‹ Traité d'anatomie descriptive de Xavier Bichat (volume 2)Chapitre 7 sur 61 · MUSCLES DU COU · texte numérisé non relu

MUSCLES DU COU

§ P*'. Piégion cervicale superficielle.

On ne voit clans cette région c|ue le peancier et le sterno-inastoïcüen.

Muscle peaucier. Très-mince, aplati, quadrilatère, plus large en haut et en bas c[u’au milieu, occupant spécialement le devant et les côtés du cou. Ses fibres, nées insensiblement dans le tissu cellulaire sous-cutané qui recouvre la partie supérieure du deltoïde et du grand pectoral, et d’abord irrégulièrement disséminées , se rapprochent en montant sur les parties latérales du cou dans une direction oblique de dehors en dedans; en sorte que ce muscle , très-écarté en bas de celui du côté opposé, s’en rapproche en haut, et que meme les fibres les plus antérieures de Fun et de l’autre se joignent à angle aigu près de la symphyse du menton. Parvenu à la base de la mâchoire, ce muscle s’élargit sensiblement, et se termine de la manière suivante. Les fibres antérieures se perdent à la peau au niveau du reieveur du menton , les moyennes se fixent à la base du maxillaire inférieur, à sa ligne oblic|ue externe, percent le triangulaire des lèvres pour se continuer avec les fibres de Fabaisseur de la lèvre inférieure; les postérieures concourent à former le triangulaire, montent avec lui à l’angle, et s’épa, nouissent en partie sur la joue ; quelquefois celles-ci

se prolongent jusqu’au-dessus du milieu de la face , et se continuent meme avec Forbiculaire. Souvent des fibres nées du tissu cellulaire extérieur à la parotide, ou de celui des environs, se dirigent vers l’angle et s’y terminent en formant un faisceau trèsdistinct du peaucier.

Ce dernier est, dans toute son étendue, uni à la peau par un tissu cellulaire peu graisseux. Il recouvre à la poitrine le grand pectoral , le deltoïde et la clavicule; au cou, le sterno-mastoïdien , l’omoplathyoïdien, le sterno -hyoïdien , le digastrique, le mylo-hyoïdien, la jugulaire externe, la carotide, la thyroïdienne supérieure, une partie de la glande parotide et de la maxillaire; à la face, le masseter, le buccinateiir, l’artère labiale, le releveiir du menton, les abaisseurs de l’angle et de la lèvre inférieure, etc.

Muscle sterno - mastoïdien. Allongé, assez épais ? plus étroit au milieu qu’à ses extrémités, obliquement situé sur les côtés du cou. Il a en bas deux insertions séparées par un intervalle cellulaire ; l’une interne, par un tendon montant assez haut sur les fibres charnues, au-devant de l’extrémité supérieure du sternum; l’autre externe , née par des fibres aponévrotiqües très-sensibles et quelquefois séparées par de petits intervalles, à la partie interne et supérieure de la clavicule. De là résultent deux faisceaux: le premier, plus épais, mais moins large, monte obliquement en arrière et en dehors en s’écartant du muscle opposé; le second se porte presque verticalement, et rencontre bientôt le précédent, derrière lequel il passe de manière à en être couvert. Tous deux, quoique réunis alors , restent encore quelque

temps distincts , mais finissent par se confondre, et arrivent ainsi à Tapopliyse mastoïde, où ce muscle , s’élargissant sensiblement, s’insère en partie, et se fixe en partie à la ligne courbe occipitale supérieure; double terminaison pour laquelle il y a une apoiié» vrose commune, moins étendue en arrière qu’en devant et en dedans où elle se prolonge assez loin sur les fibres charnues.

Ce muscle, subjacent en haut à la peau et à la parotide, l’est presque partout ailleurs au peaucier, dont le sépare la veine jugulaire externe et quelques filets nerveux. Il est appliqué sur l’articulation sterno-clavicîilaire , sur les muscles sterno-thyroïdien et sterno-hyoïdien, sur fomoplat-hyoïdien, la veine jugulaire interne, l’artère carotide, le nerf vague, le nerf grand sympathicme, les nerfs cervicaux et le spinal, qui le traverse en haut, enfin sur les muscles angulaire , splénius et digastrique.

Moiwemens,

Les deux muscles de cette région ont une action toute différente. Le peaucier , prenant en bas son point fixe, tire dans ce sens toute la peau des parties latérales et inférieure de la face. Il concourt aussi à abaisser la mâchoire inférieure, à laquelle se fixe une portion de ses fibres. En déprimant les traits de la face, il concourt avec l’abaisseiir de l’angle et de la lèvre inférieure , à l’expression des passions sombres et tristes; tandis que c[ueiques-unes de ses fibres, celles surtout qui lui sont accessoires et qui viennent du niveau de la parotide, ont pour usage spécial d’épanouir la face et de peindre la

gaieté. Lorsque ses mouvemeiis sont forcés, il entre, comme la plupart des muscles faciaux, dans l’expression des grimaces. Il prend rarement son point fixe en haut : quand il le fait, il agit un peu sur les tégumens pectoraux. Dans toute espèce de contraction , il ride transversalement ceux du cou, qui offrent alors isolément ce que présentent généralement ceux des animaux à pannicule charnu. Comme ces contractions arrivent beaucoup plus rarement que celles des muscles de la face, et que d’ailleurs elles n’ont lieu que dans un sens, les premières étant prodigieusement variées , le cou est moins sillonné que la face; il n’a point de physionomie ; il est nul dans l’expression des passions, dans le geste, etc,, sous le rapport de sa portion cutanée.

L’action du sterno-mastoïdien abaisse la tête en to^urnant la face du côté opposé au sien. En combinant son action avec son semblable , il la fléchit directement. C’est spécialement lorsqu’on est couché à la renverse , et qu’il faut soulever tout le poids de la tête, qu’ils agissent ensemble. Dans ce cas, les muscles abdominaux tirant en bas la poitrine, la fixent solidement pour qu’ils y trouvent un point d’appui. En agissant avec le splénius de son côté, le sterno-mastoïdien abaisse latéralement la tête; il est le congénère du complexus de son côté, et l’antagoniste de celui du côté opposé, sous le rapport de la rotation de la face. Quand il prend son point fixe en haut, il tend à tirer dans ce sens la poitrine et la clavicule, dont il relient, dans le cas de fracture, le fragment interne, que du reste rien ne tend

DES muscles et DE LEURS DlïPENDAKCES.

à déprimer; tandis que la pesanteur du bras entraîne bexterne en bas. Il agit sur la poitrine dans les fortes inspirations.

§ IL Piègion hyoïdienne supérieure.

Tous les muscles de cette région se trouvent audessus de l’os hyoïde: ce sont le digastrique, le stylo-hyoïdien, le mylo-hyoïdien et le génio-hyoïdien.

Muscle digastrique. Allongé , réfléchi sur luiméme, à double faisceau charnu et à tendon moyen, situé à la partie latérale et supérieure du cou. Plusieurs fibres aponévrotiques, qui se propagent parmi les charnues , le fixent dans la rainure mastoïdienne, d’où il se porte obliquement eji bas, en dedans et en avant. Dans ce trajet’, il se rétrécit sensiblement, et dégénère bientôt en un tendon grêle, d’abord caché dans son épaisseur, qui, avant de parvenir à l’os hyoïde, traverse les fibres du stylohyoïdien ou quelquefois passe derrière lui, et ensuite envoie à l’os un prolongement aponévrotique qui se fixe à son bord supérieur, et qui, plus ou moins long, fait que le muscle en reste plus ou moins séparé. L’angle qu’il forme en cet endroit est, dans plusieurs sujets, mais non dans tous, précédé d’une petite anse fibreuse dans laquelle passe le muscle , et qui se\fixe aussi à l’os hyoïde. Après avoir fourni cette aponévrose, le tendon se réfléchit à angle obtus, et donne tout de suite naissance à un nouveau faisceau charnu qui se rapproche de celui du côté opposé, en moulant obliquement vers la

«75 APPAREIL DE LA LOCOMOTIOjN’.

base de la mâchoire , où il s’implante dans une fossette près la symphyse et à côté de son semblable, par plusieurs aponévroses quelque temps intermédiaires aux fibres charnues , et qui quelquefois s’entre-croisent avec celles du côté opposé.

Les muscles petit complexus, spl^ius et sternomastoïdien , sont appliqués sur le faisceau charnu postérieur, qui recouvre les muscles nés de l’apophyse styloïde , la jugulaire et la carotide internes , quelques branches de la carotide externe et le grand hypoglosse. Le faisceau antérieur est placé entre les muscles mylo-hyoïdien et peaucier. La glande sous-maxillaire est embrassée par ces deux portions et bornée en bas par leur tendon moyen.

Muscle stjrlo-hjoïdien. Grêle, allongé, placé en haut et sur les côtés du cou. Il s’implante en dehors de Fapopî^se styloïde par une aponévrose prolongée assez loin; puis il suit, en s’élargissant un peu, la direction de la portion postérieure du digastrique. Parvenu au tendon de ce dernier , il s’ouvre pour le laisser passer, ou, ce qui est plus rare, il passe devant lui sans s’ouvrir, et va, dans les deux cas , s’insérer sur les côtés de l’os hyoïde par de courtes fibres apoiiévrotiques.

Le stylo-hyoïdien est immédiatement placé en dehors sous le digastrique, et a profondément à peu près les mêmes rapports que lui.

Muscle mjlo-hjoïdien. Large, mince, aplati, irrégulièrement quadrilatère, placé en haut et audevant du cou. Il liait par de courtes aponévroses de la ligne maxillaire interne, d’où ses fibres se portent, les antérieures, très-courtes, obliquement en

bas et en dedans, les suivantes, qui vont toujours en augmentant de longueur, de plus en plus obliquement, au point que les postérieures tombent presque perpendiculairement sur le bord supérieur du corps de l’os hyoïde, auquel elles s’implantent par de courtes fibres aponévrotiqiies ; tandis que les moyennes et les antérieures se réunissent sur la ligne médiane avec celles du côté opposé, par un raphé plus ou moins remarquable, et souvent tel que les deux muscles paraissent n’en faire qu’un.

Le mylo-byoïdien correspond en devant au digastrique, au peaucier et à la glande sous-maxillaire; en arrière, aux génio-liyoïdien, génio-glosse, byo-glosse, à la glande sublinguale, au conduit de Warthon, et au nerf lingual.

Muscle ^énio -hyoïdien. Mince, court, étroit, aplati, placé derrière le précédent. Il se fixe par de petites fibres aponévrotiques très-distinctes au tubercule inférieur de l’apophyse géni, puis se dirige en bas et en arrière, et vient s’insérer au-devant du corps de l’os hyoïde , confondant là son insertion aponévrotique avec celle du génio-glosse. Il est séparé de celui du côté opposé par une ligne celluleuse, recouvert en devant par le mylo-byoïdien, contigu en arrière au génio-glosse.

Môuvemens.

Les moiivemens de cette région ont spécialement rapport à l’os hyoïde qu’ils élèvent, et à la mâchoire inférieure qu’ils abaissent.

En s’élevant, l’os hjmïde peut se diriger en

8o APPAREIL PE LA LOCOMOTIOTf.

haut et en avant, 2^^ directement en haut, 3® en haut et en arrière.

Il se porte dans le premier sens par Faction des myloet génio-hyoïdiens , et de ia portion antérieure du digastrique. Gomme la base de la langue appuie sur lui, il la soulève et l’entraîne en devant, mouvement que favorisent d’ailleurs les fibres postérieures du génio-glosse , qui élargit nécessairement le pharynx, comme je l’ai dit ailleurs, et qui a lieu à l’instant où le bol alimentaire va passer par l’isthme du gosier. Pour qu’il s’exécute, il faut que la mâchoire inférieure, fixée en haut par les masseter, temporal et ptérygoïdien, fournissent un appui aux muscles de cette région. Or, alors elle est toujours fixée en effet; ce quia d’ailleurs l’avantage d’offrir un obstacle, en avant, au bol alimentaire, qui, pressé par les puissances de la bouche, tendrait à s’échapper dans ce sens.

L’hyoïde s’élève directement à l’instant du passage du bol alimentaire parFislhme du gosier, pour le précipiter dans le pharynx. Ce mouvement est toujours combiné, et dépend de la contraction des mylo et génio-hyoïdiens, et de la portion antérieure du digastrique d’une part, de sa portion postérieure et du stylo-hyoïdien d’autre part; les actions opposées de ces muscles pour porter l’os en avant et en arrière, se détruisent: iè mouvement commun reste seul ; c’est l’élévation directe.

Quand le bol alimentaire est dans le pharynx, le stylo-hyoïdien et la portion postérieure du digastrique se contractent, l’os hyoïde se porte en arrière et en haut contre ia paroi postérieure du pha-

DES MUSCLES ET DE LEURS DEPEND A.1VCES. 8l

EjnXy y pousse la base de la langue^ qo’y amène d’ailleurs le stylo-glosse : or ^ ce mouvement concourt beaucoup à précipiter le bol dans le pharynx, et à empêcher son retour dans la bouche. On voit, diaprés cela , comment les muscles de la région qui nous occupe peuvent agir simultanément ou isolément; comment le digastrique agit en totalité ou d’une manière partielle; comment ils peuvent mouvoir Fos hyoïde d’un côté seulement ou des deux. On conçoit aussi comment , le larynx tenant en bas à l’os hyoïde par une membrane , ces muscles sont indirectement les élévateurs de cette cavité.

Quand ils prennent leur point fixe sur Fos hyoïde, ils agissent les uns sur la mâchoire , les autres sur la totalité de la tête. Quelle c[ue soit leur action, il faut que Fos hyoïde soit fixé en bas; comme dans le mouvement précédent, il faut cpie la mâchoire le soit en haut. Or, ce sont les muscles de la région suivante qui assurent, comme nous le verrons, son immobilité. Quand il est fixé par eux, si les mylo et génio-hyoïdien et la portion antérieure du digastrique se contractent, ils abaissent la mâchoire, en portant un peu en arrière le menton, à cause de j leur direction oblique; ce qui fait c|üe l’ouverture 1 de la bouche peut s’agrandir beaucoup plus que ! s’ils étaient perpendiculaires. Dans ce mouvement, ils sont les antagonistes du masseter, du temporal et desptérygoïdiens : or, une remarque importante sur : ces muscles, c’est c|ue ceux qui élèvent la mâchoire ! sont incomparablement plus forts que ceux qui 1 l’abaissent. De là vient qu’en général la bouche est fermée dans le sommeil, où les muscles sont aban-

donnés à leur équilibre naturel. Dans la veille, cette disposition a rapport aux grands efforts que la mâchoire a à faire pour la mastication , au désavantage de la position de ses élévateurs, situés à côté du centre du mouvement; tandis que, d’une part, les abaisseurs sont très-loin de ce centre , et qu’ils ont d’autre part peu d’efforts à faire pour entraîner en bas la mâchoire, que son poids y porte déjà. Ils sont aux premiers ce que, dans le tronc et les membres, les extenseurs sont aux fléchisseurs, qui l’emportent constamment, vu que c’est dans le sens de la flexion que s’exercent tous les grands mouvemens. Lorsqu’une fracture de la mâchoire inférieure occupe les côtés du corps, souvent il y a déplacement occasioné par l’action en sens opposé des élévateurs et des abaisseurs; si la fracture est sur la symphyse , l’équilibre reste entre eux comme à Fordinaire.

Les muscles de cette région qui, prenant leur point fixe sur l’os hyoïde , agissent sur la totalité de la tête, sont la portion postérieure du digastrique et le stylo-hyoïdien. Leur action est très-faible. Ils élèvent un peu la mâchoire supérieure par une espèce de bascule.

§ III. Piégion hyoïdienne inferieure.

Elle comprend les muscles omoplat - hyoïdien , ster no-hyoïdien, sterno-thyroïdien, et thyro-hyoïdien.

Muscle omoplat - hyoïdien. Grêle, fort allongé, aplati , placé obliquement sur les côtés du cou, Il

DES MUSCLES ET DE LEURS BlÉPENDANCES. 83

s’implante sur le bord coracoïdien de l’omoplate , derrière l’échancrure qu’on y voit, par de courtes fibres aponévrotiques, se dirige de là obliquement en haut, en dedans et en avant, passe derrière la clavicule, traverse l’espace triangulaire et celluleux compris entre le trapèze et le sterno-mastoïdien , puis croise la direction de ce dernier, au - dessous duquel il se glisse. Là, il dégénère en un tendon variable en longueur, qui le plus souvent n’est sensible qu’en devant, et qui donne naissance à un nouveau faisceau charnu moins long et moins large que l’autre, lequel suit la direction primitive du muscle, côtoie le sterno-hyoïdien , et va se terminer par des fibres aponévrotiques au bord inférieur du corps de l’os hyoïde.

Ce muscle, recouvert par le peaucier, le sternomastoïdien , la clavicule et le trapèze, correspond profondément aux scalènes, aux nerfs cervicaux, à la carotide, à la jugulaire interne, aux vaisseaux thyroïdiens supérieurs, aux muscles sterno-hyoïdien et thyro-hyoïdien.

Muscle sterno-lijoldien. Mince, aplati, allongé, placé au-devant du cou. Il s’insère au sternum , en haut de la région médiastine , derrière l’articulation claviculaire, et quelquefois sur le cartilage de la première côte. De là il monte obliquement en dedans , en diminuant un peu de largeur, se rapproche de celui du côté opposé, présente à une hauteur plus ou moins grande une intersection aponévrotique plus apparente en devant qu’en arrière, n’occupant ^ souvent que sa moitié interne, et un peu tortueuse; puis, continuant son trajet, il va se fixer au bord

inférieur de l’os hyoïde , en dedans de Fomoplathyoïdien. Le sterno-inastoïdien, le peaiicier et les tégumens recouvrent ce muscle, qui est appliqué sur le sterno -thyroïdien, la glande thyroïde, les vaisseaux thyroïdiens supérieurs, les musles cricothyroïdien, et thyro-hyoïdien, et la membrane thy rohyoïdienne.

Muscle sternoMijroïdien. De meme forme à peu près que le précédent, plus court et un peu plus large, placé au-devant du cou. Né comme lui de la région médiastine du sternum, mais plus bas et dans une plus grande étendue, quelquefois aussi du cartilage de la deuxième côte, ce muscle, d’abord assez large , se rétrécit un peu , et monte verticalement jusqu’au cartilage thyroïde, à la ligne oblique duquel il se termine par de courtes fibres aponévrotiques, et avec lequel il se continue souvent en partie. Le sterno-hyoïdien est appliqué sur lui dans toute son étendue; il recouvre la veine sous-clavière , la jugulaire interne, la carotide , la trachée-artère , la glande thyroïde et ses vaisseaux, le mylo-hyoïdien.

Muscle thjro - hyoïdien. Court , mince , assez large , quadrilatère , situé à la partie antérieure du larynx. Ses fibres se fixent par de courtes aponévroses à la ligne oblique du cartilage thyroïde , audessous du précédent , avec lequel quelques-unes se continuent; montant ensuite parallèlement et verticalement, elles viennent s’attacher au-dessous du corps d’une partie de la grande corne de l’os hyoïde. Les sterno et omoplat- h^-oïdiens, le peaucier en

devant, le cartilage thyroïde et la membrane thyrohyoïdienne en arrière, forment ses rapports.

MoiwemeJis.

Les muscles de cette région prennent presque toujours en bas leur point fixe , et en haut leur point mobile/ils agissent surtout quand la mâchoire s’abaisse : alors le Sterno- thyroïdien fixe en bas le cartilage thyroïde, le thyro-hyoïdien abaisse fhyoïde sur le cartilage thyroïde fixé, les sterno-hyoïdien et oinoplat-hyoïdien rabaissent directement; en sorte que, dans ce cas , la fixation de cet os est le but de tous les mouvemens de cette région, et que, depuis la mâchoire qui s’abaisse , jusqu’au sternum et à l’omoplate, il y a une suite non - interrompue de mouvemens. L’abaissement du cartilage thyroïde et de l’os hyoïde est ordinairement perpendiculaire , vu la direction des muscles. Quand l’omoplat-hyoïdien agit seul, l’os hyoïde s’abaisse en s’inclinant de l’un ou de l’autre côté ; presque toujours il y a contraction simultanée des deux muscles et alors le mouvement est direct.

De tous ces muscles, c’est le thyro-hyoïdien qui agit le plus fréquemment de bas en haut; il entraîne dans ce dernier sens le cartilage thyroïde à l’instant de la déglutition , et dans la production des sons trèsaigus , où il faut qu’il monte sensiblement , comme on le sent en plaçant le doigt dessus, etc. L’immobilité du sternum et la pesanteur de la poitrine rendent presque nulle l’action des sterno-hyoïdien et sterno-thyroïdien sur elle. Le volume de l’omoplate et la force des autres muscles qui s’y attachent font que faction de fomoplat-hyoïdien sur cet os iVest guère plus sensible.

§ ÏV. Région cervicale profonde.

Trois muscles s’y rencontrent, les grand et petit droits antérieurs de la tête, et le long du cou.

Muscle grand droit antérieur. Allongé , aplati , plus épais et plus large en haut qu’en bas , couché au-devant des vertèbres cervicales. Il prend inférieurement naissance par quatre petits tendons nés du tubercule antérieur des apophyses transverses des troisième , quatrième , cinquième et sixième vertèbres cervicales. De ces tendons , qui sont d’autant plus gros qu’ils sont plus supérieurs , qui remontent plus ou moins haut derrière le muscle qui les cache, et auxquels s’en joint souvent en bas un autre venant du long du cou , partent les fibres charnues, lesquelles forment des faisceaux, d’abord distincts, qui se réunissent ensuite et montent dans une direction un peu oblique, pour venir se rendre, celui du premier tendon immédiatement à la surface basilaire près le grand trou occipital , les suivans, successivement et selon leur origine, à la face postérieure d’une aponévrose assez forte qui , régnant au-devant des trois c[uarts supérieurs du muscle , vient s’implanter aussi à la surface basilaire devant les premières fibres charnues.

Ce muscle correspond en devant à la jugulaire interne, à la carotide, aux nerfs vague et grand sympathique; en arrière au petit droit antérieur, aux apophyses transverses, un peu au long du cou, aux articulations aîloïdo-occipitale etaxoïdo-atloïdienne.

Muscle petit droit antérieur. Etroit, court, aplati,

placé SOUS le précédent. Né inférieurement, par des aponévroses intermédiaires aux fibres charnues , sur le devant de la masse latérale et de Fapophyse transverse de Tatlas, il monte, en s’élargissant, jusqn’au-devant du trou occipital, où il se termine ainsi qu’au cartilage qui unit le rocher à l’apophyse basilaire , par des aponévroses placées aussi entre les fibres charnues. Ce muscle, caché par le précédent, recouvre l’articulation atloïdo-occipitale.

Muscle long du cou. Allongé, étroit, plus large en haut qu’en bas , occupant le devant et les côtés des vertèbres cervicales et des premières dorsales, d’une structure très-compliquée, composé de deux faisceaux principaux , l’im supérieur et oblique , l’autre inférieur et longitudinal. Le premier naît par des fibres aponévrotiques prolongées sur la partie interne des charnues , du tubercule antérieur de l’atlas, descend obliquement en dehors, en s’élargissant , et vient se fixer surtout au-devant des apophyses transverses des troisième , quatrième et cinquième vertèbres cervicales , par de petites aponévroses assez distinctes. Le second, qui fait suite à celui-ci, naît principalement , i® en dedans, d’une aponévrose prolongée assez loin sur sa face antérieure , et fixée au corps de l’axis , ainsi qu’un pêii à celui de la troisième vertèbre ; dd en dehors , d’une ou de deux petites aponévroses fixées au tubercule antérieur de la quatrième ou cinquième vertèbre cervicale , et souvent d’un petit tendon commun au grand droit antérieur. De ces insertions, il descend perpendiculairement sur les côtés et au-devant du corps des quatrième, cinquième, sixième et septième

vertèbres cervicales, et des trois premières dorsales, où il se fixe , ainsi qu’aux fibro - cartilages et à la base des apophyses transverses, par des fibres aponévrotiques plus ou moins sensibles.

Peu d’auteurs ont bien conçu ce muscle , qui est recouvert par le grand droit de la tête , le pharynx , Pœsophage, la carotide, les nerfs vague et grand sy mpathique , et qui recouvre les vertèbres auxquelles il se fixe.

Mouvemens,

Les deux droits antérieurs fléchissent la tête sur le cou ^ et la ramènent surtout à sa position naturelle , lorsque , par Faction des muscles de la partie postérieure du cou, elle a été portée dans ce sens. Cette action est faible , vu leur voisinage du centre du mouvement. Ils agissent rarement sur la colonne vertébrale. Gela arrive d’une manière peu sensible, mais réelle, dans cette position contre nature de certains bateleurs qui tiennent le tronc en équilibre sur la tête. Le long du cou fléchit les vertèbres cervicales les unes sur les autres et sur les vertèbres dorsales , mouvement qui est faible à cause de sa position près des apophyses articulaires , et de son action presque parallèle aux vertèbres. Ce sont surtout les fibres inférieures qui , à cause de leur direction longitudinale , opèrent cette flexion. Les fibres supérieures, quand elles agissent seulement d’un côté , peuvent déterminer une espèce de rotation assez marquée de l’atlas sur l’axis , rotation que favorise le mode articulaire de ces deux vertèbres, le seul de toute la colonne vertébrale où le glisse-

ment des deux apophyses articulaires contiguës soit très - considérable ; et comme ces mouvemens de rotation de Fatlas entraînent inévitablement ceux de la tête entière , le long du cou ^ par son faisceau supérieur, doit être considéré comme rotateur de cette dernière : les auteurs ont négligé cet usage. Si les deux faisceaux agissent ensemble , il est évident que la rotation est nulle , et que rabaissement seul a lieu : ils sont alors congénères des droits antérieurs.

§ V. Région cenoicale latérale.

Elle comprend les deux scalènes , les inter-transversaires cervicaux et le droit latéral de la tête.

Muscle scalène antérieur. Allongé , large en bas, plus étroit en haut, placé sur les parties latérale et inférieure du cou. Il se fixe inférieurement à la face externe et au bord supérieur de la première côte , par un tendon qui s’épanouit assez loin sur les fibres charnues, en leur donnant naissance. Celles-ci forment un faisceau c|ui se dirige obliquement en haut, en dedans et en avant , et duquel partent bientôt quatre petits tendons long - temps cachés dans l’épaisseur du muscle , d’autant plus marqués qu’ils sont plus supérieurs , et qui s’insèrent au tubercule antérieur des troisième , c[uatrième , cinquième et sixième apophyses transverses cervicales.

Ce muscle , recouvert par la veine sous-clavière, les artères cervicales , le nerf diaphragmatique, et les muscles omoplat-hyoïdien et sterno-mastoidien , forme en arrière , avec le scalène postérieur , un

espace triangulaire où passent l’artère sous-clavière et les branches antérieures des nerfs cervicaux, dont quelques-unes traversent son épaisseur, en séparant ses tendons. En dedans et en bas, il reste entre lui et le long du cou un espace qu’occupent la veine et l’artère vertébrales.

Muscle scalène postérieur. Analogue au précédent, mais plus long et plus épais, placé derrière lui , sur les parties latérales du cou. Il a en bas deux insertions , Eune antérieure , à la face externe de la première côte, derrière ie passage de l’artère sousclavière, par des fibres aponévrotiques qui accompagnent peu loin les charnues; l’autre, qui manque quelquefois, et qui est en général moins considérable , au bord supérieur de la seconde côte. De là résultent deux faisceaux d’abord isolés, mais bientôt réunis en un seul , lequel se dirige en dedans et en haut vers la colonne vertébrale , et se termine par six petits tendons, d’autant plus longs qu’ils sont plus supérieurs, et qui s’insèrent au tubercule postérieur des six dernières apophyses transverses cervicales. Quelquefois de la portion fixée à l’axis se détache un petit faisceau qui se porte à l’apophyse transverse de l’atlas.

Ce muscle correspond en dehors au grand dentelé , aux tégumens, dont le sépare une grande quantité de tissu cellulaire, et au sterno - mastoïdien ; en dedans, à la colonne vertébrale, aux inter-transversaires et au premier intercostal ; en arrière , aux sacro-lombaire, transversaire, spléniuset angulaire; en devant, au précédent, et ensuite à l’espace triangulaire dont nous avons parlé, et qui l’en sépare.

Muscles inter^transcersaires . Petits faisceaux quadrilatères occupant Fintervalle des apophyses transverses cervicales. Il n’y en a qu’un entre la première et la seconde : mais entre les suivantes on en trouve deux y run antérieur, l’autre postérieur. Les deux muscles de chaque intervalle, fixés par une insertion isolée, Fun au bord antérieur, l’autre au postérieur de la gouttière que présente l’apophyse transverse inférieure , montent dans une direction verticale , et viennent tous deux s’attacher , par des fibres aponévrotiques, au-dessous de l’apophyse transverse supérieure , en sorte qu’il reste entr’eux un petit espace que traversent les branches antérieures des nerfs cervicaux. Outre cela les muscles postérieurs sont recouverts en arrière par le splénius , le transversaire et le sacro-lombaire ; les antérieurs correspondent en devant au droit antérieur de la tête. Le premier inter-transversaire , qui est seul , est plus long et plus marqué à cause des grands mouvemens de l’atlas sur l’axis. ^

Muscle droit latéral de la tête. Analogu e aux intertransversaires, dont il semble meme former le premier , mince , aplati, situé sur les parties latérale et supérieure du cou. Inséré inférieurement par un petit tendon à l’apophyse transverse de l’atlas, il se porte verticalement à l’occipital , où il se fixe immédiatement derrière la fosse jugulaire. Il correspond en devant à la veine jugulaire , en arrière à l’artère vertébrale.

appareil de la LOCOMOTIOl^r.

Mouvemens.

Les moiivemens de cette région ont principalement rapporta rinclinaison latérale du cou et de la télé : or, cette inclinaison est ou partielle ou générale.. La première est un mouvement isolément exécuté par la tête sur Fatlas^ et ensuite par chaque vertèbre sur la vertèbre inférieure. Or, ce mouvement partiel a évidemment pour agens le droit latéral et les inter-transversaires, lesquels ont pour antagonistes ceux du côté opposé , en sorte que leur action est nulle quand ils tendent à se mouvoir simultanément. La seconde inclinaison , ou celle de totalité, a pour agens les deux scalènes. Si l’antérieur agit seul, le cou est en meme temps un peu porté en devant; si c’est le postérieur qui se contracte, le cou est dirigé en arrière. L’inclinaison est directe quand ils agissent ensemble; elle est nulle ^ et le cou est maintenu dans sa rectitude, quand ceux des deux côtés se contractent en meme temps.

Outre cette action des scalènes, ils agissent puissamment dans les grandes inspirations, en fixant en haut les deux premières côtes, qui deviennent ainsi un point immobile sur lequel les autres s’élèvent successivement.

Remarques générales sur les Mouvemens du cou.

D’après ce que nous avons dit sur les'muscles du cou, il est évident que leurs actions diverses s’exercent principalement sur la tête en totalité, sur le cou , sur la mâchoire inférieure ^ sur le larynx et sur la poitrine.

DES MUSCLES ET DE LEURS DÉPENDANCES. gS

La flexion de la tête a lieu ou sur le cou immobile^ ou par l’inclinaison de celui-ci. Danslepremier cas, le sterno-mastoïdien et les grand et petit droits antérieurs, agissentdirectementsurlabase du crâne, de plus, la mâchoire inférieure étant élevée et fixée par les masseter, temporal et ptérygoïdiens , les muscles qui l’abaissent ordinairement peuvent devenir fléchisseurs de la tête en se contractant alors. Malgré cela, remarquez que la somme des muscles lléchisseurs est en général moindre ici que celle des extenseurs; ce qui est l’inverse de la plupart des autres régions. Dans les cas d’inclinaison du cou, la tête qu’il supporte accompagne ses mouvemens, que les scalènes, le long du cou, etc., produisent surtout.

Les mouvemens du cou et de la tête servent beaucoup au geste. Ce mode de langage, interprète muet de ce qui se passe en nous, consiste , comme la parole, en certains signes convenus de tous. Par exemple , la flexion de la tête en avant est chez nous un signe d’approbation ; la rotation latérale indique la négation. Nous avons ainsi attaché telle ou telle expression à tel ou tel mouvement, comme telle ou telle signification est attachée à tel ou tel mot. Sous ce rapport, le geste , comme les langues , peut varier chez chaque nation, et le mouvement qui signifie une chose chez l’une peut en exprimer une différente chez l’autre. Cependant il est une espèce de geste qui ne consiste point ainsi en une convention: c’est celui par lequel on désigne l’objet dont on est occupé. On montre la bouche et les alimens quand on veut indiquer la faim; on repousse l’objet qui

nous est odieux, pour indiquer notre aversion pour lui; on simule le vomissement, pour indiquer qu’un mets nous dégoûte, etc. Ce mode de geste est indépendant de toute convention. Il diffère essentiellement, sous ce rapport, de celui par lequel nous fléchissons ou nous tournons la tête pour dire oui ou non : aussi est-il de tous les peuples; tous l’entendent, parce qu’il est fondé sur la nature même de choses qui sont communes à tous. Transporté au milieu d’une nation inconnue, l’homme s’exprime par ce geste-là; celui de convention devient, comme la parole, nul pour lui. Remarquez que ce dernier est, en général, peu étendu chez les hommes, parce que nous avons pour nous entendre un moyen plus parfait, la parole. Si celle-ci nous manquait, et que l’intelligence fût en aussi grande activité , nous nous créerions sans doute un langage muet infiniment plus étendu : les sourds et muets ont pour le geste de convention une aptitude qui en est la preuve manifeste. Si les animaux , qui ne parient pas , n’y suppléent point par ce geste , c’est que l’intelligence leur manque, et que c’est le premier mobile qui le met en jeu.

J’observe , à l’égard du geste qu’exécute la tête , qu’il est, ainsi que celui que nous faisons avec les membres supérieurs, plutc)t le langage de l’entendement que celui des passions, et qu’il diffère en cela du geste exécuté parla face, et par l’œil spécialement, lequel indique plus souvent ces états de l’âme que les voûtions libres quelle prend en vertu du jugement. Chez les animaux, au contraire, oû la face est le plus communément peu expressive;

les passions se rendent par les gestes des diverses parties du corps. On sait qu’en caressant son maître, le chien agite doucement sa queue en divers sens, qu’il la baisse et la serre contre ses membres postérieurs dans la crainte; que le chat recourbe son dos et le rend saillant lorsqu’il veut exprimer l’attachement; que dans la joie le serin agite ses ailes, etc., etc. Qui n’a observé cent fois les gestes particuliers à chaque espèce, qui établissent entre le mâle et la femelle les rapports qui précèdent l’accouplement? La voix, qui chez plusieurs ne se manifeste qu’à cette époque, leur sert à s’appeler à des distances considérables. Sont-ils près l’un de l’autre , le geste est le langage unique par lequel ils se peignent leur état réciproque, et comme ce geste n’est point de convention, chaque espèce ale sien. C’est un mode de communication que l’instinct seul dirige, et où les fonctions cérébrales ne sont pour rien.

Quant aux mouvemens étrangers au cou et à la tête dans les muscles de la région précédente, ils appartiennent surtout à la mâchoire , à l’os hyoïde , au larynx et même à la poitrine. Or, tous ces mouvemens offrent d’une manière bien remarquable une succession nécessaire d’actions, en sorte c|ue l’abaissement de la mâchoire, surtout s’il s’exécute avec force, met non-seulement en jeu les muscles abaisseurs de cet os , mais encore ceux de l’hyoïde , du cartilage thyroïde, etc., de manière qu’il y a une suite de points d’appui cjui finissent au sternum, et qu’une contraction en nécessite une autre. Ainsi le redressement de la tête, lorsqu’on est horizontalement couché, nécessite, comme je l’ai dit, la con-

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tractiori des muscles abdominaux pour fixer la poitrine , sur laquelle agissent les sterno-mastoïdiens, en sorte que le dernier point d'appui est réellement sur le bassin.

Développement des Muscles du cou,

Ces muscles présentent peu de particularités dans leur développement. Comme la plupart de leurs insertions osseuses sont à peu près dans le meme rapport que par la suite, ils sont à peu près dans la même proportion. Le larynx offre bien des différences réelles dans son développement, qui est plus tardif; mais cela n’influe guère que sur ses muscles propres, et non sur ceux qui, implantés à lui et à d’autres parties , appartiennent à la région qui vient de nous occuper, dans laquelle seulement le corps des vertèbres cervicales , un peu plus prononcé alors que par la suite, comme je l’ai montré ailleurs, donne un léger excès de développement aux longs du cou, grands droits antérieurs, etc. Dans les âges qui suivent celui du fœtus et de l’enfant, les muscles du cou croissent d’une manière uniforme , et ne présentent par la suite aucun phénomène important dans leur nutrition.

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