‹ Traitʹe d'anatomie comparʹee des animaux domestiquesChapitre 49 sur 53 · V - Région anti-brachiale antérieure · texte numérisé non relu

V - Région anti-brachiale antérieure

Kllc comprend chez les Solipêdcs quatre muscles extenseurs. Deux agissent sur le pied tout entier; ce sont: V extenseur antérieur a\Y extenseur oblique du métacarpe. Deux autres, Y extenseur antérieur et Y extenseur latéral des phalanges, se terminent sur la région digitée.

1» Extenseur antérieur nu métacarpe (lig. 77, M).

Synonymie : Epilrocblo-pré-meUcariuea (Gir.). — 11 ie[>re»cule le» deux radiaux externes de l'homme.

Situation, Direction. Forme. Structure. L'extcuscur antérieur du métacarpe, situé en avant du radius, dans une direction à peu près verticale, se compose d'un corps charnu et d'un tendon. Le premier présente la forme d'un couoïde renversé, est coupé de quelques lames a pouévio tiques, et se trouve formé de fibres musculeuses légèrement arciformes a leur extrémité supérieure. Le secoud, d'abord arrondi, puis aplati d'avaut en arrière , commence au-dessous du tiers moyen du radius et succède à l'extrémité inférieure du corps charnu.

Attaches. — Ce muscle prend son insertion fixe: 1° sur la crête de l'épitrochléc, par l'extrémité supérieure de ses ûbres charnues ; 2° au-dessus et en avant de la surface articulaire inférieure de l'humérus, au moyeu d'une forte lanière fibreuse qui lui est commune avec l'extenseur antérieur des phalanges, et qui s'épanouit à la face profonde de ces deux muscles, eu se confondant de la manière la plus intime avec le ligament capsulaire de l'articulation du coude ; 3° sur la crête sous-trochitérienne, par une laine aponévroUque composée de deux feuillets, cuire lesquels se trouve comprise l'extrémité supérieure du muscle (fig. 77, 12).

Il opère sou insertion mobile sur la lubérosité antérieure et supérieure du métacarpien principal, par l'extrémité inférieure de son tendon.

/{apports. — Le corps charnu du muscle est recouvert par l'aponévrose anti-brachiale et par le court extenseur de Tavaut-bras ; il recouvre la face antérieure du radius ainsi que l'articulation du coude ; en dehors et en arrière , il répond à l'extenseur antérieur des phalanges; en haut et en dedans, il se trouve en rapport avec l'extrémité inférieure du court fléchisseur del'avant-bras. Son tendon recouvre une petite partie de la face antérieure du radius , et s'engage dans la coulisse verticale interne creusée en avant de l'extrémité inférieure de cet os; il passe ensuite sur le ligament capsulaire du carpe, et il se trouve maintenu contre cette expansion membraneuse par une large gatne fibreuse, dans laquelle il glisse au moyen de deux synoviales. Ce tendon est croisé , au-dessus du genou, par celui de l'extenseur oblique, qui passe à sa surface.

I sages. — Ce muscle joue précisément le rôle indiqué par son nom , c'est-àdire qu'il étend le métacarpe sur l'avant-bras.

Différences. — Chez le Pore, le tendon de ce muscle se termine à l'extrémité supérieure du grand métacarpien interne. — Chez le Chien et le Chat, il se divise, à son extrémité inférieure, en deux branches qui rappellent exactement les tendons terminaux des deux muscles radiaux externes de l'homme : l'une s'insère au métacarpien de l'index, l'autre au métacarpien du médius (lig. 82 A, 5, 6, 7).

2" EXTENAELB OBLIQUE DU MÉTACARPE (fig. 77, 13).

Synonymie: Cubilo-pre-metocorpiei», ou mieux radio pre'-melacurpicn, d'après Girard. — C"c*t le rcpicvotant du long abducttur el du court extenseur du ponce de l'homme,

Situation. Forme. Structure. Direction. — Petit muscle situé au côté externe du radius, sous l'extenseur antérieur des phalanges, penniforme, fortement aponévrotique, et terminé par un tendon qui s'enroule obliquement autour de la face antérieure du radius, en se dirigeant en bas et en dedans, pour gagner la coulisse oblique creusée sur l'extrémité inférieure de cet os, et se rendre de là au côté interne du genou.

Attaches. — Il prend son origine sur le côté externe du radius ; — et son tendon terminal se fixe sur la tête du métacarpien interne, en confondant ses fibres avec celles du ligament interne du carpe (fig. 78, 25).

/{apports. — Ce muscle est recouvert par l'extenseur antérieur des phalaugesel l'aponévrose anti-brachiale. 11 recouvre successivement la face antérieure du radios, le tendon de l'extenseur antérieur du métacarpe , la coulisse radiale qui loge son tendon, et dans laquelle il glisse au moyen d'une petite synoviale, enfin le ligament interne du carpe.

/ sages. — Il étend le métacarpe et peut le faire pivoter de dedans en avant.

Différences. — Il se termine chez le* Ruminants en dedans de l'extrémité supérieure du métacarpien principal. — Chez notre pachyderme domestique, il va au petit métacarpien interne. — Chez les Carnassiers, il se rend au métacarpien du pouce; il fournit de plus une petite branche particulière qui glisse, au moyen d'un sesamoide, sur le troisième os de la rangée inférieure du carpe , et qui va se confondre avec le ligament postérieur db carpe (ûg. 82 A, 8. B, a. I), 8) ; il écarte le pouce des autres doigts , mais nous le croyons peu propre à jouer le rôle d'extenseur.

3 e Extenseur antérieur des phalanges (fig. 77, 14).

Synonymie ; Èpitruclilo-prë-phulnnsleu (Oir.). — Extenseur rotumun d«>s doigts de l'homme.

Situation. Direction. Etendue. Forme. Structure. — C'est un muscle long et vertical, situé en dehors et en arrière de l'extenseur antérieur du métacarpe, auquel il ressemble beaucoup, composé, comme lui, d'une partie charnue el d'une partie tendineuse. — Le corps charnu s'étend depuis l'extrémité inférieure de l'humérus jusqu'au-dessus du tiers inférieur du radius; il est fusiforme , entrecoupé de lamelles aponévrotiques, et bifide a son extrémité inférieure (1). — La partie tendi-

[i) Cette di>isioo, signalée par plusieurs auteurs, n'a pas été représentée sur la ligure 77. C'est à tort, car elle existe d'une mauière constante.

neuse forme deux cordons inégaux, qui succèdent aux deux branches terminales du corps charnu, et qui restent accolés l'un à l'autre. Ces deux cordons passent dans la plus externe des trois coulisses creusées en avant de l'extrémité inférieure du radius, et gagnent la face antérieure du ligament capsula ire du carpe, contre lequel ils se trouvent maintenus par un appareil annulaire. Après s'être dégagé de dessous cet appareil, le plus petit, situé en dehors, se réunit au tendon de l'extenseur latéral (fig. 77, 15). Le principal (fig. 77, 14') continue son trajet en descendant sur la face antérieure du métacarpien médian et de l'articulation du boulet. II arrive enfin en avant du doigt, et se termine sur l'os du pied, après s'être élargi d'une manière remarquable, et après avoir reçu par côté, au niveau du milieu de la première phalange, une bride de renforcement qui semble provenir de l'extrémité inférieure du ligament suspenseur du boulet.

Attaches. — L'extenseur antérieur des phalanges prend son attache fixe par l'extrémité supérieure de son corps charnu : 1* en bas de la crête de l'épitrochlée ; 2° en avant de l'extrémité inférieure de l'humérus; 3° au bord antérieur du ligament externe de l'articulation du coude; a" à la tubérosité externe et supérieure du radius; 5" au bord externe du même os. — Son tendon principal s'insère à l'éminence pyramidale du troisième phalangien, après s'être attache successivement sur le ligament capsulaire de l'articulation du boulet, et sur la face antérieure des deux premières phalanges.

/(apports. — Le corps charnu, recouvert par l'aponévrose anti-brachiale, recouvre l'articulation du coude, la face antérieure du radius et l'extenseur oblique du métacarpe; il répond, en avant, à l'extenseur antérieur du même rayon, auquel il adhère intimement par sa moitié supérieure, en arrière, à l'extenseur latéral des phalanges. — Les cordes tendineuses recouvrent les différentes parties que nous avons énumérées en décrivant le trajet du muscle, c'est-à-dire la face antérieure du radius, des jointures carpiennes , du métacarpien principal , de l'articulation du boulet et des deux premières phalanges. Une synoviale vaginale les enveloppe au niveau du genou, pour faciliter leur glissement dans la coulisse radiale et sur la face antérieure du ligament capsulaire du carpe; et la face interne du tendon principal se trouve tapissée, eu avant de l'articulation du boulet, par une petite capsule vésiculaire, plus bas, par les synoviales des deux articulations inler-phalangiennes.

/ sages. —Ce muscle étend la troisième phalange sur la seconde, celle-ci sur la première, et cette dernière sur le métacarpe. Il peut aussi concourir à l'extension du pied tout entier sur l'avant-bras.

Différences. — Chez les Ruminants, ce muscle est divisé dans toute sa longueur en deux portions parallèles: une externe qui forme V extenseur commun des doigts; une autre interne qui constitue l' extenseur propre du doigt interne.

a. Le corps charnu de Yextenseur commun (fig. 79, 3) est un peu plus volumineux que celui du second muscle. Son tendon (3') commence vers le tiers inférieur du radius, passe sur le genou, le métacarpe et l'articulation métacarpo-phalangienne. Arrivé à l'origine des doigts, il se bifurque ; et chacune de ses branches va s'insérer sur l'éminence pyramidale de la troisième phalange (3"). Ce muscle, en étendant les doigts, les rapproche l'un de l'autre, comme l'a judicieusement observé M. Lecoq.

Fio. 71). (*).

b. L'extenseur propre du doigt interne (lig. 79,6) ressemble beaucoup à l'extenseur commun par son volume, sa forme et sa direction. Son tendon (V) passe, avec celui qui termine ce dernier muscle, dans l'une des coulisses inférieures du radius cl

sur le ligament capsulaire du carpe, où les deux cordes se trouvent enveloppées par une gaîne synoviale commune. Arrivé au niveau de l'articulation métacarpo-phalangienne, ce tendon se place au côté excentrique du doigt interne , descend, en s'élargissant de plus en plus, jusqu'à l'extrémité inférieure de celui-ci, et reçoit du ligament suspenseur du boulet, vers le milieu de la première phalange , deux brides d'assujettissement exactement semblables à celles qui , chez les Solipèdes, fixent sur lemc'mc os l'extenseur antérieur des phalanges. Ce tendon se bifurque inférieuremcnl : L'une des branches s'attache sur la face antérieure de la deuxième phalange. L'autre, beaucoup plus large que la première, recouvre le ligament latéral externe commun aux deux articulations inter-phalaugiennes , et se termine sur tout le côté externe de la troisième phalange. Chez le Mouton , cette seconde branche est faiblo, et se dirige vers le talon, qu'elle enveloppe en se confondant avec le tendon perforant et le coussinet plantaire.

Chez le Pore, on trouve à la place de l'extenseur antérieur des phalanges deux muscles analogues à ceux dont nous venons de faire la description chez les Ruminants. — L'externe ou Vfjctenseur commun des doigta se divise facilement, comme chez l'homme, en plusieurs faisceaux, et se termine par quatre branches tendineuses qui gagnent l'éminence pyramidale de la troisième phalange des quatre doigts. Le tendon du petit doigt externe abandonne souvent un mince rameau bifide destiné à renforcer les tendons des deux grands doigts. — Le muscle interne ou X extenseur propre des deux doigts internes possède un ten don bifurqué; chaque branche gagne le côté excentrique de la troisième phalange du doigt qu'elle est chargée de mouvoir.

Chez les Carnassiers, on ne rencontre qu'un seul muscle comme chez le cheval : c'est l'extenseur commun des doigts, terminé par un tendon quadrifurqué. dont les rameaux se distribuent aux quatre grands doigts (fig. 82 A, 9, 9').

(') lig. 70. — Muscles de l' avant -hras du ba'itf(jttce externe ). — I. Extenseur antérieur du melacuijir: 1'. L'insertion de «on tendon. S. Extenseur ubliqnr, .". Extenseur commun des doiglb; 3". Sun tendon. ■V. Lu bifurcation terminale Oc ce leudoii. 4. Extenseur propre 1,11 doigt interne; 4'. Son tendon, S. Extenseur propre «lu doigt externe; î>'. Son tendon; 0. Su brunebe d'insertion A lu deuxième pbulnuge; 7. Celle qui va » la troisième. S. Fléchisseur externe du métacarpe. 9. Portion olécrunienue du pert'urnhl. 10. Tendon du perforant. 11. Tendon du perforé. 12. Ligament suspenseur du boulet; 13. Lu bride qu'il fournit au peiforé pour foi mer l'anneau dans lequel pusse le perforant; 14. L* bride externe qu'il envoie ù l'extenseur propic du dnigt externe. \b. Coruco-iadial. tu. Brachial antérieur. 17. Anconé.

4" KxrtXSEl K LATÉRAL DLS PHALANGES (lig. 77,

Synonymie : Cul.ilo pre-phulangien, et mieux rudio prc-phalaugieii, d'upiès Girard. — Kxlcos ui propre du petit doigt che* l'homme.

Direction. Situation. Etendue. Forme. Structure. — Petit muscle vertical , situé au coté externe de l'avant-bras, entre le précédent et le fléchisseur externe du métacarpe, formé d'un corps charnu et d'un tendon. — Le corps charnu, peu considérable et aplati d'avant en arrière, s'étend de l'extrémité supérieure du radius au quart inférieur du même os. — Le tendou (fig. 77, 16'), d'abord arrondi , puis rubané , gagne la coulisse de glissement qui partage en deux la tubérosité externe et inférieure du radius, passe au côté externe du carpe, «m traversant le ligament latéral commun aux articulations de cette région , et arrive sur la face antérieure du métacarpien principal, où il reçoit la petite branche tendiucusc qui se détache de l'extenseur antérieur, ainsi qu'une forte bride fibreuse provenant du côté externe du carpe (fig. 77, 17). Il descend ensuite, accolé au bord externe du tendon principal de son congénère et uni à ce tendon par un fascia fibreux, jusque sur l'articulation du boulet, pour se terminer, en s'élargissant, à l'extrémité supérieurc de la première phalange.

Attaches. — 1° Par son corps charnu , sur la tubérosité externe du radius, le ligament externe de l'articulation du coude, et sur le corps des deux os de l'avantbras (origine) ; — 2° par l'extrémité inférieure de son tendon , sur la capsule de l'articulation métacarpo-phalangienne, et en avant de l'extrémité supérieure du premier phalangien (tenninaison).

/{apports. — Le corps charnu, enveloppé d'une gaine aponévrotique spéciale, répond : en avant, à l'extenseur antérieur des phalanges; en arrière, au fléchisseur externe du métacarpe et aux deux muscles perforé et perforant ; en dehors, à l'aponévrose anti-brachiale. — Le tendon, entouré par une synoviale vaginale dans sa traversée carpienne, recouvre au delà du genou, la face antérieure du métacarpe, et le ligament antérieur de l'articulation métacarpo-phalangienne, sur lequel il glisse au moyen d'une petite synoviale vésiculaire. Il est recouvert par un léger fascia fibreux qui le sépare de la peau , et qui s'étend également sur le tendon de l'extenseur antérieur.

Usages. — Ce muscle, extenseur du doigt, concourt aussi à l'extension du pied tout entier sur Pavant-bras.

Différences. — Chez les Humiliants, il est beaucoup plus épais que chez le cheval, et constitue Y extenseur propre du doigt externe (fig. 79, 5). Son tendon terminal (5', 6, 7) se comporte absolument comme celui de l'extenseur propre du doigt interne; on peut donc se dispenser d'en faire une description spéciale. iNous ferons remarquer, avec M. Lecoq, que ces deux muscles écartent les doigts l'un de l'autre, en les étendant; ils sont donc, jusqu'à un certain point» antagonistes de l'extenseur commun.

Chez le Pore, le tendon terminal de ce muscle s'épanouit sur la face excentri* que du petit doigt externe.

Chez les Carnassiers, ce tendon se divise en trois branches qui s'insèrent sur \j

face antérieure des trois doigts externes, en se confondant avec les tendons de l'exten seur commun, ou avec les brides fibreuses fournies à ces tendons par les muscle* inter-osseux métacarpiens.

B. - Kéf Ion •■il-fcraetalale postérieure

Klle se compose de cinq muscles fléchisseurs groupés verticalement en arrière des os de l'avant-bras. Trois, situés en couche superficielle, agissent sur le pied tout entier : ce sont le fléchisseur externe , le fléchisseur nbli'jue et le fléchisseur interne du métacarpe. Les deux autres, fixés sur le doigt par leur extrémité inférieure, et cachés sous les précédents, sont distingués sous les noms de fléchissent superficiel et de fléchisseur profond des phalanges.

!• FLECHISSEUR EXTERNE DU MÉTACARPU ( Og. 77, 18). Synonymie : Ë|>itrorhlo-sus-carpi«n <Gir.). — Cubital potlëricur de l'homme.

Situation. — Le fléchisseur externe du métacarpe est situé au côté externe de l'avant-bras, entre l'extenseur latéral des phalanges elle fléchisseur oblique.

Forme. Structure. Attaches. — Ce muscle est allongé de haut en bas , aplati d'un coté à l'autre , renflé dans sa partie moyenne, et entrecoupé de très fortes intersections aponévrotiques. II commence sur le sommet de lepitrochlée par un tendon très fort et extrêmement court. Inférieuremenl il se termine par un second tendon plus long que le précédent, etdiviséendeux branches, l'une antérieure, l'autre postérieure : Celle-ci (fig. 77, 20), large et courte, s'insère sur l'os crochu, en se confondant avec le fléchisseur oblique. La première (Gg. 77, 19), arrondie et funiculaire , glisse au moyen d'une synoviale dans la coulisse creusée sur la face externe de l'os crochu, laquelle coulisse est transformée en conduit par un petit appareil fibreux ; celte branche va se fixer ensuite sur la tète du métacarpien externe, en se confondant avec le ligament externe du carpe.

/(apports. —Recouvert par l'aponévrose anti-brachiale , ce muscle recouvre lesdeux fléchisseurs du doigt. Son bord antérieur répond à l'extenseur latéral des phalanges; le postérieur, au fléchisseuroblique. Son tendon supérieur est accolé au bord postérieur du ligament externe de l'articulation du coude, et se trouve tapissé profondément par le cul-de-sac externe de la synoviale qui appartient à celte articulation.

i sages. — Il fléchit le pied sur l'avant -bras.

Différences. — Chez le Porc, le chien et le Chat , la branche antérieure du tendon terminal se rend à la tête du métacarpien le plus externe.

2° Flechissei r oblique m métacari-e (fig. 78, 18,.

Synony mie: Kpicondjlo-Mii carpien ( Gir.). — Cubital antérieur chet l'homme.

Situation. Forme. Structure. — Ce muscle, situé en arrière et en dedans de l avant-bras, répète assez exactement le précédent par sa forme et sa structure.

Direction. — Bourgelat l'a nommé assez improprement fléchisseur oblique , car sa direction est verticale comme celle des autres muscles de la région.

Attaches.- Il prend son origine: i°sur la base de l'épicondyle, par les fibres ten dîneuses de son extrémité supérieure; 2* sur l'olécrane, par une petite bandelette charnue (figure 78, 18') très mince et très pâle , qui est annexée au corps charnu principal et qui s'unit bientôt à son bord postérieur. — Son tendon inférieur est indivis, et se termine sur l'os crochu , au même point que le fléchisseur externe, avec lequel il s'unit intimement.

Rapports. — Par sa face superficielle, avec l'aponévrose anti-brachiale, qui adhère fortement à son tendon; par sa face profonde , avec les fléchisseurs des phalanges. Son bord antérieur est recouvert par le fléchisseur interne ; le postérieur répond au fléchisseur externe.

f sages. — Il est congénère du précédent.

Différences. — Chez les Carnassiers, ce muscle est recouvert par le perforé. Sa portion olécranienne est plus épaisse que dans les autres animaux ; elle ne s'unit au corps charnu principal que tout à fait en bas.

3° FLÉCHISSEUR INTERNE DU MÉTACARPE (flg. 78, 19). Synonymie ? KpicoiidyloniJUcurpien (Gir.). — Grand palmaire du 1 bomme

Situation. Forme. Structure. Attaches. — Ce muscle , situé en dedans de l'avant-bras, contre la face postérieure du radius, ressemble aux deux muscles précédents, ses congénères, et se comporte a peu près comme eux. Il est cependan t moins large, plus épais et moins aponévrotique. Son extrémité supérieure se fixe, par dès fibres tendineuses, à la hase de l'épicondyle, au même point que le fléchisseur oblique, avec lequel elle se confond (origine). Son extrémité inférieure se termine par un tendon funiculaire long et mince, qui s'engage dans une coulisse fibreuse située au côté interne du carpe, et qui va se fixer à la tète du métacarpien interne ( insertion mobile ) .

Rapports, — Il est recouvert par l'aponévrose anti-brachiale, et recouvre le fléchisseur oblique, le perforé, le perforant, des vaisseaux et des nerfs importants. Son bord antérieur répond au radius. Une synoviale vaginale enveloppe son tendon terminal, et facilite sou glissement dans la gaine fibreuse qu'il parcourt.

l'sayes. — Il est congénère des précédents.

Différences. — Dans le Porc, ce muscle se termine au métacarpien du grand doigt interne. — Chez les Carnassiers, il est faible et conoïde; son tendon, grêle et long, gagne le métacarpien de l'index.

t u FLÉCHISSEUR SUPERFICIEL 00 FLÉCHISSEUR SUBLIME DES PHALANGES (6g. 77 ; 78 ; 80). Synonymie : Epicondylo-phalangien (Gir.). - Perforé.

Situation. — Le fléchisseur superficiel des phalanges est situé, avec son congénère, le perforant, sous les fléchisseurs du métacarpe, lesquels forment autour des deux premiers une sorte d'enveloppe musculeuse.

Forme. Structure. Etendue. — Il se compose d'un corps charnu et d'un tendon. — Le premier, long, mince, prismatique et entrecoupé d'un graud nombre d'intersections apoiiévrotiques , s'étend depuis l'extrémité inférieure du bras jus*

262 DBS MUSCLES.

que auprès du carpe. — Le tendon, conlinu avec l'extrémité inférieure du corps riianui, reçoit, ù son origine môme, une éuorme production fibreuse, qui provient de l'éminence d'insertion située en bas de la face postérieure du radius, et qui contracte des adhérences assez intimes avec l'aponévrose anti-brachiale , ainsi qu'avec le perforant. Après avoir été ainsi renforcé, ce tendon traverse la gaine carpienne, et arrive en arrière du boulet, où il forme un anneau (fig. 78, W) daus lequel s'engage la corde du fléchisseur profond : d'où les noms de perforé et de perforant, donnés aux deux fléchisseurs (les phalanges. Puis il s'infléchit en avant sur la coulisse sésamoïdienne, et se termine par deux branches vers le milieu de la région digilée.

Attaches. — Il prend son origine, en commun avec le perforant, au sommet de l'épicondyle (lig. 78, 20); — et il se fixe, par les deux branches de son tendon, aux extrémités de la poulie de renvoi que présente !a deuxième phalange en arrière de son extrémité supérieure (lig. f>8, A, A).

/{apporta. — Le corps charnu, recouvert par le fléchisseur externe cl le fléchisseur oblique du métacarpe, se trouve, pour ainsi dire, incrusté, dans le perforant, auquel il adhère de la manière la plus intime. Le tendon recouvre celui de ce dernier muscle, et se trouve recouvert par les expansions fibreuses des deux gaines carpienne et uiétacarpo-phalangiennc, gaines qu'il nous reste à faire connaître maintenint.

On appelle gaine carpienne un appareil annulaire fort remarquable, formé par la face superficielle du ligament commun postérieur du carpe et Tic. sn (*) p ar une épaisse expansion de tissu blanc inextensible, véritable arcade fibreuse jetée, comme un pont, de l'os crochu au côté interne du carpe. Celte arcade se continue par en haut avec l'aponévrose anti-brachiale, et se prolonge, par eu bas, sur la portion métacarpienne des tendons fléchisseurs. Une vaste synoviale vaginale tapisse la face interne de la gaîne carpienne, et enveloppe le perforé et le perforant à leur passage dans cette gaîne. Celle synoviale remonte au-dessus du carpe, et descend jusqu'au-dessous du tiers inférieur de la région métacarpienne.

La gaine mêtacarpo-phalaugiennc est formée par la coulisse sésamoïdienne supérieure, la face postérieure des principaux ligaments sésamoïdiens inférieurs, celle du fibro- cartilage glénoïdien de la première articulation inter phalangienne, et par la poulie de renvoi postérieure de la seconde phalange. Elle est complétée par une très large expansion membraneuse (fig. 80, 5) appliquée sur les tendons fléchisseurs, très adhérente au perforé sur la ligne médiane du doigt, et fixée, par côté, aux os phalangiens, à l'aide de trois brides fibreuses spéciales (fig. 80,6, 7,8). Une synoviale vaginale très étendue tapisse les parois intérieures de celle gaîne et se replie sur les tendons fléchisseurs ; elle remonte le long de

(*) Fig. 80. — Tendons 'les muscles fléchisseurs des phalanges. — i. Tendon du perforé. 9. Tend«n du perforant ù sa torlie d'entre 1rs deux branches du perfore; ~\~>. Son insertion à lu crête semi- lunaire; 4.4. Les dru* btidei lulernle* «le «a guîne de renfoii iMii. nl. îî,.'i. Kxpunsion fibreuse de lu gaine Ulelarui po-plialiitigienne. G, 7.8. Ses bride* latérales. 9, 9. Lignaient suspenscur du houlet.

ces tendons jusqu'au niveau de l'extrémité inférieure des métacarpiens latéraux , et forme intérieurement un cul-de-sac assez vaste qui s'adosse, en arrière de la deuxième phalange, contre le cul-de-sac postérieur de la synoviale articulaire du pied et contre lecul-dc-sac supérieur de la petite gaîne sésamoïdienne (fîg. 60, iU). La gaine métacarpo-phalangienne est encore appelée gaine grande sésamoïdienne ; mais ce nom est plutôt réservé pour la synoviale qui revêt ses parois.

Usages. — Ce muscle fléchit la deuxième phalange sur la première, celle-ci sur . le métacarpe, et le pie;! tout entier sur l'avant-bras. Son tendon , grâce à la bride fi h re use qui l'attache à la face postérieure du radius, joue, pendant la station, le rôle d'un lien mécanique destiné a soutenir l'angle métacarpo-phalangien.

DiFFÉREiNCts. — Chez les Ruminants, le perforé se compose de deux portions dont les tendons se réunissent vers le milieu de la région métacarpienne. Le tendon simple (fig. 81, 1, 2, 3) qui résulte de celte soudure se divise ensuite en deux branches , lesquelles se comportent exactement, à l'égard des doigts, comme la corde unique du perforé du cheval. On observera seulement que chacune d'elles reçoit du ligament suspenseur du boulet une bride fibreuse analogue à celle qui, chez les Solipèdes, gagne le tendon perforant. Celte bride (fig. 79, 13) concourt à la formation de l'anneau dans lequel s'engage ce dernier tendon.

Chez le Porc, le perforé est également formé de deux corps charnus , terminés chacun par un tendon, qui s'insère inférieurcment sur la seconde phalange d'un des grands doigts.

Chez les Carnassiers (fig. 82 D, 1, 1', 2), ce muscle présente un corps charnu long , large et superficiel, séparé du perforant par le fléchisseur oblique du métacarpe. Son tendon passe en dehors de la gaîne carpienne, à laquelle il adhère par quelques brides; et il se divise en quatre branches, attachées par leur extrémité inférieure sur la seconde phalange des quatre doigts principaux.

4» Fléchisseur profond des phalanges ( 0g. 77 ; 78 ; 80).

Synonymie : Cuhilo-phalangien ou radio-pholangien, d'après GlrurJ. — Perforant.

Situation. Composition. Etendue. — Ce muscle, situé immédiatement en arrière du radius, se compose de trois portions, qui se réunissent au niveau du carpe, pour se continuer jusqu'à l'extrémité inférieure du doigt par un long et fort tendon.

Forme, structure et attaches des corps charnus du perforant, — Ces trois portions musculeuses peuvent être distinguées , eu égard à leur point d'origine, en è pi condy tienne, en cubitale et en radiale. — La portion epicond y tienne, la plus considérable, est accolée au perforé , dont elle représente trois à quatre fois le volume; elle se divise aisément en plusieurs faisceaux fortement tendineux , qui partent du sommet de Fépicondylc.avec le fléchisseur superficiel.— Lu port ion cubitale, située entre le fléchisseur externe et le fléchisseur oblique du métacarpe, est très courte et conoïde, épaisse à son extrémité supérieure, rétrécic à son extrémité inférieure, h laquelle succède un long tendon aplati réuni, par en bas, au tendon principal ; elle prend son origine sur le sommet et sur le bord postérieur de l'olécrane. — La portion radiale (1 ), la plus faible, est cachée profondément sous le corps

(1) Elle n'prfapnle le toii<7 fWchiwur du pouce dp rimnimp.

charnu épicondylien. Les fibres musculeuses qui la composent, fixées sur la face postérieure du radius et légèrement rayonnécs, se rassemblent sur un petit tendon particulier, qui se confond avec le tendon commun, après avoir contracté d'intimes adhérences avec la bride radiale du perforé.

Trajet et attaches du tendon . — Le tendon qui succède à ces trois corps charnus s'engage dans la gaine carpienne avec celui du fléchisseur superûcicl. Il reçoit, vers % le milieu de la région métacarpienne, une forie bride fibreuse fournie par le grand ligament postérieur du carpe (fig. 77 et 78, 23), traverse l'anneau sésamoïdien du tendon perforé, passe entre les deux branches terminales de ce tendon, sur la poulie de renvoi de la face postérieure du deuxième phalangien , et s'épanouit ensuite en formant une large expansion qu'on nomme aponévrose plantaire.

Cette aponévrose glisse, par sa face antérieure, sur la face inférieure du petit sésamoïde, à l'aide d'une synoviale particulière, U petite gaine sésamoïdienne , et se trouve recouverte, en arrière, par une lame fibreuse signalée pour la première fois par M. II. Houley, qui la considère comme une gaine de renforcement du tendon perforant. Elle s'insère enfin à la crête semi-lunaire de l'os du pied et aux empreintes médianes situées derrière celte crête, en se confondant par côté avec le tissu des fibro-cartilages latéraux.

La petite gaine sésamoïdienne présente la forme vésiculaire ; elle tapisse le petit sésamoïde et le ligament impair de l'articulation du pied, se replie ensuite sur l'aponévrose plantaire, en avant de ce ligament, et remonte jusqu'au niveau du cul-de-sac inférieur de la grande gaine sésamoïdienne , où elle se réfléchit de nouveau pour se continuer avec elle-même. Elle forme donc deux culs-de-sac , l'un supérieur, l'autre inférieur, qu'on aperçoit très-bien sur une coupe longitudinale et verticale de la région digilée. (Voy. fig. 60, 15 et 16.) Le premier s'adosse contre le cul-de-sac postérieur delà synoviale articulaire du pied, et se trouve séparé du cul-de-sac inférieur de la grande gaine sésamoïdienne par une lame transverse de tissu fibreux jaune, qui attache le tendon perforant à la face postérieure de la deuxième phalange. Le second est situé sous le ligament inter-osseux qui unit l'os naviculaire au troisième phalangien.

La gaine de renforcement du tendon perforant est formée par une membrane fibreuse appliquée sur la face postérieure de l'aponévrose plantaire. Cette membrane adhère intimement par en bas à l'expansion qu'elle recouvre, et finit par se confondre tout à fait avec elle. Elle se fixe, par côté , sur l'extrémité inférieure de la première phalange, au moyen de deux brides latérales (fig. 80, 4, k).

/{apports. — Le corps charnu épicondylien est tapissé à son origine par le culde-sac externe de l'articulation du coude , lequel cul-de-sac revêt également les autres muscles attachés sur l'épicondyle, c'est-à-dire le fléchisseur externe et le fléchisseur oblique du métacarpe. Il répond : en avant, au radius et à la portion radiale du muscle; en arrière, au perforé; en dehors, au fléchisseur externe du métacarpe ; en dedans, au fléchisseur interne et au fléchisseur oblique du même rayon.

La portion cubitale, recouverle par l'aponévrose anii-brachiale, recouvre la portion épicondylienne.

La portion radiale est comprise entre celle-ci et la face postérieure du radius.

Le tendon est en rapport, en arrière, avec celui du perforé ; en avant , avec le ligament postérieur du carpe , le ligament suspenseur du boulet et la coulisse grande sésamoïdienne; par côté, avec les vaisseaux et les nerfs du doigt. Son expansion terminale est recouverte par le coussinet plantaire, qui lui adhère, en avant, de la manière la plus intime ; elle recouvre le petit sésamoïde.

Usages. — Ce muscle fléchit les phalanges les unes sur les autres et sur le métacarpe. Il concourt aussi à la flexion du pied tout entier sur l'avant-bras. La bride qui attache son tendon en arrière du carpe et sa gaine de renforcement phalangienne le rendent propre à prévenir mécaniquement, pendant la station, l'affaissement de l'angle mélacarpo-pbalangien et de la région digitée.

Différences. — Ruminants. — Chez le Bœuf, le tendon terminal du perforant ne reçoit point de bride métacarpienne (1). Arrivé au-dessus du boulet, il se divise en deux branches, une pour chaque doigt, lesquelles branches, après avoir traversé le perforé, vont se terminer en arrière de la face inférieure de la troisième phal ange. Là, elles se confondent avec le coussinet plantaire, le ligament inter-digité inférieur, et une lanière fibreuse déjà signalée dans la description de ce ligament. Celte lanière provient de l'aponévrose qui re- F,G " 81 ( s <* couvre les tendons fléchisseurs dans la région métacarpienne ; elle descend sur les talons, en arrière et en dehors des doigts, reste unie à celle de l'autre doigt par un fascia fibreux intermédiaire, et s'attache sur les gaines d'enveloppe des tendons fléchisseurs, ainsi que sur le ligament inter-digité supérieur. Chacune d'elles se termine, à son extrémité inférieure, en s'unissant à l'extenseur propre du doigt, au coussinet plantaire, au ligament inter-digité inférieur et au fléchisseur profond des phalanges.

Il n'y a point, à proprement parler, de gaîne de renforcement phalangienne. Cependant on pourrait considérer comme telle le faisceau supérieur du ligament inter-digité inférieur. (Voy. fig. 81, 6).

Pore. — Chez cet animal , le tendon perforant se divise en quatre branches terminales, qui gagnent la dernière phalange des doigts.

Carnassiers. — La portion radiale du muscle {long fléchisseur du pouce chez l'homme) commence vers l'extrémité supérieure du radius (fig. 82 C, 4).

La portion cubitale constitue un muscle semi-penné, attaché par l'extrémités supérieure de ses fibres charnues sur presque toute la face postérieure du cubitu (fig. 82 C, 3).

La portion épicondylienne abandonne au-dessus du genou un petit faisceau particulier, terminé par un tendon très grêle qui se perd dans l'arcade fibreuse de la gaîne carpiennc (fig. 82 C % 6). Ce petit muscle représente le palmaire grêle de l'homme

[•) Fig. SI. — Appareil tendineux- et ligamenteux de la jace postérieure de la région digitte dire te tl œuf j membre postérieur ). — 1 . Tendon du pciforé. 2, 8. Branches tei minutes de ce tendon; ô, 3. Leur l^furcutiou. 4,4. Perforant. U.f». Brides supérieure» du ligament inter-digitc intëiicur, s 'attachant sur la première phalange. 7. Ligament inter-digité inférieur. 8, 8. l igament suspenseur du v oulel.

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