AVANT-PROPOS. XXIX
Je ne saurais assez proclamer les services que m'a rendus, pourTé'lude des nerfs, l'immersion des parties dans l'acide nitrique étendu d'eau. Puissant moyen de conservation, celte liqueur, à laquelle jMai quelquefois ajoute de l'alcool, ce qui donne à la pièce anatomiqueune odeur éthérée, isole mieux que le scalpel les filets nerveux, les débarrasse de la gangue cellulaire qui les voile , fait ressortir leur blancheur, pâlit tous les autres tissus el leur donne une demi-transparence qui permet de suivre les plus petits filaments nerveux jusqu'à leurs dernières extrémités. Ce même moyen, l'immersion dans l'acide nitrique étendu, m'a également rendu de grands services pour l'étude des parties délicates de la myologie.
3° L'étude de Y œuf humain serait mieux placée dans un ouvrage d'accouchements que dans un traité d'anatomie, et je ne me suis décidé à en parler ici que dans l'intérêt des élèves qui sont souvent interrogés sur cette matière dans leurs examens d'anatomie.
J'ai cru devoir adopter l'usage antique des annotations marginales, qui auront le triple avantage d'appeler l'attention de l'élève sur les points importants de la matière, de lui offrir une table analytique d'autant plus précieuse , qu'elle trouvera son interprétation en regard, et enfin de lui présenter une série de questions anatomiques sur lesquelles il pourra s'exercer.
Quant à l'esprit général de cet ouvrage, j'ai voulu faire de l'anatomie classique, et je me suis garanti, comme d'un écueil, de cette espèce d'anatomie d'induction et d'analo-
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gie, qui constitue en grande partie l'anatomie philosophique. Je ne me suis permis de la faire intervenir que dans les cas où ses idées générales et ses vues presque toujours ingénieuses, mais trop souvent systématiques et hardies, pouvaient éclairer la matière.
C'est le cadavre sous les yeux que toutes les descriptions ont été faites. Ce n'est qu'après avoir décrit chaque organe sur nature que j'ai consulté les auteurs, dont l'imposante autorité ne pouvait plus alors enchaîner ma pensée, mais appelait toujours de nouvelles recherches de ma part, dans les cas de dissidence.
Je ne saurais trop le répéter, l'anatomie est la base de l'édifice médical, et ce serait étrangement la méconnaître que de ne la regarder que comme la première des sciences accessoires de la médecine; sans elle le physiologiste bâtit sur le sable; sans elle il n'y a pas de chirurgie; Fanatomie n'est pas moins indispensable au médecin, auquel elle révèle le siège des maladies et les changements de forme, de volume, de rapports et de texture que les organes malades ont subis.
L'anatomie est aussi de toutes les sciences celle qui excite le plus vivement notre curiosité. Si le minéralogiste et le botaniste se passionnent, l'un pour la détermination d'une pierre, l'autre pour celle d'une fleur; si l'enthousiasme de la science les porte à entreprendre les voyages les plus périlleux pour l'enrichir d'une nouvelle espèce, quelle ne doit pas être notre ardeur pour l'étude de l'homme, ce chef-d'œuvre de la création, dont la structure, si délicate et si résistante tout à la fois, nous montre et tant