‹ Traite d'anatomie descriptive (volume 2)Chapitre 113 sur 180 · C. — Epididyme · texte numérisé non relu

C. — Epididyme

Vépididyme est celte espèce d'appendice vermiculaire, couché à la manière d'un cimier de casque le long du bord supérieur du testicule. Son nom lui vient de sa position (ê'-i, sur, 5iJup.o;, testicule).

Sa situation est telle qu'il n'occupe pas précisément le bord supérieur du testicule, mais qu'il empiète un peu sur la face externe de cet organe; de sorte que si, après avoir ouvert la tunique vaginale , on examine le côté interne du testicule, on n'aperçoit nullement l'épididyme. Le long

du côté interne du bord supérieur, s'élève le canal déférent, et entre lui et l'épididyme, se voit le faisceeau des artères et veines du testicule. Son extrémité antérieure présente un renflement arrondi, volumineux, qui porte le nom de tête [glohus major); elle adhère au testicule par les canaux qui, du rete testis, se portent au canal épididyraaire et au tissu cellulaire. Sa partie moyenne, nommée corps de l'épididyme, est libre dans toute son étendue, et n'est fixée au testicule que par un repli de la tunique vaginale constituant une sorte de mésentère. Son exréniité postérieure, petite extrémité ou queue {globus minor), fixée solidement au testicule par du tissu cellulaire très-dense, après s'être prolongée jusqu'à l'extrémité postérieure du testicule, se relève en se réfléchissant sur elle-même, pour donner naissance au canal déférent.

Aplati de haut en bas, recourbé sur lui-môme et concave inférieurement, pour i'adapter à la convexité du testicule, légèrement flexucux, l'épididyme a une forme prismatique; sa face supérieure et sa face inférieure s'unissent à angle très-aigu pour former un bord tranchant, qui descend jusqu'au niveau de la partie moyenne de la face externe du testicule; au niveau de sa tête et de sa queue ; il est recouvert par la tunique vaginale en haut et en dehors seulement, mais au niveau de son corps, cette membrane le revêt dans toute son étendue. (Voy. Tunique vaginale.)

Il arrive quelquefois que l'épididyme, au lieud'occupcr le bord supérieur du testicule, répond à son bord inférieur, pkis rarement à une de ses faces. Ces inversions du testicule ont un grand intérêt pour le chirurgien, particulièrement dans les cas d'hydrocèle.

Figure.

Sa situation précise.

Sa division.

Eq tète, Corps.

Et queue.

Disposition de la tunique vaginale sur l'épididynii'.

Inversion

du testicule.

n Section fine d'un testicule de chat, — I, cellules séminales. — 2, conaliculc divise longiludinalcnient. — 3, section transversale d'un canalicule vide. — 4,4,4, cordons celluleux inlerslitiels.

SPLANCHNOLOGIE.

Albuginée,

L'épididynie n'est autre chose qu'un canal replié un grand nombre de fois sur luimême.

L'adhérence lie l'épididyme au

corpsdutesticule se

fait à l'aide

de plusieurs conduits.

Vaisseaux

efférenls du teslicule.

Structure de Vépididyme. De môme que le teslicule, l'épididyme est recouvert d'une membrane fibreuse ou allufjinée, tapissée extérieurement, dans la plus grande partie de son étendue, par la tunique vaginale, et fournissant par sa face profonde des cloisons incomplètes, transversales, qui divisent partiellement l'épididyme en un certain nombre de lobules.

Dépouillé de son enveloppe fibro-sércuse, l'épididyme se présente sous l'aspect d'un cordon tellement entortillé, ou plutôt tellement replié sur lui-môme,

qu'il semblerait impossible, ao (Fig. 242) (*). premier abord, d'en débroufl-

1er l'intrication. Ce cordon est canaliculé;uneinjection poussée par le canal déférent, avec du mercure ou un liquide coloré, le pénètre dans toute sa longueur et met en relief ses innombrables circonvolutions.

11 n'est pas rare de rencontrer le canal de l'épididyme dilaté par le sperme, et dans ce cas on peut s'assurer, par la simple inspection, aussi bien qu'en l'injectant, que ce canal présente une certaine capacité et j que ses parois sont minces etj demi-transparentes. La dispo-j sition canaliculée sevoitàrœUl nu sur le cheval.

L'adhérence de la tête de l'épididyme au testicule se fait principalement au moyen de conduits dont le nombre, qui paraît n'élre pas bien déterminé, peut aller jusqu'à trente, d'après Haller. Ordinairement, selon Huschke, il n'y en a pas moins de neuf, ni plus de dix-sept. Ce sont les vaisseaux efférents du teslicule, cônes vasculeux du testicule, parfaitement distincts à leur sortie du corps d'Highmore. D'abord droits, ils s'infléchissent bientôt sur eux-mêmes, et leurs circonvolutions deviennent d'autant plus larges et plus étroitement unies entre elles qu'elles s'éloignent davantage du testicule. Il en résulte que i chaque vaisseau efférent a la forme d'un cône dont la base est du côté de l'épididyme, et le sommet du côté du teslicule. La hauteur de ces cônes est

m "Ti°V ™^ ^^^^"^^ ^ ""^ longueur de 16 centimèires

(Huschke). 11 faut noter que ce canal va toujours se rétrécissant; au voisinage du teslicule, il a 0"'",6 de largeur; à sa terminaison dans l'épididyme, ce diamètre se réduit à O'"", 4.

Le vaisseau efférent qui émerge du teslicule au-dessus de tous les autres.

( ) F>gure schemalu,ue du trajet des canalicules du testicule et de l'épididyme. ainsi que de la continuité du canal de 1 ep,didyn,e avec le canal déférent. D'après Uuth. - T. testi;ule. - Ht. rele testis-

7ent ITs'abTrran?'"' '"^"^ ~ '''' " *'

DES TESTICULES

après avoir formé son cône vasculaire, se recourbe en arrière et se continue directement avec le canal de rôpididyme, dont il peut Ctre considéré comme l'origine. I.es autres se dégagent de l'albuginée au-dessous et très-près du premier, sur une même ligne ou en plusieurs séries. Les cônes qu'ils fournissent, vont en divergeant à partir du testicule, et se jettent les uns après les autres dans le canal de l'épididyme, au niveau de sa tête.

Les flexuosités de ce canal sont extrêmement multipliées; Lauth, qui les a étudiées avec un soin minutieux, les a divisées en quatre ordres. Les premières sont de simples inflexions juxtaposées, dont la réunion constitue un cordon arrondi de 1 millimètre d'épaisseur. Ce cordon décrit des circonvolutions, qui forment par leur ensemble un cordon plus gros; celui-ci se replie à son tour et produit ainsi une bandelette de 4 millimètres de longueur et 2 millimètres d'épaisseur. Cette bandelette s'infléchit alternativement en dedans et en dehors et constitue l'épididyme tel que nous le voyons. Ce sont ces dernières inflexions qui ont reçu le nom de lobes de l'épididyme.

La longueur totale du canal déployé peut être évaluée, en moyenne, à 6 mètres.

Son calibre est assez uniforme; il est d'environ O^^jS à la partie moyenne de l'épididyme. Au niveau de la tête, il n'est pas rare de rencontrer des circonvolutions bien plus larges, et vers le canal déférent, le canal de l'épididyme s'élargit graduellement.

Le canal de l'épididyme présente des parois dont l'épaisseur, plus considérable que celle des canalicules spermaliques, va en augmentant à mesure

(Fig. 244) (")•

(Pig. 243) n

qu'on avance vers le canal déférent. Ces parois se composent d une tunique musculeuse, formée de fibres circulaires, et d'un épithélium cylindrique vibralile, cellules très-allongées, et dont les cils se perdent dans la portion caudale du canal de l'épididyme.

Des artères pénètrent l'épididyme : ce sont la branche épididymaire de la spermatique et l'artère déférentielle de A. Cooper. Des veines et des vaisseaux lymphatiques nombreux en émanent. Quant aux nerfs qui s'y distribuent, ils proviennent des nerfs testiculaires.

(*) Section longitudinale de la paroi du canal de l'épididyme, au ni-veau de In léto de ce dernier. — l.cils. — 2, cellules cylindriques qui portent ces cils. — 3, couche de cellules spli<5riques. — 4, section transversale des flhresde la couclie musculeuse. — B, vaisseau coupé en travers. — n, (issu conjonclif.

('•) Coupe trcs-nne prise sur la queue de l'épididyme. — 1, tunique musculeuse. — 2. épithélium cylindrique. — ', *, vaisseaux sanguins coupés en travers.

Déploiement de l'épididyme.

Dimensions.

Structure .

Artères.

Veines.

Vaisseaux lymphatiques.

Nerfs .

SPLANCIINOLOGIE.

Canal déférent surnuméraire .

(Fig. 245) (*]

Il n'est pas rare de voir partir de l'épididyme un cordon dur, de mfime structure que le canal d(5f(5rcnt, vasculum aberrans (Haller). Le plus souvent ce cordon part de la queue de l'épididyme; quelquefois, mais plus rarement, du commencement du conduit déférent. Rétréci à son origine, il s'élargit insensiblement jusqu'à son extrémité en cul-de-sac. Il a de 4 à 9 centimètres de longueur; presque rectiligne à son origine, il devient de plus en plus flexueux vers son extrémité terminale, et forme un petit lobule allongé, étendu le long de l'épididyme ou accompagnant le canal déférent.

Assez rarement on trouve plusieurs de ces conduits surnuméraires, qui présentent de nombreuses variétés et dont l'usage n'est pas bien connu.

On trouve au niveau du bord supérieur du testicule, entre le corps de l'épididyme et le canal déférent, un organe découvert par M. Giraldès, qui l'a désigné sous le nom de corps innommé; on peut, avec Kœlliker, l'appeler organe de Giraldès. Il consiste en un nombre variable de corpuscules blanchâtres, aplatis, d'environ 5 à 6 millimètres de diamètre, et dont chacun est formé d'un tube de O"'",! à0™"',2 de diamètre, enroulé sur lui-même en forme de glomérule. Les deux extrémités de ces tubes sont en cul-de-sac, renflées et souvent lobulées. Leur cavité renferme un liquide transpareni, et leur paroi est formée d'une tunique fibreuse, tapissée d'un épithélium.

Suivant M. Giraldès, cet organe existe déjà chez le nouveau-né, atteint son développement complet entre 6 et 10 ans, et commence ensuite à s'atrophier sans disparaître complètement. Cet anatomiste le considère comme un reste du corps de WolfF.

Longueur.

Limites.

Portion tesliculaire du canal déférent.

§ 2. - DU CANAL DÉFÉRENT ET DES VÉSICULES SÉMINALES. A. — Canal déférent.

Le cariai déférent, conduit excréteur du testicule, s'étend depuis l'épididyme jusqu'au conduit éjaculateur, qui peut en être considéré comme la continuation.

Les limites du cOté de l'épididyme ne sont déterminées que par le point où l'extrémité caudale de cet appendice se détache du testicule.

Voici quel est le trajet, très-compliqué, du canal déférent :

1" Dans une première portion, ;jor<îon tesliculaire, il se porte d'arrière en avant et de bas en haut, le long du bord supérieur du testicule, presque parallèlement à l'épididyme, dont il longe le côté interne, n'en étant séparé que par les artères et les vemes spermatiques. Dans cette première portion de son trajet, le cana déférent représente assez bien une natte de cheveux; il offre encore, comme 1 épididyme, un grand nombre de replis, qui vont en diminuant de bas en baui.

Dans toute sa portion flexueuse, jusque vers la partie supérieure du testicule, le canal déférent augmente graduellement de volume; puis il conserve exactement son calibre et sa forme cylindrique jusque vers sa terminaison.

(') Canal d'uu lobule de l'organe de Giraldès.

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