire cutané.
Noyau musculo-graisseux épais et hémisphérique, formant la base du tubercule extérieur qui existe en arrière du carpe. Il adhère intimement à la peau par sa face superficielle, et semble s'attacher profondément sur l'aponévrose qui recouvre les muscles de la main.
6» Adducteur du petit doigt (fig. 111 D, 14).
Ce muscle, situé superficiellement en dehors et en arrière du métacarpien externe, se compose d'un corps charnu rose, épais, conoïde, concave sur sa face antérieure, convexe sur la postérieure, et d'un long tendon, mince et aplati, qui succède à l'extrémité inférieure du corps charnu.
Il s'attache, par l'extrémité supérieure de ce dernier, sur l'os sus-carpien. Le tendon se termine en dehors de l'extrémité supérieure de la première phalange du petit doigt. ^
Ce muscle écarte le petit doigt de l'axe de la main ; c'est donc un abducteur et non pas un adducteur, comme son nom semble l'indiquer. Ce nom lui a été donné, chez l'homme, parce qu'on a considéré la main en supination, position dans laquelle il est efi'ectivement adducteur par rapport au plan médian du corps. Si nous lui avons conservé ce nom, c'est pour ne pas apporter un nouvel élément de confusion dans une nomenclature déjà trop compliquée.
7" Court fléchisseur du petit doigt (fig. m D, 13)
Situé en dedans du précédent , dans une direction légèremoni oblique de haut en bas et de dedans en dcliors, aplati d'avant en arrière, triangulaire et presque entiélenient charnu, ce muscle prend son origine sur un ligament qui unit l'os crochu à la région métacarpienne , et se termine inférieurement sur le tendon de l'adducteur, dont il est congénère. Il peut cependant concourir à la flexion du petit doigt, mais dans des limites fort restreintes.
8° Opposant du petit doigt (fig. 111 D, 15).
Muscle allongé de haut en bas, aplati d'avant en arrière, situé sous les tendons perforants, en arrière du deuxième interosseux, dans une direction légèrement iihlique en bas et en dehors. Il prend son origine sur le ligament postérieur du carpe, et se termine en dedans de l'extrémité supérieure de la première phalange du doigt externe par un petit tendon. Il joue le rôle d'un adducteur, c'est-à-dire qu'il ramène le petit doigt vers l'axe de la main.
9° Lombricaux.
Ces petits muscles, qui doivent leur nom à leur ressemblance avec des lombrics ou vers de terre, sont au nombre de trois seulement chez les carnassiers. Ils occupent les intervalles situés entre les quatre branches principales du tendon perforant, sur lequel ils prennent leur origine ; puis ils vont se terminer, par une petite languette fibreuse, sur les tendons extenseurs des trois doigts externes. Il est souvent impossible de les suivre jusque-là; on les voit alors s'arrêter en dedans et en haut de la première phalange des doigts auxquels ils sont destinés.
On ne peut déterminer rigoureusement, chez les Carnassiers, les usages que ces petits muscles remplissent.
10° Interosseux métacarpiens (fig. 111 D, 16, 16).
Ce sont quatre faisceaux musculeux épais et prismatiques, allongés de haut en bas, bifides à leur extrémité inférieure, placés parallèlement les uns à côté des autres, en avant des tendons fléchisseurs, dont ils sont séparés par une légère couche aponévrotique, et en arrière des quatre grands métacarpiens.
Ils prennent leur origine sur la face postérieure et les faces latérales de ces derniers os, ainsi que sur les ligaments carpien postérieur et interraétacarpiens. Chacun d'eux se termine, par les deux branches de son extrémité inférieure, sur les grands sésamoïdes du doigt au([uel il correspond. Puis ces deux branches se continuent l'une et l'autre par un petit tendon, qui va se réunir au principal tendon extenseur du doigt.
Ces muscles s'opposent à l'extension exagérée des doigts pendant la station; ils les fléchissent sur les métacarpiens; et ils maintiennent les tendons extenseurs sur la face antérieure des phalanges.
B. Muscles du pied antérieur chez le Porc. Nous trouvons signalés dans les notes que nous avons rassemblées sur la rayologie
de cet animal
1» Un muscle qui prend son origine clans l'épaisseur du ligament mélacarpo-suscarpien, et qui se termine sur le tendon de l'extenseur propre du petit doigt externe, par une languette fibreuse unie avec le faisceau externe du premier interosseux; il s'attache aussi sur le sésamoïde externe. C'est vraisemblablement le représentant du court fléchisseur du petit doigt ào, l'homme et des Carnassiers.
2° Un seul lombrical très-volumineux, fixé, d'une part, sur le tendon perforant, d'autre part, sur le tendon extenseur propre du petit doigt interne (index), où il se comporte comme le muscle précédent.
3° Quatre interosseux métacarpiens, semblables à ceux du chien, et dont les languettes terminales s'unissent aux tendons extenseurs propres. Les interosseux des deux petits doigts sont non-seulement divisés à leur extrémité inférieure, mais partagés dans toute leur étendue en deux faisceaux bien distinclSi l'un superficiel et externe, l'autre profond et interne. La membrane fibreuse qui recouvre ces muscles et qui les sépare des tendons perforants est beaucoup plus épaisse que dans les Carnassiers.