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IDÉE GÉNÉRALE DE L'APPAREIL NERVEUX. - DIVISION (I

Une masse nerveuse considérable, logée dans la cavité crâmenne, et désignée sous le nom d'encéphale {fig. 74) ; une longue tige nerveuse, appelée 7noelle epimere, nui de l'encéphale s'étend dans le canal rachidien ; une mul tilude de cordons, es nerfs qui se détachent de la face inférieure de l'encéphale et des faces latera es de la moelle, pour se ramifier dans toutes les parties du corps : telles sont les parties essentielles de l'appareil nerveux, qui comprend, en outre, des enveloppes de diverses natures, et de nombreux vaisseaux ramifiés dans son intérieur.

L'appareil nerveux, envisagé dans son ensemble, a pu être compare à un arbre dont la tige serait renfermée dans la cavité crâno-rachidienne, et dont les branches, se détachant régulièrement des divers points de la hauteur de cette tige ou colônne, se distribuent dans tous les organes, qu'elles pénètrent de leurs innombrables filets. D'après cette comparaison, on a considéré le système nerveux comme composé de deux parties bien distinctes, quoique continues : 1° d'une portion centrale {systema 7iervosum centrale), centre nerveux encéphaloméclullaire, axe cérébro-spinal, formée par la moelle épinière et la masse encéphahquei 2° d'une portion périphérique {systema nervosum periphericum), que constituent les nerfs proprement dits.

Cette division, en apparence si simple et si rationnelle au point de vue de l'anatomie descriptive, paraîtra bien moins justifiée aux yeux du physiologiste, puisque sur le trajet des cordons nerveux dont l'ensemble constitue le système nerveux périphérique, se rencontrent souvent des accumulations de substance nerveuse dont la composition histologique et les fonctions présentent de grandes analogies avec celles des centres encéphalo-méduUaires. Ces amas s'observent surtout sur les cordons nerveux qui se distribuent aux organes de la vie végétative ; ils sont beaucoup moins fréquents, mais ne font pas complètement défaut sur les cordons destinés aux organes de la vie de relation, et cette répartition inégale a motivé la division du système nerveux périphérique en deux portions : l'une, constituée par les nerfs affectés à la vie de relation, et formant

(I) Les figures relatives à la description du système nerveux sont presque toutes em- . pruiitées à l'atlas de M. Ludovic Hirschfeld ; nous les devons à l'obligeance de l'auteur et des éditeurs, MW. Victor Masson et fils.

Éaumdration des paitros.

Division du

système nei'veuï cii

portiou ceiilraie et cil porlioii

péri phéi'i q ui'.

Système ei>i'<iliro-S[)i-

Ual.

Système tlu

(;i-aiiil synipatliique.

lliii'é (lu syslèiiie ncrvein.

NÉVROLOGIIî,

avoc l'encéphale et la moelle le syslùmc nerveux c6r6l)ro-spinul {mcépluilo-nir' dullaire) -jV-duiTc, composée des cordons nerveux qui se ramilient dans les organes de la vie nutritive, cordons qui se font remarquer par le grand nombre de renflements nerveux ou (jamjliom '-"/^ disséminés sur leur trajet, et formant par leur réunion le systèm e nerveux de la vie organique ou végétative , ou du grand sympathique. Ce dernier système, dont les connexions avec la moelle et l'encéphale sont moins évidentes que celles des nerfs de la vie de relation, a été considéré, à. une certaine époque, comme complètement indépendant du système cérébro-spinal, mais à tort, car il a de nombreuses racines dans l'encéphale et dans la moelle. A quelque point de vue qu'on le considère, le système nerveux est donc unique; les divisions qu'on y a introduites sont tout artificielles et ne répondent pas d'une manière parfaite à la disposition des parties. Néanmoins ces divisions, quelque imparfaites qu'elles soient, doivent être conservées pourla description, puisqu'elles permettent de séparer autant que possible les organes présentant de nombreuses analogies de ceux qui en ofl'rent moins. Nous étudierons donc successivement le système nerveux cérébro-spinal et le système du grand sympathique, et nous commencerons cette étude par celle des centres ne»'-

(•) Sin.l.s, sinus longitudinal supérieur. — jV. olf., nerf olfactif. — C post., cérébrale postérieure.

Prot., protubérance. — M. oc. eœ., moteur ocu

laire enterne. — Car. int., carotide interne. — Mot. coin., moteur oculaire commun. — Basil., artère basilaire. — Fac, Aud., nerfs facial et auditif. — (H., Pn., Sp., nerfs glosso pharyngien, pneumo gastrique et spinal. — Uypo., nerf hypoglosse. — Gan Uml. Q Sup., ganglion cervical supérieur. — A.

vert., artère vertébrale. — Gan. Sp., ganglion spinal. — Dr. ant., branche antérieure des nerfs rachidiens. — Plex. irac, plexus brachial. — G. th . ganglion thoraciquc. — Dr. a., branche anléricuio des nerfs dorsaux. — Gr. sp., nerf grand splanchuique. — Pet. sp., petit nerf splanchniquc. — l'U. t., filum terminale. — Gan. lomb., ganglion lombaire. — Pl. lomb , i>lcxus lombaire. — Pl. sac, plexus sacré.

i.inmAci.iD st.

Urgiiiics nerveux centraux, vus par la face ttntiSrienre; cariions nerveux qui s'en liétar/ioil. ( D'iinrcs L. Ilirscli/clcl.)

Eléments du syslème nerveux.

Celhiles nerveuses.

Enveloppe.

veux ou de l'encéphale et de la moelle. Mais avant tout il est nécessaire de donner une idée générale de la texture du syslùmo nerveux et des éléments qm entrent dans sa composition.

Le système nerveux tout entier, aussi bien sa portion centrale que sa portion périphérique est formé de l'assemblage d'un nombre très-restreint d'éléments essentiels ou éléments nerveux, et de quelques éléments accessoires, se rattachant plus ou moins directement au tissu conjonctif.

I Éléments n^^veux. Les éléments essentiels du système nerveux sont au nombre de deux : la cellule nerveuse, ou le globule nerveux, et le tube nerveux

ou la fibre nerveuse. ^ . -, n i

10 Cellules nerveuses, co^-puscules nerveux ou ganglionnaires. Ce sont des celluJes à noyaux qui se trouvent en grand nombre dans la substance grise des organes centraux, ainsi que dans les ganglions situés sur le trajet des racmes postérieures des nerfs spinaux et des nerfs encéphaliques, dans la rétine, le hmaçon, les membranes muqueuses, etc.

Les cellules nerveuses, ayant les caractères généraux des cellules, nous présentent à considérer une envelopfe, un contenu et un ^„ noyau muni d'un imcléole. Venveloppe est mince, " r

amorphe, homogène. Admise sans contestation pour toutes les cellules nerveuses à l'époque où la doctrine de Schwann régnait exclusivement, cette membrane paraît manquer sur toutes les cellules des organes centraux et de beaucoup de ganglions périphériques, lesquelles seraient donc de simples protoblastes.

Outre cette enveloppe amorphe, beaucoup de globules ganglionnaires présentent une gaine à noyaux assez épaisse, formée de tissu conjonctif, et qui se prolonge sur les tubes nerveux dont ils sont le point de départ. Traitée parle nitrate d'argent, celte gaîne secondaire paraît formée de lamelles isolées, analogues aux cellules épithéliales et renfermant chacune

un noyau. / . contenu.

Le contenu des cellules nerveuses est une substance molle, visqueuse comme de la cire molle, légèrement élastique, dont la parlie fondamentale, plus ferme et plus résistante que le contenu ordinaire des cellules, surtout dans les grosses cellules, ne présente pas toujours un aspect parfaitement homogène ; quelquefois ce contenu paraît avoir une constitution fibrillaire ou

granulo-fibrillaire (I). Suivant M. Polaillon, qui a fait un très-bon travail sur

(•) Cellule nerveuse bipolaire du brochet, dont les deux pôles se prolongent en un tube nerveux à double contour. Grossissement de 350 diamètres. — a, gaîne conjonctive de la cellule. — b, gaine de Schwann. c, moelle nerveuse. — d, cylindre d'axe qui se continue avec le contenu e de la cellule. (D'après Koelliker.l

(1) Remnk, dont les observations ont clé faites sur la raie et sur la moelle des mammifères, admel deux espèces de fibrilles dans le contenu des cellules -. les unes concentriques autour du noyau, les autres convergentes vers les deux pôles Frommann, Axmann, Lie-

NÉVROLOGIE.

les cellules nerveuses {Th.inaug. Paris, 18(35), le contenu des cellules nerveuses, il l'étal frais et pendant la vie, serait une substance molle, demi-fluide, transparente et hyaline, fortement réfringente, et cachant complètement le noyau. Par le refroidissement, cette substance se figerait comme une huile, au bout de huit à dix heures après la mort, et c'est sous cet aspect cadavérique qu'on la décrirait habituellement.

Cette substance fondamentale du contenu des cellules nerveuses tient en suspension une multitude de granulations pâles et fines, uniformément distribuées dans toute sa masse. En outre, dans les cellules colorées, on trouve des granulations ipinmentaires Imncojhvuna?, ou noires, dont le volume est plus considérable, et qui, réunies ordinairement dans la région du noyau, remplissent quelquefois toute la cellule.

Noyau. Le noijau, toujours unique, occupe la partie centrale de la cellule. C'est une

vésicule transparente, sphérique, à contours très-nets, formée d'une membrane distincte et d'un contenu transparent, dans lequel se voit un nucléole brillant, rarement plusieurs.

Dimeusions. Les dimensions des cellules nerveuses sont extrêmement variables; tandis que certaines cellules n'ont pas plus de O^^jOlO à 0""°,015 en diamètre, d'autres at-

teignent jusqu'à 0""",H0 et 0""",140. Ces différences de volume ont fait distinguer

(•) Grosses cellules multipolaires des cornes antérieures de la moelle humaine. Grossissement de 350 diamèlres. Chacune d'elles présente plusieurs prolongements ramifiés et un prolongement court et transparent, qui parait être un prolongement cylindre d'axe de Deilers. (D'après Koclliker.)

berkuhn, Deale, décrivent diversemeut les fibrilles du contenu cellulaire, dont ils trouvent l'origine soit dans le noyau, soit dans le nucléole: leurs observations devront cire confirmées avant de prendre rang déûnitlvoinent dans la science.

Forme des collules nerveuses.

ClassiGeation.

IPs cellules nerveuses en petiles, moyennes et grosses. Le noyau, généralemenl llt^ui^nè à la cellule, a un diamcMre qui varie enlre 0-,004 et 0^^002; le

S enfm, mesure hâbitu T'^^^Z.. .ne..- elle

La forme dès cellules présente également de nombreuses différences; elle peut être sphérique, piriforme, fusiforme, étoilée. Quelques cellules semblent complètement indépendantes des autres éléments nerveux : on les ^PPell co ules a,o/ai«s, mais leur existence n'est pas universellement admise. La plupar fourni sent par leur périphérie un, deux ou plusieurs vrolongemenls (cellules MvoMres^n£ipolaires), en forme de fibre paie sans moe le que l'on considère le plus souvent comme étant les origines des fibres nerveuses ou comme servant à unir les cellules nerveuses entre elles. Ces prolongements, larc^es à leur point de départ, se divisent en ramifications de plus en plus nombreuses et se réduisent finalement en filaments d'une extrême ténuité. Mais chaque cellule d'après Deiters, émettrait un prolongement unique spécial, plus homogène, rigide, qui se continuerait directement, sans se bifurquer, avec une fibre nerveuse à double contour en s'entourant de myéline : ce prolongement a reçu le nom de prolongement cylindre d'axe.

Les variétés infinies que présentent la forme et les dimensions des cellules nerveuses ont porté les anatomistes à tenter une classificaiion de ces elénnents d'après les fonctions qu'on leur attribue. A ce point de vue, on distingue habituellement les cellules nerveuses en motrices et en sensitives ; mais il faut convenir que cette classification repose plutôt sur des vues physiologiques que sur 1 observation anatomique, et s'il est vrai, d'une manière générale, que les cellules accumulées dans les régions du système nerveux qui président aux mouvements, ont des dimensions plus considérables que celles qui appartiennent aux régions douées de propriétés sensitives, celte proposition n'est pas établie cependant d'une manière absolue. Que peut-on dire dès lors d'un troisième groupe de cellules, établi par Jacubowitsch, et désigné par lui sous le nom de cellules sympathiques, si ce n'est que l'existence de ce groupe ne repose sur aucun fait d'observation?

2° Tubes nerveux, ou fibres nerveuses primitives. Les tubes nerveux présentent ^ube^s^^nor dans les divers points du système nerveux des difi'érences considérables, qui nécessitent une classification de ces tubes en groupes distincts, bien que les limites qui séparent ces groupes soient très-difficiles à établir. Il convient, avant tout, de diviser les tubes nerveux en deux catégories, suivant qu'ils contiennent ou non de la myéline ou moelle nerveuse.

A. Tubes à moelle. Nommés aussi lubes à double contour, tubes à contours opaques ou foncés , ces tubes représentent des filaments mous, cylindriques, qui conservent leur indépendance et leurs caractères essentiels dans tout leur trajet, et qui ne présentent de modifications qu'à leur origine et cà leur terminaison. A l'état complet, ces tubes sont formés de trois parties : 1° d'une gaîne extérieure, très-mince, gaine primitive ou gaine de Schiuann; 2° d'un contenu particulier, appelé moeZ/e nerDewse on myéline; 3° d'une fibre centrale, généralement connue sous le nom de cylinder axis de Purltyné {ruban pnmilif Remak). Ces tubes, examinés k l'état frais, semblent formes d'une substance homogènfe,' d'un aspect brillant, qui rappelle celui de la graisse, et sont limités par deux lignes simples et parallèles. Réunis en grandes masses, ils paraissent blancs. Pour les voir dans cet état, c'est-à-dire exempts d'altérations, il faut, ou bien prendre des libres nerveuses sur un animal récemment tué et les porter rapi-

Tubcs moelle.

NÉVROLOGIE.

Gaine de Schwann.

Moelle ncr- ■veuse ou myéline.

dément sous le microscope, la simple dessiccation et le refroidissement suffisant pour les altérer; ou bien examiner les tubes nerveux contenus dans certaines parties transparentes d'un animal vivant ou récemment tué, telles que la membrane interdigitale de la grenouille, la queue des têtards ; ou encore se servir de tubes nerveux conservés dans l'acide chromique, réactif qui en prévient les altérations ; ou enfin étudier des tubes nerveux frais sur des lamelles de verre chauffées.

La gaine extérieure ou gaine de Schwann est extrêmement mince, et se montre sur les côtés du tube sous l'aspect d'une simple ligne. Homogène dans toute son étendue, transparente, hyaline, elle est très-souple, élastique, et rappelle par ses propriétés physiques et chimiques le sarcolemme des muscles. Dans son épaisseur sont disséminés des noyaux ovalaires, à grand diamètre parallèle à l'axe du tube.

Pour démontrer cette gaîne et l'isoler du reste du tube, on peut recourir à un des procédés suivants :

a. Faire bouillir des fibres nerveuses dans l'alcool absolu, puis dans l'acide acétique.

6. Traiter un nerf par la soude caustique, à froid ou en s'aidant de la chaleur : si l'on place ensuite le nerf sous le microscope, on trouve une multitude de tubes vides, qui rappellent les canalicules urinifôres du rein, c. Traiter un nerf par l'acide nitrique fumant, puis par la potasse : sous

l'influence de ces réactifs, la moelle t"'g- T' {.')• nerveuse s'écoule en gouttelettes trans-

parentes, les cylindres d'axe sont dissous, et il ne reste que les gaines de Schwann, qui sont colorées en jaune.

Ce dernier procédé est extrêmement expéditif.

La gaîne de Schwann n'existe point sur tous les tubes nerveux à double contour, ou du -moins elle ne peut toujours être démontrée. Ainsi, elle parait faire défaut sur les fibres des organes centraux, sur celles de la rétine, du nerf optique, du nerf acoustique, ainsi que sur les fibres les plus fines de cette première catégorie.

La- moelle neneuse ou myéline est une substance homogène, visqueuse à l'étal frais, réfractant fortement la lumière et semblable à une huile épaisse. C'est elle qui donne aux tubes nerveux leur aspect brillant, et aux rameaux nerveux leur couleur blanche. La moelle nerveuse s'altère avec une extrême facilité, sous l'influence de l'eau, des acides et des autres réactifs, et même simplement par le refroidissement ou la dessiccation. Cette altération consiste en une sorte de coagulation qui marche de la superficie vers la profondeur. Or, cette coagulation est ordinairement

l'jTuhos nerveux. GrossisseinenI de 350 diamètres. A gauche, deux lubcs larges, à double contour; à droite, deux tubes larges à contenu granuleux. Au milieu, un tube moyen et quatre tubes minces, dont deux variqueux. (D'après Koclliker.)

TEXTURE UU SYSTÈME NERVEUX. 321 incompkNlc cl se borno aux couches exléricurcs de la moelle, les parties Xncs restant liquides : le tube nerveux, dans ces cas, présente un double ontom qui marque les limites de la portion coagulée. D'autres fois la coa- Z2n est complète : la moelle oflre alors un aspect grumeleux, granuleù ; elle se rélracte, par places, dans l'intérieur de la game de Schwann dont ce tains points restent vides et reviennent sur eux-mûmes, andis que les Son occupées par la moelle sont dilatées, d'où l'état vangueu. des tubes nerveux Lorsque la moelle s'échappe de la gaine, par suUe de pressions ou de déchirures, elle se réunit en gouttes diversement configurées lesquelles, s altérant comme dans l'intérieur de la gaîne, présentent très-fréquemment le S s doubles contours que les tubes eux-mêmes, ce qui prouve évidemment que ces doubles contours ne marquent point, comme on lavait cru d abord, l'cnaisseur de lagaîne de Schwann. , , . k r'bi'î ceu-

L fibre centrale ou le cylinder axis existe toujours, môme dans les tubes ^ , les plus minces. C'est un tilament cylindrique ou aplati (.K6an pr^mU^f), qui, ouc,,.„dor suivant Remak, serait lui-mûme creusé d'un canal (tube central) ; mais cette manière de voir ne repose sur aucun fait probant. Le cyli7ider axis est sohde, mais très-souple et élastique ; il est pâle, transparent, d'aspect homogène ; quelquefois cependant il paraît légèrement granuleux, ou bien strié dans le sens de la longueur, ce qui a fait penser à quelques anatomistes qu il est composé de fibrilles. Ces stries sont très-manifestes sur les prolongements de certaines cellules telles que celles du cervelet et des lobes olfactifs. Les bords de la . fibre centrale sont pfiles , rectiUgnes et parallèles; quelquefois ils sont irrégulièrement dentelés ou onduleux.

La largeur de la fibre centrale est environ la moitié ou le tiers de celle du tube nerveux qui l'enferme. Entouré de toutes paris par la moelle nerveuse et possédant le même pouvoir réfringent qu'elle, le cylinder axis n'est point visible sur les tubes frais, encore moins sur les tubes dont la moelle est coagulée. Aussi était-il nié autrefois par beaucoup d'anatomistes , tandis que d'autres le considéraient comme une production cadavérique, résultant de la coagulation de la portion centrale de la moelle nerveuse. Aujourd'hui son existence, à l'état normal, est au-dessus de toute contestation, grâce surlout aux recherches de Remak, de Purkyné et de Kœlliker. C'est sur les fibres nerveuses des organes centraux qu'on le voit le plus aisément, à cause du défaut de gaîne de Schwann autour de ces fibres et de la grande délicatesse du tissu conjonctif environnant, double circonstance qui en rend la dilacération très-facile. On peut aussi le démontrer en portant une goutte d'acide acétique glacial sur un nerf cutané de la grenouille, qu'on examine à un grossissement moyen : il se fait aussitôt une rétraction brusque du nerf, aux extrémités duquel on voit s'échapper des fragments de moelle nerveuse, ainsi que de nombreux cylindres d'axe pâles, transparents et un peu gonflés.

Le diamètre des tubes nerveux est très-variable : les plus minces n'ont guère ^^^""^^^^ que 0°"o,001 , tandis que les plus gros atteignent jusqu'à 0""",020. M. Robin les dis- nerveux, lingue en tubes to-ges, mesurant 0°"» ,010 à 0""",Oib, et entubes minces, qui ont, en moyenne, un diamètremoitiémoindre.Kœllikerétablillcs quatre classessuivantes:

Tubes très-fins, ayant moins de O^^SOUi

Tubes fins do 0'"",on2 à 0™",00i

Tubes moyens 0«'>n,004 à 0«'n',009

Tubes iarges . n'nn',009 à On"",020

NÉVROLOCrE,.

Consislancc.

flistribution.

Indépendance.

Tubes sans moelle.

Sli'Uctiire.

La consistance de ces tubes ne varie pas moins, et dépend surtout delà gaine do Schwann. Elle est trùs-raible dans les organes centraux, où cette gaîne fait défaut.

Les tubes nerveux à moelle sont trôs-répandus dans l'organisme. Ils constituent tousles nerfs rachidiens, soit sensilifs, soit moteurs ; ils entrent pour une proportion considérable dans la composition des organes centraux, et forment en grande partie les nerfs du grand sympathique.

• Dans les cordons nerveux et dans la substance blanche des organes centraux, les tubes sont disposés parallèlement les uns aux autres, ou s'entre-croiscnt à angle très-obtus, et, dans tout leur trajet, ils conservent le même diamètre, restent parfaitement indépendants entre eux , et ne présentent ni bifurcations ni anastomoses ; il n'y a d'exceptions à cette règle qu'au niveau des origines et des terminaisons des tubes. Les anastomoses entre cordons nerveux, si fréquentes dans les plexus, consistent simplement en échanges de tubes entre les divers faisceaux.

B. Tubes sans moelle ou fibres pâles, à simple contour. Moins bien connues que les tubes à moelle, et souvent difficiles à distinguer des autres espèces de fibres, ces fibres, désignées aussi sous le nom de fibres grises, fibres gélatineuses, fibres de Remak, sont encore assez répandues dans l'organisme, même chez les animaux supérieurs et chez l'homme. On les rencontre particulièrement au voisinage des terminaisons ultimes des tubes à moelle, dans l'épaisseur des organes, comme dans les corpuscules du tact, les muscles, les membranes muqueuses, la cornée, etc.; on les trouve aussi en grand nombre dans le grand sympathique.

Distincts des précédents, particulièrement par l'absence de la moelle nerveuse, ces tubes se composent de deux parties seulement ; \° d'une gaine extérieure, qui même ne peut être démontrée dans tous les cas ; 2° d'un contenu homogène, ou finement granulé, transparent, qui correspond au cylinder axis. Quand on examine une fibre nerveuse pâle au niveau de la région où elle se continue avec un tube à moelle, on voit la gaîne de ce tube, avec ses noyaux, se prolonger sur la fibre, dont le contenu représente par conséquent la continuation du cylinder axis et de la moelle. Ce contenu est un filament transparent, qui généralement ne peut se séparer de la gaîne que dans une étendue très-faible ; un peu plus loin, il se confond avec elle en une fibre ptlle, homogène, garnie de noyaux, qui finissent par disparaître à leur tour, de sorte qu'il est impossible dès lors de distinguer dans ces fibres un contenant et un contenu. On voit enfin ces fibres, qui paraissent toujours être des tubes, se terminer soit par des réseaux, comme dans l'organe électrique de la torpille, soit par des extrémités libres.

Les fibres à moelle et les fibres sans moelle forment les deux extrêmes d'une série nombreuse, dans laquelle on trouve toutes les variétés intermédiaires. Tantôt les fibres pâles sont manifestement des tubes, présentant une gaîne à noyaux qui renferme un cylinder axis distinct, quelquefois même deux ; tantôt elles sont en apparence homogènes, soit que la gaîne externe soit appliquée intimement sur le cylinder axis, soit que ce dernier n'ait aucune espèce d'enveloppe. Ainsi, les prolongements non ramifiés des cellules nerveuses centrales et périphériques, les fibres terminales du nerf acoustique et du nerf optique, paraissent être de simples cylinder axis; les fibres nerveuses des corpuscules de Pacini et du tact représentent des cylindres d'axe entourés d'une gaîne, tandis que des cylindres d'axe entourés de moelle

TEXTURE DU SYSTÈME NÈRVEUX. 323 norveusc mais sans gaînc de Sch^^'ann, constituent les fibres du nerf optique, ïnfin des îaisceaux de cylindres d'axe nus, muni, d'une ga ne à noyaux comm^t, rarÏÏsent composer les fibres olfactives, ainsi que les fibres part^cu- VN rincicrni^pç «^niis le nom de libres de Remali.

« \eiaiso/d.. filres n^veuses. - Toutes les fibres nerveu;errquelq«c catégorie qu'elles appartiennent, naissent des cellules qui se v?nt fMuées dans les organes centraux et dans. les ganglions. La conlinui nlr les deux d'éléments est établie par l'intermédiaire des

Lo on'emen s dont les cellules sont garnies. Or, ces prolongements, comme Tôt rïvr vu ocrent quelquefois tous les caractères d'une fibre nerveuse complô comme dans la figure 75, et alors on voit l'enveloppe du globule gan- Snalre se continuer manifestement avec la gaine de Scliwann et la moebe nerTse tandis que le contenu de la cellule se prolonge dans le tube nerveux sou T f^ me de cylinder axis. Mais le plus souvent les prolongements des cenules nerveuses présentent l'aspect de simples cylindres d'axe, qui peuvent, pré un certain trajet, se transformer en tubes nerveux comp ets en s endurant de myéline et d'une gaine de Scbwann, ou qui s'étendent au lom, en se

ramifiant de plus en plus. ,„etpnt Dans les cordons nerveux, les tubes sont simplement juxtaposés et res en parfaitement indépendants dans tout leur trajet, jusqu au voisinage de leur terminaison. Ce n'est que dans les organes centraux qu on voit V^^^^^f ] fibres nerveuses se bifurquer. A leur extrémité terminale, dans 1 épaisseur des organes, ces bifurcations deviennent extrêmement fréquentes, et Ion voit aussi les tubes s'anastomoser entre eux, et môme former de véritables réseaux. Un grMd nombre d'entre eux semblent se terminer par des exirémito libres, après avoir pris les "caractères de fibres sans moelle d'une extrême finesse; mais il est aujourd'hui certain que beaucoup aboutissent à des éléments celluleux spéciaux (cellules olfactives, cellules de la rétine, cellules glandulaires etc.), dont la description a été donnée à l'occasion des organes qui les renferment. En étudiant la peau, nous avons fait connaître le mode de terminaison des nerfs sensilifs. Quant aux nerfs moteurs, il résulte des observations de Ch. Rouget et de Krause que les tubes nerveux, après s'être divisés plusieurs fois sans changer de caractères, se modifient considérablement au moment ou ils touchent au faisceau musculaire auquel ils sont destinés : la gaine de Scbwann, suivant Rouget, s'évase et se continue directement avec le sarcolemme de ce faisceau ; la substance médullaire disparaît, et le cylindre d'axe aboutit à un élément particulier, auquel on a donné le nom de plaque terminale. C'est une petite lame aplatie, de forme ovalaire, dont le grand diamètre, parallèle à l'axe du faisceau, mesure 0"'"',05, dont la largeur est de 0>»">,02 et l'épaisseur de 0°"",004 à 0'""',006. Les plaques terminales sont formées d'une substance finement granulée, qui renferme de nombreux noyaux (5 à 16), analogues à ceux de la gaine de Schwann. Deux points sont encore en litige relativement à ces plaques ; le premier concerne leur siège exact, que Rouget place à la face interne du sarcolemme, tandis que, suivant Krause, il serait à la face exierne de cette membrane. Le second est relatif aux rapports des tubes nerveux avec les plaques terminales: Rouget affirme que les plaques terminales résultent de l'épanouissement du cylindre d'axe. Suivant Krause, au contraire, chaque fibre nerveuse k contour foncé envoie dans l'intérieur de la. plaque un ou plusieurs prolongements terminaux, munis à leur extrémité d un

Origine des

fibres nerveuses.

Trajet.

Terminaison.

Des nerfs moteurs.

flaques terminale^.

Substance lilauche des oigaues centraux.

Substaiice grise.

Fonclioa des éléments nerveux.

Cellules.

Tubes.

NÉVROLOGIE.

rennoment en forme de massue. Enfin, d'après les observalions de Kûlinc et de Lohnheim, le cylindre d'axe des tubes nerveux se terminerait dans spécS'' '"*'™*' "^'""^ P™'^"'^"°'^ rameuse, munie d'excroissances

U mode de terminaison des nerfs dans les muscles lisses a été beaucoup moins étudié que celui dont il vient d'être question; nous ne pouvons rapporter ICI en détail les observalions qui ont été faites à cet égard.

Les cellules nerveuses et les tubes nerveux, en se juxtaposant et en se combinant entre eux, forment la substance blanche et la substance grise des organes centraux, ainsi que les cordons des nerfs périphériques et leurs ganglions. ^

D. Substance blanche et substance grise. — La substance blanche de l'encéphale et de la moelle, de mâme que les nerfs qui en dépendent, est composée essentiellement de faisceaux de tubes nerveux, auxquels se joignent, comme éléments accessoires, dans les organes centraux, un stroma formé d'une substance conjonctive, dans les nerfs, du tissu conjonctif homogène ou fibrillaire constituant le névrilemme, dans les uns et les autres, une quantité variable de vaisseaux sanguins.

La substance grise, qui n'existe que dans l'encéphale, dans la moelle et dans les ganglions, résulte du mélange, en proportions diverses, des cellules nerveuses avec les tubes nerveux. Elle renferme, en outre, une quantité, souvent considérable, de substance conjonclice simple, servant de support aux éléments nerveux, des vaisseaux, bien plus nombreux que dans la substance blanche, parfois aussi de la substance conjonctive fibrillaire, formant des enveloppes aux amas de substance grise.

Les tubes sont abondants dans les ganglions, dans la substance grise de la moelle et dans les ganglions du cerveau ; ils sont relativement rares dans l'écorce grise du cerveau et du cervelet.

E. Fonctions des éléments nervtux. — Les fonctiom de ces deux espèces d'éléments nerveux sont essentiellement distinctes. Les cellules forment la partie centrale et active du système nerveux ; ce sont elles qui produisent l'excitation qui détermine les mouvements, qui reçoivent et éprouvent les impressions sensitives, qui exercent une action spéciale sur les actes de la vie végétative, et qui enfin sont le siège des phénomènes de l'ordre intellectuel et subjectif. Les tubes nerveux sont de simples conducteurs, chargés de transmettre de la périphérie vers le centre les impressions des agents extérieurs sur l'organisme, et du centre vers la périphérie les incitations qui, portées sur les muscles, y déterminent des contractions. De là, la distinction des tubes nerveux en sensitifs et en moteurs. Cette classification, généralement acceptée jusque dans ces derniers temps, a cessé d'être vraie d'une manière absolue depuis qu'une élude plus approfondie des fonctions de certains nerfs a montré qu'un grand nombre de tubes nerveux, ceux, par exemple, que l'on trouve dans le nerf pneumogastrique, seraient difficilement rangés dans l'une ou dans l'autre catégorie. Mais elle n'en est pas moins applicable à la grande généralité des fibres nerveuses périphériques.

Une question qui se présente immédiatement à l'esprit en présence de celte diversité de fonctions des tubes nerveux, est celle de savoir si des diflërences analomiques correspondent à ces din'crcnces physiologiques. Or, tout ce que nous avons pu constater jusqu'à présent ne permet qu'une réponse négative. S'il est vrai, en thèse générale, que les tubes sensitifs sont ordinairement plus minces que les tubes moteurs, il faut reconnaître cependant que cette proposition ne

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