‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 5)Chapitre 59 sur 291 · CONSIDÉRATIONS GÉN. SUR LES MOUVEMENTS DE LA FACE · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS GÉN. SUR LES MOUVEMENTS DE LA FACE

Action. Abaisseur de l'aile du nez, ce muscle agit d'une Acll0n* manière fort importante dans l'expression des passions tristes, des douleurs physiques et dos très grandes impressions morales. C'est à ce muscle qu'est due la conslriction circulaire si remarquable de l'orifice inférieur des fosses nasales, conslriction qui pourrait faire croire à priori à l'existence d'un véritable sphincter (cotistrictor alœ nasi, Cowper).

Considérations générales sur les mouvements de la face en général , et sur les mouvements des lèvres en particulier.

Si nous jetons un coup d'oeil général sur les muscles de la Disposition

„ ,01 ' • » 1 r ' ' générale des

face, nous verrons: 1 qu aucune région nest plus iavonsee muscles de la sous le rapport du nombre des muscles ; 2° que tous ces muscles, implantés aux os par une de leurs extrémités, s'implantent par l'autre , soit au derme , soit à d'autres muscles ; 3° que la portion cutanée de ces muscles est décolorée , non fascicuîée , et présente tous les attributs des muscles involontaires ; h° que la portion de ces mêmes muscles , qui s'insère , soit aux os , soit à d'autres fibres musculaires , présente au contraire tous les caractères des muscles volontaires.

Tous ces muscles sont concentrés autour des ouvertures que Cenfrés°nautour présente la face , et par conséquent ils sont tous constricteurs des ouverturesou dilatateurs ; mais l'ouverture de la bouche a ceci de particulier (l) que la plupart des muscles de la face lui sont destinés. En effet, à la portion labiale du buccinato-labial , ou Grand nombre

de muscles des-

sphincter de la bouche , sont opposés , 1° les buccinateurs ou tinés à l'ouverdilatateurs transverses; 2° les élévateurs superficiel et pro- Che.

(l) L'homme l'emporte de beaucoup sur tous les autres animaux pour le nombre des muscles labiaux. Le singe , qui se fait remarquer dans la série animale par l'extrême mobilité de sa physionomie , ne possède , à proprement parler, pour toute la face, qu'un seul muscle qui est une dépendance du peaucier ; aussi le jeu de sa physionomie se rapporte-t-il à une grimace qui est toujours la même , qui ne présente que des nuances dans son intensité, mais qui ne lui per« met point d'exprimer des passions différentes, et même opposées, ainsi qu'on les Yoit se peindre sur la physionomie humaine.

226 MYOLOGIE.

fond de la lèvre supérieure; 3° les abaisseurs de la lèvre inférieure , carrés; Zi° les élévateurs de la commissure; canin, grand zygomalique, peiit zygomatique et risorius de Santorini , lorsqu'ils existent ; 5° les abaisseurs de la commissure ; triangulaires.

usages des Les lèvres remplissent un grand nombre d'usages qui tous exigent une grande mobilité ; elles servent , 1° à la préhension des aliments , à la succion ; 2° à l'articulation des sons, d'où le nom de labiales , qu'on a donné aux consonnes , b, p ,m , qui sont produites spécialement par le jeu des lèvres ; 3° elles servent à modifier l'air expiré , de manière à produire des vibralions d'un caractère particulier, et dont l'ensemble constitue l'action de siffler : et , sous ce point de vue , ne trouve-t-on pas dans le jeu des lèvres , le secret du mécanisme de la glotte ; h° les lèvres servent à la mastication, en retenant les aliments et en les repoussant incessamment entre les arcades dentaires; 5° les lèvres servent dans le jeu des instruments à vent, mesurent le volume de la coionne d'air qui doit aller frapper le corps vibralile , et le mécanisme de leur action varie suivant l'espèce d'insirument. Ainsi , tantôt elles concourent à graduer la rapi- Lews usages dite de la colonne , en graduant l'orifice par lequel s'écliappe fnsnuamejnts deà l'air , ainsi qu'on le voit dans le jeu de la flûte ; tantôt elles vent. représentent des cordes qui vibrent à l'entrée d'un instrument ,

et qui , par leurs degrés divers de tension , déterminent les différents tons : dans ce cas , les lèvres constituent elles-mêmes des corps vibraliles qui propagent leurs oscillations au corps avec lequel elles sont en contaci , indépendamment de l'effet produit dans l'instrument par le passage d'une colonne d'air. Ce mécanisme s'observe dansTaclion déjouer du cor, de sonner de la trompette , etc.

Examinés sous le rapport du rôle qu'ils jouent dans l'expres- Les muscles sjon (]es passions , les muscles de la face sont tantôt sousirails

faciaux servent r , ■ ■ , ,, .

à l'expression presque complètement a 1 empire de la volonté, ce qui arrive des passions. . . , . ,

quand 1 expression des passions nest pas simulée ; tantôt, au

contraire, leur contraction est volontaire et calculée, ainsi

RÉGION TEMPOItO-MÀXILLAIRE. 227

qu'on l'observe chez ceux qui , par profession ou par habitude, sont exercés à simuler des impressions qu'ils n'éprouvent point. Toutefois , on doit remarquer que si l'on peut à force d'art donner à son gréa chaque passion l'expression faciale qui la traduit à l'extérieur , il y a toujours une grande différence entre cette expression factice et l'expression naturelle.

Du reste, les modes généraux d'expression faciale peuvent se rattacher comme nuances à deux grands types , savoir : l'expression des passions gaies et celle des passions tristes. Les pass?onsSlgaies! passions gaies s'expriment par l'épanouissement des traits; c'est à dire par leur éloignement de la ligne médiane : ainsi le frontal , le releveur de la paupière , et surtout le grand zygomatique , sont les agents principaux de l'expression des passions gaies. L'expression des passions tristes, qui con- Expression des siste au contraire dans le rapprochement et la concentration Passions t«ste$. des traits vers la ligne médiane , a , pour principaux agents , le sourcilier , le triangulaire des lèvres et le carré.

À raison de la connexion intime qui existe entre la peau de La physkmo-

ni ic résulte en

la face et les muscles faciaux qui s'identifient en quelque sorte partie de rha-

■ i i ^i . , . , , .'c„, bitude de con-

avec elle par les fibres qui s y implantent , la contraction fre- traction de tels

, , , ,, " , , , , „ ou tels muscles.

quemment répétée d un ou de plusieurs des muscles de la face , imprime à la peau des plis ou rides qui persistent même après la cessation et dans l'intervalle des contractions qui les ont déterminés. L'habitude des sensations tristes ou gaies , et de l'expression faciale qui les caractérise , imprime donc un cachet particulier à la physionomie , et y laisse des traces en quelque sorte ineffaçables, de telle manière qu'avec une grande habitude d'observation on peut, jusqu'à un certain point, juger du caractère d'un individu d'après l'analyse de sa physionomie. Le système de Lavater n'a pas d'autres fondements.

RÉGION TEMPORO-MAXILLAIÏŒ.

Les muscles de cette région sont au nombre de quatre : deux de chaque côté, le masseter et le temporal .

MYOLOGIE.

Figure.

Situation.

Insertions.

Insertion zygomatique.

Direction.

Insertions maxillaires.

Masseter.

Préparation. 1» Faire une incision horizontale le long de l'arcade zygomatique ; 2° une incision verticale allant tomber de la partie moyennedela première incisionsurlabasede la mâchoire; 3° disséquer les lambeaux en avant et en arrière, en ayant soin de ne pas diviser le canal de Sténon, qui croise le muscle perpendiculairement; 4° pour voir la face profonde, détacher par deux traits de scie l'arcade zygomatique, et la renverser en dehors.

Le masseter est un muscle court, très épais, de forme irrégulièrement quadrilatère, situé sur les parties latérales de la face.

Insertions. Il s'insère, d'une part, au bord inférieur de l'arcade zygomatique; d'une autre part, à la face externe de l'angle et de la branche de la mâchoire inférieure (zygo?nato~ maxillaire, Chauss.).

L'insertion supérieure ou zygomatique se fait par une aponévrose extrêmement épaisse, qui embrasse le bord antérieur du muscle, et se compose de plusieurs plans fibreux superposés, lesquels se prolongent dans une étendue assez considérable à la surface et dans l'épaisseur du muscle. De la face interne et des bords de celte aponévrose naissent les fibres charnues qui se dirigent un peu obliquement de haut en bas et à? avant en arrière, pour venir s'insérer, soit directement, soit par des lames aponévroliques très fortes, à l'angle de la mâchoire inférieure. Il n'est pas rare de voir un petit faisceau triangulaire se détacher du bord antérieur du muscle pour se fixer au bord inférieur du corps de l'os. Celles des fibres charnues qui naissent de la partie postérieure de l'arcade zygomatique constituent un faisceau court, peu considérable , remarquable par le défaut presque complet d'aponévrose , qui se porte verticale' ment en bas, et s'insère en arrière du précédent, à la face externe de la branche de la mâchoire. Enfin, l'arcade zygomatique étant renversée , on voit un faisceau charnu , plus petit encore, naître directement de la face interne de cette arcade,

MASSETER. 229

et se diriger, barrière en avant, pour s'insérer à la face externe de l'apophyse coronoïde, et même au tendon du muscle temporal.

Rapports. Recouvert par la peau dont le sépare une petite Rapports su-

, / < t. t • \ in. perticiels et pro-

lame aponevrotique [aponévrose massetenne) , et quelquefois fonds.

un prolongement du peaucier : recouvert en arrière par la glande parotide, en haut par le palpébral et le grand zygomatique ; croisé à angle droit par les divisions du nerf facial , par l'artère transverse de la face et par le canal de Sténon, le masseter recouvre la branche de la mâchoire inférieure, le muscle temporal, et le buccinateur dont il est séparé par une boule graisseuse. Son bord antérieur, saillant à travers la peau, pré- se^Œsr.ts de sente en bas un rapport important avec l'artère maxillaire externe. C'est immédiatement au devant de ce muscle qu'il faut la comprimer. La parotide embrasse son bord postérieur.

Aponévrose masse'te'rine. Lame aponevrotique mince qui Aponévrose se continue en bas avec l'aponévrose cervicale , se perd en haut et en avant dans le tissu cellulaire , et semble se diviser en arrière en deux lamelles , dont l'une constitue l'aponévrose parotidienne , dont l'autre pénètre entre cette glande et le masseter qu'elle sépare l'un de l'autre. Le pus subjacent à cette aponévrose tend à se diriger du côlé de la région cervicale. Le pus extérieur à celte mince aponévrose se dirige au contraire vers la peau.

Action. L'action de ce muscle est très puissante. On peut Aclion« en mesurer en quelque sorte l'énergie dans la série animale d'un côté par le volume de l'arcade zygomatique, et d'un autre côlé, par la saillie des lignes et des éminences que présente l'angle de la mâchoire inférieure.

Le moment où l'action de ce muscle s'exerce avec le plus Moment du ....,:, a , . , , , , muscle,

davantage est celui ou les mâchoires sont légèrement écartées l'une de l'autre, parce qu'alors l'incidence du muscle sur le levier qu'il doit mouvoir, se rapproche davantage de la perpendiculaire.

La direction générale des fibres du masseter étant oblique

MYOLOGIE.

Le masseter de haut en bas et d'avant en arrière, il en résulte cet avantage

porte la ma- ...

c boire en haut pour la trituration des aliments, savoir, que le masseter, dans

et en avant. . . . , . A . . , ,

sa contraction, imprime a la mâchoire un mouvement de bas

en haut et d'arrière en avant, en opposition avec les abais-

seurs qui portent la mâchoire en bas et en arrière. Celle

se^rle dàns^îë m&me obliquité explique le rôle que peut jouer le muscle

luxation de la raasseter dans \e mécanisme de la luxation de l'articulation mâchoire inférieure, temporo-maxillaire. En effet, le point d'insertion du muscle à

l'os maxillaire, qui est le levier, ayant lieu plus en arrière que si le muscle était dirigé verticalement, il en résulte que, pour peu que fécartement des mâchoires soit considérable, le condyle se trouve au devant de l'axe auquel peuvent être rapportées toutes les fibres du masseter ; et quand ce muscle se contracte, il augmente le mouvement de bascule, et tend à faire échapper le condyle par la partie antérieure.

Crotaphyte ou temporal.

Situation, Figure.

Insertions.

Insertions temporales.

Préparation. L'arcade zygomatique étant sciée et renversée, enlever, 1°' l'aponévrose qui recouvre la région temporale; 2o le tissu graisseux qui entoure l'insertion du muscle à l'apophyse coronoïde ; 3o pour voir les rapports de la face profonde, détacher le muscle, soit de haut en bas, en ruginant le périoste de la fosse temporale, soit de bas en haut, après avoir scié l'apophyse coronoïde à sa base.

Le crotaphyte ou temporal , ainsi nommé à cause de sa situation dans la fosse temporale, qu'il remplit en totalité ÇxférctQos, tempe), se présente sous la forme d'un muscle large , radié, triangulaire, à base tournée en haut.

Insertions. Il s'insère, d'une part , à toute l'étendue de la fosse temporale, ainsi qu'à la face interne d'une aponévrose, nommée aponévrose temporale superficielle; d'une autre part , aux bords et au sommet de l'apophyse coronoïde (temporo-maxillaire, Chauss,).

Les fibres charnues naissent toutes directement, soit de la fosse temporale, soit de la face interne de l'aponévrose tempo-

CROTAPHYTK OU TEMPORAL. 231

raie superficielle. Nées de cette large surface osseuse et aponé- Direction

ai convergente des

vrolique, les fibres charnues se portent en convergeant,, les fibres charnues. antérieures obliquement d'avant en arrière , les postérieures d'arrière en avant , les moyennes verticalement, et constituent une masse charnue de plus en plus épaisse , dont les fibres viennent se rendre, les unes à la face externe (ce sont les moins nombreuses), les autres à la face interne et aux bords d'une aponévrose de terminaison.

Celle aponévrose, très forte, radiée elle-même à son ori- Aponévrose gine, rassemble ses fibres pour constituer un tendon très épais, e termmaison' qui vient s'insérer à l'apophyse coronoïde, tendon coronoïdien. Tendon coro- Le temporal, en se portant de la fosse temporale à l'apophyse n01 ie ' coronoïde, éprouve une sorte de réflexion sur la gouttière pla- Réflexion du

,,,,,,, . „ ., muscle.

cee a la base de 1 apophyse zygomatique. On rencontre le plus

/> . , . , ... , , Faisceau mus-

souvent un faisceau musculaire 1res fort , qui , naissant de la cuiaire distinct, partie inférieure de la fosse temporale et de la crête qui la borne inférieurement , vient s'insérer , par un tendon distinct , à la lèvre interne du bord antérieur de la branche maxillaire.

Rapports. Recouvert par la peau , par l'aponévrose épiera- Rappons. nienne, par les muscles auriculaires antérieur et supérieur, parles artères, les veines et nerfs temporaux superficiels; re- superficiels. couvert plus immédiatement par l'aponévrose temporale superficielle, par l'arcade zygomatique et par le masseter, le temporal recouvre la fos^e temporale, le plérygoïdien externe, un peu le buccinaieur, l'artère maxillaire interne et les vaisseaux temporaux profonds. Son épaisseur est proportionnelle à la pro- . fondeur de la fosse temporale et à la force de l'apophyse coronoïde.

Aponévrose temporale superficielle. Née du bord supérieur Aponévrose

- ... v , temporale su-

de l'arcade zygomatique , cette aponévrose va s insérer a la perficieiie. ligne courbe qui borne en haut la fosse temporale; fortement tendue, elle complète l'espèce de boîte dans laquelle est encaissé le muscle temporal ; l'intervalle qui la sépare de la fosse temporale mesure l'épaisseur de ce muscle.

Bien différente de l'aponévrose épicranienne, qui la recou-

232 MYOLOGIE.

Facesuperfi- vre supérieurement, et qui est située sur un plan plus superficiel, cette aponévrose n'a aucune adhérence avec la peau , qui Face profonde, glisse facilement sur elle : sa face profonde, adhérente à la partie supérieure du muscle auquel elle fournit de nombreux points d'insertion, devient libre en bas, séparée qu'elle est des fibres charnues par une grande quantité de tissu adipeux, d'où la dépression que présente la région temporale chez les personnes amaigries.

Epaisseur et L'épaisseur de l'aponévrose temporale va en augmentant de

division de l'a- , . ,. ., ,..„,. ,, ,, ,. .... .

ponévrose tem- la partie supérieure a la partie inférieure. La , elle se divise en cfene? Super " deux lames : l'une superficielle, plus mince, qui s'insère à la lèvre externe du bord supérieur de l'arcade ; l'autre , profonde, qui se perd à la face interne de celte arcade. Chez les sujets pourvus d'embonpoint, une assez grande quantité de graisse s'amasse entre ces deux feuillets : une branche remarquable de l'artère temporale est reçue dans leur intervalle. Il faut bien distinguer celte graisse de la masse adipeuse, bien plus considérable, qui est située sous l'aponévrose elle-même. La résistance de cette aponévrose explique pourquoi les abcès qui ont lieu dans la fosse temporale ne tendent nullement à se porter au dehors, mais bien à fuser dans la fosse zygomato-maxillaire. Action. Action du temporal. La force du muscle temporal peut être

en quelque sorte mesurée par la profondeur de la fosse temporale et par le volume de l'apophyse coronoïde , ainsi qu'on peut « a, „ s'en convaincre en examinant celle région du squelette chez

Moyens dap- s ^*

prédation de la ies animaux carnassiers , dont les muscles élévateurs de la mâ-

forcedumuscle. '

choire jouissent de la plus grande énergie. L'usage du temporal est, de même que celui du masseter, d'élever la mâchoire inférieure ; mais il diffère beaucoup de ce dernier muscle par le Mode d'action mécanisme suivant lequel il agit. En effet , le masseter élève la

de ce muscle ^ ° '

comparé à celui mâchoire par un mouvement direct: le temporal au contraire

du masseter. r ' r

l'élève par un mouvement de bascule , en agissant principalement sur la partie postérieure de l'apophyse coronoïde. En un mot, le temporal agil sur le bras vertical du levier coudé que représente l'os maxillaire; le masseter agit au contraire sur le

PTÈRYGOÏDIEN INTERNE. 233

bras horizontal de ce levier. Dans le mouvement de bascule que le temporal imprime à l'os maxillaire inférieur, celui-ci représente ce genre de levier coudé qui constitue un mouvement de sonnette.

RÉGION P.TÉRYGO-MAXILLAIRÉ.

Les muscles de celte région sont au nombre de deux, et connus sous le nom de pterygoïdiens, que l'on divise en interne et en externe.

Ptérygoulien interne ou grand ptérygoïdien.

Préparation. 1° Séparer du reste de la tête, la face et la partie du crâne qui est située au devant de la colonne vertébrale ; 2° diviser la face en deux ; moitiés latérales par une section antéropostérieure.

On peut aussi préparer ce muscle par le procédé suivant : 1° Scier la mâchoire inférieure verticalement à la réunion du corps et de la branche; -2° enlever l'arcade zygomatique; 3° scier l'apophyse coronoïde à sa base ; 4° scier le col du condyle , puis désarticuler le condyle.

Le ptérygoïdien interne est profondément placé dans la f0If(]!;Uall0n pro" fosse zygomatique, couché le long de la face interne de la branche de l'os maxillaire inférieur (tertius musculus qui in ore latitat, Vésale).

Il est épais, quadrilatère et tout à fait semblable, par la Fi8ureforme , par la direction et par la structure , au masseter ; d'où le nom de masseter interne qui lui a été donné par Winslow.

Insertions. Il s'insère, d'une part , 1° dans la fosse ptéry- insertions, goïde ; 2° au crochet de l'aile interne de l'apophyse ptérygoïcîe ; 3° à la facette inférieure de l'apophyse pyramidale de l'os palatin ; d'une autre part, à la face interne de l'angle du maxillaire inférieur. (Grand ptènjgo-?naxillaire. Chauss.)

L'insertion ptérygoïïlienne se fait par une aponévrose tout à insertion fait semblable à celle du masseter qui se prolonge sur la face Ptérys°ïdie"ne' interne et dans l'épaisseur du muscle. Cette aponévrose sert

Insertions maxillaires.

Rapports.

Action.

d'origine aux fibres charnues, lesquelles se dirigent de haut en bas, de dedans en dehors, et d'avant en arrière pour venir s'insérer par des lames aponévroliques très fortes à la mâchoire inférieure.

Rapports. 1° En dedans, ce muscle répond au muscle périslaphylin exierne, el au pharynx dont il est séparé par un intervalle triangulaire où se voient beaucoup de tissu cellulaire, un grand nombre de vaisseaux el de nerfs, el la glande maxillaire. 2° En dehors, il répond à la branche de l'os maxillaire inférieur dont le séparent en haut les nerfs dentaire et lingual, les vaisseaux dentaires inférieurs et la lame fibreuse appelée ligament latéral interne de l'articulation.

Action. Ce muscle s'insérant presque perpendiculairement au levier qu'il doit mouvoir, agit avec une grande énergie. Du reste, la pluparl des considérations qui ont été exposées à l'occasion du masseler, s'appliquent au muscle que nous décrivons ici , et qui est un véritable masseler interne. Le ptérygoïdien offre seulement ceci de particulier, qu'ayant son insertion fixe ou supérieure plus rapprochée de ia ligne médiane que l'inser- Mouvement lion inférieure, il peut concourir à imprimer à la mâchoire un inler de latera" mouvement léger de latéralité qui favorise le broiement.

Pléijgoïdien externe.

Préparation. La double préparation indiquée pour le ptérygoïdien interne s'applique parfaitement à ce muscle.

Le ptérygoïdien externe, très Court, épais, conoïde, plus petit que le ptérygoïdien interne {petit ptérygoïdien , petit Situation. plérygo-niaxiUairé), est situé dans la fosse zygomatique , horizontalement étendu de l'aile externe de l'apophyse ptérygoïde au col du- condyle de la mâchoire inférieure. Il prend ses inmsertions fixes, sertions fixes, 1° à toute l'étendue de la face exierne de l'apophyse ptérygoïde , et à la facette de l'apophyse palatine qui la termine en bas ; 2° à la crête qni sépare la fosse temporale de la fosse zygomatique, et à une apophyse en forme d'épine , qui me paraît digne d'être mentionné* , et qui se voit à l'extrémité

Figure.

PTERYGOÏDIEN EXTERNE. 235

interne de cette crêle. Ses insertions mobiles ont lieu dans la fossette creusée en avant du col du condyle de l'os maxillaire inférieur, et à la circonférence du cartilage interarticulaire de l'articulation temporo-maxillaire.

L'insertion supérieure ou plérygoïdienne se fait par des aponévroses fortes et prolongées. dans l'épaisseur du muscle. De là les fibres charnues se portent horizontalement de dedans eri dehors et d'avant en arrière, forment d'abord deux corps charnus distincts, entre lesquels passe souvent l'artère maxillaire interne, convergent, se confondent, et se terminent par de petits faisceaux aponévrotiques qui constituent le sommet tronqué du cône représenté par le muscle, et vont s'insérer et au col du condyle, et au cartilage interarticulaire.

Rapports. Profondément placé , ce muscle répond en dehors à la branche de la mâchoire inférieure , au muscle temporal et à l'artère maxillaire interne; en dedans, au ptérygoïdien interne; en haut , à la paroi supérieure de la fosse zygo matique.

Action. L'axe du ptérygoïdien externe étant dirigé de dedans en dehors et d'avant en arrière, et le point fixe étant à l'apophyse ptéiyguïde, on conçoit que sa contraction doive avoir pour résultat un double mouvement horizontal, savoir: un mouvement en avant et un mouvement par lequel l'os est porté du côté opposé à celui qu'occupe le ptérygoïdien qui agit. Lorsque les deux ptérygoïdiens externes agissent simultanément, la mâchoire inférieure est portée directement en avant. Il résulte de l'insertion du ptérygoïdien externe au cartilage interarticulaire , que , dans les mouvements de la mâchoire inférieure , le cartilage interarticulaire n'abandonne jamais le condyle. Ce muscle ptérygoïdien externe joue le principal rôle dans le déplacement du condyle, à la suite des fractures de son col. Le muscle ptérygoïdien externe est évidemment l'agent principal du broiement.

Mobiles.

Insertion plérygoïdienne.

Direction des

fibres.

Insertion condylienne.

Rapports.

Action.

Double mouvement horizontal.

Effets de la contraction simultanée- des deux ptérygoïdiens externes.

236 MYOLOGIE.

Situation;

MUSCLES

DES

MEMBRES THORÂCIQUES.

Les muscles des membres thoraciques se divisent, d'après la région qu'ils occupent : 1° en muscles de l'épaule , 2° en muscles du bras, 3° en muscles de l'avanl-bras, h° en muscles de la main.

Page 1