I. — CHOnOIDE
Choroïde proprement dite.
Face externe.
Face interne.
Tapis des animaux.
.La choroïde, ainsi nommée à cause de sa grande vascularité, est une membrane située à la face interne de la sclérotique et qui se fait remarquer par sa
teinte sombre. On peut y distinguer deux régions, l'une postérieure ou la choroïde proprement dite, l'autre antérieure ou la régimi ciliaire.
A. Choroïde proprement dite. Son épaisseur est bien inférieure à celle de la sclérotique, mais de beaucoup supérieure à celle de la rétine ; elle varie entre 0'"'",05 et 0'°"',08 suivant le degré de distension des vaisseaux. Sa consistance est faible, plus forte cependant que celle de la pie-mère, dont la choroïde peut être considérée comme le prolongement.
Sa face externe est unie à la sclérotique par un tissu cellulaire extrêmement fin, qui se déchire avec la plus grande facilité et dont une portion reste toujours appliquée sur la face interne de la sclérotique. Cette face, qui est plus ou moins noinltre, présente un aspect tomenteux, dû k des fibrilles élasfiques, qu'on voit flotter sous l'eau. Sur sesparlies latérales, cheminent directement d'arrière en avant et dans des sillons superficiels les artères ciliaires longues, accompagnées de nerfs satellites. Sur le reste de la périphérie, les nerfs ciliaires se font remarquer par leur couleur blanche.
\^afaceinterne de la choroïde, appliquée sur la rclinc, est revOtuc d'une couche épaisse de pigment, surtout à la partie antérieure ; aussi sa teinte esl-elle beaucoup plus foncée que celle de la face externe ; elle varie d'ailleurs avec ITige et siJivanf les individus. Chez un grand nombre d'animaux, chez le bœuf, par exemple, ce pigment de la face interne fait défaut à la partie postérieure, qui présente un bnllanl métallique conslifuanl le tapis, népnuillée de son pigment, cette face
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Couche vasculaire.
Lamina fusca.
offre un aspect lisse, qui contraste avec l'aspect tomenteux de la surface externe ; sa couleur est gris-blanc et devient môme blanche en avant.
En arriére, la choroïde est percée d'une ouverture circulaire, de l'"'",5de dia- I mètre, pour le passage du nerf optique ; le pourtour de cet orifice se continue avec la gaine interne du nerf et adhère à la sclérotique.
Structure. Deux couches distinctes composent la choroïde : une couche vascu- structure. laire en dehors, et une couche pigmentaire en dedans.
a. Couche vasculaire. Composée essentiellement de vaisseaux sanguins, elle I renferme en outre une certaine quantité d'un tissu interstitiel, qui dépasse, en i dehors, les gros vaisseaux superficiels et constitue le moyen d'union entre la choroïde et la sclérotique. Cette portion externe du tissu interstitiel forme une couiche continue à la surface de la choroïde, et reste en partie adhérente à la sclérotique quand on sépare artificiellement les deux membranes : elle porte le nom [de lamina fusca, ou membrane sus-choroîdienne (arachnoïde oculaire, Arnold). Elle se compose de fibres élas-
(Fie 438* (*).
I tiques des plus fines, formant • / •
par leurs anastomoses des ré-
sseaux serrés, et unies entre
telles par une substance amorphe percée de trous. Des cellules
(étoilées, en nombre variable, les unes incolores, les autres
rremplies de pigment, sont disséminées dans l'épaisseur de la lamina fusca et lui donnent sa teinte spéciale.
Les vaisseaux de cette couche sont disposés sur deux plans distincts : le plan externe comprend les gros vaisseaux artériels et veineux ; le plan interne est exclusivement formé de capillaires.
1° Gros vaisseaux. Les veines
cde la choroïde sont surtout
rremarquables par leur disposition en tourbillon, d'où le nom de vasa vorticosa, qui leur
a été donné. Des rameaux de O-"™,.^ de diamètre, nés du réseau capillaire, se rréunissent, au noml)re de 10 à 12, en convergeant vers 4, rarement fi ou 6 points centraux, situés sur le mCme cercle parallèle et à égale distance de l'insertion du rnerf optique et du bord postérieur de la région ciliaire. De chacun de ces points ■centraux part le tronc d'une veine ciliaire, qui perfore immédiatement la sclérotique, pour concourir à la formation de la veine ophthalmique. A. la partie «antérieure, les rameaux veineux ont une direction antéro-postérieure.
Les artères sont fournies par les ciliaires courtes postérieures et par des rameaux ■récurrents des ciliaires longues et des ciliaires cowries anlérimres, qui s'anastomosent
Vaisseaun.
Vasa vorti oosn .
Artères.
J') Cellules pigmeutaires claires et foncées delà incnilivane sus-olioroïdieiiiu'.
SrLANCHNOLOGIK.
(Kig. 4391 'M.
Nerfs.
Capillaires.
avec les précédentes. Les ciliaircs courtes postérieures naissent de deux troncs situés en dedans et en deliors du nerf optique et qui, en se divisant, forment de 15 à 20 rameaux de 0"'"',2 de diamètre, lesquels traversent la sclérotique et cheminent directement d'arrière en avant, à, la surface externe de la choroïde ; dans ce trajet, ils se bifurquent plusieurs fois à angle aigu et envoient successivement vers la face profonde de la choroïde des ramuscules qui se jettent dans le réseau capillaire. Ces artères se distinguent des veines par une couche assez épaisse de tibres musculaires annulaires.
Un peu de tissu conjonctif à faisceaux longitudinaux, entoure tous ces vaisseaux. Suivant H. Millier, les nerfs ciliaires donneraient à cette couche des ramuscules plus ou moins nombreux, unis en réseau et offrant des cellules gamjliomaircs sur leur trajet.
Enfin, des cellules pigmentaires, d'autant plus nombreuses et plus foncées qu'on les observe plus profondément, se rencontrent dans ce tissu conjonctif.
2" Le rrseau capillaire de la choroïde (couche chorio-capillaire, membrane ruyschienne), appliqué sur la face interne de la couche des gros vaisseaux, est un des plus serrés qui existent dans réconomie ; il se compose de vaisseaux
(*) Choroïde et iris lincmoiit iajcclés.
— Oi, rtipion de l"ora se^rala. — Oc, ocrclc cilairc. — Ce, norps ciliairc. — Pc, procès ciliairc. — I. iris. — troncs des aricrcs ciliaires postérieures.
— 2, nrlcrcs ciliaires aiilérieurcs. — 3, pclils troncs veineux.
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(Fig. 4 60) (*).
Bck-i
deO""",03dc diamùtre, séparés par des intervalles en forme de fenles étroites et disposés en étoiles. La paroi de ces vaisseaux est formée d'une substance hyaline et ne renferme pas de noyaux ; ce sont donc des espèces de canaux creusés dans l'épaisseur d'une substance amorphe.
b. Couche pigmeiitaire. Cette couche,qui mesure 0'"'",01 0 à 0°"",OIEj d'épaisseur, forme une sorte d'épithélium pavimenteux à la surface interne du réseau capillaire. Les cellules qui composent cet épithélium sont aplaties, polygonales, trôs-réguliéres et renferment une multitude de granulations pigmetiiaires volumineuses, accumulées surtout vers la face profonde de la choroïde. Sur la face externe de ces cellules, on observe une tache blanche, formée par le noyau. Ces cellules existent également chez les albinos, et dans la région du tapis, chez les animaux, mais elles sont dépourvues de granulations pigmenfaires. Au niveau de la fossette centrale de la ré'line, la coloration est plus foncée et les cellules pigmentaires sont plus hautes que larges,
2" Région antérieure ou ciliaire de la choroïde (zone choroïdienne, Sappey).
Cette région forme, à la parlie antérieure de la choroïde, un anneau de 0 millimùtres de largeur en dehors, de 4""",5 en dedans. Sa face externe, correspondant à la sclérotique, est brune en
arrière, d'un blanc grisâtre (i'"ig- Ci-
en avant. Sa face interne, de couleur très-foncée, répond à la zone de Zinn, à laquelle elle adhèreinlimement; quand on sépare les deux membranes, toujours une portion du pigment reste appliqué sur cette dernière. Cette face présente dans sa moitié antérieure des plis qui s'engrènent avec ceux de cette zone. Son bord postérieur, continu avec le reste de la choroïde, est finement festonné, d'où le nom de bord dentelé, omsenata, sous lequel il est désigné. Le bord antérieur, remarquable par sa grande épaisseur (I milUmètre environ), se continue avec l'iris et les procès ciliaircs et adhère à la sclérotique.
La partie postérieure de celte région, à laquelle on peut donner le nom de zone aiiaire {cercle ciliaire, orlnculus ciliaris, Henle), présente les caractères généraux de
(*) Couches de la choroïde. - CA^, couche vasculaiic piginculde. — CAS,- couche cauilittirc, dt! pourvue de pigment. — Be/i. couche amorphe.
•errâia' ''^ P'B""'"''»'''" choroïde.- A, région postérieure. — D, région de l'ora
Couche plgnicnlairc.
Hegioii ciliaire.
Dord dentelé oh orn serratu.
Zone .
ciliaire.
ir.
SPLANCllNOLOGIE.
Corps ciliaire.
Muscle ciliaire.
la choroïde, avec quelques modifications cependant: l-U couche capillaire y fait défaut et s'arrûle au niveau de l'ora serrala. 2» Les gros vaisseaux ont une d.recionl r "osL et sont parallèles entre eux. 3o Le tissu interstitiel est formé de faisceaux parallèles de tissu conjonctif. 4» La lamina fusca est occupée par les ramifications des nerfs ciliaires et par de nombreux faisceaux de fibres musculaires lisses, faisant partie du muscle cihaire
La mrtie antérieure ou le corps dHaire se compose de deux couches : 1 une externe blanche, formée par le muscle ciliaire, l'autre interne, noire et plissée, qui constitue la couronne ciliaire. La première consiste principalement enfU^res musailaires lisses, réunies en faisceaux plus ou moins serrés et séparées par àa tissu conjonctif; la seconde se compose surtout de veines, provenant de la base des procès ciliaires et de l'iris.
a. Le muscle ciliaire, appelé aussi tenseur de la choroïde, muscle deBriiche, est un anneau prismatique, dont la coupe représente un triangle rectangle ; l'angle droit
(Fig.46î) (*).
de ce triangle est antérieur et externe, l'angle postérieur très-aigu ; le cOté aatéricur, très-court et concave, est libre, excepté en dedans, où il donne insertion
(•) Scclion anléro-postiiricurc des membranes cxtoruc et moyenne de l'œil dans la région de la circonfiirence de la cornée. Muscle ciliaire — f.p, cornée proprement dite. — Bci, membrane élastique interne. — Su, sinus veineux. — J, iris. — Sp, sphincter pupillairc. — Lp, couche pigmcnlaire. — P«' procès ciliaire.
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