‹ Traite d'anatomie descriptiveChapitre 35 sur 282 · Vertébrale · texte numérisé non relu

Vertébrale

Branches

collatérales.

L 'artère vertébrale (III), destinée au centre nerveux encéphalo-médullaire, fournit plus particulièrement à la moelle épinière, à la protubérance, au cervelet et à la partie postérieure du cerveau.

Fiç. 28.

Vcr.t,,,. r„ù.t.

t-EME.ILLE.llEL

£. \ERMORCKEH. i

Artères de la face interne d'un hémisphère cérébral (d'après L. Hirschfeld). (*)

'(*) krt.vert., artère vertébrale. — Cér.inf.pcst., artère cérébelleuse inférieure et postérieure. — Tr.bas., tronc basilaire. — - Vrot.an., protubérance annulaire. — Cérébr.m, artère cérébrale moyenne.

— Cérébr.a., artère cérébrale antérieure. — Pe'd.c, pédoncule cérébral coupé. — Hém.g., hémisphère gauche. — Cloia.tr., cloison transparente. — Yoût., voûte à trois piliers. — Venl.m., ventricule moyen.

— C.call., corps calleux. — Crl.pin., glande pînéale. — Tub.q., tubercules quadrijumeaux. — Cerv., cervelet.

116 ANGÉI0L0G1E.

Calibre. C'est la première et la plus volumineuse des branches collatérales de la sous-

clavière, dont elle semblerait, chez quelques sujets, une branche de bifurcation. 11 est assez ordinaire de rencontrer une très-grande inégalité de calibre entre les deux vertébrales : Morgagni dit avoir vu la vertébrale droite quatre fois plus volumineuse que la gauche; j'ai trouvé, dans un cas, cette dernière remplacée par un rameau extrêmement grêle, origine. Origine. Elle naît de la partie supérieure et postérieure de la sous-clavière, au

moment où ce tronc s'infléchit sur le sommet du poumon. Souvent la vertébrale gauche vient directement de la crosse de l'aorte, entre la carotide primivariétés. tive et la sous-clavière du môme côté. On a vu la vertébrale droite naître dans l'angle de bifurcation du tronc innommé, entre la carotide primitive et la sous-clavière droites. D'autres fois la vertébrale naissait par deux racines, provenant toutes deux de la sous-clavière ou l'une de la sous-clavière et l'autre de la crosse de l'aorte (1).

Trajet. Trajet. Immédiatement après s'être détachée de la sous-clavière, la vertébrale

Direction se porte en haut et un peu en arrière, pénètre entre les apophyses transverses verticale. (]e ia septième et de la sixième vertèbre cervicale, pour traverser le trou dont est percée, à sa base, l'apophyse transverse de cette dernière, continue son trajet ascendant à travers les trous des apophyses transverses cervicales, décrit de légères sinuosités en passant de l'une à l'autre, et arrive ainsi à l'axis. Là, Elle décrit elle décrit une première grande courbe, verticale, entre l'atlas et l'axis, puis une deux deuxième grande courbe, horizontale, entre l'occipital et l'atlas (2), traverse la dure-mère et pénètre dans le crâne par le trou occipital. Les deux artères vertébrales se portent ensuite, en convergeant, au-devant du bulbe rachidien et, parvenues au sillon qui sépare la protubérance du bulbe, se réunissent à angle aigu pour constituer le tronc basilaire. Tronc Les deux courbes si remarquables que décrit la vertébrale avant son entrée

t.asiiaire. (jans \e crâne sont en harmonie avec celles que décrit la carotide interne dans le canal carotidien et le sinus caverneux. J'ai vu la vertébrale très-flexueuse à la partie inférieure du cou, avant son entrée dans le chemin couvert que lui offrent les apophyses transverses des vertèbres cervicales.

(l)Une des variétés d'origine les plus remarquables de l'artère vertébrale est la suivante, observée par Dubrueil : sur une femme de quarante-cinq ans, les artères vertébrales ne provenaient ni l'une ni l'autre des artères sous-clavières ; la vertébrale gauche émergeait directement de la crosse de l'aorte, entre la sous-clavière et la carotide primitive gauche ; la vertébrale droite provenait de la carotide primitive droite, à 4 millimètres au-dessus de la naissance de cette dernière. Les deux artères marchaient parallèlement au-devant de la colonne vertébrale, jusqu'à la troisième vertèbre cervicale, et s'engageaient dans les trous des apophyses transverses de cette vertèbre, après avoir fourni, le long de ce trajet, plusieurs petites branches supplémentaires des cervicales profondes, qui manquaient complètement. Dans ce cas, l'artère sous-clavière ne donnait donc naissance qu'à cinq branches collatérales.

Sur une pièce présentée par A. Leroux à la Société de biologie, l'artère cervicale gauche s'anastomosait à plein canal et à angle droit avec la vertébrale, au moment où celle-ci allait entrer dans le crâne. A droite, l'anastomose était également transversale, mais Tartère cervicale ne semblait pas se terminer dans la vertébrale aussi manifestement qu'à gauche ; dans la moitié de son trajet, elle paraissait divisée en deux branches, l'une externe musculaire, l'autre interne anastomotique.

(2) Les courbures de l'artère vertébrale ont trait vraisemblablement aux mouvements de la tète sur la colonne vertébrale.

ARTERE SOUS-CLAVIERE.

Il n'est pas rare de voir la vertébrale s'engager dans le canal des apophyses transverses cervicales par le trou de la cinquième vertèbre de cette région ; il n'est pas même fort rare de la voir pénétrer par le trou de la quatrième, de la troisième ou même de la deuxième vertèbre. Il est excessivement rare de la voir s'engager dans le trou de la septième vertèbre cervicale (1).

Rapports. Avant de s'engager dans le trou de la sixième vertèbre cervicale, la vertébrale est très-profondément située sur le rachis, entre les muscles longs du cou et scalène antérieur, derrière l'artère thyroïdienne inférieure. Depuis la sixième vertèbre cervicale jusqu'à l'axis, elle est protégée par le canal couvert que forment la série des trous appartenant aux apophyses transverses cervicales et, dans leurs intervalles, les muscles intertransversaires, et se trouve placée au-devant des nerfs cervicaux. Entre l'axis et l'atlas, d'une part, l'atlas et l'occipital, de l'autre, elle est en rapport avec les muscles grand et petit oblique et grand droit postérieur de la tète. Dans les cas où l'artère vertébrale ne s'engage dans les trous vertébraux qu'au niveau de la troisième ou de la deuxième vertèbre cervicale, elle longe l'artère carotide interne.

Dans le crâne, elle est placée entre la surface basilaire de l'occipital et la face antérieure du bulbe rachidien.

Branches collatérales. La portion cervicale de l'artère vertébrale fournit des rameaux spinaux, qui pénètrent dans le canal vertébral par les trous de conjugaison et se comportent de la même manière que les rameaux spinaux des artères intercostales et lombaires ; plusieurs de ces rameaux proviennent de la cervicale ascendante ou des divisions prévertébrales de la pharyngienne inférieure.

Les deux courbures de la vertébrale émettent un grand nombre de petits rameaux musculaires, qui se distribuent aux muscles profonds de la région cervicale, en s'anastomosant avec les branches de l'occipitale et de la cervicale profonde. Parmi ces rameaux il en est un ou deux qui pénètrent dans le crâne par le trou occipital et se distribuent à la portion de dure-mère qui tapisse les fosses occipitales inférieures et la faux du cervelet : c'est! 'artère méningée postérieure (occipito-méningienne, Chauss.). Sœmmering a signalé un autre petit rameau méningien, qui pénètre dans le crâne le long de la première paire cervicale et qui m'a paru constant.

Dansle crâne, avant de se réunir pour constituer le tronc basilaire, les artères vertébrales fournissent les artères spinales postérieure et antérieure et Y artère cérébelleuse inférieure et postérieure.

A. Artères spinales. Petites artères remarquables par leur gracilité et par leur trajet vertical descendant, inverse de celui de l'artère vertébrale ; on les distingue en antérieure et en postérieure. C'est à tort qu'on considère ces artères comme se continuant jusqu'à la partie inférieure de la moelle : leur ténuité est telle qu'elles ne peuvent fournir à la moelle que clans un trajet très-court; elles ne sont réellement que le commencement de la série des artères spinales, que continuent, dans toute la longueur de la moelle, des branches venues des artères cervicales, dorsales et lombaires.

1° Artère spinale postérieure. Elle se détache de l'artère vertébrale sur les côtés

(l)Pour mon compte, je n'aijamais rencontré cette dernière anomalie; je serais même porté à en révoquer en cloute l'existence, le trou de l'apophyse transverse de la septième vertèbre cervicale n'existant évidemment qu'en vestige.

Variétés de trajet.

Rapports.

Dans

le canal des apophyses

transverses cervicales.

Dans le crâne.

Branches collatérales.

Rameaux spinaux.

Rameaux

musculaires.

Artère méningée postérieure.

Artères

spinales.

Leur trajet

vertical descendant.

Elles ne sont que

le commencement

de la série des rameaux spinaux.

Artère spinale postérieure.

ANGEI0L0G1E.

Sa division en rameau

ascendant et en

rameau descendant.

L'artère

spinale postérieure

est

continuée

par des

branches

cervicales,

dorsales

et

lombaires.

Artère spinale antérieure.

Anastomose des deux artères spinales antérieures pour constituer un tronc médian.

Calibre.

Disposition

du tronc spinal antérieur.

11 acquiert en bas un

volume considérable.

Branches de renforcement pour

le tronc médian antérieur.

Nom lire des

artères

de renfor-

cement.

du bulbe, et quelquefois de la cérébelleuse inférieure, se porte flexueuse en dedans et se divise en rameau ascendant, qui va se rendre sur les côtés du quatrième ventricule, et en rameau descendant; ce dernier chemine en serpentant sur les côtés de la face postérieure de la moelle et se subdivise en deux artérioles. l'une, plus petite, située au-devant des racines postérieures des nerfs spinaux, l'autre, plus considérable, située en arrière de ces racines ; en s'anastomosant entre elles, ces deux artérioles forment, pour chaque paire nerveuse, un réseau dans lequel elle est enlacée et qui communique avec les rameaux correspondants du côté opposé par des branches transversales extrêmement contournées sur elles-mêmes et disposées en aréoles. L'artère spinale postérieure émanée de la vertébrale s'épuise bientôt ; elle est continuée par des rameaux fournis par les branches spinales cervicales, dorsales et lombaires. Ces rameaux se portent de bas en haut, le long des racines postérieures, et, parvenus sur les côtés de la moelle, se divisent en branches ascendantes et en branches descendantes, qui s'anastomosent avec les branches voisines, forment un réseau autour de chaque paire de nerfs et communiquent par des branches flexueuses avec celles du côté opposé.

2° Artère spinale antérieure. Un peu moins grêle que la postérieure, elle se détache de la vertébrale près du tronc basilaire, quelquefois même de ce tronc lui-même ou de la cérébelleuse inférieure ; elle se dirige presque verticalement en bas et un peu en dedans, au-devant du bulbe, et s'anastomose par convergence, à la manière des deux vertébrales, avec l'artère spinale antérieure du côté opposé, pour constituer un tronc médian antérieur, qui se place sous la bandelette nacrée du sillon médian antérieur de la moelle et qui est continué par des rameaux venus des artères cervicales, dorsales et lombaires.

Le tronc spinal médian résulte donc de l'anastomose par convergence des artères spinales antérieures fournies par la vertébrale. Dans un cas, il n'existait pas d'artère spinale gauche; mais la droite avait le double du volume accoutumé.

Considéré dans son ensemble et indépendamment de ses branches d'origine, le tronc médian antérieur présente les dispositions suivantes : volumineux jusqu'au-dessous du renflement brachial de la moelle épinière, il devient excessivement grêle dans toute la portion de moelle intermédiaire au renflement brachial et au renflement terminal; un peu au-dessus de ce dernier, il acquiert tout à coup un calibre considérable, diminue graduellement en approchant de l'extrémité inférieure de la moelle et, devenu très-grêle, se prolonge jusqu'au sacrum avec le fûum terminale.

Chemin faisant, le tronc médian antérieur reçoit des artères de renforcement qui proviennent, au cou, de la cervicale ascendante et delà vertébrale; au dos et aux lombes, des rameaux spinaux des artères intercostales et lombaires. Ces artères pénètrent dans le canal fibreux que la dure-mère fournit à chaque paire de nerfs, s'accolent aux ganglions, auxquels elles donnent quelques rameaux, se mêlent en quelque sorte aux filets d'origine du nerf correspondant, dont elles suivent la direction, envoient un ramusculeen arrière pour l'artère spinale postérieure, et viennent se jeter dans le tronc spinal antérieur, sous un angle variable comme l'insertion des nerfs à la moelle.

Les artères de renforcement ne sont pas, à beaucoup près, en nombre égal à celui des nerfs. Si la disposition que j'ai observée sur trois sujets était constante, il n'y en aurait que trois pour la région cervicale, une ou deux pour

ARTERE SOUS-CLAVIERE.

la portion rétrécie de la moelle et une seule pour le renflement inférieur. Cette dernière offre parfois un certain volume.

Du tronc médian antérieur partent 1° des ramuscules antéro-postérieurs, extrêmement multipliés, qui pénètrent dans le sillon médian et, de là, dans l'épaisseur de chaque moitié correspondante de la moelle ; 2" des rameaux latéraux, qui se portent de chaque côté et se ramifient sur le névrilemme médullaire. B. Artère cérébelleuse inférieure et postérieure (VI). Elle naît en dehors de la vertébrale et quelquefois du tronc basilaire; son calibre, assez considérable (grande cérébelleuse inférieure, Chauss.), est souvent inégal d'un côté à l'autre. Légèrement flexueuse, elle contourne obliquement le bulbe rachidien, en passant entre les filets d'origine du grand hypoglosse, au-devant des racines du pneumogastrique et du glosso-pharyngien, et en croisant le corps restiforme ; devenue postérieure au bulbe, elle occupe les côtés de l'ouverture du quatrième ventricule, se porte d'avant en arrière, entre le lobule médian du cervelet et le lobe latéral, et se divise en deux branches, l'une interne, l'autre externe. La branche interne continue son trajet dans le sillon de séparation du lobule médian et du lobe latéral, fournit au lobule médian et se réfléchit de bas en haut, dans la scissure que présente, en arrière, le cervelet; la branche externe se porte en dehors, à la face inférieure du cervelet, et se divise en un grand nombre de rameaux, qui s'anastomosent avec la cérébelleuse supérieure et peuvent être suivis jusqu'à la circonférence du cervelet.

Ramuscules

Cérébelleuse inférieure et postérieure.

Trajet.

Division de

la cérébelleuse inférieure en deux branches.

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