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CHAPITRE III

On retrouve, chez les oiseaux, la plupart des muscles que nous venons de décrire. Seulement ils sont appropriés, par leur forme, leur volume, leur complication, etc., à la conformation particulière du squelette de ces animaux.

tciir r.l,lif|iin dn ^oB nrteil ; 9, ntldiicteiir trnnsvoise ; 10, Icmion ilii nmirt abducteur du prns orlnil ; 11, partie posté-ricm-i' de <•(• iriii.sclo, emipée ; 12, inserlinn du ti;ndon du juinliii'f nnliM'Kuir; 13, iiieiTtinii du tendiui du jiunliier pi.sléricur; U, iipnniivrosc plnntiiire inoisén et rcjelée en dedniiH ; 15, lii,'ainetit luuiuliiiie du liitso; 10, eom t nhducleui' du pi'tit orteil ; 17, court llécliisseur du petit mwW ; 18, troi.-iéiue iulerosseiDt pluntiure; 10, (piutrième iutei'osseux plmitniru ; 20, deuxième interosseux plniitaire. (Ilciuinis et Houeluu'd.)

Entreprendre dans cet ouvrage essentiellement pratique la description spéciale du tous ces organes, ce serait manquer le but que nous nous sommes proposé. Aussi noui^ bornerons-nous à trailer les points suivants, les seuls qui présentent de l'intérêt, au point de vue de la mécanique animale : , , i

1° Des tendons. — Les tendons des oiseaux présentent, dans le membre inférieuii et à l'extrémité de l'aile, des ossifications plus ou moins étendues sur leur trajet. Cçnci transformation du tissu fibreux des muscles n'est point un effet sénile, car on.laj-e-^ marque déjà chez les animaux fort jeunes. En enlevant aux cordes tendineuses h; plus grande partie de leur souplesse, elle leur donne sans doute une plus grande léfla^ cité, et leur permet de transmettre d'une manière plus intégrale aux leviers osseux» l'action des puissances musculaires. . .

On observera, du reste, que l'ossification partielle des tendons ne survient pas exclui sivement dans les membres : il n'est pas rare de la rencontrer dans d'autres rcgioni encore; et nous citerons, en première ligne, le cou des Échassiers. On conserve, jau cabinet des colleciions de l'école de Lyon, le squelette d'un héron qui présente au plus haut degré cette particularité : les vertèbres cervicales de cet animal sont hérisséesti d'une multitude de stylets osseux filiformes, tous dirigés en arrière, lesquels styletJ proviennent de l'ossification des fibrilles tendineuses annexées aux muscles de la région cervicale.

2° Des muscles pectoraux. — Les deux mouvements alternatifs qui produisent.h vol, c'est-à-dire l'abaissement et l'élévation des ailes, étant dus à l'action des pecto-i raux^ ces muscles méritent une mention toute spéciale.

Le pectoral superficiel ou grand pectoral, «qui à lui seul pèse plus que tous len autres muscles de l'oiseau pris ensemble, s'attache à la fourchette, à la grande crêt» du sternum et aux dernières côtes ; il s'insère à la ligne âpre très-saillante de l'humé-e rus. C'est par son moyen que les oiseaux donnent les violents coups d'ailes nécessaireu pour le vol. »

Le pectoral profond ou petit pectoral est « placé dans l'angle que fait le corps dd sternum avec sa crête et dans l'intervalle de la fourchette et de l'os coracoïde. Son tendon passe dans le trou formé par l'union de la fourchette, de l'os coracoïde et dd l'omoplate, comme sur une poulie, et s'attache au-dessus de la tète de l'humérus qu'i' relève. C'est au moyen de cette disposition de poulie que la nature a pu placée ainsi un releveur à la face inférieure du tronc et abaisser d'autant le centre de gra-i vité, sans quoi l'oiseau aurait été exposé à culbuter en l'air. » (Cuvier, LeçQW d'anatomie comparée.)

Cuvier, suivant la nomenclature de Vicq-d'Azyr, appelle ce dernier vcmsÛQ pectorai moyen, et il donne le nom de petit pectoral à un faisceau triangulaire qui part dd l'angle latéral du sternum et de la base de l'os coracoïde, pour se porter sous la tôtfl de l'humérus. Ce muscle n'appartient pas, selon nous, à la région pectorale, mais ; celle de l'épaide, et nous le considérons, avec J. F. Meckel, comme le coraco-huméra^ qui a suivi l'apophyse coracoïde dans son développement (1).

(1) È. Geoffroy Saint-Hilaire {Mémoire sur les 6s du sternum in Philosophie anatomique, t. I p. 89), comparant les liiuscles pectoraux des poissons à ceux des oiseaux, emploie également li nomenclalure de Vicq-d'Azyr, et reconnaît aussi trois pectoraux. Nous ne croyons pas cependam être en contradiction Hagrante avec le grand maître qui a posé les règles à suivre pour les déter-; minations d'organes; car il a borné sa comparaison aux deux classes de vertébrés qu'il avail prin-; cipalementen vue. S'il l'eût étendue aux mammifères, s'il eût recherché, chez ces animaux, l'ana^ loguede ce. petit pectoral, dont la détermination est litigieuse, il l'eût, comme nous, trouvé danla région de l'épaule, et non pas dans la^ région sternale.

TABLEAU r.tNÉnAL DliS INSliUTlONS MUbCUI.AlRIiS. 337

3° Du diaphrmjme. — « Dans les oiseaux, le diapliragirio afîeolc une disposilioii si dilTéictiledc celle qu'on observe dans les verlébrôs supéncurs^ que son exislcncc, tour à lour coiislatcc et niécoiuuie, admise et réfutée, est encore problématique aujourd'hui pour un grand nonibre d'analomisles; cependant ce muscle existe, ot son développement est en parfaite harmonie avec l'importance de ses fondions. Deux plans le composent ; confondus à leur point de départ, ces plans s'isolent bientôt pour suivre, l'un une direction transversale, l'aiilre une direction oblique : le plan transversal, déforme triangulaire, se porte horizontalement des côtes droites aux côtes gauches en s'appli- (pianl sur la face inférieure des poumons; le plan oblique, saillant en avant, concave en arrière, s'étend de la face dorsale du rachis au sternum et divise la cavité du tronc I II deux cavités secondaires, le thorax et l'abdomen.

» Dans les oiseaux, couHne dans les mammifères, le diaphragme est donc appelé à remplir deux usages principaux; seulement, pour réaliser cette double destination, dans les premiers, il a été eu quelque sorte dédoublé. Loin d'être privés de ce muscle inspirateur ou de le posséder à un degré rudimentaire, les oiseaux sont donc réellement pourvus de deux diaphragmes :

B 1" D'un diaphragme pulmonaire qui préside à la dilatation des poumons;

» 2" D'un diaphragme thoraco-abdominal qui cloisonne la grande caviié du tronc, et concourt à l'aspiration de l'air atmosphérique en dilatant de vastes réservoirs aériens adossés à sa face antérieure.

» De ces deux plans musculaires, le premier a pour analogue dans Thomme et les mammifères toute la partie du diaphragme qui s'insère au sternum et aux côtes, le second représente manifestement les piliers du diaphragme. »

Cette description, empruntée à l'ouvrage d'un observateur aussi consciencieux qu'habile, M. Sappey, donne une idée parfaitement exacte de la disposition du muscle auquel elle s'applique.

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