‹ Traitʹe d'anatomie comparʹee des animaux domestiquesChapitre 23 sur 53 · Os inter- maxillaire · texte numérisé non relu

Os inter- maxillaire

10. Ouvertures extérieures du nés. 1 1 . Maxillaire, li Os carré. 13. Os jugul.

— H. Sternum. 14. Bréchet. 13. Apophyse épi* sirrnale. 1Û. Apophyso latérale interne. 17. Apophyse latérale externe.

1H Membrane qui bouche récbanri iiie interne.

1». Uembrane de lechuiiciure externe. — /, etc. Côtes supérieures.

■A), Apophyse postérieure de la cinquième. — J. Côtes inférieures. — K. Omoplate. — L. Os coracoidien.—M. Fourchette. m,m. Ses deux branches. — JV. Hume'ms. — O. Cubitus. — n. Radius. — /%/*. Os du carpe. — Q,Q/. Os du métacarpe. — R. Première phalange du grand •loigt de l'aile, r. Seconde paalauge du même. — M. Phalange du pouce. — S. Ilium. — S'. Ischium.

— S". Pubis. SI. Trou sciatique. 33. Ouverture "»ulaire. — T. Fémur. — V. Rotule. — V. Tibia.

— X. Péroné. — y. Os unique éu tarse. — Y. Métatarse. 33. Apophyse supérieure représentant un métatarsien «oudé. SA. Apophyse qui supporte l'ergot. — '<&> etc., Doigts.

cale représente, chez l'oiseau comme chez le mammifère, une espèce de balancier

contourné en S, qui supporte la tôle et fait varier, par ses changements de forme et de direction, la situation du centre de gravité. Que l'oiseau s'élève dans les airs et s'abandonne à l'élan d'un vol rapide, on le verra allonger le cou et étendre la tête pour porter le centre de gravité en avant. Qu'il vienne se reposer sur le sol, il forcera alors l'inflexion naturelle et plus ou moins gracieuse de son balancier cervical, pour renverser la tête en arrière, et reporter la plus grande partie du poids du corps sur les colonnes de soutien formées par les membres postérieurs. Ces déplacements du centre de gravité s'exécutent chez l'oiseau sur une échelle plus étendue que chez le mammifère ; aussi voit-on la lige cervicale du premier offrir plus de longueur, plus de légèreté, et jouir d'une mobilité excessive.

Les vertèbres qui la composent sont au nombre de 14 chez le Coq , de 12 chez le Pigeon, de 15 chez le Canard et de 18 chez l'Oie; on en compte jusqu'à 23 chez le Cygne : curieuse variété qui contraste singulièrement avec l'unité numérique dont on a signalé l'existence comme un des caractères les plus remarquables de la classe des mammifères ! Ces vertèbres, généralement plus longues que chez ces derniers animaux, se distinguent surtout par la configuration des surfaces articulaires de la partie inférieure ou du corps. Ce sont, en effet, des facettes diarthrodiales convexes dans un sens et concaves dans l'autre , articulant les corps vertébraux par un véritable emboîtement réciproque. Ainsi, la tête antérieure du corps de chaque vertèbre est remplacée par une facette concave d'un côté à l'autre et convexe verticalement; tandis que l'extrémité postérieure de l'os porte, au lieu de cavité, une facette convexe dans le sens latéral et concave de haut en bas. La crête inférieure du corps (Gg. 47, 2, 2') n'existe que dans les premières et dans les dernières vertèbres ; mais elle forme une véritable épine analogue à celle que nous avons déjà signalée sous le corps des vertèbres lombaires du lapin. L'apophyse épineuse (fig. 47, 1,1') ne constitue qu'une simple crête dans la partie moyenne du cou; elle devient plus saillante dans les vertèbres qui occupent les deux extrémités de la région. L'apophyse transverse représente sur le côté de la vertèbre un gros tubercule obtus et irrégulier, situé sous l'apophyse arliculaire antérieure et percé à sa base d'un large trou trachélien (fig. 47, 4, 4'). Elle est pourvue le plus souvent d'un petit prolongement styloïde (fig. 47, 3,3') dirigé en arrière et en bas, faisant épiphyse dans le jeune âge, et représentant une véritable côte avortée.

L'atlas manque d'apophyses transverses. Celte vertèbre a la figure d'un mince anneau creusé, sur son contour antérieur, d'une petite cavité dans laquelle est reçu le condyle unique de l'occipital.

L'axis offre une apophyse odontoïde très prononcée avec une seule facette impaire sous cette éminence.

Vertèbres dorsales (fig. 47, B, C). — Au nombre de 7 chez le Coq et le Pigeon, de 9 chez l'Ole et le Canard, ces vertèbres se soudent presque toujours en une pièce unique pour fixer le tronc et offrir aux ailes un point d'appui solide dans les violenls efforts qu'exige le vol. Les deux ou trois dernières se trouvent même recouvertes par les os des iles et réunies avec eux.

La crête inférieure du corps forme une très longue épine, du moins dans les

premières vertèbres. Les apophyses épineuses , plates, larges, courtes et soudées entre elles par leurs bords opposés, constituent une longue crête étendue de la dernière vertèbre cervicale à l'os des iles (fig. Ul, 7). Les apophyses transverses s'élargissent à leur sommet; chez le Coq, elles se soudent à peu près constamment les unes aux autres.

Vertèbres lombaires et sacrées. — Toutes ces vertèbres sont exactement conformées sur le même type ; aussi devient-il fort difficile, pour ne pas dire impossible, de préciser le point où finit la région des lombes, et où commence la région sacrée. D'abord indépendantes les unes des autres, ces vertèbres, au nombre de 14, ne tardent pas à se souder entre elles et avec les coxaux; mais leur séparation primitive est toujours indiquée par les cloisons latérales que forment, à leur face inférieure, les vestiges des apophyses transverses. La première s'unit étroitement à la dernière de la région du dos.

Vertèbres coccygiennes. — Dans la région coccygienne, le rachis recouvre sa mobilité. La queue de l'oiseau remplit, en effet, l'office d'un gouvernail propre à le diriger pendant le vol ; et il fallait de toute nécessité que les vertèbres qui servent de base aux pennes recirices conservassent leur indépendance, pour permettre a celles-ci de se porter à droite, à gauche, en haut ou en bas. Ces vertèbres, au nombre de 7, présentent des apophyses épineuses souvent bifurquées, des apophyses transverses très développées, cl quelquefois môme des épines plus ou moins longues sur la face inférieure de leur corps. La dernière vertèbre est toujours la plus volumineuse ; elle est aplatie d'un côté à l'autre, terminée en pointe et recourbée par en haut.

Tête ( fig. kl y F, G, US). — La tête de l'oiseau est petite et de forme conique. L'extrémité antérieure s'al longe en effet et se termine par un bec pointu ou aplati, disposition qui permet à cet animal de fendre l'air avec plus de facilité. 4

Os du crâne. — Les os qui composent le crâne sont, comme chez les mammifères, un occipital, un pariétal, * BÎ un frontal, un ethmoïde, un sphénoïde et deux temporaux. Ces os ne sont isolés les uns des autres que chez les jeunes encore dans la coquille. Le travail d'ossification qui les réunit est si rapide, que le crâne, peu de temps après l'éclosion, se trouve déjà formé d'une seule pièce. Il n'entre pas dans nos vues de donner la description détaillée de chacun de ces os; nous nous bornerons à quelques observations sommaires dont la connaissance peut être de quelque utilité.

Ainsi l'occipital ne présente, pour s'articuler avec le rachis, qu'un seul condyle situé sous le trou occipital,

Fie. i8 t*).

(') Fig. 48. — Tete de coq (grandeur naturelle) vue par ta face postérieure. — 1. Trou occipital. 2. Condyle unique de l'occipital. 3. I lerygoidien. 4. Suiluce articulait» inférieure de l'os carre. S. Apophyse anu-rieuie du Blême. 6,6, Face intérieure d«-s palatins formant l'orifn c g-iltural des cavités nasales. 7. Exiremitc postérieure de» mêmes. 8. Zygo.i.utiquc. 9. Lacrymal. 10. Inler-maxillaire. 11. Apophyse orlntuirc. I?. Apophyse «ygumutique droite. !*'. Celle du côté opposé réunie à l'apophyse oihitairc.

et creusé à sa surface d'une légère rainure. Dans les palmipèdes, cel os est percé , en arrière des crêtes chargées de donner attache aux muscles extenseurs, de deux trous qui pénètrent dans le crâne et qui représentent deux fontanelles persistantes. — Le pariétal est peu développé et formé seulement par deux noyaux primitifs. — Le frontal est le plus grand des os du crâne ; son apophyse orbitaire (Gg 48, 11), est portée par une pièce particulière, que l'on considère généralement comme appartenant à la grande aile du sphénoïde. — La lame perpendiculaire de l'ethmoïde est considérable, et constitue entre les deux orbites une mince cloison verticale (Gg. 67, 8). Son bord postérieur est échancré en regard du trou optique, et forme ainsi une ouverture qui fait communiquer les deux cavités orbitaires (Gg. 47, 9). On remarque de plus qu'elle est creusée, près de son bord supérieur, d'une scissure qui aboutit par ses extrémités à deux orifices, dont l'un pénètre dans le crâne, et l'autre dans les cavités nasales. Cette scissure et ces trous* livrent passage au nerf ethmoldal, qui traverse ainsi l'orbite avant d'arriver à son lieu de destination. — Les volutes ethmoïdales sont plutôt membraneuses qu'osseuses. Leur base est attachée sur une lame transverse fort délicate, souvent membraneuse elle-même et non criblée, qui forme en partie la paroi antérieure de l'orbite. Ces volutes remplacent h la fois les masses latérales de l'ethmoïde et les cornets des animaux mammifères. — Le sphénoïde paraît formé d'une pièce unique, et offre sur les côtés de son corps deux facettes diarthrodiales qui répondent aux ptérygoïdiens. Il est percé d'un seul trou pour le passage des nerfs optiques; mais ce trou s'ouvre au dehors en regard de l'échancrure postérieure de la cloison inter-orbitaire, comme on vient de le voir; cl il permet ainsi à chacun des nerfs qui le traversent de gagner l'œil auquel il est destiné. Il est digne de remarque qu'une disposition analogue se rencontre également dans le lapin (1). — Le3 tem> jyoraux présentent à leur base une surface articulaire qui répond à l'os carré. Chez les animaux du genre Coq , l'apophyse zygomatique (Gg. 48, 12, 12') forme une petite languette aplatie, dirigée en avant, tantôt libre, tantôt unie par son bord supérieur avec le sommet de l'apophyse orbitairc. Ces deux éminences sont excessivement courtes dans les Pigeons. Chez les Palmipèdes, elles se soudent et se confondent d'une manière si intime, qu'il devient impossible de les distinguer Tune de l'autre. De cette union résulte une longue et forte apophyse, qui se dirige en avant et vient à la rencontre d'un prolongement particulier de l'os unguis, en formant avec celui-ci une véritable arcade osseuse. Celte arcade limite en bas et en dehors la cavité orbitaire.

Os de la face. — La mâchoire supérieure comprend : un inter-maxillaire, deux os nasaux, deux lacrymaux, deux palatins, deux ptérygoïdiens, deux zygomatiques et un vomer. La mâchoire inférieure a pour base un maxillaire, qui s'articule avec le crâne par l'intermédiaire de deux os supplémentaires nommés os camés.

(1) Cette analogie est véritablement frappante, et pourrait, suivant nous, servir de base h une nouvelle détermination de la cloison inter-orbitaire. Nous sommes tente\ en effet, de considérer cette lame osseuse comme le sphénoïde iuférieur et la partie moyenne de lethinpldc des oiseaux. Cette manière de voir viendrait cou Dr mer les idées de M. Tabourin sur le sphénoïde inférieur et l'ethmoïde des mammifères.

Vinter-maxillaire(û%. t\l et 48, 10) est formé, avant Téclosion,de deux pièces latérales qui représentent les deux petits sus-maxillaires des mammifères. Cet os est très considérable et forme à lui seul la base du bec supérieur, dont il détermine la forme ; aussi est-il pointu et conique chez les Gallinacés, large et aplati de dessus en dessous chez les Palmipèdes. 11 circonscrit en avant les ouvertures externes du nez , et se prolonge supérieurement en deux longues apophyses qui s'enclavent entre les os nasaux. Deux apophyses inférieures, appartenant aussi à cet os, concourent a la formation de la voûte palatine. — Les sus-maxillaires, analogues aux grands sus-maxillaires des mammifères, sont deux os rudimentaires situés sur les côtés et à la base du bec. Ils forment une partie de la voûte palatine et des parois des cavités nasales. — Les os nasaux circonscrivent en haut, en dedans et même en dehors, les orifices extérieurs de ces cavités. — Les palatins entourent, comme chez les mammifères, les ouvertures gutturales du nez, et constituent une grande partie de la voûte palatine. Leur extrémité postérieure s'appuie contre les ptérygoîdiens. L'antérieure vient rejoindre les sus-maxillaires et les apophyses inférieures de Tinter-maxillaire. — Les ptérygoîdiens s'étendent obliquement du sphénoïde aux os carrés. On remarquera qu'ils s'unissent avec le sphénoïde par articulation diarthrodiale. — Les zygomatiques ont la forme de deux stylets très grêles unis à l'os carré par leur extrémité postérieure, et soudés au sus-maxillaire par leur extrémité antérieure. — Le vomer sépare l'une de l'autre les ouvertures gutturales du nez.

Les os de la mâchoire supérieure ne se soudent point entre eux d'une manière aussi rapide que les os du crâne. Les apophyses montantes de Tinter- maxillaire et les os nasaux restent même pendant fort longtemps unis au frontal par une simple articulation synarthrodiale. Cette disposition permet au bec supérieur d'exécuter un certain mouvement d'élévation , mouvement dont nous ferons connaître le mécanisme en parlant des articulations.

Le maxillaire est formé primitivement d'un grand nombre de segments distincts qui se soudent bientôt pour constituer un os unique. — Vos carré ou tympanique doit être considéré comme une pièce osseuse détachée du temporal. C'est un os prismatique, pourvu, sur sa face supérieure, d'une facette diarthrodiale qui l'unit au temporal, et, sur sa face inférieure, d'une autre facette articulée avec la branche du maxillaire. Il se joint en dehors avec le zygomatique, en dedans avec le ptérygoïdien. En arrière, il donne attache à la membrane du tympan. Il présente en avant une petite éminence d'insertion que Meckcl considère comme une seconde apophyse zygomatique.

Thorax. — Sternum (fig. kl, H; &9, 1). — Le sternum des oiseaux, servant de point d'appui aux muscles moteurs de l'aile, devait offrir, et offre, en effet, une force remarquable à causedu volume extraordinaire de ces muscles. Or, ceux-ci étant d'autant plus forts et plus énergiques que Toiseau présente à un plus haut degré l'aptitude au vol , il en résulte que la charpente du sternum se trouve elle-même d'autant plus solide que les oiseaux chez lesquels on le considère sont meilleurs voiliers. Il en résulte encore qu'on peut pressentir, d'une manière presque infaillible, l'étendue et la puissance du vol d'un oiseau à la seule inspection du sternum des individus de son espèce. On comprend fort bien, du reste, que nous n'énonçons en ce mo<

112 DKS os.

ment qu'une application particulière des règles posées par la grande loi de concordance entre la disposition anatomique des organes et leur finalité physiologique.

Étudié chez les Palmipèdes, qui nous serviront de type de description, le sternum se présente sous la forme d'une large cuirasse rectangulaire, allongée d'avant en arrière, qui constitue à elle seule la paroi inférieure de la cage thoracique, et qui protège même en grande partie la ca\iié abdominale. — Sa face supérieure est concave. — Sa face inférieure est convexe et se trouve occupée tout entière par l'insertion des muscles pectoraux. Elle présente sur la ligne médiane une crête mince et très saillante, qui porte le non» de bi'échet (lig. kl, \U; — 49 //, 2], et qui multiplie d'une manière remarquable les points d'attache de ces muscles. — Le bord antérieur offre dans son milieu une petite éminence d'insertion dite épi-sternalc (lig. /i7, 15; — U9 A, 2). On y voit latéralement deux rainures articulaires qui répondent aux coracoïdiens. — Le bord postérieur est en taillé de deux éebancrures souveut converties en trous (fig. U9 B, 3,3). — Ou observe sur les bords latéraux de petites facettes articulaires doubles qui répondent aux côtes inférieures. Les angles qui séparent ces deux bords de l'antérieur se prolongent tous deux en une petite éminence, nommée par quelques auteurs apophyse costale (fig. MA, 3,3).

Chez le Coq, le sternum est beaucoup plus faible que chez les oie* et les Canards. Il présente, en effet, de chaque côté du bréchet deux larges éebancrures qui entament profondément sa substance et la réduisent à fort peu de chose. Ces éebancrures (ûg. 47, 18, 19; — U9 A, 6, 7), bouchées à l'état frais par des membranes, sont distinguées en externe et en interne. Celle-ci , beaucoup plus vaste que l'autre, s'étend jusqu'auprès de l'extrémité antérieure de l'os. De cette division des lames latérales du sternum résultent deux apophyses grêles et longues dirigées en arrière (lig. [kl, 16, 17; — U9 A, k, 5). L'externe se termine en s'élargissant, et forme une espèce de plaque osseuse qui recouvre les dernières côtes inférieures.

Le sternum des Pigeons se distingue par l'énorme développement du bréchet Les deux éebancrures qui existent chez le coq se rencontrent aussi dans ces oiseaux. Mais l'interne est presque toujours convertie eu un trou étroit.

Celte étude comparative du sternum chez nos principaux oiseaux domestiques nous met à même d'apprécier la justesse des principes qui ont été posés plus haut sur la forme et l'étendue que cet os peut présenter. Ainsi les Gallinacés proprement dits , qui volent peu et mal , ont le sternum singulièrement affaibli par les éebancrures profondes qui évident ses parties latérales. Chez les Palmipèdes, le sternum est large et légèrement échancré ; aussi l'oie et le canard, que nous voyons se traîner si lourdement sur le sol dans nos basses-cours, sont-ils capables de soutenir une course aérienne longue et rapide, comme les individus de leur espèce qui vivent à l'état sauvage. Quant aux Pigeons, connus pour la rapidité et la puissance de leur vol, ue doivent-ils pas cet avantage au développement extraordinaire de la carène qui constitue le bréchet?

Côtes (lig. 67, I, etc.). — 11 existe sept paires de côtes chez le Coq et le Pigeon ; on en compte neuf chez le Canard. Articulés supérieurement avec les vertèbres dorsales de la même manière que chez les mammifères, ces os sont

pourvus, vers leur partie moyenne, d'une éminence aplatie qui part du bord postérieur, et qui se dirige en arrière et en haut pour aller s'appuyer, par son extrémité libre, sur la face externe de la côte suivante. Ces émiuences (fig. A7, 20) font épiphyse dans le jeune âge, et manquent ordinairement dans les premières et les dernières côtes. Elles concourent d'une manière efficace à assurer la solidité de la cage thoracique.

Les cartilages costaux des mammifères se trouvent transformés chez les oiseaux eu véritables côtes inférieures, unies aux côtes supérieures par une articulation diarthrodiale (fig. Ii7, J % etc.). Ces pièces osseuses sont longues, fortes, et se terminent toutes à leur extrémité inférieure par une double facette qui s'articule avec le bord latéral du sternum; elles manquent presque toujours dans les deux premières côtes. 11 n'est pas rare de voir la dernière s'unir à i'avant-dernière, au lieu de gagner directement le sternum ; elle se comporte dans ce cas comme les côtes asternales des mammifères.

Fig. 49 (*).

Membres antérieurs. — Os de l'épaule. — L'épaule comprend : une omoplate ; un os particulier nommé par G. Cuvier coracoïdien ; et une clavicule qui orme, en se soudant avec celle du côté opposé, un os impair appelé fourchette ou

(•) Fig. 40. — A. Sternum et os de l'aile chez le coq, vus d'en haut. — i. Corps du sternum. 8. Son apophyse épi-sternale. ~,5. Ses apophyses costales. 4,1. Ses apophyses literales externes. 5,5. Ses apophyses latérales iiilernes. 6,»i. F.thancrurcs interne'. 7,7. Ecliancrure» externes. 8. Omoplate. 9« Coracoïdien. 10. Fourchette. 1 1 • Trou pour le passage du i éleveur de l'aile. 15. Humérus. 14. Trou aérien de cet os. IX. Cubitus. 16. Radius. 17. Os car pion cubital. 18. Os rarpien radial. 19. Grand métacarpien. 30. Petit métacarpien. 31. Première phalange du grand doigt. 21'. Seconde phalange du même. 33. Petite phulunga accolée au premier os du grand doigt et représentant le vestige d'un troisième doigt. 35. Pouce.

B. Sternum et os de t'épaule d'un jeune ranard (vus d'en bas). — 1,1. Sternum. 3. Brechct, 3,3. Echancrurcs latérales. 4,1, Coraondiens. 5,5. Fourchette. 6. Trou pour le passage du r éleveur de l'aile.

114 DBS OS.

os f urculaire.— L'omoplate (tig. 47, A';— 49 4, 8) est étroite, allongée, falciforroe, ut ne présente aucune trace d'épine. Son extrémité antérieure forme une partie seulement de la cavité glénoïde, et s'unit, par l'intermédiaire d'un fibro -cartilage, avec la fourchette et l'os coracoïdien. — Celui-ci (fig. 47, L ; — 49 A t 9; — 49 B, 4 ), ainsi nommé parce qu'il représente l'apophyse coracoïde des mammifères, est un os long et prismatique dirigé obliquement de haut en bas et d'avant eu arrière. Son extrémité supérieure, souvent soudée au scapulnm, s'unit à angle aigu avec cet os, et forme une partie de la cavité articulaire qui reçoit la tôle de l'humérus. Son extrémité inférieure est aplatie d'avant en arrière, et répond , par une articulation diarthrodiale , au bord antérieur du sternum. Le coracoïdien est long chez les oiseaux qui volent lourdement; il est, au contraire, court, épais, et partant très solide chez les fins voiliers. — La fourchette (lig. 47, M; — 49 2?, 5,5) est un os impair, en forme de Kou d'6 r , situé à la base des deux ailes, en avant du tronc , dans une direction oblique de haut en bas et d'avant en arrière. Les deux branches qui la constituent représentent, avons-nous dit, les clavicules ; elles se rapprochent par leur extrémité inférieure, pour se souder entre elles et former un angle curviligne plus ou moins ouvert, uni au bréchet à l'aide d'un ligament membraneux ; leur extrémité supérieure vient s'appuyer, en dedans et à l'opposé de la cavité glénoïde, contre le scapulura et le coracoïdien , en formant avec ces deux os un trou remarquable dans lequel s'engage le tendon du muscle releveur de l'aile (fig. 49; — A, 4; — B, 6). La fourchette joue le rôle d'un ressort élastique, chargé d'empêcher le rapprochement des ailes pendant la contraction des muscles abaisseurs. Aussi la conformation de cet os est-elle, comme celle du sternum , en rapport avec l'étendue et la puissance du vol : c'est ainsi que les deux branches de l'os furculaire sont épaisses, solides, fortement écartées et incurvées en U chez les oiseaux fins voiliers ; tandis que chez ceux qui ont le vol lourd et difficile, ces mêmes branches sont minces, faibles et réunies à angle aigu. Cette dernière disposition surtout enlève beaucoup de force à la fourchette, en amoindrissant singulièrement la puissance de réaction de l'arc osseux qu'elle représente.

Os du bras. — V humérus ( fig. 47, iV; — 49 A, 15) offre une tête articulaire de forme ovalaire et un trou aérien placé sous cette éminence. U est long chez les Palmipèdes, de moyenne grandeur chez les Gallinacés proprement dits, et très court chez les Pigeons.

Os de l'avant -bras (fig. 47, 0, o ; — 49 A, 1 5 et 46 ). — Le radius est beaucoup moins volumineux que le cubitus. Celui ci n'a qu'un olécrâne extrêmement court. Ces deux os sont écartés l'un de l'autre dans leur partie moyenne et se rapprochent à leurs extrémités, qui s'unissent entre elles au moyen de liens ligamenteux, de manière à rendre impossibles les mouvements de pronation et de supination. Ce mode de fixité, qui n'empêche cependant pas aux deux os de l'avantbras de glisser légèrement l'un sur l'autre dans le sens de leur longueur, a élé sagement institué par la nature, pour que l'aile pût frapper l'air à ta manière d'une rame, par sa face inférieure; autrement la résistance des couches aériennes eût fait pivoter les deux rayons osseux de la vaut- bras, et l'aile se fût présentée contre l'air de champ ou par son tranchant.

DES OS CHEZ LES OlSEAlX. 1(5

Os du carpe (fig. 47, P,P'; — 49 A % 17, 18). — Ou en compte deux seulement, distingués sous les noms de radial et de cubital, parce qu'ils répondent plus particulièrement, l'un au radius, l'autre au cubitus.

Os du métacarpe (fig. 47, Q,Q' ; — 49 A, 19, 20). — Ils sont au nombre de deux , écartés l'un de l'autre dans leur partie moyenne, soudés par leurs extrémités.

Os de la région digitéc. — L'aile des oiseaux comprend trois doigts. — L'un d'eux, qui simule le pouce et forme la charpente osseuse de l'aile bâtarde, se compose d'une seule phalange styloïde, articulée à la base d'une petite apophyse particulière que porte l'extrémité supérieuredu plus grand métacarpieu (fig. 47, /ï; -—49 A, 23). — Le plus grand doigt est constitué par deux phalanges qui font suite à ce dernier os (fig. 47, lt,r\ — 69 A, 21,21'). — Le troisième doigt est représenté par une petite phalange rudimenlaire (fig. 49, A, 22) qui répond à l'extrémité inférieure du plus petit métacarpien, et qni s'accole à la première phalange du grand doigt de la manière la plus intime.

U est bon de remarquer que la main et l'avant-bras sont d'autant plus longs que les oiseaux sont meilleurs voiliers ; aussi ces deux rayons de l'aile sont-ils très courts chez les Gallinacés proprement dits.

Membres postérieurs. — Coxal ou os iliaque. — C'est une pièce volumineuse et très solide, surtout chez les oiseaux marcheurs, composée, comme dans les mammifères, d'un ilium, d'un ischium et d'un pubis. — Vilium (fig. 47, S) se soude avec toutes les vertèbres lombaires et les dernières dorsales ; il est excavé sur sa face externe. — L' ischium (fig. 47, S') est très large et ferme par côté la cavité pelvienne. Il est percé, en arrière de la cavité cotyloïde, d'un vaste orifice (fig. 47, 21 ] qui remplace la grande échancrure sciatique. Son bord supérieur se soude avec les vertèbres sacrées ; l'inférieurs'unit au pubis. —Celui-ci (fig. 47, 6"), mince et allongé, suit la direction du bord inférieur de l'ischium , et circonscrit avec ce dernier os une ouverture ovalaire plus ou moins spacieuse ( fig. 47, 22 ). Son extrémité inférieure dépasse l'ischium pour se recourber en dedans vers celle du côté opposé, mais sans la rejoindre et sans s'unir avec elle. Il n'y a donc point, chez les oiseaux, de symphyse pelvienue, et le bassin est largement ouvert par eu bas, disposition qui facilite le passage de l'œuf à travers cette cavité et sa sortie du cloaque. — On observera enfin que la cavité cotyloïde est percée a son fond d'un trou qui traverse l'os d'outre en outre.

Os de la cuisse. — Le fémur (fig. 47, T) est articulé inférieurement avec la rotule, le tibia et le péroné. Chez tous les oiseaux marcheurs, comme les gallinacés, il est ioug et fort, ainsi que les rayons qui suivent.

Os de la jambe. — La rotule (fig. 47, U) est mince et large. — Le tibia (flg. 47, V) se termine en bas comme l'extrémité inférieure du fémur retournée, c'est-à-dire qu'il présente deux condyles séparés par une gorge qui devient articulaire en arrière. — Le péroné (fig. 47, X) s'articule par sa tète avec le condyle externe du fémur. Il se soude au tibia et ne descend jamais jusqu'à l'extrémité inférieure de cet os.

Os du tarse. — Le tarse semble manquer tout à fait chez les oiseaux. Cependant ou peut hardiment considérer comme un vestige des os de cette région un petit

116 DBS ARTICULATIONS.

noyau osseux perdu au milieu d'une masse fibro-cai lilagineusc qui glisse sur la poulie postérieure du tibia. Ce noyau (fig. 47, y) représenterait le calcanéum des mammifères.

Os du métatarse. — On trouve chez les oiseaux uu seul métatarsien, articulé supérieurement avec l'extrémité inférieure du tibia, terminé inférieurement par trois poulies qui supportent les trois doigts principaux. Cet os ( fig. 47, )') présente chez le Coq, près de son tiers inférieur, une apophyse conique tournée eu arrière, qui sert de base à l'ergot (fig. 47, '2'\), En arrière de son extrémité supérieure, il eu offre une autre qu'on peut considérer comme un métatarsien soudé (fig. 47, Ti).

Os de la région diaitêe (lig. 47, Z, etc.). — I es oiseaux domestiques possèdent tous quatre doigts aux membres inférieurs : trois principaux, dirigés en avant, et uu i udimenlaire, qui se porte en arrière. — Les premiers, distingués en interne, en médian et eu externe, s'articulent avec les poulies inférieures du métatarsien. L'interne est formé de trois phalanges , le second en a quatre et le troisième cinq. Ces phalanges sont conformées à peu près comme celles des carnassiers; la dernière est pointue, conique et enveloppée d'un étui corné. — Quant au quatrième doigt, c'est-à-dire le pouce, il comprend trois articles, dont un, le premier, est généralement considéré comme un métatarsien t udimenlaire. Cet article est attaché par du tissu fibro-cartilagineux eu dedans et en arrière de l'extrémité inférieure du métatarsien principal.

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