‹ Traité d'anatomie descriptive de Xavier BichatChapitre 28 sur 56 · GANGLIONS DE LA TETE · texte numérisé non relu

GANGLIONS DE LA TETE

Les anatomistes en décrivent plusieurs : je ne placerai ici que la description de l’ophthalmique, parce que le renflement qu’on nomme sphéno -palatin n’a jamais la texture des ganglions; que très-souvent il n’y a, comme je l’ai dit, qu’une division à l’endroit où on l’indique, et non une augmentation de volume, qui, quand elle a lieu, doit être assimilée en tout à celles qui sont si fréquentes dans le trajet d’un autre nerf. Quant au ganglion de la glande maxillaire, sa structure est aussi différente de celle des organiques, quoiqu’il ait quelquefois une apparence grisâtre : d’ailleurs, très-souvent il n’existe pas; et alors c’est, ou un petit plexus qui le remplace, ou des rameaux sans entrelacement (2).

(1) Voyez quant à la situation, à la forme, à l’organisation , aux usages des ganglions , le tome 11 de la nouvelle édition de Y Anatomie générale , édition augmentée de notes importantes par Béclard et M. Blandin.

(2) L’existence et le volume du ganglion sphéno-palatin ( ganglion sphenoidal , Chaussier ) sont en effet peu constans. Plongé dans le tissu cellulaire graisseux de la lente ptérygomaxillaire, et profondément caché entre les os, en dehors du trou sphéno-palatio , il est quelquefois assez difficile à découvrir; cependant il existe le plus ordinairement. Il est rougeâtre, triangulaire ou cordiforme , convexe dans sa surface externe , aplati

Au reste, en supposant que Fun ou l’autre eût la texture des ganglions organiques, cela s’accorderait très-bien avec la distinction des deux espèces de nerfs, puisque les premiers paraissent principalement appartenir, sans que nous sachions comment, à la nutrition de la pituitaire, les olfactifs servant certainement au sentiment de l’odorat d’une manière presque exclusive, tandis que les seconds concourent à la sécrétion muqueuse.

D’un autre côté, l’absence de ces ganglions, qui fait que des nerfs cérébraux semblent servir à des

du côté interne. Il envoie des filets aux organes de Fouie et de l’o-* dorât ; d’autres filets qui accompag nent l’artère centrale, pénètrent avec elle dans le nerf optique; et M. Hirzel a vu trois fois une anastomose entre ce dernier nerf et le ganglion spliéno-palatin.

Le ganglion sous-maxillaire, placé au niveau delà glande de ce nom, semLle formé par le rameau supérieur du nerf vidien ; il a aussi quelques filets de communication avec le nerf maxillaire inférieur; mais le plus grand nombre forme un petit plexus dont les rameaux pénètrent la glande.

Les auteurs ont aussi décrit un ganglion caverneux situé dans le sinus caverneux, au côté externe de l’artère carotide. Ce ganglion est quelquefois remplace par un petit plexus formé autour de celte artère par les filets ascendans du ganglion cervical supérieur.

M. Hipp. Cloquet a nommé ganglion naso-palatin, un ganglion qu’il a découvert au point de réunion des deux branches du trou palatin antérieur. Il est ovoïde, reçoit en haut les nerfs naso-palatins, et fournit en bas un ou deux fil els pour la membrane du palais.

On indique encore un ganglion sur le trajet du nerf temporal superficiel; mais ce n’est qu’un simple renflement de ce nerf au moment ou il est recouvert par la parotide. ( Note ajoutée. )

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fonctions organiques, n’est point un phénomène particulier à ces parties; car, s’il est vrai que les fonctions animales ne sont jamais présidées par des nerfs des ganglions, il n’est pas moins vrai que beaucoup de nerfs cérébraux vont à des organes de la vie intérieure, où nous ne connaissons pas plus leur influ nce que celle des nerfs des ganglions qui s’y trouvent en même temps.

Quant aux rameaux du ganglion ophthaîmique, qui est constant, quoiqu’ils se portent à un organe des sens, remarquez qu’ils se distribuent à une partie dont le mouvement est involontaire.

D’après cela, on voit que, proportionnellement à son volume, la tête présente infiniment moins de nerfs organiques que les autres parties du tronc : aussi tout y est-il dépendant de la vie animale. Il n’y a en effet de mouvement involontaire qu’à l’œil.

Ganglion ophthaîmique .

Ce ganglion, remarquable parce qu’il existe constamment, occupe la partie postérieure de l’orbite, et se trouve sur le nerf optique , à sa partie interne , à peu de distance de l’endroit où il entre dans cette cavité. Sa forme est impossible à déterminer exactement, tant elle est sujette à varier. Sa couleur, quelquefois rougeâtre, est souvent aussi blanche que celle des nerfs cérébraux. Son volume varie comme sa forme; en sorte que tantôt il est difficile à découvrir, tantôt il se présente dès les premières recherches. Il répond en dedans au nerf optique, auquel il est intimement uni; en dehors, au droit externe

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de l’œil, ou plutôt à l’intervalle de ce muscle et du droit supérieur. Beaucoup de graisse molle et demifluide le recouvre en cet endroit. Il fournit deux ordres de rameaux, les uns antérieurs, les autres postérieurs.

i°. Hameaux postérieurs. On en trouve constamment deux. L’un, supérieur, mince et long d’environ six lignes, va se porter au nerf nasal, avec lequel il s’anastomose près de son entrée dans Porbite : quelquefois, mais rarement, ce rameau est double.

L’autre, beaucoup plus court et plus gros, ordinairement aplati, naît de la partie inférieure du ganglion, et descend perpendiculairement pour s’anastomoser avec la branche inférieure du nerf moteur commun. Quelquefois ce sont deux rameaux distincts qui partent ici du ganglion : plus souvent encore, celui-ci paraît immédiatement se continuer avec le nerf moteur oculaire commun.

ri. Rameaux antérieurs . Ce sont les ciliaires : leur nombre est assez considérable, et toujours indéterminé. Iis forment, dans leur origine, deux faisceaux distincts, l’un supérieur, l’autre inférieur. Ils sont accompagnés par un ou deux filets naissant immédiatement du rameau nasal , étrangers au ganglion, et qui ont absolument la même distribution.

Les rameaux ciliaires supérieurs sont au nombre de trois d’abord, puis se divisent en six; quelquefois iis naissent tous isolément du ganglion. Ils sont irm médiatement appliqués sur le nerf optique.

Les rameaux inférieurs sont au nombre de six dès leur origine. Ils sont un plus peu éloignés du nerf

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optique, autour duquel ils se contournent en se subdivisant aussi, de manière à en former bientôt huit ou dix. Presque toujours un d’entre eux se détache, et va gagner la sclérotique, au-dessous du muscle droit externe. Souvent celui-ci s’anastomose avec un des ciliaires que fournit le nerf nasal.

lous ces rameaux diffèrent en longueur, mais se rapprochent, par leur ténuité commune, des autres neufs que donnent les ganglions, quoiqu’ils en diffèrent par la rareté de leurs anastomoses mutuelles. Ils ne forment point de plexus, mais parviennent, chacun en particulier, à la sclérotique, qu iis traversent obliquement, plus ou moins près du nerf optique, et entrelacés avec les artères ciliaires. Parvenus dans 1 intérieur de l’œil, ils se portent sur la surface interne de la sclérotique, placés dans de petits sillons de cette membrane , entre elle et la choroïde, et se dirigent ainsi en devant, sans donner aucun filet, et presque parallèlement jusqu’à l’iris. Ils communiquent quelquefois , mais rarement , par des filets obliques, dans ce trajet, pendant lequel ils s’aplatissent sensiblement.

Parvenus au cercle ciliaire, ils se subdivisent cha-

cun en deux filets, rarement en trois, traversent le corps ciliaire et vont se porter à l’iris, où ils se disti ibuent exclusivement. Ce sont eux qui forment, en grande partie, ces lignes blanchâtres et radiées que 1 on voit sur cette membrane, surtout après une légère macération. Peu d organes à mouvement involontaire ont autant de nerfs dans leur tissu, proportionnellement à leur volume.

ARTICLE DEUXIEME

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