‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 5)Chapitre 105 sur 291 · RÉGION JAMBIÈRE EXTERNE · texte numérisé non relu

RÉGION JAMBIÈRE EXTERNE

Elle est formée par les muscles long et court péroniers latéraux.

Long péronier latéral.

Préparation (commune aux deux muscles), lo Enlever la peau qui recouvre la partie externe de la jambe; 2° diviser verticalement l'aponévrose jambière dans la région externe; 3° renverser les deux lambeaux d'aponévrose, pour arriver aux cloisons aponévrotiques qui séparent les péroniers latéraux, tant des muscles de la région antérieure que des muscles de la région postérieure de la jambe; 4° pour découvrir le long péronier latéral dans sa portion plantaire, enlever l'aponévrose dorsale du pied à la partie externe ; diviser obliquement de dehors en dedans et d'arrière en avant tous les muscles de la région plantaire, depuis la gouttière du cuboïde jusqu'à l'extrémité postérieure du premier métatarsien.

Superficiel (peronœus prîmus, Spigel), long (peronœus Ion- Figure. gus, Albinus), épais, prismatique et quadrangulaire, dans sa moitié supérieure, le long péronier latéral est situé à la partie externe de la jambe.

Insertions

Direction.

Le tendon se dégage au dessus de la partie moyenne du muscle.

Sa double réflexion.

1" Derrière la malléole externe.

2° Sous le

cuboïde.

Trajet oblique sur le tarse.

370 MYOLOG1E.

Insertions. Il s'insère, d'une part, 1° en dehors, à la partie exlerne et antérieure de la tête du péroné; 2° un peu à la portion attenante de la lubérosilé exlerne du tibia ; 3° au tiers supérieur de la face exlerne du péroné , ainsi qu'aux bords antérieur et postérieur de cet os , au moyen de. cloisons aponévrotiques très fortes, qui séparent le long péronier latéral des muscles antérieurs et des muscles postérieurs de la jambe; ft° supérieurement, le long péronier s'insère aussi à l'aponévrose jambière.

D'une autre part, il s'insère à l'extrémité postérieure du premier métatarsien, qui présente en dehors une apophyse pour celle insertion éperon éo-sous-tarsien , Chauss.).

Nées supérieurement par des insertions très multipliées, les fibres charnues verticalement dirigées constituent un faisceau, épais dans sa moitié supérieure, mince et aplati dans sa moitié inférieure, qui se termine par un tendon, d'abord caché dans l'épaisseur des fibres charnues, dont il se dégage au dessus de la partie moyenne du péroné , et occupe le côté externe du muscle, sous la forme d'une bandelette qui va se rétrécissant et s'épaississant. Bientôt abandonné par les fibres charnues, ce tendon devient postérieur avec la face exlerne du péroné dont il suit la déviation (peronœus postions, Riol.), se place derrière la malléole externe, dans une coulisse qui lui est commune avec le court péronier latéral, se réfléchit d'arrière en avant et de haut en bas, pour gagner le côté exlerne du calcanéum , sur lequel il est maintenu par une gaîne propre. Arrivé au côté exlerne dn cuboïde , le tendon se réfléchit de nouveau, pénètre dans la gouttière oblique en dedans et en avant qui est creusée à la face inférieure de cet os, y est maintenu par une gaîne très forte et très serrée , et continue son trajet oblique sans déviation le long du plan inférieur des os du tarse, jusqu'à l'extrémité postérieure du premier métatarsien. Il suit de laque le tendon du long péronier latéral présente une double réflexion ; savoir, une première réflexion derrière la malléole externe (un épaississement ou nœud se voit ordi-

LONG PÉRONIBR LATÉRAL. 371

nairemenl sur le tendon à ce niveau) ; une seconde réflexion au niveau du cubûïde : un os sésamoïde existe presque constamment sur le tendon au niveau de cette seconde réflexion. Trois Trois gaines

„, . . , w , , , fibreuses et trois

gaines fibreuses et trois synoviales sont affeciees a ce tendon . synoviales sont

.,,.,, ,, » , , , affectées à ce

une première derrière la malléole externe , une seconde sur le tendon* côté externe du calcanéuin , une troisième sur le cuboïdei.

Rapports. A la jambe, le long péronier latéral est recouvert Rapports à la

. 1 - ,-• jambe.

par la peau et par 1 aponévrose jambière ; il recouvre le perone et le court péronier latéral. En avant, il est séparé par une cloison aponévrolique de l'extenseur commun des orteils; en arrière, il est séparé par une autre cloison aponévrolique du muscle soléaire en haut, et du fléchisseur propre du gros orteil en bas. Sur le côté externe du pied, son tendon répond en de- au côté ex-

, , , , , . . . , . , terne du pied.

hors a la peau, en dedans au calcaneum. A la région plantaire,

ce tendon est recouvert en bas par toute l'épaisseur des parties À la région

, . ,. plantaire.

molles de celle région , et repond en haut aux ligamenls tarsiens inférieurs.

Action. Rappelons encore qu'un muscle réfléchi agit comme si la puissance était appliquée au point même delà réflexion du muscle. Ainsi, transportons la puissance à l'extrémité externe de la gouttière cuboïdienne, c'est à dire au lieu qu'occupe la deuxième réflexion, nous aurons pour effet un renversement, ou mieux encore une rolaiion en dehors du pied; transportons Rotateur en maintenant la puissance au niveau du premier point de ré- ehors' flexion , c'est à dire derrière la malléole externe, nous aurons une extension du pied sur la jambe, avec renversement du bord Extenseur, externe en haut. Dans ce mouvement, l'extrémité inférieure de la facette articulaire externe de l'astragale tend à porter en dehors la malléole externe, à augmenter la courbure du péroné qui se fracture quelquefois : on conçoit que lorsque le péroné a éprouvé une soiulion de continuité , la contraction du long péronier latéral n'étant plus contrebalancée, aura pour effet le renversement de la plante du pied en dehors, et la luxalion de l'astragale en dedans. Voilà le mécanisme de la luxation

372 MYOLOGIE,

du pied, consécutive à la (raclure du péroné, seule espèce de luxation latérale du pied qu'on ait observée (1).

Court pérouier latéral.

situation. Subjacent au précédent {peronœus secundus, Spigel), moins

p. volumineux, plus co\\rl(peronœus hrevis, Alb.; petit péronier,

Winslow), aplati, penniforme, réfléchi.

insertion au Insertions. Ce muscle s'insère , d'une part, 1° à la face externe du péroné, dans la moitié inférieure, quelquefois dans les deux tiers inférieurs de cette face, qui est plus ou moins profondément excavée pour celle insertion; 2° auxbords antérieur et postérieur du péroné et aux cloisons aponévroliques qui séparent le court pérouier latéral des muscles de la région antérieure et de ceux de la région postérieure de la jambe. Au cinquième D'une autre part, le court pérouier latéral va .s'insérer à métacarpien, l'apophyse de î'exlrémilé postérieure du cinquième métatarsien , et même quelquefois par une expansion fibreuse, au quatrième métatarsien ;' souvent même il envoie un prolongement au tendon extenseur du petit orteil (grand përonëo-sus-mëtatarsien, Chauss.).

Direction Nées des diverses insertions péronières, les fibres charnues

se rendent successivement à la face interne el aux bords d'un tendon aponévrotique qui règne sur la face externe du muscle, constituent un faisceau charnu qui va grossissant, puis s'effiianl, penniforme d'abord , plus bas demi- penniforme, que les fibres charnues inférieures accompagnent jusqu'à la gaine

Réflexion. , ' ., . „ , .

tendineuse située derrière la malléole externe : en sortant de Gaîne maiiéo- la gaine malléolaire , le tendon se réfléchit à angle presque

droit, est reçu dans une gaîne propre pratiquée sur le côté ex- Gaîne caica- terne du calcanéum , gaîne située au dessus de celle du tendon

nienne. ■ D

du long péronier latéral, et se porte un peu obliquement en bas et en avant pour s'insérer en s'élargissant au cinquième métatarsien.

(1) Voyez l'excellent Mémoire de M, Dupuytren sur les fractures du péronét

TRICEPS SiJRAL. 373

Rapports. Recouvert par le long péronier latéral , le court Rapports, péronier latéral recouvre le péroné et le côté externe du calcanéum. Ce n'est donc que par opposition avec le long péronier latéral, que Riolan et autres ont pu l'appeler péronier antérieur.

Action. La même que celle du long péronier latéral, si vous Extenseur, faites abstraction de la portion sous-tarsienne de ce dernier muscle. Ainsi, appliquez la puissance à la malléole externe , et vous aurez une extension du cinquième métatarsien sur le cuboïde, une extension et une rotation en dehors de la rangée Rotateur du

, , , . . , . < , pied en dehors.

métatarsienne du tarse sur la région jambière, une rotation du calcanéum sur l'astragale , une extension avec tendance à l'abduction du pied, et conséqueniment un renversement considérable du pied en dehors, lorsque le péroné est fracturé : le péronier latéral est donc extenseur et abducteur.

RÉGION JAMBIÈRE POSTÉRIHURK.

On considère à la région jambière postérieure deux couches : La région ,, „ . „ . , , . ... jambière posté-

lune superficielle , constituée par le triceps sural (jumeaux et rieure présente

doux couchps

soléaire) et le plantaire grêle ; l'autre profonde, que forment le poplité, le jambier postérieur, le long fléchisseur commun des orteils et lejong fléchisseur du gros orteil.

Jumeaux et soléaire ou triceps sural. — Plantaire grêle.

Préparation. Faites une incision verticale qui, partant de la partie supérieure du creux poplité, vienne se terminer au calcanéum ; faites une seconde incision horizontale et demicirculaire qui embrasse la partie postérieure de la cuisse ; divisez et disséquez l'aponévrose jambière, et vous aurez à découvert les muscles jumeaux, dont vous devrez isoler avec beaucoup de soin les insertions supérieures. Pour bien étudier la structure et les insertions de ces muscles, il faut les couper transversalement à leur partie moyenne, et renverser leur moitié supérieure de bas en haut.

Prenez garde, en divisant le jumeau externe, de couper en même temps le plantaire grêle, qui semble un petit faisceau détaché de ce dernier muscle. Le soléaire est tout préparé lorsqu'on a enlevé les ju-:

Blh MY0L0G1E.

meaux. Pour bien étudier sa structure et ses insertions, il faut le diviser verticalement et d'avant en arrière, à côté d'un raphéou épaississement aponévrolique médian, et racler les fibres cbarnues qui cachent, la lame aponévrolique moyenne de ce muscle. Vous aurez ainsi une moitié péronière et une moitié tibiale du muscle soléaire.

Les jumeaux et le soléaire réunis constituent un mincie triceps extrêmement puissant (musculus surœ , Sœnnn.), le triceps sural, qui furme à lui seul la partie charnue de la ment dis nuls6" jambe vulgairement appelée mollet. Lo développement de ces BuprQpreàrés- muscles est un des caractères les plus tranchés de l'appareil pèue humaine. muscuiajre de l'homme , et en rapport avec sa destination à l'altitude bipède. Unies inférieurement , dans une insertion commune qui constitue le tendon appelé tendon aV Achille , les trois portions du triceps sural se divisent supérieurement en deux plans bien distincts : l'un antérieur ou profond, c'est le muscle soléaire,- l'autre postérieur ou superficiel, qui se subdivise en deux, moitiés latérales , les jumeaux. Nous décrirons successivement les uns et les autres.

Jumeaux.

Situation. Les jumeaux ou gastroenémiens (de Kvlt/^f, jambe, et de

yetffTYjp, venire) constituent un seul et même corps charnu (gemellus, Mb.), extrêmement épais, aplaù d'avant en arrière, le plus superficiel des muscles postérieurs de la jambe Çprimus pedem moventium cum secundo, Vés.), bifide ou à deux lêies supérieurement, inse; tions Ce muscle bi gémi né si/tsère, aux condyles du fémur par con yicnnes. ^^ ^^ ^.^ distinctes et semblables : l'une externe, moins forte, qui appartient au ,/VjHeaw externe; l'autre interne, plus Tendon d'ori- forte, qui appartient au jumeau interne,- toutes deux s'impian-

gine de chaque *

jumeau. tent par un lemion ire , fort et aplati, en dehors et en arnere des

condyles du fémur, à deux empreintes digitales très prononcées ; celle du jumeau externe au dessus d'une empreinte plus profonde, destinée au muscle poplité; celle du jumeau interne, immédiatement on arrière du tubercule d'insertion du troisième

TRICEPS SURAL. — JUMEAUX. 375

adducteur; en sorte que l'inseriion de ce dernier muscle est sur un plan un peu postérieur à celle du premier. Ces muscles naissent encore par des trousseaux aponévroliques, d'une surface triangulaire, rugueuse, qui surmonte l'empreinte digitale, et qui termine la bifurcation inférieure delà ligne âpre. Le Epanouisse-

. . . menl du lendon

tendon d origine, beaucoup plus volumineux pour le jumeau d'origine, interne que pour le jumeau externe, s'épanouit en aponévrose sur la face postérieure du muscle auquel il appartient. L'aponévrose du jumeau interne, qui est plus épaisse et plus prolongée, embrasse le bord interne de ce muscle, à la manière d'un demicône aponévrotique.

Nées de ces aponévroses, les fibres charnues des deux jumeaux se comportent de la manière suivante : 1° les unes médianes, convergentes, peu nombreuses, fortifiées par les fibres charnues qui proviennent des rugosités de la bifurcation delà ligne âpre, se portent en dedans et en bas, et se réunissent à la manière d'un V ouvert, supérieurement sur un Disposition en

1 V des fibres me-

raphé médian qui consiste tantôt dans un simple épaississemeut dianes «--onver- 11 4 ' génies.

de l'aponévrose de terminaison, tantôt dans une petite cloison

aponévrotique j 2° les autres, qui constituent lapresque totalité

du muscle, naissent de la face antérieure du lendon d'origine

et de l'aponévrose qui le termine, et se portent verticalement Aponévrose

de terminaison:

en bas à la face postérieure d'une aponévrose très épaisse qui

règne sur toute l'étendue de la surfaee antérieure du muscle :

cette aponévrose de terminaison commence supérieurement

par deux portions bien distinctes; elle est d'abord aussi large

que le muscle, puis va se concentrant et s'épaississant, et s'unit

enfin intimement à l'aponévrose du soléaire. Les fibres char- Les fibres

, , .„ , ,, , n charnues ces—

nues cessent brusquement au défaut du mollet , sur la face sent brusque-

<-,,,. , . . „ ,t ment.

postérieure de 1 aponévrose de terminaison , en formant un V,

ouvert en bas. Bien que réunis intimement peu de temps après Les deux ju-

. ... . . . ■' <■■ " , . meaux, quoique

leur origine, les muscles jumeaux ne sont pas confondus, elle intimement, re-

. . , , ., „ unis , restent

jumeau interne, beaucoup plus épais que 1 externe , forme en distincts, dedans du tibia la plus grande partie de cette masse charnue, connue sous le nom de mollet.

Rapports su- Rapports. Recouverts par l'aponévrose jambière , les ju-

per cies. meaux recouvrent, en y adhérant intimement, les ligaments

capsu'laires qui enveloppent la partie postérieure des condyles

Proronds. du fémur. Ils répondent encore au poplité et au soléaire. Le tendon du jumeau interne répond à la face postérieure du condyle interne; le tendon du jumeau externe répond en dehors du condyle externe. On rencontre assez fréquemment dans la partie supérieure des tendons jumeaux, plus souvent dans l'é-

Ossésamoide. paisseur du tendon du jumeau externe, un os sésamoïde qui glisse sur la partie postérieure des condyles, et appartient à la capsule fibreuse qui revêt ces|condyles en arrière. {Voyez Articulation du genou, Arthrologie.)

Plantaire grêle.

Nous devons regarder le plantaire grêle comme un petit

muscle accessoire du jumeau externe, ou plutôt comme un

Muscle rudi- muscle rudimenlaire chez l'homme. On trouve son petit mentaire.

corps charnu fusiforme, très variable pour le volume, au

insertions dessous du jumeau externe; il naît de la capsule fibreuse qui

3 Ici CâpSUlC

fibreuse. revêt le condyle externe, quelquefois de la partie inférieure

Brièveté dn ^e 'a bifurcation externe de la ligne âpre; de là il se porte corpschârBu. obliquement en bas et en dedans, et après deux pouces et demi à (rois pouces de trajet, il se termine par un tendon son tendon nl^al'> ^onS et grêle, qui, d'abord situé entre les muscles juiong et greie. meaux et soléaire , vient ensuite s'accoler le long du bord interne du tendon d'Achille, pour se fixer au calcanénm, tantôt Son insertion à côté, tantôt au devant de ce tendon (petit femoro-ca Icanien, caicamenne. ciiauss.); d'autres fois enfin, le petit tendon du plantaire grêle se perd dans le tissu adipeux sous cutané : ce muscle, qui manque souvent, est quelquefois double (1).

(1) Fourcroy, dans son sixième Mémoire sur les bourses muqueuses, établit que le plantaire grêle, dont le tendon, d'après Albinus, est reçu dans une gouttière creusée te long du bord externe du tendon d'Achille, est le muscle tenseur de la capsule synoviale de ce tendon. C'est une erreur.

TRICEPS SURAL. — SOLÉAIRE. 377

Sole aire.

Le sole'aire, muscle extrêmement épais, à été ainsi nomme Figure. à cause de sa forme qui la fait comparer à une sole ou à une semelle de soulier {soleus, Albinus ; pars museuîi surœ vulgô dicta soleus, Sœmm.).

Insertions. Il s'insère, d'une part , au péroné et au tibia; insertions. d'une autre part, au calcanéum (jibio-calcanien, Chauss.).

A. Les insertions pe'ronières ont lieu, 1° en arrière et en insertions dedans de la tête du péroné par un tendon extrêmement fort, péronières. surtout en dedans où le péroné présente pour celle insertion

une espèce d'ap©physe : ce lendon se prolonge dans l'épaisseur el le long de la face antérieure du muscle^ 2° à la moitié supérieure du bord externe du péroné et au tiers supérieur de la face postérieure du même os par des fibres aponévrotiques.

B. Les insertions libiales se font, 1° à la ligne oblique de Tibiaies. la face postérieure du tibia, au dessous du muscle poplilé et à

la partie aliénante de l'aponévrose de ce muscle; 2° à une aponévrose qui naît du tiers moyen du bord interne du tibia, et qui se prolonge le long de la face antérieure et dans l'épaisseur du muscle; So enfin, quelques fibres charnues proviennent d'une espèce d'arcade aponévrolique étendue de la têie du pé - névrofique^in" roné à la ligne oblique postérieure du tibia. Nées de . ces serUon' insertions, les fibres charnues vont se terminer en suivant Direction, diverses directions à la face antérieure et aux bords d'une aponévrose qui règne sur la face postérieure du muscle, va se Aponévrose rétrécissant et s'épaississani de haut en bas, s'unit au niveau du de terminaison, tiers moyen de la jambe, à l'aponévrose de terminaison des muscles jumeaux, et se confond bientôt avec elle pour constituer le tendon d'Achille.

Mais pour bien étudier la siruclure du soléaire, divisez ce Nécessité d'une muscle longiiudinalement à côté d'un raphé ou épaississement améro^osTé1aponévrotique médian, qui occupe la moitié inférieure de sa "il?re du œus" longueur; alors vous verrez, en raclant quelques fibres char-

JBYOLOGIE.

Deux demicônes aponévroliques reçoivent toutes les fibres charnues.

Rapports.

Superficiels.

Profonds.

Tendon d'Achille.

Mode de continuité de ce tendon avec les aponévroses des jumeaux et du soléaire.

nues, que de la face antérieure de l'aponévrose de terminaison naît une lame fibreuse antéro-poslérieure, espèce de cloison épaisse qui sépare le muscle en deux moitiés égales, et forme avec celle aponévrose deux demi-cônes aponévroliques dans l'intérieur desquels sont reçues les fibres charnues. Vous comprendrez pourquoi Douglas, qui avait appelé les jumeaux les deux lêtes externes et superficielles du grand extenseur du larse, a appelé le soléaire les deux têtes internes et profondes de ce même muscle (duo capila interiora extensoris tarsîsuralis). Il existe en effet pour le soléaire du genou deux aponévroses principales d'origine et deux étuis de terminaison: les deux aponévroses d'origine régnent sur la presque totalité de la face antérieure de la moitié respective du muscle (1).

Rapports. Recouvert par les jumeaux, qui le débordent en dehors et surtout en dedans, et dont il est séparé par le plantaire grêle, le soléaire présente sa plus grande épaisseur immédiatement au dessous de la partie la plus volumineuse ou du ventre du jumeau interne, et eonséquemment prolonge en bas le mollet. Il recouvre les muscles de la couche profonde , savoir : le fléchisseur commun des orteils, le fléchisseur propre du gros orteil et le jambier postérieur, les vaisseaux et nerfs libiaux postérieurs et péroniers.

Tendon d'Achille. Le tendon d'Achille résulte de la réunion des tendons des jumeaux, du plantaire grêle et du soléaire. Il est formé de la manière suivante : l'aponévrose des jumeaux, peu de temps après qu'elle a été abandonnée par les fibres charnues, s'unit intimement à l'aponévrose de terminaison du muscle soléaire qui continue encore à recevoir ics fibres charnues par sa face antérieure et par ses bords, et qui concentre peu après ses fibres : la cloison antéro-poslérieure du soléaire vient bientôt s'y joindre; toules ces fibres aponévroliques réu-

(1) On trouve quelquefois un muscle soléaire surnuméraire mince et large situé au devant du muscle sojènirë, ayant la même attache que lui et venant se fixer au calcanitn par un tendon isolé.

TRICEPS SURAL. 379

nies se ramassent pour former le tendon le plus fort elle plus volumineux du corps humain , connu sous le nom de tendon d'Achille, tendon qui, après un pouce et demi à deux pouces de trajet, glisse, à l'aide d'une synoviale, sur les deux tiers supérieurs très lisses de la facette postérieure du calcanéum , et s'élargit un peu pour se fixer à la partie inférieure rugueuse de cette facétie postérieure.

action du triceps sural Ce muscle étend le pied sur la Action, jambe. Nous ne trouvons nulle part des conditions aussi favorables pour un grand développement de forces. 1° Ces muscles sont extrêmement considérables , et remarquables par Multiplicité la multiplicité de leurs fibres charnues, à tel point qu'ils l'em- des libres char-

1 jii nues.

portent sur tous les autres muscles de l'économie. 2° D'un autre côté, nous ne rencontrerons nulle part ailleurs un mode d'insertion aussi favorable pour la puissance ; elle est tout à fait perpendlcuiai0pcrpendiculaire. 3° Nous trouvons ici le levier du deuxième re# genre, dont le point d'appui est à la pointe du pied , la résis- Levier du lance au milieu est représentée par le poids du corps qui repose euxiemesenresur l'articulation libio-larsienne; la puissance à l'extrémité calcanienne. La portion du levier calcanien qui dépasse en variété dans

.,,.,. . . 'a longueur du

arrière 1 articulation , varie beaucoup suivant les sujets; celte levier calcanien.

portion existe à peine dans le vice de conformation connu sous

le nom de pieds plats. Le triceps sural est l'agent principal Le triceps

de la progression et du saut ; c'est lui qui soulève avec tant de p^nèipaV aee"a

d'efficacité le poids de tout le corps chargé de fardeaux quel- progression.

quefois si volumineux. D'après cela, ne soyons pas étonnés que

l'action de ce muscle puisse être assez énergique, soit pour rom- Rupture du

pre le tendon d'Achille, soit pour fracturer le calcanéum. Une Chîiîe.n d A"

contraction souvent répétée est en quelque sorte nécessaire à ce

muscle ; car lorsqu'il reste dans l'inaction , il s'atrophie et

passe avec la plus grande facilité à l'état graisseux. L'action

, ° Action des

du solcaire , qui s'étend seulement de la jambe au calcanéum , jumeaux sur la

- » cuisse.

est bornée a l extension du pied ; mais les jumeaux qui s insèrent au fémur , après avoir produit l'extension du pied , peuvent encore fléchir la jambe sur la cuisse; leur voisinage du point d'appui rend ce dernier effet peu énergique.

380 MYOLOGIE.

Action de ces Lorsque ie pied est fixe , par exemple , dans la station , le

muscles dans la . . .

station. soleaire agit sur la jambe en s opposant a son renversement en

avant que tend sans cesse à opérer la force de gravité du corps ; les jumeaux tendent , au contraire , à fléchir là cuisse ; et leur action sous ce rapport est tout à fait indépendante de celle du soleaire.

Action du Quant au plantaire grêle , nous devons le considérer comme

p'antairegrè'.e. . , ., , , . . ., , , . , .

un muscle a 1 état de vestige dans 1 espèce humaine: chez les animaux, c'est le tenseur de l'aponévrose plantaire: il a été comme coupé chez l'homme, à raison de sa destination à la station bipède. On le voit quelquefois, ainsi que je l'ai déjà dit, se perdre en s'épanouissant dans !e tissu cellulaire adipeux qui recouvre le calcanéum.

Muscle poplité.

situation, Petit muscle triangulaire , très mince, placé dans le creux

Figure. du jarret ( museulus in poplite occultatus , Vésale ; jarretier,

Win slow).

insertions. Insertions. Il s'insère , d'une part , dans une fossette profonde, en forme de gouitière antéro-poslérieure , située à la partie postérieure de la tubérosité externe du fémur , au dessous de la fossette d'insertion du muscle jumeau externe.

D'une autre part , à toute l'étendue de la surface triangulaire que présente en haut la face postérieure du tibia,

insertion au Son insertion fémorale a lieu par un tendon très fort, qui

tendon F/ès r o- n'est nullement en rapport avec la petitesse du muscle.

marqua e. ç& lencjon ^ caché d'abord par le ligament latéral externe

du genou, et contenu, pour ainsi dire, dans l'intérieur de

l'articulation, dont la synoviale l'enveloppe de toutes parts,

Direction des se porte obliquement derrière l'articulation ; après un trajet

fibres*

d'un pouce , il se divise , à la manière de l'obturateur interne , en quatre ou cinq petits faisceaux divergents qu'entourent bientôt de toutes parts les fibres charnues , lesquelles vont se rendre successivement, d'autant plus longues et plus obliques qu'elles sont plus inférieures , à la surface triangu-

JAMBIER OU TIBIAL POSTÉRIEUR. 381

laire du tibia. Les fibres les plus superficielles s'insèrent à une Aponévrose lame aponévrotique, expansion du demi-membraneux qui re- p' vêt la face postérieure du muscle , et lui forme une gaine très résistante.

Rapports. Recouvert par les muscles jumeaux et plantaire Rapports. grêle , dont il est séparé par les vaisseaux poplilés et le nerf scialique poplité interne, le muscle'poplité recouvre l'articulation péronéo-tibiale et ie tibia.

Action. Il fléchit la jambe sur la cuisse, en lui imprimant un mouvement de rotation de dehors en dedans ( oblique movens Fléchisseur. tihium , Spigel ). Sous ce dernier rapport , il est antagoniste du biceps.

Jambier ou tibial postérieur.

Préparation. 1° Enlever les muscles jumeaux et soléaire ; 2* séparer le muscle jambier postérieur du long fléchisseur commun des orteils, qui le recouvre en partie; 3° enlever avec précaution une aponévrose très large qui revêt le jambier postérieur; 4° enlever la portion du fléchisseur commun, qui naît de la face postérieure de cette aponévrose; 5° séparer complètement le jambier postérieur du ligament interosseux et des portions adjacentes du tibia et du péroné; 6° conserver avec soin les expansions aponévroliques que le jambier postérieur envoie constamment aux quatrième et cinquième métatarsiens.

Situation.

Figure.

Le jambier ou tibial postérieur , le plus profond des muscles postérieurs de ia jambe , très épais , réfléchi , occupe toute la profondeur de l'excavation qu'interceptent le tibia, le péroné elle ligament interosseux.

Insertions. Il s'insère , dune part , au tibia et au péroné , insertions. et au ligament interosseux.

D'une autre part , au scaphoïde du tarse (tibio-sous-tarsien , Chauss. ).

Les insertions tibiales et pe'ronières ont lieu par une exlré- .... , insertions

1 * tibiales el péro-

milé bifurquée , pour le passage de l'artère tibiale postérieure ; «'ères. l'insertion tibiale se fait à la ligne oblique du tibia, au dessous du poplité , du soléaire et du fléchisseur commun des orteils;

382 MYOLOGIE.

1'inserlion péronière , 1° au bord interne du péroné , au dessous du soléaire; 2° à toute la partie de la face interne du péroné qui est en arrière du ligament interosseux, insertions Les insertions interos 'S euses ont lieu à toute l'étendue de la

intcrosicuscs

face postérieure du ligament interosseux ; enfin , d'autres fibres • Aponévroti- naissent : 1° de la face profonde d'une aponévrose , qui sépare la couche superficielle des muscles postérieurs de la jambe, d'avec la couche profonde; 2° des cloisons aponévroliques qui séparent ce muscle du long fléchisseur commun qui est en dedans , et du long fléchisseur propre du gros orieil , qui est en dehors.

Direction des Nées par ces nombreuses insertions, les fibres charnues se

libres charnues.

portent d'abord verticalement en bas , tout autour d'un tendon qu'on aperçoit déjà près de l'extrémité supérieure du muscle , terminaison. de sous 'a f°rme d'une gerbe tendineuse , qui apparaît ensuite le long de sa face postérieure, et qui reçoit par son côté antérieur les fibres charnues , comme les barbes d'une plume sur Aponévrose leur tige commune. Mais ce tendon n'est autre chose que le Laiïsere%°is!eur bord postérieur épaissi d'une aponévrose qui règne d'avant en du muscle. arrière dans toute l'épaisseur du muscle et qui reçoit par ses deux faces latérales les fibres charnues, lesquelles l'accompagnent jusqu'au niveau de la malléole interne. Le tendon épais qui résulte du tassement de toutes les fibres aponévrotiques , Réception du devenu libre , pénètre dans une gaîne propre , située en dehors

tendon dans «ne ' r o r f ?

gaîne. rje celle du tendon du muscle long fléchisseur commun des

orteils. Bientôt il se place au devant du tendon du long fléchisseur commun , derrière la malléole interne , où il est maintenu Saréflexion. par une gaîne particulière et sur laquelle il se réfléchit 5 angle obtus : une nouvelle gaîne le reçoit après sa réflexion en , . dedans du ligament latéral interne de l'articulation libio-tar-

Son insertion °

au tubercule du sienne, et sous le ligament calcanéo-scaphoïdien inférieur:

scaphoïile. 70 r- *

enfin il vient se fixer au tubercule de l'os scaphoïde , en présen-

Ossésamoïde tant un os sésatnoïde très épais au niveau de celle insertion.

Chez quelques sujets , cet os sésamoïde se voit dans le lieu

même de l'insertion ; chez d'attirés , il existe au niveau du liga-

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