‹ Traite d'anatomie descriptiveChapitre 208 sur 282 · Voûte à trois piliers · texte numérisé non relu

Voûte à trois piliers

Préparation. — Découvrir toute la face supérieure du corps calleux en enlevant la portion supérieure des hémisphères; ouvrir les ventricules latéraux par deux incisions antéro-postérieures pratiquées à 1 centimètre de la ligne médiane ; sectionner transversalement le corps calleux et la bandelette géminée qui y adhère, vers le tiers postérieur de cette commissure, dont on renversera la portion antérieure en avant et la portion postérieure en arrière.

La voûte à trois piliers ou le trigone cérébral [bandelette géminée, Reil) est un arc médullaire subjacentau corps calleux, auquel il est continu et concentrique en arrière, et qull abandonne en avant pour se porter verticalement en bas, en décrivant une courbe inscrite dans celle du corps calleux. C'est l'intervalle triangulaire qui sépare la partie antérieure de la voûte du corps calleux qui est rempli par la cloison transparente. C'est à tort que Winslow a ajouté au nom de voûte {fornix), usité par les anciens, l'épithète de à trois piliers, qui n'exprime qu'une simple apparence, car il existe réellement quatre piliers, dont deux antérieurs, très-rapprochés, et deux postérieurs, trèsécartés.

La voûte se présente sous l'aspect d'un triangle isocèle, dont l'angle antérieur est très-allongé et ne tarde pas à se bifurquer, dont les angles posté-

Forme

de la voûte.

Figure.

La voûte est constituée par deux

cordons médullaires.

Rapports de la face supérieure de la \oûte.

Rapports de la face

inférieure de la voûte.

Bords.

Piliers antérieurs de la voûte.

Chaque pilier antérieur va se rendre

au

tubercule

rnamillaire

corres-

pondaat.

Origine

profonde du

pilier

antérieur.

rieurs s'écartent brusquement en dehors et en bas, pour se prolonger dans la portion inférieure ou réfléchie des ventricules latéraux sous le nom de corps frangés ; ou plutôt, la voûte est constituée par deux cordons médullaires qui se portent, en convergeant, d'avant en arrière, s'adossent bientôt, vont s'élargissant et s'aplatissant de haut en bas, et se séparent en divergeant brusquement au niveau de la portion réfléchie des ventricules latéraux, dans laquelle ils plongent. La voûte représente donc une espèce d'as horizontal, dont les branches antérieures sont très-rapprochées et très-courtes, les branches postérieures, très-écartées et très-longues. Le nom de voûte n'est vraiment applicable qu'à la portion de ces cordons qui est adossée au corps calleux.

La face supérieure de la voûte, convexe, plus large en arrière qu'en avant, répond, sur la ligne médiane, à la cloison transparente en avant, et au corps calleux en arrière. Les bords contigus des deux rubans dont se compose le trigone se renversent en haut, adhèrent à la face inférieure du corps calleux et forment une cloison verticale qui continue en arrière la cloison transparente. Aussi considère-t-on assez généralement les fibres médullaires de la cloison transparente comme étant continues avec celles de la voûte.

Les parties latérales des rubans sont libres et font partie du plancher des ventricules latéraux. Quelquefois les plexus choroïdes sont renversés sur la face supérieure de la voûte.

La face inférieure de la voûte appuie sur la toile choroïdienne supérieure, paroi supérieure du ventricule moyen, et recouvre la partie interne des couches optiques. En s'écartant l'un de l'autre pour plonger dans la portion réfléchie du ventricule latéral, les deux rubans médullaires laissent à découvert la face inférieure du corps calleux dans un espace triangulaire remarquable par la direction transversale des faisceaux blancs : c'est cet intervalle qui a reçu le nom de lyre.

Les bords de la voûte sont libres, concaves, minces, côtoyés et souvent recouverts par les plexus choroïdes. Ils sont logés dans l'angle que forment, en se réunissant, la toile choroïdienne supérieure et les plexus choroïdes des ventricules latéraux, et se continuent, à leurs extrémités, avec les piliers de la voûte.

Les deux bandes médullaires de la voûte, réunies en avant, semblent se confondre et constituer ce qu'on appelait le sommet ou pilier antérieur de la voûte. Mais un examen plus attentif ne tarde pas à démontrer qu'elles sont simplement contiguës et toujours séparables ; qu'elles s'écartent l'une de l'autre en avant, pour aller gagner la partie antérieure de la face interne des couches optiques et former les deux piliers antérieurs de la voûte. En suivant ces piliers sur une coupe antéro-postérieure du cerveau, on voit chaque pilier \ antérieur plonger dans la substance grise du tegmentum de son côté, derrière la commissure antérieure, et descendre obliquement en bas et en arrière, vers le tubercule rnamillaire correspondant, pour l'envelopper d'une écorce blanche, puis, subissant un double mouvement de torsion et de réflexion en huit de chiffre, se porter en haut et en dehors, vers le tubercule antérieur de la couche optique, où l'on voit ses fibres s'étaler en pinceau.

Le pilier antérieur ne naît donc point du tubercule rnamillaire ; il a une origine bien plus profonde, déjà figurée par Vicq-d'Azyr et dont Reil a mieux décrit la disposition. Cette origine a lieu, suivant ce dernier anatomiste, dans Pépaisseur de la couche optique ; je l'ai suivie plus loin que Reil, jusqu'au

CONFORMATION INTERIEURE DU CERVEAU-

taenia semi-circulaire ; ou plutôt ce taenia semi-circulaire, qui se voit dans le ventricule latéral, entre le corps strié et la couche optique, et qui semble faire suite au tubercule quadrijumeau antérieur, se divise en deux bandelettes, qu'on peut considérer comme les racines du pilier antérieur. De ces deux bandelettes ou racines, l'une est superficielle et facile à découvrir sans préparation ; l'autre, profonde, s'enfonce dans la couche optique, se porte d'arrière en avant, gagne le tubercule mamillaire, qu'elle forme en se renflant, et se recourbe de bas en haut, pour constituer le pilier antérieur.

Après s'être dégagé de la substance grise, qui se prolonge encore le long de son bord antérieur pour se porter sur la cloison transparente, le pilier antérieur se réfléchit d'avant en arrière au devant de la couche optique, et s'aplatit en ruban pour s'appliquer sur cette couche, dont il suit le contour. Au moment où, d'ascendant qu'il était, il devient horizontal, le pilier de la voûte forme un demi-anneau, converti en anneau complet par la partie antérieure de la couche optique. C'est cette ouverture [trou de Monro) qui. établit une communication entre le ventricule moyen et le ventricule latéral.

Parvenu à la partie postérieure de la couche optique, le ruban de la voûte, qui s'était déjà dirigé un peu obliquement en dehors, se porte brusquement et très-obliquement en dehors et en bas, dans la portion réfléchie du ventricule latéral, pour se diviser en deux parties, l'une qui forme l'écorce blanche de la corne d'Ammon et du pied d'hippocampe, l'autre qui suit le bord concave de ce corps et prend le nom de corps frangé (bandelette ou taenia de l'hippocampe), corps bordé. Nous reviendrons sur cette disposition à l'occasion du ventricule latéral.

Les rubans de la voûte reçoivent, en outre, d'autres fibres blanches, qui multiplient singulièrement leurs connexions. Ainsi, au milieu de la substance grise qu'ils traversent, les piliers antérieurs reçoivent quelques fibres médullaires, dont les unes naissent de cette substance, dont les autres viennent du chiasma des nerfs optiques ; au moment où ils émergent de la substance grise, dans le point précis où leur direction, de verticale qu'elle était, devient horizontale, ils reçoivent un cordon considérable fourni par la couche blanche qui recouvre la couche optique, cordon auquel se joignent : a. le cordon de couronnement de la couche optique, qui est la suite du pédoncule du conarium ; b. les fibres les plus superficielles du taenia semi-circularis, dont nous parlerons plus loin ; ces fibres, que je considère comme une des racines du pilier antérieur, constituent un cordon blanc remarquable, qui se renverse brusquement d'avant en arrière pour se continuer avec la voûte. Enfin, ils reçoivent, ou peut-être ils donnent les fibres blanches rayonnées qui constituent la cloison transparente.

Racines du pilier antérieur.

Trajet des piliers

d'avant en arrière.

Trou de Monro.

Les corps frangés ou

pieds d'hippocampe

sont la continuation

des piliers

postérieurs.

Fibres de renforcement.

Page 1