IX. Préparation des articulations
Préparer une partie, c'est la mettre à découvert, l'isoler de toutes les parties voisines, de manière à en apprécier avec la plus grande exactitude les formes et les rapports. Le tissu cellulaire, qui est le lien commun de tous nos organes, est le grand obstacle à toute préparation anatomique. Préparer une articu- Ce qu'on doit
, . . . . , , , , ,, entendre par
lation , dans son acception la plus étendue, cesl, dune, part préparer une ar-
, , , • i i j.«.' • ■ ticulation.
mettre a découvert, isoler les diuerentes parties qui entrent dans sa composition, c'est à dire les surfaces articulaires , les cartilages, les synoviales et les ligaments, et, d'une autre part, déterminer les rapports et les connexions des muscles, tendons, aponévroses, vaisseaux et nerfs qui entourent cette articulation. Il suit de là que l'étude approfondie des articulations, supposant la connaissance des parties avec lesquelles ces articulalions ont des rapports immédiats, devrait suivre celle des muscles, des vaisseaux et des nerfs ; mais réservant tous ces rapports, d'ailleurs si importants, pour l'anatomie lopographique nous dev@ns nous contenter ici d'étudier dans une articulation et les surfaces articulaires , et tous les moyens qui eu assurent
(1) rov, avec, ^uw, je nais. Ce mot de symphyse, après avoir été appliqué à l'union des parties dures comme à celle des parties molles, a été laissé comme par caprice et au hasard à quelques articulations.
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L'étudo des la solidité: or, les muscles et leurs tendons concourent puissam-
articulations de- l
vrait suivre et ment à cette solidité ; aussi devrait-on peut-être ne s'occuper
non précéder r '
celle des mus- des articulations qu'après la myologie. C'était en effet l'ordre adopté par Vésale; c'est celui que je conseille de suivre dans les dissections; cet ordre permet d'ailleurs d'utiliser doublement les sujets. Une considération qui vient à l'appui de cette manière de voir , c'est qu'il est des tendons qui entrent dans la composition des articulations, qui semblent pénétrer dans leur intérieur, que la synoviale, revêt immédiatement, en sorte qu'on ne pourrait les enlever sans mettre à nu les surfaces articulaires. Nous verrons aussi qu'il est des ligaments qui se continuent manifestement avec les tendons et avec leurs gaines fibreuses , et qui sont même entièrement suppléés par les premiers. Cependant l'ordre analytique nous fera adopter l'usage généralement reçu de décrire les articulations immédiatement après les os qui concourent à les former.
Les sujets les plus favorables à la préparation des ligaments sont des sujets adultes et infiltrés.
Les rapports des tendons et des muscles bien déterminés,
on les enlève ou mieux on les rabat de manière à pouvoir les
replacer au besoin; on passe aux ligaments, qui constituent
une couche plus profonde. Souvent voilés par du tissu cellu-
Moyens de laire, du tissu adipeux, on les rend plus apparents, on déve-
renuie plus ap- , , , „ ,. ,
parenrs les hga- loppe leur aspect nacre, en les frottant avec un linge rude; mais il faut pour cela qu'ils aient été immédiatement mis à découvert. C'est certainement le meilleur moyen, parce qu'il est le plus simple; les parties environnantes se présentent avec leur couleur naturelle; la blancheur et l'éclat des ligaments ressortent bien mieux que par tout autre procédé. La macération dans l'eau , décolorant les tissus rouges , épaississant le tissu cellulaire d'une part et pénétrant de l'autre le tissu fibreux, il y a confusion. L'eau de savon, et surtout une solution fortement alcaline, ont l'avantage de conserver au tissu fibreux son aspect resplendissant; mais ils ont les mêmes inconvénients que la macération dans l'eau simple. On ne doit donc