ARTÈRES DE LA JAMBE
Lorsque l'artère poplitée est parvenue au dessous du mus-
ANGEIOLOGIE.
Direction.
l'artère^oplitée6 cie P°P^1^' e!*e se divise en deux branches : l'une antérieure, c'est la tibiale antérieure ; l'autre postérieure , continuation de la poplitée, qu'où peut appeler tronc tibio-përonier. Ce tronc lui-même se subdivise bientôt en artère tibiale postérieure et en pe'roniére.
Artère tibiale antérieure.
Limites. Branche antérieure de la bifurcation de la poplitée, Y artère
tibiale antérieure est limitée en bas par le ligament dorsal du tarse, au dessous duquel elle prend le nom de pédieuse.
Immédiatement après son origine, elle se porte horizontalement en avant , traverse la partie supérieure du ligament interosseux, sur lequel elle se réfléchit, pour se porter verticalement en bas au devant de lui ; parvenue au quart inférieur de ta jambe, elle se dirige un peu obliquement de dehors en dedans, comme ia face externe du tibia, à laquelle elle correspond, et s'engage sous le ligament dorsal du tarse que nous avons dit être sa limite.
Une ligne , étendue de l'émînence du tibia, que nous avons nommée tubercule du jambier antérieur (Qstéologie, p. 312), à la partie moyenne de l'articulation tibia-tarsienne, indique la direction de son trajet.
Rapports. Très profondément située, et néanmoins pouvant être mise à découvert dans tous les points de sa longueur, la i°En arriére- tibiale antérieure répond : 1° en arrière , au ligament interosseux dans ses trois quarts supérieurs et au tibia dans son quart inférieur : elle est accolée au ligament interosseux, sur lequel elle est maintenue par une lame aponévrolique; en sorte que dans l'amputation de la jambe , elle se retire entre ces deux lames, où quelquefois elle est difficile à saisir et à lier.
2° En avant, elle est recouverte successivement par le jambier antérieur, l'extenseur commun des orteils et l'extenseur propre du gros orteil; elle occupe précisément le niveau delalignecelluleuse qui sépare le jambier antérieur de l'extenseur commun des orteils et de l'extenseur propre du gros orteil ;
Rapports.
2° En avant :
ARTÈRE TIBIALE ANTÉRIEURE. 735
eu sorte que c'est sur cette ligne que l'on devrait diriger l'instrument pour la ligature de ce vaisseau , si celle ligature devait être pratiquée ; en bas, elle n'esl séparée de la peau que par l'aponévrose jambière et par la saillie du tendon de l'extenseur propre du gros orteil, d'où la possibilité de la compression du vaisseau.
3° En dedans , elle répond au jambier antérieur, puis au ti- s°Endedans; bia, puis au tendon de l'exienseur propre du gros orteil, dans la gaine duquel elle est logée,
h° En dehors , se voit l'exenseur commun des orteils , puis 40 En dehors, l'extenseur propre du gros orteil et l'aponévrose jambière : le nerf libial antérieur longe le côté externe de l'artère dans toute son étendue.
Branches collatérales. Très petites et très mullipliées, Branches
coll^itprâlps
elles se distribuent aux muscles et à la peau. Parmi ces branches, on remarque la récurrente tibiale antérieure et les malléolaires externe et interne.
Récurrente tibiale antérieure. Quelquefois très considé- Récurrente
tibiale anté-
rable : née de la tibiale au moment où elle vient de franchir rieure. le ligament interosseux, elle remonte obliquement en dedans entre le jambier antérieur et la tubérosilé externe du tibia, contre laquelle elle est accolée , et s'épanouit en rameaux divergents périosliques et articulaires, dont les uns, ascendants, vont s'anastomoser avec l'articulaire inférieure externe; les autres, transverses, avec l'articulaire inférieure interne. J'ai vu la récurrente libiale antérieure, volumineuse, se porter transversalement au dessous de la rotule , et se terminer sur la tubérosilé interne du tibia.
Artères ma lléolaires, mieux nommées artères articulaires, Artères mal- ... , . . ' . léolaires.
distinguées en interne et en externe.
1" La malUolaire ou articulaire interne naît au niveau du 1° Mailéolaire , . , , , , ou articulaire
ligament dorsal du tarse, se porte transversalement en dedans interne. au dessous du tendon du jambier antérieur, et se divise en deux branches; une -profonde ou articulaire qui s'enfonce perpendiculairement dans l'articulation tibio-tarsienne, à laquelle elle se distribue; l'autre superficielle ou mailéolaire proprement dite , qui se porte au dessus de la malléole , et
736 ANGÉIOLOGIE.
au côté interne du tarse , jusqu'à la région plantaire interne, où elle s'anastomose avec des branches fournies par la plantaire interne.
2° Malléolaire 2° La malléolaire ou articulaire externe, plus considéraon articulaire , , , ,•
externe. foie que la précédente, présente de nombreuses variétés sous
le rapport de son origine. Ainsi , quelquefois elle naît sous le
ligament dorsal du tarse au même niveau que la malléolaire
variétés d'o- interne; souvent elle naît de la libiale à deux ou trois pouces
rigme. environ au dessus de ce ligament ; quelquefois eWe est fournie
par l'artère péronière postérieure, et traverse la partie inférieure du ligament interosseux; enfin, le plus souvent elle vient par deux racines, dont l'une, plus ou moins grêle, est fournie par la péronière; et l'autre plus considérable, est fournie par la tibiale.
variétés dans Ces différences d'origine influent sur le trajet de celte artère
le trajet.
qui, dans le cas ou elle naît sous le ligament du tarse, se porte transversalement en dehors, pour s'infléchir au devant de la malléole externe , et se porter d'arrière en avant sur la face dorsale du tarse. C'est au moment où l'artère change de direction qu'elle reçoit la branche émanée de la péronière postérieure. Dans le cas où la malléolaire externe naît plus hautxelle se porte obliquement en bas, au devant de la malléole externe , puis sur le côté externe de l'astragale. Dans tous les cas, la malléolaire externe se porte d'arrière en avant sur le côté externe du cufooïde , et vient s'anastomoser en arcade avec l'artère dorsale du tarse. Accollée aux surfaces osseuses pendant son trajet, croisée par le tendon de l'extenseur commun, elle donne: Rameaux mat- ^° ^es rameaux mallëolaires proprement dits qui viennent serateoiaires. mifier sur la face externe de la malléole; 2° des rameaux arti- Articuiaires. eulaires très considérables qui s'enfoncent dans l'articulation libio-tarsienne : je signalerai celui qui pénètre dans le creux aslragalo-calcanien ; 3° des rameaux calcaniens exter-
Calcaniens . . , - , .-'-».■■'•.,' ', , ,
externes. nés qui passent sous ies tendons des peroniers latéraux, s épa-
nouissent sur le côté externe du calcanéum, où ils se terminent en s'anastomosant avec la péronière, et avec quelques rameaux de l'artèreplanlaire externe. Plusieurs se réfléchissent sur la face
ARTÈRE PÉDIEUSE. 737
supérieure du ealcanéum, au devant du tendon d'Achille, pour s'anastomoser avec l'artère tibiale postérieure.
Artère pédieuse.
L'artère pédieuse on dorsale du pied est la continuation Artère pédieuse. de l'artère tibiale antérieure, qui prend le nom de pédieuse au sortir du ligament dorsal du tarse, et se termine à la plante du pied, en se continuant avec l'arcade plantaire. Il n'est pas rare de voir la pédieuse naître par deux racines, dont l'une est formée par la tibiale antérieure qui est alors beaucoupplus petite que de coutume, et comme épuisée au voisinage de l'articulation du pied, et dont l'autre est formée par la péronière alors très volumineuse, qui traverse la partie inférieure du li- Limites. sament interosseux. Dans les cas assez rares où l'on voit la , ...
° Vanetcs
tibiale antérieure manquer entièrement, et remplacée à la d'origine, jambe par de petites artères perforantes venues de la tibiale postérieure ou de la péronière , la pédieuse est entièrement fournie par la péronière.
Le calibre de l'artère pédieuse varie d'ailleurs beaucoup ; calibre, il est en général en rapport direct avec celui de la tibiale antérieure que j'ai vue aussi volumineuse que la tibiale postérieure et la péronière réunies, et en raison inverse du calibre de ces dernières artères.
Direction. La pédieuse marche horinzontalement et direc- Direction tement d'arrière en avant sur la face dorsale du pied jusqu'à l'extrémité postérieure du premier espace interosseux. Là, elle s'infléchit à angle droit, pour traverser cet espace, à la ma- CwuinueieUavee nière d'une perforante , et se termine en se continuant avec taïreîde plan" l'arcade plantaire.
La. direction de la portion dorsale de la pédieuse est tracée par une ligne étendue de la partie moyenne de Tarticulation tibio-tarsienne, à l'extrémité postérieure du premier espace inlerosseux.
Rapports. Appliquée contre les os du tarse, sur lesquels elle est maintenue par une lame aponévrolique, fa pédieuse est 2. hl
7oS ANGÉIOLOGIE.
Rapports de séparée de la peau par l'aponévrose du pied, et de plus, en
l'artère pédieu- ■ , j, ,;. , ,-•■*'# '
se. avant, parle muscle pedieux. Elle longe le cote externe du ten-
don du muscle extenseur propre du gros orteil , dont la saillie l'éloigné des téguments, en sorte qu'on peut découvrir l'artère dans toute sa longueur en incisant le long du bord externe de ce tendon. Il n'est pas sans intérêt de remarquer que sous le ligament dorsal du tarse, la pédieuse est située dans la même gaine que le tendon extenseur du gros orteil.
Branches collatérales. Elles sont internes et externes. Branches A. Les internes, très multipliées, mais sans nom, viennent
collatérales internes, se répandre sur le côté interne du tarse, et s'anastomoser sur
le bord interne du pied, soit entre elles, soit avec les malléo-
laires internes , soit avec la plantaire interne. Parmi elles , je
internetars'enne Récrirai sous 'e nom de sus-tarsienne interne une branche remarquable par son trajet : elle se dirige obliquement en avant et en dedans jusqu'au niveau de l'extrémité postérieure du premier métatarsien, et se continue quelquefois le long du bord interne de cet os, pour constituer la collatérale interne du gros orteil : d'autres fois , elle se réfléchit sous le premier métatarsien, pour aller s'anastomoser directement avec la plantaire interne, après avoir fourni un grand nombre de rameaux au côté interne de l'articulation métatarso-phalangienne du gros orteil.
Branches B. Parmi les branches externes, il en est deux qui méritent
te0rnes.raieS e*~ une description particulière : ce sont Y artère dorsale du tarse ou sus-tarsienne externe , et l'artère dorsale du métatarse ou sus-métatarsienne .
i° Dorsale du 1° \1 artère sus-tarsienne externe présente un volume va-
tatsTenne Sex- riable, presque toujours en raison inverse de celui delà malléolaire externe et de la sus-métatarsienne. J'ai vu cette branche tellement volumineuse, qu'elle égalait la pédieuse, dont elle semblait être la continuation ou au moins une branche de bifurcation.
Elle se porte transversalement en dehors au dessous du muscle pédieux , s'anastomose largement avec la malléolaire ex-
terne.
Métatarsiens.
ARTÈRE PÉDIETJSE. 739
terne, ei envoie, 1" sur le côté externe du calcanéum des bran- Rameaux
, , . . > o . calcanéens.
ches qui s anastomosent avec ta peromere; 2 sur le cuboide, une branche quelquefois assez considérable pour qu'on puisse cuboïdiens. la regarder comme la continuation de l'artère, et qui va sous la plante du pied s'anastomoser avec la plantaire interne; 3° en avant, des rameauxmétatarsiens qui viennenls'anastomoser avec l'artère sus-métatarsienne que la sus-tarsienne externe remplace quelquefois en partie, car elle fournil les interosseuses dorsales. Dans un cas où la sus-tarsienne était très volumineuse, elle se variétés de portait transversalement en dehors jusque sur le côté externe du IS utlon' cuboïde, se réfléchissait d'avant en arrière sur la face externe du calcanéum , et s'anastomosait très largement sur celle face externe avec la malléolaire externe et la péronière. Dans un autre cas, elle se divisait en deux branches : l'une qui se portail transversalement en dehors jusque sous la plante du pied ; l'autre qui allait former l'interosseuse dorsale du quatrième espace interosseux.
2° Artère sus-métatarsienne. Elle naît en général de la 2° Artère suspartie antérieure de la pédieuse, au niveau de l'extrémité pos- me a térieure du premier espace interosseux, quelquefois par un tronc commun avec la précédente. Bans l'état le plus régulier, elle se porte transversalement en dehors, au niveau de l'extrémité postérieure des os métatarsiens, et constitue X arcade dov Arcadedorsaie
, , . . du métatarse.
sale du métatarse.
De la convexité de cette arcade qui regarde en avant, par- Interosseuses tent trois branches, ce sont les artères interosseuses dorsales dorsales. qui longent la face dorsale des trois derniers espaces interosseux, et, parvenues au niveau des articulations métatarsophalangiennes se divisent en deux rameaux collatéraux pour les orteils correspondants. Dans leur trajet le long de chaque espace interosseux, les interosseuses dorsales reçoivent deux . perforantes, savoir : une perforante postérieure au niveau de Les ',ntel'01s-
r t seuses dorsales
l'extrémité postérieure de l'espace interosseux, et une perfo- reçoivent les
r ' perforantes an-
rante antérieure au niveau de l'extrémité antérieure de ce térieures et postérieures,, même espace. Cette disposition explique l'apparente singula-
7&G AKGÉIOLOGTE.
rite de l'augmentation de volume des inlerosseuses dorsales," d'une pai't, au niveau de l'extrémité postérieure, et, d'une autre part, au niveau de l'extrémité antérieure de ces espaces. Chez quelques sujets, les interosseuses dorsales sont exclusivement fournies par les perforantes.
Il n'est pas fort rare de voir manquer l'artère sus-métatarsienne et les inlerosseuses dorsales : les artères interosseuses plantaires y suppléent, interosseuse JJinterosseuse dorsale du premier espace interosseux est
dorsale du pre- f '
mier espace in- fournie directement par la pédieuse, au moment où celte ar-
terosséux.
1ère s enfonce dans le premier espace inlerosseux : plus volumineuse que les précédentes , elle se comporte d'ailleurs de la même manière.
Assez souvent l'inierosseuse dorsale du deuxième espace interosseux est fournie directement par la pédieuse.
TRONC TIBIO-PÉRONIER.
Le tronc tihio-péronier , branche postérieure de la bifurcation de l'artère poplitée, est limité supérieurement par l'origine de la tibiale antérieure, et inférieurement par sa division en deux branches : la tibiÛle postérieure et la pe'roniere. La Longueur du longueur du tronc tifaio-péronier est d'un pouce à dix-huit ronier.1' '° P " lignes , quelquefois de six lignes; elle peut s'élever jusqu'à deux et trois pouces; j'ai vu ce tronc s'étendre jusqu'à la partie interne du calcanéum, où il se divisait en artère plantaire interne et en artère plantaire externe (1). Rapports et Continuation de l'artère poplitée, sous le point de vue de la direction, rection , ce tronc est en rapport avec le muscle soléaire qui est en arrière et les muscles de la couche profonde qui sont en avant.
Collatérales. Le tronc tibio-péronier fournil : 1° une bran»
(1) M. Dubrueil m'a communiqué un cas dans lequel le tronc tibio-péronier se continuait sans se diviser le long de la face postérieure du péroné, et ne fournissait l'artère tibiale postérieure qu'à la partie inférieure de la jambe.
Calibre.
ARTÈRE PÉROIUÈRE. 741
ehe récurrente interne qui traverse le muscle soléaire d'ar- collatérales, rière en avant, se contourne sur le bord interne du tibia, se ré- i° Branche
, . , récurrente infléchit de bas en haut, et vient s anastomoser sur la tuberosite terne.
interne de cet os avec l'articulaire inférieure interne; 2° Y artère nourricière du tibia ,- 3° une très grosse branche, et même cièraduuw"1" plusieurs branches soléaires. qui s'enfoncent dans l'épaisseur des insertions péronières du muscle soléaire, et s'anastomosent soieaire. s avec la libiale antérieure et l'articulaire inférieure externe. Lorsque le tronc tibio-péronier est court , la branche du soléaire est fournie par l'artère péronière.
Artère péronière.
L'artère péronière s'étend de la bifurcation du tronc tibio- Limites, péronier jusqu'au calcanéum. Son calibre, généralement moins considérable «que celui de la tibiale postérieure, et même que celui de la libiale antérieure, est en raison inverse du diamètre de ces deux vaisseaux, et plus particulièrement de la tibiale antérieure, que l'artère péronière supplée souvent dans une partie de son trajet. On l'a trouvée remplacée, dans certains cas, par de peti les branches qui venaient de la libiale postérieure (1).
Verticalement dirigée le long de la face postérieure du pé- Direction et •■•-■■-.. r rapports,
roné, dont elle est séparée par le fléchisseur propre du gros
orteil, recouverte parle muscle soléaire, Tarière péronière s'enfonce inférieuremenl entre le fléchisseur propre du gros orteil et le jambier postérieur pour s'appliquer contre le ligament interosseux, à la partie inférieure duquel elle se divise en deux branches, l'une postérieure, l'autre antérieure.
Branches collatérales. Ce sont : 1° des branches posté- Branches
rieures qui fournissent au soléaire; elles sont très multipliées; colat raes'
(1) Dans un cas où la tibiale antérieure, très petite, s'épuisait à la réunion des deux tiers supérieurs avec le tiers inférieur de la jambe, l'artère péronière, deux fois plus considérable que la libiale postérieure, naissait en dedans de cette dernière artère qu'elle croisait à angle très aigu, pour devenir externe. Parvenue au tiers inférieur de la jambe, elle s'accollait à la face postérieure du ligament interosseux, qu'elle traversait à sa partie inférieure, et venait constituer l'artère pédieuse,
742 ANGÉIOLOGIE.
les supérieures considérables viennent souvent duVonc libîopéronier; 2° des branches internes et externes qui se portent aux muscles de la couche profonde de la jambe. Parmi les branches internes, on doit signaler une branche anastomotique transversale ou oblique, étendue de la péronière à la tianastoSqîe! ^iale Poslérieure. Quelquefois celte branche anasiomolique est très considérable ; et, dans ce cas, on voit la tibiale postérieure, plus ou moins grêle jusque-là-, augmenter de calibre après l'avoir reçue, pour aller fournir les artères plantaires. -
Branches Branches terminales, 1° La branche terminale antérieure
terminales.
Perforante ou perforante péronière, nommée péronière antérieure par
péronière , ou i ... i .- • c ■ • ■> i- '
péronière amé- quelques analoniisies, traverse la partie inférieure du ligament interosseux, descend sur l'extrémité inférieure du tibia, et vient s'anastomoser avec l'artère malléolaire externe qu'elle forme quelquefois.
variétés de Celte branche perforante péronière, ordinairement très grêle, calibre. , r \ , ; . '
présente quelquefois un calibre egaî a celui de la division postérieure, ou même un calibre supérieur, pour remplacer ia partie inférieure de la tibiale antérieure, alors excessivement grêle (1), el venir constituer la pédieuse. Presque toujours une branche anasiomolique avec la tibiale antérieure est le vestige de celte disposition.
2° La branche postérieure de bifurcation de la péronière, nèe^ucexterne" Qu'on pourrait appeler calcanéenne externe , continue le trajet de l'artère péronière, derrière la malléole externe, sur laquelle elle s'appuie, le long du bord externe du tendon d'Achille, séparée de la peau par l'aponévrose jambière et par une mJtf avec51?" aulre 'ame aPonévrotique. Elle fournit en dedans , une branmaiieoiaire et le c|ie transversale qui va s'anastomoser avec la tibiale posté-
pianlaire exter- ' '
nes> rieure, au niveau du bord postérieur de l'extrémité malléolaire
(1) Lorsque la tibiale est extrêmement grêle, tantôt elle se consume en entier dans les muscles de la région antérieure de la jambe,, tantôt elle s'anastomose avec la péronière postérieure, ou plus rarement avec l'artère tibiale postérieure, qui traverse alors le ligament inlerosseux, pour constituer l'artère pédieuse.
ARTÈRE TIBIALE POSTÉRIEURE 7ft3
du tibia. S épanouissant ensuite sur la face externe du calcanéum, elle fournil aux attaches calcanéennes des muscles de la plante du pied, à la peau du talon, et s'anastomose avec la malléolaire externe ainsi qu'avec la plantaire externe. De A*ecta tibiale
postérieure.
petites branches ascendantes passent au dessus du calcaneum et s'anastomosent par arcade au devant du tendou d'Achille avec des branches correspondantes fournies par la libiale postérieure. J'ai vu la branche caleanéeune externe fournie par l'artère tibiale postérieure.
Artère libiale postérieure.
Branche interne de bifurcation du tronc libiopéronier , Limites. la tibiale postérieure, parvenue dans la gouttière ealeanéenne, sous le ligament annulaire interne du larse, se termine elle-même par une bifurcation en plantaire intente et en plantaire externe. Son calibre, plus considérable que celui des calibre, autres artères de la jambe, est généralement en raison inverse de celui des artères tibiale antérieure et péronière. C'est ainsi que chez un sujet dont l'artère libiale antérieure et la pédicuse étaient très considérables, la libiale postérieure et la plantaire interne avaient à peine le tiers de leur calibre ordinaire. D'abord obliquement dirigée eu dedans , puis verticalement en Rapports: bas, la tibiale postérieure répond : 1° en avant , au muscle jambier postérieur ; plus bas, au-fiéchisseur commun des orteils qui la sépare du tibia ; plus bas, au bord postérieur de la malléole interne, dont ia séparent les lendons du jambier postérieur et du fléchisseur commun des orteils; plus bas encore, à l'articulalion tibio-astragaiienne , et enfin, sous la voûte calcanéenne, à la coulisse du jambier postérieur; 2° en arrière, 2e En arrière, recouverte d'abord par les jumeaux et le soléaire , elle se trouve, au défaut du corps charnu de ces muscles, c'est à dire dans le tiers inférieur de ia jambe, en rapport avec le bord interne du tendon d'Achille, et séparée de la peau pardeux lames aponévrotiques. Le nerf poplité interne longe le côté externe de cette artère.
1° En avant,
ll\h ÀNGEIOLOGIE.
Il suit de là que l'artère libiale postérieure peut être comprimée et mise à découvert dans toute l'étendue du tiers inférieur de la jambe.
Branches Branches collatérales . Très peu considérables et ne méricollatérales. . ... ..,
tant point une description particulière : les unes, postérieures,
se porlent'aux muscles soléaire et jumeaux; les autres, antérieures, sont destinées aux muscles de la couche profonde et au périoste du tibia. Souvent l'artère nourricière principale du tibia, que nous avons dit venir du tronc libio-péronier, est . Branches fournie par la tibiale postérieure. La plupart des branches in-
inieneures m- ■ \
ternes. férieures internes traversent le fléchisseur commun des or-
teils, et se réfléchissent sur le bord interne du tibia pour se Branche ana- répandre dans le périoste et dans les téguments ; enfin, au nifa'péronfère?60 veau du i)or<i postérieur de l'extrémité inférieure du tibia, se voit une petite branche transversale qui s'anastomose avec la branche correspondante indiquée à l'occasion de la péronière.
Branches que Sous la concavité du calcanéum et avant sa division, la
fournit la tibiale , ,
postérieure sous tibiale postérieure fournit, 1° plusieurs branches calcanéen-
la concavité du
calcanéum. nés, dont les unes couvrent de leurs ramifications la face interne du calcanéum, dont les autres remontent au dessus de cet os pour s'anastomoser avec la péronière ; 2° des branches articulaires pour les articulations tibio-tarsiennes et astragalo-calcanéennes; 3° quelques branches qui remontent sur le bord interne du tarse pour s'anastomoser avec la malléolaire interne (1).
Plantaire interne et plantaire externe.
Branches terminales de la tibiale postérieure, la plantaire interne et la plantaire externe naissent dans la concavité du calcanéum, sous le ligament annulaire interne du tarse.
(1) Il est rare que l'artère tibiale postérieure traverse le ligament iuterosseux pour constituer la pédieuse ; lorsque cette anomalie a lieu, les artères plantaires interne et externe viennent de la péronière, qui est alors beaucoup plus considérable que de coutume,
ARTÈRES PLANTAIRES. lUù
Plantaire interne. Ordinairement beaucoup plus petite que Plantaire] , . . ,, , ,, ., interne.
la plantaire externe, elle se portehonzontalcment d arrière en avant, le long du côté interne de la plante du pied, entre l'adducteur du gros orteil et les tendons du long fléchisseur commun des orteils ; plus en avant , elle est subjacente au court fléchisseur, fournit à ces muscles, envoie plusieurs rameaux ascen- ascend*aanTseaet dants et obliques aux nombreuses articulations du tarse, s'a- obll(îuesnaslomose largement par des branches internes avec la malléolaire et la sus-tarsienne internes, et se termine de diverses manières. Sa terminaison la plus fréquente est la suivante : Terminaison arrivée à l'extrémité postérieure du premier métatarsien, elle ches!*3"*' ran~ se divise en deux branches : l'une interne, qui longe le côté Branche interne, externe de l'abducteur du gros orteil , et se dévie un peu pour aller former la collatérale interne du gros orteil ; l'autre externe, plus ou moins considérable , qui s'anastomose avec Branche
externe.
le tronc commun des collatérales du premier et du deuxième orteil. Nous pouvons considérer comme branche de terminaison une artère cutanée qui traverse l'aponévrose plantaire et Branche
t •. x . • 11 ■ • < i a , cutanée,
se distribue a la peau et au tissu cellulaire sous-cutane du cote
interne du pied. J'ai vu îa plantaire interne, très petite, se terminer dans le court fléchisseur du gros orteil. Plantaire externe. Continuation directe de la libiaîe posté- Plantaire
1 externe.
rieure sous le rapport du calibre , qui cependant ne surpasse
pas, dans certains cas, celui de la plantaire interne, la plan- , , Direction
1 1 - ' r 7 r de la plantaire
taire externe se porte obliquement en bas, en dehors et en externe, avant, sous le calcanéum, entre le court fléchisseur commun et l'accessoire du long fléchisseur commun des orteils ; aussitôt qu'elle atteint le bord externe du court fléchisseur, sur la limite aponévrotique qui sépare ce muscle de l'adducteur du cinquième orteil, elle se porte directement en avant ; et, parvenue au dessous de l'extrémité postérieure du cinquième métatarsien, elle change de direction, se recourbe de dehors en dedans et d'arrière en avant, pour gagner l'extrémité postérieure du premier espace interosseux, où elle s'anastomose par inosculation avec l'artère pédieuse : c'est cette courbe, étendue du qua -
7&6 AKGÉIOLOGIE.
Arcade trième au premier espace interosseux, qui constitue l'arcade plantaire. Obliquement couchée au dessous des extrémités postérieures des métatarsiens, et quelquefois au dessous de la partie moyenne de ces os, entre ces os et le muscle adducteur oblique du gros orteil, l'arcade plantaire, qui appartient à la fois à la pédieuse et à ia plantaire externe, établit une communication non interrompue et à plein canal entre la tibialeanté- Vanétes. rieure et la libiale postérieure. J'ai vu cette arcade exclusivement formée par la pédieuse, la plantaire externe très grêle se terminant dans l'abducteur et le court fléchisseur du petit orteil ; d'autres fois, la plantaire externe ne communique avec l'arcade plantaire qu'à l'aide de petits rameaux. Avant de devenir arcade plantaire, ia plantaire externe
l» Branche fournit : 1° une branche calcanéenne inférieure qui se porte calcanéenne in- , , , , ,,,-•..,.
férieure. transversalement en dedans , au devant de la tuberosite du cal-
canéum , au dessus du court fléchisseur commun des orteils,
et se terrjiine dans les muscles de ia région plantaire externe ,
2° des branches musculaires, aux muscles de la région plan -
Branches la*re externe > au court fléchisseur commun , à l'accessoire ;
^rfosïiques et ™ ^e& Dranc^es périos tiques , osseuses et articulaires , aux os et aux articulations correspondantes du tarse.
De l'arcade plantaire partent : 1° des branches supérieures
perforantes pos- ou perforantes postérieures qui traversent perpendiculaire-
teneures. ment de bas en haut l'extrémité postérieure des espaces interosseux et vont s'anastomoser avec les interosseuses dorsales. Il n'y a que trois perforantes postérieures > lesquelles sont destinées aux trois derniers espaces interosseux : la pédieuse représente la perforante du premier espace.
Branches gu j)es branches antérieures. Au nombre de cinq, dont
tinicri cures.
quatre interosseuses plantaires , distingués par les noms numériques de première , deuxième , troisième , quatrième , en procédant de dedans en dehors; la cinquième branche antérieure est la collatérale externe du petit orteil.
Les interosseuses plantaires se portent toutes d'arrière en avant , dans l'espace interosseux correspondant, puis entre les
ARTÈRES PLANTAIRES. 747
articulations métatarso-phalangiennes, donnent supérieure- Direction des
mtcrosseuses
ment au niveau de 1 extrémité antérieure dés os métatarsiens plantaires.
un petit rameau perforant antérieur, qui va s'anastomoser Rameau perforant antérieur.
avec les interosseuses dorsales , et parvenues au devant de
l'extrémité postérieure des premières phalanges; se divisent
en deux branches qui constituent les collatérales interne et Collatérales
1 externes et în-
externe des orteils correspondants, et se comportent absolu- ternes des ormenl delà même manière que les collatérales des doigts; c'est à dire que les interosseuses interne et externe de chaque orteil s'anastomosent par un petit rameau transversal au niveau de la deuxième phalange, s'anastomosent en arcade au niveau de la partie moyenne de la dernière phalange et se distribuent en presque totalité à la peau.
La première interosseuse plantaire mérite une description première
. . , m < i \i » , , . , . > , interosseuse
spéciale. Très volumineuse, elle naît dans le point précis ou la plantaire. pédieusese continue avec l'arcade plantaire , et semblerait une branche de bifurcation du premier de ces vaisseaux; elle se porte sous le premier métatarsien , et parvenue derrière l'extrémité antérieure de cet os , fournit en dedans une branche Branche qui va quelquefois former la collatérale interne du gros orteil, inlernese dirige en dehors pour se placer entre les articulations métatarso-phalangiennes des deux premiers orteils, et se divise en collatérale externe du gros orteil et en collatérale interne du second orteil; la collatérale externe du gros orteil, parvenue à la partie moyenne de la première phalange, fournit en de- Branches
1 J r > • r ' terminales.
dans une branche qui va s'anastomoser avec la collatérale interne du gros orteil , et même qui va quelquefois former cette dernière collatérale.
La collatérale externe du petit orteil , qu'on peut presque collatérale indifféremment considérer comme une branche de la plantaire orJe™6 du pellt externe , ou comme une branche de l'arcade plantaire, se porte en avant au dessous du muscle court fléchisseur du petit orteil, et se termine le long du bord externe de cet orteil , en s'anastomosant avec les artères dorsales du tarse et du métatarse.
748 ANGÉIOLOGIE.
j'ai vu celte branche fournir les collatérales externe et interne du petit orteil.
PARALLÈLE ENTEE LES A'RTÈRES DU MEMBRE THORACIQUE ET LES ARTÈRES DU" MEMBRE ABDOMfNAL»
parallèle entre Deux troncs donnent toutes les artères des membres abdomi-
les troncs qui , , ., ... ... , . . , .. . ,
fournissent au naux : ce sontles artères iliaques primitives, bientôt subdivisées rieur "et s"eux en iliaque interne et en iliaque externe. Trois troncs donnent les au1 membre* in- artères des membres thoraciques et de la tête : ce sont, d'une part , le tronc brachio-céphaîique , bientôt subdivisé en carotide primitive et en sous-clavière , et d'une autre part , l'artère carotide primitive et la sous-clavière gauches , lesquelles pourraient à la rigueur être considérées comme formant un tronc commun. Quatre troncs existent donc en définitive pour les parties supérieures comme pour les parties inférieures. L'artère caro- L'artère carotide primitive destinée à la tête , ne saurait être ne Saurai™ être comparée à l'hypogastrique destinée au bassin et aux organes pogastrique! by" renfermés dans sa cavité : mais comme le bassin est le représentant de l'épaule, on peut trouver quelque analogie, sinon pour l'origine , au moins pour la distribution , entre les artères du bassin et les artères de l'épaule.
, , . ... L'artère iliaque externe représente la sous-clavière , dont les
L artère iliaque ^ 7
externe repré- branches collatérales plus multipliées , sont en partie représente la sous-
ciavière. sentées par les branches pariétales pelviennes de l'hypogastri-
que. Ainsi, l'os coxal, aussi bien que l'omoplate, est comme cerné par un cercle artériel. La scapulaire postérieure qui longe le bord spinal de l'omoplate , représente la circonflexe iliaque qui contourne la crête iliaque , et'se distribue dans les muscles des parois abdominales, de même que la scapulaire postérieure se distribue dans les grand dentelé et rhomboïde , le mammaire interne représente l'artère épigastrique. Je ne pousserai pas plus loin l'analogie en comparant les sus et sousscapulaires avec les artères ischiatique , fessière , obturatrice , honteuse interne.
PARALLÈLE ENTRE LES AïlTfcRF.S, ETC. 7&9
L'artère axillaire et l'humérale représentent la fémorale Artères axiiei la popiitée. L'humérale profonde représente la fémorale Sp^STu
nrnfnii/lo fémorale et a la
piotonde. popiitée.
Les circonflexes de la fémorale répondent aux circonflexes et à la scapulaire inférieure de l'axillaire : les anastomoses des circonflexes fémorales avec l'obturatrice , la fessière , et l'obturatrice représentent les anastomoses des circonflexes numérales et scapulaire inférieure de L'axillaire avec les sus-scapulaire et scapulaire postérieure de la sous-clavière.
La portion popiitée du tronc crural représente la portion de l'humérale qui répond au pli du bras ; les collatérales interne et externe de l'humérale, elles récurrentes radiales et cubitales , forment autour du coude des cercles anastomotiques tout à fait analogues à ceux des articulaires supérieures de la poplité avec les aniculaires inférieures, et avec la récurrente tibiale antérieure.
La bifurcation de la popiitée en tibiale antérieure et en tronc ; Parallèle entre
1 r les artères de la
tibio-péronier représente la bifurcation de l'humérale en radiale Jam,t)e et. ÇelIes 1 r de lavant-bras.
et en cubitale : la tibiale antérieure représente la portion antibrachiale de la radiale ; la pédieuse , la portion carpienne de la radiale; l'arcade plantaire, suite de la pédieuse, représente l'arcade palmaire profonde , suite de la radiale.
Le tronc tibio-péronier représente la cubitale , l'artère tibiale postérieure représente le tronc de la cubitale , la péronière représente l'interosseuse anti-brachiale. De même que la péronière fournit souvent la pédieuse, de même l'interosseuse fournit quelquefois la portion carpienne de la radiale.
L'arcade plantaire est représentée par l'arcade palmaire parallèle des profonde; les artères inlerosseusesplantaires et collatérales des ^ainet deceiiès orteils , par les artères interosseuses palmaires et collatérales duPieddes doigts.
Si on demande pourquoi il n'existe pas d'arcade plantaire superficielle correspondante à l'arcade palmaire superficielle
750 ANGÉIGLOGIE.
on peut répondre , 1° que les artères de la région dorsale du pied sont bien plus considérables que celles de la région dorsale delà main ; 2° que la disposition concave et en voûte de la plante du pied , met l'arcade plantaire à l'abri de la compression à laquelle est soumise la main, à raison de sa forme aplatie.