DÉVELOPPEMENT DES DENTS OC ODOKTOOÉNIE
I/élude du développement des dents est un des points les plus intéressants de leur histoire; elle embrasse la description des phénomènes qui précèdent, accompagnent et suivent, 1° l'éruption des dents de la première dentition ; 2° celle des dents de la seconde dentition.
Première dentition ou dentition temporaire, provisoire.
Phénomènes qui précèdent V éruption.
Eut de l'os Quand on examine les mâchoires d'un fœtus de deux à trois
maxillaire chez . , ., , . .» ,
le lœtus. mois, on voit qu elles sont creusées par une gouttière large et
profonde, divisée, par des cloisons très minces, en aulant de loges ou alvéoles distinctes qu'il doit y avoir de germes dentaires.
État de la La gouttière alvéolaire est fermée du côté du bord libre par la membrane gingivale, que surmonte une sorte de crête
Crête gingivale, mince et comme dentelée. Cette crête est formée par un tissu, auquel quelques anatomistes ont donné le nom de cartilage dentaire; ce tissu est fibreux, blanchâtre, très résistant. La crête ne s'étend ni sur la face antérieure ni sur la face postérieure de l'os maxillaire, lesquelles sont revêtues par la muqueuse et dépourvues de gencive, qui, à celte époque, n'existe que sur Périoste al- les alvéoles. Le tissu fibreux gingival envoie dans chaque al-
Yêoio-dentaire. v^0je un prolongement (périoste alvéolo-dentairé) , qui forme
à chaque follicule un sac (ibro-muqueux perforé au niveau du « forme un
sac iibroux.
fond de 1 alvéole, ou il donne passage aux vaisseaux et aux nerfs dentaires. Ces prolongements ou sacs étant intimement unis à la membrane gingivale , il en résulte qu'en exerçant une traction légère sur celle membrane, on enlève les follicules de l'espèce de loge dans laquelle ils étaient contenus, et on dénude complètement l'alvéole.
Le follicule ou qerme dentaire est essentiellement constitué Histoire du foi-
' licule ou germe
par une membrane dans laquelle est contenue une espèce de dentaire. papille pédiculée, connue sous le nom de bulbe ou de pulpe dentaire.
1° La membrane du follicule, après avoir revêtu le sac Membrane du
follicule.
fibreux gingival que nous avons dit tapisser l'alvéole, se refléchit sur les vaisseaux et les nerfs qui forment le pédicule du bulbe, et semble se prolonger sur ce bulbe, où cependant on ne l'a pas encore démontrée. D'après cette manière de voir; la membrane du follicule constituerait, comme les séreuses, un sac sans ouverture, libre et lisse par sa face interne, adhé- E1ie constitue
' ■ r un sac tans
rent par sa face externe : un liquide transparent et visqueux ouverture. remplit les vides qui existent entre le bulbe et le feuillet alvéolaire de la membrane.
Voici dans quel ordre apparaissent les follicules de la pre- Époque d'api
pantion des fol-
miere dentition : licuies.
Vers le milieu du troisième mois de la vie fœtale , il en existe quatre bien distincts sur chaque mâchoire ; à la fin du troisième mois , paraît sur chaque moitié de mâchoire un troisième follicule , qui est suivi de l'apparition d'un quatrième et d'un cinquième vers la fin du quatrième mois.
2° Du bulbe dentaire. Dans le principe, la membrane du Bulbe dentaire, follicule dentaire ne contient qu'un fluide, rougeâire d'abord, puis d'un jaune blanchâtre; mais vers le troisième mois apna- e oquedeson
, apparition.
rait un petit corps qui , sous la forme d une papille , s eleve du fond de l'alvéole. Celte papille vasculaire et nerveuse devient de plus en plus consistante et de plus en plus volumineuse. Un pédicule très mince , formé par les vaisseaux et nerfs den3
laires , est le moyen d'union de la papille , qui est suspendue à la manière d'un grain de raisin.
Lebuibeden- La papille, qui constitue le bulbe dentaire, acquiert peu à
taire représente . \
la forme de la peu la forme propre à chaque dent, dont elle offre une imaere
dent qui doit lui r * °
succéder. exacte , et devient le noyau autour duquel se forme la dent. La
couronne est la partie qui se dessine la première sur celte
papille; on y trouve déjà toutes les dépressions et toutes les
éminences qu'elle doit offrir dans la suite.
Époque de la Yers le milieu de la grossesse commence la formation de la
formation de la y
partie dure de la portion dure. La production de la matière ossiforme s'effectue
denl. l r
à la surface du bulbe par une véritable sécrétion. On y voit d'abord de petites lames ou écailles très fines, souples et élastiques d'abord, puis de plus en plus consistantes, en nombre égal Lames ou à celui des saillies que présente la pulpe dentaire. Ces lames
écailles dentai- , . , . , » .
res. ou écailles constituent comme autant de points de formation
dentaire qu'on a comparés aux points d'ossification des os.
Points de for- Ainsi les dents incisives et canines ne présentent qu'une seule
mation emaire. ^cajjje . les bicuspidées, deux ; les mullicuspidées, autant de points qu'elles ont de tubercules. Ces petites écailles embrassent si intimement la pulpe dont elles forment l'étui, qu'il faut quelque effort de traction pour l'en détacher; et toutefois leur face interne est très lisse-, de même que leur surface externe. Il est à remarquer que dans tous les points recouverts par des petites écailles, le germe offre une rougeur beaucoup plus vive. Les écailles sont visibles à la mâchoire inférieure avant qu'on en trouve à la supérieure.
Voici, du reste, dans quel ordre s'effectue leur apparition : les incisives moyennes se montrent de quatre à cinq mois; elles
rordre d'appa- sont bientôt suivies, 1° des incisives latérales ; 2° de la première
rilion des lames ,. ,. ,. . «,.,.
ou écailles den- molaire, ou molaire antérieure, qui apparaît de cinq a six mois; 3° à très peu de dislance l'une de l'autre, de la canine et de la deuxième molaire : les écailles de toutes les dents de la première dentition ont apparu à sept mois, suivant Meckel ; à huit mois, suivant Blake.
Par le progrès du développement, les écailles s'éiendent.
Peu à peu elles s'unissent les mies aux aulnes, et constituent Formation
,,,..*, . , . successive «1m
un cornet eu urne qui s accroît en emprisonnant la pulpe, et coruttsébumé». s'étend peu à peu jusqu'au pourtour du pédicule vasculaire et nerveux, dans le point où ce pédicule pénètre l'alvéole.
Le cornet le plus extérieur étant formé, il s'en forme un second en dedans du premier; puis un troisième, qui est emboîté dans le secoud, et ainsi de suite, à la manière des cornets d'oubliés.
C'est la surface externe du bulbe qui sécrète l'ivoire. L'émaii est
L'émail est sécrété par le feuillet pariétal ou alvéolaire de la feuillet puiêhâ membrane du follicule ; il est, dans le commencement de sa formation, tellement mou, que chez le fœtus à terme on le sépare très facilement de la matière éburuée.
On a dit que l'émail était, comme l'ivoire, un produit de sécrétion du bulbe, lequel produit transsuderail à travers les diverses couches de l'ivoire, pour se solidifier à sa surface; d'autres ont dit que l'émail était une sorte de cristallisation formée aux dépens du liquide au milieu duquel baigne la dent ; enfin le plus grand nombre admet avec Hunter que l'émail est un produit de sécrétion du feuillet pariétal, du follicule dentaire de même que l'ivoire est un produit de sécrétion du feuillet bulbaire.
Cette manière de voir me paraît d'autant plus probable, qu'en examinant avec attention ce feuillet pariétal on découvre, à sa face profonde, au niveau de la couronne, une espèce de pulpe ou de renflement très sensible, surtout au niveau nés molaires. Cette pulpe extérieure s'atrophie aussitôt que l'émail est formé; ce qui explique pourquoi la sécrétion de l'émail ne se fait pas circonstance sur la racine, bien qu'après l'éruption de la dent la racine ait Sê^nravS pris la place de la couronne. Celle pulpe extérieure n'existant dectlleot)i,lionpas pour certaines dents chez plusieurs espèces d'animaux, il ne faut pas s'étonner si ces dents manquent d'émail. Enfin, lors que cette pulpe extérieure persiste après l'éruption des dents, la sécrétion de l'émail continue après l'éruption de ces dents, comme celle de l'ivoire. Les dents incisives du lapin, du castor sont dans ce dernier cas. Chez ces animaux, l'émail n'occupe !• 3S
. que la face antérieure delà dent; disposition qui la maintient parfaitement affilée, en raison de l'usure inégale des faces antérieure el postérieure.
De tout ce qui vient detre dit sur les phénomènes de la formation des dents provisoires avant leur éruption, on peut déduire les conséquences suivantes :
La pulpe den- 1° Des deux parties constituantes de la dent, savoir, la por-
porUondure? a lion corticale ou portion dure, et la pulpe ou portion médullaire,
c'est celle-ci qui se développe la première ; et des deux éléments
L'ivoire pré- distincts de la portion dure, l'ivoire et l'émail, c'est l'ivoire qui se forme le premier. 2° C'est par la couronne que débute la formation de la substance corticale de la dent; les racines ne se forment qu'en second lieu. 3° Le bulbe se trouvant emprisonné au milieu des produits solidifiés qu'il a fournis, et qui rétrécissent progressivement sa cavité, diminue graduellement de volume.
Phénomènes qui accompagnent l'éruption.
A l'époque de la naissance, toutes les dents sont encore contenues dans leurs alvéoles. On doit considérer comme exceptionnels les cas dans lesquels on a vu des enfants naître avec Etat des ai-une dent ou deux. Si à cette époque on enlève la paroi antédentsS avanMa rieure des alvéoles,on voit que les dents sont déjà très dévelopnaissance. pées, mais qu'elles le sont inégalement -, toutefois aucune d'elles Phénomènes n'a encore atteint le fond de l'alvéole. Mais après la naissance, deierupuon. et ^ ^es époques qui seront indiquées plus tard, le sommet de la racine ayant atteint le fond de l'alvéole, et l'accroissement de La perforation la dent ne pouvant plus se faire de ce côté, cet accroissement
de la gencive est ,"„ " , , . , ,, . , ",
la suite de l'in- s effectue du cote de la gencive, laquelle est comprimée, s en-
flammalion par ' , P . . ,
compression, et flamme et se perfore, sans que du reste cette perloration soit le sion. résultat exclusif de la distension produite par la dent ; car la
muqueuse gingivale est très peu distendue quand elle s'ouvre;
tandis que dans d'autres cas où cette membrane est beaucoup
plus distendue, soit par des polypes, soit par d'autres tumeurs,
elle ne se déchire nullement.
La dent sort peu à peu ; la gencive se moule successivement La gencive se
1 moule sur la
sur les diverses portions de la couronne, et enfin sur le collet, portion rie cou-
. ronne qui parait.
La division de la gencive est une opération laborieuse, qui cependant ne peut expliquer complètement l'apparition des accidents graves dont s'accompagne l'époque orageuse de la première dentition.
L'éruption des dents n'a point lieu simultanément : elle est L'éruption des
dents est suc-
successive, et l'ordre dans lequel se fait celte éruption est as- cessive. sujelli à des lois qui ne comportent que peu d'exceptions. 1° Les dents de la même espèce apparaissent par paire, l'une Lois qui pré-
, v sident à cette
a droite, 1 autre a gauche. éruption.
2° Les dents de la mâchoire inférieure précèdent dans leur apparition celles de la mâchoire supérieure.
3° Les incisives moyennes précèdent les incisives latérales, celles-ci les premières molaires, après lesquelles viennent les canines, puis les deuxièmes molaires.
L'éruption des dents de la première dentition commence époque de vers le sixième mois après la naissance, et se termine à la fin lérupt1011, de la troisième année ou au commencement de la quatrième.
Du quatrième au dixième mois après la naissance, apparais- ordre d'appari-,
,, ... . „ , . i ■ , a , , , tion des dents,
sent les incisives moyennes inférieures, et bientôt après les
incisives moyennes supérieures ; du huitième au seizième mois,
les incisives latérales inférieures, puis les incisives latérales
supérieures; du quinzième au vingt-quatrième, les premières
molaires inférieures; du vingtième au trentième, les canines
inférieures, puis les supérieures.
Dans certains cas, l'éruption des canines et celle des premières molaires sont simultanées, et quelquefois même l'éruption des canines précède.
Du vingt-huitième au quarantième mois apparaissent les secondes grosses molaires qui complètent lés vingt dents de la première dentition.
Deuxième dentition.
Phénomènes qui précèdent l'éruption.
La deuxième dentition consiste dans l'éruption des dents vingt dents de qu'on appelle permanentes , pour les distinguer des dents lemremp accment. p0rajres> Le lîombre des dents appartenant à la deuxième denn Douze dents ^ilion est de S2, savoir, vingt de remplacement et 12 nouvelles. Cette dentition, de même que la dentition provisoire, nous offre à étudier les phénomènes qui précèdent, accompagnent et suivent l'éruption.
situation des Les follicules ou germes des dents de la seconde dentition res™eeia sMondë correspondent à la rangée des dents déjà formées, dont ils sont denuiion. séparés par des cloisons ; ils sont dans les rapports suivants avec les follicules des dents provisoires : laLes follicules des dents nouvelles que présente la deuxième dentition, c'est à dire des trois dernières molaires, sont sur la même courbe que les dents de lait, mais nécessairement situées aux extrémités latérales de ces courbes. 2° Les follicules des dents de remplacement sont au contraire placés précisément derrière les dents correspondantes.
Ces follicules sont contenus d'abord dans les mêmes alvéoles que les dents temporaires ; ce n'est qu'après un certain espace de temps qu'ils en sont peu à peu séparés par la formation d'une cloison qui, du fond de l'alvéole, se porte vers son ori- Communication fice. Néanmoins, longtemps encore après la formation de ceinte dentsIVdee°lerem- cloison, les alvéoles temporaires et les alvéoles permanentes fe'raSes^es communiquent par une ouverture assez iarge, à travers laquelle dems temporal- passe je cor(jon qUj unit les deux dénis. Du reste, le développement du follicule des dents permanentes ne diffère pas sensiblement du mode de développement du follicule des dents provisoires ; seulement l'accroissement du système vasculaire de ce follicule coïncide avec la diminution ou l'atrophie progressive du système vasculaire de la dent provisoire.
DÉVlîLOl'l'EMEWÏ. 597
Phénomènes qui accompagnent l'éruption.
Tant que le développement de la dent permanente peut s'ef- compression
. , . o ■ • i i i • . ('es dénis lem-
fectuer vers le fond de 1 alvéole, les dents temporaires ne sont poraires par les
,, „. ., . . , > ,, . dénis perma-
nullement ébranlées; mais arrive une époque ou 1 accroisse- nenies. ment de la dent se faisant du côté du bord alvéolaire, les alvéoles de la première dentition sont comprimées, puis détruites dans le point correspondant à la couronne des dents permanentes. Dès lors les alvéoles de la première dentition appartiennent à la deuxième : comprimées par la couronne des dents permanentes, les racines des dents de lait s'usent, se détruisent, deviennent vacillantes, et se détachent parle plus léger effort, chutedesdems
(16 IcUt*
n'étant plus retenues que par l'espèce de bourrelet formé par la gencive autour du collet de la dent. La chute des dents de lait n'a pas toujours lieu par le méca- Mécanisme de
„...,-. , . v ,. , , . leur chute.
msme que je viens d indiquer, c'est a dire par la destruction préalable de leur racine. Quelquefois, en effet, la dent permanente ne pénètre nullement dans l'alvéole de la dent de lait correspondante ; mais cette alvéole s'affaisse peu à peu par le développement toujours croissant de l'alvéole permanente voisine. Dans ce cas, les dents de lait peuvent tomber sans destruclion de leurs racines, qui, presque constamment alors, sont grêles et comme atrophiées.
Toutefois, une compression , soit sur les parois de l'alvéole La compression temporaire, soit sur les racines de la dent de lait, paraît près- remplacement6 que indispensable pour leur expulsion. Lorsqu'en effet la dent en de remplacement se dévie, et par conséquent n'exerce aucune compression sur la dent de lait correspondante , celle-ci persiste , et constitue une surdent ou dent surnuméraire.
On ne peut donc méconnaître l'influence de cette compres- Manière d'agir sion sur la chute des dents de lait. Mais les anatomistes ne sont f^Jj, comPres pas d'accord sur la cause immédiate de la destruction des alvéoles temporaires et des racines des dents qui y sont contenues.
Quelle est la manière d'agir de la compression? Détermine-
t-ellela chute des dents de lait d'une manière purement mécanique , ou bien l'amène-t-elle indirectement par la destruction des vaisseaux et des nerfs dentaires? Un auteur a faii jouer le principal rôle à cette dernière cause. Mais ce que nous avons dit sur le défaut de vitalité des dents, prouve surabondamment que l'usure de l'alvéole et de la' dent de lait est due à une compression mécanique.
Absorption Toutefois, la destruction des racines des dents de lait s'ef-
nooléculaire #
exercée sur ia fectue sans laisser le moindre débris. Il y a donc une action
dent de lait.
d'absorption qui est certainement activée par la compression. Il n'est pas nécessaire , ainsi que l'ont pensé plusieurs analomistes , d'admettre un appareil absorbant particulier affecté à cet usage. Du reste , les dents de la première dentition s'ébranlent et tombent dans l'espace de temps compris entre la sixième et la huitième année. Leur chute successive s'effectue dans l'ordre même de leur apparition.
Gubernaculum Blake a Parlé le premier de l'existence d'un cordon, qui, pardemis, tant du follicule de la dent permanente , vient se continuer avec la gencive à travers un petit canal osseux, creusé derrière les alvéoles des dents de la première dentition. On a supposé que le petit canal osseux et le cordon placé dans son intérieur étaient destinés à diriger la dent durant le phénomène de son Iterdentis. éruption. De là le nom de iter dentis donné au petit canal, et de gubernaculum dentis donné au cordon , qui a été ingénieusement comparé par M. Serres au gubernaculum testis. Ce cordon , qui m'a paru plein et nullement canaliculé , est très prononcé pour les incisives , et filiforme pour les molaires. Du reste, l'influence de l'iter demis et du gubernaculum sur le trajet des dents permanentes durant leur éruption, n'est pas un fait parfaitement démontré.
Premières Ordre d'éruption. Les premières des dents permanentes qui
grosses molaires *
ou dents de sept apparaissent sont les premières grosses molaires; elles précèdent de beaucoup les autres dents permanentes. Elles font suite aux dents de la première dentition , avec lesquelles elles coexistent pendant quelque temps : aussi sont-elles mal à propos
classées parmi lés dents delà première dentition dans plusieurs traités d'anatomie. Ces premières grosses molaires sont connues sous le nom vulgaire de dents de sept ans.
L'éruption des dents de remplacement se fait dans le môme ordre d'appa-
, , , - ht i • rilion des dents
ordre que celle des dents de lait ; elle a heu pour chaque paire de remplacement.
aux époques suivantes :
Incisives moyennes inférieures , de six à huit ans.
Incisives moyennes supérieures, de sept à neuf ans.
Incisives latérales , de huit à dix ans.
Première petite molaire , de neuf à onze ans.
Canines, de dix à douze ans.
Deuxième petite molaire , de onze à treize ans.
Deuxième grosse molaire , de douze à quatorze ans, Enfin,
Troisième grosse molaire, à une époque plus reculée, de dix-huit à trente ans.
Du reste , la plus grande irrégularité se fait remarquer dans irrégularité l'éruption de cette dernière molaire , qui manque souvent, qui, f>erupUonqde la d'autres fois, reste toute la vie comme ensevelie partiellement molaire.6 gr°SSe ou en totalité dans l'épaisseur de la mâchoire.
Les incisives et les canines de remplacement sont plus larges que les incisives et les canines de lait. Une disposition inverse s'observe pour les deux premières molaires de remplacement ou petites molaires. Y a-t-il une compensation telle que les vingt dents de la première dentition occupent un espace précisément égal à celui qu'occupent les vingt dents correspondantes Les ^ngt dents de la seconde dentition? Celte question, posée par ïïunter, et ment re n'occurésolue par lui affirmativement, n'est pas purement spécula- pî^eepa queues tive; elle intéresse singulièrement la question pratique de l'a- [àllf denls de vulsion des dents de lait. On peut confirmer la vérité de l'assertion de Hunter en mesurant avec un fil Pespace occupé par les vingt dents temporaires, comparativement à l'espace occupé par les vingt dents correspondantes de la deuxième dentition. Cette expérience a été faite par M. Delabarre sur le même individu à l'époque des deux dentitions.
Phénomènes qui suivent l'éruption.
Les phénomènes qui suivent l'éruption des dents permanentes se rapportent : 1° à leur accroissement; 2° à leur chute.
Limites de ^o accroissement des dents. Les dents de l'homme ne sont
I accroissement
des dents hu- pas comme celles de certains animaux , des rongeurs en par-
mames. r . ' D *
ticulier, susceptibles d'un accroissement illimité. L'émail de L'émaii s'use la couronne s'use sans jamais se reproduire. Tous les faits iu-
sans se reuro- ,,.,., . . ,
doirè. voques a 1 appui de celle reproduction sont ou mal observes ou
susceptibles d'être interprétés dans un sens autre que celui de la reproduction de l'émail.
Il se passe néanmoins daus l'intérieur de la dent des changements dignes de lemarque. De nou\ elles couches d'ivoire
sécrétion non sont incessamment sécrétées; la cavité de la dent se rétrécit
interrompue de
l'ivoire. et finit par s oblitérer. Les dénis des vieillards ne présentent
ni pulpe ni cavité deniaire.
2° Chute des dents. La chute des dents chez le vieillard est
l'effet du resserrement des alvéoles, lequel s'effectue par le
mécanisme suivant :
Mécanisme de Les dents , dépendance de la muqueuse buccale , ne sont en
d3ents. " e es quelque sorie qu'accidentellement placées dans l'épaisseur du
bord alvéolaire, lequel tend sans cesse à les expulser, à raison
de la force de tonicité ou de l'élasticité dont jouit le tissu osseux
qui compose les parois alvéolaires. En un mot , la dent est pour
La dent est l'alvéole un corps étranger, dont celle-ci tend incessamment à
pour l'alvéole un , „ , ,,»,..
corps étranger, se débarrasser. Cette tendance de lalveole au resserrement est efficacement combattue tout le temps que la racine tend ellemême à s'accroître vers le fond de l'alvéole ; mais elle s'exerce dans toute sa plénitude aussitôt que, par l'atrophie de la pulpe, la résistance a cessé. C'est alors que l'alvéole, revenant sur ellemême , expulse la dent par un mécanisme analogue à celui par lequel, durant les affections syphilitiques, les dents les plus saines extérieurement sont expulsées par le seul fait de la destruction de vitalité de la pulpe sous l'influence du virus.
Du reste, aucune loi ne préside à la chine des dénis chez le .Aucune loi n e
1 ' préside a 1 ordre
vieillard, pas plus sous le rapport de l'époque à laquelle celle de la chute des chute a lieu , que sous le rapport de l'ordre suivant lequel elle s'effectue.
Caractères différentiels des dents de la première et des dénis de la seconde dentition.
Les dents de la première dentition se distinguent des dents Différences
sous le rapport:
de la seconde par les caractères suivants :
1° Leur couleur, au lieu d'être d'un blanc d'ivoire ou d'un rc la couleur. jaune clair, est d'un blanc bleuâtre ou azuré.
2° Les incisives et les canines de lait se distinguent toujours des incisives et des canines permanentes par un volume moin- Du volume dre et par la brièveté de leurs racines.
3°. Les deux molaires de lait diffèrent des deux petites mo- Différences
1 entre lus molai-
laires permanentes qui doivent les remplacer. Elles se rappro- res de iai telles
r ^ * * ' molaires qui les
client davantage des grosses molaires, dont elles se distinguent: remplacer. „. 1° par la brièveté des dimensions verticales de leur couronne; 2° par le nombre des tubercules dont celle couronne est armée : elle est quinticuspidée, et offre trois tubercules en dehors et deux en dedans.
h°. L'analyse chimique comparative des dents des deuxden- Différences
, . . sous le point de
titions a démontre que les dents de lait contiennent un peu vue de l'analyse moins de phosphate calcaire que les dents permanentes. C'est à celle quantité moindre de phosphate calcaire qu'est due l'altérabilité plus grande des dénis de la première dentition.
Remarques générales. D'après la discriplion qui a été don- Conclusion
générale.
née des dents , on voit que ces organes ne doivent être considérés que comme de grosses papilles à la fois vasculaires et nerveuses, revêtues d'un étui calcaire non organisé, et qui se forme par une sorte de cristallisation.
Les maladies des dents ne contredisent en rien cette manière ce qu'on ap-
j • s m i n i i . , ,, Pelle maladies
de voir; car, a l'exception de 1 odontalgie et de 1 agacement, qui desdeais. ont bien évidemment leur siège dans la portion pulpeuse, les autres altérations dont les dents sont susceptibles, sont ou des
Se rapporte: lésions mécaniques, comme le clivage ou la fêlure des dents ,
mécanieques!°ns leur usure, etc., ou des altérations chimiques, comme la carie
2° a des altéra- sèche ou humide, ou enfin des altérations ayant en apparence
tions chimiques.
3° a des se- leur siège dans l'enveloppe corticale de la dent, mais qui rési-
dèntdîes. acc'~ dent ailleurs, telle est l'incrustation des dents par le tarlre,
4°Adessécré- qui est le produit d'une sécrétion vicieuse, attribuée par quel-
tions irréguliè- , .
«s. ques anatomistes, et notamment par M. Serres, a de petits folli-
cules, dont les fonctions, avant l'éruption des dents, se rapporteraient à la production d'un fluide propre à ramollir la gencive et à préparer sa perforation. Enfin, l'exostose et le spina-ventosa des dents dépendent évidemment d'une sécrétion irrégu- Consoiidation Hère de l'émail et de l'ivoire. Pour ce qui est de la consolidation
des fractures des
dents. des fractures des dents, elle s'explique par la formation de nou-
velles couches semblables à celles qu'on a trouvées enveloppant une balle dans l'épaisseur de la défense d'un éléphant; enfin, la Coloration des coloration des dents par la garance ne se remarquant que dans garance.par a les couches sécrétées à partir de l'usage de cette matière colorante, elle ne saurait rien préjuger sur l'existence d'une nutrition dentaire analogue à celle des os.
Pourquoi deux Sous le point de vue de l'existence de deux dentitions, on peut dentitions. ge demander qiie\ esj je kut (je cette évolution des dents en deux reprises. Sans entrer ici dans la discussion des causes finales, on ne saurait méconnaître que les dents de la deuxième dentition n'auraient pu être en harmonie avec le développement trop peu considérable des mâchoires du fœtus, comparées à celles de l'adulte.
Usages des Usages. 1° Les dents sont les agents immédiats de la mastication. Les incisives coupent, les canines déchirent, les molaires broient; la position de ces diverses dents semble calculée d'après la résistance qu'elles ont à surmonter.
2° Les dents forment une espèce de chaussée qui prévient l'effusion continue de la salive au dehors.
3° Les dents servent à l'articulation des sons, en fournissant à la langue un point d'appui dans l'articulation de certaines consonnes, que les grammairiens ont appelées dentales.
h" Les dents peuvent fournir des caractères importants pour les classifications zoologïques. On conçoit, en effet, qu'étant dans un rapport nécessaire avec le mode d'alimentation des animaux, lequel exerce sur toute leur organisation une influence si puissante, la forme des dents est, jusqu'à un certain point, un des caractères par lesquels s'exprime ou se résume celle organisation.
Toutefois, il faut être en garde contre les conséquences évidemment abusives que quelques philosophes se sont plu à déduire de la disposition du système dentaire de l'homme dans ses rapports avec une alimentation exclusivement animale ou exclusivement végétale. Il faut surtout se rappeler que l'industrie humaine et les diverses préparations auxquelles elle soumet les substances alimentaires doivent entrer comme données indispensables dans la solution de ce genre de problème.