II. — TUOMPE D EUSTACHIi
La trompe d'Enstache (tubaEustachiana), conduit guttural de l'oreille, est un canal à peu prùs rectiligne, infundibuliforme, aplati de dehors en dedans, étendu delà partie antérieure de la caisse du tympan à, la partie supérieure et latérale du pharynx, où il se termine par une extrémité libre, évasée, dirigée en dedans el en bas, orifice guttural ou pharyngien, pavillon de la trompe.
Sa direction est oblique de dehors en dedans, d'arrière en avant, et de haut en bas ; d'où la facilité de l'écoulement des mucosités tympaniques dans l'arrièrebouche. Elle forme avec l'axe du conduit auditif un angle de 133 degrés, ouvert en avant.
De môme que le conduit auditif externe, la trompe d'Eustache est en partie osseuse, en partie cartilagineuse et fibreuse. Large et éminemment dilatable à son orifice guttural (ostium pharijngeum), qui a la forme d'un ovale à grosse extrémité dirigée en haut, elle se rétrécit presque immédiatement, et peut à peimdonner passage, dans sa portion externe, au slylet d'une trousse ordinaire. Elli
(Fig. 520) (*).
conserve celte élroilesse jusqu'il son orifice lympanique {ostium tympaniaim), o\\ elle se dilate d'une manière sensible. Valsalva la comparait à deux cône? réunis par leur sommet. Ces deux cônes sont aplatis d'avant en arrière, do Iclli'
(♦) Base du crâne, avec le cartilage de In Ironipc dF.nstnclie (•). - f. section lioriïonlalc de '■aP»P]'>J' pKSrygoïde. - Ll, aile externe. - Lm, aile interne de cette apophyse. - Vov. Iron ovale - F', sbhéno-épincux. - Sa, épine du sphénoïde. - Ps/, apophyse styloïde. - Nae. conduit auditif externe. — Val, trou stylo-mastoïdien. — C.ca, entrée du canal earotidien. — Vj, fosse jugulaire.
ORGANES DE l'oUÏE.
façon que leur section représente une ellipse ; ils sont légèrement inclinés l'un sur l'autre, et forment un angle ouvert en bas.
La longueur de la trompe d'Eustache est de 35 à 40 millimètres. Son calibre présente les dimensions suivantes (Sappey) :
Diamètre vertic. Diam. transv.
Orifice tympanique 5 millim. 3 millim.
Jonction des deux cônes 3 — 2 —
Portion moyenne du cône interne 4à5 — 5 —
Extrémité interne. 6 à 8 — .S à « —
bes diamcires.
Mapports. En raison de sa forme aplatie, la trompe d'Eustache présente a considérer deux faces, l'une antérieure et externe, l'autre postérieure et inlerne, et deux bords, l'un supérieur, l'autre inférieur.
La face antérieure et externe répond successivement, de dehors en dedans, à la scissure de Glaser, au muscle péristaphylin externe, qui le sépare du muscle ptérygoïdien interne, et au bord postérieur de l'aile interne de l'apophyse ptérygoïde, bord qui présente ordinairement, à sa partie supérieure, une légère échancrure pour recevoir la trompe.
La face postérieure et interne est en rapport, en dehors, avec la portion horizontale du canal carotidien, qu'elle croise à angle aigu, plus en dedans, avec le muscle péristaphylin interne, puis avec la muqueuse pharyngienne.
Le bord supérieur répond au conduit du muscle interne du marteau, à la gouttière formée par la juxtaposition du bord postérieur du sphénoïde et du sommet du rocher et à la base de l'apophyse ptérygoïde. Le bord inférieur occupe l'intervalle entre les deux muscles péristaphylins.
L'orifice tympanique ou externe, un peu élargi, s'ouvre dans la partie antérieure dt supérieure de la circonférence de la cavité tympanique.
Vorifice pharxjngien ou guttural, ouinterne, est dilaté en entonnoir, d'où le nom de pavillon de la trompe ; il a une forme oblongue et mesure environ 6 millimètres en hauteur. Son bord forme un léger relief à la surface de la muqueuse pharyngienne.
Le cathétérisme et l'injection de la trompe d'Eustache étant devenus une opération fort usitée pour les maladies de l'oreille, il importe d'assigner d'une manière exacte les rapports de son pavillon, qui est situé sur la paroi latérale du pharynx, au niveau du bord supérieur du cornet inférieur, un peu au-dessus, à 3 millimètres derrière le sillon qui limite en arrière la paroi externe des fosses nasales, à.l2 millimètres environ de la paroi postérieure, ainsi que de la voûte du pharynx. L'orifice du côté droit est séparé de celui du côté gauche par l'ouverture postérieure des fosses nasales, c'est-à-dire par un intervalle de 25 à 30 millimètres.
Texture. La (rompe d'Eustache présente une portion osseuse et une portion fibreuse et cartilagineuse; elle est tapissée intérieurement d'une muqueuse et . reçoit des vaisseaux et des nerfs.
l- La portion osseuse, qui répond au cône externe, a de t4 à 1(5 millimètres de longueur, et occupe l'angle rentrant que forme la porlion écaiilcusc avec !la portion pierreuse du temporal. Sa cavité est triangulaire, A base supé- :ricure. Son extrémité interne et antérieure, rugueuse et coupée obliquement ■ aux dépens de la paroi supérieure latérale du canal, donne attache il la portion cartilagineuse.
Itappocls.
Pavillon de la trompe d'Eustache
Rappoi ts exacts du pavillon de la trompe.
Texture.
Portion osseuse.
Conduit du muscle
mlerne du marteau.
Portion fibreuse et cartilagineuse.
SPLANClINOLOGIli
C'est dans l'épaisseur de la paroi supérieure de la trompe d'Iîuslache qu'est creusé le conduit du muscle interna du marteau, conduit tubulcux, étroit, qui, parvenu à l'extrémité antérieure de la caisse, s'applique contre la paroi interne de cette caisse, sur laquelle il fait relief, en se dirigeant horizontalement en arriére, et se réfléchit à angle droit, de dehors en dedans, pour former la saillie déjà décrite. Le conduit tubulé du muscle interne du marteau n'est séparé du conduit de la trompe d'EusIache que par une lame très-mince ; en sorte qu'on peut comparer les deux conduits superposés aux canons d'un fusil double.
2° Portion fibreuse et cartilagineuse. Une lame cartilagineuse triangulaire, re-
(Fig. 52I)C).
pliée en gouttière et complétée par une lame fibreuse, consjitue la moitié interne de la trompe. La gouttière figurée par le cartilage de la trompe est ouverte en bas et en dehors ; son bord antérieur descend bien moins bas que le bord postérieur. La base du triangle cartilagineux qui forme le pavillon est échancréo à sa partie moyenne, et terminée par deux angles épais et allongés, surtout le postérieur, qui est mobile et peut être repoussé en haut et en arrière ; l'anglo antérieur es( appliqué sur le bord postérieur de l'aile interne de l'apophyse plérygoïde, contre lequel il est solidement iixé. Le sommet du triangle cartilagineux est fixé à l'exlrémilé inlerne de la portion osseuse de la trompe. Au voisinage du pavillon, le cartilage de la trompe présente deux ou trois tncisurcx -plus
(•) Sections de lu portion cartilagineuse de la trompe d'iîustaclic - A, Irès-prcs de l'union de la |>or tion cartilagineuse avec la portion osseuse, — H. nn bord antérieur de l'épine du spliénnide. - C, <li>iila région du trou ovale. — section de la carotide interne. - T, carlilagr de la trompe. - S-J, épim fin sphénoïde. — I, nerf maxillaire inférieur. - 2. artère nninincée moyenne. — P^, l'i, section d<> muscles ptérygoïdiens .•xtcrne et interne. - S.», muscle périslaphylin externe. - section du mnsrie péristajibylin Interne.
ORGANES DE l'oUÏE.
ou moins complètes, traversées par les conduits excréteurs des glandes qui, situées à la face externe de la trompe, versent leur produit dans son intérieur.
Le bord supérieur ou convexe de la gouttière cartilagineuse, élargi par des prolongements latéraux, est fixé à la base du crâne, le long de la suture sphénopétreuse, puis à la base de l'apophyse ptcrygoïde, et enfin au bord postérieur de l'aile interne de cette apophyse.
Le cartilage de la trompe mesure à peine 1 millimètre d'épaisseur à son insertion sur la portion osseuse ; mais il s'épaissit peu à peu vers l'orifice pharyngien, et atteint jusqu'à 3 millimètres. Le bord libre du pavillon a 7 millimètres d'épaisseur.
Ce cartilage est hyalin d'une manière générale; dans quelques points, cependant, principalement au voisinage des bords, il présente une substance fondamentale fibreuse.
La lame fibreuse qui forme la plus grande partie de la paroi antérieure et externe de la trompe d'Eustache, est composée de faisceaux serrés de tissu conjonctif dans sa moitié supérieure, de faisceaux lâches, entreraiîlés de tissu adipeux dans sa portion inférieure. Elle est fortifiée par des fibres provenant du tendon d'insertion du muscle péristaphylin externe, lesquelles vont se fixer sur le bord inférieur de la paroi antérieure de la gouttière cartilagineuse. Celte disposition expUque comment ce muscle, en se contractant, écarte la paroi externe de la trompe de sa paroi interne, et rend ce conduit perméable dans toute sa longueur.
3° La membrane muqueuse qui tapisse la trompe d'Eustache, partout lisse et très- Membrane adhérente, est fort mince, excepté sur le pavillon, où elle conserve les caractères, muqueuse
• 111 1 • -, 1 , . delatronip
soit de la muqueuse pharyngienne, soit de la piluitaire, avec lesquelles elle se continue, tandis que, d'autre part, elle se continue avec la muqueuse de la
(Fiç. 522) (*).
caisse du tympan: d'où les rapports infimes qui lient la muqueuse lympanique et tubaire avec les muqueuses pharyngienne et piluitaire. Elle présente de nombreuses i7/a«de«acjnew5e5, de forme lenticulaire, constituant sur le pavillon et dans son voisinage une couche ass.'z épaisse, dont les orifices sont visibles ;l l'œil nu ; cette couche diivient de plus en plus mince vers la portion osseuse, où elle disparait complètement. Cependant Trœltsch dit avoir rencontré quelques glandules
(*) Sections de l'extrémité mterac de la trompe d'Eustache. — ', (?laiulo iiuiqiKMise. — ", section transversale des faisceaux du muscle péristaphylin externe.
SPLANCHNOLOGIE.
Vaisseaux et nei°rs.
Usages (le la trompe.
(Fig. 523) (•).
isolées, même au niveau de l'orifice tympanique de la trompe. Il existe en outre
à la surface périphérique, près de l'orifice pharyngien, des glandes assez volumineuses, dont il a déjà été question plus haut.
Un épithélium viOralile couvre toute la muqueuse lubaire ; le mouvement provoqué par les cils est dirigé vers le pharynx.
4" Vaisseaux. Les artères de la trompe proviennent, en grande partie, de la pharyngienne ascendante, branche de la carotide externe, et de l'artère vidienne, branche de la maxillaire interne.
Les veines suivent le môme trajet.
Le réseau lymphatique est très-développé dans toute la portion cartilagineuse de la trompe ; il se continue, sur la périphérie du pavillon, avec celui du pharynx, du voile du palais et des amygdales.
Les nerfs de la trompe d'Eustache, destinés à donner la sensibilité à la muqueuse qui la tapisse, proviennent du nerf vidien et du rameau de Jacobson.
Usages. La trompe d'Eustache a pour usage d'établir une communication entre la caisse du tympan et rextérieur, communication grâce à laquelle les
mucosités de cette cavité peu-
(Fig. 524) l'-
est figurée par une simple fente verticale.
vent s'écouler dans le pharynx, et l'équilibre de pression s'établir constamment sur les deux faces de la membrane du tympan.
Ses parois sont habituellement au contact dans toute sa portion cartilagineuse, excepté dans une petite étendue au voisinage de la portion osseuse et au niveau du pavillon ; dans cet état d'occlusion, la cavité C'est au moment de la déglutition,
et sous l'influence de la contraction du trompe devient perméable.
muscle péristaphylin externe, que la
La nicmhraiic qui tapisse la caisse est une libroniuqueuse.
E. — muqueuse tympanique.
La caisse du tympan est tapissée par une membrane très-mince, qui rcv(31, non-seulement les parois de la caisse, mais encore les osselets, auxquels elle forme une enveloppe facile à démontrer. La muqueuse du tympan se prolonge
(•) Section transversale de la portion externe de la trompe cartilagineuse. — *, faisceaux du muscle péristaphylin externe.
("*) Section de la paroi de la portion cartilagineuse de la trompe. — 1, muqueuse. — 2, tissu conjonctif sous-muqncux. — 3, périoste. — 4, carlilage, hyalin à la surface, fibreux dans l'intérieur.
ORGANES DE LOUÏE.
dans les cellules mastoïdiennes, qu'elle tapisse dans toute leur étendue, en formant de petits replis autour des vaisseaux qui traversent quelques-unes de ces cellules ; elle se continue manifestement avec la muqueuse de la trompe d'Eustache, et, par conséquent, médiatement avec la muqueuse du pharynx.
Cette membrane, qui sert à la fois et de tégument interne et de périoste aux os de la caisse, doit ôtre rangée dans la classe des fibro-muqueuses : intimement unie aux os qui constituent les parois de la caisse, elle forme autour des parties contenues dans cette cavité des replis dont quelques-uns, semblables à de véritables mésentères, servent à unir ces parties aux parois : tels sont les replis qui appartiennent au marteau, à l'enclume et àl'étrier. — Vépithéliim de la imuqueuse tympanique est un épithélium pavimenteux simple.
F. — Vaisseaux et uerfs de la caisse du tympau.
fl. Les artères de la caisse du tympan viennent : 1" du rameau stylo-mastoïdien, branche de l'artère auriculaire postérieure. Ce rameau stylo-mastoïdien se subdivise en ramifications tympaniques proprement d'tes, destinées principalement ià la membrane du tympan, et en ramifications destinées aux cellules mastoïdiennes; 2" d'un rameau tympanique qui émane directement de l'artère maxillaire interne, et pénètre dans la caisse par la scissure de Glaser ; 3° d'un rameau de l'artère pharyngienne inférieure ; 4° d'une branche de la carotide interne, qui se détache du coude formé par la portion verticale avec la portion horizontale de cette artère.
b. Les veines portent le mûme nom et suivent à peu près la même direction ; la principale, qui correspond à la branche fournie par la carotide interne, se porte '.eu bas et en dedans et se jette dans le golfe de la veine jugulaire interne.
c. Les vaisseaux lymphatiques de l'oreille moyenne n'ont pas encore été étudiés.
d. Les nei'fs propres à la caisse du tympan sont ceux de la muqueuse ou nerfs -sensitifs et ceux des muscles des osselets ou nerfs moteurs.
Les nerfs sensitifs sont : 1" un filet du rameau auriculaire du pneumogastrique, destiné à la membrane du tympan ; 2" les filets postérieurs du rameau de Jacobson, qui se répandent dans la muqueuse de la caisse ; 3° le filet lympanique du plexus carotidien, qui s'anastomose avec le précédent sur la paroi interne :de la caisse du tympan.
Les nei'fs moteurs sont : 1" le filet du muscle interne du marteau ou tenseur de la membrane du tympan. Ce filet,, émané du ganglion otique, est considéré géméralement comme provenant du facial, et, d'après des recherches récentes, lde la portion motrice du nerf maxillaire inférieur. M. Longet le regarde comme la continuation du nerf de Wrisberg, auquel il donne le nom de nerf moteur du f.ympan ; 2° le nerf du muscle de l'étrier, nerf liguré par Sœmmcring, dont l'existence a été démontrée par une très-belle préparation de M. Richet, comme uno f3mana(ion du nerf facial, ainsi que l'avait dit et figuré Sœmmering.
Artères, vaisseaux et nerfs de la caisse.
Veines.
Vaisseau\ lymphatiques.
Nerfs.
Nerfs sensitifs.