‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 4)Chapitre 41 sur 136 · DE L'EXTRÉMITÉ CENTRALE DES NERFS SPINAUX · texte numérisé non relu

DE L'EXTRÉMITÉ CENTRALE DES NERFS SPINAUX

Préparation. La même que celle de la moelle épinière.

Caractères communs. — Il y a de très grandes analogies et des différences peu tranchées entre les différents nerfs spinaux sous le point de vue de leur origine et de leur trajet dans le canal rachidien : celte circonstance , jointe à cette autre consi- Motifs de la

, description col-

dératîon que c'est par la même préparation que sont mises a lective de l'ex-

, , trémité centrale

découvert toutes les origines des trenle-une paires spinales, m a des nerfs spiparu un motif suffisant pour réunir ces origines des nerfs rachidiens dans une description commune. Une méthode qui a pour but d'étudier comparativement des dispositions analogues, est infiniment préférable à celle qui consisterait à décrire séparément l'origine de chaque paire.

Les nerfs spinaux émanent de la moelle par une double se- déracines.8" rie linéaire de filets ou racines. On distingue les racines en antérieures , ce sont celles qui se détachent des parties latérales de la face antérieure de la moelle, et en postérieures, lesquelles se détachent des parties latérales de la face postérieure. Ces dernières sont encore désignées sous le nom de racines ganglionnaires , parce qu'elles aboutissent exclusivement aux ganglions spinaux (1). Le ligament dentelé établit la ligne de démarcation entre les unes et les autres.

Telle est Yorigine apparente des nerfs spinaux ; quant à L'origine réelle

ocs ncris spi~»

leur origine réelle , elle n'est pas encore déterminée. Il est naux n'est pas

l encore bien

certain que les racines des nerfs spinaux ne s arrêtent pas a connue.

(1) Cette origine des nerfs spinaux par deux ordres de racines, est commune à tous les animaux vertébrés. Desmoulins avait avancé que chez les serpents et les lamproies, il n'existait qu'un seul ordre de racines ; mais cette erreur qui eût été un argument bien puissant contre la distinction physiologique des ra-, cinesen racines du sentiment et en racines du mouvement, a été réfutée.

660 NÉVROLOGIE.

la surface de la moelle, mais qu'elles pénètrent dans son épaisseur. Se conlinuenl-elles directement avec les fibres de la moelle, comme j'ai cru le voir dans plusieurs préparations ? arrivent-elîes jusqu'à la surface, ou plongent-elles dans l'épaisseur de la substance grise, qui serait, en quelque sorte, leur matrice? atteindraient-elles la commissure blanche, qui, suivant quelques auteurs, serait formée par ces filets nerveux entrecroisés? y aurait-il un certain nombre de filets nerveux qui émaneraient de la substance blanche, d'autres qui émaneraient de la substance grise, et ces derniers seraient-ils exclusivement affectés au nerf grand sympathique? Autant d'opinions, autant d'hypothèses ; et l'hypothèse doit être exclue de l'anatomie.

convergence Immédiatement après s'être détachées de la moelle, les rades filets de . , . , . ,

chaque groupe cines, tant antérieures que postérieures, se reunissent en un

déracines. , . . . , ,

nombre de groupes proportionnels au nombre des paires spinales : les filets qui constituent chaque groupe convergent ; pour cela, les supérieurs descendent à la rencontre des inférieurs , dont l'obliquité moindre leur permet d'être bientôt atteints. Il en résulte que ces filets, situés les uns au dessus des autres, largement espacés en dedans et rapprochés en dehors, représentent un triangle dont l'inclinaison générale, par rapport à l'axe de la moelle, varie suivant la région. Il n'est pas rare de voir les filets (surtout les antérieurs de chaque groupe) former deux groupes secondaires, il y a un canal Au moment où elles vont s'engager dans le canal fibreux que

fibreux par cha- , . , . ta

que groupe de leur forme la dure-mere, les racines antérieures, de même que

racines. ,

les racines postérieures de chaque groupe, se réunissent en un cordon aplati. Il y a un canal fibreux pour le cordon des racines antérieures, et un canal fibreux pour le cordon des racines postérieures. L'arachnoïde, qui a formé à chaque paire spinale unegaîne infundibuliforme, commune aux deux ordres de racines, les abandonne au moment où elles pénètrent dans les canaux fibreux auxquels les cordons nerveux sont assez intimement unis.

Bien que le groupe des racines antérieures et le groupe des indépendance

„ ., des racines an-

racines postérieures convergent 1 un vers l'autre, pour traver- térieureset des

, v • • •. ? racines posié-

ser les canaux fibreux de la dure-mere, jamais il n y a entre rieures. : eux la moindre communication. Il est curieux devoir ces longs et nombreux filets, qui constituent la queue de cheval, marcher parallèlement sans jamais s'anastomoser entre eux ; tandis qu'au sortir du canal vertébral , les communications seront en quelque sorte continuelles.

Les communications de filet à filet dans la même série, soit Des divers

modes de com-

anlérieure, soit postérieure, ne sont pas rares ; elles se font munication des

. A ,. filetsde laraême

suivant plusieurs modes : ainsi, tantôt elles ont lieu entre deux série, filets de la même paire, tantôt elles ont lieu entre des filets appartenant à deux paires différentes. D'autres fois, c'est un filet intermédiaire à deux paires, qui se bifurque pour se partager entre elles.

Du reste, la direction oblique des racines spinales, le trajet Raisons de

, . . , ,, ,ii « i • l'obliquité dans

plus ou moins long quelles parcourent dans le canal rachi- ]a direction des

j. , . / . , , v . . ■ . ', j ' -, racines spina-

dien, sont une conséquence nécessaire de la brièveté de la ies. moelle, qui, s'arrêtant au niveau de la première venèbre lombaire, ne pouvait donner naissance aux nerfs spinaux , au niveau des trous de conjugaison qui devaient leur livrer passage (1).

Les différences que présentent les racines antérieures et les racines postérieures peuvent se résumer dans les caractèrçs suivants :

1° Les racines antérieures naissent à une distance de la Différences

qui existent en-

ligne médiane moindre que les racines postérieures : elles vont tre les racines

antérieures et

même se rapprochant de cette ligne médiane, à mesure qu'on les racines postérieures.

(1) Gall croyait donner une solution de cette disposition, en disant que l'obliquité des nerfs spinaux et le long trajet qu'ils parcourent dans la cavité rackidienne, sont une conséquence nécessaire de la station bipède de l'homme. Il est certain que les nerfs sont moins obliques, et parcourent un trajet inlrarachidien moins considérable chez les animaux ; mais celte différence s'explique par la longueur plus grande de la moelle chez les animaux, et n'est nullement liée au mode d'attitude.

462 NÊVROLQ&IE.

les examine plus inférieurement ; si bien qu'à la partie inférieure de la moelle, elles se détachent de chaque côté du sillon médian.

2q Tandis que les racines postérieures parlent toutes d'un sillon linéaire de substance grise, dont elle ne se dévient jamais, les racines antérieures parlent assez irrégulièrement et comme confusément d'une petite colonne blanche d'une demiligne à une ligne (d'un à deux millimètres) de largeur. Les racines 3° Sous le rapport du volume , les racines postérieures,

postérieures . , , . , .

sont plus voiu- prises une a une, sont beaucoup plus volumineuses que les

mineuses que . , . , , . .,

les racines an- racines antérieures ; en outre, les racines postérieures 1 em portent pour le nombre : en sorte que l'ensemble des racines postérieures est généralement plus considérable que l'ensemble des racines antérieures, ainsi que l'ont très bien établi Sœmmerring, Chaussier et Gall (1). On a peine à concevoir l'opinion de quelques auteurs, qui admettent un rapport inverse, au moins pour certaines régions : cette erreur vient, sans doute, des variétés de proportion qui existent, suivant les régions , entre les racines antérieures et les racines postérieures, variétés qui ne vont jamais jusqu'au point de donner l'avantage, sous le rapport du volume, aux racines antérieures (2).

On peut admettre comme voisin de la vérité le rapport suivant établi par M. Blandin (3), entre les deux ordres de racines dans

(1) Gall explique la prédominance de volume des racines postérieures sur les antérieures, par la prédominance des muscles extenseurs sur les fléchisseurs: car, d'après cet anatomiste, les nerfs émanés des racines postérieures se distribuent exclusivement aux extenseurs, et ceux émanés des racines antérieures, se distribuent exclusivement aux fléchisseurs : erreur anatomique que le plus simple examen aurait pu détruire.

(2) Béclard [Anat. gêner., p. 657, 1823), généralement si ex act, avait été tellement frappé de la différence qui existe entre le volume relatif des racines antérieures et des racines postérieures au cou et aux lombes, qu'il a dit que les racines postérieures étaient plus volumineuses que les antérieures au eou ; mais que l'inverse avait lieu à la région lombaire.

(3) Thèse inaugurale, 1824, p. 215.

NERFS SPINAUX. EXTRÉMITÉ CENTRALE. Zj63

les diverses régions : au cou , les postérieures sont aux anté- Rapport ap-

,,,,., , , , proximatif de

neures comme 2 : 1 ; a la région dorsale, comme 1 : 1 ; et aux volume entre les

ii •' a /» • t • j • -r> racines anté—

lombes, comme 1 4/2 : 1. Je crois devoir rectifier ce rapport rieures et les approximatif, quant à la région dorsale dans laquelle le rapport \\e"ltl. posle" des racines postérieures aux racines antérieures me paraît comme 11/2:1; quant à la région lombaire, où il me paraît représenté par les chiffres 2 : 1, et par rapport à la région cervicale , dans laquelle le rapport entre le volume des racines postérieures et celui des racines antérieures, m'a paru devoir être représenté par le chiffre de 3 : 1. „ . .

r * Raison pby-

quo i ce développement relatif plus considérable des ra- sioiogique du

^ . développement

cines postérieures dans toutes les paires rachidiennes, et pour- relatif plus con-

r > r sidérable des ra-

quoi celle différence de rapports entre les racines postérieures cines postérieuet les racines antérieures dans les diverses régions ? La raison en est donnée par la physiologie : c'est que les racines postérieures sont les racines des nerfs du sentiment. Or, les faits établissent que les organes du sentiment reçoivent proportionnellement beaucoup plus de nerfs que les organes du mouvement, et que le nombre et le volume de ces nerfs sont en rapport avec le développement de la sensibilité.

h° Les racines postérieures diffèrent encore essentiellement postérieures63 des antérieures, par la présence d'un ganglion olivaire, qui vuè^crùrfganoccupe le point de convergence des racines postérieures de gllon* chaque paire rachidienne, au niveau du trou de conjugaison.

Haase, le premier, Scarpa, ensuite, ont parfaitement établi cette vérité, que les racines postérieures seules se rendent aux ganglions vertébraux : delà le nom de racines ganglionnaires, affecté aux racines postérieures des nerfs spinaux. Ces ganglions occupent les trous de conjugaison, excepté à la région sacrée où ils sont renfermés dans le canal sacré.

C'est au cordon qui émerge de ce ganglion et jamais au gan- Les raCjnes glion lui-même, que vont s'accoler, s'amalgamer, en quelque fpùtàfaiïétransorte, les racines antérieures, lesquelles sont complètement fa^s^naux." étrangères à la formation des ganglions rachidiens. Il semble chez quelques sujets et pour certaines paires rachidiennes ,

4G4 NÉVROLOGIE.

Les racines que les racines antérieures viennent s'unir soit à l'extrémité

antérieures sont . \ • ....

complètement exierne, soit a la partie moyenne du ganglion; bien plus aux

étrangères aux , . . , ,

ganglions spi- régions lombaire et sacrée , j avais note chez quelques sujets naux,

un demi-ganglion pour chaque ordre de racines; mais,, ayant

depuis étudié ce point d'analomie d'une manière plus approfondie, je suis resté convaincu que j'avais été induit en erreur, l°par faccolement précoce au ganglion, du cordon formé par les racines antérieures , 2° par une espèce de gouttière creusée, pour ainsi dire, sur le ganglion, par le cordon des racines antérieures : gouttière qui ressemblait à une bifurcation ; et qu'il n'existe aucune exception à cette loi, que les ganglions vertèhraux sont exclusivement affectés aux racines postérieures ou racines du sentiment. La différence Telles sont les différences anatomiques principales qui sé-

d'usage des ra- r • * " ; ^

cines antérieu- parent les racines antérieures des racines postérieures, diffères et des raci- l

nés postérieures rences anatomiques qui sont bien loin de rendre compte des

n'est expliquée

par aucune dif- différences physiologiques d'usages; les racines postérieures

férence anato- l J ,

mique de struc- présidant exclusivement a la sensibilité de la peau des membres,

ture.

du tronc, du col, de la région occipitale du crâne et de la parlie inférieure de la face ; les racines antérieures présidant exclusivement aux mouvements du tronc et des membres. Cette différence d'usages, qui est un des faits les mieux constatés de la physiologie , n'est expliquée par aucune différence de structure qui puisse être saisie par l'œil nu, ou armé de la loupe ou du microscope. Sous le rapport physiologique, il y a donc 62 paires de nerfs spinaux, savoir : 31 paires destinées au sentiment, et 31 paires destinées au mouvement. Mais celle distinction entre les paires motrices ou antérieures et les paires sensitives ou postérieures, possible à l'origine et dans l'intérieur du rachis, devient impossible et par conséquent sans but et purement rationelle à la sortie du canal rachidien. Nombre et H y a trente paires de ganglions spinaux et même trente et

volume des gan- . , ., . ,

glions spinaux, une paires, quand il en existe un pour la première paire cervicale. Le volume des ganglions n'est nullement en rapport avec le diamètre des trous de conjugaison, mais bien avec le nombre

et le volume des racines qui y arrivent, et le nombre et le volume des nerfs qui en partent.

Le cordon qui fait suile au ganglion, et qui résulte de la Ducordonqut

,., . ., • . -, . . . fait suite au

reumou des racines antérieures et des racines postérieures, ganglion, est cylindrique, plexiforme, comme crevassé : de ce cordon, dans lequel il est impossible de débrouiller ce qui appartient aux racines antérieures, de ce qui appartient aux racines postérieures, parlent, presque immédiatement au sortir du trou de conjugaison, trois ordres de branches : 1° les branchée spi- sadivisionen nales postérieures , qui fournissent aux muscles et aux légu- trois ranc es* ments de la région spinale postérieure (1); 2° les branches spinales antérieures, en général plus volumineuses, véritable continuation du nerf, destinées à fournir aux parties latérales et antérieure du tronc, et aux extrémités supérieures et inférieures : 3° les branches spinales ganglionnaires, toujours antérieures aux précédentes, qui vont se rendre aux ganglions du grand sympathique.

Les branches ganglionnaires seront décrites à l'occasion Des branches , ,. , , ... ganglionnaires.

des ganglions du grand sympathique.

Les branches postérieures, présentant une grande analogie ©es branches de distribution entre elles , et pouvant être mises à découvert postérieurespar une préparation commune , seront décrites dans un seul et même article.

Les branches antérieures, destinées à des parties dissem- Des branches blables, présentent, individuellement, une distribution à la fois anleneurestrès variée et très compliquée, qui nécessite une description

(d) Les branches spinales postérieures naissent quelquefois si près du ganglion qu'on serait tenté de croire, au premier abord, qu'elles naissent du ganglion lui-même et non point du cordon racbidien après l'accession des racines antérieures ; mais un examen approfondi ne tarde pas à démontrer (ainsi que l'a parfaitement établi M. Bouvier dans sa thèse inaugurale, d 823) que les branches postérieures appartiennent à la fois aux deux ordres de racines, et ne naissent qu'après le mélange ou fusion de ces racines. Ces réflexions s'appliquent également aux branches spinales, destinées au système ganglionnaire du grand sympathique.

466 NÉVROLOGIE.

particulière, sinon pour chaque paire au moins pour plusieurs groupes de paires.

Tels sont les caractères communs à toutes les paires spinales considérées à leur extrémité centrale dans le canal rachidien,et à leur sortie du trou de conjugaison. Etudions, maintenant, les caractères propres à chaque région.

Caractères propres à l'extrémité centrale des nerfs de chaque région.

Caractères A. Caractères propres aux paires cervicales. Ce sont : propres à l'ex- .„ , .. . , , . . . . ,

trémité centrale 1 une obliquité des racines bien moindre que dans les autres

des paires cer- , . ~ . , . , , , , , . .

vicaies. régions. La première paire est légèrement oblique en haut et

en dehors, à la manière des nerfs crâniens, dont elle se rapproche sous ce point de vue; la seconde paire est transversale. Les paires suivantes sont obliques en bas et en dehors, et cela, d'autant plus qu'on les examine plus intérieurement ; mais cette obliquité ne dépasse jamais la hauteur d'une vertèbre.

Rapport de 2° Le rapport entre le volume des racines postérieures et

VOluiïlG 6Dtr6 li-'S

racines anté- celui des racines antérieures est de 3 à 1, et ce rapport, qui

rieures et les ,.,.., , . , ,.

racine» posté- est de beaucoup supérieur a celui des autres régions, s applique, non seulement à l'ensemble des filets, mais encore à chaque filet en particulier.

3° Les paires cervicales vont croissant rapidement de volume depuis la première jusqu'à la cinquième paire, et se maintiennent aussi volumineuses jusqu'à la huitième. Caractères La première paire cervicale, si bien décrite par Ash (1),

première paire présente des caractères propres : ses racines postérieures sont bien moins nombreuses que ses racines antérieures; le nerf spinal ou accessoire de Willis , qui offre avec cette paire des connexions si remarquables, mais variables et diversement interprétées par les observateurs, semble suppléera l'insuffisance de ses racines postérieures, lesquelles sont d'ailleurs

(1) De prima pare nervorum medullas spinalis, 1750. Collection de Ludwig.

pourvues d'un ganglion spinal comme les autres nerfs rachi-

diens(l).

B Caractères propres aux paires dorsales. A l'exception de Caractères .,.,,.. , , propres aux pai-

la première paire dorsale, qui présente tous les caractères des resdorsaies. paires cervicales, les paires dorsales présentent les caractères suivants :

1° Peiit nombre de racines ou de filets : aussi, à l'exception des paires sacrées, les paires dorsales sont-elles moins Volu* mineuses que les paires des aulres régions.

2° Uniformité du nombre et du volume de ces filets. Les nerfs dorsaux sont à peu près égaux en volume ; la douzième paire offre seule une augmentation légère de volume.

3° Intervalle considérable qui sépare les filets, et défaut de régularité de cet intervalle. Souvent une colonne de moelle de huit à dix lignes de hauteur est destinée à l'insertion d'une petite paire de nerfs.

W Gracilité des filets , plus grande que dans toute autre région.

5° Disproportion à peine sensible de volume entre les racines antérieures et les racines postérieures comparées filet à filet. Le rapport de 1 1/2 : 1 me paraît exprimer cette légère différence.

6° Nombre à peu près égal des racines antérieures et des racines postérieures.

7° Direction de ces racines, qui, avant de se détacher de la moelle, restent couchées sur elle dans une certaine longueur, circonstance bien propre à induire en erreur sur le lieu précis de leur origine.

8° Longueur du trajet qu'elles parcourent dans le canal ra-

(1) D'après les principes de classification des nerfs que j'ai émis plus haut, je devrais placer le nerf spinal parmi les nerfs cervicaux, puisqu'il prend son origine à la portion cervicale de la moelle ; en le classant parmi les nerfs crâniens, je cède à un usage généralement adopté.

ft68 NÉVROLOGIE.

chidien. Cette longueur est mesurée par une hauteur de deux vertèbres au moins.

Caractères C. Caractères propres aux paires lombaires et sacrées.

propres aux pai-

res lombaires et Ce SOHt :

1° Le nombre des racines, qui est bien plus considérable qu'à la région dorsale et même qu'à la région cervicale.

2° Le rapprochement extrême de leurs filets, lesquels forment une série non interrompue.

3° Le rapport de nombre des racines postérieures aux antérieures ; rapport qui est : : 2 : 1.

U° L'uniformité de volume de leurs racines : les racines antérieures, prises individuellement, étant aussi volumineuses que les racines postérieures.

5° Les racines postérieures restent fidèles à leur sillon, tandis que les racines antérieures se rapprochent de la ligne médiane à la partie inférieure de la moelle, et arrivent presque jusqu'au contact avec celles du côté opposé.

6° Bien que les racines antérieures ne concourent pas à la formation des ganglions spinaux , leur fusion avec la racine postérieure a lieu presque immédiatement au sortir du ganglion : en sorte qu'on a pu croire que ce ganglion était commun aux racines antérieures et aux racines postérieures. Je dois même dire que j'ai retrouvé dans mes notes plusieurs exemples du concours des racines antérieures à la formation du ganglion.

7° La direction presque verticale des racines lombaires et des racines sacrées.

8° La longueur considérable du trajet que parcourent ces racines avant de sortir du canal rachidien.

De l'extrémité centrale réelle des nerfs spinaux.

L'extrémité L'extrémité centrale apparente des nerfs spinaux est

des^nerfs^spi- D,en distincte de V extrémité centrale réelle. Si, pour résoudre

îeauUrX eSrSmué celte question importante, on étudie la moelle de l'adulte, on

rente8'8 appa" sera lenl^ d'admettre que le point de contact du nerf et de

la moelle est la véritable origine du nerf, tant est grande la

facilité avec laquelle se séparent les nerfs d'avec la moelle sans y laisser de traces évidentes. On a même été jusqu'à dire que les nerfs spinaux naissaient du névrilème de la moelle rachidienne.

Chaussier admettait, pour l'origine de chaque série de ra- opinions di-

,1 - . ,) ► . ., verses des au-

cines, deux sillons, 1 un, antérieur, {autre, postérieur, su- teurs au sujet

<1g \ 'extrémité

Ions que Gall a regardés, avec raison, comme le résultat de centrale réelle

, de ces nerfs.

1 arrachement des racines.

D'autres ont considéré, avec les anciens, la moelle épinière comme un gros nerf, qui résulterait de la réunion de tous les filets nerveux, lesquels se détacheraient successivement de la moelle. Mais celte idée est repoussée par ce fait anatomique, que la moelle ne va pas en diminuant progressivement de haut en bas, comme cela devrait être si elle était formée par la réunion de toutes les racines nerveuses.

L'observation, aussi ingénieuse que vraie de Vicq-d'Azyr sur la substance grise, laquelle se trouve toujours en grande quantité au niveau des régions d'où naissent un grand nombre de nerfs, et qui est comme proportionnelle à ces nerfs ; les observations confirmatives de MM. Gall et Spurzheîm, semblent établir que les nerfs viennent de la substance grise. Cette présomption est encore fortifiée par cette considération, que la substance grise centrale de la moelle est plus considérable au niveau des racines postérieures, c'est à dire, des racines les plus volumineuses, qu'au niveau des racines antérieures. Si on étudie la moelle de l'adulte au moyen du jet d'eau, on voit qu'après l'avulsion des filets il reste un petit creux conoïde, répondant à chaque filet arraché, que la véritable origine des filets n'est point dans ce creux, mais qu'elle siège bien plus profondément. Ici se bornent les résultats auxquels on peut Étudedet'exarriver chez l'adulte : il n'en est pas de même chez le fœtus de réelle des nerfs

. > . . i , . , . spinaux chez le

sept a huit mois, vu la demi- transparence d une bonne partie fœtus, de la moelle, demi-transparence qui permet de suivre les filets d'origine, déjà blancs, dans son épaisseur. Si l'on fait une section verticale, transversalement à la moelle épinière du

&70 KÉVR0L0G1E.

fœtus, au niveau de la commissure, et si on soumet la coupe à un rayon solaire, on verra que les filets nerveux, très nombreux et très déliés, qui constituent les racines antérieures et postérieures des nerfs spinaux, traversent la substance grise centrale, sont disposés à la manière des dents d'un peigne, et peuvent être suivis jusqu'aux cordons médians postérieurs : ces petits filets sont d'ailleurs tous parallèles. On serait tenté de considérer la commissure blanche comme la commissure de ces nerfs, opinions di- Il y a loin de cette manière de voir à celle de Bellingeri qui,

vergentes des , , , ..,,,.,. ,

auteurs à ce su- préoccupe de certaines idées physiologiques, suppose gratuitement que les racines antérieures, de même que les racines postérieures des nerfs spinaux, sont constituées par trois ordres de filets, qui viendraient, les uns, de la surface de la moelle, d'autres, de l'épaisseur de la substance blanche, dont les derniers, enfin, traverseraient cette substance blanche pour atteindre l'extrémité de l'arc delà substance grise.

Enfin, quelques anatomistes admettent, avec Santorini, qu'il y a entrecroisement des nerfs à leur origine ; mais ils ne se sont pas donné la peine de le démontrer.

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