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SECTION II. - DES VAISSEAUX LYMPHATIQUES EN PARTICULIER

A. — Canal thoracique.

Préparation. On peut étudier le canal thoracique rempli de chyle, chez un animal qu'on fait périr pendant le travail de la digestion ; mais le chyle ne tarde pas à disparaître orsqù'on n'a pas pris soin de lier ce canal à son embouchure dans la veme sous-claviere

'Tour injecter le canal thoracique, il faut renverser les intestins à gauche et le foie à droite ; chercher entre l'aorte et le pilier droit du diaphragme le ■"«^^^-^^/^ ^ suivre un des troncs lymphatiques qui, de ce réservoir, vont aux ganglions lombaires (1), erpiquer un de ces troncs avec le tube à injection On aura eu soin de lier la veine sousc avile gauche en dedans et en dehors de l'insertion de la veine jugulaire » terne ou Sx encore,' on remplira préalablement avec une injection solide les vemes sous-

rn On pourrait encore, pour plus de facilité, malgré la défectuosité de ce procédé comLe cer pir injecter d rJctement un des ganglions voisins du réservoir de Pecque ; le Tenoir ou'un dJs troncs qui le remplacent étant injecté, on peut alors porter le tube dans ce réservoir ou dans ce tronc.

CANAL TUORACIQUE.

claviôre et jugu'aire interne. L'injection du canal thoracique avec une solution d'ichliiyo colle, poussée à l'aide de la seringue d'Auel, est bien préférable à l'injection mercurielle, pour les pièces que l'on veut conserver.

Le canal thoracique, ainsi nommé à cause de sa situation, est le tronc commun de tous les vaisseaux lymphatiques du corps liumain, en exceptant toutefois ceux de la moitié droite de la tâte, du cou, du thorax, et ceux du membre thoracique droit.

11 commence au niveau de la deuxième et quelquefois de la troisième vertèbre lombaire, par la réunion des rameaux qui émanent des ganglions lymphatiques abdominaux; ces rameaux qui, suivant Meckel, sont au nombre de trois, m'ont paru ûtre le plus souvent au nombre de cinq ou de six. Généralement très-gros, ils convergent tous vers une dilatation ou ampoule de forme triangulaire, qu'on appelle réservoir ou citerne de Pecquet [cisterna chyli), du nom de l'anatomiste qui a démontré que les vaisseaux lactés, au lieu de se rendre au foie, comme on le pensait d'après Aselli, allaient se rendre au canal thoracique.

Cette ampoule, qui n'est souvent qu'un simple confluent, sans dilatation, des cinq ou six troncs d'origine du canal thoracique, est située à droite et en arrière de l'aorte, immédiatement au-dessous de l'ouverture aortique du diaphragme, à côté du pilier droit de ce muscle.

Né de cette manière, le canal thoracique se porte verticalement en haut, pénètre dans le thorax par l'ouverture aortique du diaphragme, et se trouve placé au-devant de la colonne dorsale, dans le médiastin postérieur, un peu à droite de la ligne médiane, entre la veine azygos, qui est à droite, et l'aorte qui est à gauche. Au niveau de la quatrième vertèbre dorsale, le canal thoracique s'incline à gauche, en continuant son trajet ascendant, passe derrière l'aorte, se place au côté gauche de l'œsophage, longe l'artère sous-clavière gauche, en arrière et au côté interne de laquelle il est placé, et sort du thorax par l'orifice supérieur de la cavité thoracique. Parvenu derrière la veine jugulaire interne gauche, au-devant de la septième vertèbre cervicale, il se recourbe brusquement d'arrière en avant, forme une espèce de crosse, analogue à celle de l'aorte, et vient s'ouvrir dans l'angle de réunion des veines sous-clavière et jugulaire interne, et quelquefois dans la veine sous-clavière, en dehors de cet angle.

La direction du canal thoracique n'est point rectiligne, mais flexueuse ; quelquefois même ses flexuosités sont extrêmement multipliées.

Des rapports que présente le canal thoracique dans la cavité pectorale, il résulte que, pour le découvrir à sa partie inférieure, il faut le chercher à droite du médiastin postérieur, après avoir incisé la lame droite de cette cloison, et que, pour le découvrir à sa partie supérieure, il faut le cherchera gauche, en incisant la lame gauche du médiastin.

Le mode de terminaison du canal thoracique offre beaucoup de variétés; ainsi, il n'est pas rare de le voir s'ouvrir par plusieurs troncs dans les veines jugulaire interne et sous-clavière gauches. Un mode de terminaison plus fréquent encore, et bien important à connaître, est celui dans lequel le canal thoracique se bifurque supérieurement, la branche gauche de la bifurcation présentant la disposition accoutumée, et la branche droite allant s'ouvrir soit dans la veine jugulaire interne gauche, soit dans la veine sous-clavière droite, en s'unissant à la grande veine lymphatique du même côté. M. Sappey a vu plusieurs fois les vaisseaux de la moitié gauche de la tête et du cœur se réunir à un tronc provenant du membre thoracique gauche, pour former une grande veine lymphatique

Le canal thoracique est le tronc commun (loi vaisseaux Ivnipiiatiques.

Ilcommcnce à la rtigion lombaire.

Réservoir du chyle.

Trajet du canal thoracique.

Sa courbure en crosse.

Son embouchure.

Sa direction flexueuse.

Rapports.

Terminaison.

Birurcation.

ANGÉIOLOGIE J (Fig- S8) (•). ^1

Canal ihoraciqite.

!•) 1,1, colonne -vertébrale. - 2, seclion de la clavicule. - ps muscle psons. — c.l, carré des lombes. — 'i7 muscle iliaque. - coul, couluricr. — S.cla, -veine sous-clavière droite. — S.c/, veine sous-clavière "auche. — A.o., cxlrémité inférieure de l'aorle. — U.p, arlèro ilia()uc iirimilivc. - dit., canal tlioraciquc. — P, citerne de Pect|iict. — Ai., veine azygos. — V.p.i'., veine cave inférieure. — Sn/.A.', veine sapheiic interne. — a.n, ganglions inguinaux. — 4.6., ganglions pelviens.— c.c.f., ganglions lombaires. — rf.rf., ganglions intercostaux.

CANAL TIIORACIQUE.

gauche, analogue à colle qui existe à droite. Quelquefois les lymphatiques de la partie latérale de la tâte et du cœur vont isolément dans la sous-claviùre qui Lleur correspond.

Le calibre du canal thoracique n'est nullement en rapport avec le nombre et .le volume des lymphatiques qu'il reçoit; quelquefois, en effet, on en trouve parmi ces derniers qui, dans l'état de distension, présentent le volume d'une plume à écrire. A plus forte raison n'est-il pas proportionné à tous les lymphatiques du corps, dont il est censé constituer le tronc commun. Ce calibre est môme inférieur à celui que peuvent acquérir, dans une foule de circonstances, tels ou tels de ces vaisseaux, les vaisseaux lymphatiques de l'utérus, par exemple, pendant la grossesse; et ce fait, de môme que celui de l'oblitération du canal thoracique sans accidents remarquables, a été invoqué comme un argu- ■.menl puissant par ceux qui considèrent le canal thoracique comme ne répon- ■■dant nullement à tous les vaisseaux lymphatiques du corps humain, et qui penisent que le système lymphatique est pourvu d'autres débouchés dans le système , veineux.

Le canal thoracique n'a pas le même calibre dans les divers points de son ;;5tendue (1). Il commence par une dilatation mesurant 5 ou 6 millimètres ide diamètre, se rétrécit au milieu du thorax, de manière à offrir un diamètre ide moins de 4 millimètres, et se dilate un peu au moment où il forme la :;:;rosse qui précède son embouchure dans la veine sous-clavière gauche. Le cnlaal thoracique n'augmente donc pas de volume en raison des branches qu'il

reçoit, et c'est là sans doute une des particularités les plus remarquables de sa

disposition.

11 n'est pas rare de voir le canal thoracique se diviser, dans son trajet, en plusieurs branches, qui forment une sorte de réseau. Theile a rencontré une fois, lu niveau de la sixième vertèbre dorsale, une sorte de plexus fusiforme, simu- .ant un ganglion lymphatique {Encyclopédie anat., t. III, p. 675). Souvent aussi '.e canal thoracique se bifurque; tantôt la division n'occupe que la terminaison le ce vaisseau, et les deux branches se jettent, l'une, dans la sous-clavière gauxhe, l'autre, dans la jugulaire interne ou dans la sous-clavière droite ; tantôt le a:anal thoracique est divisé dès son origine. Sandiforl a vu partir de la citerne leux branches, dont l'une suivait le trajet accoutumé, et dont l'autre passait ious l'aorte, se dirigeait à gauche, et s'ouvrait sous la première, au niveau de sa îourbure terminale. Sœmmering, Cruikshank, Otto ont trouvé le canal thoracique double.

Le canal thoracique reçoit, à son origine, les troncs lymphatiques des membres ibdominaux et du bassin; dans le thorax, un tronc volumineux qui vient du bie, et qui traverse le diaphragme par une ouverture particulière; j'ai vu ce ronc croiser le canal thoracique, au-devant duquel il était placé et qu'il égalait m volume, et venir se jeter dans ce canal au niveau de la cinquième vertèbre lorsale. Il reçoit encore les lymphatiques intercostaux et les vaisseaux efférents les glandes médiastines postérieures.

I On a vu le canal thoracique se jeter dans la veine sous-clavière droite, et dors les vaisseaux lymphatiques de la moitié gauche de la tète, du membre tho-

Calibre,

Calibre disproportionné au nombre de vaisseaux lyniphaliques.

Inégalité de calibre dans

les divers points de sa

hauteur.

Anomalies.

Variétés anatomiques.

Vaisseaux qui aboutissent au canal thoracique.

(I) Le calibre varie suivant les individus; il n'est pas besoin de dire que la ddtermilation de ce calibre ne peut être faite que dans l'élat de distension moyenne de ce anal .

282 ANGÉIOLOGIIS. ^

racique gauche, du poumon gauche et du cœur gauche s'ouvraient isolément dans la veine sous-clavière du mûme cûlé. Valvules. Valvules. De toutes les parties du système lymphatique, le canal thoracique est celui qui offre les valvules les moins nombreuses et les moins considérables. ■ Les plus remarquables, au nombre de deux, suivant Cruikshank et Mascagni, occupent l'embouchure de ce canal dans la sous-clavière ; leur bord libre regarde du cûlé de la veine, en sorte qu'elles s'opposent à tout reflux du sang veineux dans le canal thoracique. D'après Euslachi, il n'y aurait à ce niveau qu'une valvule unique et circulaire. Le bord libre des autres valvules, quan.;, elles existent, est dirigé en haut, leur bord convexe, en bas; d'où il résulte que la circulation se fait de bas en haut, c'est-à-dire des extrémifés vers le cœur Trois fois .ces valvules manquaient sur des sujets examinés par M. Sappey; i n'existait, à l'embouchure du canal, que des filaments semblables à ceux qu'otl remarque dans le sinus longitudinal supérieur.

J5. — Graïule Yciiie lymphatique droite, on canal thoracique droit.

vaisseaux On donne ce nom à un gros lymphatique, tronc commun de tous les vaisseau? iy"pi">'i- qui naissent de la moitié droite de la lûte et du cou, du membre superieu: 'Tccï''' droit, du poumon droit, du cœur droit, et souvent aussi de la moitié droite di diaphragme et du foie. Ce tronc, qui a tout au plus 2 centimètres de Ion . gueur souvent beaucoup moins, représente la portion recourbée en crosse di canal thoracique, et va s'ouvrir dans l'angle de réunion des veines jugulaire m terne et sous-clavière droites.

Quelquefois ce tronc commun n'existe pas, et alors les vaisseaux lymphatiques nui d'ordinaire le constituent par leur réunion, vont se rendre isolément dani les veines. Au reste, il existe toujours des anastomoses entre le canal thoracr que gauche et le canal thoracique droit.

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