‹ Traite d'anatomie descriptiveChapitre 163 sur 282 · LYMPHATIQUES DU CŒUR · texte numérisé non relu

LYMPHATIQUES DU CŒUR

allant assez profondément, quelquefois près de la surface pleurale. Ces vaisseaux lymphatiques profonds suivent exactement le trajet des grosses divisions bronchiques et, au niveau d'une bifurcation de celles-ci, le tronc lymphatique se bifurque également pour former deux rameaux secondaires. Mais, vers les divisions dernières des bronches, les vaisseaux lymphatiques les abandonnent et gagnent la surface extérieure du poumon, s'anastomosant ainsi avec les réseaux circumlobulaires.

Vers la racine du poumon, les lymphatiques profonds se jettent isolément dans les ganglions bronchiques ; mais le plus souvent ils s'anastomosent avec les vaisseaux superficiels pour former un tronc unique, qui bientôt aboutit à un ganglion.

Des ganglions bronchiques partent d'autres vaisseaux lymphatiques, dont les uns vont aux ganglions trachéens, en passant au-devant de la trachée, dont les autres vont aux ganglions œsophagiens. Les uns et les autres se jettent, soit à gauche, dans le canal thoracique, peu de temps avant sa terminaison : ce sont les plus nombreux ; soit à droite, dans la grande veine lymphatique du côté droit. Quelques-uns vont se rendre dans le canal thoracique, avant qu'il se soit dégagé du thorax ; on voit aussi plusieurs de ces vaisseaux se terminer directement dans la veine jugulaire interne et dans la veine sous-clavière.

Je dois faire observer que, par une conséquence de la disposition anatomique indiquée, les ganglions cervicaux sus-claviculaires s'engorgent quelquefois dans les maladies du poumon.

h. Vaisseaux lymphatiques du cœur. Les lymphatiques du cœur ont été divisés en superficiels et en profonds.

Les lymphatiques superficiels sont très-nombreux; placés au-dessous du feuillet viscéral du péricarde, ils forment un réseau très-serré ; on voit même, vers la pointe du cœur, clans l'angle de division des dernières branches vasculaires sanguines, des réseaux ou des radicules qui semblent s'enrouler sur elles-mêmes et tourbillonner comme les fibres charnues. Les vaisseaux lymphatiques qui partent de ce réseau peuvent être distingués en antérieurs et en postérieurs, relativement au trajet qu'ils parcourent. Les uns, en effet, se dirigent vers le sillon antérieur, s'anastomosent et forment un tronc unique, tronc lymphatique gauche, qui gagne la base du cœur en suivant ce sillon, reçoit une branche qui contourne d'arrière en avant la base du ventricule gauche, pour se jeter, derrière l'artère pulmonaire, dans un ganglion situé sous la crosse aortique. Les autres occupent le sillon postérieur ; le vaisseau lymphatique terminal qui en part, tronc lymphatique droit, commence au sommet du cœur, parcourt le sillon longitudinal postérieur et, arrivé au niveau du sillon auriculo-ventriculaire, se coude pour parcourir la portion droite de ce sillon, arrive en dernière analyse sur la partie antérieure de la crosse de l'aorte, où il monte en serpentant et se perd dans un ganglion sus-aortique. Il reçoit dans sa portion verticale de petites branches provenant des ventricules, dans sa portion horizontale des branches émanant des oreillettes.

Les lymphatiques profonds naîtraient, suivant les uns, de la membrane interne du cœur, suivant d'autres, du tissu musculaire lui-même. Leurs radicules forment un réseau qui tapisse toute la surface interne du cœur, tant des oreillettes que des ventricules, et qui s'avance jusque sur les valvules auriculoventriculaires. De ce réseau partent des troncs dont les uns se dirigent en bas, vers la pointe du cœur, passent entre les fibres musculaires, s'anastomosent

lisse jettent

dans les

ganglions

bronchiques

Marche des lymphatiques qui

partent des ganglions

bronchiques

Lymphatiques du cœur.

Superficiels.

Tronc lymphatique gauche.

Tronc lymphatique droit.

Profonds.

ANGÉI0L0G1E.

Lymphatiques du thymus et du

péricarde.

Lymphatique de l'œsophage.

avec les lymphatiques superficiels et se séparent ensuite pour s'engager, soit dans le sillon longitudinal antérieur, soit dans le sillon interventriculaire postérieur, tandis que les autres traversent les parois ventriculaires au voisinage de la base des ventricules et se réunissent également aux lymphatiques superficiels antérieurs et postérieurs.

c. et d. Vaisseaux lymphatiques du thymus et du péricarde. Les lymphatiques du thymus et du péricarde vont, les premiers, dans les ganglions situés à la base du cou, les seconds, peu nombreux et de petit calibre, dans les ganglions diaphragmatiques pour les inférieurs, et dans les ganglions bronchiques pour les supérieurs.

e. Vaisseaux lymphatiques de l'œsophage. Les vaisseaux lymphatiques de l'œsophage commencent sur la membrane muqueuse par des réseaux à mailles longitudinales, injectés pour la première fois par M. Bonamy ; ils traversent manifestement la tunique musculeuse de ce conduit, pour aller se jeter dans les ganglions voisins qui sont situés dans le médiastin postérieur.

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