II. NERFS CERVICAUX DE LA MOELLE VERTÉBRALE
Ces nerfs sont au nombre de sept : le premier sort entre l’atlas et l’axis; le dernier, entre la dernière vertèbre cervicale et la première dorsale. Chacun naît, par deux ordres de racines, des parties latérales de la moelle (i).
Les racines antérieures sont les plus petites; elles .naissent successivement les unes au-dessous des autres, sur une ligne droite qu’une rainure n’indique point comme la ligne d’origine des racines postérieures. Chacune naît ordinairement de la
(i) V oyez la note de la page 1 44*
NERFS DE LA. VIE ANIMALE
moelle, par deux filets que fournissent sept à huit filamens isolés à l’endroit meme de l’origine, mais réunis tout de suite pour les former. Quelquefois ces filamens s’assemblent en trois filets. Quel que soit leur nombre à chaque racine, ils vont en au gmentant de grosseur de haut en bas.
Les racines postérieures, bien plus considérables que les précédentes, naissent successivement dans une rainure assez sensible , par un nombre variable de filets. J’en ai compté ordinairement trois ou quatre pour la première, six ou sept pour les seconde, troisième et quatrième, huit ou neuf pour les suivantes. J’ai aussi observé très-souvent, entre deux racines correspondantes, un filet moyen qui, se bifurquant après un court trajet, allait d’une part à la racine supérieure, de l’autre à l’inférieure, et se trouvait par là commun aux deux. Chacun des filets d’une racine naît par plusieurs filamens, moins distincts à cette origine que ceux des filets des racines antérieures; tous grossissent d’autant plus qu’ils deviennent plus inférieurs, et convergent les uns vers les autres dans chaque racine, qui par là est comme triangulaire.
Ces deux racines, séparées d’abord par le ligament dentelé, et en haut par le nerf spinal, se rapprochent bientôt en avançant vers leur orifice commun. Leur trajet est d’autant plus oblique et d’autant plus long dans le canal, qu’elles sont plus inférieures , de manière que la sorbe de la première est vis-à-vis son origine , tandis que les suivantes sortént. successivement plus au-dessous du niveau de l’endroit d’où elles naissent. Il y a, entre l’origine
û6G APPAREIL COîfIL LU SENT. ET DU MOUV.
et Fissuè de la dernière, l’intervalle de la hauteur d’une vertèbre.
Arrivées à l’orifice du canal fibreux de la duremère , qui doit les transmettre au dehors, ces deux racines se joignent l’une à l’autre, et entrent dans ce canal , où une cloison mince les sépare et forme, pour ainsi dire, deux conduits.
Après un court trajet, les filets qui composent la racine postérieure se réunissent pour former un renflement considérable, d'une couleur grisâtre, d’une densité assez grande, d’une forme ovalaire, d’une nature inconnue, mais d’un aspect extrêmement analogue à celui des ganglions de la vie organique. Le canal s’évase pour loger ce renflement, auquel sont étrangers les filets de la racine antérieure. Ceux-ci viennent se réunir au cordon qui émane de ce renflement (i), et forment avec lui un tronc proportionné par son volume à celui des deux racines qui lui ont donné naissance. Ce tronc compose, à proprement parler, le nerf; il ne parcourt qu’un petit trajet, et se divise tout de suite en deux branches, l’une antérieure, l’autre postérieure.
(i) Celle réunion n’est qu’un simple accollement, au milieu duquel, comme Fa reconnu M. Bouvier, B y a échange de quelques filets de l’une et l’autre racines , de telle sorte que les deux branches dans lesquelles le nerf se divise ensuite contiennent des filets sensoriaux et des filets moteurs, puisqu’ils communiquent avec les cordons* antérieur et postérieur de la moelle.
( Note ajoutée* )
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§ Ier. Premier Nerf cervical .
11 sort très en arrière, entre Tafias et Taxis, et se partage tout de suite en deux branches , dont la postérieure est la plus considérable : ce qui est l’inverse des nerfs suivans.
i°. Branche postérieure . Elle s’engage tout de suite sous le bord inférieur du grand oblique, vient paraître entre lui et le grand complexus , se recourbe aussitôt de bas en haut sur le premier, quelle embrasse en manière d’anse, remonte sur la face antérieure du second, en se portant sensiblement en dedans , le traverse vers son extrémité supérieure, devient sous-cutané, et se perd dans la région occipitale.
Dans ce trajet, i° cette branche communique d’abord , au niveau du grand oblique auquel elle donne un filet, en haut avec le nerf sous-occipital, en bas avec la branche postérieure du second nerf cervical. 20. A Tendroit où elle se recourbe, plusieurs filets s’en échappent ; les uns descendent au-devant du grand complexus, les autres, passant sous son bord interne, se recourbent sur sa face postérieure , y répandent en partie leurs filets, qu’ils jettent en partie sur le petit complexus et sur la face correspon- * dante dusplénius, dontl’un d’eux traverse quelquefois l’épaisseur pour se rendre à la portion contiguë du sterno-mastoïdien. 3°. Au-devant de la partie supérieure du grand complexus, plusieurs filets partent de cette branche, remontent comme elle, se perdent dans le muscle, ou le percent isolément, et
deviennent cutanés. f\°. Enfin au niveau de la partie postérieure de la tête, un nombre variable de rameaux occipitaux terminent cette branche, se répandent sur la partie moyenne et postérieure de la tête et sur le muscle occipital ; ils remontent jusqu’au voisinage de la terminaison des rameaux frontaux de la branche ophthalmique , avec les filets desquels ils s’anastomosent quelquefois.
2°. Branche antérieure . Elle se contourne, aussitôt après s’être séparée de la précédente, sur les côtés de l’articulation de l’atlas avec l’axis , passe entre leurs- apophyses transverses, couverte par les angulaire, splénius et premier inter-transversaire, et se divise tout de suite en iQ rameaux supérieurs , dont l’un va communiquer avec le nerf sous-occipital, et former au-devant de l’apophyse transverse de l’atlas l’anse indiquée plus haut; l’autre envoie plusieurs filets au ganglion cervical supérieur; 20 rameaux inférieurs , au nombre d’un et quelquefois de deux, qui envoient d’abord un ou deux filets au grand droit antérieur, puis vont s’unira la branche antérieure du deuxième nerf cervical , par deux ou trois anastomoses, et rarement par une seule, pour former le plexus cervical.
§ IL Second Nerf cercle al.
Il sort entre l’axis et la troisième vertèbre cervicale, et se divise tout de suite en deux branches : la postérieure est de moitié moindre que l’antérieure.
x°. Branche postérieure. Elie contourne, aussitôt après s’être séparée , l’articulation de l’axis avec la
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troisième vertèbre , à la synoviale de laquelle elle est contiguë, descend un peu d’abord, puis remontant tout de suite en faisant une anse, se place sur la face antérieure du grand complexus, au-dessous de la précédente, dont elle croise les rameaux qui vont au bas de ce muscle, remonte un peu sur cette face , perce ce muscle et le trapèze, et devient sous-cutanée vers le haut du cou.
Dans ce trajet, i° elle fournit le filet de communication avec le nerf précédent; 2° elle donne un rameau assez considérable, passant entre les apophyses articulaire et transverse de la troisième vertèbre, sous le bord du complexus, pour aller distribuer plusieurs filets qui parcourent souvent un trajet assez long, dans le petit complexus et dans les muscles voisins; 3° quelques filets se distribuent au grand complexus , tandis que la branche lui correspond; 4° enfin les rameaux qui terminent cette branche sont en nombre variable, et appartiennent aux tégumens des parties supérieure du cou, postérieure et inférieure de la tête.
2°. Branche antérieure. Elle se porte en devant et en dehors, couverte par les splénius et angulaire, donne un filet au ganglion cervical supérieur, communique en haut et en bas avec les deux branches antérieures adjacentes, et se jette dans le plexus cervical.
§ III. Tro isietne Nerf cercle al.
ï°. Branche postérieure. Elle est plus petite que dans le nerf précédent, se porte, comme dans ce
nerf, le long de l’apophyse articulaire, dans une espèce de gouttière qui s’y trouve; puis s’engageant entre’ les insertions du grand complexus et du transversaire épineux, descend quelque temps entre ces deux muscles , y distribue divers filets ; puis perçant les muscles postérieurs du cou, devient sous-cutanée et se perd bientôt. Dans ce trajet, cette branche fournit un filet de communication pour le deuxième nerf cervical, puis elle donne un rameau externe souvent unique, mais que composent quelquefois trois ou quatre filets, tout de suite isolés quoique contigus , lesquels se portent à la partie inférieure du petit complexus, au transversaire, etmême quelquefois à l’angulaire.
20 Branche antérieure . Elle se porte d’abord en dehors, puis se contourne en devant sur le tubercule antérieur de la quatrième vertèbre, communique avec un filet du ganglion cervical, et avec les deux branches antérieures des deux nerfs cervicaux entre lesquels elle est située, et se jette dans le plexus cervical.
§ IV. Plexus cervical .
Il résulte de la réunion des branches antérieures des premier, deuxième et troisième nerfs cervicaux, qui, à leur sortie, communiquent d’abord avec les filets du ganglion cervical , puis se réunissent ensemble, de manière que chacune fournit deux rameaux qui forment deux arcades avec les rameaux correspondais des deux branches qui lui sont, l’une supérieure, l’autre inférieure; de ces arcades nais:
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sent des rameaux qui s’anastomosent de nouveau plus en dehors. En général, il n’y a guère plus de deux anastomoses; mais elles ont des variétés extrêmes, en sorte qu’il est presque impossible d’assigner avec certitude la disposition de ce plexus. II. communique en haut avec le nerf sous-occipital, par un rameau appartenant au premier nerf cervical , i en bas avec le plexus brachial , parle rameau le plus inférieur du troisième de ces nerfs. Il y a entre ces
! deux plexus, formés l’un et l’autre par les nerfs cer- ; vicaux, un intervalle assez sensible qui les distin- ; gue, et que parcourt la branche indiquée ; d’ailleurs, 'en soulevant le sterno-inastoïdien , la position du 1 plexus cervical le rend tout de suite apparent, tan- 1 dis que le plexus brachial reste encore caché à son 1 origine par le scalène antérieur. C’est au bord postérieur du sterno-mastoïdien que répond le pre-
I mier, au niveau des deuxième, troisième, et surtout | quatrième vertèbres cervicales. Il est au-devant du î scalène postérieur, au côté externe du nerf vague, Ide la carotide et de la jugulaire. Plongé dans beaucoup de tissu cellulaire , entrelacé de vaisseaux, il est environné debeaucoup de glandes lymphatiques ,
].qui le masquent souvent, et qui occupent meme l’intervalle des espèces d’aréoles qu’il forme, surtout Ides externes. Ce plexus fournit d’abord quelques ffilets de communication avec ceux des rameaux des 1; ganglions cervicaux, s’anastomose avec le nerf spi- Ijmal par un ou plusieurs filets, et en donne aussi un
II ou deux aux muscles sur lesquels il est couché; puis u on le voit fournir diverses branches très-remarqualébles, qui, par leur situation , peuvent être divisées
en descendantes internes* , descendantes externes, ascendantes et cervicales superficielles.
A. Branches cervicales descendantes internes.
Il y en a deux : la cervicale descendante et la phrénique.
i°. Branche cervicale descendante. Elle naît du plexus par deux filets très-distincts, qui viennent évidemment des branches antérieures des premier et deuxième nerfs cervicaux, parcourent un certain trajet en restant isolés, convergent l’un vers l’autre, puis se réunissent en un seul cordon qui se porte en dedans et va au milieu du cou s'anastomoser avec la branche correspondante du nerf hypoglosse, delà manière que nous Favons dit.
20. Branche phrénique. Elle naît au-dessous de la précédente et à la fin du plexus cervical. Le plus gros des filets qui la fournit part évidemment de la branche antérieure du troisième nerf cervical ; un petit filet du deuxième vient aussi le plus souvent se joindre à celui-ci pour la former; quelquefois elle en reçoit un de la branche précédente ou des nerfs qui la fournissent. Toujours le plexus bra** chiai concourt aussi à son origine par deux ou trois filets, qui s’y joignent à la partie inférieure du cou, souvent meme seulement dans la poitrine, et qu[ n’ont rien de constant par rapport aux nerfs cervicaux dont ils émanent précisément.
Quel que soit le mode de son origine, la branche phrénique descend au-devant de la partie latérale du cou, entre les muscles grand droit antérieur
et scalène antérieur, puis sur le bord antérieur de ce dernier. Arrivée à la poitrine, cette branche y pénètre entre l’artère sous-clavière qui est en arrière, et la veine du même nom qui est en devant, se porte en dedans et en avant dans le médiastin , passe au-devant des gros vaisseaux pulmonaires , se colle au péricarde, sur lequel elle est très-apparente en ouvrant la poitrine, est recouverte à son niveau par la lame de la plèvre qui le tapisse, et va se jeter dans le diaphragme.
La branche phrénique droite, plus antérieure et plus perpendiculaire , se divise, avant d’arriver à ce muscle, en plusieurs rameaux qu’unissent des filets de communication, et qui s’écartent en divergeant les uns des#autres : on en compte six ou sept. Ils fournissent d’abord des filets à la face convexe du diaphragme. Après cela, les internes, collés à la veine cave, se portent à la partie inférieure de ce muscle par l’ouverture quelle traverse, se répandent sur cette partie, et s’anastomosent avec les filets du ganglion cœliaque. Les autres rameaux, plus longs que ceux-ci, dirigés, en divergeant, en avant, en arrière et en devant, percent la partie antérieure du centre phrénique, ne donnent rien à cette aponévrose, suivent le même trajet que les artères et les veines, et vont se répandre au loin dans l’épaisseur du muscle et à sa surface concave, d’où plusieurs s’échappent pour communiquer avec les filets des ganglions cœliaques, et contribuer à la formation des plexus de ces parties.
La branche phrénique gauche, plus postérieure que la précédente, plus longue aussi , parce quelle iii. 18
2^4 APPiUF.ÏL COND. DU SENT. UT Î)U MOUV.
se contourne sur la pointe du cœur, donne d’abord des filets à la surface convexe du diaphragme, et perce son épaisseur par divers rameaux, dont plusieurs se rapprochent de l’œsophage, et dont les autres s’en écartent. Parmi ceux-ci, les uns restent à sa surface concave, les autres se portent au-delà et vont se joindre aux filets du ganglion cœliaque de ce côté. Souvent, de l’un et l’autre côtés, ces filets de communication présentent des renflemens sensibles. Plusieurs auteurs oftt même décrit des ganglions à ces nerfs, mais rien n’est plus variable que cette disposition.
Dans ce trajet, i° les branches phréniques donnent des filets au muscle droit antérieur, au scalène, et même au thymus, selon certains auteurs : on trouve difficilement ceux-ci. a0. A la partie inférieure du cou, chacune communique avec les filets du ganglion cervical inférieur correspondant , et meme quelquefois du supérieur, soit quelle reçoive de ces filets, soit quelle leur en fournisse; ce qui varie. 3°. Elles ne donnent rien au péricarde ni au poumon, quoique cependant certains auteurs aient pensé le contraire.
B. Branches cervicales descendantes externes.
La manière dont elles partent du plexus varie beaucoup; tantôt il y en a trois ou quatre, tantôt deux : ces variétés ne font rien à leur distribution , qui reste toujours la même : elles ne dépendent que de ce que les rameaux se séparent plus ou moins vite. Les principales viennent du troisième nerf
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Cervical , le deuxième en fournit aussi constamment. On voit également un filet du quatrième venir se joindre à elles ou à leurs rameaux. Quelle que soit la manière dont elles s’échappent , leur trajet est très-court, presque nul, et on en voit naître tout de suite beaucoup de rameaux que leur position sert à faire distinguer en sus-claviculaires, sus-acromiens, sous-claviculaires et cervicaux profonds. Ces rameaux naissent, avec beaucoup de variétés, de ces branches elles-mêmes très-variables; mais leur terminaison est constante.
i°. Rameaux sus* claviculaires. Le plus ordinairement l’un descend le lon^ du bord externe du
sterno-mastoïdien , ou un peu au-delà, traverse superficiellement le milieu delà clavicule, se répand sur le grand pectoral , la peau, et va jusqu’aux mamelles. Un autre, et quelquefois deux se dirigent plus en dehors, gagnent le bord externe du grand pectoral, descendent entre lui et le deltoïde, dans la direction de la veine qui se trouve en cet endroit, et se répandent superficiellement sur ces deux muscles. Entre ces rameaux principaux, d’autres plus petits vont se distribuer sur la poitrine.