‹ Traite d'anatomie descriptive (volume 2)Chapitre 56 sur 180 · C. — Du rcctiiin · texte numérisé non relu

C. — Du rcctiiin

Ainsi nommé à cause de sa direction, généralement moins flexueuse que celle des autres parties du canal intestinal, le redwn est la dernière portion du gros intestin, et par conséquent du tube digestif.

11 commence au niveau de la hase du sacrum et finit à l'anus.

Il est situé dans le petit bassin, au-devant de la colonne sacro-coccygienne.

On voit donc que le canal alimentaire, après avoir abandonné la colonne ver lébrale pour décrire ses nombreuses circonvolutions, vient, à sa terminaison, se placer au-devant de la partie inférieure de celte colonne, de la même manière qu'à son origine il eh occupait la partie supérieure.

Le rectum est maintenu dans une position fixe, surtout inférieurenient, où il est environné de tous côtés par du tissu cellulaire, et assujéti par l'aponévrose pelvienne supérieure et par le releveur de l'anus, dont les fibres viennetit se continuer sans ligne de démarcation avec celles du sphincter; aussi n'est-il susceptible d'aucun déplacement analogue à ceux qui constituent les hernies. Mais ses fonctions d'organe d'expulsion des matières fécales, concentrant sur lui seul tout l'effort des muscles abdominaux, l'exposent à des déplacements d'un auli e ordre, à. des invaginations ou renversements (I).

La situation, en quelque sorte invariable, de la partie inférieure du rectum dans une cavité osseuse, à parois inextensibles, et ses rapports avec l'aponévrose pelvienne le mettent dans des conditions toutes particulières ; et tandis que la vessie et l'utérus, placés comme lui dans le bassin, viennent, dans l'état de distension, réclamer une place dans la cavité abdominale, le rectum, dans lequel s'accumulent les matières fécales, peut se dilater énormément dans le bassin, sans éprouver le moindre changement de position.

Il suit encore de cette fixité du rectum au centre de la cavité pelvienne que, dans le cas de dénudation de cet intestin par suite de la fonte du tissu cellulaire ambiant, il reste écarté des parois pelviennes : d'où le mécanisme des fistules h l'anus ; d'où la nécessité de l'incision du rectum pour que les deux bords de la division puissent venir au contact des [)arois pelviennes.

Direclion. i-a direction du rectum mérite de fixer spécialement l'attention, comme un fait anatomique d'où découlent des inductions pratiques d'un haut intéréL Cette direction n'est nullement recliligne, mais curviligne, dans le sens anléro-posléricur et dans le sens latéral.

(I) La fixité (le la [»artie inierieiirc du recliini favorise ce genre (le déplacement, de cet intestin. 11 est même constant que, dans les eflorts violents, la partie supérieure du rectum tend h s'enfoncer dans l'inférieure et h se rapproclier de l'anus. Ainsi, dans l'exploration du rectum par le doit;!, il arrive qu'en conseillant au malade de faire de i^rands piloris de déiecation, on parvient à reconnaître des altérations du rectum qui .sont de l)eaucoup au-dnssus de la portée du doigt, et qui auraient complètement cciiappé sans cette précaution.

SPLANCHNOI.or.ll-:

lacliiiiilsiiii li(t(>riili'.

Anomalies de direction.

1" Dans le sens (inlcro-jiosléricur, le rectum suit d'abord la courbure sacrococcygionne, sur laquelle il se moule; il est doncconcave en avant et convexe en arrière. Parvenu au sommet du coccyx, il s'infléchil légùiemenl en arrière, pour se terminer !\ 2 ou 3 centimètres au-devant de cet os. i'ar celte inflexion

très- remarquable, il (Kiff. 102) (•). s'éloigne du vagin

chez la Icnime, et du canal • de l'u rétine chez l'homme.

2° litcUnaison luté ■ nilc. Situé supérieurement sur la partie latérale gauche de la base du sacrum, au niveau de la symphyse sacro-iliaque, le rectum se porte en bas et à droite, jusqu'à ce qu'il ait atteint la ligne médiane du sacrum, ce qui a lieu au niveau de la troisième pièce de cet os.

Là, il se dirige d'arrière en avant et de haut en bas, toujours dans le sens du plan médian, en formant une légère courbure avec la partie supérieure. On a dit et répété que la partie inférieure du rectum n'occupait pas rigoureusement la ligne médiane, mais se déviait un peu à droite. Le fait est qu'il n'est pas rare de voirie rectum dépasser à droite la ligne médiane, au niveau de la partie inférieure du sacrum ; mais il s'y replace toujours avant sa terminaison.

Au reste, quelques variétés importantes existent dans la courbure que décrit le rectum. Ainsi, il n'est pas rare de voir la partie supérieure de cet inteslin s'infléchir en manière d'S iliaque avant d'atteindre la ligne médiane ; et dans ce cas, il est difficile de décider si la partie infléchie appartient au rectum ou à l'S iliaque (1). Dans plusieurs cas de déviation de l'S iliaque que j'ai signalés plus haut, le rectum commençait à droite de la base du sacrum, et se portait en bas et à gauche. Dans un cas où l'S iliaque était dans sa position normale, le rectum se portait presque transversalement à droite, jusqu'à la symphyse sacro-iliaque droite, pour se dirigei' ensuite très-obliquement de droite à gauche. Chez un jeune homme de vingt et un ans, mort do fièvre typhoïde, j'ai rencontré la disposition suivante : le colon descendant, parvenu à la région iliaque droite, ne se réflé-

(») Scclion aiiiéro-postoriiMirc du bassin d'un nouveau-né. - 1, prépuce. — 2, symphyse du pubis. 3 muscles de la paroi nbdominale anicricurc. — 4, vessie, moyenncmcnl distendue. — 5, rectum. — fi coccyx. - 7, nnu9. — 8, muscle bulbo-cavcrneux. - 9, bulbe de rurcthrc. — 10, cloison du dattos.

(Il Le. ilrplac.cinciil de l'S iliaque n'ciitraiiic p:i8 toujours le (Icplaccmcnt du rectum.

]JU ('.nos INTESTIN.

chissait pas couiiiie de coiiluiiio, pour coïK-itiUior I S iliaque ; il plougcait directemenl dans l'excavalion du bassin ; là il se r(îfléchissail de bas en'baul, au-devanl du sacTuui, alleiguait le détroit supérieur, se réfléchissait de haut en bas audevant delà syiiipliyso sacro-iliaque droite, et se dirigeait obliquement de droite ù gauche, pour gagner la ligne médiane du saciuin. La silualion à gauche de la partie supérieure du rectum a servi de texte à plusieurs explicalions relatives à la l'iéquence de l'inclinaison de l'utérus à droite, ef à la plus ou moins grande difficulté de l'accouchemenf, suivant que les positions occipitales sont droites ou gauches.

Vulume. Cyliudroïde, non bosselé, parce qu'il est dépourvu des bandeletles longitudinales que nous avons remarquées dans les autres parties du gros inte.-lin, le reclum offre ;\ sa surface extérieure une couche uniforme de fibres lonuiludinalcs (rès-apparentes, fasciculées, qui lui donnent quelque ressemblance avec l'œsophage. Sun calibre, un peu moins considérable supérieurement que celui de l'S iliaque, va en augmentant à mesure qu'on approche de son extrémité inférieure. Là il présente, à 3 centimètres au-dessus de l'orifice annl, une dilatation considérable, espèce d'ampoule, susceptible d'acquérir un volume énorme, à tel point que, dans certains cas de rétention des matières fécales, on a vu le rectum remplir la totalité de l'excavation pelvienne.

Rapporls. 1" En arrière, le reclum répond à la symphyse saci-o-iliaque gauche et à la courbure du sacrum et du coccyx; il est fixé, supérieurement, au sacrum à l'aide d'un repli du péritoine connu sous le nom da mésoreclum, et séparé du sacrum et de la symphyse sacro-iliaque par le muscle pyramidal , le plexus sacré et les vaisseaux hypogasiriques. Dans toute la partie qui déborde le coccyx, le rectum répond aux leleveurs de l'anus et au sphincter réunis, qui lui forment une espèce de gaîne musculaire dans la hauteur de près de 3 cenlimètres.

2" En avant, le rectum, libre dans sa parlie supérieure, esl adhéient dans sa partie inférieure. Les rapports varient dans l'un et l'autre sexe. Ils sont de la plus haute importance sous le point de vue chirurgical.

A. Chez l'homnip, il répond.. 1» par sa partie supérieure ou libre, à la face postérieure de la vessie, dont il est séparé par les circonvolutions de l'intestin grêle, excepté dans le cas de rétention d'urine ou de dilatation considérable du rectum ; p ir sa partie inférieure ou adhérente, il est en rapport- avec le bas-fond de la vessie, auquel il répond immédiatement sur la ligne médiane, dans l'espace triangulaire intercepté par les vésicules séminales, et dont il est séparé, de chaque côté, par ces mêmes vésicules. Ses rapports immédiats avec le bas-fond de la vessie sont plus ou moins étendus suivant les sujets, et suivant l'état de vacuité ou de plénilude de la vessie et du rectum. Nous verrons ailleurs que le péritoine forme, entre ces deux organes, un cul-de-sac plus ou moins profond. Chez quelques sujets, ce cul-:]e-sac péritonéal s'étend jusqu'à la prostule, en sorte que la lolalité du Ins-fond de la vessie est recouverte par le péritoine.

•2" Au-devant fin bas-fond de li vessie, le rectum répond encore à la proslale, i laquelle il est assez intimement uni. Or, dans certains cas, la prostate déborde le rectum de chaque côté ou d'un seul côté ; dans d'autres cas, c'est le rectum qui déborde, soit d'un côté, soit de l'autre, soit des deux côtés à la l'ois, et qui reçoit la glande comme dans une gouttière.

3" Le rectum alVecte encore des rapports avec la poi ti(ni membraneuse de l'urèthre. Mais, à raison de son inflexion en arrière, il est séparé de celle portion

Volume.

.Ampoule i-eclale.

Rapports :

i" l"u avrièl'e , Mcsorec- I u m .

2" En avant.

A. Cliez l'homme,

Itiippoi Is avec la vessie.

U.'ipporls avec la prostate.

Avec la portion niL-m-

lir.'iiii-iise (le l'uièlliro.

SPLANCUNULOfilb:.

Conséqueiiues pruli- (jues de ces nipports.

H. Uapports cliez lu t'eiiime.

Cul-de-sac du pérituiiie

entre le reclum et le vagin.

Uapports avec le vagin.

3" Uapports du recluin sur les c6tés.

SurTace interne du rectum.

Ses plis longitudinaux.

membraneuse, qui se porle en haut et en avatil, par un espace Irianj-uiaire lionl la base est en avant et en l)as le sommet en arrière et en haut.

Comme conséquences pratiques de ces rapports, nous signalerons I" la saillie que fait la vessie dans le rectum, dans les cas de rétention d'urine ; 2» la possibilité d'explorer la vessie i\. travers le reclum, et d'arriver à la vessie par la ponction et par la taille recto-vésicale; 3" le secours que fournit 1 inlroductioi; du doigt dans le rectum pour le calhétérisme de l'urèthre et pour l'exploration delà prostate ; 4» la nécessité de vider le rectum et d'en provoquer le resserrement dans l'opératiou de la taille par la méthode latéralisée; la possibilité d'inciser la portion membraneuse de l'urèthre sans intéresser le rectum.

B. Chez la femme, le rectum, dans sa portion libre, répond, en avant, au ligament large, à l'ovaire et à la trompe utérine du côté gauche, à l'utérus et au vagin.

Le péritoine forme, entre le vagin et le rectum, uu cul-de.-sac analogue à celui que nous avons observé enire la vessie et le reclum, chez l'homme, et présente les mêmes variétés. Toujours, dans l'état de vacuité de l'utérus et du reclum, un certain nombre de circonvolutions intestinales sont interposées enlie le reclum, d'une part, l'utérus et le vagin, de l'autre. Aussi les déchirements de la paroi postérieure du vagin sont-ils accompagnés de l'issue des intestins au dehors.

Il n'est pas rare de voir le vagin et l'utérus déviés à gauche, pendant que le reclum est dévié à droite, et alors celui-ci correspond, dans sa partie libre, au ligaoïent large et à l'ovaire droits. Enfin dans la rétroversion de l'utérus,'qui est si fréquente, le fond de cet organe répond au rectum, sur lequel il appuie.

Dans sa portion inférieure ou adhérente, le rectum répond, sans intermédiaire, au vagin, auquel il adhère moins intimement que le vagin n'adhère à la vessie ; aussi la propagation du cancer vaginal au reclum est-elle moins fréquente que celle du cancer de l'utérus et du vagin à la vessie; aussi le déplacement du vagin, qui entraîne toujours celui de la vessie, n'entraîne-t-il que fort rarement le déplacement du rectum. Inférieurement, à raison de son inflexion antéro- postérieure, le rectum s'éloigne du vagin, de la môme manière qu'il s'éloigne de l'urèthre, chez l'homme, et c'est cet espace triangulaire, dont la base est dirigée en bas, qui constitue le périnée de la femme.

3° Sur les côlés, le rectum répond, dans sa portion libre, aux circonvolution? intestinales; dans sa partie adhérente, il plonge an milieu d'un tissu cellulaire graisseux, qui nulle part ne remplit plus manifestement l'usage de combler les vides, et dont la diminution par l'amaigrissement ou la destruction par la suppuration jouent un si grand rôle dans les maladies de l'anus. A sa partie inférieure, le reclum est embrassé par le relevenr de l'anus et par le sphincter réunis.

Surface inlerne du rectum, lille est remarquable par des plis longitudinaux, qui s'etl'acent par la distension de l'intestin, et qui représentent assez bien les phs longitudinaux de l'œsophage. Ces plis, qu'on appelle improprement colonnes du reclum, sont coupés par d'autres plis, demi-circulaires, qui s'effacent également parla distension. Celte surface interne présente d'ailleurs une dilatation correspondant au renflement exiéricur qui surmonte l'anus. Quant au repli honzonlal connu sous le nom de voMilc de J/ouslon, et qu'on dit exister au-dessus du sphincter, je suis porté à penser qu'on a pris pour une valvule un des replis

DU GROS INTESTIN

demi-circulaires que prt5sciile l'inlestin clans l'élal de vacuité, replis qui disparaisscnl coniplé'.ement par la distension et qui, en conséquence, ne peuvent âtre

(Fip. 103) (*).

considérés comme appartenant à la môme catégorie que la valvule pyloriquc ou les valvules conniventes.

D. — Structure «lu gros iutestin.

Nous trouvons dans le gros intestin les mûmes tuniques que dans l'intestin prèle ; mais ces tuniques y présentent des dispositions particulières, dont les unes sont communes à tout le gros intestin, et dont les autres sont propres ;i quelques-unes de ses parties.

1° Tunique péiilonéale. Le péritoine ne Torme pas, en général, au gros intestin Tiniiinie puune enveloppe aussi complète qu'à l'intestin grêle ; en outre, il ofTre, au pour- " *" tour du gros intestin, une foule de replis, presque toujours chargés de graisse,

'M ti\}^(i\\(i appendices graisseux. Ces replis, dont le nombre, la largeur et la Appendiees longueur ne sont assujélis à aucune règle, sont quelquefois disposés suivant des ^'■'»|sscux. séries régulières. Il en est de si longs qu'ils ont pu entrer dans la formation des nimcnsinns hernies, ou même devenir cause d'étranglement, en formant un anneau autour de rinfeslin ; il est rare de les voir manquer complètement. Us diminuent lors de la distension de l'inlestin et s'allongent lors de son resserrement; ils se cliar-

(*) Section transversale et verticale du l)a5sin et des intestins; segment antérieur. La pand posloi ieiin; du rec!um a été enlevée jusqu'au voisinage île l'anus, de sorte qu'on voit la mucpieuse se rélvécirou entonnoir vers l'orHicc anal. — 1, vessie urinairc dlslcndue. — pcction du coccyx. — !.. rdcveur do l'iinus, divisé parallclenicnt à la direi-tiou de (.es lihrcs. — S, section du sphincter do l'anus.

SPLANCIJNOLOGIK

Tiiiii(|uu |)c'-

rituiicale (lu cujcuni.

Tunique po-

l'ituiicale ilu colon et du rectum.

Tunique inusculeuse.

l'ihres circulaires.

Kibres ioii- >;ilu(liiiales réunies eu trois bandes.

Au rectum,

les lilires longiturlina-

le» sont disséminées par faisceau^'

Terminaison des

libres longitudinales

du recluin.

geiit quelqudois d'une quauliL^ (5iionne du gnxisso, dont ou poul les coiisidéier coiumo lob n^servoirs. Oii les observe dans loule la longueur du gros inlesiiii, y compris la partie libre du rccltim. Leurs usages suiil pou cotuius.

I.e pi'riloine enveloppe souv;jnt le ciiecum en enlier; d'uuires fois il ne le ro\LH pas eu arrière. Il forme le plus souveul à l'appendice verniiculaire un repli ou mésenlùre, et ne fart que passer au-devant des colons lombaires droit et gauche, dont la partie postérieure se trouve liabituellenient dépourvue de séreuse. Il enveloppe la totalité de l'arc du colon, excepté en arrière, dans un espace triangulaire qui répond au mésocolon Iransverse, et en avani, dans un autre espace triangulaire qui répond au grand épiploon. 11 se comporte à l'égard de l'S iliaque comme à l'égard de l'intestin grêle, c'est-à-dire qu'il l'enveloppe en entier, excepté dans un petit espace triangulaire, au niveau de son mésentère. Relativement au rectum, le péritoine se comporte d'abord comme pour l'S iliaque, puis il ne fait que passer au-devant de cet intestin; la partie inférieure du rectum, enfin, complètement dépourvue de péritoine, plonge au milieu d'un tissu adipeux très-abondant.

Il suit de la disposition du péritoine relativement au gros intestin que celuici est plus favorablement disposé que l'intestin grêle pour acquérir un volume considéi able, et qu'il est possible de pénétrer dans sa cavité en plusieurs points de sa longueur sans léser la membrane séreuse.

2'^ Tuniiue musculeuse. Elle présente, comme celle de l'intestin grêle, deux ordres de libres, les unes longitudinales, les autres circulaires.

Les fibres circulaires, qui forment la couche profonde, se comportent comme sur l'intestin grêle; les fibres longitudinalfs, qui constituent la couche superficielle, au lieu d'être régulièrement disposées tout autour delà circonférence de l'intestin, sont l'éunies en trois bandes ou brides, sur lesquelles nous avons déjà fixé l'attention. Ces trois bandes, qui, à travers le péritoine, ont l'aspect nacré des ligaments, font suite au.v fibres longitudinales de l'appendice vermiculaire. L'antérieure est la plus considérable; elle devient inférieure au niveau de l'arc du colon, pour redevenir antérieure sur le colon descendant et sur l'S iliaque, où elle s'épanouil. Des deu.x bandes ou brides postérieures, qui sont plus étroites, l'une est externe, l'autre interne; elles deviennent supérieures au niveau de l'arc du colon, pour redevenir postérieures au colon descendant et à l'S iliaque, sur lesquels elles se confondent souvent en une seule bande. J'ai déjà dit que ces trois bandes, n'ayant qu'un tiers ou tout au plus une moitié de la longueur du gros inte.stin, déterminaient le froncement de cet intestin elsa disposition en cellules séparées par des rétrécissements circulaires,

La tunique musculeuse est remarquablement modifiée dans le rectum. Déjà, dans rS iliaque, les fibres longitudinales se sont disséminées, et à la fin de cette portion du gros intestin, elles occupent toute la circonférence du canalt mais cette disposition est surtout propre au rectum, dont les fibres musculaires longitudinales se présentent sous l'aspect de faisceaux épais, formant une couche non interrompue tout autour de cet intestin.

Les fibres longitudinales du rectum se terminent inférieurement en se fixant sur l'aponévrose pelvienne, au pourtour de l'ouverture de cette aponévrose qui livre passage au rectum, lîn arrière, deux faisceaux aplatisse détachent du canal un peu plus au-dessus de cette ouverture, et \ont, en remontant, s'insérer à la face antérieure de la deuxième et de la Iroisième vertèbre coccygienne et au petit ligament sacro-srialique; ces deux faisceaux, de forme triangulaire, se confondent

UU V.IWS INTESTIN.

quelcjucluis sur la ligiio tnécUaiKi : ils cousliluent les muscles rarlu-cuaygicn.'i de Trciiz ou rélnicleurs du recliDit. Quelques fibres se continuent directeinenl avec

(l-'ig. 104) (•).

celles du releveurde l'anus; d'autres enfin vont s'insérer manifeslemeni à la iface profonde du dorme, au pourtour de l'anus, en passant entre les faisceaux du "phinctcr externe ou entre ce muscle et le sphincter interne.

La couche musculaire profonde ou annulaire du reclum est beaucoup plus (épaisse que celle du reste du canal alimentaire, l'œsophage excepté; son épaisfleur permet de la séparer en anneaux distincts. Le dernier anneau a paru si ^remarquahle qu'on l'a décrit comme un muscle particulier, sous le titre de sphinctn interne {fuj. d07 S'). Des fibres clrculaii-cs plus développées constituent également le sphincter supérieur ou sphincter de NéLaton, qui se trouve a une hauteur de 8 à tO centimètres au dessus de l'anus, mais dont l'existence et la dispo- Mtion sont loin d'être constantes. C'est à cette puissance de la couche musculaire •annulaire du rectum, et non à l'existence d'un sphincter supérieur, qu'il faut

l') Seclioii horizontale du liiissiu, passant sur le boni inférieur tic la Iroisicnie vcrlèlire sacrée. I.e yèmoine enlevé, la vessie et le reciuni afTnlsscsont été reiiverscb eu avant. — 1, vessie. — i, urèllire. - J. reclum, divisé traiisuTSiiIcment. —4, vésicule séminale. — L, releveur ilc l'iuius. — A, cavité colyoïde. — Oi, obturateur interne, recouvert par son aponévrose. — Si, j;rauil liguuienl sacro-sciuliqne. — •C| muscle coccygien. — Hsp, petit ligament sciatiiinc. — lie, muscle recto-coccygicn. — S, sacrum.

Épaisseur considérable de la couche circulaire du rectum.

Ce que c'est

que le sphincter iuterue.

Tunique celluleuse.

Absence de valvules.

Aspect alvéolaire de la surface intérieure du gros iuteslin .

Structure.

rapporter cette circonslaiice que le rectum est plus souvent vide de matièix's fécales que le reste du gros intestin. Sous le rapjjort de sa disposition, la tunique musculeuse du rectum ressemble exactement à la tunique de l'œsophage; la difTérence d'c^paisseur, qui esta l'avantage de l'œsophage, répond à la différence d'usage des deux conduits, l'œsophage étant tout pour la progression des aliments, qui doit être rapide, et le reclum ayant pour au.viliaires les muscles abdominaux. De môme que l'œsophage, le rectum, lorsqu'il est vide, est con- Iraclé sur lui-même, et ses parois sont contiguës.

3° La tunique celluleuse du gros intestin ne présente rien de particulier qui la distingue de celle de l'intestin grôle.

4° La tunique muqueuae du gros intestin, un peu plus épaisse et plus consistante que celle de l'intestin grûle, ne porte point de valvules; les saillies ou crêtes semi-lunaires qui séparent les cellules dont il est pourvu, sont formées aux dépens de toute l'épaisseur de l'inlestin. Les plis irréguliers ou rides qui s"y remarquent, s'effacent complètement pur la distension. Il n'est pas rare de voir la muqueuse faire hernie à travers la membrane musculeuse, et constituer de petites cavités à goulot étroit, remplies le plus souvent d'une boulette de matière fécale durcie ; on dirait au premier abord d'une varice. Cette disposition, trèsfréquente chez les vieillards, est peut-être le résultat d'une constipation habituelle (1).

Examinée à la loupe et sous l'eau, avec les mômes précautions que la membrane muqueuse de l'intestin grôle, la surface interne du gros intestin ne pré^ sente plus de villosités; mais on y retrouve exactement la môme apparence qu'à la membrane muqueuse de l'estomac, c'est-à-dire une disposition qui rappelle

celle d'une ruche à miel. Cette disposition est due à la présence des orifices des glandes tubuieuses de Lieberkuhn, lesquelles sont situées h des dislances égales d'une manière Irés-réguliére , et dont le fond va jusque dans le tissu cellulaire sous-muqueux.

De môme que la muqueuse de l'intestin grôle, celle du gros intestin se compose 1" d'une couche épilhéliale et d'une couche choriale. La. couc/ie épilhéliale est formée d'un plan unique de cellules cylindriques, analogues à celles de l'intestin grôle, mais ne présentant point à leur face libre cet épaississement et ces stries longitudinales dont il a été question précédemment, l.echorion muqueux ne se distingue de celui de l'intestin grôle que parle moindre développement de sa couche musculaire, qui ne reprend une certaine épaisseur que dans le rectum.

[*) Surface inlerun diî la iTiuqueuse rectale.

(I) Cette espèce de lieriiie de la tunique muqueuse à travers la tunique musculeuse s'observe noiuseulemetit dans le rectum, mais encore dans l'S iliaque et dans Unité la longueur du colon. .le n'en ai jamais rencontre en plus grand nomltre que sur le corps du professeur Aliljcrt. Ces petites hernies de la muqueuse, presque toutes remplies d'une matière fécale durcie, sont régulièrement placées le long des trois bandes longitudinales «le l'intestin. J'ai décrit cette hernie de la tunique muqueuse sous le titre t!c /wniie lunupinv' (Voy. Ami. iiathol. i/énér., t. I, p. 590 et suiv.).

IFi;;. 105) (»)

DU GROS INTESTIN

Les (jlandes en tube ou glandes de Lieberkubn i-ont répandues eu très-grand luinbre dans tout ie gros intestin; elles ne diffùi'cnt de celles de l'intestin grûlc [lie par des dimensions un peu plus considérables, en rapport avec l'épaisseur lUis grande de la muqueuse du gros intestin. Les orifices île ces glandes sont i,-;ez considérables dans le rectum pour être vus à la loupe.

Les follicules clos existent également dans le gros intestin, mais toujours à I élat isolé, si ce n'est dans l'appendice caecal, où ils sont réunis en plaques liiuliiples et inéme confluentes. Leur nombre et leur volume sont extrêmement variables; ce dernier, cependant, est généralonient un peu supérieur à celui des iVillicules de l'intestin grêle. Les follicules clos du gros intestin soulèvent un [,eu la muqueuse, qui, au niveau de leur partie culminante, présente ordinairement une dépression ou fossette qu'on a prise quelquefois et tout récemment encore pour une ouverture du follicule.

De ce qui précède, il résulte qu'on peut très- facilement distinguer le gros inlestin de l'intestin grêle, d'après le seul caractère de sa membrane muqueuse. La limite est le bord libre de la valvule iléo-csecale : tout ce qui est en deçà, présente les caractères de la muqueuse de l'intestin grêle, tout ce qui est au delà, présente les caractères delà muqueuse du gros intestin. La face colique de tcette valvule n'a point de villosités; celle qui regarde l'intestin grêle, en est couverte, au contraire, comme la muqueuse qui lui fait suite. Du reste, dans le gros intestin comme dans l'intestin grêle, exislent les follicules solilaires et les glandes de Liebeikubn.

La nmqueuse qui revêt le rectum, est plus lâchement unie à la tunique cellueleuse que dans le reste du. gros intestin. Lorsque ele rectum est contracté, elle forme, à l'intérieur, des plis longitudinaux dont la disposition donne à la secnion de l'intestin un aspect étoilé (fig. 106). Celte laxilé augmente surtout à la partie inférieure du ifectum, d'où la possibilité d'un déplacement de la muqueuse analogue à celui dont nous avons parlé à roccasion de l'œsopbage, et qu'il faut bien distinguer du renversement du rectum. Je ferai remarquer également le développement du système veineux dans la ■partie inférieure de cette muqueuse, développement qui s'exagère d'une manière considérable chez certains individus, pour consliluer des tumeurs hémorirhoïdales.

5° Vaisseaux el nerfs. Les artères du gros inteslin viennent, pour le ciecum, i'appendice verniiculaire, le colon ascendant et la moitié droite de l'arc du colon, delà mésentérique supérieure ; pour le reste du colon et le rectum, de la mé- ^sentérique inférieure. Le rectum reçoit, en outre, sous le nom d'hémorrlioïdale moyenne, une branche de l'hypogaslrique, et sous celui d'héraorrhoïdale infél'ieurc, une branche de l'artère honteuse interne.

Quelques arlérioles sont encore fournit-s au gros intestin par les artères gastroépiploique, spléiiique, capsulaire, spcrmalique, etc.

Sous le rapport du nombre et du volume de ses artères, le rectum surpasse toutes les autres parties du gros intestin. Aussi les opérations que l'on pratique ^lu' la partie inférieure du rectum, peuvent- elles être suivies d'hémorrhagic. La

') Section Iraiisversule du rfcluin coulriiclé. - N, tunii|uc celluleuse. — Me, Umiijue uuisciilense, "•Me aiiuiilaire. — Me, couche luiigituditiulir.

Glaudes tube.

KoUicules clos.

Le fçi'os iu-

Icstiu pourrait être

distingué de Tinte sliri

grêle par sa membrane

muqueuse.

Laxité des adhérences de la muqueuse du rectum.

Développement du système capillaire veineux de

la muqueuse du

rectum.

Artères.

Le rectum est la partie In plus >a$culaire du gros intestin.

Sl'LANCIJNOLOGlIÎ,

(lisU-il)ulion .le ces arlCrcs dans l'épaisseur tie la muqueuse est la uit»nie que dans l'inleslin grûle.

\e.ues. Les veines, qui porlefil le miîrne nom et suivent la mûme direction que les ar-

tères, concourent à la formation des grandes et petites veines niésentériques ou mésaraïques, lesquelles vont se jeter dans la veine porte, [.es veines provenant de la muqueuse forment dans la tunique celluleuse un réseau, qui est exlrémement développé dans la portion inférieure du rectum, où il est désigné sous le nom de plexus hémorriwîdul. Les vaisseaux qui composent ce plexus sunt fréquemment le siège de dilatations variqueuses qui sont l'origine des kémorrholdes. Les anastomoses entre les veines hémorrhoïdales supérieures, qui se jettent dans la mésoraïque inférieure, avec les hémorrhoïdales inférieures, qui se rendent aux veines honteuses internes, les anches des veines hypog;islriques, établissent uue large communication entre le système de la veine porte et celui de la veine cave inférieure.

Vaisseaux Les vaisseaux lymphatiques, très - nombreux , naissent dans l'épaisseur de ^ques!'' muqueuse, forment un réseau serré dans la tunique celluleuse, et vont se jeter dans les ganglions lymphatiques qui longent le bord adhérent de l'ia^é testin.

Nerfs. Les nerfs sont une émanation du plexus solaire, et constituent des plexus qui

arrivent à l'intestin avec les artères. Tous ces nerfs appartiennent au système des ganglions.

Le rectum Le rectum seul reçoit à la fois et des nerfs ganglionnaires et des nerfs prove-

reçoil lies z ti ■ -, „

nerfs gan- "^"^ sysleme cérébro-spmal ; ces derniers sont fournis par le plexus hypogfis-

giiounaires trique et par le plexus sacré. La présence de ces deux ordres de nerfs est en

' céréb'îo-'^^ rapport avec les fonctions de l'intestin, qui est en partie soumis à la volonté, et

rachidii'iis. en partie soustrait à son influence. ^

E. — De l'anus.

Le mot anus, emprunté du latin, désigne l'orifice inférieur du canal alimentaire {orifice anal), filière étroite, plus ou moins dilatable, à travers laquelle se moulent et sont comme expriuiées les matières fécales. Situation. H est situé suv la ligne médiane, à 2 centimètres au-devant du coccyx, derrière le périnée, entre les tubérosités de l'ischion, au fond de la cavité qui sépare les fesses.

Peau de l'a- Le pourtouF de Cet orifice, habituellement fermé, est revêtu par «ne peau SesToUicu- abondamment pourvue de follicules sébacés, et garnie de poils chez l'homme;

les séba- Cette peau s'enfonce dans l'ouverture anale pour se continuer avec la membrane Ses ph*s muqueuse, et présente une foule de plis rayonnés, qui s'ellacenl pendant la dilatation de cet orifice.

Ligue de Le lieu OÙ la peau se continue avec la membrane muqueuse est remarqu.'iblc : °mre"la^ il cst situé en dedans du rectum, à quelques millimètres de l'anus proprement peau et la dit. Une ligne sinueuse, offrant une série d'arcades ou de festons à concavité de"ranur Supérieure, forme la limite des deux membranes. Quelquefois, au niveau de ces*arcades, répondent de petites poches terminées en cul-de-sac et ouvertes eu haut. Des angles du réunion des arcades partent des replis muqucux, désignés sous le nom de colonnes du rcclum ou de Morijugni, et dans les culs-de-sac s'engagent souvent de petits corps étrangers, détachés des maliôrcs fécales, et qui deviennent la cause de fistules stercorales.

DU GROS INTESTIN

Structure de l'anus. Destiné ;i nous airranchir de l'horrible inconinioflité qu'en ir.iinerait la sortie continuelle et involontaire des matières fécales, l'anus a pour et en quoique sorte pour charpente, 1 muscle volontaire, le sphinrter, muscle (lustricleur, qui a pour antagonistes, non- "uleinent les releveurs de l'anus, que je coriiilèrc comme forinanl avec le sphincter un cul et mcrne musclej analogue au muscle nrmé par l'orhiculaire des lèvres et les buciteurs, mais encore le diaphragme et les les abdominaux. I.e défaut de sphincter -I l'écueil (le tous les anus dits artificiels ou "utrc nature.

I.a peau et la membrane muqueuse qui rerU'ul cette charpente contractile, sont rel uquables par leur finesse, par l'absence follicules et glandes qu'on trouve dans

rectum, par leur épithélium pavimenteux (ialifié,et par despapilles très-développces ; ■ > caractères doivent les faire considérer comme formant une sorte d'intorméiaire entre la peau et les muqueuses.

A celte portion de peau et de muqueuse qui revOt l'anus, se rendent les derres ramifications des artères hémorrhoïdales. Des inférieures, naissent des ules multipliées, flexueuses, contournées, plexiformes, qui constituent les l' mes les plus déclives de la veine porte.

l es lymphatiques de l'anus naissent, les uns, de la peau, les autres, de la muc use. I.es premiers cheminent, d'arrière en avant, le long du bord externe de ivgion pérméale, pour aboutir aux ganglions inguinaux internes. Les seconds ennent une direction ascendante et se comportent comme les autres lymphaques du rectum.

nesner/. cérébraux et des nerfs ganglionnaires, émanation du centre nerveux hyistrique et du plexus sacré, se distribuent en nombre considérable i\ cet orifice

In devrait se placer la description des muscles de l'anus ; mais ces muscles s. intimement liés à ceux des organes génitaux, que j'ai cru devoir ren- 'T ta description commune de tous ces muscles à l'occasion des organes de • neration, sous le litre de mmcles du périnée.

F. - Usasres du g^ros intestiii.

''.^ns le gros intestin, fo les résidus des substances alimentaires prennent l'o- 1 tanrP n T-r"'''"'^ If "''^''^^ ^'^'"'^^ ' dépouillent des restes

. l^cXiriurilm ^""^"'^ ' '-'^''-^ - —

|- ■'l>sorplion est assez active dans le gros intestin pour qu'on ail pu soutenir dan?rir' ^;^?,,^^«'-P'- nourrissants, des individus qui

■ rrïir leV.inT^^ de recevoir des aliments par les voies supérieures, oros .nleslin fait encore l'office de réservoir : son long trajet, ses courbures,

^"îc:,:!"":^!:;;;:':;;^";;;::^^^ - p^oi. - muqueuse. .n.

-leveur .le Va s " s , I i„. tT ~ '' c'''-"' '""«''"di-'es. - K. apouc-vrose pelvienne.

S, spluneler ,1e I a,.u» - S', «phlncler inlen.e. - colunucs ,lu rectum.

.Slriiclurn (le l'anus.

Sa charpente est un muscle volontaire, le sphincter.

Artères, plexus veineux et érectile de l'anus.

Nerfs.

M convertit en matières fécales

le résidu des suhslancesalinieii-

laires.

Il est le siège d'une absorption assez active.

Fait l'office de réser-

SPLANCHiNOLOlJIK

Usages du lecUim.

sa dilatation facile, ses cellules, si favoraiiles au séjour des l'feoes, lui perrnellent de conlenir une grande quanlil(5 de matières; et par lui nous sommes all'ranchis de l'incommodilé de rendre incessamment les matières fécales.

Les usages de l'appendice vermiforme sont nuls chez l'homme. Il est le vestige d'un intestin très-développé et niûme multiple chez les herbivores.

Le rectum est le réservoir définitif et l'un dis arjents de rexpulsion ôes maliùres fécales, lesquelles, par leur présence dans cet inleslin, déterminent une sensation qui nous avertit du besoin de les rendre. Le sphincter s'oppose, en général, à cette expulsion jusqu'à ce que la volonté ait prononcé. Cette expulsion se fait par l'action du rectum, aidée de celle du diaphragme et des muscles abflominaux.

m. — DÉVELOPPEMENT nU CANAL INTESTINAL.

Le canal intestinal provient (les deux feuillets internes tic la

vésiralc blastodermique.

11 e>t d'abord droil.

Estomac.

Appendice vermiculaire.

Absence de bosselures dans le gros

intestin pendant les

cinq premiers mois.

Le canal inleslinal tout entier provient du feuillet interne ou muqueux de ié vésicule blastodermique, et du feuillet moyen ou vasculaire. Le premier donnenaissance à l'épithéiium et aux glandes de l'intestin ; le second, à ses tuniques externes. Déjà nous avons vu comment la vésicule blastoder.Tiique se divise en vésicule ombilicale et cannl digestif, communiquant ensemble par le conduit omphalo-mésenlérique. A chacune des extrémités du canal digestif se forme ui^ ouverture ; l'ouverture supérieure devient la bouche, l'inférieure devient l'anuR Le canal digestif est d'abord un tube droit, fixé le long du rachis. A mesure que sa partie moyenne se sépare de la vésicule ombilicale, ce canal s'allonge, s'éloigne de la colonne vertébrale, à laquelle il reste uni par le mésentère ; il formgi ainsi une première anse, dirigée vers l'ombilic, et qui sort de l'abdomen par cette ouverture, pour se loger dans le cordon. Ce n'est qu'au commencemeot du troisième mois que le resserrement de l'ombilic et locclusion complète delà cavité abdominale font rentrer dans le ventre cette espèce de hernie normale.

Une portion de ce canal se renfle en une cavité fusiforme, Vestomac qui, situé d'abord sur la ligne médiane et fixé à la colonne vertébrale par un wésogastrt vertical, se place ensuite transversalement, en même temps qu'il subit une légèïp torsion qui porte sa face gauche en avant et son bord droit en haut.

Tandis que la première anse intestinale est encore logée dans le cordon, «fi^ voit survenir sur sa branche postérieure un renOement, le cœcum, d'où pM* bientôt un appendice, Vappendice vermiculairc ; ce qui établit une séparation entre l'intestin grêle et le gros intestin. Le premier s'allonge de plus en plus et forme des circonvolutions de plus en plus nombreuses, tandis que le seconfl subitune torsion par suite de laquelle il se porte à droite et en haut, en passant en avant de l'intestin grêle : telle est la cause de la disposition si compliquée du péritoine. On reconnaît alors dans le gros intestin un colon descendant, parfaite-, ment marqué, un colon transverse, qui ne va pas au delà de la ligne médiane. i et un colon ascendant, qui s'élend de ce dernier au ciecum, situé également tr. jprès de la ligne médiane. Ce n'est que du quatrième au cinquième mois que \c\ cœcum et l'appendice vermiculairc viennent occuper la région iliaque <l'o'l^'-

Dans les quatre ou cinq premiers mois de la vie intra-utérine, le gros intestin est dépourvu de bosselures ; en sorte que sa surface extérieure est idenliquemen semblable à celle de l'intestin grôle. La présence de l'appendice peut seule ei blir la ligne de démarcation entre le gros inleslin et I inleslin grêle. Ce n est q> ' vers le cinquième mois, suivant la remarque de Morgagni, q»''»Pi>«rf ; multanéincnt et les trois dépressions longitudinales, et les pl.s ou dépicssio .|

DÉVKLOPPIiMENT DU CANAL INTESTINAL

L'i-pendiculaires à l'axe, et les bosselures interriKÎdiaires. Il paraît que c'est dans colon transverse que se manifestent d'abord ces caractères. Les valvules conniventes de l'intestin grûic n'apparaissent que vers le septième mois de la vie fœtale, et à la naissance elles sont encore très-peu développées. 11 n'est pas sans intérêt de remarquer que le fœtus est, sous ce rapport, dans les ii'mes conditions que les animaux qui ne pn'^sentent jamais de valvules conni- \L'ntes. 11 n'en est pas de même des villosités, que l'on peut reconnaître dès le iroisième mois, et que Meckel considère comme le résultat de plis muqueuv, dont la surface serait tailladée. A la même époque, suivant cet auteur, les villosités du gros intestin sont très-manifestes; mais à partir du septième mois, leur nombre et leur volume vont en diminuant, tandis que dans l'intestin grêle les Mllosités persistent, si môme elles n'augmentent.

Dans les premiers temps, la distinction des diverses tuniques de l'inlestin es^t impossible à l'œil nu. La membrane séreuse et la membrane muqueuse peuvent seules être reconnues. L'intestin est d'une transparence complèle.

Le grand épiploon ne commence à paraître que dans le Iroisième mois, le long du bord convexe de l'estomac, sous l'aspect d'une petite bordure d'une ténuité excessive; il se développe pendant le cours de la vie intra-utérine, en conservant toujours une extrême ténuité. Jamais, avant la naissance, on ne trouve de graisse dans son épaisseur ; les appendices épiploïques ou graisseux ne se développent qu'après la naissance.

A la naissance, le canal intestinal présente les caractères qu'il offrira par la suite : l'intestin grêle est déjà pourvu de valvules connivenles rudimentaires, de villosités très-prononcées, de follicules isolés et agminés très-évidents; le gros intestin, très-développé, est distendu par le méconium; le cœcum est plus court qu'il ne le sera par la suite, l'appendice vermiculaire, plus développé, la valvule iléo-cœcale, comme chez l'adulte. La membrane interne du gros intestin est déjà remarquable par ses follicules isolés et son aspect aréolaire.

Dans le gros intestin du fœtus, on trouve, au lieu'de matières fécales, une matière épaisse, visqueuse, inodore, d'un vert foncé, qui remplit plus ou moins complètement cet intestin : c'est le méconium, ainsi nommé du grec awMv, pavot, à cause de l'analogie de couleur et de consistance qu'il présente avec le suc de cette plante. Sa quantiléest d'autant plus considérable que le fœtusestplus voisin de l'époque de la naissance. On n'est point d'accord sur l'époque de son apparition ; j'en ai trouvé chez des fœtus de quatre mois à quatre mois et demi ; mais cette matière n'occupait pas encore le rectum. Du septième au neuvième mois, elle est accumulée en grande quantité dans cet intestin, dans l'S iliaque, et sa proporlion va en diminuant à mesure qu'on approche delà vahule iléo-cœcale. Il n'est pas rare de voir l'appendice vermiforme distendu par cette matière. L'intestin grêle contient aussi une matière muqueuse; mais elle est moins abondante, moins visqueuse, quelquefois incolore, d'autres fois jaunâtre ou verdàtre.

Les changements qui s'opèrent dans le canal intestinal après la naissance, changements de calibre, de situation et de longueur, me paraissent dépendre et ide sa distension plus ou moins grande par les gaz et les matières fécales, et des déplacements qu'il éprouve par suite d'adhérences, d'augmentation de volume ou de déplacemenis des autres organes. J'ai constaté que, chez les femmes qui ont en des enfants, les intestins présentaient plus de variétés dans leur situation que chez les hommes. Au reste, ces différences de position s'observcnl bien plus souvent dans le gros inleslin que dans l'inlestin grêle,

Apparilion des valvules

comiiveiiteslesepliè-

nie tiiois.

Apparition des villosités

dès le troisième mois.

Transparence parfaite de l'intestin.

Apparition et développement de l'épiploon.

Absence complète de

graisse.

Absence des appendices épiploïques.

État dB canal intestinal à la naissance.

Méconium.

On trouve le méconium chez des fœtus de quatremois.

Caractères du méconium de l'Intestin grêle.

Du canal intestinal a près la naissance.

SPLANi.HNOLOfilK

SECTION 111. - AMNlîXliS Dlî LA l'OUTlON SOUS-niAlMlUACMATIO! !•;

DU CANAL niGLSTli'.

Sous ce lilre, nous comprendrons le foie, le pancréas, organes glanduleux, qui versent les produils de leur sécrétion dans le duodénum, et la raie, organe dont les rapports avec le canal digestif sont beaucoup moins évidents.

Définition.

Situation.

§ I. — DU FOIE

Le foie est un organe glanduleux, destiné à la sécrétion de. la bile; il est, en outre, l'aboutissant du système veineux abdominal cbez l'adulte, et d'un double système veineux chez le fœtus, disposition qui paraît être en rapport avec l'importante fonction de l'hématose.

11 est situé à côté de la portion du canal intestinal dans laquelle la bile doit être versée (le duodénum) ; il occupe l'hypocbondre droit, qu'il remplit entièrement, s'avance dans l'épigastre et jusque dans l'hypocbondre gauche. Il est protégé par les sept ou huit dernières côtes droites, qui le garantissent contre l'action des corps extérieurs, et séparé des organes Ihoraciques par le diaphragme. Moyens de U est soutenu 1° par les replis du péritoine qui l'attachent au diaphragme, fixité. i-epiis que l'on considère comme des espèces de ligaments suspenseurs ; 2° pnr l'estomac et les intestins, qui lui forment une sorte de coussinet élastique: 3° par la veine cave inférieure, qui lui adhère iniimcmenl, qui est pour ainsi dire creusée dans son épaisseur, et avec laquelle il présente des connexions de situation très-intimes. Ces moyens de fixité lui permettent des mouvements d'oscilchange- lalion, et môme de légers changements de position, sans déplacement proprementsiégers jj,ent dit. Ainsi, il s'abaisse dans l'inspiration, et déborde un peu le rebord cartideposition. i^gj^gy^ Côtes; il s'élève dans l'expiration ; il se porte en bas dans la station verticale, en arrière dans la position horizontale, et se dirige, dans les divers décubilus, du côté où l'entraîne son centre de gravité. Les tumeurs abdominales le refoulent en haut, et les épanchemenis thoraciques en bas. On a attribué au foie qui pèse sur l'estomac dans le décubitus gauche, le sommeil pénible Kipiicaiions que ' détermi ne, chcz un grand nombre d'individus, le décubitus sur ce côte, physioio- On a également fait jouer un rôle au tiraillement qu'exercerait le foie sur le ''déesslr diaphragme, pour se rendre compte du sentiment de la faim, et du soulageces dépia- ment que détermine, dans ce cas, une consiriction circulaire exercée sur I alxiocements. ^^^^ j^j^jg ^^^^ gs, hypothétique, et, en général, dans la solution de toute?

ces questions, on n'a pas tenu un compte suffisant de la plénitude exacte de Les.iépia- l'abdomen, ni de l'action et de la réaction réciproques des parois et des viscères Du reste, les déplacements piopremenl dits du foie sont excessivement SXi'è' rares,' et Vhératocèle (hernie du foie), soil à travers le diaphragme, soit A travers soniirès- jiniérieure de l'abdomen, est toujours congéniale (i).

voVIoet yo/ume. Le foie est le plus volumineux et le plus pesant de tous les organes; pesnntour ^ien plus, A lui scul il l'omporle en poids et en volume sur la masse tolaie

du foie. '

(1) J'ai vu tout le lobe droit du foie dans la cavité Ihoraciqno, rhe. .m enfant .le trois ans atteint (l'une perle de snhstanre rongeniale riu cliaplirasïmp.

DU FOIE

des glandes du corps humain. Il est faux que le l'oie soit plus volumineux chez l'homme que chez tous les autres animaux, ainsi que le disaient les anciens. Y aurait-il dans l'échelle animale un rapport inverse entre le volume du foie et le d(îveloppenient des organes de la respiration; en sorte que le foie serait beaucoup plus volumineux chez les repliles et les poissons, qui respirent peu, que chez les animaux qui respirent beaucoup, tels que les mammifères et les oiseaux? Cette opinion, soutenue par plusieurs naturalistes, n'est pas dénuée de fondement.

Le foie, dont le poids est de 1 kilogramme et demi à 2 kilogrammes, forme la trente-sixième partie de celui du corps, d'après Bartholin, la vingt-cinquième suivant d'autres (I). Ses dimensions sont de 27 à 32 centimètres dans son plus grand diamètre, qui est transversal, de 16 à 19 centimètres d'avant en arrière, de 1 1 à i4 centimètres dans son diamètre vertical, au niveau de sa grosse extrémité. Au reste, rien n'est plus variable que ces dimensions, qui sont toujours en raison inverse l'une de l'autre. 11 est un grand nombre do foies dont le diamètre transversal est le plus petit, et dont le diamètre vertical est le plus grand.

Il est bien peu d'organes, d'ailleurs, dont le volume et le poids présentent plus de différences individuelles que le foie. Je me suis assuré que le rapport du poids entre les foies de divers individus était de i à 3, en l'absence de toule lésion morbide. On pense assez généralement qu'un foie volumineux imprime à toule l'économie des modifications telles, qu'on a cru y trouver la source d'un tempérament particulier. Mais est-il bien constant que le tempérament bilieux, le tempérament mélancolique soient caractérisés par un foie volumineux ? que l'hypochondrie, en particulier (2), soil le résultat d'une prédominance relative du foie ? La précision anatomique ne s'accommode guère de semblables théories, qui sont plutôt le résultat d'idées préconçues sur les usages du foie et sur l'influence que la bile exerce sur l'économie, que le fruit d'une observation bien positive.

Le volume du foie varie beaucoup suivant l'étal de la circulation de cet organe : lorsque les vaisseaux du foie, et surtout les divisions de la veine porte, sont vides, le tissu de l'organe est affaissé^, et sa surface comme ridée. Lorsqu'au Contraire les vaisseaux sont injectés, comme cela a lieu pendant la digestion, le foie est dans une sorte de turgescence. J'ai été plusieurs fois surpris de l'augmentation de volume que peut donner au foie uue injection poussée dans la veineporte avec une certaine force et d'une manière continue.

Le volume du foie, considéré sous le rapport des ûges et des maladies, mérite ide fixer toute notre attention. J'indiquerai l'influence des âges à l'occasion du développement; nous verrons 1" que c'est pendant la vie intra-utérine que le volume du foie est le plus considérable ; 2» que ce volume est proportionnellement d'autant moindre qu'on l'examine à une époque plus éloignée de la conception : d'où il résulte que le volume le plus considérable du foie co'incide avec l'époque où la bile est sécrétée en moindre quantité ; d'où l'on pouvait conclure idéjà que le foie a quelque autre destination que celle de sccréler la bile. Indé- •pendamnient delà fonction glycogénique du foie, découverte par M. Bernard et

Dimensions du foie.

D fÎTences (le volume el de poiits .

Iiifliiencea'li ihuée à

un foie volumineux

surloutel'économie.

Influence exercée sur le volume du foie par la plénitude ou la vacuité dosesvaisseaux.

D'ITereuces de volume relatives aux à^es.

(1) Le foie ne pesait que 750 grammes chez une femme trôs-grèle, morte dans le dernier ^degré du marasme. Ce foie m'a paru présenter un commencement de cirrhose.

(2) Hlppocrale donne quelquefois au foie le nom (Vhi/poc/iondre, d'oi'i sans (tonte In déno- ' minalion (V/iypochnndriaqiip.

178 SPLANCIINOLOGIK.

dont l'exislencp, gi Acc à col c^mincnt pliysiologisto, esl au-dessus dt; touto. conteslation, quelques auteurs reconnaissent au foie une influence sur la l'ormalion des cléments du sang.

iiinueiice Les maladies donnent au foie un tel accroissement qu'on a vu cet organe pré- "''^dies*.'"' senter un poids de iî> à 20 kilogrammes; mais il est rare que, dans ce cas, le volume (5normo du foie ne soit pas dû au développement de tissus accidentels. On cite cependant quelques cas d'hypertrophie simple du foie, sans lésion organique, dans lesquels ce volume était prodigieux. Kn opposition avec l'hypertrophie, nous devons mentionner l'atrophie (1), dans laquelle le foie, comme ratatiné, pi ésente le tiers, le quart, le sixième de son volume oi'dinaire ; le foie ne pesait que 2o0 grammes environ chez un individu qui nous a offert une persistance de la " veine ombilicale avec dilatation variqueuse des veines sous-cuianées abdominales, resanteui- La pesanteur spécifique du foie est à celle de l'eau dans le rapport de ici à 10. spécifique. Figure. Organe impair et non symétrique, le foie présente une forme irrégu- ' liére, qui échappe à toute description. Nous le comparerons avec Glisson à un segment d'ovoïde, obliquement coupé suivant sa longueur, épais à son extrémité droite, et qui va progressivement en diminuant à mesure qu'on approche de son extrémité gaucho, terminée en languette. La forme du foie est représentée par l'espèce de moule que figure la moitié droite du diaphragme, et que limiterait inférieurement un plan oblique dirigé de bas en haut et de droite à gauche. Aucun or- Du rcstc, aucun organe ne se moule plus exactement que le foie sur les parties gaue ne environnantes, et ne subit plus impunément que lui des changements de forme ""pfus g™!-" par le fait, soit de pressions extérieures, soit de pressions exercées par les autres (les variétés yiscèrcs ; on pourrait môme dire que le foie est comme ductile ou malléable MÏiéabiîué, sous l'influence d'une pression lentement exercée. C'est principalement sur le duciihiédu' foie que l'usage des corsets fortement serrés exerce son influence. Un étrangleriction' inenl circulaire et un épaississement fibreux au niveau de la base du thorax d'une près- attestent quelquefois cette compression ; le diamètre transversal et le diamètre sioaleute- anij^ro-posléricur du foie sont diminués; son diamètre vertical est augmenté; neni exer- j.^^^^^^ déborde plus OU moius la base du thorax, descend jusque dans la fosse iliaque droite, et même atteint le détroit supérieur, sans présenter aucune \é4 sion de sa substance. Alors sa face supérieure devient antérieure et sa face inférieure postérieure (2). Il est bien peu de cadavres de femme qui ne présentent une déformation plus ou moins considérable du foie : c'est donc cheï l'homme qu'il faut chercher le type de la conformation de cet organe (3).

(1) Je ne saurais admettre cette proposition de Sœniinering : Quo sanior homo, eo minus ejus hcpar est.

(2) La connaissance de ces changemeiits de forme est de la plus haute importance pour le diagnostic des maladies. Ainsi, j'ai vu traiter comme atTectées de maladies du foie des femmes dont le foie, déformé par la pression du corset, mais d'ailleurs parfailemeiit sain, dél)ordail le rebord cartitagineux des côtes. La considération du sexe est donc importanle sous ce rapport. Le foie, ainsi déformé par le corset, peut être divisé en deux par ties, l'une tlioraciqur, qui est limitée par la liase du thorax, l'autre abdominale, qui, sans lésion morbide, peut atteindre la fosse iliaque droite Dans beaucoup de cas, la compression par le corset, en diminuant le diamètre antéro-postérieur, augmente proportionnellement le diamètre transversal et le diamètre vertical, et il n'est pas rare de voir le ligament suspenseur du foie situé un peu à gauche de la ligne médiane.

(3) Sœmmering, sans en indiquer la raison, dit {Cmiior. hum. fahrk., t. VI, p. 103): /« sexu masculo mngis, miniis in fcminco, costin islis tecium latel.

ment exer cée

DU FOIE

Aucune conséquence pratique no saurait donc reposer sur la forme du foie, je serais tenté de dire avec Vésale que le foie n'a pas de forme déterminée, mais s'accommode à celle des parties voisines.

Ce n'est que dans quelques cas exceptionnels qu'on a trouvé le foie de l'homme divisé en lobules par des scissures profondes, comme chez un grand nombre d'animaux. Les erreurs qui ont longtemps régné dans la science à ce sujet, même après Vésale, viennent d'un respect aveugle pour les anciens, qui, n'ayant pcis disséqué de cadavres humains, avaient coutume de confondre dans liHir description la disposition observée chez l'homme avec celle qui existe chez les animaux (I).

On considère au foie une face supérieure ou convexe, une face inférieure ou plane, un bord antérieur, un bord postérieur, une base et un sommet.

La face supérieure (pars gibba) ou convexe est lisse et contiguë au diaphragme, qui se moule exactement sur elle; sa convexité, peu régulière, est beaucoup plus considérable à droite qu'à gauche, où la surface est presque plane. Cette face est divisée en deux parties inégales par un repli péritonéal falciforme, appelé ligament falciforme ou ligament smpenseur du foie, ligament qui paraît avoir pour destination principale de protéger la veine ombilicale, chez le fœtus, t't dans lequel cheminent quelques troncs lymphatiques, chez l'adulte. Ce ligament ne saurait être tiraillé dans l'état de plénitude où se trouve habituellement la cavité abdominale (?). Il n'est pas rare de voir sur la face convexe du foie une ou plusieurs scissures dirigées d'arrière en avant. Je me suis assuré que ces ' issures, pour l'explication desquelles Glisson et Fernel avaient émis des opilions singulières, sont dues, au moins dans quelques cas, à des replis saillants du diaphragme, qui s'impriment en quelque sorte sur cet organe (3). Le ligament suspenseur ou falciforme établit supérieurement la ligné de démarcation entre le lobe droit et le lobe gauche du foie, distinction purement nominale, que je ne conserverai que pour me conformer à l'usage généralement adopté, et qui est une suite de l'habitude ancienne d'admettre plusieurs lobes dans le foie. La partie du foie qui est à gauche du ligament suspenseur, est toujours plus petite que celle qui se trouve à droite.

La face convexe du foie est limitée en arrière par la réflexion du péritoine, qui se porte du diaphragme sur le foie. Cette face est séparée par le diaphragme du cœur, des cOtes et de la base du poumon droit. Ses rapports avec la base du poumon droit sont très-étendus : la base du poumon et la convexité du ffoie sont exactement configurées l'une par rapport à l'autre, ainsi qu'on peut

r.e foie s'accommode

aux formes

(les parties voisines.

Division du foie en lobules.

Face supér rieure.

Ligament falciforme.

Ladistinction du lobe droit et du lobe gaucho

est purement nominale.

Avec le poumon.

(1) J'ai déposé au Musée de la Faculté un foie divisé par des sillons profonds en lobules inégnux. Quelque.s-nns de ces lobules ne tenaient au reste du foie qu'à l'aide d'un pédicule

^ formé par les membranes épaissies du foie, et par les vaisseaux et conduits biliaires.

(2) Si le ligament falciforme est vertical et comme tiraillé par la pesnnteur du foie lorsque l'abdomen est ouvert, il n'en est pas de même avant la section des parois al)dominales. Le ligament falciforme est alors horizontal -. l'une de ses faces regarde le foie, l'autre,

'le diaphragme.

(3) Ayant rencontré à la Salpètrière, chez un très-grand nombre de vieilles femmes, la face convexe et le bord postérieur du foie sillonnés plus ou moins supertlciellement par des dépressions antéro-postérieures parallèles, j'ai voulu en déterminer la cause, et j'ai vu que chaque dépression répondait à un pli du diaphragme; il ne m'a pas été difficile de reconnaître dans un corset trop serré la raison analoinique de ce plissement du diapliragme et des dépressions qui en sont la suite.

180 SPLANCIINOLOGIE.

s'en assurer en evaminaiil une coupe verlicale l'aile d'avanl en arrière sur la parlie lalt^rale droite du tronc. On voit alors que le l'oie estcouime reçu dans (■...iisé«|iu..n- une excavation profonde que lui pr(5sente la base du. poumon droit. (Je rapport explique comment des abcùs ou des kystes du foie ont pu s'ouvrir dans le poumon ; pourquoi le foie peut augmenter de volume du côté du thorax, et refouler le poumon jusqu'au niveau de la troisième ou même de la deuxième côte ; pourquoi les épauchemenls de la plèvre peuvent refouler le foie dans l'abdomen, pourquoi les péritonites circonscrites à la région du foie sont quelquefois prises i)é|iiessi..u pour des pleurésies de la base de la poitrine, etc. Chez certains sujets, surtout d.i foie çj^g2 ceux dont le cœur est hypertrophié, le foie présente, au niveau de la face '"le'^cœur." inférieure du cœur, une dépression très-prononcée, qui se moule en quelque sorte sur celle face inférieure. Quelquefois l'empreinte est tout entière à gauche du ligament suspenseur, et par conséquent elle a lieu aux dépens du lobe gauche ; d'autres fois elle existe à la fuis et sur le lobe droit et sur le lobe gauche. Une autre dépression, très-prononcée chez certaines femmes, c'est celle qui est la suite de l'usage du corset. Dans un cas de ce genre, le foie était aminci au niveau de la dépression ; des vaisseaux d'un certain calibre rampaient immédiatement sous les enveloppes du foie, ce qui prouve que les granulations de cet organe avaient été écartées, refoulées. Avec les Les rapports du foie avec les sept ou liuit dernières cOtes expliquent les emcnies. preintes que présente si souvent le foie dans la direction des côtes; ils expliconscq^i.en- ^^^^^ gucore pourquoi des coups violents donnés sur les dernières côtes ont pu contondre le foie ; pourquoi des instruments piquants, portés dans les espaces intercostaux du côté droit, ont pu intéresser ce viscère ; pourquoi des abcès du foie se sont ouverts entre les côtes. Ces rapports enfin expliquent pourquoi on peut reconnaître les maladies de la face convexe du foie à travers les espaces intercostaux, par la pression exercée avec le doigt au niveau de ces espaces. J'ai | recommandé depuis longtemps d'explorer le foie par commotion; j'ai pu reconnaître ainsi des phlegmasies ou des irritations aiguës du foie et même des contusions et des abcès traumatiques qui avaient échappé à tout autre moyen d'investigation. Pour cela, je percute le thorax de haut en bas dans les diverses régions correspondantes au foie, en recommandant aux malades de me prévenir lorsqu'ils éprouveraient un sentiment plus ou moins douloureux. Ce mode d'exploration ne, m'a jamais fait défaut.

Les rapports de la face convexe du foie avec les parois abdominales, si étendus p^rltsabdo- chez l'enfant nouveau-né et surtout chez le fœtus, sont le plus souvent circonminaies. ^^^'^^ ^^lez l'adulle i" h l'épigastre, dans une étendue variable; 2° au-dessous du rebord des fausses côtes droites. Dans certaines conformations du foie, presque toujours acquises, et dans les maladies qui augmentent le volume de cet organe, ces rapports deviennent beaucoup plus étendus, et il n'est pas rare de voir, en l'absence de toute lésion organique, le foie atteindre le voisinage de la région ombilicale, et même la région iliaque droite. Dans l'attitude verticale, le foie tend à déborder les côtes; aussi est-ce dans l'altitude verlicale assise, la partie supérieure du corps étant inclinée en avant et appuyée, qu'il convient de faire l'exploration de cet organe (i).

Chez une vieille femme, dont le foie déformé, mais sain, dcborclait les côtes, j'ai pu ^ di ' noslinuer par la percussion médiate une anse intestinale placée entre le fo.e e S on.inales. ' ..ut .lernièrement, j'ai trouvé sur le même sujet une anse considéra-

DU FOIE

11 n'est pas rare de voir des adhérences accidentelles établies entre le foie et le diaphragme, soit par des filaments celluleux, en forme de brides, soit par un tissu cellulaire plus ou moins serré.

II. La face inférieure ou plane {pars sima) est beaucoup plus compliquée quelaprérédente ; c'est par elle que pénètrent et que sortent les vaisseaux hépatiques. On V rencontre des éminences et des sillons ou scissures, qui ont motivé la division du foie en plusieurs lobes; mais cette division, qui, dans les animaux, paraît destinée à permettre au foie de s'accommoder à la forme des viscères de l'abdomen, i>l qui peut-être a des rapports avec la conformation et la direction du cœur, n'existe on aucune façon chez l'homme (1). Cette face inférieure regarde en bas et en arrière, et quelquefois directement en arrière ; elle présente à considérer : 1° un sillon antéro-poslérieur ou sillon de la veine ombilicale, nommé aussi

Adliércuccs accitleiitclles.

Face inférieure.

Sillon aiilero-poslérieiir.

lillon longitudinal, sillon horizontal, qui mesure tout l'intervalle existant entre le bord antérieur et le bord postérieur du foie, et qui est divisé perpendiculairement en deux moitiés, l'une antérieure, l'autre postérieure, par le sillon transverse. La moitié antérieure loge la veine ombilicale chezle fœtus, le cordon fibreux qui le remplace, chez l'adulte; la moitié postérieure loge le canal veineux du fœtus, et par conséquent le cordon fibreux qui le remplace après la naissance.

ble du colon traiisverse entre le lobe gauche et ces mêmes parois. L'interposition d'une anse du gros Intestin entre le foie et les parois abdominales n'est pas une chose rare, lorsque le foie déborde les côtes, soit par suite de maladie, soit par suite de l'allongement du foie produit par le corset; elle est plus rare lorsque le foie ne déborde pas les côtes, cas dans lequel l'intestin s'interpose au diapliragme et au foie.

(I) Les anciens admettaient dans le foie quatre lobes, qu'ils distinguaient par les noms singuliers de mensa, porta, //larlius, unrjuis.

(*) Surface inférieure du foie. — a, lohe antérieur. — I,/, ligament rond. — s, lohe gauche. — Lu, llgaiMont veineux. — VA, veine hcpalirjuc, coupée au point où elle émerge du foie. — 7), lobe postérieur. — Vp, veine porte, coupé? n son entrée dans le foie. — Vc, veine cave. — l)i.7(, canal cliolédoquc. — d, lolie droit. — De, canal cyslique. — D/i, canal hépalicpi.; . — V/'. vésicule liiliairo.

Moitié antérieure du sillon antéro-poslérieur.

SPLANCHNOLOGIE.

La moitié anléiieurc du sillon de lu veine ombilicale, beaucoup plus profonde que la moitié postérieure^ est souvent convertie en canal complet par une espèce

(l'ig- 109) (•).

de pont formé par un prolongement de la substance du foie; quand ce pont est incomplet, il avoisine toujours le sillon Iransverse : souvent il est formé par une languette fibreuse. Quelque complet qu'il soit, il présente toujours une échancrure au voisinage du bord antérieur du foie.

La moitié postérieure du sillon antéro-postérieur s'incline plus ou moins obliquement à gauche du lobe de Spigel, donne attache, comme le sillon Iransverse, à l'épiploon gastro-hépalique, et va communiquer, en arrière du lobe de Spigel, avec le sillon de la veine-cave inférieure. Division du C'cst surtout cu égard au sillon antéro-postérieur que le foie a été divisé en

foie cu trois iubcs.

(') Cavité du tronc d'un nouveau-né, ouverte par la faee antérieure. — Le diaphragme a cic oulcvc, le foie et le cœur ont été relevés, l'intestin prèle séparé du pylore cl porté en bas — S, A, D, lobe ga"'=''*' lobe antérieur et lobe droit du foie. — If, vésicule biliaire. — 1, orciilelte droite du cœur. — 2. oreillette «auche. — 3, ventricule droit. — 4, ventricule gauche. - 5, estomac. — 6, rate. — 7, 8, reins. -- 9, intestin grêle. '— *, aorte abdominale. — •', artère niésenlériquc supérieure, coupée à son ori|.'iiie.

artère rénale droite. - u, tronc de la veiue ombilicale. — u', sa branche gauche. — 1<", sa branche droite — A, veines s,us-hépatiques. — Du, canal veineux. — ui, veine cave inférieure. — /, veiuc splcnique. — rs, ni, veine rénale gauche et veine rénale droite. - ms, veine mésenlérique supérieure. — p, veine porte.

DU FOIE

lobe droit ou grand lobe, et en lobe ynncke, appeW aussi lobe moyen par ceux qui inégalité de luiuiellcnt, comme Iroisi^me lobe, un petit lobe, le lobule ou lobe de Spigel. Nous volmr.e avons vu celte mûmc division en deux lobes établie à la Tace supérieure du foie deu;^'îobes. par la présence du ligament suspenseur. De ces lobes, le droit est beaucoup plus considérable que le gauche. Le premier occupe l'hypochondre droit, le deuxième, l'épigastre et Thypochoiidre gauche. La proportion entre le lobe droit et le lobe gauche ne saurait être rigoureusement établie. Le lobe gauche L'st quelquefois réduit à une languette mince, tandis que d'autres fois son volume L^ale à peu près la moitié de celui du lobe droit. Généralement le rapport entre es lobes est comme 6 est à t. Au reste, cette proportion importe peu, car la distinction entre le lobe droit et le lobe gauche étant purement fictive, lasub-

(Fig. 110) n-

stnnce qui appartient au lobe gauche peut sans le moindre inconvénient être refoulée dans le lobe droil et réciproquement.

(') Puilion BU|iérieur<' de la cavité abdumiiiale ouverte d'iiii eiifaut. t e foie est relevé. I.e repli péritoiiéa d»iis lequel se trouvent les canaux excréteurs et les vaisseaux du foie (ligamciil liépatico-duodéiial) est tendu et sou feuillet antérieur est divisé par une incision verticale, tandis qu'un stylet est en^iagé par le trou de Wins'ow sons son feuillet postérieur. — A, lobe antérieur. — ht, ligament rond, dans son repli péritonéiit, le ligament suspenseur. — S, lobe gauche. — V. estomac. — Cl, colon transverse. — I), duodénum. — \h, artère héputii|ue. — Vp, veine porte. — Df/i, canal cholédoque. — 1)A, canal hépatique. — !)(?, canal cystiquc. — I), lotie droit. — Y/", vésicule biliaire. — I, cpiploon gaslro-hépaliquc. — 2, épiploon gastro-colique. — 1), ligament bépatlco-rcnnl.

Sillon li'ansvcrse.

Vaisseaux qui occupent le sillon Iransverse.

Éminences portes.

Empreintes situées à gauche du sillon antéro-postfirieur.

Fossette de la vosiculc.

Éminenceporte anlérieure.

Lobule ou lobe de Spigel.

Sa situation.

Sa forme.

2" Le sillon transverse, sillon de la veine-porte, est le véritable kile du foie, car c'est par ce sillon que pénètrent et qu'émergent tous les vaisseaux hépaliques. C'est une 1res large scissure transversale, longue de 30 à 36 niillinièlres, occupant à peu près la partie moyenne de la face inférieure du foie, un peu plus rapprochée du bord postérieur que de l'anlérieur, de l'extrémité gauche que de l'extrémité droite. Celte scissure est limitée à gauche parle sillon antéro-poslérieur, avec lequel elle se confond; à droite de la vésicule, elle se prolonge obliquement en avant par une scissure étroite et profonde. Dans le sillon Iransvcrse, se voient la veine-porle hépatique ou sinus de la veine-porte, Tarière hépatique, las racines du conduit hépatique, un grand nombre de vaisseaux lymphatiques etde nerfs, et une assez grande quantité de tissu cellulaire ; de cette scissure part l'épiploon gastro-hépatique. Le sillon Iransverse est situé entre deux éminences, que les anciens ont appelées éminences-porles. Au sillon antéro-posiérieur et au sillon transverse il est facile de rallier toutes les particularités que i présente la face inférieure du foie.

Ainsi, à gauche du sillon antéro-postérieur se voit la face inférieure du lobe gauche, légèrement concave en arrière, pour s'appliquer sur le lobe de Spigel, dont elle est séparée par l'épiploon gastro-hépatique; concave en avant, pour s'accommoder à la convexité de l'estomac, sur laquelle elle se prolonge plus ou moins. Ce rapport du foie et de l'estomac est extrêmement important. Ainsi, l'estomac distendu refoule le foie en haut et le renverse de telle manière que la 1 face inférieure de la glande regarde un peu en avant. Dans l'ulcère chronique de l'estomac, il n'est pas rare de voir le tissu du foie remplacer l'estomac détruit, et cela dans une grande étendue. Cette face inférieure du lobe gauche du foie affecte souvent des rapports avec la rate, qu'elle enveloppe quelquefois à la manière d'un casque.

A droite du sillon antéro-postérieur, et au-devant du sillon transverse, se voit la face inférieure du lobe droit, qui comprend : 1° La fossette de la vésicule, fossette plus ou moins profonde, oblongue, dirigée d'avant en arrière, de bas en haut et f de droite à gauche, comme la vésicule, à laquelle elle est destinée. Cette fossette ne se prolonge pas toujours jusqu'au bord antérieur du foie.

2° Entre la fossette de la vésicule et le sillon antéro-postérieur, est une surface quadrilatère, lobe carré, éminence-por te antérieure, lobule antérieur. Cette éminence se termine quelquefois, en arrière, par un mamelon bien détaché, qui justifie le nom d'éminence qui lui a été donné; d'autres fois, au contraire, cette portion du foie est aplatie.

3» Derrière le sillon transverse, se voit Vémitien ce-porte postérieure, ou petit lobe du foie, lobule postérieur, lobule, nommé aussi lobe de Spigel, du nom de l'analomiste qui s'en est attribué la découverte, bien qu'il eût été décrit et même représenté antérieurement par Vésale, Sylvius et Eustachi. Ce lobule, de volume et de forme variables, est situé entre le sillon transverse et le bord postérieur du foie, entre le sillon du canal veineux, qui est à gauche, et le sillon de la veinecave inférieure, qui est à droite. Il est à droite de l'orifice œsophagien, au niveau de la petite courbure de l'e.'^tomac, qui l'embrasse ; sa forme est celle d'une languette aplatie, semi-lunaire, convexe par son bord libre inférieur, qui répond au bord supérieur du pancréas, et présente à sa partie moyenne une espèce de mamelon, qu'entoure un cercle artériel formé par l'arlèrc coronaire stomachique, l'artère splénique et l'artère hépatique. C'est ce mamelon qui est désigné par Hallcr sous le liire de major collicubis in maqn(r pajnllœ simililudivem : émi-

DU FOIE

ncnce trianrjHhiire de Winslow. I)j son extri5mité poslérieuro pari une languette qluée au niveau du bord poslérieui- du foie, languette qui convertit en canal, luelquefois complet, la gouttière de la veine-cave inférieure. De son extrémité Ultérieure part un i)ro\nn§cment {prolongement droit du lobule), ou crûle sail- :ante, qui se porte à droite du sillon transverse, se dirige obliquement en avant, el sépare la dépression rénale de la dépression colique. Ce prolongement, décrit avec un soin minutieux par les anatomistes anciens, a été désigné par Haller 3()us le nom de colliculm caudntus. A sa jonction avec le lobule, il est creusé en :i-,ant d'une gouttière {gouttière de la veine-porte ventrale) assez profonde pour loger la veine-porte et l'artère hépatique, tandis qu'en arrière ce prolongement et le lobule lui-même sont creusés plus profondément pour loger la \eine-cave inférieure {gouttière de la veine-cave inférieure).

Quelquefois le bord droit de la gouttière de la veine-porte ventrale présente un mamelon analogue à celui du lobe de Spigel ; dans ce cas, on dirait qu'il y a doux lobes de Spigel. Au niveau de sa gouttière, la veine-porte ventrale n'est séparée de la veine-cave que par une languette très-mince.

Le petit lobe présente d'assez grandes variétés, quant à son volume; mais ces variétés ne vont jamais jusqu'à permettre de le sentir à travers les parois abdominales, à moins de développement moibide de ce lobule. Ce ne sont pas des médecins anatomistes qui ont prétendu reconnaître par le tact l'embarras, Vem-

itement du lobe de Spigel (1).

4° Toujours à droite du sillon antéro-postérieur, la face inférieure du foie [trésente, en arrière, une excavation plus ou moins profonde et plus ou moins étendue, suivant les sujets : c'est Vempreinte rénale; elle correspond au rein, sur lequel elle se moule exactement, et auquel le foie est uni d'une manière lâche , et à la capsule surrénale correspondante, à laquelle il adhère par un tissu cellulaire plus serré : lorsqu'on fait l'ablation du rein, la capsule surrénale reste adhérente au foie. Ordinairement l'empreinte de la capsule est distincte de l'empreinte rénale. On conçoit que l'empreinte rénale doive présenter des variétés, suivant que le foie répond au tiers supérieur, à la moitié supérieure, ou à la totalité du rein droit. Cette empreinte est toujours dirigée en arrière.

5° Au-devant de l'empreinte rénale, est une dépression légère, quelquefois à peine appréciable, empreinte colique, qui répond à l'angle de réunion du colon ascendant avec l'arc du colon, à cet arc du colon lui-même, et quelquefois lÎ la première portion du duodénum.

6° En arrière, se voit la gouttière de la veine cave inférieure, qui anticipe un peu s sur la face inférieure du foie, en dedans de l'empreinte rénale et capsulaire. Lorsqu'on enlève cette veine, on voit qu'elle reçoit des rameaux veineux dans loule l'étendue de la gouttière.

Quant aux scissures accidentelles que la face inférieure du foie présente quelquefois, elles sont le vestige des divisions qui existent chez un grand nombre de mammifères.

Ainsi, en résumant les objets nombreux que présente la face inférieure du foie, nous trouvons le sillon antéro-postérieur, coupé perpendiculairement par

(I) Meckel et autres considèrent comme constituant un sillon antéro-postérieur ou longitudinal droit la fossette de la vésicule du flel et le sillon de la veine-cave inférieure, sillon qui est creusé en partie sur le lol)e de Spigel^ en partie sur In portion contisuo au lobe droit, et qui pe prolonge sur la face inférieure du foie.

iiicntsdu lol)ule.

Gouttière de la veineporte ventrale.

Gouttièrede la veinecave inférieure.

Variétés de volume du petit lobe.

Empreinte rénale.

Empreinte colique.

Gouttière de la veinecave inférieure.

Résumé de la description de la face inférieure du foie.

Circonférence.

Ecliaiicrures :

loDe la veine ombilicale ; 2° De la vésicule.

Ligament coronaire du foie.

Sillon de la veine- cave.

Cavité creusée dans le foie pour servir de

confluent à toutes les

veines hépatiques.

I H fi

SPLANCHNOLOGIIC,

le sillon ti a.isvorse; à gauche du sillon anlc^ro-postérieur, nous renconirons la lace niféfioure du lobe gauche, qui présente l'empreinte du lobe de Spigel l'eu, preinte gastrique, et quelquefois l'empreinte splénique; à droite et au-devant du sillon transverse, se voient la fossette biliaire, l'éminence-porle antérieurederrière le sillon transverse , on trouve l'éminence-porte postérieure ou lobute, son prolongement droit, la gouttière delà veine-porte ventrale - plus à droite, l'empreinte rénale et capsulaire, l'empreinte colique et la gouttière de la voine-cave inférieure.

III. Circonférence du foie. - i" En avant, cette circonférence présente un bord très-mmce et comme tranchant, obliquement dirigé de has en haut et de droite cl gauche, répondant, à droite, au niveau de la base du thorax (t) et débordant celle base au niveau del'échancrure sous-sternale. Ce bord présente- I» une échancrure profonde pour la veine ombilicale; elle est constante- 2° plus a droite, une autre échancrure, souvent plus large que la précédente' mais moins profonde, au niveau du fond de la vésicule du fiel. Cette échancrure n'est souvent qu'indiquée; d'autres fois elle manque entièrement Chez quelques sujets il n'existe qu'une très-grande échancrure commune à la vésicule du fiel et à la veine ombilicale, échancrure à bords sinueux ou coupés par d'autres petites échancrures. Il est presque toujours possible, lorsque les parois abdominales sont relâchées, d'insinuer les doigts entre les côles elle foie.

2» En arrière, le foie présente un bord très-épais dans toute la portion qui répond au lohe droit, mais qui s'amincit à mesure qu'il approche de l'extrémité gauche. Ce bord, qui est court, arrondi, comme curviligne, pour s'accommoder la convexité de la colonne vertébrale, adhère immédiatement au diaphragme par un tissu cellulaire assez dense. C'est, en effet, au-dessus et au-dessous de ce bord que le péritoine se réfléchit du diaphragme sur le foie, pour constituer ce qu'on appelle le ligament coronaire du foie. L'espace celluleux compris entre ces deux lames du péritoine est peu régulier et plus ou moins considérable, suivant les sujets. Ce bord est divisé en deux parties par un sillon vertical profond, formani les deux tiers, les trois quarts d'un canal dans lequel est reçue la veine cave inférieure. Ce sillon, que nous avons dit empiéter plus ou moins sur la face inférieure du foie et qui va se continuer avec le sillon antéro-postérieur. est converti en canal complet, tantôt par une espèce de pont fibreux, tantôt par une languette fournie par l'extrémité postérieure du lobe de Spigel. Pour avoir une bonne idée de la disposition du foie au niveau du sillon destiné à la veine-cave, il faut diviser cette veine suivant sa longueur : on voit alors, au fond d'une échancrure profonde, une grande cavité qui est le confluent de toutes les veines hépatiques; on voit, en outre, que le sillon antéro-postérieur se continue avec le sillon de la veine-cave, derrière le lobe de Spigel. Vu par derrière, ce lobe se présente sous la forme d'une languette détachée du reste du foie par les sillons et les gouttières qui la circonscrivent.

(l) La situation de ce bord, à l'égard de la base du tliorav, varie suivant les altiliidcs. Il déborde nn peu les côtes dans l'attitude verticale, il est entièrement caché par elles tlans l'attitude horizontale. Chez les femmea qui ont usé de corsets serrés, il se trouve, sans maladie aucune du foie, à plusieurs travers de doigt au-dessous du rebord cartilagineux et osseux de la tjase du thorax, et se reconnaît aisément, nicmc chez les peiisonncs douées d'un peu d'embonpoint, parle tranchant et les échancrures de ce Imr.l.

DU FOIE

A droite, le foie pressente une grosse extrémilé lisse, base de la pyramide à laquelle on a comparé cet organe. Un repli triangulaire du péritoine, qu'on appelle ligament triangulaire droit, est étendu de la partie moyenne de cette grosse , vtrémité au diaphragme.

4» A gauche, le foie se termine par une languette angulaire ou obtuse, plus ou moins prolongée, qui atteint assez souvent la rate, à laquelle je l'ai vue adhérer I troitement; jel'ai vue plusieurs fois passer au-dessus de la rate, qu'elle débordait à gauche en se moulant sur son extrémilé supérieure. Celle languette, qui enl au diaphragme à l'aide d'un repli triangulaire du péritoine appelé liyat-nt triangulaire gauche, est légèrement échancrée en arrière, pour recevoir l extrémité inférieure de l'œsophage, qu'elle circonscrit à gauche. Chez un sujet, j 'ai vu cette languette complètement séparée du reste du foie, avec lequel elle ne se continuait que par un pédicule vasculaire de 8 millimètres de longueur. Cette disposition était peut-être due au tiraillement exercé sur le corps du foie parla rate, à laquelle la languette était unie par des adhérences très-serrées.

C. Couleur. La couleur du foie est d'un rouge-brun plus ou moins foncé, suivant les sujets. Sa surface, de même que les diverses coupes auxquelles on le soumet, présente l'aspect d'un granit à deux grains, l'un brun foncé, l'autre jaunâtre; d'où la distinction, que je crois peu fondée, des deux substances du l'oie. Aucun tissu ne présente, d'ailleurs, plus de variétés que le foie, sous le point de vue de sa coloration. Indépendamment des nuances si diverses qu'il peut offrir, et qui échappent à toute description, le foie est quelquefois d'une couleur jaunâtre, jaune-serin, jaune-chamois (d'où le nom de cirrhose, donné à une maladie du foie), quelquefois d'un vert-olive plus ou moins foncé, d'autres fois d'une couleur ardoisée. Ces différences de couleur, qui n'ont peut-être pas été ISS8Z étudiées, sont liées à des altérations de texture plus ou moins profondes. La couleur jaune-chamois suppose presque toujours la transformation graisseuse ilu foie; la couleur verdAtre, -vert-jaunâlre, vert-olive, tient à l'imprégnation du lissu du foie par une bile de môme couleur, et suppose une rétention de la bile. I>a couleur rouge-brun tient à l'imprégnation du tissu du foie par le sang. Nous verrons dans un instant que la distinction des deux substances du foie tient uniquement à des différences de coloration.

D. Consistance. La fragilité du foie est un des traits les plus imporlants de son histoire. Compacte et fragile, il ne saurait être comprimé avec quelque force

LUS déchirure, d'où le danger des contusions sur la région du foie, d'où lespréeptes donnés par les accoucheurs pour garantir de toute compression l'abdomen du foetus pendant les manœuvres d'un accouchement laborieux,

La fragilité et le poids du foie expliquent pourquoi les commotions et les conlusions par contre-coup de cet organe sont la suite d'une chute d'un lieu élevé. Dans l'état graisseux, le foie reçoit et conserve l'impression du doigt; il a perdu en grande partie sa densité et la fragilité. Les foies vert-olive et ardoisés sont denses: leurs molécules sont beaucoup plus solidement liées entre elles; ils se lacèrent difficilement. La charpente fibreuse du tissu du foie semble dans ce cas prédominer sur les granulations du foie, qui sont un peu atrophiées.

H. Texture. Avant les beaux travaux de Glisson et de Malpiglii, on disait, 'l'après Erasislrale, que le foie, comme d'ailleurs tous les organes à structure compliquée, était un parenchyme, mot vague qui veut dire épanchement d'un suc particulier autour des vaisseaux. Malpighi démontra, coniradicloirement à l'asertion doWharloii, que le foie est une glande cotigloméréo, el éludia losgrains

Lij^aiiieiit triangulaire droit.

Ligament triangulaire gaucho.

La coupe (lu foie présente l'aspect d'un granit à deux espèces de grains.

Variétés de coloration du foie.

Fragilité du foie.

Conséquences.

Texiure du foie.

Vague du mol purcucliymc.

SI'LANCllNOLOGIIi:

gUinduloux, que plus tard Huysch sembla convertir entièrement ses belles injections.

Le foie présente à considérer : 1» des enveloppes; 2" un tissu propre.

en vaisseaux par

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