Veine jugulaire externe
La veine jugulaire externe est une veine superficielle qui occupe la partie latérale et antérieure du cou et qui ramène plus ou moins complètement le sang distribué par la carotide externe. Elle est limitée supérieurement par l'angle de la mâchoire, suivant les uns, par le col du condyle, suivant les autres ; je préfère la première délimitation. Elle est limitée inférieurement par la clavicule, derrière laquelle elle s'abouche dans la veine sous-clavière, immédiatement en dehors de la veine jugulaire interne et quelquefois au même niveau que cette veine, mais sur un plan antérieur.
Ordinairement unique, la jugulaire externe est quelquefois double et, dans ce cas, tantôt ce sont les branches d'origine de cette veine qui se réunissent seulement à la partie inférieure du cou, tantôt c'est une petite branche collatérale qui, née de la partie supérieure de la jugulaire externe, longe le côté externe de cette veine et vient s'ouvrir dans sa portion inférieure, au-dessus de son embouchure ; d'autres fois, c'est la veine jugulaire externe qui se bifurque avant de s'ouvrir dans la sous-clavière.
Le calibre de la jugulaire externe, extrêmement variable, souvent inégal d'un côté à l'autre, n'est pas le même dans les divers points delà longueur du vaisseau. La jugulaire externe présente presque toujours une ampoule ou dilatation ovoïde, plus ou moins considérable, au voisinage de son embouchure. Le calibre de la jugulaire externe est en raison inverse de celui des autres veines jugulaires du môme côté et du côté opposé. Il peut être congénital ou acquis ; les différences originelles tiennent à ce que la jugulaire externe reçoit un nombre plus ou moins grand de branches veineuses ; les différences acquises, soit à ce que les individus exercent une profession qui exige de grands efforts de respiration,
(1) Nous verrons, a l'occasion des veines rachidiennes, qu'il existe à la région postérieure du cou une veine qu'on peut appeler veine jugulaire postérieure.
VEINES JUGULAIRES
soit à. ce que la circulation veineuse profonde a été gênée par un obstacle pathologique.
Fig. 49.
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Veines du cou (*).
(*) 1 , apophyse mastoïde. — 2, mâchoire inférieure. — 3, apophyse transverse de l'atlas. — i, apophyse transverse de la 7e vertèbre cervicale. — 5, clavicule. — 6, acroraion.
mass., muscle masséter. — dig., ventre antérieur du digastrique. — th.hy., muscle thyro-hyoïdien. — st.mast., sterno-mastoïdien. — scal a., scalène antérieur. — g.pect., grand pectoral. — delt., deltoïde. — sus-ép., sus-épineux. — tr.ép., transversaire épineux. — trap., trapèze. — p.dr.p., petit droit postérieur de la tête.
Temp., veine temporale, — Fac, veine faciale. — Th.s., veine thyroïdienne supérieure. — Zug.i., jugulaire interne. — A.car.p., artère carotide primitive. — iag. a., jugulaire antérieure. — S. cl., veine sousclavière. — Scap.s., veine scapulaire supérieure. — Cëph., veine céphalique. — A. s cl., artère sousclavière. — iug.e,, jugulaire externe. — Scap.p., veine scapulaire postérieure. — lug.p., jugulaire postérieure. — A.car.e., artère carotide externe. — Oec, veine occipitale. — Kur.p., veine auriculaire postérieure.
CiiuVEtr.iiiF.n et Sée, 5e édition.
ANGEIOLOGIE.
Rapports
De sa fane superiicielle
De sa face
profonde.
Rapports
avec les
nerfs.
Ses valvules.
Branches collatérales antérieures;
Postérieures.
d'origine.
Communication entre les veines
La direction de la jugulaire externe est oblique de haut en bas et d'avant en arrière ; le vaisseau croise à angle très-aigu le muscle sterno-cléido-mastoïdien et chemine, au contraire, parallèlement aux fibres du muscle peaucier. Une ligne étendue de l'angle de la mâchoire à la partie moyenne de la clavicule donne parfaitement cette direction. Arrivée à la clavicule, la jugulaire externe s'infléchit d'arrière en avant et s'ouvre dans la veine sous-clavière, tantôt immédiatement, tantôt après un trajet horizontal de quelques millimètres.
Rapports. La veine jugulaire externe parcourt successivement les régions sterno-mastoïdienne et sus-claviculaire. Elle est, dans toute son étendue, recouverte par le peaucier, qui la sépare de la peau ; de là le précepte de diviser la jugulaire externe perpendiculairement aux fibres du peaucier, quand on veut ouvrir cette veine, de manière à ce que la saignée reste béante et soit favorablement disposée pour l'écoulement du sang. Son extrémité supérieure est recouverte par les lobules de la parotide. Par sa face profonde, elle répond au muscle sterno-mastoïdien, qu'elle croise obliquement ; de sorte qu'elle repose en haut sur le bord antérieur de ce muscle, et en bas sur sa face externe. Dans la région sus-claviculaire, elle répond au muscle omoplat-hyoïdien, au scalène antérieur et au plexus brachial ; elle est toutefois séparée de ces diverses parties par l'aponévrose cervicale, qu'elle traverse au moment où elle se coude pour aller se jeter dans la veine sous-clavière.
La veine jugulaire externe est comme enlacée dans les nerfs superficiels du plexus cervical, dont les uns passent au-devant, les autres en arrière de cette veine. Le nerf auriculaire longe, en arrière, la portion supérieure de la jugulaire externe. »
La veine jugulaire externe présente ordinairement deux valvules, l'une simple vers sa partie moyenne, l'autre double au voisinage de son embouchure dans la veine sous-clavière ; quelquefois on ne trouve que la dernière valvule, rarement une troisième valvule existe entre les deux premières. Ces valvules trèssouvent sont assez développées pour opposer un obstacle notable à l'injection poussée du cœur vers les origines de la veine, injection qui ne pénètre que si l'on a eu soin de rompre préalablement ces valvules au moyen d'un stylet introduit dans la veine.
Branches collatérales. La veine jugulaire externe reçoit: 1° en avant, des branches de communication, variables pour le nombre et pour le volume, avec la veine jugulaire antérieure, et des rameaux venant directement du muscle sterno-mastoïdien ; 2° en arrière, les veines occipitales superficielles, plusieurs branches superficielles de la région postérieure et latérale du cou ; inférieurement, elle reçoit, en outre, les veines scapidaire supérieure et scapulaire postérieure, qui répondent exactement aux artères du même nom. Un rameau constant, qui passe sous la clavicule, établit une communication entre la veine jugulaire externe et la partie supérieure des veines du bras.
Branches d'origine. Elles sont extrêmement variables ; le plus souvent la veine jugulaire externe fait suite à la veine temporale et à ta veine maxillaire interne réunies ; quelquefois elle est constituée par une branche de bifurcation du tronc commun à ces deux veines, d'autres fois par la réunion successive de la temporale, de la maxillaire interne, de la faciale, de la li7iguale et de la laryngée supérieure.
Dans tous les cas, la veine jugulaire externe communique, soit directement, soit indirectement, avec la jugulaire interne dans l'épaisseur de la parotide,
VEINES JUGULAIRES
par une branche quelquefois très-considérable, branche communicante, qui peut être considérée comme une branche d'origine et qui quelquefois constitue exclusivement cette origine-
jugulaire
externe et jugulaire interne.