LLV.O
ment. Leur présence prévient les effets de la distension de la moelle dans les divers mouvements qu'exécute la colonne vertébrale.
La moelle épinière offre à considérer une face antérieure, une face postérieure et deux faces latérales.
La face antérieure (fig. 104) présente, sur la ligne médiane, une bandelette fibreuse qui mesure toute la longueur de la moelle et qui masque le sillon médian antérieur.
La face postérieure (fig. 1 03) n'offre pas, au premier abord, de trace de sillon médian : aussi ce sillon a-t-il été rejeté par plusieurs anatomistes, et nommément par Huber; mais, avec un peu d'attention, on reconnaît un trait linéaire trèsdélié, qui décèle la présence de ce sillon médian postérieur, sur lequel je vais revenir.
De chaque côté de la ligne médiane, sur l'une et l'autre face de la moelle, se voit la série linéaire des racines des nerfs rachidiens, racines divisées en antérieures et en ■postérieures. Les différences de nombre et de volume que présentent ces deux ordres de racines, différences que nous indiquerons ailleurs, permettent de distinguer, à la première vue, la face antérieure de la face postérieure de la moelle.
Si l'on arrache ces racines, on voit que le lieu de leur implantation est marqué par des points déprimés, dont la succession constitue, sur chaque face, deux sillons, décrits avec beaucoup de soin par Chaussier sous le nom de sillons collatéraux de la moelle. Ou ne saurait rejeter le sillon collatéral postérieur, mais je crois ne devoir point admettre le sillon collatéral antérieur.
Les faces latérales de la moelle sont arrondies, plus étroites que les faces antérieure et postérieure ; on y cherche en vain le sillon admis par quelques auteurs. C'est sur ces faces que s'attache le ligament dentelé.
Ligament dentelé.' Ainsi nommé à cause des prolongements denticulés qu'il présente en dehors, au niveau de chaque paire de nerfs, le ligament
(*) rac.post., racines postérieures des nerfs rachidiens. — Gang, sp., ganglions spinaux. — br. an., branches antérieures des nerfs rachidiens. — Péd. c. t., pédoncules cérébelleux inférieurs. — Péd. c. m., pédoncules cérébelleux moyens. — Péd. c. s., pédoncules cérébelleux supérieurs. — Tub. cm., tubercules quadrijumeaux. — 1, ruban de Reil. — 2, sillon médian. — 3-, sillon collatéral postérieur, après l'arrachement des racines postérieures. — S, ligament coccygien.
Face postérieure de la mclle, du bulbe et de la protubérance (d'après L. Hirschfeld) (*).
MOELLE ÉPINIÈRE
Fig. 106.
dentelé, est une languette fibreuse extrêmement ténue, longeant la partie latérale de la moelle épiniére. 11 adhère intimement au névrilème, dans toute son étendue, par son bord interne, qui est très-mince ; par son bord externe, libre et plus épais, il donne des espèces de dents qui viennent s'implanter sur la dure-mère dans l'intervalle des conduits que cette membrane fournit aux nerfs. La première dentelure de ce ligament, qui peut être considérée comme son origine, est très-prolongée ; elle se voit sur les côtés du trou occipital, entre l'artère vertébrale et le nerf spinal; la dernière dentelure, qui est la vingtième ou la vingt et unième, est la terminaison du ligament et répond à peu près au niveau de l'extrémité inférieure de la moelle. La forme, la ténuité et la longueur de ces dentelures varient beaucoup.
Le ligament dentelé est évidemment de nature fibreuse et ne saurait être regardé, avec Bonn, comme une production de l'arachnoïde.
Quant à la question de savoir s'il est un prolongement de la dure-mère, une émanation du névrilème, ou bien enfin un ligament propre, ce sont là des questions oiseuses.
Le ligament dentelé paraît avoir le double usage de concourir à la fixité de la moelle épiniére et de séparer les racines antérieures des nerfs rachidiens de leurs racines postérieures.
Texture de la moelle. La moelle épiniére, étudiée dans sa texture, présente à considérer 1° une gaine propre, constituée par la piemère rachidienne et que nous appellerons névrilème, à raison de son analogie avec le névrilème des nerfs, et 2° un tissu proper.