‹ Traité d'anatomie descriptive de Xavier Bichat (volume 2)Chapitre 21 sur 61 · MUSCLES DE LA CUISSE · texte numérisé non relu

MUSCLES DE LA CUISSE

§ Région fessière.

Trois muscles la composent, et portent le meme nom cpi’eile.

Muscle grand fessier. Large, épais, volumineux, quadrilatère, obiicpienient situé à la partie externe de la fesse. Ses attaches se font, i® en haut, sur la partie postérieure de la crête iliac[ue paDide courtes fibres aponévrotiques, sur la portion subjacente de la fosse de meme nom , où se voit une aponévrose assez sensible et continue avec la crurale , et un peu sur celle des muscles vertébraux; 2® au milieu, sur les inégalités de la face postérieure du sacrum et du coccyx; 3® en bas et en dehors, sur le ligament sacro-sciatique postérieur. De là, les fibres charnues, toutes parallèles, divisées en faisceaux très -sensibles que séparent des lignes celhdaires, d’autant plus longues qu’elles sont plus inférieures, se portent obliquement en bas et en dehors, en formant un plan quadrilatère uni par son bord supérieur avec le moyen fessier par le moyen de l’aponévrose crurale. Elles se terminent ainsi qu’il suit : les supérieures, qui se contournent sur le grand trochanter^ viennent se rendre à la partie supérieure du tendon commun. Celui-ci offre en cet endroit un faisceau défibrés tendineuses confondu parsonbord externe avec la même aponévrose crurale, de manière qu’il

APPAREIL DE LA LOCOMOTIOl^.

paraît d’abord en faire partie ; mais on l’en distingue très-bien en renversant ce muscle. Ce faisceau descend sans contracter d’autre adhérence, et en recevant successivement les fibres charnues, depuis audessus du grand trochanter jusqu’au-dessous du carré crural, où il se fixe. Les fibres inférieures se rendent à la partie inférieure du tendon commun , qui, en cet endroit, accompagné par elles jusqu’à son insertion, se termine à la ligne externe de la bifurcation supérieure de la ligne âpre, dans l’espace de deux pouces, entre la portion externe du crural et le grand adducteur.

Le gran#lèssier, recouvert en haut par une lame mince de i aponévrose crurale, partout ailleurs subjacent aux tégumens, est appliqué sur les os iliaque, sacrum et coccyx, un peu sur l’origine des muscles vertébraux, sur le moyen fessier, le pyramidal, les jumeaux, l’obturateur interne, le carré crural, la tubérosité sciatique j l’origine des demitendineux et biceps, le grand adducteur, le nerf sciatique et le grand trochanter.

Synoviale. Une membrane synoviale ovalaire , peu humectée de synovie , présentant quelquefois des replis intérieurs, se déploie, d’une part, sur la face externe du grand trochanter, et un peu sur la portion voisine du faisceau externe du crural ; de l’autre part , sur la partie supérieure et libre du tendon commun , dont elle favorise le glissement.

Muscle moyen fessier. Large , épais, aplati, triangulaire, en partie sous-cutané et en partie situé sous le précédent. Il a deux insertions : l’une, interne, à la fosse iliaque, depuis la crête de même, nom et îa

DES MUSCLES ET DE LEURS DEPENDAIYCES. 2g î

ligne courbe supérieure^ jusqu’à la ligne courbe inférieure^ par de courtes fibres aponévrotiques; l’autre , externe, à la face interne de la portion de l’aponévrose crurale fixée à la crête iliaque , portion qui unit en devant ce muscle au tenseur de cette aponévrose. De cette double insertion partent les libres charnues , cjui se dirigent toutes en bas , et de plus les antérieures, courtes, oblic|uement en arrière; les moyennes, plus longues, perpendiculairement; les postérieures, plus longues encore , obliquement en devant. Toutes viennent, en convergeant ainsi, se rendre aux deux faces d’une aponévrose très-large, à fibres rayonnées , qui commence dans leur épaisseur, plus haut en arrière qu’en avant, et qui descend en les recevant successivement jusqu’au grand trochanter, où elle s’attache en haut et en devant de cette éminence. Plusieurs des fibres antérieures se terminent aussi àTaponévrose du petit fessier, ce cpii confond entièrement ces deux muscles en devant.

Fiecouvert en arrière par le grand fessier, en devant par l’aponévrose crurale d’où il naît, le moyen fessier est appliqué sur le petit, sur l’artère fessière, le pyramidal et la fosse iliaque.

Muscle petit fessier. Epais, aplati, triangulaire , subjacent au précédent. Il s’attache à la fosse iliaque, dans tout l’espace qui est au-dessous de la ligne courbe supérieure, par de très-courtes fibres aponévrotiques. De là, les charnues se portent en convergeant en bas, les antérieures et les postérieures obliquement, les moyennes perpendiculairement. Toutes viennent se rendre successivement à la face interne d’une aponévrose quelles accompagnent

jusqu’au trochanter, et qui est libre par sa face ex-> terne, excepté en devant, où elle reçoit plusieurs fibres du moyen fessier, avec lequel ce muscle se confond en cet endroit. Cette aponévrose, à fibres rayonnées, vient s’implanter, en dégénérant en un tendon, au* dessus et au-devant du grand trochanter, où une petite synoviale favorise ordinairement son glissement.

Recouvert par le moyen fessier et un peu par le pyramidal , ce muscle est appliqué sur la fosse iliaque, sur la capsule fibreuse du fémur, sur l’extrémité supérieure du droit antérieur et du crural.

MoiwemenS‘

Les fessiers agissent sur le bassin et sur la cuisse. Le premier mode d’action a lieu spécialement dans la station. Dans celle sur les deux pieds, les grands fessiers retiennent puissamment le bassin en arrière, et concourent à empêcher le tronc d’obéir à la tendance naturelle que le poids des viscères pectoraux et gastriques lui donnent à se renverser en devant. La force et l’énergie de ces muscles est même chez l’homme un des caractères qui indiquent sa destination à la station bipède. Ils sont, dans cette action, congénères des demi- tendineux, demi-aponévrotique et biceps , et antagonistes des psoas et iliaque, lesquels représentent une puissance moindre que celle qui leur est opposée en arrière , parce qu’ils ont le poids du tronc pour secours accessoire. En augmentant leur action , les grands fessiers peuvent renverser le bassin en arrière. Ils sont, par quelques-unes

DES MUSCLES ET DE LEURS DÉPENDArrCES.

de leurs fibres supérieures, tenseurs de l’aponévrose qui recouvre les muscles vertébraux; tandis que, par les inférieures, ils assujettissent le coccyx, et peuvent s’opposer à son déplacement dans l’accouchement et autres cas analogues. L’action des deux autres fessiers est peu marquée dans la station bipède ; mais ils sont les agens principaux de celle sur un seul pied : alors ils inclinent le bassin sur le trochanter du fémur qui est fixé , et font équilibre par leur contraction avec le poids du côté du tronc qui n’est pas soutenu. Le tenseur aponévrotique crural et le grand fessier les aident aussi dans cet usage. Ce dernier peut alors faire exécuter au bassin , sur le fémur, une rotation qui dirige la symphyse pubienne du côté opposé au muscle qui agit. L’action des fessiers sur le bassin , dans l’attitude sur un seul pied , est fréquente surtout chez les danseurs.

Quand ces muscles agissent sur la cuisse, le moyen et le petit en font évidemment l’abduction ; leurs fibres postérieures peuvent aussi la porter un peu en arrière et ie^ antérieures en devant, par une espèce de mouvement de rotation. Le grand fessier, prenant en haut son point fixe, est aussi abducteur de la cuisse; de plus il la porte en arrière, et lui fait exécuter une rotation qui dirige en dehors la pointe du pied. Il est encore, par le moyen de la'portion supérieure de son tendon , tenseur puissant de Fapo^ névrose crurale.

APPAREIL DE LA LOCOMOTTOrf.

§ IL Région pelvi-trocliantérienne.

On y trouve îe pyramidal ^ les deux obturateurs, les jumeaux et le carré crural.

Muscle joyramidal. Allongé , aplati, triangulaire, situé dans le bassin et à la partie postérieure et supérieure de la cuisse. Il s’insère au sacrum, en dehors des trous sacrés antérieurs; et par des languettes charnues , sur les espaces cjui séparent ces trous. Quelques fibres naissent aussi, en bas du ligament sacro-sciatique postérieur, en haut de l’os iliaque. De là, ce muscle se dirige en dehors en convergeant, sort du bassin par Féchancrure sciatique, côtoie les moyen et petit fessiers, et vient, par un tendon qui, élargi d’abord et caché dans son épaisseur, paraît ensuite en devant et s’isole enfin , s’implanter à la cavité trochantérienne, au-dessus des jumeaux et obturateur interne réunis, avec le tendon desquels il contracte des adhérences.

Dans le bassin, ce muscle est placé entre le sacrum qui est derrière , et le rectum , le plexus sciatique et les vaisseaux hypogastriques qui sont devant. Hors de cette cavité, il est recouvert par le grand fessier et recouvre Fos iliaque , la capsule fibreuse de l’articulation du fémur, et un peu le petit fessier.

Muscle obturateur interne. Aplati, triangulaire, réfléchi sur lui-méme, situé dans le bassin et à ïa partie supérieure et postérieure de la cuisse. Il s’attache, par de courtes fibres aponévrotiques, en avant, sur la face postérieure du pubis; au milieu ,

DES MUSCLES ET DE LEURS DlïPElVDÀTfCES.

sur le ligament obturateur et au-dessus du trou sous-pubien J excepté à Fendroit du passage des vaisseaux et nerfs, où ii tient à une petite arcade tendineuse qui se trouve là; en arrière , sur la surface osseuse qui sépare le trou sous- pubien de Féchancrure sciatique. De là, ses fibres charnues descendent en convergeant toutes les unes vers les autres , et viennent se rendre à un tendon qui naît dans leur épaisseur par quatre ou cinq languettes distinctes, paraît ensuite sur leur face externe en continuant d’être ainsi partagé, se porte vers la petite échancrure sciatique, se réfléchit en cet endroit, où de petites saillies cartilagineuses séparent souvent ces portions, s’isole des fibres charnues, se réunit en un seul faisceau^ devient horizontal, se place entre les jumeaux, reçoit leur insertion , et vient se terminer avec eux dans la cavité trochantérienne , ' entre le précédent et l’obturateur externe.

Dans le bassin, ce muscle correspond en devant à l’os iliaque et au ligament obturateur, dont le sépare en bas du tissu cellulaire/|;en arrière, à une espèce d’aponévrose où il prend souvent quelques insertions, et qui va donner attache au releveur de l’anus. Hors du bassin, il est recouvert par le nerf sciatique , et le grand fessier, et appliqué sur la capsule fibreuse de l’articulation.

Sjnonale. A Fendroit de sa réflexion , on trouve une synoviale très-distincte, très-humectée de synovie, tapissant le cartilage qui encroûte l’échancrure sciaticpie, puis se réfléchissant sur le tendon, sur ses languettes, et un peu sur les fibres charnue'^ qu’elle tapisse. Elle est très-sensible à Fendroit de

cette réflexion, et s’étend plus en dehors que du côté du bassin.

Muscles jumeaux. Ce sont deux petits faisceaux charnus, allongés et arrondis, qui naissent, le supérieur en dehors de l’épine sciatique, l’inférieur en arrière de la tubérosité de même nom , se dirigent de là horizontalement en dehors, séparés par le tendon du muscle précédent, s’attachent bientôt à ce tendon , et viennent avec lui s’implanter dans la cavité trochantérierme , le premier au-dessus du pyramidal, auquel il tient, le second au-dessus de celui de l’obturateur externe. Ils ont les mêmes rapports que les tendons de l’obturateur interne.

Muscle carré crural. Epais, aplati, quadrilatère, situé à la partie postérieure et supérieure de la cuisse. Fixé par des fibres aponévrotiques sensibles, en dehors de la tubérosité sciatique, devant le demi-aponévrotique, il se porte horizontalement entre le jumeau inférieur et le grand adducteur, à la partie postérieure et inférieure du grand trochanter, où il s’attach^l est recouvert par le grand fessier, le nerf sciatiqiie, le demi-aponévrotique, et se trouve appliqué sur l’obturateur externe et le petit trochanter.

Muscle ohtui'ateur externe. Aplati et triangulaire, situé à la partie antérieure du bassin et supérieure de la cuisse. Il naît sur la partie antérieure du pubis, sur la lame qui borne en avant le trou sous-pubien, et sur la partie interne de la face antérieure du ligament obturateur, par de très-courtes libres aponévroticpies. De là , ses libi ’es charnues se dirigent en dehors, les inférieures horizontalement, les supérieures

DES MUSCLES ET DE LEURS DÉPENDANCES. ûQ-y

obliquement J en convergeant les unes vers les autres; toutes viennent se rendre à un tendon d’abord très-élargi et caché dans leur épaisseur, où il naît par languettes , puis rétréci, plus épais et isolé. Ce tendon se contourne sous le col du fémur, adhère un peu à la capsule fibreuse, et vient s’attacher dans la cavité trochantérienne sous le jumeau inférieur.

Ce muscle est subjacent aux adducteurs , au pectiné et au carré crural; if est appliqué sur l’os iliacp.ie, le ligament obturateur, dont il est séparé par du tissu cellulaire en dehors , et la capsule fibreuse du fémur.

Mouveinens .

Dans la station sur deux jambes , tous les muscles de cette région sont rotateurs du fémur de dedans en dehors, de manière que, par eux, la pointe du pied est dirigée dans ce dernier sens. Observez, à cet égard, que ces muscles sont à peu près au fémur ce c[ue les sous-épineux et petit rond sont à l’humérus, avec la différence que le sous -scapulaire, cpii est rotateur en dedans, égale ceux-ci en force, tandis qu’à la cuisse il n’y a presque c[ue des rotateurs en dehors. En effet, nous verrons les adducteurs et le pectiné, et nous avons vu le psoas et l’iliaque faire aussi tourner le fémur sur son axe dans le meme sens ; en sorte que la force des rotateurs en dehors est de beaucoup supérieure à celle des rotateurs en dedans , qui se réduisent au tenseur aponévrotique crural, au demi - tendineux, etc. A quoi tient cette disproportion? quel en est le but?

Je l’ignore. J’observe seulement que de là vient que le pied est toujours un peu en dehors dans le sommeil; que nous avons plus de facilité à marcher les pieds tournés très en dehors que très en dedans, quoique ni l’un ni l’autre mode ne soit le plus naturel; que cette disposition peut bien influer un peu sur la direction du membre dans les fractures du col du fémur, quoiqu’elle n’en soit pas la cause principale, etc J’observe aussi que les rotateurs en

dehors sont plus nombreux à la cuisse qu’au bras, parce qu’ils remplacent les supinateurs, dont la jambe est dépourvue, vu que son mouvement de rotation est nul dans l’articulation fémoro-tibiale.

Quand la cuisse est fléchie, le pyramidal, l’obturateur interne et les jumeaux, parallèles à la direction du fémur, ne pouvant plus en être les rotateurs, en deviennent les abducteurs. L’obturateur interne ne doit être estimé dans son action que de l’endroit où il se réfléchit.

Dans la situation sur un seul pied, tous les muscles précédens font tourner le bassin sur le fémur comme sur un pivot. Ce mouvement est très-fréquent dans la danse.

§ III. Région crurale antérieure.

On y trouve le couturier, le droit antérieur et le crural.

Muscle couturier. Très-long, aplati, mince, obliquement situé à la partie antérieure et interne de la cuisse. Il s’insère , par un tendon très-court et qui s’épanouit sur ses deux faces , à l’épine iliaque supé-

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rieiire- antérieure 7 et un peu à Féchancrure subjacente, entre l’iliaque et le tenseur de l’aponévrose crurale. De là il descend , d’abord obliquement en dedans en s’élargissant jusqu’au tiers supérieur de la cuisse , ensuite presque perpendiculairement en conservant la même largeur, puis, au niveau du genou, obliquement en devant, en se rétrécissant et se terminant par un tendon très=apîati. Celui-ci commence sur son bord antérieur, est accompagné cjuelque temps, sur le postérieur, par les fibres charnues , s’unit en haut à l’expansion de l’aponévrose crurale qui entoure le genou , envoie en bas un prolongementqui concourt à former l’aponévrose jambière, et vient, en s’épanouissant sous forme membraneuse, s’attacher en dedans de la tubérosité du tibia , amdevant des droit interne et demi-tendineux.

Le couturier , partout subjacent à l’aponévrose crurale, recouvre en haut les psoas et iliaque réunis et le droit antérieur , en formant par son bord interne, avec le moyen adducteur, un espace triangulaire que traverse l’artère crurale. Au milieu , il cache cette artère elle-même et ce même adducteur. En bas, le grand adducteur, le droit interne et le ligament interne du genou lui sont subjacens.

Muscle droit antérieur cruT'al. ^ aplati, épais, large dans son milieu, plus rétréci à ses extrémités, placé au-devant de la cuisse. Il s’insère supérieurement à l’os iliaque par deux tendons , dont l’un embrasse l’épine antérieure -inférieure de cet os; l’autre se fixe, en se réfléchissant, au-dessus du rebord de la cavité cotylokle. Gesdeux tendons se réunissent

3oO APPAREIL DE LA LOCOMOTION.

presque aussitôt en un seul , lequel descend dans une direction verticale, et après un court trajet, s’épanouit en aponévrose au-devant du tiers supérieur du muscle. C’est de la face postérieure de cette aponévrose que naissent les fibres charnues. Leur faisceau se porte perpendiculairement en bas , en grossissant jusqu’au milieu de la cuisse, se rétrécissant ensuite , et venant s’insérer obliquement , et suivant ieur ordre d’origine , au-devant d’une autre aponévrose qui occupe la partie postérieure du muscle , et commence à se manifester à peu près au niveau de l’endroit où se termine la précédente. Cette dernière aponévrose se rétrécit de plus en plus; et après avoir reçu l’insertion de toutes les fibres charnues , elle se change en un véritable tendon épais et aplati , qui , se confondant bientôt avec celui du crural , se comporte comme nous le dirons.

Le droit antérieur est immédiatement subjacent à l’aponévrose crurale , si ce n’est en haut , où le couturier et l’iliaque le recouvrent un peu. 11 est appliqué en haut sur la capsule fibreuse du fémur , et dans le reste de sa longueur sur le crural.

Muscle crural. Très-épais, volumineux, allongé, à faisceau triple supérieurement, unique inférieurement, embrassant de tous côtés le fémur, excepté à la ligne âpre, étendu de cet os à la rotule. Son attache à celle-ci se fait par un tendon épais, confondu à son origine avec celui du droit antérieur, élargi en cet endroit, et donnant naissance à deux expansions latérales et aponévroticpies , qui embrassent la rotule et vont ensuite s’attacher aux tubérosités tibiales, en se confondant, surtout l’externe, avec

DES MUSCLES ET DE LEURS DEPENDANCES. 3oi

l’aponévrose crurale. Ce tendon monte en se rétrécissant d’abord , se sépare bientôt de celui du droit antérieur , puis s’élargissant de nouveau, se divise en trois lames aponévrotiques. L’une monte très-haut au devant du faisceau moyen ; l’autre se prolonge au loin sur la face interne du faisceau externe; la troisième appartient à la face externe du faisceau interne. Toutes trois servent d’insertion, ainsi cjue le tendon. Voici comment se comportent les fibres charnues depuis ces divers points d’attache.

Celles du faisceau moyen , fixées à la partie postérieure du tendon commun et de la lame aponévrotique large qui remonte au-devant de ce faisceau , viennent successivement s’implanter, par de courtes fibres aponévrotiques , et suivant l’ordre de leur ori- -gine, au-devant et sur les côtés de tout le fémur, depuis deux pouces au-dessus de la rotule jusqu’àla ligne oblique antérieure qui unit les deux trochanters.

Les fibres charnues du faisceau interne , qui est le plus considérable , toujours très-distinct du moyen et plus épais en haut qu’en bas , naissent successivement du prolongement aponévrotique tibial externe, du bord externe du tendon commun, et surtout en dehors de la large aponévrose qu’il envoie sur la face interne de ce faisceau. De là , elles se terminent successivement tout le long de la lèvre externe de la ligne âpre, ainsi qu’il suit : les inférieures, courtes et presque transversales, s’y fixent conjointement avec l’aponévrose crurale, à laquelle elles adhèrent, et qui les sépare de la courte portion du biceps; les supérieures, de plus en plus longues et obliques, s’y aUachcnt par une large aponévrose c[ui

3o2 APPAREII. DE LA LOCOMOTION.

s’étend sur la face externe de ce faisceau, est à nu en dehors, mince et à fibres écartées en bas, épaisse et à fibres rapprochées en haut, et vient s’implanter d’abord à la partie supérieure de cette lèvre , conjointement avec le tendon du grand fessier, auquel elle est unie , puis en dehors et en dessous du grand trochanter.

Les fibreç charnues du faisceau interne , qui est moins gros que le précédent , beaucoup plus volumineux en bas qu’en haut , et peu distinct du faisceau moyen, viennent du prolongement aponévrotique tibial interne , de la partie interne du tendon commun , et de toute la surface antérieure de la lame aponévrotique qui lui est destinée. De là , ces fibres, plus courtes et presque transversales inférieurement, d’autant plus longues et plus obliques quelles sont plus supérieures, viennent se rendre tout le long de la lèvre interne de la ligne âpre , où elles se fixent conjointement avec les adducteurs, auxquels elles sont unies , en bas par de courtes fibres aponévrotiques, en haut par une aponévrose d’autant plus large qu’on l’examine plus supérieurement et que traversent plusieurs vaisseaux. Cette aponévrose reçoit les fibres suivant l’ordre de leur origine , et les fixe à cette lèvre.

Confondues en bas en une masse commune que forme surtout le faisceau interne , le crural se partage bientôt en trois faisceaux toujours très-distincts en haut les uns des autres. L’interne et le moyen sont également séparés au milieu ; mais ce dernier et l’externe présentent souvent une union intime jusque vers leur partie supérieure.

DES MUSCLES ET DE LEURS DEPENDANCES. 3o3

Lecrura] est recouvert en devant par le psoas , par l’iliaque J et surtout par le droit antérieur^ en dehors par les petit et grand fessiers, par l’aponévrose crurale et son muscle tenseur , en dedans par cette meme aponévrose , le couturier et l’artère crurale. Il recouvre la totalité du corps du fémur , excepté la ligne âpre et l’intervalle de ses deux bifurcations. 11 s’attache à cet os depuis la base du trochanter jusqu’à deux pouces au-dessus du genou ^ endroit où du tissu cellulaire Fen sépare.

Bîoiwemens,

Ils ont rapport, dans cette région , à la jambe , à la cuisse et au bassin.

La jambe est étendue par le droit antérieur et le crural, qui agissent sur elle par l’intermède de la rotule, et qui ne la portent point au-delà de l’axe du membre. Cette extension a lieu surtout dans la progression, à l’instant où le membre est appuyé sur le sol pour achever le pas; dans la course, dans le saut, à l’instant où le membre inférieur se redresse, etc. La jambe est de plus fléchie par le couturier, qui la porte en meme temps en dedans, i comme pour la croiser sur celle du côté opposé.

I Le crural agit puissamment pour tenir la cuisse I étendue sur la jambe, en prenant alors son point ! fixe en bas sur la rotule. Cet usage a lieu spéciale- 1 ment lors de la station , pour laquelle ce petites est si i nécessaire .comme on le voit lorsqu’il est fracturé, et I dans laquelle rarticulation fémoro-tibiale tend sans ! cesse à être fléchie par le poids du corps. Je ferai

3o4 APPAREIL J3E LA LOCOMOTIOIN'.

une remarque à cet égard, c’est qu’il existe toujours des muscles très-puissans dans le sens opposé à celui où la station tend à fléchir les articulations des membres inférieurs. Par exemple, quand l’action musculaire cesse tout à coup, comme dans la syncope, le poids du corps fait fléchir le bassin en devant sur la cuisse, celle-ci en arrière sur la jambe, cette dernière en avant sur le pied, et les membres inférieurs se dérobent ainsi sous nous , comme on le dit. Dans l’état ordinaire , où Faction musculaire s’exerce, elle s’oppose sans cesse à ces flexions alternatives : or, des muscles très-puissans sont opposés à chacune : ce sont le grand fessier, le demi-tendineux, le demi-aponévrotique et le biceps pour le bassin, le crural pour la cuisse, les jumeaux et le soléaire pour la jambe; en sorte qu’il y a alternativement, d’abord en arrière, puis en devant, puis encore en arrière, de très-fortes puissances dans les membres inférieurs pour s’opposer à l’effet de la pression du poids du tronc. Remarquez que, dans les sens opposés à ceux-ci, les puissances sont bien moindres : aussi , pour fléchir le bassin sur la cuisse, celle-ci sur la jambe, la jambe sur le pied, les muscles sont bien moins forts que pour maintenir ces différentes parties étendues.

La cuisse peut être fléchie sur le bassin par Faction du droit antérieur, quand il a produit son effet sur la jambe, et par celle du couturier. Ce dernier devient rotateur de l’articulation ilio-fémorale quand la jambe fixée ne peut obéir à son action. Dans la station bipède , le bassin est retenu en devant par le droit antérieur et le couturier, qui sont, sous ce

DES MUSCLES ET DE LEURS DÉPENDANCES. 3o5

point de vue, congénères des psoas et iliaque. Dans la station sur un seul pied , le couturier peut faire exécuter à cette cavité une rotation sur le fémur, dans le sens de sa contraction. Tous ces muscles ont beaucoup d’influence sur les déplacernens des fractures du fémur.

§ IV. Région crurale postérieure.

On y trouve le demi-tendineux, le demi»aponévrotique et le biceps crural.

Muscle demi-tendineux . Très-long, épais et légèrement aplati en hantj grêle inférieurement, situé à la partie postérieure de la cuisse. Il s’insère à la tubérosité de l’ischion par un tendon qui lui est d’abord commun, dans l’étendue de trois pouces, avec la portion fémorale du biceps, dont une partie détachée s’épanouit sur la face postérieure des fdares charnues, qui en naissent successivement. Celles-ci, descendant presque parallèlement, forment un faisceau mince d’abord, ensuite plus épais, puis de nouveau aminci, coupé dans son milieu par une intersection aponévrotique très-obliquement dirigée. Ce faisceau se porte obliquement en dedans jusqu’à l’articulation fémoro-tibiale; mais avant d’y parvenir, il se change en un tendon d’abord caché dans son épaisseur, puis apparent seulement en dedans, enfin libre à deux pouces au-dessus de l’articulation. Au niveau de celle-ci, il se contourne derrière le condyle fémoral interne et la tubérosité tibiale, envoie ensuite, par son l^ord interne, une expansion qui concourt à la formation de l’aponé- If. ao

3o6 APPAREIL DE LA LOCOMOTION.

vrose tibiale, et vient enfin, en s’élargissant, sfimplanter en haut de la surface interne du tibia, derrière le tendon du couturier, conjointement avec , le droit interne, au tendon duquel il tient.

Le demi-tendineux est partout subjacent à l’aponévrose crurale , si ce n’est supérieurement , où il est un peu recouvert par le grand fessier ; il recouvre le demi-aponévrotique et une partie du grand adducteur.

Muscle demi - aponévro tique. Mince , aplati et aponévrotique en haut , épais et charnu en bas , situé sous le précédent. Il s’attache à la tubérosité sciatique , devant le biceps^ et le demi-tendineux, et derrière le carré crural , par un tendon d’abord trèsprononcé, mais qui dégénère bientôt en une aponévrose large , laquelle reste plus épaisse à son bord externe qu’à l’interne’, et donne successivement naissance , par ce dernier et jusqu’au-dessous du milieu de la cuisse , aux fibres charnues. Celles-ci, toutes parallèles, très-obliquement dirigées et courtes, forment un faisceau assez long, aplati, mince à ses extrémités , plus épais au milieu , descendant obliquement en dedans , et venant se terminer à un tendon qui occupe son bord interne. Ce tendon naît au niveau de l’endroit où l’aponévrose supérieure finit, reçoit obliquement les fibres charnues suivant l’ordre de leur origine, s’en isole derrière l’articula* tion fémoro-tibiale, et se divise bientôt en trois portions. L’externe, étroite et mince, remonte obliquement en dehors derrière cette articulation , et vient se fixer au-dessus du condyle fémoral externe , en se confondant en partie avec le jumeau externe. La

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moyenne, large et continue à la précédente, se fixe derrière la tubérosité tibiale interne , et envoie une expansion sur le muscle poplité. L’interne , plus considérable, arrondie, semble continuer le tendon, se contourne en devant sur la tubérosité, et va s’attacher au-devant d’elle, contenue dans une gaine fibreuse qu’il faut inciser pour la voir , et qui est revêtue par une synoviale distincte, laquelle, d’autre part, se déploie sur cette portion tendineuse.

Recouvert par le demi - tendineux ^ le biceps et l’aponévrose crurale , ce muscle est appliqué sur le carré, le grand adducteur, l’artère poplitée, l’articulation, et le jumeau interne, sous lequel il glisse facilement par le moyen d’une synoviale qui se déploie sur Fun et l’autre, et qui est très-distincte.

Muscle biceps crural, hou^^ volumineux, à double portion en haut, simple en bas, situé en arrière et en dehors de la cuisse, i®. La portion ischiatique, longue et arrondie , s’attache à l’ischion par un tendon qui lui est commun avec le demi-tendineux , et dont une partie se prolonge en aponévrose sur sa face postérieure. De là , cette portion descend obliquement en dehors en naissant successivement de cette aponévrose , grossit et vient se fixer à la partie interne et postérieure de l’aponévrose commune. *2^. La portion fémorale , courte , aplatie et cpiadrilatère, se fixe par de petites fibres aponévrotiques à presque toute la lèvre externe de la ligne âpre, entre les adducteurs et le crural, dont la sépare l’aponévrose fémorale, à laquelle plusieurs fibres s’attachent. De là , les fibres de cette portion , toutes obliques et parallèles , viennent successivement se

3o8 APPAREIL DE LA LOCOMOTIOTf.

rendre à la moitié inférieure de Faponevrose commune ^ sur son bord externe et sur sa face postérieure. Cette aponévrose J très-prolongee sur la première portion J recevant celle-ci en passant, offre c|uelc|uefois un sillon longitudinal (^ui semble indi- (j^iier ce cjui appartient a cbacune , s épaissit en descendant, et devient bientôt un tendon accompagne très-bas par les fibres de la portion fémorale. Ce tendon vient s’attacher au sommet du péroné, par deux portions distinctes qui embrassent le ligament latéral dans leur écartement , et qif on ne voit trèsbien qu’en renversant le tendon. La portion anterieure envoie au tibia un prolongement qui sert de ligament à l’articulation péronéo - tibiale ; la postérieure fournit une expansion qui concourt à l’aponévrose jambière.

Le biceps crural correspond en arrière au grand fessier, à l’aponévrose crurale, en devant au demiaponévrotiqiie , au nerf sciatique, au grand adducteur , au crural , au fémur et au ligament latéral externe de l’articulation femoro-tibiale. En dedans, il laisse entre lui et les précédens un espace triangulaire très-considérable : c’est l’espace poplité, que remplit beaucoup de tissu cellulaire, et que traversent, près des tégumens, le nerf sciatique , et près de l’os, l’artère poplitée et différons vaisseaux.

Moavemcns.

Lesmuscles de cette région agissent sur le bassin,

sur la cuisse et sur la jambe.

Dans la station, ils euipêcbent la flexion du bassin

DES MUSCLES ET DE LEURS DÉPENDANCES. Sog

en devant; ils peuvent même le renverser en arrière, comme quand nous nous penchons dans ce sens. Quand ils prolongent leur action , en prenant toujours leur point fixe en bas , ils peuvent fléchir la cuisse sur la jambe, et alors la courte portion du biceps, nulle dans le premier effort, se joint à eux.

En prenant leur point fixe en haut, ils fléchissent la jambe directement s’ils combinent leur action , obliquement en dedans ou en dehors si le demitendineux seul ou le biceps agit. Dans la flexion de la jambe , la courte portion de celui-ci la fait tourner un peu sur son axe, de manière à porter la pointe du pied en dehors ; le demi-tendineux agit en sens inverse : ces deux rotations sont nulles dans le temps de l’extension. Le demi-aponévrotique est tenseur de l’aponévrose du poplité , et de celle qui est derrière l’articulation. L’aponévrose jambière trouve aussi dans le demi -tendineux et le biceps deux tenseurs puissans , qui agissent , sous ce rapport, concurremment avec le couturier. Si la jambe, fortement retenue dans rextension par le crural, ne peut obéir à l’action de ces muscles, ils portent la totalité du membre en arrière.

§ V. Région criuxile interne.

Elle comprend le pectiné, le droit interne et les trois adducteurs.

Muscle pectine. Aplati, triangulaire , situé à la partie supérieure et interne delà cuisse. Il s’attache par de courtes fibres aponévrotiques à l’espace cprî sépare l’éminence ilio-pectinée de l’épine pubienne,

3lO APPAREIL DE LA LOCOMOTIOîf.

descend de là en dehors et en arrière , se rétrécit en convergeant y se contourne sur lui-même au niveau du petit trochanter, et vient par un tendon aplati , d’abord sensible sur sa face antérieure, se fixer audessous de lui, du psoas et de Filiaque réunis.

L’aponévrose crurale et les vaisseaux cruraux passent au-devant du pectiné, qui a derrière lui la capsule fibreuse du fémur, l’obturateur externe, les vaisseaux et le nerf obturateurs, et le petit adducteur.

Muscle droit interne crural. Mince, aplati, représentant un triangle très-allongé, situé à la partie la plus interne de la cuisse, il s’attache, dans l’espace de deux pouces, et par des aponévroses plus prononcées en devant qu’en arrière, à la partie interne de la lame osseuse qui est entre la symphyse pubienne et l’ischion. De là, ses fibres descendent en convergeant , forment un faisceau perpendiculaire qui se rétrécit à mesure qu’il devient plus inférieur, et se rendent successivement à un tendon qui commence très-haut sur le bord postérieur, est accompagné par elles jusque près de l’articulation , s’en isole, passe derrière le condyle fémoral interne , augmente de largeur, s’unit à celui du demi-tendineux, et va s’attachera la partie inférieure et interne de la tubérosité tibiale, derrière le couturier, en envoyant par son bord postérieur une expansion à l’aponévrose jambière.

Subjacent à l’aponévrose crurale, et un peu en bas au couturier, ce muscle recouvre les trois adducteurs, le demi-aponévrotique , l’articulation fémorotibiale et son ligament interne.

DES MUSCLES ET DE LEURS DÉPEND AÎYCES. 3lï

Muscle moyen adducteur. Épais, allongé, aplati, triangulaire, large en bas, étroit en haut, le plus antérieur des trois muscles de son nom. Il s’attache à l’épine pubienne et au-dessous, par un tendon qui se prolonge assez loin d’abord sur son côté interne, ensuite dans l’épaisseur des fibres charnues, qui en naissent successivement. De là, elles descendent en dehors en formant un faisceau qui va toujours en s’élargissant, qui s’épaissit jusqu’à sapartiemoyenne, s’amincit ensuite, et se termine dans l’espace de trois pouces sur la ligne âpre, entre la portion interne du crural et le grand adducteur. Cette insertion se fait par des fibres aponévrotiques très-prolongées qui forment deux lames entre lesquelles sont reçues les fibres charnues, et qui sont unies en arrière à l’aponévrose du grand adducteur. Quelc|ues-unes de ces fibres aponévrotiques concourent avec elle à former l’ouverture par laquelle passe l’artère crurale , tandis que d’autres accompagnent cette aponévrose jusqu’au condyle fémoral interne.

Ce muscle, caché par l’aponévrose crurale, le couturier et l’artère crurale , à laquelle il concourt à former une gouttière avec le crural, a derrière lui le petit et le grand adducteurs, auxquels il est souvent intimement uni.

Muscle petit adducteur. Un peu plus épais, mais moins gros que le précédent sous lequel il est situé, à peu près de meme forme, aplati de dedans en dehors supérieurement , d’avant en arrière inférieurement, quelquefois divisé en deux dans sa longueur. Il s’attache à presque tout l’espace cjui sépare la symphyse pubienne du trou sous-pubien, par de

3i2 appareil de la locomotion.

courtes fibres aponévrotiques, descend ensuite j s’amincit, s’élargit, et vient se fixer, par des aponévroses bien moins sensibles que celles du précédent et que traversent les artères perforantes, sur la ligne âpre , dans l’espace de trois pouces au-dessous du petit trochanter.

Ce muscle est entre le précédent et le pectiné qui sont antérieurs, et le grand adducteur qui est en arrière. Le droit interne crural le recouvre aussi un peu en dedans. En dehors, il est appliqué contre l’obturateur interne, le psoas et l’iliaque.

Muscle grand adducteur. Très-large, très-épais , triangulaire, occupant toute la partie interne et postérieure de la cuisse. Son attache supérieure est d’abord en bas , en devant et en dedans de la lame osseuse qui sépare la symphyse pubienne de l’ischion, ensuite à la base de cette éminence , soit immédiatement, soit par un épais tendon qui se prolonge assez loin derrière les fibres charnues. Celles-ci se comportent ainsi qu’il suit : i^.Les supérieures, très-courtes, presque transversales, quelquefois isolées des autres par une ligne graisseuse, de manière à former un muscle distinct, viennent de la lame ischio-pubienne, passent devant les inférieures, en sorte qu’en haut le faisceau musculaire est comme reployé sur lui-méme, et vont de là se rendre en dedans du grand fessier, à la ligne cpii du grand trochanter descend à la ligne âpre. 2^. Les fibres moyennes , plus longues et plus obliques, se terminent à l’interstice de celles-ci par des aponévroses sensibles, qui se confondent avec celles des deux muscles précédons et laissent divers trous pour les artères per-

DES MUSCLES ET DE LEURS DÉPEIfDAlN^CES. 3l3

forantes. Parmi ces trous, il en est un plus marqué qui est destiné à la cruraie, et qui représente une espèce de canal formé par une sorte de bifurcation du muscle, qui en cet endroit se divise en deux portions; Pune postérieure, qui termine les fibres moyennes et finit en pointe entre le crural et la courte portion du biceps; l’autre antérieure, qui commence les libres inférieures et se termine à un tendon dont nous allons parler. Ces deux portions et le crural, qui est en dedans, forment cetîe espèce de canal tout tapissé d’aponévroses, et tellement disposé, que là, comme dans les autres ouvertures aponévrotiques,Tartère ne saurait être comprimée. 3^. Enfin les fibres internes , longues et presque perpendiculaires , viennent toutes, à leur extrémité, se rendre à une espèce de tendon qui commence assez haut sous forme d’aponévrose en s’unissant à celle du moyen adducteur, se rétrécit, passe devant l’ouverture de l’artère crurale qu’il concourt à former, envoie à son niveau une expansion c|ui recouvre cette artère, se confond avec le crural, et vient avec lui se fixer à la tubérosité fémorale interne.

En devant, les deux adducteurs précédens et l’artère crurale; en arrière le demi-tendineux, le demiaponévrotique, le biceps, le grand fessier et le nerf sciatique forment les rapports de ce muscle, cpiidii coté interne est avoisiné par le droit interne et le couturier.

Moavemens.

Ces mouvemens se passent sur la cuisse, la jambe ou le bassin.

3l4 APPAREIL DE LA LOCOMOTION.

Le fémur est d’abord porté en dedans par tous les muscles de cette région , avec une force proportionnée au nombre de leurs fibres. De plus , il est dirigé en avant et dans le sens de la flexion par le pectiné, par le moyen adducteur, et un peu par le petit. Ces trois derniers et le grand adducteur le portent aussi un peu dans la rotation en dehors, congénères sous ce rapport des muscles de la région pelvitrochantérienne , et antagoniste des demi-tendineux, tenseur aponévrotique crural , etc. L’action du droit interne se porte en premier lieu sur la jambe, qui est alors fléchie et portée un peu en dedans. Si elle est retenue dans l’extension par le crural , la totalité du membre se trouve dirigée du côté interne.

Quand tous ces muscles prennent en bas leur point fixe, ils assujettissent le bassin sur les fémurs. Ils l’empêchent de se renverser du côté appuyé, dans la station sur un seul pied. Le pectiné et le moyen adducteur peuvent aussi concourir à la flexion, et lui faire exécuter, s’il ne repose que sur un seul pied , une légère rotation.

Dans la progression en ligne droite, tous ces muscles sont peu en activité ; mais toutes les fois qu’on se dévie, qu’on marche dans une direction oblique, ce qui arrive souvent , ils sont essentiellement mis en jeu , les muscles de la région antérieure étant en moindre action.

§ VI. Région crurale externe.

On n’y trouve que le tenseur de l’aponévrose crurale, à la suite duquel nous placerons la description de cette aponévrose.

DES MUSCLES ET DE LEURS DÉPENDAIN^CES. 3l5

Muscle tenseur' aponécrotique cj'uraL Allongé, aplati, plus large en bas qu’en haut. Il s’attache à l’épine iliaque antérieure- supérieure, entre le couturier et le moyen fessier, par un tendon court dont la partie antérieure dégénère en une aponévrose assez sensible. De là, ses fibres descendent en divergeant et en formant un faisceau d’autant plus mince qu’il est plus inférieur, pour venir se terminer dans l’écartement d’un double feuillet aponévrotique qui l’embrasse, comme je le dirai en traitant de l’aponévrose crurale, et qui, devenant unique au-dessous de lui, se continue avec cette meme aponévrose, à laquelle il appartient. Recouvert en dehors par les tégumens et le feuillet aponévrotique externe , il est en dedans séparé par l’interne du droit antérieur et du crural. Il recouvre aussi une petite portion des petit et moyen fessiers, auxquels il tient par l’aponévrose.

Moavemens,

Outre la tension de l’aponévrose crurale, qu’il exécute toujours préliminairement et par laquelle il aide puissamment à Faction des muscles subjacens, celui-ci est rotateur de la cuisse de dehors en dedans, n’ayant presque , sous ce rapport, que le demitendineux pour congénère, tandis qu’une foule d’antagonistes lui est opposée, comme je l’ai dit. Si ceux-ci ne permettent pas la rotation , le tenseur aponévrotique devient abducteur de la cuisse. Il incline le bassin de son coté; et dans la station sur un seul pied, il lui fait exécuter une très-légère rotation en dehors.

Aponévrose crm^ale.

C’est la plus considérable et la plus résistante des aponévroses de l’économie animale ; elle enveloppe exactement tous les muscles de la cuisse.

Ses origines supérieures sont les suivantes: i^. En devant, elle se continue avec l’aponévrose abdominale , immédiatement du côté de l’épine antérieuresupérieure , en se repliant sensiblement du côté du pubis , pour former avec elle le ligament de Fallope. A . En arrière et en bas , il est très-difficile de bien préciser son insertion : elle semble naître d’une manière insensible sur le grand fessier et au périnée, en se confondant avec le tissu cellulaire, à peu près comme l’aponévrose brachiale naît sur le deltoïde et au creux de Faisselle. Quelques auteurs ont fixé ses insertions sur le coccyx et le sacrum ; mais il est presque impossible delà suivre jusque là, et même, dans la plupart des sujets , elle ne commence bien sensiblement qu’au niveau du tendon du grand fessier , dont un grand nombre de fibres se détache. 3®. En dehors, elle s’attache bien évidemment à tout le rebord externe de la crête iliaque, en donnant naissance en cet endroit au muscle moyen fessier. L\ . En dedans , on la voit se fixer sur le côté de la symphyse pubienne , à la lame osseuse qui la sépare de la tubérosité sciatique , et à cette tubérosité ellemême.

De ces diverses insertions, l’aponévrose descend en embrassantexactementla totalité des muscles de la cuisse ^ et en envoyant entf eux différens proion-

DES MUSCLES ET DE LEURS DÉPENDANCES. Siy

gemens, comme je le dirai. Elle vient se terminer autour du genou de la manière suivante : i®. En devant, elle se confond sensiblement avec le tendon commun inférieur du crural et avec ses prolongemens latéraux. En arrière , on la voit s’étendre sur le creux du jarret , et donner naissance à l’aponévrose jambière. 3®. Sur les côtés , elle se confond en partie avec la même aponévrose, et s’attache en partie aux deuxtubérositéstibiaîesinterne et externe.

Partout sous-cutanée dans ce trajet, et recouverte seulement par des branches veineuses, nerveuses et lymphatiques, cette aponévrose recouvre tous les muscles siiperhciels de la cuisse, et se comporte à leur égard ainsi qu’il suit : i^. En devant , elle passe sur le droit antérieur et le crural, sans leur fournir aucun prolongement. ^2°. En arrière, elle recouvre les demi-tendineux, demi-aponévrotique et biceps, et envoie , entre la portion fémorale de celui-ci et le faisceau externe du crural , un prolongement trèsmarcpaé et très -épais qui va s’implanter le long de la lame externe de la ligne âpre du fémur, en fournissant des attaches à l’un et à l’autre muscles. 3® En dehors et en arrière , elle est d’abord iin peu intermédiaire au grand et au moyen fessiers , puis elle tient immédiatement au bord supérieur du premier, et recouvre une partie du second; enfin , tout-à-fait en dehors, elle se bifurque pour embrasser son muscle tenseur dans une gaine qui unit intimement ce dernier au moyen et au petit fessiers, et dont le double feuillet, se réunissant en bas, lui donne beaucoup d’épaisseur clans le reste de la partie externe de la cuisse , aucjiiel elle n’est cpie contiguë. 4^* En

3l8 APPAREIL DE LA LOCOMOTIOIN'.

dedans , les muscles de la région interne sont recouverts par elle sans qu elle leur envoie de prolongement : seulement, dans le trajet du couturier, qui en bas passe dans cette région , elle se bifurque pour l’embrasser par deux feuillets , dont le postérieur est surtout sensible à l’endroit où ce muscle recouvre les vaisseaux et nerfs fémoraux , dont il le sépare.

Très-épaisse en dehors, plus mince en devant et en arrière, plus mince encore en dedans , l’aponévrose crurale est formée de fibres entre-croisées en divers sens et dont il est difficile de suivre la direction. Elle est percée de divers trous pour le passage des vaisseaux et nerfs. Le plus remarquable de ces trous est celui qui, placé sous le ligament de Fallope, au-devant du pectiné , donne passage à la veine saphène.

Les deux muscles qui tendent cette aponévrose sont le grand fessier et son muscle tenseur proprement dit. Ils agissent en deux directions différentes , et se rapportent surtout à la partie externe, qui est plus dense et plus résistante. Pourquoi la partie interne, qui répond à des muscles plus noEgbreux, est-elle recouverte d’une lame aponévrotique plus mince , et n’a-t-elle point de muscle tenseur?

DES MUSCLES ET £)E LEURS DEPENDANCES. 3ig

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