Artère ischiatique
V ischiatique (IV), qui pourrait, eu égard à sa distribution, porter le nom de fessière inférieure, naît souvent par un tronc commun tantôt avec la fessière, tantôt avec la honteuse interne, derrière laquelle elle est située.
Elle descend au-devant du plexus sacré et du muscle pyramidal, traverse le plexus sacré, sort du bassin entre le pyramidal et le petit ligament sacro-scialique, en même temps que le grand nerf sciatique, qui est situé en dehors, et l'artère honteuse interne, qui est située en dedans et en avant. Hors du bassin, l'ischiatique se divise en 1" branches internes ou transverses, dont les unes se portent transversalement en dedans entre le grand fessier et le grand ligament sacro-sciatique, et dont les autres traversent l'épaisseur de ce ligament pour se jeter dans les attaches internes du grand fessier; plusieurs rameaux se répandent à la peau de la région coccygienne ; 2° branches descendantes, dont la principale se porte à la. face interne du grand fessier, qu'elle pénètre par de nombreux rameaux, lesquels deviennent cutanés à leur terminaison. Un rameau et souvent deux on trois rameaux de l'artère ischiatique se jettent sur la face
ARTÈRE ILIAQUE INTERNE QU II YP0GASTR1QUE. 159
profonde du nerf sciatique, qu'ils accompagnent jusqu'à la partie inférieure de la cuisse. Des divisions de l'artère ischiatique se détachent successivement un grand nombre de ramifications, dont les unes vont aux petits muscles rotateurs,
Fis- 38.
Rameau du grand nerf sciatique.
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Artère fessier e (*).
d'autres à l'insertion supérieure des muscles nés de la tubérosité de l'ischion ; d'autres, enfin, s'anastomosent avec les branches circonflexes et perforantes. Parmi ces anastomoses, je signalerai une anse anastomotique très-considérable formée par l'ischiatique et la circonflexe interne et qui se voit derrière le col du fémur ; cette anse anastomotique est un des principaux moyens de communication entre l'artère hypogastrique et l'artère fémorale.
(*) l, crête iliaque. — 2, fosse iliaque externe. — 3, tubérosité de l'ischion. — 4, grand ligament sacrosciatique.
Gr. f., muscle grand fessier, dont on a enlevé la majeure partie. — M. f., moyen fessier, enlevé en partie. — P. f. , petit fessier. — Py., pyramidal. — 06. t., obturateur interne. — iwm,., jumeaux. — Ca. f., carré fémoral.
¥es., artère fessière. — \?es i, branche profonde de la fessière. — ¥cs. 2, branche superficielle.
et anasto-
motiques.
Anse anastomotique formée par l'ischiatique
et la circonflexe interne.
AN.GEIOLOGIE.
Branche terminale.
Artère honteuse interne.
Importance
de son
étude.
Son trajet.
Sa sortie du
bassin avec l'artère ischiatique.
Sa réflexion sur l'épine sciatique.
Elle s'accole à la tubérosité
de l'ischion.
Sa division en branche
superficielle ou périnéale
et en branche profonde ou pénienne.
Branches
collatérales 1° Hémorrhoïdales
externes ou
inférieures;
2° Branches
périostiques et musculaires ;
3° Branche anastomotique.
Branches
terminales de la honteuse interne chez
Branche superficielle
du périnée.
F.lle devient
artère de la cloison.
Variété.
L'artère honteuse interne (IV), destinée au périnée et aux parties génitales externes, est de toutes les branches pelviennes la plus importante à étudier, à raison des considérations pratiques auxquelles donne lieu sa distribution. Moins volumineuse que l'ischiatique, qui la fournit quelquefois, soit peu après son origine, soit au moment où elle va sortir du bassin, cette artère se porte, flexueuse, de haut en bas, au-devant du plexus sacré et du muscle pyramidal, parallèlement à l'artère ischiatique, qui lui est postérieure, sort du bassin par la grande échancrure sciatique, entre le pyramidal et l'épine sciatique, se réfléchit sur cette épine, qu'elle contourne d'arrière en avant, de manière à embrasser successivement son bord postérieur, sa face externe, son bord antérieur, et vient se placer entre les deux ligaments sacro-sciatiques, non pour rentrer dans le bassin, comme on dit généralement, mais pour s'appliquer contre le bord inférieur de l'enceinte pelvienne. Devenue ascendante, de descendante qu'elle était jusque-là, l'artère honteuse s'accole à la face interne de la tubérosité de l'ischion, ou plutôt à celle du muscle obturateur interne, contre lequel elle est maintenue par une lame aponévrotique ; séparée du releveur de l'anus par une grande quantité de graisse, elle parvient au niveau du bord postérieur du muscle transverse et se divise en deux branches, l'une inférieure ou superficielle, ou périnéale, l'autre supérieure ou profonde, ou pénienne chez l'homme, clitoridienne chez la femme (1).
Branches collatérales. Pendant son trajet dans le bassin, la honteuse interne fournit quelques rameaux à la vessie, au rectum, à la prostate, chez l'homme, au vagin, chez la femme; assez souvent elle donne l'hémorrhoïdale moyenne. Au moment où elle contourne l'épine sciatique, elle abandonne quelques rameaux aux muscles rotateurs de la cuisse. A la face interne de la tubérosité de l'ischion, elle fournit 1° une ou plusieurs branches internes appelées hémorrhoïdales externes ou inférieures, qui vont à l'extrémité inférieure du rectum, au sphincter, au releveur de l'anus et à la peau; 2° des branches externes, les unes périostiques, pour la tubérosité de l'ischion, les autres musculaires, pour les muscles qui naissent de cette tubérosité ; 3° une branche anastomotique trèsimportante, qui se porte entre la grosse tubérosité ischiatique et le grand trochanter pour s'anastomoser avec l'ischiatique et la circonflexe interne.
Branches terminales. Elles doivent être étudiées séparément chez l'homme et chez la femme.
1° Chez l'homme. — a. V artère superficielle du périnée ou périnéale (V), plus petite que la branche supérieure, se porte d'arrière en avant et de dehors en dedans, dans l'espace celluleux qui sépare le muscle ischio-caverneux du bulbocaverneux, au-dessus de l'aponévrose superficielle du périnée, qui la sépare de la peau, au-dessous du muscle transverse-, elle arrive ainsi dans l'épaisseur du dartos, sur les côtés de la ligne médiane, où elle prend le nom d'artère de la
Cl) Une variété importante dans le trajet de cette artère a été indiquée par Burns, qui a vu, chez l'homme, le tronc de la honteuse ne point sortir de la cavité pelvienne, marcher sur les côtés du bas-fond de la vessie, puis traverser la partie supérieure de la prostate, pour se terminer comme de coutume.
ARTÈRE JLIAQUE INTERNE OU HYPOGASTRIQUE.
Branche profonde ou
pénieune.
Artère du
bulbe ou
transverse
du périnée.
cloison, et se distribue au scrotum et à la peau de la verge, en s'anastomosant avec les honteuses externes et avec la spermatique.
Chemin faisant, l'artère périnéale donne des rameaux à l'ischio-caverneux, au bulbo-caverneux, au sphincter de l'anus, ainsi qu'aux téguments de la région. Parmi ces rameaux, il en est qui longent le bord postérieur du muscle transverse et qui sont quelquefois assez considérables pour donner lieu à une hémorrhagie quand ils sont divisés dans l'opération de la taille.
b. L'artère pénienne (IV) est la continuation du tronc de la honteuse interne, sous le rapport du volume aussi bien que sous celui de là direction ; elle marche accolée à la branche ascendante de l'ischion, au-dessus du muscle transverse, qu'elle traverse quelquefois, au-dessus du muscle ischio-caverneux et de la racine du corps caverneux, et, parvenue à l'angle de réunion des racines des corps caverneux, elle se divise en deux rameaux, dont l'un est Y artère dorsale de la verge, l'autre, Y artère caverneuse.
Dans ce trajet, l'artère pénienne fournit un rameau collatéral fort important, Y artère du bulbe ou artère transverse du périnée (IV). Aussi volumineuse que la superficielle du périnée, quelquefois double, cette artère naît ordinairement au niveau du bulbe, se porte transversalement en dedans, placée dans l'épaisseur de l'aponévrose périnéale moyenne, pénètre dans le bulbe et lui fournit des ramifications, puis se réfléchit d'arrière en avant, dans l'épaisseur de la portion spongieuse de l'urèthre, et peut être suivie jusqu'à la partie moyenne de cette portion spongieuse. Chemin faisant, elle fournit au tissu spongieux de l'urèthre de nombreuses ramifications qui s'anastomosent avec celles de l'artère bulbeuse, du côté opposé et de l'artère dorsale de la verge. Elle fournit, en outre, quelques ramuscules à l'ischio-caverneux, au bulbe caverneux et aux glandes de Cowper (1).
L'artère dorsale de la verge est quelquefois la seule branche de terminaison de la honteuse interne, et alors un rameau très-délié remplace l'artère caverneuse, qui, dans ce cas, provient d'une autre source. Cette artère gagne la face dorsale de la verge en passant entre la symphyse du pubis et la racine du corps caverneux correspondant, traverse le ligament suspenseur de la verge, parcourt, très-flexueuse, la région dorsale de cet organe, placée sur le côté de la ligne médiane, parallèlement à celle du côté opposé, dont elle est séparée par la veine dorsale et maintenue à la surface du corps caverneux par une lame fibreuse, et se termine à la base du gland en se ramifiant dans l'épaisseur du prépuce et du gland, autour de la base duquel elle forme une espèce de couronne, et en s'anastomosant en arcade avec l'artère dorsale du côté opposé.
Elle fournit : 1° des ramifications au fourreau de la verge et à la partie supérieure du scrotum ; 2° des branches qui traversent l'albuginée et se répandent dans les corps caverneux ; 3° des branches externes, très-ténues, qui contournent obliquementles corps caverneux, fournissent des ramifications extrêmement fines à la tunique albuginée et pénètrent dans le sillon qui sépare l'urèthre du corps caverneux, pour se terminer dans le tissu spongieux (2).
(1) Lorsque l'artère du bulbe vient de l'obturatrice, la honteuse interne n'envoie au Variétés de
bulbe qu'un rameau rudimentaire. C'est l'artère honteuse qui fournit aux glandes de 1 artère du ., bulbe.
Cowper.
(2) J'ai vu la dorsale de la verge fournie par une honteuse externe ; elle se détachait De la dor de cette dernière immédiatement au-dessus de l'embouchure de la veine saphène dans la veine fémorale, décrivait à l'aine une courbe à concavité inférieure et venait se porter
CnuvF.it.HiEu et Sée, 5e édition. III. — Il
Rameaux terminaux.
Artère dorsale de la verire.
Ses divisions.
sale de la verse.
ANGEI0L0G1E.
Artère caverneuse.
Brandies terminales de la honteuse interne chez la femme.
b. V artère caverneuse (IV) est aussi quelquefois la seule branche de terminaison de la branche pénienne, la dorsale étant alors fournie par une autre source. J'ai vu la caverneuse venir de l'obturatrice. Dans tous les cas, elle pénètre dans le corps caverneux correspondant par la racine, longe la cloison et se ramifie dans la trame aréolaire du corps caverneux. (V. Splanchnologie , p. 388.)
J'ai vu l'artère dorsale de la verge et l'artère caverneuse naître de l'hypogastrique, par un tronc commun qui se portait directement d'arrière en avant, pour se diviser immédiatement. La même disposition existait des deux côtés. L'artère honteuse interne fournissait une petite artère caverneuse.
2° Chez la femme, les branches terminales de la honteuse interne présentent les dispositions suivantes : 1° la branche inférieure ou superficielle, plus volumineuse que la branche clitoridienne, mérite le nom d'artère de la grande lèvre, dans l'épaisseur de laquelle elle se termine ; 2° la branche supérieure on profonde, ou clitoridienne, marche accolée contre la tubérosité, puis contre la branche ascendante de l'ischion, fournit une artère transverse, qui se porte au bulbe du vagin, et se termine par la dorsede du clitoris et la caverneuse du clitoris, rameaux dont le faible volume est en rapport avec les petites dimensions de l'organe.
Description générale du tronc
du membre inférieur.
Sa division artificielle.
Ses branches de terminaison.
Limites de l'iliaque externe.
Calibre.
Trajet.
Rapports.