‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 3)Chapitre 99 sur 140 · partie de facette complète l'espèce de mortaise dans laquelle est · texte numérisé non relu

partie de facette complète l'espèce de mortaise dans laquelle est

enchâssée la tête du deuxième métatarsien , mortaise dont le

côté interne est formé par le premier cunéiforme , et dont le

fond est formé par le deuxième.

2° Une face externe ou euhotdienne articulée avec une facette correspondante du cuboïde ;

3° Une face postérieure ou scaphoïdienne , continue aux facettes articulaires interne et externe , qui s'articule avec la plus externe des trois facettes du scaphoïde.

h" Une face antérieure ou métatarsienne, triangulaire, articulée avec l'extrémité postérieure du troisième métatarsien ;

5° Une hase inégale , répondant à la convexité du pied ;

6° Un sommet , ou tranchant du coin , plus obtus que le bord inférieur du deuxième cunéiforme, qu'il déborde inférieurement d'une quantité assez notable.

Structure et développement des os du tarse.

1° Structure des os du tarse. Les os du tarse présentent la structure propre à tous les os courts, c'est à dire une masse de tissu spongieux entourée d'une couche de tissu compacte. J'ai remarqué que , dans certains cas de tumeur blanche de l'articulation tibio-tarsienne , le calcanéum présentait dans son intérieur une cavité analogue à la cavité médullaire des os longs. Cette disposition doit être considérée comme un cas tout à fait anormal.

2° Développement des os du tarse. A l'exception du calcanéum, qui présente deux germes osseux , tous les os du tarse se développent chacun par un seul point d'ossification.

Le calcanéum est de tous les os du tarse celui qui s'ossifie le Le calcanéum

s'ossilie le pre-

preniier. Dans le milieu du sixième mois de la vie fœtale , sui- mier.

vant la plupart des ostéogénistes , du cinquième et même du

quatrième mois, suivant d'autres, apparaît un noyau osseux

dans le milieu du cartilage correspondant. Ce noyau est placé

beaucoup plus près de l'extrémité antérieure du calcanéum que

de son extrémité postérieure. De huit à dix ans, il se forme Deuxième

, ,, , . . , . , , , point d'ossifica-

dans 1 extrémité postérieure du calcanéum un germe osseux , uon. beaucoup plus épais à la partie inférieure que supérieurement,

L'astragale se développe par un point qui paraît du cinquième au sixième mois de la vie fœtale.

Le cuboïde ne s'ossifie que quelques mois après la nais- variété dans sance, suivant Béclard ; j'ai vu son ossification déjà commencée rufonUdud'pomt chez un fœtus à terme. Meckel dit qu'elle commence dès le J^"* du cu~ huitième mois de la vie fœtale. Cette dernière opinion est contraire à celle de Blumenbach, qui place l'ossification du cuboïde à un an et demi ou deux ans après la naissance, ainsi qu'à l'assertion d'Albinus, suivi en cela par plusieurs anatomisles, qui dit que dans le fœtus à terme , tous les os du tarse, à l'exception du calcanéum et de l'astragale, sont encore cartilagineux.

Les cunéiformes s'ossifient dans l'ordre suivant :

Le premier s'ossifie vers la fin de la première année.

Le second elle troisième paraissent, à peu près en même temps, vers la quatrième année.

Le calcanéum étant le seul des os du tarse qui possède plu- Epoque de ta

1 L l soudure desdeux

sieurs points d'ossification, c'est le seul aussi dans lequel nous pièces du caica-

n néum.

ayons à examiner l'ordre de soudure. Les deux points qui le forment ne se réunissent que dans la quinzième année.

DU MÉTATARSE.

On donne le nom de métatarse h la deuxième partie du pied.

Ses faces.

Ses bords.

Extrémités.

idée générale De même que Ie métacarpe , qui est son analogue à la main, dumetutarse. je mètatarse esi composé de cinq os longs, disposés parallèlement entre eux, et constituant une espèce de gril quadrilatère, dont les jours ou intervalles, espaces interosseux , sont d'autant plus considérables, qu'il y a une plus grande disproportion de volume entre les extrémités de ces os et leur partie moyenne.

Le métatarse présente, 1° une face inférieure ou plantaire, à concavité transversale très prononcée; 2° une face supérieure ou dorsale convexe , répondant au dos du pied ; 3° un hord interne ou tibial très épais, qui répond au gros orteil; h° un hord externe ou péronéal mince , qui répond au petit orteil ; 5° une extrémité postérieure ou tarsienne , offrant une ligne articulaire sinueuse; 6° une extrémité antérieure ou digitale, présentant cinq têtes aplaties sur les côtés, et concourant à former cinq articulations indépendantes les unes des autres.

Les os du métatarse ont des caractères généraux qui les dislingnent de tous les autres os, et ils possèdent en outre des caractères particuliers qui les distinguent, 1° les uns des autres; 2° des os du métacarpe, avec lesquels ils ont beaucoup d'analogie.

Caractères généraux des os du métatarse.

Les métatarsiens appartiennent à la classe des os longs, aussi bien sous le rapport de la forme que sous le rapport de la structure. On leur considère un corps et deux extrémités.

1° Le corps est prismatique et triangulaire , légèrement courbé sur lui-même , à concavité inférieure.

Des trois faces qu'il présente, deux sont latérales , et répondent aux espaces inlerosseux; la troisième, tellement étroite qu'elle ressemble à un bord , répond au dos du pied. Des trois bords, deux sont latéraux : le troisième est inférieur, et répond à la face plantaire du pied, sienne milé tar* 2° ^eiefrem^e' Poster^eure ou tarsienne, très renflée, pré-

Corps.

DES MEMBRES ABDOMINAUX. DU MliTATABSE. 33l

sente cinq facéties dont deux non articulaires et trois arti- Ses cinq fa-

celles.

culaires. Des deux facettes non articulaires, l'une est supérieure, l'antre est inférieure : toutes deux donnent insertion à des ligaments.

Des trois facettes articulaires, l'une est postérieure, c'est P.es tro!s ,fa'

' r ' cettes aruculai-

à dire pratiquée sur l'extrémité de l'os ; elle est en général res> triangulaire, et s'articule avec une facette correspondante des os du tarse. Les deux autres sont latérales, en partie articulaires, en partie non articulaires. Les facettes articulaires sont petites, et souvent multiples; elles s'articulent avec des faceltes appartenant aux métatarsiens correspondants. Du reste , l'extrémité tarsienne est cunéiforme :1a facette L'extrémité

tarsienne est eu-

supérieure ou dorsale étant très large , représente la base du néiforme. coin ; la facette inférieure étant étroite , en représente le tranchant.

3° V extrémité antérieure ou diqi ta le présente une têle „. L'extrémité

u * digitale est un

aplatie sur les côtés, ou co?idyle, oblong de haut en bas, beau- coudyie. coup plus étendu inférieurement , c'est à dire dans le sens de la flexion , que supérieurement ou dans le sens de l'extension. On trouve en dedans et en dehors du condyle une dépression , derrière laquelle est une saillie qui donne attache au ligament latéral de l'articulation.

Caractères différentiels des métatarsiens entre eux,

Le premier métatarsien est remarquable par son énorme volume. Lui seul, dans le métatarse, représente les dimensions considérables du tarse : son corps a la forme d'un prisme CorPstriangulaire ; son extrémité digitale est creusée , du côté de Extrémité la face plantaire, par une double rainure qui répond à deux riluref supe" os sésamoïdes. (Voyez annulations du pied.) Son extrémité Extrémité tarsienne présente une facette semi-lunaire concave, à grand diamètre , dirigé verticalement , et qui s'articule avec la facette correspondante du premier cunéiforme. Sur le pourtour de l'extrémité postérieure du premier métatarsien, il n'existe aucune facette articulaire. Celle disposition , qui s'observe

tarsienne.

aussi dans le premier métacarpien , constitue , pour le premier os du métatarse, un caractère spécial qui, joint à la circonstance de son énorme volume, le différencie de tous les autres métatarsiens.

Cinquième Le cinquième métatarsien est le plus court aorès le pre-

métatarsien. V ' '

mier; il n'offre de facette latérale que dun seul côté de son extrémité tarsienne ; il présente sur le côté opposé, c'est à dire son apophyse en dehors, une apophyse très considérable, apophyse du pyramidale. cinquième métatarsien, ayant la forme d'une pyramide triangulaire, obliquement dirigée d'avant en arrière et de dedans en dehors, et à laquelle s'insère le court péronier latéral.

Cette apophyse fait un relief très facile à sentir à travers la peau; elle fournit les indications les plus précises dans l'amputation partielle du pied par la méthode tarso-métatarsienne. Un autre caractère du cinquième métatarsien , c'est la grande obliquité de obliquité de dedans en dehors et d'avant en arrière de la facette

son extrémité

tarsienne. de son extrémité postérieure.

Les deuxième, troisième et quatrième métatarsiens se distinguent les uns des autres par les caractères suivants :

méuursân6 ^e deuxième métatarsien est le plus long et le plus volumineux après le premier; par son extrémité postérieure, il s'articule avec les trois cunéiformes, qui le reçoivent comme dans une mortaise.

Troisième et Le troisième et le quatrième métatarsien ont à peu près

quatrième me— l r r

tatarsiens. Ja même longueur : la différence apparente de longueur qu'ils présentent sur un pied articulé, dépend principalement de ce que l'articulation du cuboïde avec le quatrième métatarsien est sur un plan un peu postérieur à l'articulation du troisième métatarsien avec le troisième cunéiforme. Enfin , ils se distinguent encore l'un de l'autre en ce que le quatrième métatarsien présente à la partie interne de son extrémité postérieure deux facettes : l'une pour le troisième cunéiforme, l'autre pour le troisième métatarsien.

Développement. Tous les métatarsiens se développent par

points! re e deux points d'ossification : un pour le corps, un pour l'extré-

mité antérieure ou digitale. II y a une exception (1) reniai'- Exceptionpour

... i, • , le pre"'ier iné-

quable pour le premier métatarsien, qui, au lieu cl avoir le utarsien. point épiphysaire dans son extrémité antérieure, le présente dans son extrémité tarsienne ou postérieure.

Le point osseux du corps paraît le premier dans le cours du . 9Tiite d'appatroisième mois, suivant la plupart des auteurs, vers le quarantecinquième jour suivant Blumenbach et Eéclard. Il est déjà parfaitement développé chez le fœtus à terme.

Le deuxième point ou point épiphysaire n'apparaît que dans le cours de la deuxième année.

La soudure, qui ne s'effectue que de dix-huit à dix-neuf ans, Soudure, n'a pas lieu en même temps clans tous les os du métatarse.

L'épiphyse du premier métatarsien se réunit la première ; cette réunion précède quelquefois d'une année celle des épiphyses des quatre autres métatarsiens.

Orteils.

Il existe une si parfaite analogie entre les phalanges des doigts Anai0>,ie en et celles des orteils , que je ne croîs pouvoir mieux faire que de ges des orièfis et renvoyer pour les détails descriptifs, à ce qui a été dit des plia- |fesg ^fj^"865 langes des doigts.

Je ferai toutefois remarquer que les phalanges des orteils ,

examinées comparativement à celles des doigts, peuvent être

considérées comme atrophiées, à l'exception cependant des

phalanges du gros orteil , qui conservent les dimensions , pour

ainsi dire colossales, de toute la partie tarsienne du pied.

La première phalange , ou phalange métatarsienne , re- phalange mé- „ ï , . , , , ... . tatarsienne.

présente très bien la phalange métacarpienne.

La deuxième phalange ou phalange moyenne des orteils Phalange

moyenne.

(1) Exception exactement analogue à celle qu'on observe à la main, et qui

rapprochelepremierjœétacaipiei; du premier métalarsien, et les rapproche l'un et

l'autre des premières phalanges des doigts. Du reste, je dois faire remarquer

ici que chez plusieurs sujets il m'a paru exister, dans l'extrémité digitale, un

point épiphysaire qui est très mince , et qui se soude de bonne heure avec le

corps.

Brièveté ex- est d'une pelitesse, d'une brièveté remarquables; on dirait presîan™ee moyenne" flue qu'elle manque de corps et que les extrémités sont adossées. Au premier abord , on pourrait la prendre pour un os pisiforme, ou plutôt pour une des pièces du coccyx; mais la présence des facettes articulaires antérieure et postérieure suffit pour caractériser cet os et pour le faire connaître.

Phalanges Les troisièmes phalanges ou -phalanges unguéales des orungueaies. tej|s posément la même forme, mais avec des dimensions beaucoup moindres que les phalanges unguéales des doigts. Cette remarque ne s'applique qu'aux quatre dernières phalanges; car, par une exception remarquable, la phalange unguéale du gros orteil a un volume au moins double de celui de la phalange unguéale du pouce. Je ne terminerai point celte description des phalanges des orteils, sans faire remarquer que la surface articulaire de l'extrémité postérieure des phalanges métatarsiennes, ainsi que la surface articulaire de l'extrémité antérieure des métatarsiens , se prolongent plus en haut que les surfaces correspondantes des métacarpiens et des phalanges métacarpiennes des doigts : aussi celte disposition permel-elle une extension des orteils sur le métatarse plus marquée que celle des doigts sur le métacarpe; circonstance qui joue un grand rôle dans le mécanisme de la progression.

Nombre de Développement. Les première, deuxième et troisième phapoMits d'ossifica- iàages Se développent par deux points d'ossification : un pour le corps , un pour l'extrémité métatarsienne. Les points épiphysaires des deuxième et troisième phalanges sont si peu apparents , que leur existence a été révoquée en doute par plusieurs anatomistes.

Époque d'ap- Beaucoup plus tardifs dans leur apparition que ceux des os panuon. métatarsiens , les points osseux du corps des premières pha-

langes des orteils ne commencent généralement à paraître que du deuxième au quatrième mois; il n'y a d'exception que pour le gros orteil qui s'ossifie du cinquantième au soixantième jour.

Le point épiphysaire des premières phalanges ne paraît que nang i„ prc-

vers la quatrième année. mière phalange*

Le corps des deuxièmes phalanges s'ossifie à peu près à la Dans la

, , .v » . i • deuxième.

même époque que le corps des premières : ce n est que de six à sept ans q*ie se manifeste un point épiphysaire à leur extrémité postérieure.

Le corps des troisièmes phalanges s'ossifie avant le corps Dans la

troisième.

des secondes et des premières phalanges ; un point osseux y paraît dès le quarante-cinquième jour de la vie Cœiale; il faut cependant en excepter le cinquième orteil, où l'ossification est beaucoup plus tardive. La phalange unguéale du gros orteil offre celle particularité bien remarquable qu'elle s'ossifie avant toutes les aulres phalanges des orteils. Elle se développe par un point qui n'occupe pas la partie moyenne, mais bien le sommet de la phalange.

Le point épiphysaire de l'extrémité postérieure parait à cinq ans dans la première phalange du gros orteil, et à six ans dans la première phalange des quatre aulres.

Les points épiphysaires des phalanges ne se réunissent aux Époque de la corps des os correspondants qu'à l'âge de dix-sept qu dixhuit ans.

Développement général du membre abdominal. Le trait le plus caractéristique du membre abdominal chez Lenteur reia.

tiv*6 d6 CC 'li'\ c«

le fœtus, c'est la lenteur relative de son développement, len- îoppoment. teur d'autant plus grande, qu'on examine le fœtus à une époque plus rapprochée de la conception.

L'époque d'apparition successive de chacun des points d'ossification des divers os qui entrent dans la composition du membre abdominal, et l'époque de leur réunion ayant été exposées à l'occasion de chaque os particulier, nous n'insisterons ici que sur quelques particularités de développement qui n'ont pu trouver leur place dans la description des os.

On admet généralement, d'après Bichat,, que le col du fémur du fœtus et de l'enfant nouveau né est proportionnellement

Les courbures moins long que chez l'adulie , et qu'il forme avec le corps de

et la torsion des

os existent chez 1 os un angle presque droit ; que le corps du fémur est presque recliligne; que ses extrémités sont proportionnellement beaucoup plus volumineuses qu'elles ne le seront par la suite. De même que je l'ai dit pour les os des membres thoraciques, toutes ces assertions sont en opposition avec les résultats de mon observation. Les mêmes réflexions s'appliquent également aux os de la jambe, dont la torsion m'a paru exister au même degré chez le fœtus et chez l'enfant nouveau né que chez l'adulte.

Après la naissance, le développement des membres abdominaux marche plus rapidement que celui des membres thoraciques, ce n'est qu'à l'époque de la puberté que ces membres acquièrent les proportions qu'ils doivent présenter par la suite.

Chez le vieillard, on rencontre fréquemment les soudures de phafanges! M plusieurs phalanges des orteils; mais celle soudure, de même que les déplacements des orteils, et quelques déformations du tarse et du métatarse, sont en grande.partie les résultats de la pression exercée sur le pied par des chaussures étroites et de l'immobilité plus ou moins complète dans laquelle ses diverses parties sont maintenus (1).

Nous avons négligé jusqu'ici toutes les applications de celte espèce d'anatomie comparée , qui consiste à comparer enlr'eux les différents organes chez le même animal. L'élude des analogies qu'ont entre elles les divers espièces qui constituent le tronc, ne pouvait entrer dans le plan d'un ouvrage qui a pour objet

(1) Voyez à ce sujet un mémoire très curieux de Camper, sur les inconvénients des chaussures étroites auxquelles il attribue, 1° la diminution de longueur du deuxième orteil; 2" la luxation incomplète de quelques os du tarse les uns sur les autres. On pourrait y ajouter, 1* les luxations en dehors de la première phalange du gros orteil; 2° la luxation en dedans de la première phalange du deuxième et quelquefois du troisième orteiU

l'anatomie descriptive. Mais nous n'avons pas cru devoir étendre la même exclusion au parallèle des membres llioraciques et abdominaux: ce parallèle est fondé sur des analogies tellement multipliées, tellement évidentes; il a tellement passé dans le domaine de l'enseignement, que nous aurions cru faire une omission grave, si nous avions négligé d'en présenter ici un résumé.

Les extrémités thoraciques et les extrémités abdominales Lesmembres

A thoraciqucs et

sont évidemment construites sur le même type; mais, affec- abdominaux

sont construits

lées a des fonctions spéciales , elles présentent des diuerences sur un mêmu correspondantes. Je dois remarquer ici que parmi les analogies, les unes sont évidentes, satisfont l'esprit, et facilitent le souvenir de certains détails anatomiques importants; les autres, au contraire, sont un peu forcées ou tout à fait sans résultat : ces dernières ne seront qu'indiquées. Nous allons successivement comparer l'épaule et la hanche, l'humérus et le fémur, l'avant-bras et la jambe, la main et le pied.

A. Parallèle de l'épaule et du bassin.

Avant Vicq-d'Àzyr , les anatomistes , tout en plaçant la clavicule etl'omoplale parmi les os du membre supérieur, considéraient l'os coxal comme un os du tronc ; mais il suffit de la plus simple réflexion, pour établir l'analogie de l'épaule et de la hanche.

Pour saisir avec plus de facilité les analogies et les différences, il faut, à l'exemple de Vicq-d'Azyr, étudier l'épaule renversée, ou , ce qui revient au même , comparer le côté de l'épaule Comparer i'é-

paule renversée

qui répond à la tête, au côté du bassin qui répond au coccyx : au bassin dans

^* .. sa position or-

rappelons en outre que, longtemps encore après la naissance, dinaire. l'os coxal est formé de trois pièces distinctes, l'ilium, le pubis et l'ischion.

1° L'épaule forme une ceinture osseuse, destinée à fournir ^f™^65 el un point d'appui aux membres llioraciques, de même que la hanche fournit un point d'appui aux membres abdominaux/

La ceinture scapulaire est interrompue en avant et en ar- 1. 22

338 0STÉOL0G1E.

indépendance rière : en avant, au niveau du sternum, et en arrière, au niveau

des deux épaules

ei dépendance ùq [a colonne vertébrale : d'où résulte qu'il y a deux épaules,

des deux lian- i a 17

ches. tandis que les deux hanches forment une ceinture unique. L'é-

paule et par conséquent l'extrémité supérieure droites sont donc complètement indépendantes de l'épaule et de l'extrémité supérieure gauches, tandis que les deux extrémités inférieures sont solidaires.

2° La deuxième différence est relative aux dimensions comvoiume coios- parées du bassin et de l'épaule. Le volume, pour ainsi dire, colossal du bassin , l'épaisseur de ses bords , la profondeur de ses échancrures , la saillie de ses éminences comparées à la gracilité de l'épaule , aux bords si minces de l'omoplate , sont en harmonie avec les usages des membres abdominaux. Analogies de 3° La partie large de l'omoplate est l'analogue de la portion

ri°!um.ale e e iliaque de l'os coxal ; la fosse iliaque interne , l'analogue de la fosse sous-scapulaire.

4° Les fosses sus et sous- épineuses correspondant à la fosse iliaque externe , on est forcé de convenir que rien dans celleci ne correspond à l'épine de l'omoplate.

5° Le bord axillaire de l'omoplate répond au bord antérieur de l'os coxal. Le bord spinal est l'analogue de la crête iliaque. Le bord supérieur de l'omoplate correspond au bord postérieur de l'os coxal : on veut même que l'échancrure coracoïdienne qu'on remarque sur ce bord supérieur et le petit ligament coracoïdien qui convertit en trou cette échancrure , soient les analogues de l'échancrure sciatique et des ligaments sacro-scialiques.

i?*Mvïtff^ïE G" La cavité glénoïde est évidemment l'analogue de la

£°l1yfj^cav,te cavité colyloïde : suivant Vicq-d'Azyr, l'apophyse coracoïde et l'apophyse acromion sont représentées, l'apophyse coracoïde par la lubérosité de l'ischion , l'apophyse acromion par le pubis. Il y a seulement cette remarquable différence qu'à l'omoplate les deux apophyses sont disjointes et laissent entre elles la vaste échancrure acromio-coracoïdienne , tandis qu'à l'os coxal l'ischion et le pubis sont réunis , et , au lieu de corn-

PARALLÈLE DES MEMBRES TMORACiQU ES ET ABDOMINAUX. 339

prendre entre eux une échanerurc , circonscrivent un trou, le trou sous- pubien. Celle analogie n'est point généralement admise : l'ischion étant destiné à soutenir le poids du tronc dans l'attitude assise , n'a pas d'analogue à l'épaule. Une des analogies les plus frappantes entre l'épaule elle bassin est Analogie entro celle qui existe entre la clavicule et la parlie horizontale du corps dupubis.6 pubis; avec celte différence que la clavicule est articulée avec l'omoplate , tandis que le pubis est soudé avec l'ilion.

On peut, sans forcer l'analogie, trouver dans l'union des clavicules par le ligament interclaviculaire, une disposition analogue à celle qui constitue la symphyse du pubis.

B. Parallèle de l'os du bras et del'os de la cuisse.

Pour que le parallèle soit exact, il faut tenir compte de la si- comparer le tnaiion relative de ces- deux os, comparer le fémur droit à l'hu- îhdmVus0gaumérus gauche et le côté de la flexion, c'est a dire la parlie pos- clietérieure du premier au côté de la flexion, c'est à dire à la partie antérieure du second. Cela posé, plaçons la ligne âpre du fémur, en avant, à côté de l'humérus, dans sa situation naturelle.

L'humérus, beaucoup moins volumineux que le fémur, est, Différence

i . j i i • j j' i dans le volume,

sous le rapport de la longueur, moindre d un tiers; sous le rapport du poids et du volume, il est moindre de moitié environ.

L'humérus présente une direction verticale à peu près pa- Dans la direcrallèle à l'axe du tronc; cette direction contraste avec l'obli- lon' quilé très prononcée des fémurs cpii se louchent inférieurement.

Les humérus sont beaucoup plus écartés l'un de l'autre que uans i'iD(erles fémurs: celle différence lient à la conformation du tho- pare qtJ1 le$ sé" rax de l'homme, lequel est aplati d'avant en arrière, tandis que chez les quadrupèdes il est aplati d'un côté à l'autre, disposition qui favorise chez ces derniers le rapprochement des humérus, lesquels servent de colonnes pour la sustentation de la partie antérieure du tronc.

SZ|0 OSTEOLOG1E

Dansieseour- L'humérus ne présente point une courbure analogue à celle

bures et torsions. „ . , .

du fémur; il offre, d une autre part, une torsion beaucoup plus considérable et un sillon oblique qui n'a point d'analogue au fémur. Nous comparerons successivement les corps et les extrémités de ces os.

Analogie des 1° Parallèle des corps de V humérus et du fémur. La face

fcicps et des

bords. postérieure de l'humérus répond exactement à la face anié-

rieure du fémur; elle est lisse et arrondie comme elle. La face externe de l'humérus représente le plan externe du fémur, avec quelques différences : toutefois , l'empreinte du grand fessier est évidemment l'analogue de l'empreinte deltoïdienne.

La face interne de l'humérus correspond à l'artère du-bras, de même que la face interne du fémur correspond à l'artère de la cuisse.

Le bord antérieur de l'humérus est une espèce de ligne âpre, analogue à celle du fémur, se terminant, comme elle à sa partie supérieure, par une bifurcation.

2° Parallèle des extrémités inférieures. Bien que les différences entre ces extrémités soient très prononcées, on peut encore trouver dans chacune d'elles le vestige de toutes les dispositions un peu importantes qu'on observe dans l'autre. pamUèie des Ainsi, ne reconnait-on pas dans les tubérosilés interne et ex-

tubérositës. , .

terne de 1 humérus les tuberosiles interne et externe du fémur? Dans l'un et l'autre os, ces tubérosités ne sont-elles pas également destinées à des insertions musculaires et ligamenteuses? Des t-.ochiées. La trochlée humérale n'esl-elle pas représentée par la trochlée fémorale, avec celle différence qu'au fémur les deux bords de la poulie s'écartent l'un de l'autre en arrière, tandis qu'à l'humérus les deux bords delà poulie restent constamment parallèles? Ne îrouve-t-on pas en avant, et surtout en arrière de la poulie fémorale, des dépressions qui sont les vestiges des dépressions coronoïdienne et olécranienne de la poulie humérale? Enfin en peut, sans admettre de différence fondamentale, se rendre compte de la présence de la petite tête de l'humérus qui n'a, il est vrai, rien d'analogue dans l'extrémité inférieure

PARALLÈLE DES MEMBRES TIIORACIQUES ET ABDOMINAUX. o/ll

du fémur, en ayant égard à ce que les deux os de l'avant-bras s'articulent avec l'humérus, lundis qu'un seul des os de la jambe s'articule avec le fémur.

3° Parallèle des extrémités supérieures. De même qu'au Parallèle des

, tôles, des cols,

fémur, nous trouvons à rhumerus un segment de sphéroïde des irochanterç. ou tête, un col qui n'est qu'à l'état de vestige,, un grand et un petit trochanters, c'est à dire deux lubérosités donnant insertion aux muscles qui sont affectés aux mouvements de rotation de l'un et l'autre membre. Seulement à l'humérus les deux trochanters sont beaucoup plus rapprochés l'un de l'autre, puisque le seul intervalle de la coulisse bicipilalc les sépare. Enfin, le grand trochanter de l'humérus détermine en grande partie le relief du moignon de l'épaule, de même que le grand trochanter du fémur détermine le relief de la hanche.

C<, Parallèle des os de la jambe et de ceux de Pavant-bras.

L'avant-bras est pour le membre thoracique ce qu'est la jambe pour le membre abdominal. De même que la jambe, il

, , . ,. . . i Différence gé-

est compose de deux os; mais tandis que la jambe est essen- némie enue les

... . ..,.., , ., . os de la jambe et

tièdement constituée par le tibia, qui, seul, concourt a 1 arlicu- les os ue l'avamlation du genou, et prend la plus grande part dans l'articulation du pied; le radius et le cubitus concourent, pourg une part à peu près égale , à la formation de l'avant-bras ; et si l'un d'eux, le cubitus, forme la plus grande partie de l'articulation du coude, le radius, par une sorte de compensation, forme la plus grande partie désarticulation du poignet.

Tout en étant frappé au premier abord de l'analogie d'ensemble qui existe entre l'avant-bras et la jambe, il est assez difficile d'assigner en détail le rapport des parties qui se correspondent. Aussi les anatomistes ne sont-ils point d'accord à ce sujet. Quel est, par exemple, celui des os de l'avant-bras qui répond au tibia?

Vicq-d'Azyr, ayant principalement égard aux articulations

ùhl OSTÉOLOGIE.

idée de vicq- dn coude et du genou, regardait le cubitus comme l'analogue

d'Azyr.

du tibia, et le radius comme l'analogue du péroné. M. de Blain-

DeM.de Biaia- ville, préoccupé au contraire des rapports de la jambe avec le pied et de la main avec l'avant-bras, et considérant que le tibia est situé sur la ligne du gros orteil, de même que le radius est situé sur la ligne du ponce ; considérant, en outre, qu'à l'avant bras le radius joue le principal rôle dans l'articulation du poignet, de même que le tibia dans celle du coude-pied, admet, contradictoirement à Vicq-d'Azyr, que l'analogue du tibia est

opinion de le radius. Pour nous, nous admettons ce que nous croyons l'auteur. , J

trouver de vérité dans 1 une et 1 autre de ces opinions, et nous rejetons ce que nous croyons.y trouver d'absolu et d'inexact.

Ainsi, considérant 1° qu'aucun des os de la jambe ne représente à lui seul un des os de l'avant-bras ;

2° Que dans chacun des os de la jambe on trouve des caractères qui appartiennent, les uns au cubitus, les autres au radius;

3° Que la position naturelle de l'avant-bras étant la pronation et que la jambe étant dans une pronation permanente, on ne doit point comparer l'avant-bras dans la supination à la jambe qui est dans une position opposée ;

Que l'étude de l'anatomie comparée nous montre chez les ruminants l'extrémité supérieure du cubitus confondue avec le radius, et à la partie externe de l'avant-bras une apophyse grêle " qui est l'analogue du péroné. Nous admettons :

1° Que l'extrémité supérieure du tibia est représentée par la moitié supérieure du cubitus, et la moitié inférieure du tibia par la moitié inférieure du radius, tandis que le péroné est représenté par la moitié supérieure du radius et par la moitié inférieure du cubitus.

Si nous entrons dans les détails, nous verrons combien est plausible cette manière d'assigner les analogies.

PARALLÈLEDES MEMBRES TIIORACIQUES Et ABDOMINAUX. U\o

1° Parallèle de la moitié supérieure du cubitus et de la moitié supérieure du tibia.

Nous trouvons dans la partie horizontale de la grande cavité sigrnoïde du cubitus l'analogue de l'extrémité supérieure du tibia, et dans la crête de séparation de ces deux surfaces, l'analogue de l'épine du tibia. La rotule et l'olécrâne sont construits ro^"e et8dedf'osur le même type : la mobilité de la première, la soudure de la lecra!iedeuxième, ne constituent pas des différences essentielles. Le Bu rorps du corps du cubitus est prismatique et triangulaire comme celui ducubitùs.001*8 du tibia; sa face interne est superficielle, presque sous-cutanée comme la face antérieure du tibia; son bord postérieur, saillant (crête du cubitus), représente la crête du tibia ; il est également superficiel et peut servir de guide dans le diagnostic et la coapiation des fractures. Comme au tibia, la crête du cubitus se continue avec une tubérosité triangulaire,'qu'on peut appeler tubérosité postérieure du cubitus, analogue de la tubérosité antérieure du tibia.

2° Parallèle de la moitié inférieure du radius et de la moitié inférieure du tibia.

L'extrémité inférieure qnadrangulaire du radius répond à Analogie de l'extrémité inférieure, également quadrangulaire, du tibia. La l^ure^iu6 tibia facette articulaire inférieure de ces deux extrémités est divisée radfus.06"6 U en deux parties par une crêle antéro-postérieure. Le côté cubital de l'extrémité inférieure du radius est Creusé par une cavité articulaire, de même que le côté péronéal de l'extrémité inférieure du tibia. L'apophyse siyloïde du radius répond à la malléole interne du tibia. Des sillons destinés à des tendons se voient tout autour de l'une et de l'autre extrémité.

D. Parallèle de ta main et du pied.

On considère au pied comme à la main un dos, une plante qui Analogie de répond à la paume de la main, un bord tibial qui répond au oimes* bord radiai, un bord péronéal qui répond au bord cubital, une

extrémité tarsienne qui répond à l'extrémité carpienne de la main, et une extrémité digitale. A côté de ces traits d'analogie bien propres à confirmer ce vieil adage : pes altéra manus, existent de grandes différences dans l'ensemble et dans les dé- Difféience de tails. Ainsi, 1° sous le rapport du volume et du poids, le pied

volume. rr

l'emporte sur la main; cette augmentation porte sur la longueur et l'épaisseur, mais non sur la largeur, car la main est plus large que le pied. Cet excédant de volume ne vient pas des orteils, qui sont incomparablement plus petits que les doigls; il ne vient pas du métatarse, mais bien du tarse, dont le carpe n'est que le vestige.

2° Une seconde différence caractéristique 'vient du défaut Absence au d'opposition du gros orteil. C'est même, sous le rapport desfonc-

picd du mouve-,. ,, . , ^ ^,

ment d'opposi- tions , 1 absence du mouvement d opposition qui constitue un

lion. . , ,

pied, et sa présence qui constitue une main. Différences 2° Une troisième différence résulte du mode d'articulation de

dans le mode

d'articulation de la jambe avec le pied. Ce n'est point en effet avec l'extrémité

la jambe avec le

pied. postérieure du tarse que la jambe s articule , mais avec sa face

supérieure ; d'où il résulte qu'une partie du tarse déborde l'articulation en arrière. L'axe du pied n'est pas, à beaucoup près, sur la même ligne que l'axe de la jambe, ces deux axes forment entre eux un angle droit. Ce peu de mots suffira pour faire comprendre les différences générales qui existent entre la main et le pied.

Parallèle des os du carpe et du tarse.

Du carpe com- Tandis que le carpe forme à peine la huitième partie de la

paré au tarse. , . ,

main, le tarse constitue a lui seul la moitié postérieure du pied. Son diamètre antéro -postérieur , qui est de cinq à six pouces , surpasse trois fois son diamètre transverse , ce qui est l'opposé de ce qu'on observe à la main.

Le tarse représente une voûte à concavité inférieure, à la fois transversale et anléro-postérieure qui reçoit la jambe sur son sommet. Le carpe n'est autre chose qu'une coulisse tendineuse. Il est évident que le carpe n'est que le tarse à l'état

rudimentaire : ce qui n'étonnera pas, si l'on considère que le tarse est vraiment la partie fondamentale du pied et le soutien définitif de tout l'édifice. Examinons donc les analogies et les différences de ces deux parties constituantes du pied et de la main.

lre différence. Il y a huit os clans le carpe; il y en a sept Différences, dans le tarse.

2e différence. Les deux rangées du carpe se composent chacune de quatre os : la rangée jambière du tarse ne se compose que de deux os,. et la rangée métatarsienne de cinq.

Se différence. Les os de la première rangée du tarse sont superposés, et non placés l'un à côté de l'autre, comme dans la première rangée du carpe.

4° Un seul os concourt à l'articulation du tarse avec la jambe, tandis que trois os du carpe concourent à l'articulation radio-carpienne.

5° Enfin, la deuxième rangée du tarse est subdivisée en dedans en deux rangées secondaires : Tune, postérieure, formée par le scaphoïde; l'autre, antérieure, formée par les Irois cunéiformes.

Étudions maintenant comparativement les os du tarse et les os du carpe en particulier.

A défaut de similitude de conformation , nous sommes obligés d'avoir recours à la similitude de connexions; mode de détermination plus constant et plus important peut-être que celui fondé sur le caractère si variable de la figure.

1° Parallèle de la rangée métatarsienne du tarse avec la rangée métacarpienne du carpe.

Cela posé, la rangée métatarsienne ayant avec la rangée métacarpienne des analogies plus évidentes que celles de la rangée anti-brachiale du carpe avec la rangée jambière du tarse , c'est entre la rangée métatarsienne et la rangée métacarpienne , que nous établirons d'abord le parallèle.

1° Le cuboïde du tarse est bien évidemment l'analogue de

Le cuboïde du i'os crochu : la position relative est la même : h forme est à peu

larse représente

l'os crochu. près semblable ; et de même que î'os crochu répond aux deux derniers métacarpiens, le cubt.ïde répond aux deux derniers métatarsiens. L'analogie du cuboïde et de l'os crochu étant admise, nous devons trouver dans les trois os cunéiformes la représentation des trois autres os de la deuxième rangée du carpe , savoir , du trapèze , du trapézoïde et du grand os. Le troisième 2°. Ici nous devons avouer que les analogies commencent

cunéiforme re-

présente le a devenir beaucoup moins sensibles. Toutefois , le troisième

grand os moins

la tête. cunéiforme qui, étant en contact avec le cuboïde , doit repré-

senter le grand os qui est en contact avec l'os crochu, s'articule avec le troisième métatarsien , de même que le grand os s'articule avec le troisième métacarpien; et, chose assez remarquable, le troisième cunéiforme s'articule un peu avec le deuxième métatarsien, de même que le grand os s'articule un peu avec le deuxième métacarpien. Si nous ne trouvons dans le troisième cunéiforme rien qui approche du volume du grand os et de la tête remarquable qu'il présente, il ne faut pas se hâter d'en conclure que l'analogie n'existe pas. Nous expliquerons plus tard comment elle doit être interprétée. Qu'on veuille bien admettre seulement ici que la base ou la partie métacarpienne du grand os est représentée par le troisième cunéiforme.

Le deuxième 3° Le deuxième cunéiforme , qui correspond au trapézoïde

cunéiforme ré- . , , . , A , .. ,

pond au tra- soutient le deuxième métatarsien, de même que le trapézoïde

pézoïde. , ,

correspond au deuxième métacarpien.

Le premier h° Enfin, le premier cunéiforme , qui soutient le premier

cunéiforme ré- , . - , , ...

pondau trapèze, métatarsien , repond au trapèze , qui soutient le premier os du métacarpe.

Toutes ces analogies sont, il faut l'avouer, fort imparfaites et bien plutôt fondées sur les connexions que sur les formes. En effet , quelle ressemblance exisle-t-il entre les trois os cunéiformes volumineux, tous taillés à facettes, en forme de coin , ayant une configuration à peu près semblable, et les (rois os du carpe que nous leur avonscomparés? Quelle comparaison surtout peut-

on établir entre le troisième cunéiforme, qui représente exactement un coin, et ce grand os qui est pourvu d'une têle arrondie? Il n'y a dans la rangée métatarsienne du tarse rien qui La tête du

, . K ,. , . , grand os occupe

représente la tête arrondie qui appartient a la rangée me- au tarse uran-

, r'-j'.- • •?. gée jambière.

tacarpienne du carpe. Les considérations suivantes qui nont point échappé à Vicq-d'Azyr, serviront à résoudre celle difficulté.

1° C'est une observation assez générale dans le squeleKe, que, de deux os qui se meuvent l'un sur l'autre, et dont l'un présente une lête, tandis que l'autre présente une cavité, c'est la tête qui se meut sur la caviié, et non la cavité sur la tête.

Ainsi, le fémur se meut sur l'os de la hanche; l'humérus se

meut sur l'omoplate.

2° La main, dans l'exercice de ses mouvements., se meut presque toujours sur l'avant-bras. Or, dans les mouvements de la main, c'est la rangée métacarpienne du carpe qui se meut sur la rangée aniibrachiale : aussi est-ce la rangée métacarpienne qui présente la tête. Au contraire , dans les mouvements des os du tarse pour la progression , ce sont toujours les os de la rangée jambière qui se meuvent sur les os de la rangée métatarsienne. Aussi , au lieu de trouver une tête arrondie dans la rangée métatarsienne, la trouvons-nous dans la rangée jambière.

En procédant ainsi que nous l'avons fait par exclusion, il ne nous reste plus qu'à établir l'analogie qui existe entre les os delà première rangée du carpe d'une part, et le scaphoïde, le caîcanéum et l'astragale d'une autre part. Ici les analogies sont équivoques, et les anatomisies sont loin de s'accorder entre eux dans la détermination des os analogues.

2° Parallèle de la rangée jambière du tarse avec la rangée antibrachiale du carpe.

Comme il n'y a que trois os dans la rangée postérieure du tarse qui correspond à la rangée antibrachiale ou supérieure du carpe, on peut supposer à priori qu'un des os de la rangée

libiale du larse doit à lui seul répondre à deux des os de la rangée antibrachiale du carpe.

Or, 1° il suffît de jeter un coup d'œil sur le larse et le carpe d'un quadrupède, pour reconnaître le pisiforme dans la portion du calcanéum qui déborde l'astragale en arrière. Lecatcanéum 2° Le calcanéum est le seul des os du larse qui se développe

représente à lui •'%%•*

seul le pyramidal par deux points d ossification ; ce qui établit une iorte pre-

et le pisiforme. . „ ,,,.,, ).. » i • ■ ■

somption en faveur de lidee, qu il esta lui seul le représentant de deux os. Si on admet l'analogie de la partie postérieure du calcanéum avec le pisiforme, la partie antérieure du calcanéum représentera le pyramidal, et de même que ce dernier s'arlicule avec l'os crochu, on trouve que la partie antérieure du calcanéum s'articule avec le cuboïde, que nous avons dit être l'analogue de l'os crochu.

Le calcanéum du pied représente donc le pisiforme et le pyramidal soudés entre eux et beaucoup plus volumineux.

Reste maintenant à établir l'analogie du scaphoïde et du semi-lunaire de la main avec le scaphoïde et l'astragale du pied.

Le scaphoïde Le scaphoïde de la main est l'analogue du scaphoïde du

de la main re- . - ., , . , „ . . ,

présente celui pied : il y a entre ces os analogie de forme et analogie de connexions. En effet, 1° c'est la ressemblance de forme des deux os qui a déterminé l'identité de leur nom ; 2° sous le rapport des connexions, nous voyons que si le scaphoïde du pied répond aux trois cunéiformes, le scaphoïde de la main répond au trapèze, au trapézoïde, et au grand os, qui représentent les trois cunéiformes; nous voyons en outre que le scaphoïde du pied est situé du côté du gros orteil de même que le scaphoïde de la main est situé du côté du pouce. Nous trouvons néanmoins entre ces deux os une différence assez remarquable : c'est que le scaphoïde de la main s'arlicule avec l'avant-bras, tandis que celui dtipied ne s'arlicule point avec la jambe. L'astragale est \\ ne nous reste plus qu'à découvrir dans le larse l'analogue

l'analogue du ri

semi-lunaire, de l'os semi-lunaire : c'est l'astragale. En procédant par exclusion, nous sommes en effet conduits à admettre, avec Vicq-

d'Azyr, que l'astragale représente assez exactement l'os semilunaire, auquel aurait été ajoutée une tète arrondie.

Parallèle du métacarpe et du métatarse.

Cinq petits os, longs, parallèles, constituent le métacarpe Analogies et • ' TI i ,1 i ,, différences,

comme le métatarse. Il y a dans 1 un comme dans 1 autre

quatre espaces interrosseux ; ces espaces sont plus considérables à la main qu'au pied, en raison de la disproportion plus grande entre le corps et les extrémités des os du métacarpe qu'entre le corps et les extrémités des os du métatarse ; et comme, d'une autre part, le métacarpe est plus court que le métatarse , la largeur relative du métacarpe paraît plus grande.

Ce qui caractérise le métacarpe, c'est que le premier mêla- caractères gé-

1 i / î i neraux differen-

carpien, celui du pouce, est beaucoup plus court que les au- liels> très os du métacarpe, qu'il est hors de rang", situé sur un plan antérieur à celui qu'occupent les autres métacarpiens; que sa direction est oblique, toutes différences en rapport avec le mouvement d'opposition, qui est le caractère propre de la main. Une disposition particulière au métatarse, c'est la prédominance du premier métatarsien sur tous les autres sous le rapport du volume. La forme colossale du tarse se continue dans cet os et dans le gros orteil, en raison du rôle important qu'ils jouent l'un et l'autre dans le mécanisme de la station. L'analogie est si grande entre les os métacarpiens et les os , caractères

, spéciaux diffé-

métalarsiens, qu'il faut un peu d'attention pour pouvoir les rentieis. distinguer les uns des autres.

1° Les os du métatarse vont en s'effilant, pour ainsi dire, de leur extrémité tarsienne à leur extrémité digitale. Les métacarpiens vont, au contraire, en se renflant de leur extrémité carpienne vers leur extrémité digitale. Ceux-ci sont plus courls et plus volumineux; ceux-là, plus longs et plus grêles. La forme du corps des métacarpiens est assez régulièrement Dans Ies corPSt prismatique et triangulaire; tandis que le corps des métatarsiens s'aplatit d'un côté à l'aulre.

Dans les ex- 2° Point de caractères différentiels bien tranchés entre les

trémités car- . , . , , . ,

pienne et tar- extrémités carpiennes des os du métacarpe, et les extrémités tarsiennes des os du métatarse. Néanmoins, celles-ci sont plus volumineuses que les premières , et celte différence est en rapport avec la différence de volume du tarse et du carpe.

Les extrémités tarsiennes sont plus régulièrement cunéiformes que les extrémités correspondantes des métacarpiens.

mîtes digitatesT ^° ^ais 'es différences les plus caractéristiques entre les métacarpiens et les métatarsiens se voient dans leurs extrémités digitales, incomparablement plus volumineuses dans les premiers que dans les seconds, les doigts étant la partie dominante de la main , tandis que le tarse est la partie dominante du pied. Nous remarquerons, en outre, que la facette articulaire convexe, située à l'extrémité digitale des métatarsiens, se prolonge beaucoup plus du côté de la face dorsale de ces os que les facettes correspondantes des métacarpiens.

Parallèle des phalanges des doigts et des orteils.

,.„. caractères Organes essentiels de la préhension , partie fondamentale de

différentiels des ° r ? r

doigts et des ja main, les doigts offrent une longueur et une épaisseur beaucoup plus grandes que les orteils , qui peuvent être considérés comme, des doigts à l'état rudiraentaire , et qui présentent d'ailleurs avec eux une analogie parfaite de conformation.

Les phalanges des Orteils peuvent donc être considérées

comme les phalanges des doigts atrophiés. Nous trouvons une

volume des exception remarquable dans le gros orteil, dont les phalanges

phalanges du ?..., ■

gros orteil. sont beaucoup plus volumineuses, proportionnellement aux autres orteils, que les phalanges du pouce ne le sont, proportionnellement aux autres doigts. Ce volume du gros orteil est en rapport avec le volume du premier métatarsien , ainsi qu'avec les usages de cet orteil qui est en avant le soutien principal du poids du corps dans la station.

La première phalange des orteils représente fidèlement la première phalange des doigts , sauf le volume.

La phalange moyenne des orteils est vraiment méconnais-

sable par sa petitesse; on dirait qu'elle manque de corps, et que les extrémités ont été placées bout à bout. Au premier abord, on peut les confondre avec un petit pisiforrae , ou un os sésamoïde, et plus facilement encore avec une pièce du coccyx.

Parallèle des membres thoraciques et abdominaux, sous le rapport du développement.

Le développement des membres abdominaux est moins ra- ^ ^ïur"16^ pide , proportionnellement , que celui des membres thoraciques. ^P^le et du

La clavicule et l'omoplate précèdent l'os coxal dans leur ossification. C'est par la clavicule que débute l'ossification de tout le squelette : elle a lieu du vingt-cinquième au trentième jour. L'ossification apparaît dans l'omoplate au quarantième jour.

A l'os coxal , c'est le quarante-cinquième jour que paraît le point osseux de l'ilium , à trois mois celui de l'ischion, de quatre à cinq mois celui du pubis.

L'omoplate est complètement ossifiée à vingt ans. L'apophyse marginale de la crête iliaque ne se soude guère qu'à vingt-cinq ans.

Le fémur et l'humérus présentent à peu près dans le même Développement

comparatif du

temps les points osseux de leur corps. Le point osseux de 1 ex- fémur et de l'hu-

, . , uiérus .

tremite inférieure du fémur existe toujours a la naissance ; et ce n'est qu'à la fin de la première année qu'apparaît celui de l'extrémité inférieure de l'humérus. Mais , celte dernière est soudée à dix-huit ans , tandis que l'extrémité inférieure du fémur ne l'est pas encore à vingt.

Le tibia s'ossifie un peu avant les os de l'avant-bras : le pé- De la jambe et

^ de l'avani-bras.

roné s ossifie un peu après. Le complément de l'ossification a lieu à peu près à la même époque à la jambe et à l'avant-bras.

L'ossification des os du tarse précède de beaucoup celle des Du tarse et du os du carpe. Ainsi , de quatre mqis et demi à cinq mois, un carpe' point osseux apparaît dans le calcanéum, et quelques jours après dans l'astragale; ce n'est qu'à un an que le grand os et

l'os crochu , qui, du reste , ne sont pas les analogues des os précédents , présentent des points d'ossification.

C'est à douze ans seulement que s'ossifie le pisiforme ; tandis qu'à cinq ans avait eu lieu l'ossification de l'os le plus tardif du tarse , le scaphoïde. Cependant , ce n'est qu'à dix ans qu'apparaît le point d'ossification épiphysaire du calcanéum , que nous avons dit être l'analogue du pisiforme du carpe ; on voit que le mode de développement vient fortifier l'analogie du pisiforme et de la lame épiphysaire du calcanéum. Des méfacar- Les métatarsiens se développent absolument de la même

piens et meta-

tarsiens. manière que les métacarpiens; seulement, l'époque de l'appa-

rition des points osseux est un peu plus tardive. La réunion des épiphyses est un peu plus précoce au métatarse qu'au métacarpe.

Des doigts et Les orteils s'ossifient plus tardivement que les doigts : les

des orteils. , , ., , , ,..'., , • ,

deuxièmes phalanges des orteils sont bien plus tardives que les phalanges unguéales et les deuxièmes phalanges des doigts.

La raison de toutes ces différences est sans doute impossible à préciser; mais il nous suffit de trouver un rapport général et bien positif entre la précocité ou la lenteur du développement de ces extrémités et les usages que leurs diverses parties sont appelées à remplir.

DE L'OS HYOÏDE OC APPAREIL HYOÏDIEN (l).

L'os hyoïde a une forme parabolique, celle de l'upsilon des exceptionnelle! Grecs , d'où lui est venu son nom. Seul de tous les os , il est détaché du reste du squelette et n'y lient que par des ligaments ou des muscles, d'où son extrême mobilité : il est situé et comme suspendu entre la base de la langue et le larynx , avec lesquels il a des connexions importantes. Ses dimensions sont plus considérables chez l'homme que chez la femme.

(1) J'ai cru devoir décrire ici l'os hyoïde, dont la description devrait sans doute être rapprochée de celle de la langue ; mais cet os donnant insertion à un grand nombre de muscles, devait être connu pour l'intelligence de ces muscles.

OS IIYOÏDK. 353

Il es à peu près horizontalement placé , de manière à ce que la • oneavilé de la courbe qu'il représente regarde en arrière , tandis que la convexité regarde en avant.

L'os hyoïde se divise en cinq pièces articulées entre elles, sa division en

cinq pièce».

savoir : un corps ou partie moyenne et quatre cornes , deux grandes et deux petites. Celte multiplicité de pièces qui se compliquent bien autrement encore chez certains animaux, et en paniculier chez les poissons, justifie la dénomination d'appareil i.yoïdien que j'ai adopiée (1), appareil qui est à l'état rudi- L'hyoïde est à mentaire chez l'homme. L'anatomie philosophique a montré MrechexrSIaT dans l'étude de ces os tout ce qu'on peut attendre d'elle lors- me* qu'elle est restreinte dans de justes limites.

1° Corps de l'hyoïde. Simple dans l'homme et les mammi- corps, fères , il est double chez les oiseaux , triple chez les poissons. Sa forme est celle d'un quadrilatère alongé , recourbé, de manière à présenter en arrière une concavité.

Sa face antérieure regarde en haut et présente une saillie saillie cruciale,

. . .-î! i -il- • vestige de l'apo-

crueiale , vestige d une apophyse qui , chez plusieurs animaux , Physe linguale se prolonge dans l'épaisseur de la langue. Cette saillie donne es an,mauxattache à un grand nombre de muscles, dont l'insertion est marquée par plusieurs lignes transversales, interrompues par quelques tubercules.

La face postérieure , plus ou moins excavée chez les dilîé- Excavation de

' J la faee poste-

renis sujets , est tantôt en rapport avec un tissu cellulaire jau- rieure. nâire qui la sépare de l'épigloite , tantôt tapissée par une membrane synoviale. Celte excavation, qui, chez l'homme , n'est jamais très profonde , représente , à l'état de veslige , l'énorme cavité dont est creusé l'os hyoïde chez le singe hurleur.

Le bord inférieur donne attache à un seul muscle , le thyro- Bords, hyoïdien.

Le bord supérieur donne insertion , 1° à une membrane jaune, espèce de ligament qui s'étend jusque dans l'épaisseur

(1) Voyez les belles considérations de M. Geoffroy Saint-Hilaire , sur les os antérieurs de la poitrine, {Philos, anat. , U 1, p. 139.)

obk OStÉOLOGIB.

de la langue , dont il consume la charpente; 2° à une autre membrane jaune , le ligament thyro-byoïdien , qu'on dit à tort s'insérer au bord inférieur de l'hyoïde. Extrémités. Les extrémités du corps de l'hyoïde sont recouvertes d'une couche cartilagineuse, pour s'articuler avec les grandes cornes.

Grandes cornes. 2° Grandes cornes ou branches. Beaucoup plus longues que le corps , aplaties de haut en bas , tandis que le corps est aplati d'avant en arrière , elles présentent un renflement à leur articulation avec le corps , se dirigent d'avant en arrière, et après s'être rétrécies et aplaties se terminent par une extrémité renflée ou tubercule arrondi , qui est quelquefois surmonté d'une épiphyse.

Petites cornes. 3r Les petites cornes , nommées aussi cornes styloïdiennes parce qu'elles sont liées à l'apophyse styloïde par le ligament styloïdien. Ce sont deux osselets pisiformes qui se remarquent dans le point où les grandes cornes s'articulent avec le corps (O&sa pîsiforma lingualia , Sœmmering). Ils surmontent le bord supérieur de l'os, et sont dirigés de bas en haut et de dedans en dehors ; leur longueur est très variable. Chez les animaux, les prolongements répondant aux petites cornes, sont plus longs que les prolongements qui chez l'homme constituent les grandes cornes. Ces osselets sont articulés par leur extrémité inférieure avec le corps et avec les grandes cornes. Leur extrémité supérieure donne attache à un ligament qui va se fixer à l'apophyse styloïde. Ce ligament, qui est quelquefois osseux chez l'homme, l'est constamment chez les animaux (1).

Conformation intérieure. L'hyoïde est composé en grande partie de tissu compacte. Cependant, dans les parties les plus épaisses du corps et des grandes cornes, on trouve une petite quantité de tissu spongieux.

(1) Chez les animaux, l'apophyse styloïdienne, détachée du crâne, fait partie de la chaîne hyoïdienne, qui se compose, 1° des cinq pièces de l'os hyoïde, 2° des os qui remplacent les ligaments styloïdiens, 3' des apophyses styloïdes ou os styloïdiens : en tout neuf pièces.

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