III. — VAISSEAUX ET NERFS DU REIN
1° Artères. L'artère rénale est remarquable \° par son calibre énorme, eu égard à la petitesse de l'organe; 2" par son origine à angle droit de l'aorte; 3" par sa brièveté. Quelquefois il y a deux ou trois artères rénales. Il n'est pas rare de voir deux artères rénales s'entortiller en spirale l'une autour de l'autre.
Dans le cas où le rein est dans la fosse iliaque ou dans le bassin, l'artère rénale ou les artères rénales viennent le plus ordinairement de l'artère iliaque primitive.
Parvenue près de la scissure, l'artère rénale se divise ordinairement en trois ou quatre branches, quelquefois davantage, qui se placent entre les branches
(') Canaliciles delà siibsl.mce corllcale ,1'uu rein (le porc, isolés au moyeu d« l'ncuIccl.lorM^^^^^^^^^^
A, canalicule granuleux poilant la capsule d'un glomcrule et les vaisseaux "'^«''''"'f, ,|e
B, canalicule granuleux (rte Henic) de la substance corllcnic, enroule en peloton. — <.,' , ■ Rellini.
Artère rénale .
Ses divisions.
afTiSreiits du corpusculesdeMal' P'ghi.
Vaisseaux efférents.
Réseau capillaire du rein.
(Fifî. Ï07) (*).
veineuses, situées en avant, elle bassinet, situé en cirrière. Après avoir ourni de fines rarnificalions aux organes contenus dans le hile, ainsi qu'à la membraiic
qui le tapisse, ces branches se subdivi^ sont chacune en plusieurs branches secondaires, lesquelles pénètrent dans la substance du rein, entre les calices et les colonnes corticales de Bertin, et arrivent, sans s'être divisées ni anastomosées, au niveau de la base des pyramides. Là, elles se divisent, s'infléchissent en arcade autour des pyramides et forment par leurs anastomoses un réseau dont les mailles circonscrivent les pyramides de Ferrein.
De la convexité de ces arcades naissent des rameaux qui s'élèvent dans la substance corticale, vers la surface du rein, en se subdivisant plusieurs fois. Dans ce trajet, ils fournissent d'espace en espace des ramuscules deO"",! à 0""",2 de diamètre, qui s'en détachentà angle droit, se bifurquent plusieurs fois et aboutissent aux corpuscules de Malpighi, dont ils constituent les vaisseaux afférents; ils fournissent également quelques vaisseaux très-fins aux enveloppes du rein.
Dans l'intérieur de la capsule de chaque corpuscule, les vaisseaux afférents se divisent aussitôt en un nombre assez considérable de rameaux, lesquels se subdivisent àteur tour, décrivent de nombreuses circonvolutions, sans s'anastomoser entre eux, et enfin se réfléchissent sur eux-mêmes en forme d'anse, pour se réunir de nouveau successivement en un tronc unique (vaisseau efféretii), lequel perfore la capsule du glomérule dans le même point que le vaisseau afférent, point diamétralement opposé à celui où la capsule se continue avec un tube urinifère.
Les touffes de vaisseaux Irès-fins qui résultent des ramifications des vaisseaux afférents et efférents, sont fortement serrées les unes contre les autres, et remplissent complètement la capsule. Lorsque celle-ci est rompue, les anses vasculaires s'écartent les unes des autres et le corpuscule prend une apparence lobulée.
Lesramificationsdes vaisseaux afférents et efférents dans l'intérieur des corpuscules de Malpighi ont la structure des vaisseaux capillaires : leur paroi est amorphe et parsemée de noyaux elliptiques ; une substance transparente, en très-mmime quantité, les réunit entre eux, et se montre souvent, à la périphérie des anses vasculaires, sous la forme d'un liséré Irès-fln.
Le glomérule vasculaire est-il à nu dans sa capsule, ou bien sa surfiice est-elle recouverte d'une couche d'épithélium pavinienleux? Les opinions sont encore partagées à ce sujet.
Les vaisseaux cirércnis des glomérules ne sont point des veines, car ils se perdent dans le réseau capillaire du rein. Ce réseau entoure les canaliculos urinifères, aussi bien ceux de la substance médullaire que ceux de la substance corticale. Autour descanalicules flcxueux de cette dernière, il présente des mailles arrondies ou polygonales; celui des canalicules droits des pyramides de Forrein
P namilîcalions vasculaires d'un rein dVnrnnt ; prépara lion corrodcp — a V, veine émcrjçcaiil de l'eitrémité supérieure du rein, loin du liile. " '
artère. — V, reine. —
DES REINS
et de la substance médullaire est formé de mailles allongées dans le sens de l'axe de ces canalicules.
On voit en outre, entre les pyramides de la substance tubuleuse, une multitude
(Fip. 208) n.
de vaisseaux dont le volume, assez considérable au niveau de la base des pyramides, va en diminuant à (Fig.209) (*).
mesure qu'ils descendent vers les papilles; dans ce trajet, ils émettent un grand nombre de branches qui se ramilienl comme eux et vont fournir le réseau capillaire des colonnes de Berlin. Ces vaisseaux, dans les-
quels le sang suit un cours rétrograde sont désignés par Arnold sous le ^om de vaisseaux droits. On n'est point d'accord sur leur origine. Bowman et Kœlliker les considèrent comme faisant suite aux vaisseaux efférents des glomcrules voisins de la substance médullaire; Arnold les fait naître de la concavité des arcades vasculaires qui, par leur convexité, fournissent les ramifications aux-
n Section de la gubslance corticale d'un rein injecté par l'artère rénale. - A, ramcai. auquel sont appendus deux glomérulcs. — V, rameau veineux. — A , vaisseau ' . ' . „io.
etférentdu glomérule. - a, section d'un caualicule urinifère. - '^6.^,'r«P^'''«^''!';. f l"'!"':, Jccijon du mérule faisant saillie dans une capsule qui se continue avec un canaliculc urinilerc. vaisseau efTérenl d'un glomérule.
(••]Gloinérule incomplètement injecté ; ramilications du vaisseau afTércnt.
Vaisseaux droits.
SPLANCHNOLOGIE,
Veine rénale.
lymphatiques.
Nerfs.
quelles sont appendus les glomérulcs. Enfin Huschke et Ilenle sont d'avis qu'ils proviennent du réseau capillaire de la substance corticale, au voisinage de-^ pyramides.
2°Ln.veine réiiale, proportionnellement aussi volumineuse que l'artère, sort audevant d'elle et vient se
(Kig. m r).
rendre dans la veinecave. Ses ramuscules d'origine naissent des réseaux capillaires qui entourent les canalicules. Des portions superficielles de la substance corticale émanent de petites radicules veineuses qui s'unissent entre elles et forment un réseau autour des lobules de la substance corticale. De ce réseau parlent des rameaux onduleux, qui convergent vers un point central comme les branches d'une étoile (étoiles de Verheyen) et se réunissent en un tronc, lequel s'engage immédiatement dans la profondeur du rein. Ce tronc chemine entre les lobules, avec les artères que nous avons vues partir des arcades intermédiaires aux deux substances du rein, et dans ce trajet il reçoit une multitude de radicules provenant du réseau capillaire de la substance corticale. Enfin il se jette dans les veines volumineuses correspondant aux arcades artérielles qui entourent les pyramides.
A ces mêmes arcades viennent aboutir les veines de la substance médullaire. Celles-ci naissent d'un réseau capillaire qui entoure les papilles, cheminent dans les intervalles des pyramides, s'élèvent parallèlement aux tubes de Bellini, qui leur envoient de nombreuses radicules de renforcement, deviennent ainsi de plus en plus volumineuses et enfin se réunissent successivement en un petit nombre de troncs très-courts, qui se jettent dans les arcades veineuses.
De ces dernières, enfin, naissent des branches qui descendent vers le hile, et qui, augmentant successivement de volume, constituent les branches volumineuses dont la réunion forme la veine rénale.
Les veines du rein ont un calibre notablement supérieur à celui des artères correspondantes; elles sont entièrement dépourvues de valvules.
3» Les vaisseaux lymphatiques du rein sont peu connus, ils' suivent le trajet des artères, sortent du rein par le hile et se rendent aux ganglions lombaires voisins.
4" Les nerfs ioni Irès-nombreux ; ils viennent du plexus solaire, supportés par l'artère rénale. En outre, le petit splanchnique se rend directement au rein. Le plexus nerveux spermatique est une émanation du plexus rénal, et cette
n Section iransvcrsale de la couche périphérique de la substance médullaire d'un rein de cheval, dont 1 uretère a c-le .njccle en rouge, et l'artère rcuale en jaune. Dans les sectionsdcs canalicules de Bellm., la matière injectée a pénétré partiellement entre la membrane propre et répithelium. Entre le. sections ransversales .les vaisseau, et des canalicules Injectés, se trouvent les sections transversales de. canalicules de Henic, remplies d un epilhclium pranulcux.
DES REINS
circonstance peut expliquer l'étroite connexion sympathique qui existe entre le testicule et le rein. Le grand nombre de nerfs ganglionnaires qui se distribuent au rein, peut rendre compte du caractère particulier des douleurs rénales. Le trajet de ces ramifications dans l'épaisseur du rein, et leurs terminaisons sont encore inconnues.
Il existe enfin, dans le rein, une petite quantité de tissu cellulaire^ particulièrement sur le trajet des vaisseaux. Celui du hile est Irôs-abondant, et souvent chargé de graisse.
Les gi'os tubes qui composent les papilles sont unis entre eux par une substance
(Fig. ÎJl) (*).
amorphe, transparente à l'état frais, mais dans laquelle l'action prolongée de l'acide chromique ou du chromate de potasse fait découvrir des fibres très-fines, formant un réseau, ainsi que des noyaux arrondis ou ovalaires. C'est sur cette substance que repose l'épithélium des papilles. Cette substance est bien moins abondante dans le reste du rein, où les noyaux disparaissent complètement.